Le Pacte du Sang – Chapitre 13 – Confiance et torture
"Bien, bien, bien, qu'avons-nous ici ?... Rogue et sa putain sang-de-bourbe..." fit la grande sorcière qu'Amelia avait déjà vu auparavant en train de converser avec le Seigneur des Ténèbres.
Bellatrix Lestrange. La situation ne pouvait pas aller pire – selon Severus. Elle avait déjà empiré selon Amelia. Cette tortionnaire... Cette meurtrière...
Le fait était que Severus ne pouvait plus reculer à présent, à moins de laisser Amelia être violée par les trois hommes qui les avaient escortés jusqu'à la chambre des douleurs. Il se sentit piégé entre le marteau et l'enclume.
Severus décida d'ignorer Bellatrix. Mais elle se montrait insistante. "Tu souhaites t'amuser un peu, Rogue ?"
"Occupe-toi de tes affaires, Bella, tu veux ?!"
Elle eut un rire hystérique, de ce caquètement malade qui n'appartenait qu'à elle. Severus ne put s'empêcher de songer qu'un jour, quelqu'un devrait torturer Bella rien que pour la faire taire une bonne fois pour toutes. Maintenant qu'il était de très mauvaise humeur, il se serait dévoué fort volontiers pour cette tâche.
Avery prit Bellatrix par le bras. "Il a fait un pacte avec nous, Bella. Soit nous violons son esclave sang-de-bourbe, soit il la torture. Il a décidé qu'il la torturerait."
Bellatrix regarda Severus. "Ca ne me surprend pas. Toujours aussi possessif." Puis elle tourna son attention vers la jeune sorcière née-moldue. "C'est donc toi la sang-de-bourbe qu'il a tellement envie de garder pour lui tout seul."
Amelia choisit de ne pas la regarder, gardant à l'esprit que la sorcière Mangemort était une Légilimens. Elle ne voulait pas qu'elle apprenne certaines choses de son propre passé non plus. Elle garda les yeux baissés dans une attitude d'humilité. Bellatrix eut un sourire moqueur. Son regard aux paupières lourdes descendit vers le ventre de la jeune sorcière enceinte. "Oh, et tu es tellement grosse. Tu ne vas pas l'avoir ici, hein ?!" demanda-t-elle d'un ton faussement compatissant. "Nous n'avons pas besoin que ce... sang impur pollue notre maison !" Elle commença à lui caresser le visage. Amelia sentit un dégoût absolu à son toucher. Pourtant, elle demeura immobile. Elle était sûre d'une seule chose : la femme Mangemort ne l'avait pas reconnue. Jusque là.
Les autres hommes rirent – à l'exception de Severus, bien entendu. "Laisse-la tranquille, Bella. On ne doit pas toucher ce qui ne nous appartient pas." Sa voix profonde, veloutée, avait grondé l'ordre. Cependant, ses paroles avaient été prononcées d'une manière si détachée, si impérieuse, que Bellatrix recula.
"Qu'est-ce que tu vas lui faire, Rogue ?" demanda-t-elle à la place. "Nous montrer qu'elle est vraiment à toi ?" Elle caqueta. "On a ici suffisamment de quoi la marquer comme du bétail. Ou bien tu peux l'attacher sur ces matelas et la prendre de n'importe quelle manière bien cochonne qui pourrait traverser ton esprit malade !" Elle caqueta encore.
Severus ne répondit pas. Il se contenta de prendre Amelia par le bras et la traîna vers un mur où des chaînes pendaient du plafond. Elle regarda les chaînes, comprenant ce qu'il avait en tête. Elle affichait un air terrifié mais cacha sa peur du mieux qu'elle put.
Severus la poussa gentiment contre le mur, afin que le ventre de la jeune femme se retrouve tout contre, son dos vers les autres. Puis, d'un mouvement vif sur la chemise qu'elle portait, il la déchira, découvrant ainsi son dos. Elle cria de surprise.
