Chapitre III :

E. - Il faut que tu sache, Stefan ne nous a pas trahis. Il avait une bonne raison.
- Quoi ?
- Il a sauvé Klaus pour me sauver. Il a volé les cercueils pour se venger.

Tout se bousculait dans ma tête, l'homme que j'aimais, n'était pas un traite... Il avait sauvé son frère. Damon s'éloigna prêt à partir mais je ne comprenais rien.

- S'il a fait ça pour te protéger... Pourquoi il ferait ça ? Oh, qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ce que ça veut dire ? Que je suis un idiot. Pendant un instant j'ai cru que je ne me sentirai plus coupable.
- De quoi tu parles ? Coupable de quoi ?

Il s'approcha à nouveau de moi, me fixant droit dans les yeux, le regard rempli d'amour et de tendresse mais aussi de regrets et d'envie.

- De vouloir ce que je veux.

J'avais compris, il parlait de moi... Il me voulait moi... Comment lui dire que cela était impossible... Je ne voulais pas lui faire de mal... Mais j'aimais Stefan et c'était pour lui que je voulais me battre. Je l'aimais de tout mon cœur. Je le fixai à mon tour et mon regard dérapa sur ses lèvres. Ce que j'éprouvais pour Damon était purement physique. Avec Stefan, ça allait bien plus loin. Il s'était toujours occupé de moi. Il ne m'avait jamais laissé tomber.

- Damon...
- Non, je sais, crois-moi j'ai compris. La copine de mon frère et tout..

Il s'éloigna après avoir fixé mes lèvres avec la même envie que la mienne, si ce n'est plus forte. Je n'avais aucune envie qu'il s'éloigne... Puis il s'arrêta, se retourna et me dévisagea avant de prononcer:

- Non, non, tu sais quoi ? Si je dois me sentir coupable, ce sera pour ça.

Il s'approcha de moi rapidement et m'embrassa. Le contact de ses lèvres contre les miennes réchauffa tout mon corps. Ses mains se posaient sur mes joues ce qui me produisait tant de bien. J'attrapai ses poignets, je ne voulais pas que ce baiser cesse. Mon cœur s'emballa et battit à tout rompre. J'aurais voulu le retenir encore un peu plus contre moi mais il se recula, me fit un tout faible sourire et prononça "Bonne nuit Elena" avant de disparaître dans la nuit sombre. Seigneur que penser, j'avais tant désiré ce baiser... toute ma tête tourbillonnait. Finalement... Quels sont mes sentiments pour Damon ? Je ne suis plus sûre de rien.


D. Je ne dormais pas. À vrai dire j'avais très peu dormi... J'avais essayé de faire le point. Je n'avais plus qu'elle. Alaric, mon seul ami était mort et Stefan... N'en parlons pas. Le Stefan qui était mon frère n'était toujours pas revenu et comme je n'arrivais pas à dormir, j'avais été voir Bonnie afin qu'elle lui confectionne une bague. Heureusement, je n'avais pas croisé Caroline... Cette dernière aurait insisté pour la voir, alors que Bonnie comprenait bien qu'il fallait d'abord qu'elle se maîtrise. Je la vis ouvrir tout doucement ses belles paupières rosées, elle regarda partout autour d'elle. Puis son doux regard se posa sur mon torse nu, puis son regard remonta pour venir se planter dans le mien. Et elle rougit en détournant le regard.

- Que se passe-t-il ? Je suis si beau que ça ? Plaisantais-je en lui relevant la tête vers moi.

Elle rougit de nouveau si ce n'est plus et elle ouvrit la bouche comme pour parler mais aucun mot n'en sortit. Elle me regarda de haut en bas encore une fois avant de replanter ses prunelles noisettes dans les miennes.

- J'ai rêvé de nous...

Je m'attendais à tout sauf ça, je devais bien l'avouer. Je restais sans voix un instant, me remettant de la claque mentale que je venais de me prendre. Que répondre à ça ? Combien de fois avais-je moi-même rêvé d'elle...

- Je veux dire de la fois où tu sais... Tu m'as embrassé... la première fois... reprit-elle légèrement gênée.

Elle rougissait à vue d'œil et pour un peu plus, moi aussi. Je ne pus retenir un sourire béat à ce souvenir. Je me rappelais de chaque instant. Ses lèvres fines sur les miennes, son petit cœur encore humain qui s'affolait et sa respiration accélérée. Ses petites mains douces et tendres encerclant mes poignets...


