Je m'appelle Hinano Kurahashi, j'ai 20 ans et je suis guide animalier pour enfants. Avant je faisais partie des cancres de la classe E, sous la tutelle de Karasuma-san, nous devions assassiner notre prof : Koro-sensei.
Il est mort, un jour avant, notre remise de diplôme. On aurait tous voulu qu'il soit là mais c'était l'ordre des choses.
J'aimais tellement cet endroit et notre prof, que je travaille dans la montagne où l'édifice de l'école restait là, je trouve que c'était vraiment une bonne idée d'acheter cette montagne.
Aujourd'hui, je reçois une dizaine d'enfants, une jeune maman emmène son fils et ses amis faire une balade pour son anniversaire. La bonne femme arrive les enfants suivent derrière elle.
-Mademoiselle Kurahashi, demande la dame.
-Enchanté, je la salue, madame Raichi.
-Voici mon fils Masao, explique la mère, leur maîtresse leur a parlé des animaux de la forêt et de la montagne, depuis il veut en voir en vrai.
-Je vois c'est très bien ça, je souris au petit.
-Et voici Okajima-san, continue-t-elle, j'aimerais qu'il prenne des photos des enfants pour moi et les parents.
J'étais très surprise de voir ce pervers ici, il y a bien deux ans que nous nous sommes vus.
Je le salue professionnellement, en lui serrant la main.
La mère a embrassé son fils avant de repartir à sa voiture.
-Avant que nous partions, je commence, je vais vous exposer quelques règles de sécurité. On ne s'éloigne pas, on ne évite de trop s'approcher et toucher les animaux. Et faites attention près de la rivière, elle est à fort courant.
Plus tard, Okajima-kun s'est approché de moi. En troisième, on était d'à peu près la même taille, mais maintenant qu'ils ont tous grandi hormis Nagisa-kun, il me dépasse d'une bonne tête.
-Cela fait longtemps Kurahashi-san, avoue-t-il enfin.
-Je n'aurais pas cru te croiser ici enfin si mais pas en plein boulot, j'explique.
-Règle numéro je ne sais plus combien du livre "Régle de vie par Koro-sensei" : accepter tout boulot en rapport avec votre travail et bien payé.
-Je l'avais oubliée celle là, je dévoile rieuse. Y'en a tellement que je n'ai même pas encore fini de lire. Et de regarder toutes les photos.
-Moi non plus c'est interminable, remarque Taiga.
Nous avons eu une pointe de nostalgie, parler de notre ancien prof, notre ancienne vie en plein milieu de cette forêt dans laquelle nous avons passé une année à explorer, c'était à se rappeler toute cette aventure.
Heureusement, les enfants étaient là pour nous divertir. Ils gambadent dans tous les sens autour de nous, à leur âge, la curiosité a du bon. Ils posent plein de questions et demandent le double de photos accordés.
-Ça donne presque envie d'en avoir, je souffle.
-Je suis à ta disposition, plaisante Okajima-kun.
-Sois un peu adulte, je rouspète.
-Quoi tu as déjà quelqu'un, taquine Okajima-kun.
-Urusei Taïga, ronchonne Hinano.
-Ah désolé Hinano-chan, dit-il enfin.
Il était rare qu'il s'excuse, à croire qu'il a mûri pendant ces années d'absence. Je me suis surprise à le détailler un peu plus. Il abandonné son ancienne coupe, laissant ses cheveux poussés, ce qui enlève un peu son côté débile et pervers. Bien que son regard reste le même : inconscient et puérile.
La promenade continue, les enfants admirent les animaux qui font des allers-retours dans la rivière. Les plus jeunes observent encore les animaux, alors que le petit Masao commence son ascension vers le premier gros caillou.
-Moi aussi je peux faire pareil, assure l'enfant fier.
Sa chaussure mal fermée le fait glisser dans le courant, Hinano s'affolait à côté des autres. Prise de court par Taiga qui saute dans l'eau, en quelques coups de bras, il arrive près de l'enfant appeuré.
-C'est bon, rassure Taiga. Tout va bien maintenant.
Le brun approche la première digue, là où attendait Hinano et les autres petits. Frigorifié, l'enfant ne voulait en aucun cas lâcher le photographe.
-Retournant à la classe, conseille Hinano. On va sûrement trouver de quoi le réchauffer.
A la lisière de la forêt, ils trouvent très vite leur ancien bâtiment, pour une fois, il est vide, personne d'étranger, personne qu'ils connaissent.
Hinano trouve une couverture qui traîne dans la salle des professeurs, appartenant à l'un des garçons, elle engloutit l'enfant sous son tissu moelleux.
-Bon, se réjouit la guide, vous allez rester sagement ici. Moi je vais aller chercher le gâteau.
Le photographe et la guide se sont éloignées des enfants, gagnant leur ancienne cuisine, où l'eau et l'électricité coule encore dans les fils et les tuyaux.
Le petit Masao désobéit une fois de plus, et marche dans le couloir, suivant les voix qui entendaient. Quand il ouvre la vieille porte de bois, il se dit qu'il fera mieux de faire demi-tour et d'attendre sagement avec ses amis.
Quand dix-sept heure sonne, plusieurs parents viennent, pour récupérer leur progéniture, la dernière arrivée est la mère de Masao. La dame salue ses deux employés du jour d'un mouvement sec de tête.
Elle est très surprise en découvrant le t-shirt de son fils froissé.
-C'est de ma faute, assume l'enfant, je n'ai pas écouté la dame.
-Bon, souffle la mère, faute avouée, à moitié pardonnée.
-Dis Maman, commence l'enfant, je croyais qu'on faisait des bisous sur la bouche, quand on s'aime ?
-Mais oui mon coeur, sourit la mère, pourquoi poses-tu la question.
Il avoue que la madame et le monsieur se sont embrassés dans la cuisine; les deux nommés ont fait un pas en arrière, rouge de honte, apeuré devant leur patron de la journée.
-Je vous enverrai des chèques quand j'aurais reçu les photos, conclut la mère.
Ils soupirent tous les deux de soulagement, quand ils se sont embrassés une nouvelle fois, ils ont eu l'impression d'avoir quelqu'un derrière eux, une drôle de personne, un poulpe peut-être avec une tête toute rose et un sourire niais...
