Chapitre II :

D. Elle ne me répondit pas, alors je tournais la tête vers elle et regretta tout de suite mes mots, car elle ne bougeait plus et se contentait de me regarder tristement. Je lui souris comme pour m'excuser et elle me le rendit, comme pour me montrait qu'elle ne m'en voulait pas. Mais je me doutais que c'était à elle, qu'elle en voulait.

- Comment je vais faire si je n'arrive pas à me contrôler ? me demanda-t-elle en changeant de conversation, pour notre plus grand plaisir, à tous les deux.
- Tu y arriveras. Nous seront là pour t'aider.
- Stefan me déteste, murmura-t-elle comme pour elle même.

Je dépliais mes bras et elle vint se loger dans ces derniers presque instinctivement. Je lui caressais doucement les cheveux,fixant toujours le plafond. C'était plus fort que moi, j'avais cette envie de la protéger mais je n'avais pas de mots pour la réconforter. Je n'étais pas douée pour ça. Je resserrais alors mon emprise autour elle et je la sentis frémir. Avait-elle froid ? Ou étais-ce moi qui lui faisais cet effet là ? Auparavant son cœur aurait battu la chamade de se retrouver aussi près de moi... Et maintenant qu'il était éteint, son corps continuait de me prouver que j'avais encore une chance de la garder pour moi. Même si elle avait choisi Stefan quelques heures plus tôt. J'aurai dû lui dire que non, il ne la détestait pas, mais moi-même je n'en étais pas sûre ou bien même, j'aurai dû me réjouir de la situation qui semblait tourner en ma faveur. Mais non, je ne pouvais m'empercher de m'inquiéter pour elle. J'irai parler à Stefan dès qu'il rentrerait, il fallait à tout prix que j'éclaire la situation et qu'il fasse un effort. Elena aurait besoin de lui.


E. J'aurais voulu pouvoir lui dire ce que je ressentais à ce moment. Que je me sentais bien, que ça présence et ses caresses m'apaisaient. Que tout ce que nous avions vécu comptait pour moi, mais au lieu de ça, je me serrais un peu plus contre lui. Il embrassa tendrement mon front et descendit ses doigts dans mon dos. Un long frisson me parcourut comme si tout ce que je ressentais était multiplié. Était-ce cela, que de devenir un vampire ?

Je passais ma main sur son tors... Sa chaleur me faisait un bien fou. Pourquoi était-il si brûlant alors que j'étais glaciale ?

Il reprit ses caresses sur les cheveux et je fermais les yeux sous le plaisir qu'il me procurait. Peu à peu le noir s'installa et je me sentis partir. Ses bras chauds dans lesquels j'étais, me rassuraient. Tous nos souvenirs défilaient dans ma tête. Je ne pourrais plus jamais en oublier aucun. Il était devenue tout ce dont j'avais besoin et j'avais été tellement dure avec lui. Tellement méchante, parfois. J'eus le temps de lui chuchoter un léger "merci" et m'endormis complètement sereine.


D. Je sentais sa respiration devenir plus calme et lorsque je rouvrais les yeux, les siens s'étaient fermés et elle ne bougeait plus. Je passais vingt bonnes minutes à continuaient à caresser ces cheveux puis ses joues et l'admirer sans pouvoir me décrocher de ce visage d'ange et ce corps de rêve. Elle dormait à poing fermé et semblait enfin détendue. Ses petites mains étaient accrochées à ma chemise et ne semblaient pas vouloir lâcher. Une de ses jambes était passée sur les miennes et la chemise que je lui avais prêté remontait un peu trop haut. Je passai ma main sur son corps et la rabaissais... Je ne voulais pas abuser du fait qu'elle dorme.

Un bruit de porte qui claque me sortis de ma contemplation. Stefan était revenu. Je me dégageais alors tout doucement de son emprise et la recouvrais de la couverture. Avant de descendre à vitesse vampirique. Il était en train de se servir un verre de bourbon.

- Elle dort, annonçais-je en croisant les bras et m'adossant au mur.

