Alter Ego

Merci à tous et à toutes pour vos reviews, mises en alertes et mises en favoris.

Nous voici arrivé(e)s au bout de l'aventure avec le chapitre final de l'histoire. J'espère qu'il vous plaira, je vous laisse le découvrir ^^

Enjoy & Review !


Draco Malefoy conduisait dans les rues de Londres depuis une bonne demi-heure. Il errait sans but tout en priant secrètement pour ne pas se faire arrêter par des policiers en patrouille. Il ne savait pas ce qu'avait pu faire Harry avec son téléphone et il craignait d'avoir frappé trop fort lors de son dernier « interrogatoire », un peu avant d'entrer dans la ville.

Le garçon brun demeurait étendu sur la banquette arrière, le visage tuméfié et les membres ligotés par de fins fils de fer, trouvés en pleine campagne. A première vue, on aurait pu croire qu'il était mort mais en regardant plus attentivement, on pouvait voir ses côtes se soulever très légèrement, unique preuve de son maintien en vie.

Draco l'avait questionné plusieurs fois mais l'autre adolescent s'était obstiné dans un silence moitié craintif, moitié provocateur. Alors, lorsqu'il lui avait demandé pour la dixième fois ce qu'il avait fait avec son téléphone et que Harry lui avait presque craché au visage, l'héritier Malefoy avait crû devenir fou. Il avait commencé à cogner, animé d'une rage qu'il ne se connaissait pas comme si l'autre garçon était responsable de tous ses problèmes.

Lorsqu'il avait retrouvé ses esprits, le brun agonisait, le visage sanguinolant. Alors, le blond l'avait attaché et s'était remis en route, espérant que l'autre parviendrait à survivre. Lorsqu'il avait franchi les portes de Londres, Draco avait eu un grand trou de mémoire : qu'était-il venu faire ici ? pourquoi était-il allé à Londres ? le garçon n'en savait plus rien. Ainsi, il avait commencé à arpenter les zones touristiques de la ville, espérant retrouver la raison de sa venue dans la capitale.

Alors qu'il s'arrêtait à un feu rouge proche de Piccadilly Circus, l'attention de Draco fut happée par de hautes grilles sur sa gauche.

Au même moment, sur la banquette arrière, Harry Potter reprenait peu à peu ses esprits. Son œil gauche était si gonflé qu'il pouvait à peine l'ouvrir. Il parvint néanmoins à distinguer Malefoy, assis au volant, le regard braqué sur il ne savait quoi.

Le feu passa au vert mais le garçon blond mit un moment à redémarrer ce qui lui valut un concert de klaxons furieux. Il redémarra en pestant et en jetant un coup d'œil dans son rétroviseur, Draco se rendit compte que Harry était réveillé.

_ Alors Potter, tu n'es toujours pas mort ? demanda-t-il d'une voix qui se voulait sûre mais dans laquelle transpirait une certaine inquiétude.

_ Faut croire que non, soupira le garçon aux lunettes.

Sa voix était rauque à cause de l'absence de parole et d'eau.

_ Par contre Malefoy, reprit le brun. Tu ne voudrais pas me détacher ? Tes espèces de trucs de fer me font un mal de chien !

_ Je préfère ne pas prendre ce risque Potter. Je n'ai pas envie que tu t'échappes ou que tu tentes de me faire la peau…

Harry soupira une nouvelle fois. Malefoy était un idiot. Le garçon aux yeux verts avait été surpris lorsque l'autre adolescent s'était rué sur lui quelques heures auparavant. Il avait l'habitude d'en venir régulièrement aux mains avec l'héritier Malefoy lorsque qu'ils étaient à Poudlard, mais il fallait bien avouer que ces bagarres devenaient de plus en plus rares au fur et à mesure que les années passaient.

Or, contrairement aux affrontements habituels, le blond lui avait littéralement roulé dessus. Ses coups étaient plus forts qu'à l'accoutumé et la lueur qui avait animé son regard avait donné à Harry l'envie de disparaître sous terre. C'était vraiment quelque chose de différent. Comme si le garçon blond n'avait pas vraiment été lui-même.

Malheureusement, l'enfance de Harry Potter avait été plutôt violente. Après le tragique accident qui ôta la vie à ses parents, il fut placé chez son oncle et sa tante maternelle. Ces derniers avaient un fils de l'âge de Harry, nommé Dudley. Dudley était un gros garçon capricieux et pourri gâté dont la plus grande joie était de courser, difficilement il fallait bien l'avouer, dans le jardin de ses parents pour le rouer de coups. Et si Harry avait le malheur de se défendre, l'oncle Vernon lui administrait une bonne correction tandis que la tante Pétunia le privait de nourriture.

