Alter Ego

Merci à tous et à toutes pour vos reviews, mises en alertes et mises en favoris.

Je rappelle que tout appartient à J.K. Rowling et le personnage de Cato à Suzanne Collins, seule l'histoire est de moi. Je ne touche aucun revenu pour sa publication, si ce n'est vos reviews.

Ce chapitre est l'avant-dernier de l'histoire.

J'ai entendu parler il y a peu de la série The Leftovers. Par curiosité, j'ai écouté le soundtrack de la première saison. C'est un pur bonheur et si vous cherchez un peu de musique pour accompagner la lecture de ce chapitre, c'est ce que je vous recommande.

Enjoy reading !


_ Qu'est-ce que je disais ! DANGEREUX ! Il est DANGEREUX ! beugla Ron en faisant les cents pas dans le bureau du professeur Dumbledore. Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? Sa tête au bout d'une pique ?

_ Ron arrête s'il te plait, tenta vainement Hermione appuyée contre l'épaule de Théodore qui avait glissé un bras sur ses épaules en guise de soutien.

Alors que le roux allait tempêter une fois de plus, Severus Rogue prit la parole.

_ Donc, nous savons que monsieur Potter s'est servi du téléphone portable de Draco Malefoy pour vous envoyer un message, monsieur Zabini.

Le métis hocha la tête en signe d'approbation tout en conservant les bras croisés sur sa poitrine.

_ Dans ce message, monsieur Potter indique que monsieur Malefoy les amène à Londres, dit alors Minerva McGonagall. Ça me semble suffisant pour prévenir la police.

Albus Dumbledore prit le combiné et commença une longue explication avec l'agent du poste de police qui se trouvait à l'autre bout du fil. Le professeur Rogue fit signe aux élèves de sortir du bureau tandis que le professeur McGonagall tirait une chaise pour s'asseoir face à son collègue.

Les quatre adolescents n'eurent d'autre choix que de retourner en cours. Théodore et Hermione se dirigèrent vers un cours de mathématiques relativement pointu tandis que Blaise et Ronald gagnait le terrain de sport pour leurs deux heures de badminton hebdomadaires. Après avoir traversé le dédale de couloirs qu'ils connaissaient si bien, les deux adolescents eurent la surprise, au détour de l'un d'eux, de voir un adolescent de leur âge, portant une chemise blanche un peu trop grande pour lui, prostré par terre. Ses cheveux blonds pâles tombaient en désordre sur son front tandis que ses yeux bleus reflétaient une immense tristesse. Ron fut le premier à réagir, écarta le sac bandoulière kaki abandonné à ses pieds et se laissa tomber prêt de lui. Il passa un bras sur ses épaules et murmura des paroles qui se voulaient apaisantes. Bientôt le garçon laissa éclater ses sanglots et Blaise se sentit terriblement impuissant face à la détresse de son camarade.

Le roux qui fit un léger signe de tête pour l'inviter à rejoindre le cours et le métis fila sans demander son reste. A peine fut-il parti que le garçon blond se détacha du camarade qui s'était assis pour le réconforter. Il le fixa avec un sourire franc malgré ses yeux encore rougis par les larmes et la bonté qui émanait de son regard aurait pu faire sauter le cœur de Ron. A cet instant précis, le meilleur ami de Harry Potter se dit que Zacharias Smith était comme un ange tombé du ciel.

Arrivé au tout début de l'année, il avait immédiatement fait fureur parmi les étudiants de Poudlard, d'une part pour sa gentillesse et sa simplicité, d'autre part pour son physique avantageux. Placé dans la classe de Ron et de Draco, Zacharias Smith avait su se faire aimer de tous. Il participait avec animation à un grand nombre d'activités proposées par l'école, que ce soit le club de rugby, qui lui avait permis de rencontrer Harry mais aussi Blaise Zabini ou le club de littérature antique dans lequel il avait fait la connaissance de Hermione et de Théodore. Cette dernière lui avait aussi accordée de nombreuses heures à la bibliothèque pour l'aider à combler son retard en mathématiques et parce qu'il avait scrupuleusement suivi ses conseils, le niveau du petit nouveau était aujourd'hui tout à fait correct. Le professeur Vector ne tarissait pas d'éloges sur les progrès qu'il avait accomplis, se hissant même sur la première marche du podium pour la matière, devançant Draco Malefoy.

Alors, depuis la veille, lorsque c'était ébruitée la rumeur selon laquelle Draco Malefoy était devenu fou à cause de lui, Zacharias Smith avait endossé le rôle du martyr et s'accusait personnellement de l'enlèvement de Harry.

