Le Pacte du Sang – Chapitre 5 – Mensonges et souvenirs

Amelia avait aussi préparé un bon repas pour le dîner. Elle était contente d'elle. Le livre de recettes proposait des plats faciles à faire et elle l'apprécia beaucoup. Elle parcourut le livre et trouva quelques mots couchés dans une écriture féminine et élégante dans les marges, pour corriger la recette ou encore ajouter des remarques supplémentaires. Il se trouvait aussi une autre mention de la même écriture : « Ce livre appartient à Eileen Prince Rogue ». Très certainement sa mère. Elle n'avait jamais entendu parler d'une famille Prince mais elle n'était qu'une née-moldue. Il y avait tant de choses qu'elle ignorait sur le monde magique – même après sept années passées à Poudlard, en dépit de tout le temps qu'elle avait passé à vivre au sein d'une famille de sang-purs comme les Coeurdaigle et malgré son insatiable curiosité au sujet de ce monde – son monde.

Eileen... voilà un joli prénom pour une fille. Elle n'avait aucune idée pourquoi cette pensée venait de jaillir dans son esprit. Bon, elle savait qu'elle portait une petite fille. Elle n'avait pas songé à un prénom pour le bébé car elle était supposée l'abandonner une fois qu'il serait né. Mais désormais, la situation avait changé. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il adviendrait à l'enfant. Très certainement qu'elle le garderait avec elle maintenant. Ce qui été sûr, c'est qu'elle utilisait le livre de recettes de la mère de son Maître, et qu'elle portait ses vêtements aussi.

Peut-être qu'elle pourrait utiliser le prénom de cette dame pour le donner à la petite fille qu'elle portait. Eileen. En voilà un joli prénom.

Severus n'avait jamais été du style à exprimer sa satisfaction ou à faire des éloges, alors elle accueillit son silence et son simple mouvement de la tête pour ce qu'ils valaient très probablement : pour un compliment. Queudver fut bien plus loquace et il était très content de la tournure de l'affaire. Il alla même jusqu'à lui faire un clin d'oeil dans une attitude qui se voulait complice.

Amelia n'était pas idiote. Elle avait été prévenue par son Maître mais même sans les avertissements de Severus, elle savait par expérience qu'on ne devait pas faire confiance au petit sorcier. Elle demeura polie mais distante, et même froide, avec Queudver – à la satisfaction de Severus. Elle avait compris que dans sa situation, elle devait se ranger du côté du sorcier responsable, c'est-à-dire Severus Rogue. Après tout, il était le seul ici à avoir une baguette.

Severus soupçonnait qu'elle aurait pu être envoyée à Serpentard... Elle semblait faire preuve de fortes tendances Serpentard. Après tout, le Choixpeau avait voulu l'envoyer, lui Severus Rogue, à Serdaigle, quand il était élève à Poudlard. Mais il avait choisi d'aller chez Serpentard. Peut-être que la fille avait eu à faire face à un choix similaire, sauf qu'elle avait préféré aller à Serdaigle à la place.

Par ailleurs, il restait le mystère du serpent d'argent qui pendait d'une chaîne autour de son cou. Quelle pouvait bien en être la signification ? Sur elle-même ? D'où venait-il ? Qui le lui avait donné ? A moins qu'elle se l'était acheté elle-même ? Dans ce dernier cas, pourquoi avait-elle choisi de porter le symbole d'une autre Maison ? Un aigle, un corbeau ou tout autre oiseau ou créature ailée était ce qu'on attendait le plus de la part d'une Serdaigle. Mais un serpent ?

Une fois que les deux hommes en eurent terminé, elle nettoya la table et s'assit à son tour pour manger. Elle avait faim et encore plus même lorsqu'elle avait constaté que les deux hommes avaient mangé sa nourriture avec entrain. Une fois de plus, Queudver lui avait souri de manière suggestive. Il n'aurait pas la fille s'il demandait à Severus de pouvoir se la culbuter. Mais il pourrait toujours se soulager avec elle une fois que l'autre sorcier avait le dos tourné.

Mais Amelia n'était pas intéressée. Le petit sorcier à la face de rat la dégoûtait. En comparaison, si elle devait choisir entre lui et le Professeur, elle choisirait ce dernier – sans hésitation. Pas de doute à ce sujet. Severus Rogue n'était pas un bel homme, il l'effrayait plus que jamais, mais il y avait quelque chose en lui qui hurlait à la jeune femme qu'on pouvait lui faire confiance. Même si elle ne lui faisait pas confiance.

