Le Pacte du Sang – Chapitre 12 – Orgie au Manoir Malefoy

Début Janvier arriva rapidement. Amelia était entrée dans son huitième mois. Elle était plus fatiguée et Severus lui avait ordonnée de se reposer plus. Il l'avait soulagée de certaines corvées dans la maison. Sinon, elle se sentait en bonne forme et elle était prête en ce qui concernait l'Occlumencie. Son Maître lui avait assurée aussi qu'elle était prête, ce qui eut pour effet de lui donner encore plus confiance en elle à cet égard.

Le soir même, un autre Mangemort vint chez Severus pour chercher Queudver. Le petit sorcier n'avait pas de baguette, il ne pouvait Transplaner tout seul. Antonin Dolohov avait été envoyé par le Seigneur des Ténèbres en personne pour l'emmener. Pendant quelques minutes, Severus et Amelia seraient seuls.

Elle était dans leur chambre. Severus entra pour lui donner ses dernières instructions et s'assurer qu'elle était prête. Il s'approcha d'elle, son regard sombre encore plus intense. Il tenait un petit objet à la main. Sans un mot, il posa sa main libre sur le cou de la jeune femme. Il écarta une boucle de ses cheveux qui s'était échappée de son chignon. De manière inattendue, Amelia frissonna sous son toucher.

Elle vit ensuite ce qu'il avait en main. Cela ressemblait à une sorte de bande en cuir. "Qu'est-ce que c'est, Maître ?"

"Un collier. Vous êtes ma soumise. Les soumises portent habituellement le collier de leur Maître. Si nous devons jouer la comédie, autant le faire jusqu'au bout, vous ne croyez pas ?"

Amelia hocha légèrement de la tête. Le collier ressemblait à ceux que pouvaient porter les chiens, en cuir. Elle n'aima pas la comparaison mais là encore, elle n'aimait pas cette situation non plus, pas plus qu'elle n'approuvait sa mise en esclavage. Pourtant, si cela pouvait les aider tous les deux à montrer la nature de leur relation, qu'il en soit ainsi. Severus noua le collier autour du cou de la jeune sorcière. Ses gestes étaient doux. Il boucla le collier sur sa nuque. Elle pouvait sentir ses doigts sur sa peau. Il était tout proche d'elle et une fois de plus, Amelia pouvait sentir son odeur, un mélange d'ingrédients de potion et de quelque chose de très masculin. Un mélange unique qui n'appartenait qu'à lui. Elle ferma les yeux, lui abandonnant en totalité le contrôle.

"A présent, vous m'appartenez et tout le monde pourra le voir." Il ajusta un peu le collier, ses doigts touchant les cicatrices qu'il lui avait faites en la mordant. "Voilà... on peut aussi voir les cicatrices. Excellent."

Il s'écarta d'elle pour avoir d'elle une vision plus complète. Elle portait une chemise de nuit blanche et un châle par dessus. Elle ne portait pas de soutien-gorge, seulement une petite culotte, selon ses instructions. Il vérifia ce détail en faisant glisser le tissu de l'épaule de la jeune femme, qui était nue dessous. "Je constate que vous avez suivi mes ordres. Bien." Elle ne portait aussi qu'une paire de chaussures légères, pour ne pas marcher pieds nus.

"N'oubliez pas : gardez les yeux baissés. Ne les levez que si l'on vous demande de le faire. Ne dites rien – c'est moi qui répondrai à votre place autant que possible." Une pause. Ce qu'il avait à dire ensuite était vraiment difficile. "Je ferai de mon mieux pour ne laisser personne vous faire du mal. Si ça doit arriver, alors ce sera à moi de le faire – et à moi uniquement. Vous êtes ma propriété." Il soupira. "Une dernière chose : si quelqu'un me fait du mal, ne réagissez pas. Restez indifférente. Vous me le promettez ?" demanda-t-il lorsqu'il vit le visage de la jeune femme réagir à ses dernière paroles.

"Maître !"

"Vous me le promettez ? Je veux votre parole."

Amelia finit par faire oui de la tête. "Vous l'avez, Maître."

"Bien. A présent, allons-y. Gardez votre esprit constamment occlus, comme je vous l'ai appris. A n'importe quel prix. C'est essentiel. Beaucoup de choses dépendent de votre Occlumencie et de la mienne. Je ne peux pas vous en dire plus maintenant mais un jour... je le ferai."

Ses dernières paroles la laissèrent perplexe. Amelia décida de rester concentrée sur l'épreuve à venir. Elle méditerait dessus plus tard, une fois que tout ceci serait derrière eux. Ils descendirent et sortirent de la maison. Severus remit en place les sortilèges de garde avant de se rendre dans l'appentis du fond de la cour pour Transplaner.


Ils arrivèrent au Manoir des Malefoy quelques secondes plus tard. Ils avaient Transplané à l'extérieur du périmètre de sécurité que Lucius avait mis en place autour de sa propriété. Un petit vent aigrelet soufflait. Il avait dû pleuvoir plus tôt car le sol était mouillé. Non loin de là, un portail imposant au milieu de ce qui semblait être un long corridor formé par de hautes haies de cyprès et d'ifs épais et sombres. Au loin, un manoir encore plus imposant.

