Douceur liquide

Auteur: Woshi

Disclaimer: Ni Kuroko no Basket, ni Sweet Pool ne m'appartiennent

Raiting: M pour cause de scènes sanglantes et sexuelles

Genre: UA, Angst, Drame, Tragedy, School life, Romance, Yaoi, Gore, Surnaturel, Mpreg d'une certaine manière

Note: Encore un chapitre que je qualifieras de transitoire, mais j'ai essayer de donner plus d'information. Je l'ai écrit pendant mes partiel et finit juste après donc vous sentirez peut être ma fatigue dedans et je m'en excuse u.u Sinon, je tenais comme toujours à vous remercier pour les reviews, ça m'a fait très plaisir et ça m'a motivée pour écrire. Merci aussi de continuer à suivre cette histoire, je sais qu'elle est parfois très obscure, mais je fais de mon mieux pour que vous ne vous en lassiez pas. Voili, voilà ~ Je ne vous embête pas plus longtemps et je vous laisse lire. Bonne lecture o/

[ Sweet Pool OST - Strain 01 ]


Il ne restait plus des derniers rayons du soleil que quelques couleurs fanées à l'horizon.

Le grand adolescent s'en rendit compte en regardant brièvement par la fenêtre de la cuisine commune. Comme elle était surélevée, il était le seul des autres jeunes de son âge qui habitaient dans le grand bâtiment en colocation à pouvoir regarder à travers sans lever la tête. Il reporta très vite son attention sur l'étagère mise à disposition de tous et piocha dans l'étage qui lui était réservé deux grands paquets de chips, un aux crevettes, l'autre au sel. Il n'était pas si tard que ça, et l'heure du repas demeurait encore assez éloignée, mais son estomac proportionnel à sa taille l'avait immédiatement conduit à se restaurer. Ses colocataires avaient passé le cap du dégoût de manger autant et l'incompréhension de pouvoir stocker tout cela dans son corps, aussi imposant soit-il. depuis fort longtemps. Du moment qu'il payait tout cet excédent de nourriture de sa poche, il n'y avait aucun problème.

Murasakibara Atsushi était habitué à ce genre de vie, et ne prenait même pas la peine de s'attarder de la réaction surprise de chaque nouvel arrivant devant son appétit colossal. Aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait toujours vécu dans un cadre similaire; d'abord un orphelinat dans sa petite enfance, puis on lui finança sa place dans ce pensionnat pour étudiant dès son entrée au collège. Il n'avait jamais eu grand-chose à se préoccuper, que ce soit ses études, sa nourriture ou son logement et avait très vite appris à agir de manière autonome. Paradoxalement, il n'y avait pas plus lourd et puéril que lui lorsque les responsabilités de la vie ensemble arrivaient sur le tapis, que ce soit le ménage ou la cuisine, et engendraient souvent beaucoup de tensions.

D'un naturel taciturne et peu sympathique, le lycéen de troisième année ne faisait jamais d'effort pour tenter de se rendre agréable auprès de ses camarades. Il n'accomplissait ses corvées que lorsqu'il en avait envie, et généralement en lien avec son espace personnel, et ne proposait bien sûr jamais de donner un coup de main aux autres. Son mauvais caractère remontait déjà à sa période en école primaire, au point qu'on tenta très tôt, dans la mesure du possible, de lui attribuer une chambre individuelle. Déjà parce que sa grande carrure prenait beaucoup de place, mais surtout parce que les rares cohabitations s'étaient très mal terminées, le camarade de chambre ne supportant plus Murasakibara, décidant purement et simplement de changer de logement.

Évidemment, le géant violet n'était jamais désigné comme celui qui devait partir du pensionnat à cause de la mauvaise ambiance qu'il apportait. C'était la première chose que le directeur disait à chaque nouvel arrivant; soit ils s'accoutumaient, soit ils s'en allaient.

Mais la chance voulue que cette année, il s'entendit bien avec un des colocataires d'un an son aîné qui s'avérait être aussi celui avec lequel il partageait sa chambre. Ce dernier le maternait, supportait son antipathie et passait derrière lui pour les tâches du quotidien afin d'éviter tout conflit avec les autres résidents. Cela ne faisait que depuis le début de l'année, mais Atsushi s'était en quelque sorte habitué à sa présence et la cohabitation se déroulait étonnement de manière harmonieuse. Elle pouvait se résumer en un contract tacite de compromis à travers lequel les deux parties trouvaient leur compte. Tout du moins, c'est cette manière que le lycéen préférait voir les choses, plutôt qu'imaginer un quelconque lien d'affection...