"Amelia... Ne bougez pas. Restez comme ça, votre ventre sera protégé. Vous pouvez crier mais ne bougez surtout pas," lui murmura-t-il à l'oreille, pour elle seulement l'entendre. De loin, on avait l'impression qu'il était en train de l'embrasser dans le cou.
Sa voix était tellement rassurante, presque tendre, sûrement attentionnée, au point qu'Amelia tourna son visage vers lui. Leurs regards se rencontrèrent. Puis elle sentit quelque chose passer en elle : le regard pénétrant du sorcier lui disait quelque chose, quelque chose qu'elle ne pouvait pas – et qu'il ne pouvait pas – traduire en mots, cependant c'était suffisamment puissant pour elle se sentir plus calme désormais.
"J'ai confiance en vous, Maître."
Severus était ému par ses paroles. Il était sur le point de la torturer mais elle lui faisait confiance !
Il n'avait pas le temps d'analyser tout cela. Sur un mouvement rapide de sa baguette, les chaînes s'enroulèrent autour des poignets de la jeune femme. Les chaînes soulevèrent les bras d'Amelia. Puis elle sentit le corps de l'homme quitter le sien, la chaleur irradiant de sa forte présence disparaissant.
"Oh, Rogue va torturer sa sang-de-bourbe !" caqueta Bellatrix en chantonnant, au milieu des éclats de rire des trois autres hommes. "Rogue va torturer sa sang-de-bourbe !"
Severus la regarda méchamment ainsi que les trois autres hommes qui l'avait obligé à se plier à un acte aussi horrible. Conscient que cela pouvait épargner à la jeune sorcière un acte encore plus horrible d'être commis contre sa personne, Severus sut que cette raison n'était pas suffisante pour l'exonérer de ce qu'il était sur le point de lui faire. Il se dirigea vers la table et sélectionna un fouet. Pas trop lourd, pas trop épais, afin qu'il ne puisse pas lui faire trop mal. Il le fit craquer avant de lancer le premier coup.
Amelia entendit le son du craquement du fouet avant que sa peau n'en sente la brûlure. Elle cria de surprise. Après quelques coups, elle essaya de contenir sa douleur mais elle se laissa aller. Elle laissa les larmes rouler le long de ses joues, des gémissements de douleur s'échappèrent de ses lèvres. Elle se concentra sur son enfant pour le protéger. C'était la chose la plus importante à faire dans ces circonstances. C'était douloureux certes, mais elle savait que les coups étaient administrés par une main qui ne souhaitait pas lui faire du mal en premier. Par un homme qui avait préféré lui faire du mal lui-même plutôt que de laisser d'autres le faire. Par un homme qui ferait tout ce qui était en son pouvoir pour lui éviter que lui soit infligé plus de douleur que nécessaire. Par un homme en qui elle avait confiance.
Amelia n'avait jamais été fouettée. A l'exception des gifles habituelles et du traitement sévère – parties de toute une comédie – que Severus lui infligeait à Spinner's End, en présence de Queudver, à l'exception des quelques brutalités qu'elle avait subie aux mains des Mangemorts au moment de sa capture après le raid sur la propriété des Coeurdaigle, elle n'avait jamais été torturée ni même maltraitée.
Sauf à une seule occasion. Quand elle avait été violée. La douleur et la souffrance avait été bien pire. Parce que l'homme qui lui avait fait ça, voulait lui faire du mal, l'humilier, abuser d'elle de manière égoïste, pour prendre son plaisir de façon cruelle.
A présent, la situation était différente. Bien entendu, les coups de fouet étaient douloureux. Son dos la brûlait intensément car les blessures du fouet s'ajoutaient les unes aux autres, lui lacérant la chair de plus en plus profondément. Pourtant, elle savait que son Maître n'en éprouvait aucun plaisir. Il avait consenti à la torturer pour qu'elle ne soit pas violée. Il ne tirait aucune satisfaction de son humiliation. Il faisait seulement de son mieux pour la protéger. Elle le sentait dans ses coups. Alors elle endura avec force d'âme, lui faisant confiance qu'il s'arrêterait avant que la douleur puisse excéder son endurance.