Ce sont des Mangemorts. Tous les deux. On ne peut pas leur faire confiance. A aucun d'eux. Ce Queudver ferait ce qu'il voudrait de toi dès la première seconde où il le pourrait. Quant au Professeur, il se la joue distant pour le moment, mais seul Merlin sait ce qui peut lui traverser l'esprit une fois dans le lit.

Ce qui était sûr, c'est qu'elle devait partager son lit. Vers neuf heures, Severus l'envoya au lit avec l'ordre expresse de le chauffer. Amelia obéit dans un hochement de la tête pour lui, sans même un regard pour Queudver, qui se trouvait dans le salon avec eux, ses petits yeux la suivant d'un air affamé. Elle monta à l'étage, se changea dans la chemise de nuit qu'il lui avait donnée. Elle se rendit rapidement à la salle de bain pour ses besoins corporels et se brosser les dents (Severus avait fait apparaître une brosse à dent pour elle).

Elle était de retour vers la chambre quand elle entendit leur conversation, par l'escalier. Elle s'arrêta pour écouter. Elle n'avait jamais écouté aux portes auparavant mais dans sa situation, elle estima qu'elle pouvait se permettre d'obtenir des informations supplémentaires quant à leurs intentions. Son Maître ne souhaitait pas la partager mais il pouvait changer d'avis – ou bien recevoir un ordre de son propre Maître.

"Dis-moi, Severus, alors cette fille, c'est un bon coup ?" fit Queudver d'une voix toute excitée.

Amelia entendit le son d'un journal qu'on reposait. "Queudver, ce n'est pas là ton affaire. Pourquoi est-ce que tu t'acharnes à demander ?"

"Ben, je constate qu'elle est jolie, elle semble avoir de belles courbes là où il faut qu'elles soient, et elle est très docile. En plus, elle est déjà enceinte, pas besoin de prendre plus de précautions avant de la baiser. Tout ce dont un homme peut rêver."

Amelia roula des yeux. Elle ne pouvait pas voir les deux hommes mais elle était certaine que le Professeur devait avoir l'air passablement exaspéré par le tour que prenait la conversation. "Queudver, qu'elle soit ou non tout ce dont un homme peut rêver, elle est hors limites en ce qui te concerne. Tu n'as pas besoin de demander car tu n'as pas besoin de savoir."

"Allons, Severus, on est entre hommes ! Tu sais bien ce que je veux dire ! Elle est bonne, question sexe ?"

Il y eut quelques secondes d'un silence lourd et tendu. Puis la voix riche et profonde de Severus s'éleva. "Oui, elle est bonne."

Amelia se mordit la lèvre. Pourquoi est-ce qu'il mentait ? Il voulait cacher le fait qu'il ne l'avait même pas touchée – sauf au moment où il l'avait mordue. Pourquoi ?

"Elle est bonne au lit, Queudver. Cependant, elle est à moi. Elle ne peut pas appartenir à un autre homme. Je le saurais immédiatement."

"Qu'est-ce que tu veux dire ?"

"J'ai pratiqué un peu de magie sur elle. Je ne m'attends pas à ce que tu connaisses cette coutume car elle est ancienne. De la magie du sang. De cette manière, je lui ai imposé un pacte du sang." Une pause. "Donc ne songe même pas à poser la main sur elle. Je le saurai immédiatement et tu en subiras les conséquences. Tu es averti."

Amelia comprit tout de suite ce dont il s'agissait. Elle posa un doigt sur la cicatrice qu'il lui avait donnée la nuit précédente. C'était donc ça. La raison pour laquelle il l'avait mordue. Il avait dû ensorceler la morsure. Elle se rappela ce qu'il leur avait dit, en première année de classe de Potions : Je vous enseignerai comment ensorceler l'esprit et piéger les sens... Oui, il était suffisamment puissant et créatif pour être capable d'accomplir un tel rituel. Elle se fit une note mentale pour chercher à en savoir plus sur le sujet. Peut-être que son importante bibliothèque pourrait lui fournir des réponses.

"Dommage. Et si on baisait à trois ? On pourrait se la partager comme on le fait d'habitude avec les femmes dans nos orgies, hein ?"

