Le Pacte du Sang – Chapitre 1 – Le cadeau

"Amenez-les !" fit une voix provenant d'un grand fauteuil placé sur une estrade. Le ton était impérieux, il n'y avait aucun moyen d'échapper à l'ordre ainsi donné.

Un homme râblé, vêtu d'une grande cape, un masque sur le visage, poussa les trois personnes devant l'homme qui avait donné l'ordre. Une femme habillée de la même manière tenait un bébé dans les bras. Elle s'avança aussi et s'inclina profondément.

"Les voici, Maître. Les trois enfants et la sang-de-bourbe."

"Bien." L'homme assis dans le grand fauteuil se leva et s'avança, se rapprochant des trois personnes tremblantes, prisonnières devant lui. Ses yeux rouges à la prunelle verticale et brillante comme celle d'un serpent, son teint pâle, presque bleuté, ses narines fendues, étaient effrayants. Lord Voldemort n'avait plus rien d'humain, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Il prit son temps pour observer les enfants. "Des sang-purs. Un sang aussi pur et innocent ne sera pas versé. Qu'est-il arrivé à leurs parents, Walden ?"

L'homme à la cape, Walden McNair, enleva son masque et s'agenouilla. "Maître. On a réglé leur compte aux traîtres-à-leur-sang, selon vos instructions. Nous les avons tués et détruit leur maison. Les enfants s'étaient échappés mais nous les avons retrouvés rapidement."

"Echappés ?"

"Oui, Maître. La sang-de-bourbe ici les avait emmenés. Malheureusement pour elle, nous sommes parvenus à la cerner avant qu'elle puisse Transplaner avec les gosses." Il tendit un bâtonnet de bois à son Maître. "Voici sa baguette, Maître."

Le Seigneur des Ténèbres la prit entre ses longs doigts, semblables à des pattes d'araignée. "Les sang-de-bourbe ne devraient pas avoir de magie." Sur ces paroles, il cassa la baguette en deux et en jeta les restes aux pieds de la femme. Elle laissa échapper une petite plainte en voyant sa baguette brisée. "Pas plus qu'ils ne devraient s'occuper d'enfants sang-purs." Puis il tourna son attention vers le jeune enfant dans les bras de l'autre sorcière. Le garçon était âgé d'environ un ans.

"Alecto, est-ce là le plus jeune des enfants ?"

"Oui, Maître," répondit la petite femme. Elle ne portait pas de masque.

"Eh bien, ces enfants vont avoir besoin de parents désormais. De parents décents. Des parents de sang-pur qui les éduqueront dans les traditions véritables et anciennes de notre race. Lucius !"

Un homme grand, aux longs cheveux blonds, ne portant aucun masque, s'avança et s'agenouilla. "Maître." Ses traits aristocratiques affichaient un air arrogant.

"Lucius, je crois savoir que ta femme et toi, vous voulez un deuxième enfant."

"Vous avez raison, Maître."

"Prends le bébé avec toi alors. A partir de maintenant, il est à vous. Elevez-le comme un Malfoy. Les deux autres à présent."

Il regarda le jeune garçon, âgé de cinq ans, et sa sœur de trois ans. "Theodore ! Tu prendras soin de la fillette. Ta femme sera contente, je sais qu'elle voulait avoir un fils et une fille. Tu as déjà un fils, voilà ta fille maintenant. Quant au garçon... Bellatrix ! Tu n'as jamais eu d'enfant, que penses-tu de celui-ci ? Je suis sûr que ton mari Rodolphus sera ravi d'avoir un héritier."

Bellatrix Lestrange ne portait pas de masque non plus. A son tour, elle s'agenouilla. "Oh, Maître, nous serons ravi d'exécuter votre volonté." Le regard fanatique sous ses paupières lourdes montrait toute l'adoration qu'elle pouvait nourrir envers son Maître.

"Prends le garçon avec toi alors et élève-le en conséquence. Débrouille-toi pour qu'il ne devienne pas comme ton cousin, cet infâme Sirius Black !"

Bellatrix eu un sourire malveillant. "Bien sûr que non, Maître !" Elle porta à ses lèvres le pan de la robe de son Maître avant de se lever et de saisir le garçon par le bras de manière quelque peu rude. Le sorcier nommé Theodore s'inclina respectueusement avant de prendre la main de la fillette dans la sienne, dans un geste plutôt paternel.