Depuis le début, peut-être même sa naissance, cet homme l'avait vite pris en charge en ayant découvert sa nature. Atsushi n'avait jamais connu ses parents biologiques, ni qui que ce soit d'autres de sa famille - ne gardant d'eux que son nom de famille et son prénom-, mais n'en était pour autant pas triste. On s'était bien occupé de lui, passant ses caprices et il fut protégé du moindre mal qu'aurait pu lui apporter son physique particulier. Le temps venu, il lui avait expliqué ce qu'il était réellement et ce qu'on attendait de lui, avec les mots qu'il fallait pour qu'il accepte facilement. Le lyéen nonchalant avait alors vite compris pourquoi ses relations avec les autres enfants lui semblaient toujours décalées, pourquoi il ne s'était jamais vraiment senti comme eux, parmi eux.

Dès lors, il assimila rapidement qu'il lui était désormais inutile de s'attacher à qui que ce soit.

Le jeune homme n'avait pourtant pas vraiment eu besoin de changer sa manière de vivre, à part le fait qu'il du apprendre à se contrôler pour ne pas déclencher d'accident. Mais fort heureusement, il se montra assez doué dans ce domaine contrairement à Midorima, et ne ressentait que très rarement les effets secondaires de son métabolisme hors normes. La nature le dota d'une constitution solide et surtout... surtout il eut la chance d'avoir celui qui causait le moins de trouble. Après tout, il avait pleinement conscience de ne pas être comme les autres, déjà du fait de sa taille, mais surtout du fait de son corps, ou plus exactement, de ce qu'il y avait à l'intérieur de son corps, comme tous ceux de son espèce.

Il savait que du moment qu'il restait docile et obéissant, le confort qui lui était donné serait préservé et qu'il n'aura sans doute à se préoccuper de rien jusqu'à son entrée dans la vie active.

Un peu distrait, Murasakibara quitta la pièce commune, prenant soin de se pencher pour ne pas se cogner une énième fois contre le mur et prit la direction de sa chambre. Quelques personnes étaient déjà présentes dans la salle commune à cette heure avancée de la journée, mais à part de brèves salutations, on ne lui adressa pas la parole. En plus du fait que l'adolescent aux yeux bleus ne se prêtait pas vraiment à une discussion amicale, il émanait de lui une humeur assez massacrante. Cela se sentait surtout du fait qu'il engloutissait ses chips les unes après les autres en prenant à peine le temps de mâcher alors que d'ordinaire, il était extrêmement lent à manger. Arrivé dans son espace privé, il referma la porte à clef et s'allongea sur son lit trop petit pour lui, soulagé de constater que son colocataire n'était pas encore rentré.

Le lycéen de troisième année se remémora la raison pour laquelle il se sentait si sombre aujourd'hui, au point de faire encore plus peur aux passants.

Il y a quelques jours, il avait dû agresser Aomine et le ramener chez Midorima, et du faire de même pour Kise bien qu'il reçu de l'aide pour ce dernier. Lorsqu'on lui annonça ce qu'il devait faire, il en fut au départ très surpris, et même réticent, sachant que quelqu'un n'approuverait pas forcément ces petites querelles sournoises. Mais sa gourmandise l'emporta sur l'inquiétude et il suivit le binoclard dans son plan sans grande réjouissance. Même si c'étaient des instructions qu'il n'avait pas vraiment de raison de discuter avec la récompense qu'il reçue, il s'était senti mal de frapper quelqu'un de ses propres mains... en particulier, quelqu'un comme lui. Et sans raison sinon celle d'un camarade qui avait voulu les tester.

Murasakibara était quelque part désolé pour ces deux-là d'avoir été victimes de la colère de son partenaire et d'y avoir assisté en première loge. Il se rendit compte qu'il n'y était pas allé de mainmorte en voyant que même aujourd'hui, le blondinet avait paru assez mal en point, même de loin. Le grand adolescent savait que parfois, il ne pouvait pas mesurer sa force, raison pour laquelle il aurait aimé que Midorima s'occupe seul du blondinet, mais ce dernier avait violemment refusé. Bien sûr, pour Aomine c'était compréhensif mais Kise... Déjà qu'il était faible à la base, le jeune homme violet savait que le vert aurait pu s'en charger seul. Il le soupçonnait de lui avoir laissé le coup de grâce uniquement pour le plaisir de voir souffrir le jeune homme aux yeux ambre.

En fait, d'une manière générale, son compagnon aux cheveux verts ne lui avait pas vraiment laissé de choix.

Même lorsqu'il aurait aimé ramener ces deux-là -au moins Kise- dans son appartement, Shintarô lui avait ordonné de le laisser gésir dans la rue, au risque que des passants mal intentionnés ne lui fassent de mal. Cela ne manqua pas d'interpeller Murasakibara qui s'interrogeait sur le bon sens du binoclard. Il avait constaté de ses propres yeux qu'ils étaient face à deux spécimens à fort potentiel, sans doute ceux qui seraient choisis pour le rituel. Ils étaient précieux. Surtout Kise. Et pourtant il était le plus maltraité. Il prenait un risque de l'abandonner inconscient ainsi, qui sait ce qu'il pourrait arriver, s'il se faisait voler ou pire, et surtout si jamais cela arrivait aux oreilles de... Bien sûr, lorsqu'il formula ses craintes à voix haute, il lui rit au nez.