"Je ne partage pas les femmes que je peux avoir, Queudver. Tu as dû remarquer que je ne partage pas les femmes des autres hommes non plus. C'est le meilleur moyen de rester en vie, crois-moi. Le meilleur moyen pour toi de rester en vie, dans cette maison, est de ne pas toucher à ce que ne t'appartient pas. La fille est à moi, elle est hors limites, alors fais gaffe. Un accident peut arriver si vite." Sa voix était tombée à un niveau bas, glacial et dangereux. "Va te coucher. Dans ta chambre. Si tu as besoin de te branler, fais-le dans la salle de bain et nettoie après," fit-il d'un ton cinglant. "Puisqu'on est sur le sujet, je vais me coucher et passer une nuit agréable. Sa compagnie est de loin bien plus... plaisante que la tienne, Queudver. Bonne nuit !"

Amelia en avait assez entendu. Elle fuit les escaliers et se précipita dans la chambre en silence. Elle ne se sentait nulle part en sécurité dans cette maison. Elle voulait pleurer mais consciente qu'il ne tarderait pas à se pointer d'ici quelques minutes, elle se ravisa. Des larmes attireraient son attention et un Legilimens doué comme lui aurait vite fait de lui soutirer la vérité – qu'elle avait surpris la conversation entre les deux sorciers. Il ne l'avait pas touchée la nuit d'avant mais il était probablement bien trop épuisé pour être capable de lui faire quoi que ce soit de nature sexuelle. Mais ce soir... il pourrait en être autrement.

Amelia se glissa entre les draps, le cœur lourd. Elle serait obligée de se rendre à un homme qu'elle n'aimait pas d'amour, un homme qui ne l'aimait pas non plus, un homme pour lequel elle ne signifiait rien, un homme pour lequel elle n'était qu'une esclave. Une esclave suffisamment bonne pour lui fournir les satisfactions de la chair. Une esclave sur laquelle il pouvait exercer sa domination.

Elle songea à son amour perdu, perdu il y a longtemps. Le jeune homme qui avait été son premier amant, son fiancé, avant sa mort prématurée. Avant qu'ils puissent se marier. Elle soupira et toucha le petit serpent qui pendait entre ses seins, pour consoler la nostalgie de son âme. Elle perçut la magie qui s'en écoulait et elle se sentit un peu mieux.

Ses paroles lui revinrent à l'esprit, des paroles qu'il avait prononcées lorsqu'il lui avait donné le bijou : « Un Serpentard veillera toujours sur toi. » A cet instant, ces paroles semblaient à la fois évidentes et mystérieuses. Bien sûr, il avait été un Serpentard – il l'aurait toujours protégée. Mais maintenant il n'était plus là. Qui la protégerait maintenant ?

Pour sûr, pas la bande de Serpentards qui composaient la charmante Confrérie des Mangemorts. Et encore moins l'Héritier de Serpentard, Vous-Savez-Qui lui-même. Le célèbre mais infâme Lord Voldemort. Même si aucun d'entre eux ne lui avait fait du mal la nuit précédente. Elle avait été molestée quand ils l'avaient capturée, mais elle devait reconnaître que rien de réellement négatif lui était arrivé.

Amelia se mit en boule dans le grand lit et attendit que son Maître entre dans la chambre. Son seul espoir résidait dans une seule question.

Pourquoi est-ce qu'il a menti à ce Queudver à propos de la nuit d'hier ?


Severus avait été complètement exaspéré par les questions et les remarques de Queudver. Il se rendit à la salle de bains, en songeant à ses paroles. Il savait parfaitement pourquoi il avait menti à son frère Mangemort – il ne voulait pas mettre son Maître en colère. De plus, il était un homme intensément réservé. Il ne souhaitait pas que quiconque, ami ou ennemi, n'envahisse son intimité. En aucune manière. Il avait son jardin secret, un jardin planté uniquement de lys blancs.

Le lys. Lily.

Tout dans sa vie sentimentale – ou le vide de celle-ci – tournait autour de ce nom. Aucune autre femme n'avait jamais changé cet aspect-là. Il n'avait même pas recherché la compagnie d'autres femmes. A 37 ans, Severus Rogue était toujours empli de Lily et cela lui suffisait. Tout ce qu'il faisait, tournait autour de l'amour qu'il ressentait pour elle. Un amour qu'il avait éprouvé dès le premier jour où il l'avait rencontrée – il n'était qu'un jeune garçon alors – non loin de chez lui en fait. Un amour qui était devenu obsessionnel au fil des ans, en particulier après sa mort prématurée. Un amour qui était resté le même, en dépit de leur brouille, en dépit du fait qu'elle avait fréquenté et épousé un autre homme, en dépit de sa mort aux mains mêmes de l'homme qu'il appelait désormais « Maître ».