Après une vingtaine de coups, Severus sentit une soudaine chaleur lui envahir le corps. Non pas que l'exercice auquel il se livrait l'excitait. C'était différent. Son sang brûlait comme jamais il l'avait fait auparavant. Il s'arrêta, comme si son sang lui avait ordonné de le faire. De plus, le dos de la jeune femme était couvert de sang, preuve suffisante s'il en était qu'il l'avait assez torturée. Cependant, il devait se montrer prudent – ses frères Mangemorts pourraient en vouloir plus. Comme si rien d'autre ne comptait, il se dirigea vers Amelia et commença à défaire avec la magie les chaînes qui enserraient ses poignets.
"Eh, Severus, c'est tout ce que tu vas lui faire ?" dit Avery, quelque peu déçu.
Lentement, Severus se tourna vers l'homme. "J'ai besoin de ses services chez moi, afin que je puisse travailler efficacement pour le Seigneur des Ténèbres. Si elle ne peut y exécuter ses devoirs envers moi, je serai moins disponible pour notre Maître. Il ne serait pas content non plus de savoir que j'ai abîmé le cadeau qu'il m'a fait, tu ne crois pas ? Et toi, Avery, tu ne souhaiterais pas que notre service à notre Maître soit moins efficace, n'est-ce pas ?"
Avery fut surpris par cet argument. La mention du Seigneur des Ténèbres avait toujours été un moyen pratique pour faire avancer un point de vue. Au moins selon l'opinion de Severus. Et surtout en présence de Bellatrix. Severus était bien conscient de tous ces paramètres et il savait comment en jouer. Il jouait à ce petit jeu depuis si longtemps déjà ! Avery approuva de la tête et laissa tomber. "Ca va, j'en ai eu suffisamment. Il est temps pour moi de retourner dans la salle des plaisirs et m'y amuser."
Oui, c'est ça, vas-y – et vite, songea Severus. Il jeta un regard mauvais aux deux autres, Mulciber et McNair. Le premier suivit Avery tandis que le second choisit de rester. Il avait repéré une sorcière née-moldue terrée dans un coin de la chambre des douleurs. Il avait décidé qu'une sang-de-bourbe en valait bien une autre – digne de ses attentions de Mangemort, c'est-à-dire prendre son plaisir avec elle même de manière non-consensuelle.
Seule Bellatrix demeura. Elle fixa l'homme grand tout vêtu de noir, un regard fou et malfaisant dans les yeux. "Je crois que moi, je pourrai me distraire avec la sang-de-bourbe et avec... toi, Rogue !" Elle sortit sa baguette d'un mouvement rapide. "ENDOLORIS !" vociféra-t-elle en direction d'Amelia.
Severus le vit immédiatement. Par pur réflexe, il se jeta entre la jeune sorcière et l'Endoloris. Qui le cueillit nettement. Malgré sa résistance au maléfice, il hurla brièvement. Il s'accrocha à elle, tout en la protégeant de son corps pour lui épargner la douleur.
Amelia laissa échapper un cri d'horreur. Elle n'avait jamais vu quelqu'un subir l'Endoloris avant. Severus lui avait demandé de ne pas réagir en face de tout mauvais traitement qui pourrait lui tomber dessus, mais elle ne pouvait demeurer indifférente. Elle ne le pouvait tout simplement pas. Elle tenta de le retenir mais il était bien trop lourd pour sa petite taille. Il se laissa choir sur les genoux, l'entraînant avec elle dans une tentative désespérée de faire un rempart de son propre corps.
Bellatrix arrêta son maléfice. Elle fut d'abord surprise de voir une jeune née-moldue, propriété d'un Mage Noir qui l'avait reçue comme esclave, qui avait dû endurer des mauvais traitements et autres horreurs chez lui, entre ses mains, se montrer aussi attentionnée envers ce même Mage Noir. Peut-être qu'il y avait quelque chose entre eux deux ? C'était le moment ou jamais de le savoir. Un sourire mauvais se dessina sur sa bouche.