"Certainement pas... et quand bien même, ce ne serait pas mon problème, bien au contraire."

Puis, comme s'il en avait trop dit, le superstitieux mentionna vite le fait qu'il n'y aurait personne d'assez stupide dans le quartier pour faire quoi que ce soit. Alors le géant avait abandonné l'argument, beaucoup trop fatigué pour continuer à défendre ses congénères, néanmoins inquiet sur leur état jusqu'au lendemain où il put les voir, certes mal en point, mais sains et saufs. Après cela, il s'appliqua à se faire discret -autant que ses deux mètres pouvaient le lui permettre- et les évita consciencieusement afin de ne pas s'engager dans une bataille qui le forcerait à mentir et s'épuiser pour des broutilles, comme cela lui arrivait à chaque fois que Midorima l'entraînait dans ses combines étranges.

Le jeune homme violet laissa échapper un soupir.

Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans ce genre de situation bien sûr; dû à son fort gabarit et sa taille hors normes, il était très souvent chargé de ce genre de basses besognes. Et pas uniquement de Shintarô, mais tous ceux qui le connaissaient, lui et son goût pour les choses sucrées. Cependant, malgré son potentiel de garde du corps, Murasakibara restait un lycéen de dix-huit ans qui gardait encore une certaine innocence, et frapper un de ses camarades n'était pas le genre de chose qu'il appréciait. Mais cela bien sûr, personne dans son entourage ne voulait le comprendre, ou même l'accepter. Même ceux de son espèce. Que ce soit Mido-chin, les autres ou... lui. Ils ne le voyaient que comme des bras forts obéissants, rien de plus.

Mais il avait fait attention à Kise, parce que contrairement à lui, Midorima ou même Aomine, il ne pouvait pas se permettre d'endommager son corps. On ne le lui pardonnerait pas. Si jamais il arrivait quoique ce soit au blondinet, les choses deviendraient beaucoup plus compliquées. Par ailleurs... Aomine avait beau bénéficier des quelques avantages que son genre lui procurait, il était quand même un sacré physique de base pour lui avoir résisté ainsi. Même après avoir été frappé plusieurs fois à des endroits critiques par ses poings intransigeants, il avait gardé une ténacité remarquable, forçant Murasakibara à en venir à des objets en métaux pour espérer l'achever.

Comme si cela ne le dégoûtait pas suffisamment de s'en prendre à un des siens...

À part quelques grognements, aucun son n'était sorti de la bouche du sportif. Il n'avait pas grimacé une seule seconde, et le géant, au bout d'un moment, comprit qu'il luttait simplement pour rester conscient. Murasakibara avait alors cessé ses coups, attendant simplement que la lassitudes et les limites de son corps ne viennent à bout d'Aomine. Ce furent de longues minutes très inconfortables pour le grand lycéen, non à cause du risque d'être surpris à frapper quelqu'un -il eut l'intelligence de choisir un lieu isolé, mais plus du à la sensation de culpabilité qui naquit en lui en même temps que l'admiration. Son adversaire avait vraiment bien enduré ses coups, sans doute plus qu'un adulte régulièrement violent.

Daiki ne l'avait pas regardé une seule fois pendant qu'il l'avait battu, laissant une étrange impression à Atsushi. Des yeux froids, pénétrants, avec une lumière bleue sombre qui n'éclairait que ce qu'elle voulait bien. Une sensation d'être en décalage. Les deux adolescents se connaissaient déjà pour s'être côtoyés avant dans la même classe, et il savait qu'ils étaient les mêmes. Il en existait d'autres des comme eux bien sûr mais... Aomine était assez remarquable à cause de son aura. Il assumait de tout son être sa nature et plutôt que de la rejeter, la maîtrisait parfaitement pour en tirer le meilleur. Rares étaient ceux de leur espèce qui pouvaient se vanter de porter de leur épaule entière un tel fardeau et ses conséquences.

Cela n'avait rien d'étonnant qu'il ait été choisit pour le rituel.

Cet homme avait l'art et la manière de choisir les meilleurs spécimens afin d'assurer une réussite totale de son plan. Pourtant, bien qu'il ne remît pas son intelligence en doute, Murasakibara restait sceptique sur son choix du deuxième élu en la personne de Kise. Il imaginait mal qu'il ait choisi le blondinet uniquement parce qu'Aomine semblait irrésistiblement attiré par lui -même si cela aussi jouait un rôle non négligeable-. D'un point de vue logique, Kuroko aurait été bien mieux placé étant donné qui avait conscience de lui-même et qu'il était déjà quelque peu accoutumé à ce genre de chose avec son partenaire de basket justement. Le blondinet... avait relativement peu de chances de franchir le pas, combien même il pourrait être influencé, il fallait être réaliste.

Et pourtant, il se souvenait encore de la petite conversation qu'il avait eue avec leur instigateur ...

"Donc, Shintaro les a enfermé... et tu confirmes bien ce qui s'y est passé."