C'était l'amour qui l'avait poussé à rejoindre les rangs des adeptes de Lord Voldemort. Il avait voulu lui montrer combien il était formidable de détenir du pouvoir sur autrui. Combien il était prestigieux de faire partie d'un grand plan pour faire progresser la condition de la communauté magique. Oh, combien il l'aimait, au point d'endurer la brûlure de la Marque des Ténèbres ! Sans mentionner le maléfice de l'Endoloris qui lui tombait dessus de temps à autre, selon les humeurs de son Maître.

C'était l'amour qui l'avait poussé à tout confesser à Albus Dumbledore, à propos de la prophétie sur le fils de Lily, qu'il avait entendue en cachette et répétée au Seigneur des Ténèbres. Pour dire la vérité, Severus se moquait bien du garçon et encore plus du mari de Lily. Il ne s'inquiétait que pour elle. Non, il ne s'inquiétait pas – il l'aimait.

C'était encore l'amour qui l'avait fait accepter ce Serment Inviolable qu'il avait juré avec Dumbledore, il y a longtemps, pour s'assurer qu'il exécuterait bien son devoir d'espion pour le vieux sorcier, espion chez Lord Voldemort. Pour s'assurer qu'il ferait tout ce que le vieil homme lui demanderait. C'était là un travail dangereux mais il s'en moquait. Elle était morte et une bonne part de lui-même était morte la nuit horrible où elle avait quitté ce monde. Il s'en moquait bien s'il mourrait maintenant – même aux mains de son propre Maître.

Il était condamné par amour. Condamné à vivre une vie de solitude s'il sortait vivant à la fin de la guerre. Condamné à mourir si jamais il était pris comme agent double pour l'Ordre du Phénix. Condamné à finir à Azkaban, à subir le Baiser du Détraqueur, ou encore l'incarcération jusqu'à la fin de sa vie naturelle.

Quelle qu'en fût l'issue, Severus était condamné et il le savait. Mais contrairement à ce que beaucoup de gens pouvaient dire sur lui, il avait un cœur, un cœur qui ne battait que pour son amour perdu, un cœur planté de lys. Il n'avait pas été aimé de ses parents, il n'avait pas été aimé de Lily – elle n'avait éprouvé pour lui que de l'amitié – mais il savait instinctivement ce qu'était l'amour.

Il était condamné mais à l'inverse de beaucoup de gens, il aurait connu ce qu'était l'amour.

Il réfléchissait à tout ceci avec amertume. Lily était morte. Dumbledore était mort. Il était lui-même un mort-vivant ou plutôt, il vivait la vie d'un homme déjà mort, comparable à ces prisonniers qui attendent l'exécution de leur peine capitale dans quelque couloir de la mort, comme il en avait déjà entendu parler dans les nouvelles moldues.

Et à présent, une jeune femme lui avait été imposée pour partager son lit. Par le même Maître qui avait assassiné son amour, Lily. Il soupira. Cette jeune femme était un dommage collatéral, elle était innocente, son seul crime avait été de naître comme elle l'avait été – avec des aptitudes magiques, dans une famille moldue. Toute comme Lily l'avait été.

Lily aussi avait été innocente. Elle avait été elle aussi une née-moldue. Mais il n'avait pas réussi à protéger Lily. Tandis que celle-ci, cette Amelia... il pourrait la protéger. Il était encore temps de la protéger.

Severus soupira profondément. Il regarda son reflet dans le miroir. A 37 ans, il paraissait plus vieux que son âge réel. Il le ressentait aussi. Il savait que la proximité de la Magie noire pouvait avoir cet effet sur une personne. Mais il y avait autre chose aussi : il se sentait vieux parce qu'il avait passé bien trop de temps en compagnie de la Mort. Certains des autres Mangemorts n'étaient pas affectés de la même manière. Lucius Malefoy était encore le même bel homme qu'il avait toujours été. Mais il ne passait pas son temps à exécuter les missions dangereuses pour deux Maîtres fort exigeants. Lucius n'avait aucun scrupule quand il s'agissait de mettre en œuvre certains ordres horribles donnés par leur Maître. Tandis que Severus se sentait rongé par les scrupules et les remords, chaque jour un peu plus. Pourtant, il ne pouvait pas le montrer car sa vie même dépendait de son aptitude à agir et à court-circuiter tout ce qu'il pouvait ressentir.