L'entrée à Poudlard avait été la libération pour Harry. Plus de violence, plus de privations, le brun avait découvert les bénéfices de l'amitié et la joie d'une vie paisible. Mais lorsqu'en quatrième Draco Malefoy était entré dans sa vie, la violence était revenue au galop. Le blond passait son temps à le provoquer et à l'agresser verbalement mais aussi physiquement. La spirale de la violence avait entraîné les deux garçons qui avaient même été exclus plusieurs fois de Poudlard.

La voix de Draco tira Harry de ses pensées.

_ … et voilà qu'on se retrouve encore comme des cons sans savoir quoi faire ! Tu me fatigues ! Je n'en peux plus de toi… Je suis au bout de ma vie ! s'énerva-t-il en frappant violemment sur le volant de la voiture.

_ De quoi tu parles ? questionna le brun d'une voix pâteuse. Malefoy, est-ce que tu parles tout seul ?

_ Non. Laisse-moi tranquille. Je te ramène à Poudlard…

_ Pourquoi tu as regardé ce bâtiment au feu rouge ? C'était ton ancienne école ? Serpentard c'est ça ?

_ Non… C'était un endroit où j'allais souvent avec ma mère quand j'étais plus jeune. Parfois, je devais parler avec un vieil homme très gentil et parfois je devais seulement jouer avec des jouets et des puzzles pendant que ma mère parlait avec ce vieil homme justement.

L'adolescent aux lunettes ne répondit rien. Il comprit cependant que le problème était bien plus profond que ce qu'il pensait puisque des années auparavant, Narcissa Malefoy s'était déjà inquiétée de la santé mentale de son fils. Au début, ça aurait pu juste passer pour une question d'égo, mais finalement, c'était bien plus que ça...


Encore une fois, le bureau du professeur Albus Dumbledore était envahi. Pas moins de dix personnes étaient regroupés dans la petite pièce qui ressemblait vaguement à un cagibi vu la densité de personne à l'intérieur. Les professeurs Rogue et McGonagall demeuraient debout, aux côtés d'Albus Dumbledore, alignés contre le mur du fond, derrière le bureau. Sur la chaise habituellement occupée par le vieil homme aux cheveux argentés, un officier de police était assis, un calepin entre les mains. En face de lui, Rusard était avachi sur l'une des chaises des visiteurs, Ronald Weasley occupait l'autre. Neville, Hermione et Théodore se tenaient près de la porte d'entrée tandis que Blaise Zabini faisait des allées et venues entre le bureau et le couloir pour tenter de joindre Draco Malefoy.

_ Bon reprenons tout depuis le début, soupira l'officier de police en se prenant la tête entre les mains. Quelle est la première étape de toute cette histoire ?

_ J'ai retrouvé le sac sans le garçon à côté, dit Rusard avec un sourire fier.

Le policier commença à griffonner sur son carnet.

_ Je pense que le premier événement de l'histoire est l'attaque dont a été victime Hermione, dit poliment Théodore en remontant les manches de son pull.

L'inspecteur soupira encore une fois, déchira la feuille, la mit en boule et la jeta mollement sur le bureau. Elle rebondit deux ou trois fois et tomba par terre dans un bruit mat.

_ Continuez jeune homme, lui intima-t-il en posant sur lui l'œil qui n'était pas caché par un bandeau de pirate.

_ Il y a de ça une petite semaine, Hermione ici présente, est allée se promener seule autour du lac dans le parc de l'école. Elle a croisé Draco Malefoy qui l'a violemment agressée, la laissant inconsciente dans l'herbe. Des élèves qui ont vu la scène de loin ont alerté les professeurs qui ont prévenu les secours.

_ Comment expliquez-vous la disparition de monsieur Potter ?

_ Je pense que Harry a croisé Draco dans un couloir. Ils ont dû se disputer au sujet de l'accident et Draco a sûrement pété les plombs…

_ D'accord, mais comment ont-ils disparu jusqu'à Londres ou du moins, jusqu'aux environs de Londres ? En se téléportant ?

_ Non, intervint Ronald Weasley. Ils ont pris la vieille voiture de Rusard !

_ C'est impossible, contra le concierge sous l'air atterré de Severus Rogue. Ma voiture est en panne depuis plus de deux ans… Les freins ne répondent plus très bien.

_ Vous ne l'avez pas faite réparer ? demanda Hermione, pâle comme un linge.

_ Pourquoi faire ? je ne l'utilise plus…

Toutes les autres personnes présentent dans le bureau se regardèrent avec un air désespéré.