"Oui, je suis désolé, je n'aurais peut-être pas dû l'aider, mais comme tu ne m'as pas donné de directives là-dessus et qu'il m'avait promis un paiement..."

"Tu as bien fait. Il n'a fait que confirmer ce que je savais déjà. Je n'ai plus rien à faire désormais, juste attendre qu'ils arrivent dans leur phase de maturité. Dès qu'ils sont prêts... nous pourrons enfin commencer."

"Tu penses vraiment qu'ils vont aller jusqu'au bout... Mine-chin encore, je ne m'en fais pas, il sait depuis le début à quoi il est voué mais Kise-chin?"

"Ryouta le fera, ne t'inquiète pas."

"Je ne sais pas... il semble de moins en moins bien supporter ses phases de chaleur, et surtout il a l'air complètement paumé sur ce qui se passe, vu que personne ne lui dit rien."

"Il saura en temps et en heure, je ne m'en fais pas pour cela. Daiki ne pourra pas lui cacher la vérité bien longtemps de toute façon, lui aussi il a ses limites..."

"Et si jamais il clamse? Ce sera loin d'être le premier dans son cas..."

"Atsushi, tu te fais beaucoup trop de soucis. Ryouta est un magnifique spécimen femelle comme il en existe peu aujourd'hui. Je ne le laisserais pas faire échouer mes plans pour quelque chose d'aussi stupide."

"Je dis ça justement parce qu'il l'est... enfin, je suppose que tu sais ce que tu fais. Si tu es sûr..."

"Je suis sûr. Ils le feront, tous les deux, pour une simple et unique raison: c'est leur destin. Et on ne lutte pas contre le destin. Tu le sais toi aussi, n'est-ce pas, Atsushi."

"Oui..."

Il avait très bien compris le lourd sous-entendu.

Lui aussi, il était comme Aomine, comme Midorima et comme les autres. Et viendra fatalement le jour où ce sera son tour d'assurer cette responsabilité. Il était élevé dans cet unique but. Ses parents furent de simples étrangers payés pour le maintenir vivant jusqu'à ce qu'on prenne le relai, puis lui assurer une vie à figure humaine jusqu'à ce fameux jour. Personne ne le regretterait. Personne ne le pleurerait. Mais en échange, il fera partie des rares élus à marquer l'histoire de son espèce. Contrairement à Midorima, il y était résolu, parce que cet homme avait été présent toute sa vie, et s'était appliqué à lui faire comprendre et accepter ce qu'il était et ce qu'il était voué à devenir.

Kise aussi ne pouvait pas se défaire de ce destin auquel il était enchaîné sans en avoir conscience. Le cauchemar qu'il vivait actuellement n'était rien par rapport à ce qui l'attendait, mais peut-être valait-il mieux en effet pour sa santé mentale qui l'ignore encore un petit moment. Aomine en avait sûrement conscience aussi, c'était bien pour cela qu'il veillait outrageusement à ce qu'aucun d'entre eux n'approche de près ou de loin le blondinet. Il le préservait du mal qui le guettait. Mais comme il l'avait si bien dit, le bleuté ne pourra plus protéger le blondinet encore bien longtemps. Non seulement des autres, mais aussi de lui-même...

Murasakibara se sentait à la fois concerné et éloigné de tout cela.

Bien sûr, lui aussi était touché par l'épée de Damoclès qui planait au-dessus de leur tête à tous. Mais pour le moment, ce n'était pas la sienne qui se présentait comme étant la plus menaçante, même s'il savait qu'une fois le rituel accomplit pour la première fois, les choses s'accéléraient sûrement très vite pour son cas. Mais jusque-là, son rôle était simplement de s'assurer du bon déroulement de son plan.

Ni plus, ni moins.

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C'est en sueur et au beau milieu de la nuit qu'il se réveilla dans son lit.

L'adolescent prit le temps de regarder autour de lui, désorienté et peu sûr de l'endroit où il était, balayant son environnement de ses yeux dans un élan de panique. Il lui fallut un instant, le temps de retrouver ses marques dans la scène familière de son appartement pour enfin se rassurer: il était revenu à la réalité. Son corps entier tremblait et son rythme cardiaque pulsait de manière anormale. Calmant sa respiration, il serra de ses mains tremblantes la couverture qu'il avait à moitié chassée dans son sommeil. L'obscurité de la grande pièce chassée par la lumière bleutée de son aquarium, Kise ne trouva néanmoins pas le courage de bouger un seul doigt. C'était un effet secondaire typique de ce genre de réveil, ou la sensation de ne pas être seul et qu'un monstre tapis dans l'ombre n'attendait qu'un signe pour l'attaquer.

Il venait de faire un horrible cauchemar.