Amelia leva les yeux vers l'autre sorcière. Elle savait qu'elle prenait un grand risque à agir ainsi, Bellatrix étant une Légilimens. Même si elle avait bien fermé son esprit avec l'Occlumencie. Elle lui renvoya un regard vide, même si à l'intérieur de son âme, elle éprouvait une haine pure pour ce que cette sorcière maléfique venait de faire. Ainsi que pour les autres actes qu'elle avait déjà commis par le passé et qui habitaient toujours son souvenir.
La jeune née-moldue était à genoux, les mains sur les épaules de son Maître, un regard déterminé dans les yeux. Elle lança un regard mauvais à Bellatrix avec une certaine dose de courage et d'audace.
Bellatrix sourit de manière moqueuse et malveillante. "Tu es une imbécile, sang-de-bourbe."
Un silence durant laquelle elle leva sa baguette. Amelia ferma les yeux et se prépara à la douleur qui ne manquerait pas de venir bientôt. Je ne vais pas mourir. Je vais seulement souffrir un peu.
"ENDOLORIS !" siffla Bellatrix.
L'Endoloris frappa nettement Amelia. Elle tomba sur le corps de Severus, en hurlant à pleins poumons. Elle songea que le fouet avait brûlé sa peau de manière infernale. Maintenant, elle était en enfer. Tout son corps était en feu tandis que des milliers d'éclats de verre lui perçaient la peau comme autant d'aiguilles. Elle s'accrocha au corps de Severus dans une emprise désespérée sur la réalité. La seule pensée fut pour son enfant – en se concentrant avec force pour le protéger.
Après un moment qui lui semblait être une éternité pour elle – mais qui ne dura en fait que quelques secondes seulement – elle sentit deux mains la saisir et la pousser de côté. "Arrête ça, Bella !" entendit-elle un homme vociférer. Une fois de plus, Severus était intervenu. "Non, c'est à MOI qu'elle appartient !" l'entendit-elle hurler. Puis le maléfice s'arrêta. Il y eut une sorte de combat ou de dispute, deux personnes s'invectivant l'une l'autre, un homme et une femme. La femme avait une voix haut-perchée et déplaisante. L'homme, au contraire, avait une voix très profonde, riche, qui semblait si réconfortante qu'Amelia souhaitait que ce soit là la dernière sensation qu'elle pourrait ressentir avant de mourir. Parce qu'elle en était sûre, cette fois-ci, elle allait mourir.
La dispute cessa après qu'elle entende l'homme – Severus – dire à la femme – Bellatrix – que la fille lui appartenait, qu'il était le seul à pouvoir la punir. "Qu'est-ce que je t'ai dit avant ?! Nous ne devons pas toucher ce qui n'est pas à NOUS !"
Après cela, elle sentit deux mains lui saisir les bras encore une fois et la traîner hors de la chambre des douleurs. Amelia se sentait si faible, si douloureuse, qu'elle était incapable de se rappeler si elle était sortie de la salle sur ses deux jambes. Sa seule pensée fut pour son bébé. Puis tout plongea dans le noir.
Severus remarqua que la jeune sorcière s'était évanouie. Il lui jeta un sort de Lévitation pour qu'il puisse la porter sans effort. Il voulait voir le Seigneur des Ténèbres qui était toujours assis sur son trône, à caresser Nagini, à l'autre bout de la salle de réception. L'homme se trouvait seul. Severus l'interpréta comme sa chance pour s'échapper des lieux sans provoquer une émeute chez les autres. Voldemort était craint de ses adeptes mais Severus savait que parfois, l'homme pouvait être bien plus ouvert à la raison que l'on ne pourrait jamais le croire. A condition de mettre en avant les bons arguments et de manière convaincante.
Severus s'approcha de l'estrade avec précaution. Il s'agenouilla devant le trône. "Maître..." fit-il respectueusement.
"Oui, Severus ?" demanda Voldemort avec nonchalance, tout en continuant à caresser son animal familier.