E. Avais-je bien fait de lui en parler après tout ? Il ne parlait plus, ne prononçait plus un mot. Le silence régnait. Il semblait perdu dans ses pensées. Je me levais alors, un peu confuse et partis récupérer mes vêtements d'hier. Ce n'est qu'arrivant dans la salle de bain que je me rendis réellement compte de ma "tenue"... J'étais toujours dans sa chemise. Je rougis de honte cette fois. Seigneur... Je passais nerveusement la main dans mes cheveux et enfilait rapidement mes vêtements. Il fallait que je rentre chez moi. Je voulais voir Jérémy et mes autres amis. Lorsque je sortais de la salle de bain, Damon n'avait pas changé de position. Les mains derrière la nuque, il regardait le plafond.

- Il faut que je retourne chez moi, annonçais-je en attachant mes cheveux, sortant de la chambre.

Immédiatement il tourna la tête vers moi et se leva, l'air franchement contrarié, tandis que je descendais les escaliers quatre à quatre.

- Pas maintenant, je pense qu'il faudrait que tu t'éloigne un moment, le temps que tu arrives à te contrôler.
- Non, c'est hors de question. J'y vais. Je ne vais pas rester cloîtrée Damon.
- D'accord, essaye de sortir, répliqua-t-il un sourire en coin, du haut des escaliers.

J'avais à peine ouvert la porte que les rayons du soleil me brûlèrent les doigts, m'arrachant un petit cris de douleur et de surprise. Je refermais immédiatement.

Ah... J'avais oublié ce détail.


D. - Donne-la-moi ! S'énerva-t-elle.

Je lui souris naïvement. Son énervement me rappelait le mien au début de ma transformation. La bague dont je venais de lui parler trônait au creux de la main, l'empêchant de la saisir tandis que je me servait un verre de bourbon de bon matin. Durant un instant, je le sirotais en la regardant avec un petit sourire amusé, tandis qu'elle s'impatientait clairement. J'aurai pu faire durer ce petit jeu un moment, mais je fini rapidement par prendre sa main qu'elle avait posé sur ses hanches et lui enfiler la fine chevalière. Elle leva tendrement les yeux vers moi. J'avais réussi à la calmer. Du moins pendant un court instant, car elle voulut repartir aussitôt, oubliant que je tenais toujours fermement sa main dans la mienne. Je la retournais vite face à moi et elle me dévisagea avec une expression entre la colère et l'étonnement.

- Sois prudente. S'il y a quoique ce soit, appel moi.

Elle acquiesça et avança jusqu'à la porte, puis se stoppa une fois sa main sur la poignée. Finalement, elle se retourna et plongea ses yeux noisettes dans les miens, avant qu'un sourire n'étire finement ses lèvres tentatrices.

- Merci Damon.

Je me contentais d'un bref sourire, avant de reporter mon verre à mes lèvres, me détournant rapidement. Pendant une fraction de seconde, j'avais perçu dans sa voix, toute la tristesse du monde. Ce n'était pas un simple merci. C'était un merci, qui annonçait la fin de ce moment privilégier entre elle et moi.


E. J'avais pu m'entrainer à ma nouvelle vitesse pour retourner chez moi. J'avoue être tombée plus d'une fois et avoir eu très envie de vomir à l'arrivée, mais je me sentais tellement libre... Je contemplais ma maison et ouvrais la porte d'entrée en vitesse, avant de me cogner brutalement contre un mur invisible. Je ne pouvais pas entrer. J'appelais Jérémy en criant aussi fort que je le pouvais et il arriva immédiatement, se stoppant net en me voyant, avant de me rejoindre pour me serrer dans ses bras si fort que si je n'étais pas devenue vampire, il m'aurait étouffé.

- Elena ! Mais c'est miraculeux ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Viens me raconter ! S'exclama-t-il en rentrant à l'intérieur, tirant sur ma main qui ne passa pas le pas de la porte.
- En fait... Je ne peux pas entrer... avouais-je, honteuse.

Il se retourna brusquement et me regarda de haut en bas. Je pouvais voir la peur dans ses yeux. Pourvu qu'il ne réagisse pas comme Stefan... Mon Dieu, pitié, pas ça...

- Ne me dis pas que... Enfin... Comment c'est possible...

Il semblait paniqué et j'aurais voulu le serrer dans mes bras pour le rassurer mais je ne pouvais toujours pas entrer.

- Je t'expliquerai, une fois que je serai rentrée.
- Oui, bien sûr... Entre. Excuse moi.

Je m'exécutais et fermais la porte dernière moi. L'odeur familière de la maison ne m'avait jamais paru aussi puissante... Nous nous installâmes dans le salon et je lui expliquais toute l'histoire. Le pourquoi j'étais un vampire, la réaction de Damon, celle de Stefan, mon premier meurtre... Je pouvais voir que ce passage le dégouttait, bien qu'il m'était impossible de lui cacher une chose pareille... Je poursuivais donc avec ma culpabilité, ma bague et ma nuit avec Damon. Il m'écouta attentivement et lorsque j'eus fini, il me lança un sourire des plus triste.