"Une dernière instruction à vous trois. Aucun de ces enfants ne doit savoir qu'il est parent avec les autres. Un jour, ils iront à Poudlard, où ils devront être envoyés à Serpentard. Ils partageront les mêmes quartiers et y passeront sept ans de leur vie. Mais faites en sorte qu'ils ne se marient pas entre eux ou quoi que ce soit du même goût. Nous avons assez de Cracmols comme ça." Il s'arrêta quelques secondes. "Nos sympathisants au Ministère s'occuperont de la paperasse pour leur nouvelle identité. Les familles traîtres-à-leur-sang doivent disparaître une bonne fois pour toutes."

Les trois Mangemorts approuvèrent d'un signe de tête et s'inclinèrent une fois de plus profondément. Ils prirent chacun des frères et sœur avec eux avant de se fondre au sein du groupe. Ils n'avaient pas été encore renvoyés. De plus, ils étaient curieux de savoir ce qu'il adviendrait de la jeune femme. C'était maintenant que le vrai divertissement allait commencer.

Le Seigneur des Ténèbres s'approcha de la femme qu'il avait appelée « sang-de-bourbe ». Dolohov, un autre Mangemort qui avait pris part au raid, se tenait derrière elle, la tenant fermement par les bras. Elle portait toujours sa chemise de nuit – le raid avait eu lieu au beau milieu de la nuit. Elle était pieds nus et sa chevelure était en désordre. Elle avait dû être giflée et même frappée au visage car un peu de sang séchait sur ses pommettes et sur son front. Une panique intense pouvait se lire sur ses traits mais elle faisait de son mieux pour ne pas craquer et pleurer. Elle avait une jolie figure malgré ses bleus, des yeux verts et de longs cheveux châtains dont les boucles épaisses descendaient en cascade sur ses épaules.

Elle était bien consciente de l'identité de celui qui se trouvait en face d'elle à présent. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-Le-Nom. Elle avait déjà entendu des histoires terrifiantes à propos de lui et de ses exploits, alors qu'elle n'était encore qu'une élève à l'Ecole de Sorcellerie et de Magie de Poudlard. Elle avait quitté l'école dix ans auparavant, après avoir obtenu son diplôme, mais il n'était pas encore revenu à cette époque. Plus tard, elle avait eu connaissance de son retour et de ses crimes. Et maintenant, elle se trouvait en plein milieu de tout cela – pour sûrement être sa prochaine victime. La boule dans sa gorge était grosse, si grosse qu'elle avait du mal à respirer. Elle savait qu'elle allait mourir d'ici quelques minutes, si elle avait de la chance, ou bien après une longue, douloureuse et terrible agonie avec ces gens – en particulier avec les hommes.

Quel destin... Elle avait 27 ans mais il semblait bien que sa vie devait s'arrêter ici et maintenant. Faites en sorte que ce soit rapide alors. Et aussi peu douloureux que possible.

Lord Voldemort se tenait à présent tout près d'elle, la dominant de toute sa taille et de sa puissance. Elle avait entendu dire qu'il utilisait la Légilimencie, elle garda les yeux baissés. Il volerait sa vie mais pas ses pensées. Elle essaya de vider son esprit autant que possible, pour ne le remplir qu'avec de la peur, en espérant que cela la protégerait, tout en étant consciente cependant que cela n'opposerait qu'un faible rempart à son investigation.

Soudain, le Seigneur des Ténèbres saisit le col de la chemise de nuit de ses deux longues mains. Il déchira le tissu pour dénuder le haut du corps de la jeune femme, avant de faire un pas en arrière. Désormais, ses seins et ses épaules étaient nus, visibles pour tous. Des murmures salaces d'envie, de concupiscence, d'admiration ou de quoi que ce soit d'autre, s'élevèrent des rangs des Mangemorts. Des murmures masculins.

"Une bien jolie sang-de-bourbe que nous avons là," fit Lord Voldemort d'une voix douce mais maléfique. Ses yeux s'attardèrent un instant sur la poitrine opulente de la jeune femme. Cependant, un autre détail avait attiré son attention.

Un serpent d'argent reposait entre les seins. Un serpent d'argent porté en pendentif à une chaîne autour de son cou. Lord Voldemort était surpris par le bijou. Ses longs doigts pâles le prirent délicatement pour l'examiner. Le petit serpent avait des émeraudes en guise d'yeux. Il pouvait percevoir que le bijou était enchanté.

"Argent et émeraudes... Les couleurs de Serpentard... Plutôt inhabituel.. Ne me dis pas que tu as été envoyé à Serpentard. Les sang-de-bourbe n'y ont pas leur place. Pas même à Poudlard d'ailleurs." Ses yeux rouges la fixèrent. "Où as-tu été envoyée ?"

"Serdaigle," parvint-elle à dire, malgré sa terreur évidente.