_ Ce n'est pas ta faute Zach', lui répéta encore une fois Ronald en lui serrant affectueusement l'épaule. Malefoy est complètement cinglé et c'est totalement indépendant de ta volonté.

_ Mais… mais si je n'étais pas venu étudier à Poudlard, rien de tout ceci ne se serait produit… Harry n'aurait pas été enlevé, Draco ne serait pas devenu fou, Hermione n'aurait pas été agressée !

_ Honnêtement, ça fait des années que Malefoy est bizarre… Je crois même qu'il l'a toujours été. Depuis que son père l'a envoyé ici, il a toujours été spécial. Tantôt mesquin, tantôt adorable. Il n'a jamais été un modèle de constance et sa violence est légendaire pour tous ici. Quant à Hermione, et bien, elle aurait pu glisser sur la berge du lac, mal se réceptionner et finir à l'hôpital de la même façon. Et Harry, en sortant un samedi soir, aurait très bien pu se faire kidnapper par un détraqué… Tous ces événements, même s'ils sont aujourd'hui liés, sont tous indépendants entre eux et indépendants de ta volonté.

La tirade de Ron parut apaiser l'autre garçon qui esquissa un faible sourire en chassant les dernières larmes qui coulaient le long de ses joues.

_ Et pour Théodore ? demanda-t-il de sa voix claire.

_ Nous ne pouvons rien faire, commença son camarade aux cheveux roux.

Le sourire de Zacharias quitta ses traits pour laisser place à une expression blessée.

_ … mais, poursuivit-il en priant pour que son nouvel ami ne recommence pas à pleurer, nous allons faire tout ce que nous pouvons pour que tout le temps qu'il lui reste à passer avec nous soit inoubliable pour nous tous. Nous le lui devons. Cette année, plus que les autres, Théo est devenu un très bon ami pour chacun de nous. Alors, nous l'accompagnerons jusqu'au bout, tous ensemble, et nous ferons en sorte de nous relever ensemble après son départ. Ce sera sans doute dur pour nous, beaucoup plus pour Hermione, mais nous écrirons l'histoire de Théo avec lui, jusqu'au bout. Parce que si nous ne faisons pas ça, nous ne méritons pas d'être ses amis.

Sa voix se brisa à la fin de son discours et Ron ne tenta même pas de retenir les larmes qui inondaient à présent ses joues. Dehors, la pluie s'était mise à tomber bruyamment.


La bibliothèque de Poudlard était un véritable temple. A la fois pour ceux qui voulaient y travailler et y apprendre de multiples connaissances mais aussi pour ceux qui souhaitaient s'évader de leur quotidien et se laisser bercer par leurs pensées. Aujourd'hui, plus que jamais, Hermione Granger appartenait à la seconde catégorie.

Perdue dans ses pensées, elle regardait la pluie se déverser dans le parc de Poudlard et troubler la surface de l'eau du grand lac sombre. Elle repensait aux dernières paroles échangées avec Théo la veille. Il lui restait moins de cent jours à vivre… Elle retenait ses larmes mais ne pouvait s'empêcher de ressasser le temps passé à s'ignorer, à se disputer, à se bouder, parfois même à se détester. Ils avaient perdu tellement de temps ensemble sur les nombreuses années qu'ils avaient vécues ensemble. Et là, à seulement quelques milliers d'heures de la fin, les sentiments s'affichaient, plus forts que jamais.

Hermione était si malheureuse. Elle avait décidé d'aimer véritablement Théodore et de s'afficher comme un couple avec lui mais elle, qui se montrait si loquace d'habitude ne savait comment lui dire. D'autant plus qu'elle avait plus ou moins esquivé ses avances les années précédentes.

Un peu plus tôt, juste après le cours de mathématiques avancées, Théodore avait dû filer pour un énième rendez-vous chez le médecin. Rendez-vous qui se solderait, comme d'habitude, par une impasse. A chaque fois que le garçon avait parlé avec Blaise Zabini de ces rendez-vous, avec des médecins plus prestigieux les uns que les autres, le même éclat s'allumait dans ses yeux pour s'éteindre lorsqu'il en revenait. Alors, quand il lui avait demandé de l'attendre à Poudlard où il repasserait après son rendez-vous pour qu'elle soit la première au courant, la jeune fille s'était préparée à devoir réconforter son ami. Cependant, comment pouvait-elle réconforter le garçon alors qu'elle-même demeurait dans la tourmente ?