"Maître... J'ai besoin de rentrer chez moi maintenant."
"Et pourquoi donc, Severus ? Tu n'aimes pas la petite fête que je donne ?"
"Bien sûr que si, Maître. Mais mon esclave... elle n'est pas en bonne forme et j'ai besoin d'elle pour vous servir mieux que jamais. Je vous demande la permission, Maître, de quitter la fête afin de m'occuper de ses blessures. De plus, j'ai du travail pour vous qui requiert mon attention dans mon labo à la maison. Maître."
Voldemort fixa Severus. "Regarde-moi."
Le Maître des Potions savait qu'il était parti pour un tour de Légilimencie. Il rencontra le regard de son Maître avec confiance comme il le faisait habituellement. Après quelques secondes, Voldemort parla doucement. "Des blessures que tu lui as infligé toi-même, Severus. Pourquoi est-ce que tu as... abîmé le cadeau que je t'ai donné ?"
A ce stade, Severus savait qu'il devait baratiner quelque peu. "Mes frères Mangemorts croyaient que je me ramollissais pour une sang-de-bourbe, Maître. Je devais leur prouver que non. Je ne ramollis par pour elle. Ni pour n'importe quelle autre sang-de-bourbe non plus. Je devais leur montrer que je sais comment tenir les sang-de-bourbes pour ce qu'elles sont vraiment : des servantes utiles et des jouets appropriés."
Voldemort tourna le regard vers le corps en lévitation de la jeune sorcière. Severus laissa échapper un souffle imperceptible. Il savait quelque part, il avait réussi à convaincre son Maître. "On dirait que tu as joué un peu fort avec elle cette fois, Severus. Fais attention. Tu peux partir. Par ailleurs... je ne crois pas que nos hôtes ici seraient ravis d'avoir leur demeure souillée par son sang impur et celui de sa progéniture."
Severus approuva de la tête. Il sut qu'il avait remporté la partie. "Non, Maître. Merci, Maître."
Voldemort le renvoya d'un geste ennuyé du poignet. Severus s'inclina une autre fois, pour embrasser le pan de la robe du Mage Noir dans un geste empli de dévotion. Puis il sortit de la salle avec le corps de sa jeune esclave toujours en lévitation à ses côtés. Au rez-de-chaussée, il demanda à un elfe de maison de récupérer son manteau de voyage. Il l'enfila et réarrangea le châle sur le corps d'Amelia. Ils quittèrent tous les deux très vite le manoir. Une fois à l'extérieur des portails, Severus annula le Charme de Lévitation et la prit dans ses bras délicatement, avant de Transplaner chez lui.
Ils Transplanèrent dans l'appentis de la cour intérieur, son point de Transplanage privé. Dehors, il pleuvait fort sur Spinner's End. Severus soupira. Au moins, ils étaient tous les deux hors de danger – pour le moment. Il laissa échapper quelques tremblements, séquelles de l'Endoloris qu'il avait reçu de Bellatrix. A distance, Severus leva les sortilèges de garde placés sur sa maison et ouvrit la porte pour qu'ils passent tous les deux le minimum de temps à l'extérieur.
Il prit Amelia dans ses bras, en réarrangeant son châle pour la protéger de la pluie. Elle revint à elle, ses yeux toujours troubles. "Maître..."
"Shhh... Amelia... Nous sommes à la maison. N'ayez pas peur. Nous sommes à la maison."
"Maison ?" fit-elle d'une voix enrouée. Elle ferma les yeux dans une expression évidente de soulagement. "Maison..."
Il lui prit le bras et le posa sur son épaule. "Accrochez-vous à moi."
Traverser à pied la distance séparant l'appentis de la maison fut suffisant pour les tremper, tellement la pluie tombait à seaux. A un moment, Amelia commença à se tordre, comme si prise d'une convulsion. Mais Severus était solide. Il parvint à la porter malgré les mouvements nerveux, presque brusques, de la jeune femme. Elle souffrait. Une fois à l'intérieur de la maison, il la mena au salon et l'allongea sur le canapé. Il jeta un charme pour sécher les vêtements de la sorcière, puis sur les siens, avant de démarrer un feu. Puis il la transporta à l'étage, dans leur chambre. Elle gémit : reprendre conscience l'avait ramenée à la douleur.