"Mais tu apprécies les serpents de toute évidence."

"Je les respecte."

D'une certaine manière, sa réponse sembla lui plaire. Le ton de la jeune femme était empreint de révérence et de crainte pour les créatures. Voldemort lui prit le visage entre ses doigts pour l'obliger à le regarder. Il entra dans l'esprit de la jeune femme par la Légilimencie. En premier, il perçut sa peur comme une barrière puissante qu'il surmonta rapidement, puis il vit l'image d'un jeune homme mettant le bijou autour du cou de la jeune femme avant d'embrasser celle-ci tendrement. Le souvenir n'était pas récent, cependant il était toujours très fort.

Il ricana et sortit de l'esprit de la jeune femme. L'amour... quel sentiment ridicule.

"Oh, mais on dirait que tu es... enceinte aussi. Tu l'es. Ai-je tort ?" Sa voix était douce mais dangereuse.

Les lèvres de la jeune femme tremblèrent. "Non..."

"Une sang-de-bourbe enceinte. Qui est le père ?" lui demanda Voldemort. "C'est le même homme qui t'a donné le bijou du serpent ?"

"Non... Il est mort... il y a quelques années... Je... Je ne sais pas... J'ai été violée... il y a cinq mois..."

Les yeux rouges se concentrèrent sur les yeux verts – Lord Voldemort sut qu'elle disait la vérité, grâce à la Légilimencie – il avait vu des passages flous de l'événement dans son esprit. "Alors tu es déjà habituée à ce que je prévois pour toi."

La femme trembla – et ce n'était pas parce qu'elle avait froid soudainement. Ses paroles voulaient tout dire. Elle voulait se couvrir de sa chemise de nuit en haillons mais les mains puissantes de Dolohov lui emprisonnaient toujours les bras dans le dos.

"Toi... je vais te donner à l'un de mes fidèles Mangemorts ici présent. Un qui a été tout particulièrement méritant ces temps-ci." Ses yeux rouges parcoururent le cercle d'hommes et de femmes autour. Il prenait plaisir à voir leur excitation, à lire leurs émotions dans leurs yeux, sur leurs visages ou dans leurs postures corporelles. Il savourait ce pouvoir qu'il détenait sur eux. Le sexe et la lubricité étaient des outils très sûrs pour les garder sous sa coupe.

A l'exception de l'un d'entre eux. Un Mangemort qu'il ne pouvait pas tenir de la sorte, et qu'il n'avait jamais réussi à contrôler ainsi. Néanmoins un Mangemort qui s'était montré des plus méritants ces temps-ci. Un Mangemort qui avait toujours suivi ses instructions sans le contredire, mais avec intelligence, surtout quand il s'agissait de proposer de nouvelles idées ou des solutions qui s'avéraient être de véritables améliorations. Un Mangemort qui exécutait toujours ses ordres et ses missions avec succès.

Le meurtre récent d'Albus Dumbledore l'avait prouvé. Toute l'opération avait été une réussite sur toute la ligne. Aucune perte de son côté. La partie adverse avait été totalement ébranlée par cet acte et s'était éparpillée. Une panique intense avait saisi le Ministère aussi, ce qui avait permis à Lord Voldemort d'en prendre le contrôle de manière plutôt rapide et sans heurt. Même si Albus Dumbledore y avait des ennemis, le Ministère avait été complètement choqué aussi par sa fin brutale. Oui, l'homme méritait une belle récompense – et pour la première fois, il serait possible pour Lord Voldemort d'avoir une prise encore plus puissante sur lui. Grâce à cette jolie sang-de-bourbe.

"Severus !"

Un homme grand, habillé de noir, sans masque, sortit de la pénombre. Tout comme les autres, il s'inclina et s'agenouilla. "Oui, Maître. Comment puis-je vous servir ?" Son ton était neutre, contrairement à celui des autres qui était fanatique, effrayé ou soumis.

"Ah, Severus... toujours aussi volontaire pour me servir quand d'autres veulent seulement me plaire." Sa longue main fit un geste gracieux vers l'homme. "Approche."

Severus Rogue se leva et s'avança vers son Maître. "J'ai entendu dire que Queudver n'était pas d'une grande aide chez toi, Severus. C'est vrai ?"

La réponse de Severus fut prudente. Il avait reçu l'ordre d'héberger le Gryffondor-devenu-traître-envers-ses-amis. Peter Pettigrow, connu sous le sobriquet de Queudver, lui avait été envoyé pour l'assister – officiellement – un an auparavant. Mais Severus n'était pas naïf. Le petit sorcier était totalement inutile. Pas même capable de préparer une potion simple correctement, même si sa vie en dépendait. Pas même bon à faire la cuisine. C'était aussi un homme paresseux et il ne s'occupait pas des corvées domestiques, sauf sous la menace. Il n'avait pas de baguette, ce qui voulait dire qu'il devait faire les rares travaux ménagers qu'il acceptait de faire à la façon moldue. Et même cela, c'était mal fait.