Mais étrangement, il n'arrivait pas à se souvenir de ce que c'était. Il voyait seulement des images impossibles à décrire avec des paroles, ou même un dessin. Il ressentait des choses qu'il n'imaginait pas pouvoir expérimenter avec son corps dans ce monde réel. Beaucoup trop irréel, beaucoup trop abstrait pour mettre un quelconque mot dessus. Même les formes, les couleurs, les gestes, les sens perçus par son corps lui paraissaient maintenant effacés. La vague de son subconscient ne lui en avait laissé aucune trace, même infime, comme s'il était soudain devenu aveugle, sans espoir de retrouver sa vue. Peut-être qu'il valait mieux en effet qu'il ne s'en rappelle pas, après mûre réflexion.

Ryouta ne se rappelait pas qu'un rêve l'ai déjà laissé dans un tel état. Ce fut quelque chose, une horreur, qui s'était emparé de lui et avait attendu que sa peur et sa douleur soient à leur paroxysme pour le relâcher. Lui permettre de se réveiller et ainsi de s'en délivrer. Mais quelque part, il avait eu l'impression que ce n'était pas de sa propre volonté, et qu'il ne s'était réveillé que parce que son songe l'avait bien voulu. Le principe de tous les rêves bien sûr était qu'on ne pouvait pas les contrôler, sauf dans de rare cas mais là... c'était beaucoup plus puissant. Cela dépassait un simple caprice de son cerveau, mais plutôt l'idée de quelque chose de vivant qui s'exprimait dans son rêve.

Mais était-ce vraiment un rêve?

Le blondinet n'en était plus aussi sûr. En ce moment, il n'était plus sûr de rien de toute façon. Il n'arrivait plus à déterminer ce qui relevait de la réalité, et ce qui était le fruit de son imagination. Peut-être avait-il accumulé la fatigue qui s'était manifestée sous la forme de son inconscient pour relâcher un peu de tension et évacuer les horreurs qu'il avait vécues récemment. Mais Kise avait du mal à y croire. Si le but était de se libérer de ses tourments, alors cela avait totalement échoué car il ne se sentait pris d'un intense effroi. Ce serait mentir de dire qu'en ce moment, il n'avait pas peur. Au contraire, il était terrifié. Terrifié d'imaginer de constater qu'éveillé ou non, l'enfer continuait de le poursuivre sans répit.

Et pourtant, en même temps, que cette terreur et ce dégoût, un étrange sentiment pulsait en lui par rapport à ce rêve. D'une certaine manière, aussi terrifié qu'il soit, Kise se prenait à le regretter. Oui... il regrettait qu'il soit passé si vite. Le blondinet avait aussi l'impression que même avec cette amnésie, il l'avait déjà vécue. Déjà connu. Ce n'était pas un étranger si étrange maintenant qu'il y réfléchissait. Et plus que familier, il avait en fait le même sentiment que l'on aurait en repensant à un vieil ami d'enfance que l'on n'a pas vu depuis des années. Une mélancolie douce-amère que l'on aimait détester... Oui, c'était cela; il avait comme une sensation de nostalgie.

Envers un cauchemar, c'était étrange...

Se calmant doucement à travers ses pensées confuses, Kise décida de se lever de son lit pour aller se chercher un verre d'eau.

Mais à peine fut-il debout qu'il retomba net dans son lit, incapable de supporter son propre poids. Son corps flancha sur le côté, manquant de frapper l'aquarium. Par la force de ses bras, il se redressa en face du rectangle de verre rempli d'eau et de poissons qui avait un moment tangué, menaçant de s'écrouler. Les animaux marins, après s'être cachés sous le tremblement, faisaient de nouveau leurs tours gracieux, inconscients de ce qui se passait à l'extérieur de leur monde bleuté. Pourtant, si Ryouta l'avait cogné de plein fouet, peut-être serait-il tombé pour se briser en mille morceaux par terre. Alors, les poissons seraient morts. Ils n'auraient plus jamais eu l'occasion de nager dans leur cage éphémère.

Leur vie ne tenait qu'à ça, et elle était entre les mains de quelqu'un d'autre. Ces mains qui ne pouvaient pourtant rien faire d'elles-mêmes. Cela signifiait juste que leur vie était aussi insignifiante que leur possesseur. Ce dernier avait bien conscience qu'il ne valait pas mieux que ces petits êtres dénués de libre arbitre. Sa misérable existence lui semblait guidée à travers un quotidien morne et sans intérêt pour déboucher sur un destin tragique. Et rien ne semblait découler de ses propres choix. Kise ne s'était jamais senti aussi isolé de toute sa vie et pourtant, plus que jamais, ce désagréable sentiment que des ficelles étaient attachées à ses membres lui paraissait plus fort que jamais. Vivre entre les mains de quelqu'un d'autre... cette idée lui fit mal au coeur.

Comme au sortir du rêve de tantôt, il trembla de douleur et de peur.