Severus la fit s'asseoir dans le fauteuil de leur chambre. Il lui ordonna de s'asseoir bien droite pour que son dos n'entre en contact avec quoi que ce soit qui puisse aggraver ses blessures. Il lui enleva le châle et la débarrassa de sa chemise de nuit. "Restez comme ça. Je vais chercher du dictame pour vos blessures."
Amelia approuva de la tête et fit de son mieux pour rester droite. Mais l'Endoloris avait laissé des traces sur elle. Elle commença à trembler de manière incontrôlable. Elle n'avait jamais été exposée à ce Maléfice avant et elle ne pouvait pas en connaître les effets secondaires. Elle laissa échapper un sanglot, une main sur le ventre, l'autre sur le visage.
Severus fut rapide. Il revint quelques minutes plus tard, pour la trouver en pleurs. Son cœur se serra dans sa poitrine. C'était lui qui lui avait fait ça ! Il prit une chaise pour s'asseoir tout près d'elle. Il posa une main sur l'épaule. Elle tourna la tête vers lui. "Je suis désolée, Maître !"
"Non, ne le soyez pas. Vous vous êtes comportée admirablement. Maintenant, laissez-moi faire. Je vais appliquer le dictame en premier, afin que vos blessures ne laissent pas trop de cicatrices sur votre peau." Il humecta un tissu propre avec la potion et commença à l'appliquer doucement sur le dos de la jeune femme, qui laissa échapper un gémissement de soulagement.
Quelques minutes plus tard, son corps se remit à trembler. Severus lui expliqua que c'était seulement une conséquence de son exposition à l'Endoloris. Il était conscient qu'elle n'y avait jamais été soumise. Elle n'avait pas acquis sa résistance à ce Maléfice.
"Est-ce que ça aura... des effets... sur mon bébé ?" parvint-elle à demander.
"Aucune idée," répondit Severus avec franchise. "Je ne sais pas, pour vous dire la vérité. Je n'ai jamais entendu d'une femme enceinte qui aurait subi l'Endoloris." Ou plutôt si, il y en avait eu mais elles avaient été tuées peu de temps après. Cependant, Severus estima judicieux de ne pas le mentionner. Il continua son traitement. Il étala un onguent de sa composition sur sa peau pour accélérer le processus de guérison.
"C'est un onguent que j'ai fabriqué à partir d'Essence de Murlap. Ca devrait aider à la cicatrisation de vos blessures et faire office de pansement." Il vérifia aussi ses autres blessures mineures : certains coups de fouet avaient touché ses bras et ses épaules. Il les traita avec l'aide de quelques charmes de guérison qu'il connaissait. Puis il l'amena vers le lit. "A présent, vous allez être une bonne fille et passer une bonne nuit de sommeil, hein ?"
"Oui, Maître..." Amelia obéit et le laissa la mettre au lit et la border. Elle était vraiment touchée par ses manières attentionnées. C'était là une qualité toujours surprenante à voir en lui.
"Je viendrai vous voir de temps à autre. Maintenant que Queudver n'est plus ici, nous pouvons laisser la porte ouverte, pour que je puisse vous entendre si vous avez besoin de quoi que ce soit."
"Maître !" Elle lui attrapa le bras. "Maître... Et vous ? Vous devez être fatigué..."
"Ne vous inquiétez pas pour moi. De plus, je vais vite revenir. J'ai quelques derniers petits détails à régler d'abord ici. Je veux que vous dormiez." Ce disant, il sortit sa baguette et lui jeta un sortilège de sommeil. Amelia ferma les yeux et lui lâcha le bras. Severus resta quelques secondes de plus, écartant une boucle des cheveux de la jeune femme.