_ Monsieur Zabini, fit calmement le professeur Dumbledore. Continuez d'essayer de joindre monsieur Malefoy. Si vous y parvenez, dites-lui d'arrêter immédiatement le véhicule.

Le métis hocha la tête et ressortit de la pièce pour tenter de joindre une nouvelle fois son ami.


Draco roulait très vite. Trop vite. Beaucoup trop vite. Il coupait tous ses tournants et n'appuyait jamais sur la pédale de frein. Il ressemblait à un de ces pilotes de rallyes qui font la course sans co-pilotes. Des fous. Des dangers publics. Pourtant, ils terminaient l'aventure souvent entiers. Harry se raccrochait d'ailleurs à cette pensée et fermait les paupières par intermittence, les serrant si fort qu'il en avait mal aux yeux. Parfois, le téléphone du blond sonnait dans le vide-poches mais il n'y prêtait pas attention.

Un grincement inquiétant s'éleva dans l'habitacle de la vielle voiture.

_ Qu'est-ce que c'était ? questionna le brun tout en tentant de maitriser la panique dans sa voix.

A l'avant du véhicule, le blond se contenta de hausser les épaules.

_ Ce n'est pas important.

_ Putain Malefoy ! beugla alors le garçon aux yeux verts. Je ne veux pas crever dans cette saloperie de bagnole !

Il y eut un silence.

_ Je ne veux même pas crever du tout, reprit-t-il dans un murmure. Ramène-nous en vie s'il te plait.

_ De toute façon on est trop jeunes pour crever. On ne peut pas crever maintenant, répéta l'héritier Malefoy comme pour s'en persuader lui-même.

Un nouveau grincement retentit.

_ Ralenti ! hurla Harry. Tu vas nous tuer si tu ne ralentis pas !

Une série de tournants serrés furent négociés par l'apprenti pilote. L'adolescent aux lunettes fut balloté d'arrière en avant et la ceinture de sécurité qui le retenait se tendit brusquement pour l'empêcher de dégringoler de la banquette arrière.

Alors que le blond conduisait toujours à vive allure, un énième grincement, accompagné d'un bruit de chute se fit entendre. Instinctivement, Harry Potter ferma les yeux et agrippa furieusement sa ceinture avec ses mains liées.

Il sentit la voiture s'incliner de façon anormale et après plusieurs chocs qui le sonnèrent sérieusement, rouvrit les yeux. La voiture demeurait écrasée sur le capot dans un champ. A l'avant, Draco demeurait inconscient, le visage ensanglanté. Harry sentit le sang lui monter à la tête, puis il perdit lentement connaissance.


Poudlard était en effervescence. Un camion de pompiers venait de ramener Harry Potter et Draco Malefoy jusque dans l'enceinte de l'école. Albus Dumbledore s'entretenait poliment avec les secours au sujet de l'état des deux garçons. Vraisemblablement, ils avaient eu énormément de chance car la voiture avait enchainé de nombreux tonneaux et ils auraient pu y laisser la vie.

Harry avait profité de l'inattention des secouristes pour retrouver ses amis et leur conter l'histoire qu'il venait de vivre. Hermione lui avait sauté dans les bras, pleurant de tout son saoul contre son torse tandis que Ron lui donnait de grandes accolades viriles dans le dos. Le brun serra poliment la main de Zacharias Smith qui se confondait en excuses. L'adolescent lui fit comprendre qu'il n'en était rien et accueillit avec plaisir l'étreinte de Blaise Zabini.

_ Désolé que mon pote eût été un pauvre con, dit-il d'un ton pompeux dans lequel transparaissait malgré tout une légère rancœur.

Une main inconnue se tendit fasse à Harry et le garçon mit un moment avant de la serrer. Il ne savait trop quel comportement adopter avec Théodore Nott. Lui et Hermione étaient-ils réconciliés ? l'adolescent eut sa réponse lorsque la jeune fille tira l'autre garçon par le bras pour l'emmener un peu à l'écart. Harry ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil et il les vit s'embrasser comme s'ils demeuraient seuls sur terre. Il se tourna alors vers Blaise et Ron qui avaient été rejoint par Neville. Ce dernier s'empressa de serrer le kidnappé dans ses bras.

C'est alors que Harry vit Draco. Son visage baissé vers le sol était toujours recouvert de sang tandis que ses parents se tenaient proches de lui, son père digne et fier malgré les circonstances et sa mère semblait au bord des larmes, tout comme deux policiers. Visiblement le père de Malefoy était en grande discussion avec les deux hommes en uniformes. Au bout d'un moment, sa mère s'éloigna pour aller demander quelque chose à un pompier qui la fit grimper dans son camion d'intervention.