Il m'ignora complètement et s'affala sur notre canapé. Je me servis également un verre, fixant un instant le liquide marron dans le fond du verre, avant de le porter à mes lèvres. La sensation d'être ivre, était une des choses qui me manquait le plus, parfois.

- Il va falloir que tu m'expliques à quoi tu joues, avec Elena, continuais-je en me retournant face à lui.

Je n'avais toujours aucune réponse et je n'allais pas passer la nuit à lui faire cracher le morceau, alors que je pouvais être avec elle. Je détaillais son visage, les traits familiaux que je connaissais par coeur. Comment en étions nous arriver là ? Remplis d'autant de haine que d'amour l'un pour l'autre ? Mon petit frère, celui que j'avais toujours tenté de protéger, celui pour qui j'avais pris tant de coups. Comment une femme avait-elle pu se placer entre nous de la force ? Peut importe. Je bus mon verre cul sec.

- Comme tu voudras. Je ne vais pas te forcer à parler, alors que je pourrais me trouver en meilleure compagnie... Lançais-je froidement et lui tourna le dos, prêt à repartir d'où je venais.
- Je ne peux plus... Répondit-il enfin avec son fameux air déprimant.

Je soupira brièvement. Moi qui m'étais fait à l'idée que j'allais pouvoir retourner dormir avec elle... Je le rejoins tout de même sur le canapé. Après tout, il rester mon petit frère et jusqu'à présent, Elena était toujours sa copine.


S. Je ne comprenais pas pourquoi il faisait tout ça pour moi, lui qui était censé être le « méchant » non ? Il avait toujours veillé sur moi comme un grand frère ce le doit et là encore, il le faisait. Il voulait m'aider dans ma situation avec Elena, alors qu'il l'aimait lui aussi et malgré toutes ces années, il restait présent pour moi. Mais... j'étais éreinté, épuisé et fatigué ce soir, après avoir réconforté tout le monde, sauvé Matt et nettoyé le carnage humain, d'il y a une heure. D'après Matt, Elena m'avait choisi comme je l'avais choisi, pour ce qu'elle était... Pas pour ce monstre sanguinaire qu'elle avait été ce soir. J'étais déçu et affaibli. J'avais encore fait le justicier alors que cette fois, je n'avais pas fait le bon choix. Je l'aurai sauvé elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Damon me regardait, m'incitant à poursuivre.

- C'est un monstre, repris-je, abattue.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi. C'est un jeune vampire et c'était sa première proie ! S'énerva-t-il subitement.
- Un être humain ! Et tu as vu l'état du corps, après ? Ce n'était pas qu'un simple meurtre, le corps était en charpie ! M'énervais-je à mon tour en me levant brusquement.
- On parle d'Elena ! Cela ne se reproduira pas, c'était une erreur comme on en fait tous !

Ses lèvres s'ouvrirent un peu plus, mais il s'arrêta là et je devinais parfaitement qu'il n'avait pas jugé nécessaire de me rappeler mes propres erreurs. Cependant, son simple regard en disait long. Très long... Et il n'avait pas tort sur ce point. J'avais commis bien pire avec Klaus et même avant lui. Le nombre de gens que j'avais pu assassiner était bien pire que ce qu'elle avait fait ce soir... Et effectivement on parlait d'Elena, mais je n'étais plus sûr de la reconnaître...

- Mais il n'y a pas que ça... Continuais-je un peu plus calmement.
- Katherine n'est pas ? Demanda-t-il, sur un ton glacial.

Ses yeux me jetaient des éclaires. J'avais touché un point sensible. Je hochais la tête prudemment, mais n'eut même pas le temps de répondre, qu'il reprit la parole.

- Comment peux-tu la confondre avec cette garce ? Elle n'a rien à voir avec elle ! Elena a besoin de toi pour apprendre à se contrôler !
- Sans moi, je ne peux pas, soufflais-je en tournant les talons.
- Tu n'es vraiment qu'un con Stefan ! Tu veux que je te dise ? Tu ne mérites pas le respect et l'amour qu'elle te porte ! Tu ne mérites pas une fille comme ça ! Klaus t'a vraiment changé ! Tout ce que tu mérites, c'est de croupir avec cette garce de Katherine. C'est la seule que tu mérites !