Severus sortit sa baguette et d'un mouvement rapide, il fit apparaître des liens magiques qui allèrent s'enrouler autour des poignets d'Amelia qui reposaient sur son ventre distendu. Elle n'en fut pas surprise et ne dit rien. Ses yeux seuls reflétaient de la tristesse. Après tout, elle n'avait pas été invitée comme l'épouse ou la maîtresse de Severus. Elle n'était que son esclave. Une très longue chaîne d'argent quitta ses poignets entravés pour finir dans la main de Severus avant de se matérialiser en une chaîne solide, certes fine mais néanmoins bien réelle.

"Venez avec moi. A partir de maintenant, gardez votre esprit constamment fermé. Vous êtes sur le point d'entrer dans la demeure d'un Mangemort de haut rang, dont la famille et les invités sont tous des Mangemorts, dont les murs abritent le Seigneur des Ténèbres. Pas de scandale de votre part. Je fais confiance à votre intelligence de Serdaigle pour rester silencieuse. Ne parlez pas sans y avoir été invitée au préalable. Vous vous adresserez au Seigneur des Ténèbres en l'appelant « Maître ». Oh, une dernière chose : ne buvez et ne mangez rien de ce qui pourrait être servi."

Amelia fit oui de la tête.

Severus la traîna vers le portail. La chaîne dans une main, sa baguette dans l'autre, il marcha vers la demeure. Le portail disparut pour les laisser accéder à la propriété. Amelia ne put s'empêcher de penser que son Maître devait bénéficier de la confiance du châtelain du manoir, pour pouvoir entrer ainsi, sans être annoncé. Elle se rappelait que chez les Coeurdaigle, cela avait été la même chose. En moins efficace car les Mangemorts avaient réussi à pénétrer dans leur propriété pour leur raid quelques mois auparavant.

Ils arrivèrent à l'entrée du manoir. De loin, la demeure paraissait imposante. Maintenant qu'elle était sur le point d'y entrer, Amelia la trouva froide et ténébreuse, malgré les quelques fenêtres qui laissaient passer de la lumière. Peut-être que cette demeure était belle à regarder en plein milieu de la journée. Peut-être qu'elle était effrayée à l'idée qu'elle passerait le reste de la nuit en compagnie d'un psychopathe notoire et de sa bande de fanatiques. Si la maison détenait quelques charmes, ils glissaient complètement sur Amelia.

Ils entrèrent dans la maison après qu'un elfe de maison les avait introduits. Quelques secondes plus tard, une femme vint à leur rencontre. Amelia reconnut Narcissa Malefoy. La châtelaine du manoir accueillit Severus de manière polie mais sincère. Severus jeta un regard autour de lui pour vérifier s'il y avait quelqu'un autour de lui. Le vestibule était désert.

"Comment est-il, Narcissa ?" demanda doucement le Maître des Potions.

Qui « il » désignait, était certes évident pour tous présents.

"De bonne humeur. Tu es parmi les derniers à arriver, Severus. Tu as apporté la potion qu'il t'a demandée de préparer ?"

Pendant une seconde ou deux, Amelia fut encore plus effrayée. Une potion ? Quelle sorte de potion ?

"Oui. La voilà, Narcissa. Vingt gouttes par pinte d'eau plate. Ca devrait marcher pour tout le monde ici."

A moins que ce soit du poison ? Bien qu'Amelia ne pouvait pas imaginer Narcissa Malefoy empoisonner son mari et les autres membres de la famille qui pourraient être là ce soir.

"Ce sera suffisant ?" demanda-t-elle.

"Oui, c'est une vieille recette mais néanmoins une potion de désir puissante. Inutile d'en rajouter. Elle devrait garder tes invités contents pour le reste de la nuit."

Une potion de désir... Amelia ne fut qu'à demi-rassurée. Bien que quelque chose lui susurrait que son Maître ferait de son mieux pour éviter de boire d'une eau qui aurait reçu une telle substance.

"Merci, Severus. Lucius et moi, nous te sommes redevables sur ce coup-là. Je vais m'en occuper moi-même." Narcissa prit la fiole. Puis elle regarda la jeune femme qui se tenait à distance respectueuse de Severus, un pas derrière lui. "Tu l'as donc amenée."

"Je le devais. Tu le sais bien."

"Elle a l'air très enceinte. Severus, quoi que tu puisses lui faire ce soir, fais très attention. De ce que je me souviens, elle est dans son dernier mois. Elle est dans une étape critique de sa grossesse." Toujours ce ton compatissant dans la voix. Amelia n'osa pas lever les yeux pour la regarder.

"Ne t'inquiète pas, Narcissa. Elle a l'habitude de moi et de mes manières au lit. Et je sais faire attention."

L'autre sorcière hocha la tête. "Allons-y maintenant. Nous ne devons pas mettre le Seigneur des Ténèbres en colère, n'est-ce pas ?"

Severus fit un non léger de la tête et il tira sur la chaîne d'argent qui liait Amelia à lui. Il fut suffisamment attentif à ne pas marcher ou monter les escaliers menant à l'étage trop vite, étant donné l'état d'Amelia.