Comment il avait pu aider à la résurrection du Seigneur des Ténèbres, restait un mystère total pour Severus. Non, il connaissait la vraie raison : Pettigrow avait été envoyé chez lui pour l'espionner. Il avait rapidement découvert que Queudver cultivait un goût certain pour écouter derrière les portes fermées. Un homme qui était capable de trahir ses amis comme il l'avait fait... on ne pouvait jamais lui faire confiance. Severus n'était pas stupide. Il ne lui avait jamais fait confiance – il ne commencerait pas maintenant. Un Serpentard pratiquement paranoïaque, passé maître dans l'art de l'espionnage, doublé d'un Legilimens aussi habile que pouvait l'être Severus Rogue, ne pouvait pas être dupé.

Cependant, il ne pouvait pas laisser son Maître se rendre compte qu'il avait deviné les motifs réels de la présence de Queudver dans sa propre maison.

"Maître, il fait ce qu'il peut avec les aptitudes limitées qu'il a reçues à la naissance et que sept années passés à Poudlard n'ont pas plus développées." Sa voix reflétait tout son respect pour la personne à qui il s'adressait. Mais il y avait un ton subtilement blessant et empli de mépris pour le sujet de leur conversation.

Cette fois, Lord Voldemort rit de bon coeur. Un fait plutôt rare. Quelques autres Mangemorts ricanèrent ou sourirent de manière entendue aussi. C'était tellement vrai. Tous connaissaient Queudver – et ses défaillances. Le Maître des Potions avait raison sur ce point. "Je vois. Maintenant, dis-moi, Severus, qu'en penserais-tu si tu avais quelqu'un pour t'aider vraiment ? Quelqu'un qui pourrait te servir, chez toi et... dans ton lit." Une pause. "Une esclave, par exemple ? Une esclave qui t'appartiendrait et qui ferait tout ce que tu lui demanderais ?"

Quelques autres présents rirent à cette dernière phrase. Le Maître des Potions était connu pour être un individu... chaste, qui jamais ne prenait sa part des plaisirs et joies offertes durant les orgies du Seigneur des Ténèbres. Ni avec les femmes, ni avec les hommes. Son Maître et ses frères Mangemorts le laissèrent tranquille quand ils découvrirent finalement qu'il était impuissant. On se moquait de lui mais Severus les laissait parler. Tant qu'il n'était pas obligé de prendre une part active à ces festivités, cela lui convenait très bien.

"Songes-y, elle pourrait chauffer ton lit, Severus. Queudver s'est plaint à moi que ta maison n'était pas chauffée," poursuivit le Seigneur des Ténèbres. Il voulait voir jusqu'où la patience de son Maître des Potions était prête à le supporter. "Maintenant que tu n'es plus le Maître des Potions de Poudlard, tu auras du temps pour te consacrer aux diverses concoctions que je veux que tu prépares et sur lesquelles je veux te voir travailler. Elle peut ne pas être capable de t'aider dans ce domaine mais au moins, tu ne seras plus obligé de t'occuper des corvées domestiques que tu dois faire juste parce que Queudver est incapable de les accomplir."

Severus approuva de la tête. Certes. Ce serait une amélioration. "Merci, Maître," fit-il dans une révérence.

"Bien entendu, la sang-de-bourbe est à toi. Ton esclave. De toute évidence, c'est une seconde main. Quelqu'un est venu là en premier et y a laissé un souvenir." La remarque déclencha des rires gras et des ricanements parmi les Mangemorts. "A toi de décider de la partager ou non avec Queudver, ou avec n'importe lequel de tes frères Mangemorts ici présents, selon notre coutume. Tu peux aussi la garder pour toi tout seul – après tout, c'est toi que je récompense pour le meurtre d'Albus Dumbledore." Ses prunelles rouges rencontrèrent les yeux de son Maître des Potions. "Dresse-la. Elle s'est avérée être pleine de ressources et d'énergie au cours du raid et elle mérite un bon domptage, tout comme toi tu mérites un aussi joli prix. Elle est ton esclave. Dresse-la pour qu'elle puisse mettre son énergie et sa ressource à ton service. Quant à son enfant... une fois qu'il sera né, tu peux en faire ce que tu veux. J'ai entendu dire que le sang d'un enfant conçu lors d'un viol était des plus puissants dans les potions."