"Me pardonnerez-vous un jour, pour ce que je vous ai fait ce soir ?" murmura-t-il.
Severus se leva du lit et sortit de la chambre. Il reviendrait d'ici quelques minutes, après s'être assuré qu'il avait bien remis en place les sortilèges de garde autour de sa maison. Il voulait être seul aussi pour réfléchir à tout ce qui s'était passé ce soir. Surtout le lien qu'il avait partagé avec Amelia quand ils avaient été seuls dans la salle des plaisirs, juste avant d'être interrompu par la désagréable intrusion de ses frères Mangemorts. C'était là un point sur lequel il avait besoin de méditer.
Après tout, il n'était pas supposé ressentir quoi que ce soit pour sa jeune esclave.
Severus revint dans sa chambre quelques minutes plus tard. Il avait sécurisé sa maison. Il se sentait fatigué aussi. Drainé par les événements de la nuit. Il se débarrassa de ses vêtements et enfila sa chemise de nuit. Amelia était profondément endormie, grâce à son sortilège de sommeil. Puis il se glissa entre les draps.
Elle était endormie mais son corps était toujours agité de tremblements. Les effets secondaires de l'Endoloris que Severus connaissait si bien. Même s'il avait surmonté et vaincu ces effets tout seul, il ne pouvait la laisser souffrir ainsi. Il fit la seule chose qu'il savait pouvoir la soulager. Le contact physique avec un autre corps. Il l'attira vers lui, glissant un bras sous le cou, pour que la tête de la jeune femme puisse reposer sur sa propre épaule confortablement. Son autre main trouva tout naturellement une place où se poser – sur le ventre distendu. Il pouvait y percevoir les tremblements et pendant quelques secondes, il se demanda si le foetus serait affecté ou pas.
Severus la tint ainsi pendant de longues minutes. Des minutes agréables. Il partageait son lit avec elle depuis des semaines, et pourtant, c'était la première fois qu'il la tenait si près de lui. De loin, on aurait dit deux amants endormis dans les bras l'un de l'autre. Il passa les minutes suivantes à songer à sa réaction dans la salle des plaisirs, avant qu'ils aient été interrompus par Avery et McNair. La façon dont elle lui avait caressé la joue, de manière si douce – comme jamais aucune autre femme ne l'avait fait auparavant. La manière dont elle avait prononcé ces quelques mots qu'aucune autre femme ne lui avait jamais dit auparavant : J'ai confiance en vous... Il avait été à la fois touché et perplexe. Il ne faisait aucun doute qu'elle avait été sincère alors.
Severus s'endormit quelques minutes après, quand il sentit que les tremblements s'étaient estompés. Elle pourrait en avoir d'autres plus tard mais pour le moment, elle avait besoin de dormir. Lui aussi avait besoin de repos et il lâcha prise, tout en la tenant de manière possessive, comme le ferait un véritable amant.
Et voilà... ce qui s'est passé dans la chambre des douleurs. Alors, vous en avez pensé quoi ?
J'espère aussi avoir respecté le caractère de Bellatrix - que ses fans s'expriment, ils sont les bienvenus pour me dire ce qu'ils en pensent. Je sais qu'ils sont nombreux. En plus, j'aime bien jouer sur l'interaction entre Severus et Bellatrix, c'est toujours amusant de les voir s'écharper ou presque.
J'aimerais aussi un peu plus de commentaires/critiques/revues, car si je publie de manière régulière comme une horloge, car je ne vous oublie pas, chers lecteurs et lectrices, j'ai par contre parfois l'impression que mon lectorat m'oublie, lui ! Grrrrr... Que faut-il que je fasse pour attirer les revues ? De la magie, ce serait pas mal, mais je n'ai pas de baguette magique à dispo. Bon, il y a bien Severus mais vu ce que je lui fais faire, pas sûr qu'il accepte de m'aider... Je crois qu'il aurait même tendance à tourner sa baguette contre moi... LOL
Bon, alors, on se décide ? Merci d'avance !