Sa dernière phrase me fit sortir de mes gonds. Je ne pouvais plus me contrôler. J'étais déjà à bout mais là, s'en avait été trop. Je me retournais et envoyer mon poing frapper violemment dans son visage. Il recula, titubant d'un ou deux pas et je regrettais de suite mon geste. Il avait pris pour toute la colère que je gardais en moi alors qu'il était venu m'aider. En parlant de Katherine, je savais que je jouais à un jeu dangereux et en comparant Elena à elle devant lui, j'avais dépassé les bornes. Je savais que cette manipulatrice l'avait fait souffrir. Elle avait été son premier amour et je lui avais froidement pris. Il se redressa et me lança un regard déçu et désolé à la fois, sa pommette saignait. Il ne m'en voulait même pas. Moi oui.


D. Stefan avait changé et même si Elena continuait de croire qu'il est redevenu le gentil Stefan, la rage que Klaus lui avait rendu ne partirait pas avant un moment. Stefan resterait Stefan et l'éventreur qui était en lui y resterait pour toujours. Après l'avoir dévisagé longuement, je tournais les talons, sans un mot.

- Je ne t'en veux pas pour Elena, tous ce qui s'est passé entre vous et le reste. Je t'ai pris Katherine, ça n'est pas excusable.

Je me retournais finalement une dernière fois et le toisais de haut en bas. Il n'avait strictement rien compris. La chose n'était pas comparable et il valait mieux que je file avant de m'énerver pour de bon. Je ne lui en voulais plus depuis un moment, pour Katherine. Mon amour pour elle était mort et enterré et j'avais compris qui elle était vraiment. J'avais passé plus de cent ans à chercher une femme qui ne m'avait pas aimé. Il m'avait rendu service, après tout, m'évitant de devenir son jouet plus longtemps.

- C'est moi, qui devrais t'en vouloir.

Sur ces mots, je montais les escaliers et le laissa seul. Il ne méritait plus que je me préoccupe de son sort. Frère ou pas frère, Stefan était devenu quelqu'un de stupide.


E. Je les avais entendu crier à mon sujet, ce qui m'avait réveillé, puis j'avais entendu un bruit lourd comme un coup qui m'avait on ne peut plus affolé. J'avais voulu descendre, mais avec ma nouvelle ouïe de vampire que j'avais essayé de manier pour la première fois, j'entendais des paroles plus basses et Damon ôt, je courrais jusqu'au lit, pour me glisser dans les draps, comme si je n'étais pas entrain d'écouter à la porte un peu plus tôt... Il me jeta un regard désolé, m'accorda un faible sourire et fila dans sa salle de bain. J'aperçus difficilement une petite trace de sang sur sa pommette et je ne pus m'empêcher de m'en vouloir. C'était ma faute, s'ils s'étaient disputés.

Il voulu fermer la porte de la salle de bain derrière lui, mais en quelques secondes j'y étais et retiens la porte. La tête me tourna aussitôt et je agrippais à la porte un peu plus fort. Si j'arrivais à utiliser l'ouïe, la vitesse restait pour moi difficile à contrôler. Je me tins à cette dernière et entrais en reprenant mes esprits, secouant vivement la tête. Il se retourna et me regarda, un air à présent amusé sur le visage avant de venir me tenir le bras pour me guider jusqu'au lavabo.

- Doucement ! Je ne suis pas loin, je ne vais pas te manquer en si peu de temps...
- Wow... Ça va trop vite pour moi...

Je pris la serviette qu'il avait dans les mains, la mouilla et essuya moi-même la petite trace de sang sur sa pommette. La plaie était déjà cicatrisée et lorsque j'eus fini, je m'aperçu que j'avais maladroitement mouillé sa chemise avec. Un frisson me parcourut en raison de ce contact froid sur ma peau qui s'était réchauffé pendant mon sommeil. Rapidement, je la déboutonnait et la jetait dans la petite corbeille noire de linge sale, puis relevais les yeux vers lui.