Un pas après l'autre, sans se presser, le blondinet réussit à se lever pour aller en cuisine. Ce fut long et périlleux, n'ayant pas rangé la veille, il buta contre différents objets, dont son mobilier, son sac et quelques affaires qui traînaient par terre. Quand il revint, il se repositionna dans son lit après avoir machinalement attrapé son téléphone pour vérifier l'heure. Sans surprise, il y avait un tas de messages non lus venant de ses camarades ainsi que d'appels manqués qu'il s'empressa d'effacer après avoir vérifié leur contenu. Le lycéen n'avait plus envie de faire d'effort envers ses camarades. Cela ne lui apportait rien, sinon une perte de temps qui lui manquait déjà suffisamment.

Allongé, il sentit une certaine humidité sur son haut, n'ayant pas pris de précaution lorsqu'il but directement au robinet. Son t-shirt était froid contre sa peau. Le bon sens lui indiquait d'aller se changer, mais emprisonné dans son cocon d'apathie, il ne trouva pas le courage de se lever une seconde fois. Il passerait sans doute la nuit ainsi, mais cela constituait très certainement la dernière de ses préoccupations à travers la fatigue qui l'enivrait. De toute façon, le blondinet n'était pas vraiment sensible aux baisses de chaleur, son corps étant déjà à une température très faible dans son état normal. Normal, ou quand il n'avait pas une de ses crises bien sûr.

Alors qu'il fixait son téléphone, des images auxquelles il n'aurait pas voulu penser lui vinrent en mémoire.

Il était choqué de constater à quel point la normalité de son quotidien avait basculé aussi rapidement et sèchement en si peu de temps. Passant outre les éléments perturbateurs extérieurs qui étaient ce qu'ils étaient, en tant que personne, il vivait une vie tout à fait normale. Non vraiment. Toute sa scolarité s'était déroulée sans aucun encombre, il s'était fait des amis éphémères entre le collège et le lycée, même sa vie amoureuse ne fut qu'un long fleuve tranquille parsemé de quelques petites amies avec lesquelles il entretint une relation platonique avant de la rompre pour des raisons dont il ne se souvenait plus. Son adolescence, vue de l'extérieur, n'était pas différente de celle des autres jeunes de son âge.

Mais à cause de son corps faible et capricieux, un risque élevé de morbidité le suivait depuis qu'il était enfant. Sa maladie s'avérant aussi incurable qu'inconnue et pouvant s'aggraver à tout moment, il devait s'attendre un jour à avoir la crise de trop qui le ferait succomber. Toujours cette perspective d'être exposé à la mort, telle une ombre qui ne le quittait pas, même dans le plus sombre des couloirs. Une fatalité qui, plus que jamais, lui revenait très souvent en ce moment. Pourtant, avec le temps et la lassitude, il s'était fait à la cruelle réalité et au final, la perspective d'arrêter sa vie sonnait presque comme une libération désormais.

Plus il pensait, plus son esprit vagabondait dans des terrains minés et inconnus, comme d'habitude.

Se tournant dans son lit et remontant la couverture jusqu'à son ventre, il ferma les yeux, laissant le sommeil le happer à lui afin de cesser ces réflexions moroses. À travers les bras de morphée, il entendit la sonnerie de son téléphone signalant que quelqu'un tentait de le joindre, mais trop épuisé, il l'ignora et s'endormit, se disant qu'il vérifierait le lendemain. De toute façon, à cette heure avancée de la nuit, cela ne pouvait être qu'une seule personne; son oncle. Et il n'avait pas spécialement envie de débuter une conversation où mensonges et appréhensions mêlées à une gentillesse forcée se mêleraient dans une confusion au sein des deux parties.

C'est la dernière pensée dont il se rappela lorsqu'il se réveilla le lendemain.

Après s'être préparé pour partir au lycée, Kise sortit de son appartement sous un ciel nuageux. L'humidité dans l'air était sensible jusqu'à sa peau, bien plus que l'eau qui avait imprégné son t-shirt la veille. Peut-être qu'il allait pleuvoir cet après-midi. Si tel était le cas, le blondinet avait du souci à se faire, car aucun parapluie ne venait combler l'inventaire qui se trouvait dans son sac. La perspective de rentrer sous une douche extérieure lui plut moyenne, d'autant plus que ce n'était pas la bonne période pour attraper une pneumonie. Eh bien, il n'avait plus qu'à faire jouer ses relations sociales et espérer qu'un de ses camarades accepte de lui en prêter un.

Ce fut lorsqu'il attendit son train à sa station d'arrêt qu'il vérifia enfin l'appel de la veille, persuadé que c'était son oncle mais c'était un numéro inconnu.

Cela lui parut alors étrange, d'autant plus que ce numéro ne lui parlait pas vraiment. Pourtant, il ne voyait pas qui d'autre aurait pu l'appeler à ce moment-là et une idée émergea alors dans son esprit; et si jamais c'était la femme de son oncle. Ce n'était pas impossible, bien qu'elle n'ait jamais contacté Kise avant. Alors qu'il pensait à rappeler, le blondinet hésita. Tout comme son oncle, sa tante était quelqu'un de bien, mais il avait encore moins de relations avec elle qu'avec son mari. En fait, elle était même celle qui devait moins l'apprécier, vu qu'il n'était même pas de son sang mais qu'elle du quand même s'occuper de lui pendant de longues années. Maintenant qu'elle avait ses propres enfants, elle ne voulait sûrement plus s'embarrasser avec lui

Ce n'était peut-être pas une bonne idée de l'appeller soudainement.