Ils entrèrent dans une salle richement meublée. Il y avait des tables le long des murs, qui portaient de la nourriture et des boissons. Amelia fit attention de ne rencontrer le regard de quiconque. Cependant, elle essaya d'estimer les alentours autant que possible. De toute évidence, c'était là une riche demeure. Des tapis épais étaient étalés sur le sol. Des peintures délicates – certaines d'entre elles semblaient très anciennes – étaient accrochées aux murs. Les fenêtres étaient entourées de rideaux de velours vert. Riche mais classe.

"Ah, Severus... Nous pensions que tu t'étais perdu. Approche !" dit une voix haut perchée à l'autre bout de la salle.

Severus se dirigea vers la voix qui avait prononcé ces mots, tout en tirant Amelia derrière lui sans même un regard pour elle. Il mena ses pas vers un fauteuil situé sur une estrade. Amelia avait reconnu la voix. Le Seigneur des Ténèbres. Elle ferma son esprit avec l'Occlumencie encore plus fort et garda les yeux baissés.

Severus s'approcha de l'estrade. "Maître," fit-il tout en plongeant en une profonde révérence.

"Lève-toi, Severus. Je vois que tu as amené ton esclave comme ordonné. Tu es toujours aussi zélé pour obéir à mes ordres. Excellent."

Amelia ne put s'empêcher de penser que ces paroles n'annonçaient rien « d'excellent » pour elle. Puis elle se sentit tirée par la chaîne, avant que la main de Severus ne l'attrape par l'épaule. Il l'obligea à s'incliner en la poussant presque à terre, dans une démonstration brutale d'autorité. Elle laissa échapper un petit cri de surprise. "Incline-toi devant notre Maître à tous, sang-de-bourbe !" fit-il d'un ton acerbe.

Amelia obéit, à terre sur les genoux et les mains, les yeux toujours baissés, dans une attitude de totale soumission.

"Je constate que tu l'as dressée, Severus. Très bien, comme toujours avec toi. Elle devrait bientôt accoucher, d'après ce dont je me souviens et ce que je constate ce soir."

"Oui, Maître." Severus n'avait pas trop envie de poursuivre la conversation à ce sujet.

Voldemort laissa échapper un rire sinistre. "En attendant, je suppose qu'elle est encore capable de te rendre certains... services."

Quelques uns des Mangemorts présents autour laissèrent fuser quelques commentaires et rires salaces. "Oui, Maître," répliqua Severus toujours du même ton égal. "Ses services me permettent aussi de plus travailler à votre service, Maître." Avec cette phrase, le Maître des Potions espérait éloigner le sujet de la conversation des questions d'ordre sexuel.

"C'était là l'intention, Severus..." On put entendre un hurlement provenir d'une salle adjacente. "Queudver !" hurla Voldemort. Amelia dut recourir à tout son contrôle pour rester calme, tant elle avait été surprise par le soudain rugissement du Seigneur des Ténèbres. Tout le monde se tut dans la salle. "Queudver ! Ne t'ai-je pas demandé de faire taire nos prisonnières ?!"

Le petit sorcier s'avança, la peur sur le visage et dans la voix. "Oui... M-Maître ! Je-Je vais le faire ! Tout-Tout de suite ! M-Maître !"

Quelques secondes de silence total s'écoulèrent avant que Voldemort ne reprenne la parole, d'une voix douce. "Comme tu peux le voir, Severus, j'ai trouvé une nouvelle mission à faire pour Queudver. A partir de maintenant, il restera ici avec moi. Comme tu n'as plus besoin de lui, je peux le retenir ici pour qu'il garde nos prisonniers."

"Oui, Maître. Nous sommes vos serviteurs," commenta platement Severus. Dans le fond de son cœur, il ne put s'empêcher d'éprouver un certain soulagement à l'idée que le rat ne vivrait plus sous son toit, tout en se sentant désolée pour Narcissa qui devrait à partir de maintenant le supporter. Amelia n'avait pas non plus perdu un seul mot de la conversation – elle se sentait totalement soulagée elle aussi. Elle en aurait presque remercié le Seigneur des Ténèbres d'avoir pris une telle décision. Surtout qu'il était prévu que son bébé arrive d'ici un mois, ou même avant.

Le Seigneur des Ténèbres renvoya Severus qui s'inclina respectueusement avant de se retirer avec sa jeune esclave parmi les autres Mangemorts. Amelia se sentait mieux aussi d'avoir échappé à un interrogatoire par Voldemort. Elle avait aussi bien saisi qu'elle n'était qu'une marchandise – il ne la considérait pas comme digne qu'on s'adresse à elle. Non pas qu'elle s'en serait plainte. Mais elle réalisa combien précaire sa situation était dans cette maison, parmi ces gens.

"Severus !"

Un homme grand et blond s'approcha de son Maître. Les deux hommes se saluèrent. Amelia lui jeta un coup d'oeil furtif avant de reprendre son attitude soumise. C'était un bel homme aux traits aristocratiques. Pourtant, ses yeux bleu pâle reflétaient froideur et cruauté. Elle comprit qu'il était certainement le châtelain du manoir, Lucius Malefoy en personne, le mari de Narcissa.

Les deux hommes discutèrent de manière informelle. Puis Lucius remarqua que Severus tenait une chaîne à la main. Une chaîne menant à une jolie jeune personne. "Mais dis donc, Severus, qu'est-ce que nous avons là ?"