L'horloge murale installée près des poufs du coin lecture de la bibliothèque indiquait pratiquement dix-huit heures. Les cours allaient bientôt se terminer et les élèves rentreraient chez eux. Mais Hermione avait prévenu ses parents que Théodore la ramènerait pour l'heure du dîner. Madame Pince, la bibliothécaire, ne fermait jamais avant dix-neuf heures trente et elle n'aurait pas jeté la jeune fille dehors, même pour tout l'or du monde.

Il était un peu plus de dix-huit heures quinze lorsque Théodore se glissa silencieusement dans la bibliothèque sous l'œil étonné de la responsable qui voyait rarement des élèves venir juste à la sortie des cours, si ce n'était pour rendre un livre oublié. Il s'avança lentement entre les rayonnages, laissant ses doigts courir sur la tranche des livres qu'il aimait tant. Bientôt, il aperçut Hermione, assise sur un pouf mauve, les jambes entre ses bras, la joue appuyée sur ses genoux et le regard vague en direction de la fenêtre.

Il s'approcha d'elle, de plus en plus vite, jusqu'à ce que le bruit de ses pas lui fasse lever la tête. Quand elle le vit, un large sourire illumina son visage triste et elle se leva de son assise pour marcher vers lui. Ils s'étreignirent fort, comme si le fait de serrer l'autre dans ses bras pouvait leur faire oublier tous les problèmes du monde. Peu après, leurs lèvres se rencontrèrent avec passion, scellant secrètement leurs questions les plus pressantes pour ne laisser place qu'à l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Des années d'aventures et pourtant aujourd'hui, tellement de ces petits moments avaient fini par compter. Celui-ci compterait certainement plus que les autres, leur premier baiser resterait gravé dans leur mémoire pour toujours.

Ils restèrent enlacés, cachés au fond de la bibliothèque pendant de longues minutes qui donnaient l'illusion de durer des heures. Ils regardaient par la fenêtre, serrés l'un contre l'autre, espérant voir un éclat de lumière dans le ciel gris et pluvieux et pourquoi pas, un arc-en-ciel.

Finalement, ils finirent par regagner la voiture du jeune homme et il raccompagna Hermione jusque chez ses parents. Le trajet resta étonnement silencieux. Seule la musique classique qui passait sur la station de radio venait troubler le silence de l'habitacle. Au moment où Hermione allait quitter la voiture, Théodore la retint par le bras pour lui arracher un nouveau baiser. Ils restèrent quelques secondes supplémentaires enlacés et lorsque la jeune fille entreprit de ramasser son sac pour rentrer, il avoua enfin ce qu'il avait sur le cœur.

_ Tu sais Hermione, c'est long cent jours.

Elle le regarda sans comprendre et il lut très clairement dans ses yeux qu'elle n'était pas d'accord avec cette affirmation. Il l'empêcha cependant de s'exprimer et continua.

_ … Parfois, c'est même toute une vie.

Ses yeux bruns brillèrent un peu plus comme si elle allait se mettre à pleurer.

_ Et cette vie, toute cette vie, j'ai envie de la passer avec toi.

Les larmes coulèrent sur ses joues lorsqu'elle se jeta dans ses bras.

_ Alors, continua-t-il en lui caressant les cheveux, je ne vais pas te demander en mariage mais je peux te promettre amour et fidélité pour tout le reste de ma vie. Mais surtout, je veux que tu me promettes que lorsque je m'en irais, tu feras tout ton possible pour être de nouveau heureuse. Je veux que tu me le promettes !

Le ton était désormais plus dur mais pas menaçant. Essuyant d'un geste négligé ses larmes, la jeune fille plongea ses yeux dans ceux de son ami.

_ Je te le promets Théo, souffla-t-elle en caressant sa joue de son pouce.

Il ferma les yeux sous ce contact délicat et lorsqu'il les rouvrit, elle avait claqué la portière et s'était enfuie jusqu'au porche de la maison. Elle demeurait immobile, le regardant manœuvrer et s'éloigner dans la cour de la ferme. Lorsqu'il regarda dans son rétroviseur, elle avait disparue.

Il soupira longuement, sachant pertinemment que la jeune fille lui avait menti. Mais, pour la première fois depuis des mois, il sentit son cœur être plus léger.


Tada ! j'espère que ce chapitre, riche en émotions vous a plût :) Qu'avez-vous pensez de Zacharias ? Et de la partie entre Hermione et Théodore ? j'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, je l'ai trouvé assez intense en émotions, du moins beaucoup plus que les autres.

On ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de Draco et de Harry, d'ailleurs avez-vous des hypothèses concernant ces deux personnages ?

Dans quinze jours, nous nous retrouvons pour le dernier chapitre de cette histoire. En attendant, prenez soin de vous et n'oubliez pas de me laisser vos impressions avec une petite review.

Xoxo

Dame Lylith