- Au moins, tu es encore là, toi.

Je me levais pour serrer fort mon petit frère dans mes bras. Oui j'étais encore là et je le serai pour longtemps. Je lui murmurais que je ne l'abandonnerai jamais et il me serra encore plus fort. Rapidement, je cachais mon visage dans son cou, glissant les doigts dans ses cheveux... Mais son odeur humaine, me chatouillait les narines. Je sentis mes mâchoires se serrer et... Non ! Hors de question ! Je filais aussitôt dans ma chambre, lui lançant un « Je vais me doucher » discret auquel il répondit qu'il allait faire du café. Je m'écoulais dernière ma porte, respirant profondément pour me calmer... Et si Damon avait raison ? Et si je m'en prenais à lui ? Seigneur, non ! Je me levais afin de réellement prendre une douche, espérant réchauffer mon corps de nouveau gelé.


J. J'entendais Elena sortir de la douche. À première vue, elle n'avait pas l'air si différente... Je ne pouvais nier le choc, lorsqu'elle m'avait annoncé ça, mais ma soeur était tout ce qu'il me restait... J'ai perdu beaucoup, si ce n'est pas tous mes proches. Un par un et la perdre pour de bon n'aurai pas été supportable. J'avais bien écouté ce qu'elle m'avait dit, ses peurs et tout le reste. Même si j'avais eu une légère envie de vomir au moment où elle m'avait parler de sa victime, j'étais resté à l'écoute pour ma sœur. Damon avait vraiment changé, il était loin du sale con qui m'avait brisé la nuque. Il prenait soin d'Elena et rien que pour cela je me devais de lui pardonner. Cependant, j'étais plutôt en colère contre Stefan. Combien de fois l'avait-il fait souffrir ? Je n'avais jamais réellement apprécié ce mec... Quoi qu'il en soit, je n'avais pas à me mêler de ses choix. Pour moi, elle n'avait rien à faire avec un vampire... mais maintenant elle était l'une d'entre eux., tout était différent. Il faudrait que je m'y fasse.

- Bou !

Je me retournais d'un coup, sursautant de plus belle. Je ne pus m'empêcher de sourire de la voir rire aux éclats de ma peur. C'était bel et bien ma sœur et personne ne la changerait, même pas une transformation. Je lui servis une tasse de café et m'en servis une également, avant de réagir en la voyant grimacer.

- Ah oui... J'avais pas pensé... Tu n'en veux pas ?
- Si si, je vais essayer. Damon boit bien de l'alcool.

Je la vis porter la tasse à sa bouche pendant que je savourais mon café chaud. Son visage crispé se desserra et elle finit sa tasse d'une traite, me faisant signe de la resservir. Elle devait donc aimer ça, je présume ? Je prenais sa tasse, m'exécutais et lui tendais de nouveau. Elle resta un instant bloqué sur mon poignet et se retourna s'adossant à la table et cachant son visage dans ses mains, avant de glisser ces dernières dans ses cheveux, détachant ces derniers pour venir masser sa tête douloureuse. Je comprenais très bien ce qui se passait, je n'étais pas idiot... Mais je n'avais aucune peur vis-à-vis de ma sœur. Je m'en voulais plutôt, de l'avoir tenté ainsi, j'aurai dû faire attention.

- Je peux faire quelque chose ? Demandais-je, inquiet

Je contournais la table, attrapa ses mains et les retira. Son visage était semblable à celui de Katherine, c'est vrai... Si ce n'est qu'elle avait l'air d'en souffrir et pas d'apprécier la chose. Je lui pris le visage entre mes mains et lui souris aussi tendrement que possible. Son visage me rappelait tant celui d'Anna... Les veines sous ses yeux disparurent peu à peu et je la pris dans mes bras. Elle posa son front sur mon épaule et respire lentement, mais alors que je sentais son visage se relever vers mon cou, elle me poussa violemment en arrière, si bien que j'en tombais au sol. Elle se retourna de nouveau et s'appuya sur la table, avant de la faire valser. Ok, j'étais peut-être un peu inquiet, tout compte fait. Elle se retourna face à moi, chuchota un « je suis désolée » et fila en quelques secondes. Tout cela était ma faute, elle devait terriblement s'en vouloir mais j'avais été stupide de la prendre dans mes bras si tôt. Elle restait fragile. Je m'en voulais tellement, j'aurais voulu passer plus de temps avec ma sœur.