"Mon esclave sang-de-bourbe. Tu te souviens, le Seigneur des Ténèbres me l'avait donnée en récompense pour avoir tué ce vieil imbécile de Dumbledore," expliqua le Maître des Potions.

"Ah, oui. Une bien jolie récompense en effet." Puis, à voix basse, tout en se penchant vers Severus : "Merci, mon ami, pour avoir aidé mon fils Drago alors." Une pause. "Ce n'est qu'un enfant et pourtant, je ne pense pas qu'il ait les tripes pour ça. Hélas."

Amelia avait cependant tout entendu. Elle se tenait suffisamment près de son Maître pour que les paroles lui parviennent.

"Ne me remercie pas, Lucius," répliqua Severus. En un sens, c'était confortable d'avoir un débiteur tel que Lucius Malefoy. Le Maître des Potions était un Serpentard, il était bien conscient de ce qu'une telle dette pouvait signifier et impliquer pour les Malefoy. Ce qui pourrait s'avérer utile ultérieurement, au cas où il aurait besoin d'aide à l'avenir. Une sorte d'assurance sur la vie. On ne savait jamais. "Grâce à tout ceci, j'ai obtenu une jolie fille pour chauffer mon lit tous les soirs."

"Et dire que je croyais que tu pouvais être homo ou impuissant ou je ne sais quoi d'autre," répondit Lucius avec un sourire moqueur. "Je suis ravi d'apprendre que ce n'est pas le cas." Il tapa amicalement sur l'épaule de son ami. "Viens avec moi, Severus. Laisse-moi te montrer nos dispositions pour ce soir. Je suppose qu'elle restera avec toi ?"

"Oui, c'est mon esclave et ma prisonnière, je dois garder un œil sur elle. De plus... elle est à moi et à moi seul." Sa dernière phrase sonnait comme un avertissement.

Un avertissement que Lucius négligea. "Ah, Severus, plus possessif que jamais, n'est-ce pas ?"

Severus lui lança un regard sombre. "Montre-moi ces dispositions que tu as prévues pour notre divertissement de ce soir, tu veux ?"

Lucius poussa une porte et les fit entrer dans une autre salle, aussi richement meublée que la salle de réception, même si elle était de moindres proportions. Il n'y avait pas de portraits pendus aux murs, les fenêtres avaient été drapées de lourds tentures. Un feu brûlait activement dans le grand âtre de la cheminée, dispensant une lumière douce et une ambiance chaleureuse. Il y avait quelques canapés dans la salle, ainsi que des chaises et des fauteuils. Des matelas étaient disposés à terre, sur des tapis précieux et recouverts d'épaisses couvertures. Des coussins étaient dispersés dans toute la salle. Quelques guéridons avaient été installés non loin, sans doute pour accueillir des verres et des boissons. Des panneaux séparaient la salle en plusieurs parties, qui chacune contenait un canapé. Les meubles et la disposition conféraient à la salle une atmosphère de bien-être confortable. Amelia comprit rapidement quelles pouvaient être les activités prévues dans cette salle.

"C'est la salle des plaisirs, Severus. Dans quelques minutes, quand tout le monde sera arrivé, après que notre Maître aura accueilli les derniers arrivants, ceux qui souhaitent avoir du plaisir, pourront venir ici avec leurs partenaires. Comme je te connais, tu apprécieras sûrement l'un de ces canapés disposés entre des panneaux, à l'écart des autres." Une pause. "La présence des autres ne me dérange pas. Mais Narcissa est une femme très pudique. Je m'occuperai d'elle là," dit-il tout en montrant d'un geste l'un des canapés cachés derrière les panneaux.

"En effet, Lucius." Peut-être qu'était venu un de ces moments d'utiliser cette fameuse dette. "J'apprécierais une certaine intimité. Garde-moi l'un de ces canapés particuliers. Et pour ceux de nos frères qui n'ont pas de partenaires ?"

"Le Seigneur des Ténèbres a pensé à eux. Il a... invité quelques prostituées, parmi celles que nous connaissons déjà et qui sont des habituées de nos orgies. Elles étaient ravies de revenir. Toutes des salopes, sorcières et cracmolles."

Severus hocha la tête. Il connaissait la chanson. Certaines de ces filles avaient bien tenté de l'approcher mais il était toujours parvenu à leur échapper, en priant le Seigneur des Ténèbres qu'il devait le laisser partir pour qu'il le serve au mieux une fois dans son labo de potions. Un souhait que Voldemort avait toujours exaucé avec empressement.

Jusqu'à maintenant. Severus disposait d'une femme pour lui désormais. "Mais tu peux toujours changer d'avis, Severus, et essayer de la baiser avec les autres. Je sais combien tu es possessif, mais tu pourrais l'échanger avec une autre femme. C'est une partouze, après tout." Une pause. "A moins que tu ne préfères un autre genre de divertissement avec ton esclave ?"

Severus sut immédiatement ce que Lucius voulait dire. Son visage demeura insondable. "Laisse-moi te montrer, mon ami," continua-t-il tout en invitant le Maître des Potions à le suivre à l'extérieur. Amelia, à l'autre bout de la chaîne, les suivit. Ils entrèrent dans la salle de réception pour rapidement accéder à une autre salle.