Severus ne répondit pas pour confirmer ou contredire cette affirmation. Il ne souhaitait pas que son Maître lui dise de préparer des potions utilisant le sang d'un enfant innocent. Autant ne pas lui en donner l'idée. Il s'approcha de la jeune femme et l'observa. Il prit de longues secondes pour la détailler. Elle était jolie en effet. Elle était à moitié nue et ses yeux sombres s'attardèrent sur ses épaules rondes, ses seins généreux et ensuite, sur son ventre de femme enceinte. Une beauté néanmoins. Mais pourquoi est-ce que le Seigneur des Ténèbres s'arrangeait toujours pour lui compliquer la vie ?

Il remarqua aussi le serpent en pendentif qui reposait entre les seins de la jeune femme. Son Maître avait raison. C'était un bijou plutôt inattendu pour quelqu'un qui n'avait pas été envoyé à Serpentard. Pourtant, c'était là un mystère que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas jugé important d'éclaircir. Peut-être qu'il pourrait interroger la femme plus tard – entre les quatre murs de sa chambre.

La jeune femme leva les yeux vers l'homme à qui elle avait été donnée. Elle se souvenait de lui. Elle avait été son élève à Poudlard. Pendant sept ans. Elle avait été suffisamment bonne pour continuer dans les Potions jusqu'au niveau ASPIC. Oui, elle se souvenait parfaitement bien de lui. Il avait été terrifiant en classe et ces sept années passées avec lui avait été très difficiles – dans sa classe. Elle n'avait pas été la seule dans ce cas. Cela avait été le cas pour tout le monde en fait. Sauf pour les Serpentards. Et elle considérait avoir eu de la chance : elle avait été envoyée à Serdaigle. Elle aurait pu avoir été chez Gryffondor et là, cela aurait été vraiment très difficile, pour faire un euphémisme.

Elle avait passé la classe de Potions quand même et avait réussi à décrocher un Optimal dans cette matière à ses ASPIC. De plus, elle devait bien reconnaître, ainsi que le faisaient ses camarades de Serdaigle, que l'enseignement du Professeur Rogue était intéressant et incitait au dépassement de soi. Elle avait bien aimé sa rigueur et sa minutie en classe. Mais il était si dur, si difficile en tant que personne, que cet aspect-là ruinait toutes les bonnes impressions que son enseignement pouvait laisser dans la mémoire de ses élèves.

Désormais, elle lui servirait de domestique et sûrement à autre chose encore. Domestique le jour, putain personnelle la nuit. Y survivrait-elle ? Elle ferma les yeux et soupira intérieurement. Peut-être que Vous-Savez-Qui aurait dû a tuer plus tôt. Elle baissa la tête. Une larme s'échappa de son œil en silence.

Severus s'inclina encore une fois devant son Maître. Tout comme Bellatrix l'avait fait auparavant, il embrassa le pan de la robe de l'effroyable sorcier avant de reculer d'un pas avec respect.

"Vous pouvez partir !" fit Lord Voldemort avec force, accompagnant ses paroles par un geste de la main signifiant à ses adeptes qu'ils pouvaient disposer. Les trois Mangemorts quittèrent les lieux avec leurs nouvelles charges. Severus saisit la jeune femme qu'il avait reçue avec une pression brutale de sa main sur le cou de sa prisonnière. "Tu peux la relâcher, Dolohov. Elle est ma responsabilité désormais."

"Bien sûr," répliqua Dolohov avec un ricanement salace qui en disait long. "Profite bien de la sang-de-bourbe – celle-là est déjà grosse, tu n'auras aucun... résultat indésirable. On m'a dit que tu aimes bien les sang-de-bourbe."

Un éclair de colère brilla brièvement dans les yeux couleur de charbon de Severus. Sans un mot, il traîna la jeune femme derrière lui, sans se soucier de savoir si elle pouvait suivre sa foulée. Elle laissa échapper un faible cri. Quelques secondes plus tard, ils se retrouvèrent à l'extérieur du Manoir des Riddle. Début Octobre, la température était froide et elle tremblait, car elle était toujours pieds nus et à moitié dénudée. Il le remarqua et jeta sa cape sur le corps de la jeune femme, tout autant pour la réchauffer que pour cacher sa nudité.

Severus écrasa la jeune femme tout contre son corps et Transplana. Elle avait tout juste eu le temps de sentir son corps ferme et chaud contre le sien nu, avant que le tourbillon du sortilège de Transplanage ne les emporte dans le néant. Un néant dont elle aurait aimé ne jamais en sortir.


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