Kise décida de se restreindre, sachant que ce n'était qu'un pur geste de lâcheté, mais il n'avait pas envie de refaire son manège avec cette femme. Après tout , il n'y avait pas urgence, n'est-ce pas? Sinon elle lui aurait laissé un message sur son répondeur pour lui demander de rappeler, ou même envoyé un mail. Donc non, rien ne prêtait à ce qu'il s'empresse.

Décidé de contacter son oncle plus tard, sans doute ce soir, Kise remis son téléphone portable dans sa poche.

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Aujourd'hui, sa condition physique n'était pas mal du tout malgré son manque de sommeil, il réussit donc à se concentrer sur les cours.

Ce ne fut pas vraiment une partie de plaisir pour Kuroko, qui dû quand même endurer des regards assez étranges, non seulement sur lui mais aussi sur Kise. Peut-être devenait-il parano, mais il avait l'étrange impression que ses camarades de classe soupçonnaient quelque chose. Eh bien, ils n'auraient pas vraiment tort, vu ce qui s'était passé il y a quelques jours dans les toilettes. Bien qu'il ait pris ses précautions après avoir trouvé refuge, le jeune homme aux cheveux bleutés savait qu'on ne pouvait pas empêcher un bruit de courir. Même lui, d'ordinaire si transparent, si négligé, commençait malgré lui à attirer l'attention. Sans doute le fait qu'il ne traîne plus avec le blondinet devait aussi avoir un effet.

Il était vrai que Tetsuya ne fut pas vraiment très accueillant avec lui hier. Même dans ses jours les plus misanthropes, le garçon invisible tentait tout de même de ne pas rejeter son ami de manière si brutal, mais à ce moment-là, il fut tellement mal qu'il n'y fit pas attention. En fait, depuis ce qui s'était passé avec Taïga, plus grand-chose n'avait vraiment d'importance pour lui. Ce matin encore, en arrivant en classe, il l'avait croisé et avait espéré, au fond de son coeur, que quelque chose se passe. Qu'il lui adresse la parole, même pour l'agresser. Ou lui demander encore une fois des explications. Même si cela l'aurait blessé. Sans doute beaucoup moins que d'avoir été totalement ignoré comme ce fut le cas.

Une seule question resonnait alors dans sa tête: Kagami l'avait-il définitivement rejeté?

Si tel était le cas... Kuroko ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. S'il n'était pas capable de dompter sa nature. S'il n'était pas capable de refouler le monstre qui dormait en lui, comment pouvait-il espérer se faire accepter par un humain? Aomine-kun le lui avait bien dit. Il ne devait pas s'attendre à trouver le bonheur dans la voie qu'il choisissait. Il allait à l'encontre même de sa nature. Et pourtant, il persistait. Même si cela faisait mal. Même si cela signifiait être traité comme la pire espèce. Il voulait encore espérer. Se raccrocher à ces infimes regards échangés de temps à autre où il ne lisait ni dégoût, ni peur dans les yeux carmin, mais une simple confusion. Et, oserait-il y penser, de l'empathie.

Ses yeux azurés passèrent alors sur Ryouta qui ne semblait pas aller trop mal.

Lui aussi semblait avoir ses propres problèmes de son côté, peut-être aussi torturants que les siens. Kuroko ne s'était jamais vraiment montré curieux sur la santé de Kisé, et pourtant quelque part, il sentait qu'il le devrait. Une petite voix lui susurrait de temps à autre de creuser ce problème, de comprendre pourquoi en compagnie du blondinet, il ressentait ce sentiment familier. Pourquoi ils s'entendaient si bien alors que jusqu'à présent, le garçon bleuté n'avait jamais réussi à se lier d'amitié avec qui que ce soit d'autre qu'Aomine, en sachant sur quoi reposait leur amitié. Mais le lycéen pâle faisait tout de suite taire cette voix. Il préférait que ses sentiments s'en tiennent à ce stade, et ne se transforment pas en doute qui l'amenerait à chercher plus.

Tant que personne ne savait, ils pouvaient encore préserver un micro-espoir que les choses se finiraient bien.

De toute façon, leur coordination étant très mauvaise, ce n'est pas aujourd'hui qu'ils pourraient espérer avoir une discussion à coeur ouvert. Encore occupé de ce qui s'était passé la veille entre eux, Kise n'était pas venu le quémander comme il le ferait normalement après l'école. N'importe qui à sa place, après avoir essuyé un tel vent, laisserait bien sûr tomber, mais pourtant, Tetsuya avait l'impression que ce n'était pas l'unique cause. Dans ses bons jours, Ryouta tentait tout de même de renouer le contact, ce qui était le cas aujourd'hui. Il avait même pris la peine de s'intégrer à quelques groupes de discussion pendant les pauses pour sauver son image sociale. Et pourtant à côté de cela, il n'avait pas semblé porter la moindre attention à son ami.