Celle-ci était bien plus sombre en terme d'ambiance. Les fenêtres avaient été occultées par des rideaux noirs. Un feu crépitait dans un cheminée, ce qui dispensait de la lumière et de la chaleur. Mais quelque chose dans la salle communiquait une impression de détresse. Des chaînes pendaient des murs nus. Il y avait quelques chaises et fauteuils, tous drapés de tissu noir. Une atmosphère indéniablement sinistre régnait dans cette salle, qui fit frissonner Amelia d'effroi. Elle posa les mains sur son ventre comme pour le protéger de son ambiance maléfique.

"Sûrement que ta chère belle-soeur va adorer cet endroit," commenta Severus d'un ton neutre.

"En vérité, elle m'a aidé à décorer et arranger cette salle," expliqua Lucius.

Severus sourit moqueusement. "Je n'ai aucun doute là dessus."

Lucius lui montra une table. "Ici, tu as plusieurs types de fouets si tu souhaites torturer certaines de nos... invitées, sans recourir à nos moyens habituelles pour ce faire. Tu as aussi des matelas si tu veux coucher avec nos prisonnières. Il y a des cordes pour les attacher si tu le souhaites."

"Ah, les prisonnières que Queudver est supposé garder silencieuses ?"

Lucius eut un petit rire. "Oui. Celles-là même. Avery, McNair et Dolohov ont fait un raid hier et nous avons ramené quelques sorcières nées-moldues, avec des femmes moldues aussi. Elles attendent notre plaisir dans mes cachots." Une pause. "Mais tu as déjà ta propre esclave née-moldue, Severus. Tu peux l'amener ici aussi et t'amuser avec elle."

Severus fit oui de la tête. Il réfléchissait – et vite. Quelle était la meilleure option ? Imposer des relations sexuelles à une femme sur le point d'accoucher, au risque de devoir partager ses charmes avec ses frères ? Ou alors lui éviter le traumatisme du viol en la torturant ici ? "On verra, Lucius, on verra. En tout cas, c'est sympa, comme organisation."

Amelia n'était pas du tout rassurée. Comment arriva-t-elle à se contrôler, sans craquer sur place, demeurait un mystère total pour elle. Elle resta calme, malgré la peur qui s'emparait de son coeur. Elle regarda rapidement son Maître. Peut-être... que c'était parce qu'il était là, avec elle. Il lui avait dit qu'il ferait de son mieux pour ne laisser personne lui faire du mal. Il lui avait aussi dit qu'il serait celui qui lui ferait du mal si c'était nécessaire. Le seul à le faire.

"Tu comptes la partager ce soir, Severus ?" demanda Lucius, un air d'envie dans ses yeux bleu pâle.

"Elle m'appartient, Lucius."

"Je sais combien tu es possessif. Mais on se connaît depuis longtemps, toi et moi. Tu peux me considérer... différemment. Tu es comme un frère pour moi, tu sais."

Severus vit la manœuvre visant à le culpabiliser quelque peu. Il traîna Amelia vers lui par le bras. Puis sa main se posa sur le cou de la jeune sorcière. "Tu vois ça ? C'est un collier. Elle est ma soumise. Elle n'appartient qu'à moi et à moi seulement. Oh, laisse-moi te montrer autre chose." Il lui tourna le cou délicatement. "Tu vois cette cicatrice, là ? Et là ? C'est moi qui les ai faites. Elle est à moi."

Lucius ouvrit des yeux grands comme des soucoupes. "J'ignorais que tu étais fan de ce type de coutume et de rituel, Severus. Le rituel du sang."

Intéressant, songea Amelia. Peut-être qu'elle parviendrait à réunir quelques informations de la part de Lucius Malefoy, sinon du Professeur. Son esprit de Serdaigle ne perdait jamais une opportunité d'apprendre quelque chose.

"C'est là un rituel d'habitude mis en œuvre entre des sorciers et des sorcières de sang-pur. Je sais que tu n'en es pas un, Severus. Et que c'est une sang-de-bourbe. Qui plus est, un rituel entrepris par des époux au cours de leur nuit de noces. Tu n'es pas non plus marié avec elle."

"Je sais. Tu en connais le but. Elle va à un autre homme pour des raisons sexuelles, et je le sais immédiatement."

Lucius ricana. "Oui, c'est certes le but de la chose. Moi aussi, j'ai mordu Narcissa le soir de notre nuit de noces. Je suppose que tu savais ce que tu faisais quand tu le lui as fait ça."

"Oui."

"Mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi tu l'as fait avec une esclave. Une esclave sang-de-bourbe."

"Tu l'as dit : je suis un homme possessif. Et j'entends bien garder cette fille pour moi et moi seul." Son regard sombre fixa les yeux bleus de Lucius. Le blond sourit et tapota gentiment l'épaule de son ami.

"Bien sûr. Et si tu ne veux plus d'elle ?"

"Alors je la tuerai," répondit Severus d'un ton pince-sans-rire. "Comme ça, personne d'autre ne l'aura après moi."

Amelia avait gardé les yeux baissés. Pourtant, elle n'avait pas perdu une seule miette de la conversation entre les deux sorciers. Elle espéra que ce n'était là qu'un bluff de la part de son Maître. En même temps, il ne l'avait jamais touché dans un but sexuel. Elle commença à nourrir des doutes à son sujet. Des doutes qu'elle n'osait pas formuler.