Severus se sentait laid aussi. Il était conscient qu'il n'était pas un bel homme. Il ne l'avait jamais été. Il plaçait sa propre valeur dans d'autres domaines, tels que le savoir, le pouvoir, la magie, l'autorité, la position dans la société. Sa fierté de Serpentard était l'une des choses qu'il chérissait le plus – même si Albus Dumbledore lui avait une fois dit que, parfois, la Répartition se faisait trop tôt... impliquant ainsi qu'un Severus Rogue plus jeune, alors qu'il était élève, aurait pu, et peut-être dû, être envoyé à Gryffondor...

Les choses auraient été fort différentes alors. Il aurait été avec Lily. Il n'aurait pas traîné avec la génération suivante de Mangemorts. Oh, oui, beaucoup de choses auraient été différentes. Sa vie et son destin en premier.

Il se sentait laid à cause de ses actes comme Mangemort. Il se sentait laid à cause du mépris, de la méfiance, le dégoût et la détestation qu'il suscitait chez autrui, qu'ils soient ses frères Mangemorts, des collègues, des élèves ou d'autres membres de l'Ordre. Il suscitait la peur chez les gens qui entraient en contact avec lui. Tout comme cette jeune femme.

Il voyait bien que cette jeune femme, Amelia, était carrément effrayée par lui. Il aurait aimé susciter ce sentiment dans sa classe. Mais chez lui ? Dans son lit ? Il soupira encore. Malgré la peur et le dégoût qu'elle pouvait ressentir à son sujet, elle devait lui faire confiance. Elle le devrait, pour son propre bien, si elle voulait survivre. Pour s'en sortir relativement indemne.

Pourtant, si la peur et la terreur pouvait l'aider à accomplir cet objectif, il opterait pour ce choix. Elle avait besoin de protection. A n'importe quel prix.

Peut-être qu'il y avait quelque espoir pour lui quand même. Elle avait réagi avec intelligence à ses ordres et instructions, comme si elle avait perçu que c'était pour son propre bien. Peut-être qu'il ferait de son mieux pour la sauver – alors qu'il n'avait pas été capable de sauver Lily.

Severus estima qu'il avait passé assez de temps dans la salle de bains. Il sortit et dirigea ses pas vers sa chambre... et la jeune femme qui l'attendait dans son lit.

Amelia entendit la porte s'ouvrir mais elle ne tourna pas la tête vers l'entrée. Elle savait que son Maître venait d'entrer. Elle commença à trembler mais elle fit de son mieux pour le cacher. Elle avait peur mais elle ne voulait pas le montrer. Certainement pas. Pas à lui.

Tout comme il l'avait fait la nuit d'avant, il jeta un coup d'oeil à elle, juste ce qu'il fallait pour s'assurer qu'elle exécutait son devoir comme il le lui avait ordonné. Il commença à enlever sa redingote, puis son gilet et le petit foulard noir qu'il portait autour du cou. Amelia le regarda furtivement derrière ses paupières à moitié closes. Reluquer le Professeur dégagea son esprit de la peur. Il était grand et bien bâti. Pas un bel homme, certes, mais sinon, il avait des épaules larges, une silhouette bien masculine. Il était gracieux dans ses gestes aussi. Malheureusement, il s'arrêta avant d'avoir enlevé le reste de ses vêtements. Il s'assit sur le lit pour enlever ses chaussures et ses chaussettes. Il se leva du lit pour prendre sa chemise de nuit et aller enlever son pantalon et sa chemise derrière le panneau. Lorsqu'il revint, il était habillé pour la nuit, sa baguette toujours en main.

Il lui ordonna de se bouger de l'autre côté du lit, afin qu'il puisse s'allonger à son tour. Amelia obéit en silence. Elle bougea son corps vers le côté le plus opposé du lit – le plus loin possible de lui. Severus l'observa. Si seulement elle savait qu'il ne la toucherait pas. Si seulement elle savait que le désir de son cœur allait à une femme morte depuis bien longtemps déjà.

Il s'allongea entre les draps et étala les couvertures sur lui. Il était au lit avec cette jeune femme mais sa dernière pensée était pour Lily.


J'espère rester aussi fidèle que possible à la personnalité de Severus, ainsi qu'à celle de Queudver. Je fais en sorte de garder plausible leur interaction ensemble. Ne pas être OOC avec les personnages de la saga, c'est une obsession chez moi ! Vous vous en rendrez compte avec le temps et pour ceux qui me connaissent déjà, eh bien, rien n'a changé de ce côté. LOL

Merci de laisser des revues. Et surtout merci à ceux qui en ont déjà laissé, je les encourage à poursuivre dans cette voie !