Bien que ce soit étrange, Kuroko passa outre et prépara ses affaires pour rentrer chez lui.

Près de la moitié des étudiants étaient encore dans la classe -dont Kise-, discutant de sujets variés qui allaient de la dernière émission Idol à la télé la veille au professeur d'Histoire qui n'était pas fairplay envers ses élèves. Le groupe le plus proche du frêle jeune homme ne faisait pas abstraction, composé de plus de garçon que de filles. Comme ils parlaient bruyamment, il pouvait entendre tous les détails de leur conversation. Au départ, il n'y fit bien sûr pas attention, tant pace qu'il savait que les commérages du moment pouvaient être néfaste pour son morale que parce que ce serait sûrement encore des stupidités aussi grosses qu'eux.

Cependant, il écouta malgré lui ces nouvelles dont il était plus ou moins l'instigateur.

"Tu as entendu? Quelqu'un de la classe 2 a vu quelque chose d'étrange dans les toilettes des garçons il n'y a pas longtemps."

"Encore! Mais ce n'est pas vrai, je vais vraiment finir par croire que cette école est maudite!" Houspilla un des membres du groupe d'un ton blasé.

"C'est quoi cette fois?"

"Ah, j'en ai entendu parler! La même chose que ce qui s'est passé en salle de laboratoire numéro 3"

"Non, pas ça! Quelqu'un a vu du sang et des morceaux de chair sortir des toilettes. Ça craint!". Gémit quelqu'un d'autre.

La main de Kuroko se stoppa juste au moment où il fut sur le point d'attraper son sac. Il savait qu'il n'aurait pas dû écouter mais là... il était obligé.

"C'est quoi ces histoires? Il était sûrement en train de rêver! Ou il a fumé un truc pas net!"

"Probablement, après tout , quelqu'un est venu pour vérifier et... ça avait disparu."

"C'est exactement comme l'histoire de la salle de laboratoire... sauf que là, plus rien!"

"C'est bien ce que je dis, ils ont abusé sur quelque chose!"

Ils rirent en coeur, mais cela sonna tellement faux et malsain aux oreilles de l'invisible. Il n'y avait rien de drôle là-dedans.

"Tiens d'ailleurs, puisqu'on parle de trucs glauques, devinez qui s'est fait remarquer hier: Midorima! Il paraît qu'il est sorti des toilettes et qu'il était tout sanglant!"

"Ça faisait longtemps!" Fit ironiquement une des filles.

"Et bien sûr, lorsque l'horloge se mis à sonner..."

"Ah oui cette rumeur... qui n'en a pas entendu parler. C'est pratiquement la marque de fabrique de ce lycée, même les autres établissements en on eut vent."

"Ouai génial, on est populaires grâce à un timbré qui est trop riche pour supporter d'aller se faire interner en asile!"

"Oh, sérieusement, ce mec est vraiment trop bizarre!"

"Je te jure que c'est vrai! Franchement, j'y comprends plus rien."

"Mais t'y crois-toi, ou pas?"

"Je n'en sais rien... ça fait un petit moment déjà que cette école devient une vraie source de rumeurs et d'histoire d'horreurs. Il n'y avait pas tout ça avant..."

Les étudiants partirent alors dans un débat sur ce qu'il faudrait faire pour améliorer les conditions de vie du lycée. Mais Kuroko torturé par le souvenir de ces visions d'avant, décida de ne plus leur prêter attention. Cette conversation juste maintenant... Le fait que Midorima soit impliqué dedans confirmait sa suspicion qu'il soit un des leurs. Si c'était le cas, alors il était sûrement de l'autre genre que lui, vu ses réactions. Le garçon bleuté comprenait désormais un peu mieux toutes ces rumeurs qu'il faisait circuler sur sa personne; son état devant être instable, il devait se protéger en faisant courir de faux bruits sur lui qui dissimuleraient la vérité. Cependant, l'histoire de cette horloge lui était étrangère et Aomine ne lui en avait jamais parlé.

Tetsuya repensa alors à son incident d'avant-hier.

Il aurait dû faire quelque chose lorsqu'il était dans les toilettes. Le lycéen bleuté se rendait compte en écoutant ces discussions que tous ceux de son espèce présent dans ce lycée portaient chacun la responsabilité de tous. Si un seul était découvert, les autres ne tarderaient pas aussi à être soupçonné et à terme, plusieurs vies seraient gâchées. Des regrets amers naquirent dans son coeur. Il ne voulait pas être traité comme un monstre, pas plus que les autres. Mais c'est un fait malheureusement. Il était obligé d'être prudent. Attrapant son sac pour partir loin de ces adolescents insouciants, il sortit de la salle.

Imitant Kagami, Kuroko quitta le lycée juste à temps, avant que le déluge ne commence et que la catastrophe arrive.