Ils sortirent de la « chambre des douleurs », comme Lucius avait nommé cette salle, pour revenir dans la salle de réception principale, où se trouvait tous les autres. Tous les invités étaient à présent arrivés. Le Seigneur des Ténèbres était assis sur son « trône » sur l'estrade, en train de bavarder avec une sorcière. Amelia remarqua que leur discussion était plutôt amicale. Cependant, la sorcière en question, malgré son apparence hautaine et ses airs arrogants, regardait son Maître avec une adoration et une soumission totale dans les yeux. Puis, à bien observer cette femme avec attention, Amelia sentit un frisson mêlé de frayeur et de colère la traverser. Serait-il possible qu'elle puisse être... ?

Elle ne put achever sa pensée. Severus était plus proche d'elle, avant de poser une main chaude sur le cou de la jeune femme. Elle perçut son souffle tout près de son oreille. "Cette sorcière, qui est en train de parler avec le Seigneur des Ténèbres... faites attention avec elle. C'est une Légilimens. Elle s'appelle Bellatrix Lestrange."

Amelia hocha la tête pour lui montrer qu'elle avait compris. Oui, il lui avait confirmé le nom. Elle sentit son cœur se remplir de haine et de dégoût. Des sentiments et des souvenirs que son Occlumencie renvoya rapidement dans les tréfonds de son âme.

"C'est la servante favorite du Seigneur des Ténèbres, elle réchauffe son lit quand il en sent le besoin. C'est une garce bisexuelle notoire aussi, avec de fortes tendances sadiques."

Amelia fit un signe de tête pour signifier qu'elle avait bien reçu le message. Je n'ai aucun doute à ce sujet. A ce stade, la seule chose qui pouvait la rassurer un peu, c'était la puissante présence de son Maître à ses côtés. Il avait gardé sa main sur le cou de la jeune femme, comme s'il voulait montrer à tout le monde présent qu'elle était sienne.

Sa main sur sa peau était chaude. Possessive mais réconfortante. Amelia aurait aimé qu'il laisse sa main sur elle ainsi pour le reste de la soirée. Elle se détendit un peu sous son toucher. Severus le perçut immédiatement et il continua à lui caresser le cou discrètement du bout de ses doigts soigneusement cachés sous l'épaisse chevelure de la jeune sorcière.

Puis le Seigneur des Ténèbres les renvoya tous une fois qu'il eut terminé son discours. Il donna l'exemple en cajolant la sorcière nommée Bellatrix, comme il l'aurait fait avec un animal familier. Non loin du trône, enroulé dans un panier, un énorme serpent était endormi. Ou bien faisait semblant de dormir.

Lucius toucha le bras de Severus. Il était avec Narcissa et il lui fit signe de les suivre. Severus comprit que s'il voulait un peu d'intimité, il devrait vite se déplacer avant que les canapés séparés soient tous pris. Il traîna Amelia par la chaîne. La jeune femme ne put qu'obéir. Toute réaction indiquant le contraire pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour tous les deux.

Lucius, avec Narcissa à son bras, désigna à son ami un canapé séparé du reste de la salle par plusieurs panneaux, tout en entrant dans l'espace situé juste à côté. Severus comprit et il traîna Amelia à l'intérieur de celui qu'il lui avait été montré. Là, il sortit sa baguette et tourna le canapé de façon à ce qu'il puisse faire face à l'entrée, au lieu que ce soit son dos qui soit face à l'accès.

D'autres couples entrèrent dans la « salle des plaisirs », suivis par les prostituées et les Mangemorts célibataires. Bientôt, on put entendre des rires et des gémissements. Des plaisanteries étaient échangées ainsi que des comparaisons sur le physique des filles. Severus profita du brouhaha pour donner à voix basse ses instructions à Amelia. "Faites ce que je dis, agissez comme si nous avions toujours fait ça ensemble, ne pleurez pas, ne criez pas. Laissez-moi faire."

D'un geste, il lui ordonna de s'allonger sur le canapé. Puis il l'y rejoignit, en faisant attention au ventre de la jeune femme. Au cas où quelqu'un pourrait juste jeter un œil sur eux, il devait faire semblant. Il lui écarta les jambes et roula la chemise qu'elle portait. Il était toujours entièrement habillé. Il avait allongé sa grande taille sur elle, lui agrippant les poignets d'une prise ferme, comme s'il la forçait. Il enfonça son visage dans le cou de la jeune sorcière. Amelia s'attendait à ce qu'il la morde une fois de plus mais il ne le fit pas.

Ils passèrent plusieurs minutes ainsi, lui sur elle. Elle pouvait sentir qu'il faisait attention à ne pas lui écraser le ventre. Dans la salle, on pouvait entendre que le son des râles, des grognements, des gémissements, avec quelques rires de temps à autre. Dans l'espace à côté du leur, ils pouvaient entendre Lucius et Narcissa qui prenaient du bon temps ensemble comme mari et femme.