D. Alors que je me servais de nouveau à boire, une présence se fit sentir dernière moi et lorsque je me retournais, Elena s'écroula dans mes bras. Elle étouffa de longs sanglots, serrant ses poings contre moi... Mon Dieu que s'était-il passé... ? Je reposais mon verre et la serra fort dans mes bras, tentant par tout les moyens possible, de la détendre, au maximum. Au bout de dix minutes, elle commença à se calmer et pu la repousser doucement afin de pouvoir regarder son visage, plantant mes yeux dans les siens. Pas la moindre tache de sang pourtant, elle essuya ses yeux. Elle portait un petit gilet violet et un jean prune très sombre, le tout s'accordant tristement avec les deux cernes fixés sous ses beaux yeux tendres. Je pouvais facilement deviner à ses cheveux qui étaient tous emmêlés et décoiffés qu'elle avait dû courir jusqu'ici sans s'arrêter... Je voulus m'approcher de nouveau mais elle se recula et me regarda droit dans les yeux...

- Je suis un monstre Damon, j'ai.. J'ai failli lui faire du mal ! T'avais raison, je suis incontrôlable ! Je suis un monstre !

Elle passa une main sur ses yeux, afin d'essuyer ses larmes, continuant de trembler comme rarement, puis se tourna d'un quart, regardant le plafond pour cesser de pleurer. J'entrouvris la bouche pour la réconforter, mais aucun mot ne sortait. Je n'étais décidément pas doué pour ça. Pourtant j'avais tellement mal de la voir ainsi. Je me haïssais intérieurement de ne rien pouvoir faire de plus que poser une main sur la sienne. J'avais l'impression de ressentir toute sa douleur et toute sa peur. Je souffrais tellement d'être impuissant face à ça.


E. - On devrait partir... Tu avais raison pour l'éloignement... On devrait partir un moment, lui annonçais-je après de longues réflexions.

- Elena, ce ne sera que toi et moi...

Je vis ses yeux se mettre à briller. Ce n'était pas compliqué de voir qu'il s'en voulait et qu'il avait mal pour moi. Comme s'il était responsable... Si seulement je l'avais écouté. Je pouvais lire dans son regard terne et triste à quel point il souffrait autant que moi.

- Alors ce ne sera que toi et moi, chuchotais-je avant de fondre de nouveau dans ses bras, le serrant contre moi avec toute la force que je possédais.

L'avoir contre moi m'était devenu vital... Je posais doucement ma tête dans le creux de son cou et frissonnait à son contact, lorsqu'il glissa ses mains dans le creux de mes reins. Ses mains étaient fraîches et faisaient un bien fou sur mon corps brûlant. Glacial, brûlant... Quand retrouverais-je une température ordinaire ? Ordinaire... Un mot qui n'allait visiblement plus jamais faire parti de mon vocabulaire.

J'aurais pu rester ainsi une éternité... Il remonta sa main droite jusqu'à ma nuque, passant sous mes cheveux, m'attirant un peu plus contre lui. Je sentis les doigts de sa main gauche passaient lentement sous mon gilet pour caresser ma peau, il enfouit lui aussi son visage dans mon cou et me rapprocha encore de lui. Sa main gauche complète était collée à ma peau et brutalement une vague de chaleur me submergea. C'était comme si chaque cellule de mon corps ressentait son contact, comme si jamais personne n'avait encore posé les mains sur ma peau... Ses lèvres rencontrèrent mon cou et l'embrassèrent avec un mélange de tendresse et de douceur, me rappelant lorsque je l'avais embrassé pour la dernière fois...


D. Je ne connaissais que trop bien les sensations qu'on pouvait ressentir suite à la transformation, cette impression de nouveauté, comme si tout était multiplié... C'était égoïste de ma part d'en profiter, mais tellement plus fort que moi. J'avais cette envie de la serrer dans mes bras, l'embrasser, la toucher... Ce besoin de la sentir contre moi, caresser ses cheveux et sentir son odeur. Mais plus je la serrais dans mes bras, plus l'envie montait. Je sentis son petit corps frissonner au contact de mes lèvres, j'aurais voulu aller tellement plus loin. Elle ne me repoussait pas, que devrais-je en comprendre ? J'étais dingue et elle me rendais fou, complètement fou d'elle. J'étais amoureux d'elle d'une force que je me pensais même pas possible. Amoureux de ses gestes, son odeur, sa démarche, sa voix, ses mimiques... Je ne pourrai plus vivre si elle m'abandonnait. C'était du moins le sentiment que j'en avais. Je déposais un deuxième baiser un peu plus haut sur sa peau et elle frissonna derechef, attirant mes envies les plus secrètes. J'aurais voulu l'embrasser sur ses douces lèvres et c'est probablement ce que j'aurai fait si nous n'avions pas été interrompus...

- Je vous dérange, peut-être ?