_ Je pense que je vais devoir aller à l'hôpital pour passer quelques examens complémentaires, dit Harry aux trois autres garçons. Je reviendrai sans doute ce soir ou demain matin.

_ Tu veux que je t'accompagne ? demanda Neville avec un sourire bienveillant. Je suis un conducteur très prudent.

_ Je pense que les pompiers vont m'amener mais tu peux venir si le cœur t'en dis.

Les deux garçons s'éloignèrent rapidement, laissant Blaise et Ronald seuls.

_ Quelle histoire ! s'exclama le rouquin en se laissant tomber contre un banc propre. C'est complètement de la folie tout ce qu'il s'est passé…

_ Je suis d'accord avec toi, admit Blaise après un instant de réflexion. Et le pire, c'est que je n'ai rien vu venir… Pourtant je suis le meilleur ami de Draco depuis des années !

_ Ne te blâme pas pour ça, personne n'a rien vu venir… De toute façon, on ne pouvait rien faire pour l'aider. Je pense qu'il a surtout besoin de voir un médecin.

Le métis hocha la tête et un léger silence s'installa entre eux.

_ Et qu'est-ce qu'on va faire pour eux ? demanda subitement Ron en faisant un geste lasse de la main gauche.

Blaise regarda dans la direction indiquée et vit Théodore et Hermione, tendrement enlacés, regardant en direction du grand lac, à l'ombre d'un beau chêne centenaire.

_ Je ne sais pas… On ne peut que les soutenir jusqu'à la fin et après…

La voix du jeune homme se brisa. Il préféra ne pas continuer.

_ Après, on sera là pour réparer ceux qui restent, lâcha Ronald en s'étirant. Après on sera là pour Hermione parce que, plus que jamais, elle aura besoin de nous. En attendant, tâchons de profiter de tout le temps qu'ils nous restent à passer tous ensemble…

Les deux garçons laissèrent le silence les envelopper une nouvelle fois, comme une couverture imperméable, et même s'ils ne se regardèrent pas, chacun pouvait deviner chez l'autre les larmes qui coulaient librement sur leurs joues.


Et voilà, c'est le clap de fin pour cette histoire qui signe mon grand retour sur FF…

J'espère qu'elle vous aura plût, que vous aurez bien compris l'histoire et les émotions que je tentais de faire passer. Je ne suis pas sûre à cent pour cent d'avoir bien réussi avec le personnage de Draco et son dédoublement de la personnalité, donc laissez-moi vous apporter quelques explications :

Dans le premier chapitre, les terminales sont tous ensemble pour la réunion de rentrée. Lorsque le nouvel élève est présenté, il s'agit donc de Zacharias Smith, Draco se déconnecte de la réalité et voit Cato Hardravers, personne de SON imagination qui n'existe pas. Au second chapitre, lors de la scène dans les toilettes des garçons, Blaise parle avec Zacharias et non pas avec Cato. Pendant la fête chez Olivier Dubois, Zacharias n'est pas présent. Personne ne drague Hermione qui divague légèrement sur la terrasse à cause de l'alcool. Draco imagine voir Cato draguer la fille dont est amoureux Théodore. Le lendemain, lorsque Draco pense embrasser Cato, il embrasse en fait du vent. C'est son esprit qui invente le garçon, comme une version idéalisée de lui-même. Pour l'attaque d'Hermione, personne n'est venu lui proposer de faire le tour du lac. Elle l'a décidé seule et Draco s'est jeté sur elle froidement, lorsqu'elle est arrivée à sa hauteur. Aussi, concernant la discussion lors du trajet en vélo entre Hermione et Cato, elle n'existe pas. C'est Drago qui s'est inventé toute cette histoire. En vérité, la jeune fille faisait le trajet tous les matins avec Zacharias mais ils n'ont jamais eu une telle discussion.

J'espère que ça vous aidera à mieux comprendre.

Je vous remercie tous et toutes de m'avoir suivie et lue tout au long de cette histoire. J'espère vous revoir bientôt sur une autre histoire (Escape, Sang et Rêve, Cours, Espère sont d'ailleurs en cours si le cœur vous en dit) sinon je reviendrai en 2018 avec de nouveaux projets.

Je vous invite donc à me laisser une dernière review pour me donner vos impressions sur l'histoire. J'hésite d'ailleurs à remplacer le nom de Cato par celui d'un personnage de HP pour faire basculer l'histoire dans le fandom de Harry Potter. Que pensez-vous de cette idée ?

En attendant, prenez soin de vous et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !

Xoxo

Dame Lylith