Amelia ne pouvait s'empêcher de penser à son amour perdu, quand elle avait été heureuse avec son amant. Elle songeait au bonheur conjugal qu'elle avait perdu lorsque son fiancé était décédé prématurément quelques semaines seulement avant leur mariage. En même temps, elle était extraordinairement consciente de tout ce qui se passait autour d'elle. En particulier de l'homme couché sur elle. Tout comme la première fois qu'elle s'était retrouvée dans sa chambre, à Spinner's End, il ne lui faisait rien. Il ne la mordit même pas dans le cou. Au lieu de cela, ils continuèrent à se regarder l'un l'autre, son regard sombre plongé dans ses yeux verts, avec une intensité sans égale.

Elle se sentait rassurée par sa présence. Elle demeura silencieuse. Elle ne pleurait ni ne gémissait même pas. Elle comprit alors qu'elle lui faisait confiance. C'était incroyable. Dans une telle situation, dans un repaire de Mangemorts, au beau milieu de l'une de leurs orgies, elle sut qu'il ne lui fera pas de mal.

"J'ai confiance en vous, Maître," murmura-t-elle. Lucius grognait son plaisir bruyamment donc elle était certaine qu'il ne l'avait pas entendue. Elle était certaine que personne d'autre n'avait pu. Elle était sûre que seul Severus avait perçu ses paroles.

Le Maître des Potions ne s'attendait pas à ce qu'elle prononce ces mots. Il lut dans ses yeux qu'elle était sincère, profondément sincère. Alors il relâcha l'un de ses poignets. Lentement, Amelia leva sa main libre vers le visage de l'homme et lui caressa tendrement la joue, avant de réarranger une mèche de ses cheveux noirs derrière son oreille, dans un geste très tendre qui émut le sorcier, les yeux de la jeune femme toujours perdus dans son regard sombre. Personne ne lui avait jamais fait cela – ou du moins, il ne s'en souvenait pas.

"J'ai confiance en vous, Maître."

Ces paroles produisirent un effet sur Severus qu'il n'avait pas prévu. Tout à coup, il voulait l'embrasser comme un fou. Il voulait lui faire l'amour. Il voulait l'aimer. Avec tendresse. Avec passion. Avec possessivité. Conscient qu'elle pourrait ne pas consentir à son nouveau plan, il reprit fermement les rênes sur ses émotions certes fugaces mais puissantes. "Amelia..." murmura-t-il seulement d'une voix profonde, riche et sensuelle.

Elle était surprise. Il ne l'avait jamais appelée par son prénom auparavant. Il s'adressait à elle en utilisant l'habituel terme péjoratif « sang-de-bourbe », chez lui, en présence de Queudver ou de tout autre visiteur. Il l'appelait « Mademoiselle Davis » lorsqu'ils se retrouvaient seuls dans leur chambre. Il avait prononcé son prénom avec une douceur qu'elle n'avait jamais soupçonné qu'il en fût capable. Elle eut un petit sourire encourageant pour lui. Au milieu de ce qui aurait dû être l'enfer se déchaînant contre elle, il lui montrait un côté de lui-même qu'il n'avait jamais montré à quiconque auparavant. Il pouvait être tendre.

Severus était sur le point de l'embrasser sur la joue – une option décente à son avis, pour exprimer la tendresse dans leur situation actuelle – quand il entendit un ricanement bruyant. Il leva la tête et vit...

… Avery et McNair, à moitié nus, se tenir à l'entrée de leur espace, devant le canapé, en train de les regarder avec insistance.

"Alors, tu t'amuses bien, Severus ? C'est la première fois qu'on te voit avec une femme," fit McNair.

"Ouais, peut-être que c'est sa toute première fois !" renchérit Avery avec un rictus. Les deux hommes rirent.

Severus perçut le danger tout de suite. Il fit glisser sa baguette discrètement hors de sa manche pour la saisir, prêt à l'action. Juste au cas où. Il ne leur faisait pas confiance. "Remarque brillante, McNair. Comme tu peux le voir, oui, je m'amuse bien. Cependant, je n'ai pas besoin de votre aide ou de votre attention. Laissez-nous tranquille."

"Oh, non, mon ami," fit Avery. "Tu vois, on aimerait bien que tu respectes nos coutumes. On veut nous aussi notre part de la fille."

"Elle est déjà enceinte. On ne te laissera donc pas de surprise en ce qui concerne un possible résultat," renchérit McNair.

Il se rapprocha de Severus et d'Amelia. Rapide comme l'éclair, le Maître des Potions leva sa baguette et jeta un Maléfice Cuisant sur McNair qui cria de douleur avant de reculer. "Sors – d'ici," gronda Severus envers Avery, les dents serrées, dans une attitude menaçante. "Personne ne touche à ce qui m'appartient."

Avery sourit vicieusement. "Très bien. Au cas tu n'aurais pas remarqué, mais il y une partouze en cours ici. On se partage tous nos femmes. Il n'y a aucune raison pour que tu ne nous laisses pas avoir une part de la sang-de-bourbe qui est à toi, comme tu le prétends."

"Tu l'as déjà demandé à Lucius ? Tu sous-entends que tu as eu sa femme aussi ?"

Avery se sentit gêné pendant une seconde ou deux. Le coup était bas. "Ne t'amuses pas à comparer Narcissa, une sorcière sang-pur, digne de tout notre respect, avec cette... putain sang-de-bourbe !"