- Je suis désolée, c'est ma faute si vous vous êtes énervés...

Il me coupa en posant son pouce sur ma bouche, ses yeux parcourant mon corps peu vêtue du regard... Son doigts glissa jusqu'à ma joue et la caressa tendrement une nouvelle fois. Les secondes semblaient s'écouler à une lenteur indescriptible et le temps défilait différemment alors qu'il approcha doucement mon visage du sien...


D. Son visage n'était qu'a quelques centimètres du mien et j'avais une envie incroyable de l'embrasser. Elle était si douce avec moi... J'aperçu son regard se poser sur mes lèvres et une bouffée de chaleur me submergea... En avait-elle envie, elle aussi ? Son doux regard de biche remonta jusqu'à mes yeux, alors que le pouvait sentir toute la tension parcourir son corps. Elle était si belle, si merveilleuse. J'aurais voulu l'embrasser passionnément et lui dire à quel point je l'aimais, à quel point j'étais dingue de cette fille...

Je m'approchais encore, mais déposa finalement un baiser sur son front. Lent et doux. Je n'avais aucune envie de me décoller d'elle, m'adviendrait-il si je venais à l'embrasser ? Et si elle n'en avait plus envie...? Je ne voulais rien gâcher et l'avoir près de moi était déjà un cadeau formidable. Lorsque je me décollais enfin d'elle, elle me fit un de ses plus beaux sourires, qui me faisaient tant fondre.

- Allez. Au lit princesse, il est déjà très tard, lui murmurais-je en la portant jusqu'au lit.

Elle éclata de rire... Son si beau rire... Je donnerai tout pour l'entendre rire et la voir sourire chaque jours du reste de mon existence. Je la déposais délicatement sur les draps frais, alors qu'elle riait encore.

- Je vais mouiller tes draps, je me suis trempé !
- Déshabilles-toi pour dormir.

Je lui répondis naturellement sans penser à mal. Mais je vis à son regard perplexe que ce n'était pas une bonne idée. Effectivement, la faire dormir avec moi, complètement nu n'était pas une idée raisonnable. Elle haussa un sourcil et au moment où j'allais lui dire de laisser tomber elle me répondit :

- Tourne-toi alors.
- Quoi ? Demandais-je stupéfait.
- Tourne-toi, le temps que je les enlève, répéta-t-elle le sourire aux lèvres.

Je m'exécutais surpris. Elle avait donc suffisamment confiance en moi pour dormir à nue dans mon lit... Je ne vais pas cacher que je mourrai d'envie de me retourner pour la regarder, mais par respect je ne le fis pas et me contenta de déboutonner ma propre chemise pour lui tendre, à l'envers. Hors de question de gâcher une si belle nuit à ses côtés. Ses doigts fin frôlèrent les miens lorsqu'elle la saisis et un bruissement de draps me fit comprendre qu'elle était dedans.

- C'est bon, me répondit-elle joyeusement.

Lorsque je me retournai elle était dans mes draps, assise, la couverture sur ses jambes, bras appuyé derrière elle, le sourire aux lèvres. Cela me décrocha un sourire aussi, depuis que je l'avais fait rire, elle semblait heureuse et ne se souciait plus de Stefan ou bien des autres problèmes qui pourraient suivre.


E. Il vint s'allonger auprès de moi et je me tournais pour le regarder. Il était pensif et fixait le plafond. Il m'avait fait tant rire quelques minutes auparavant. Je m'installais confortablement et l'admirais quelque temps avant qu'il ne tourne la tête vers moi et me souris. Nous avons parlé un moment, du fait qu'il allait s'occuper de moi et prendre mon "éducation de vampire" en main, m'apprendre à contrôler ma faim et mes nouveaux "pouvoirs". Peu à peu je me rendormais, paisible... Il caressa ma joue et mes yeux se fermèrent. Ce fut le noir complet, je sentis ses lèvres au coin des miennes et je souris une dernière fois en me laissant glisser dans le néant.