Il avait parlé fort. Un autre Mangemort se tenait à présent aux côtés d'Avery. Mulciber. De mal en pis. "Ah, Mulciber, regarde ça ! Severus qui défend sa petite putain sang-de-bourbe !"

Mulciber rit. "Allons, Avery. Tu sais bien que Severus a toujours eu un certain goût pour les sang-de-bourbes. Rappelle-toi cette rouquine de chez Gryffondor, quand on était à Poudlard !"

"Oui, elle avait fini par le laisser tomber, je m'en souviens. Tout ça parce qu'il avait dit alors la vérité, en l'appelant sang-de-bourbe ! Tu parles d'une amitié, hein, Severus ? Ils étaient où, tes vrais amis alors, quand cette pute de chez Gryffondor t'a largué ?"

Les deux hommes rirent de bon coeur. Severus était devenu pâle comme un fantôme. Le fantôme de Lily dansant devant ses yeux. Le mot « sang-de-bourbe » résonnant encore dans ses oreilles. Ses traits tristes et en colère. Sa tentative déplorable pour s'excuser auprès d'elle alors, devant la salle commune de Gryffondor. Le regret le plus profond de son coeur.

"Alors, Severus, on se ramollit encore une fois pour une sang-de-bourbe ?"

"A moins que tu puisses nous prouver le contraire ?"

Severus sentit aussi que sa faiblesse pouvait apparaître au grand jour. Il ne pouvait se le permettre. Son esprit calcula très vite pour trouver la meilleure action à suivre – que finalement il savait déjà laquelle serait. Il jeta un regard furtif à Amelia, avec une expression d'excuse dans les yeux. Il se souleva d'elle, en se détournant des deux hommes – pour cacher le fait qu'il n'avait même pas ouvert sa braguette – et il saisit Amelia par le bras.

"Je vais vous prouver que je ne me ramollis pas pour une sang-de-bourbe, même si elle est ma propre esclave."

"Très bien, laisse-nous l'avoir, chacun son tour," suggéra Avery. "Je veux dire, nous trois. Moi, Mulciber et McNair à qui tu as jeté un sort de manière si injuste."

Amelia gémit si faiblement que seul Severus l'entendit. Il la regarda. "Non, je crois que je connais un meilleur moyen. Et si... nous allions vérifier ça... dans la chambre des douleurs ?"

"La chambre des douleurs, Severus ?" fit Avery avec surprise.

"Oui. Je la torturerai là-bas et vous la laisserez tranquille. Je la torturerai pour que vous voyez bien que je ne me ramollis pas pour une sang-de-bourbe."

"Tu peux faire ça, Severus ?" demanda Mulciber avec des doutes dans la voix. "J'aimerais bien voir ça. Je ne suis pas convaincu que tu puisse le faire en vérité."

"Je n'ai qu'une parole. Je la torturerai et vous serez d'accord que je ne craque pas pour les sang-de-bourbes. Je la torturerai pour votre plaisir si vous le voulez mais en échange, vous ou n'importe qui d'autre ici ne la toucherez pas. Elle est à moi et à moi seul. Alors, c'est d'accord ?"

Les deux Mangemorts se regardèrent. Avery n'en croyait pas ses oreilles. "Oui, c'est d'accord, Severus," dit Mulciber quand il se rappela qu'il savait parler. Avery se contenta de consentir d'un hochement de tête.

Amelia commença à trembler. Elle avait compris à quel terrible pacte Severus s'était soumis afin de la protéger de ces hommes. Elle se rappela en effet ce qu'il lui avait dit juste avant qu'ils quittent Spinner's End : "Je ferai de mon mieux pour ne laisser personne vous faire du mal. Si ça doit arriver, alors ce sera à moi de le faire – et à moi uniquement. Vous êtes ma propriété."

Elle ferma les yeux brièvement. Elle était consciente qu'il avait fait cette horrible suggestion à ses frères Mangemorts afin de lui épargner un mauvais moment en leur compagnie. Elle se souvenait du viol dont elle avait été victime, huit mois auparavant. Si cela devait se reproduire, elle se laisserait mourir.

Amelia suivit Severus dans une sorte de brouillard. Les trois hommes leur emboîtèrent le pas et ils entrèrent tous la salle des douleurs. Elle pria seulement que son Maître savait ce qu'il faisait. Mais même les plans les mieux échafaudés peuvent parfois dérailler.


Et voilà ! Comment Severus va-t-il faire avec Amelia ? Les voilà tous les deux dans un beau pétrin... et ça risque de ne pas s'arranger. Mais ça, vous le saurez au chapitre suivant. A votre avis, quoi d'autre de pire et/ou d'inattendu risque-t-il de se passer dans la "chambre des douleurs" ? J'espère que Severus sait ce qu'il fait... Bon, on peut lui faire confiance.

J'espère avoir gardé tout le monde - y compris les Malefoy et les 3 anciens copains à Severus - fidèles à eux-mêmes.

J'aime bien aussi commencer à semer des petits indices sur l'histoire personnelle de Severus et celle d'Amelia.

N'hésitez pas à laisser des critiques et autres commentaires, ça fait toujours plaisir ! Surtout que je publie avec régularité, je ne vous oublie pas, chers lecteurs et lectrices ! Alors ne m'oubliez pas non plus, eh ? LOL