Chapitre V :
La nuit était tombée sur Jackson city ainsi que Mystic Fall et le reste du pays. Tandis qu'Élena et Damon dormaient à poing fermé, les habitants de Mystic Fall, eux, n'étaient pas couchés. Caroline batifolait, heureuse d'avoir retrouvé celui qu'elle pensait être Tyler, tous deux fêtant comme il se doit leurs retrouvailles, au fond du lit. Bonnie, elle, s'acharnait à trouver un sortilège qui empêcherait Klaus de nuire sans mourir, puisqu'il détruirait la lignée, ainsi que Caroline et Élena avec lui. En trouvant un peu de réconfort auprès de Matt venue l'aider, elle avait pu se confier sur sa bêtise et tous deux cherchaient dans ses vieux grimoires une solution. Jérémy quant à lui avait réussi à voir Alaric et passait la soirée à lui parler et essayer de comprendre ce monde obscur qui l'entourait. Elijah réconfortait Rebecca abattus par la sois disant « mort » de son cher frère. Aucun ne souhaitait rester seul, pourtant encore une personne veillait et faisait les quatre cents pas dans sa chambre. Se mordant les doigts de la stupide décision qu'il venait de prendre. Elena lui manquait déjà. Oui il s'agissait bien de Stefan. Il imaginait sans cesse son Élena dans les bras de son grand frère. Lui qui était fou d'elle. Ils étaient tous les deux fous d'elle. Quelle bêtise avait-il commise ? Il aurait voulu aller la retrouver, s'excuser et lui dire qu'il se rendait compte qu'il ne pouvait vivre sans elle... mais, il ne savait même pas ou elle était. Pourtant, elle lui manquait plus que tout au monde... Il passa sa nuit à boire et chasser pour oublier et il ne dormait toujours pas que le jour se levait déjà.
D. Je m'étais déjà levé aux aurores pour aller chercher des poches de sang à l'hôpital. J'avais pris une douche rapide, je m'étais habillé avec empressement et m'étais de nouveau glissé dans le lit après cette course rapide, bras derrière la tête comme à mon habitude. Elena dormait encore et dans un demi-sommeil, vint se rallonger sur mon torse, dans la même position que la veille, puis après quelques secondes, ouvrit doucement les yeux. Je ne pus m'empêcher de lui sourire. Elle était si belle au réveil... Ses petits yeux endormis et ses cheveux en bataille lui donnaient un air encore tellement humain... Dieu que j'étais nié ce matin. Un large sourire étira ses lèvres alors qu'elle s'étirait et se redressait, glissant une main dans ses cheveux en bataille. Elle avait l'air affamé... Immédiatement, je lui tendais une poche de sang que j'avais laissé traîner sur ma table de nuit, mais elle grimaça immédiatement.
- Non merci.
- Elena, il faut que tu ne nourrisses.
- Non franchement Damon, je n'ai pas envie, ne me tente pas.
Elle secoua vivement la tête, vira la couverture et attrapa quelques affaires avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain.
Je me levais pour la rejoindre, mais on frappa à la porte au même moment. Un soupir d'exaspération s'échappa de mes lèvres, tandis que j'hésitais un instant à aller ouvrir... Entendant l'eau couler, je lâchais prise et j'eus juste le temps de cacher le reste des poches de sang dans le sac et de le pousser sous le lit qu'un homme en costume entra, un plateau dans les mains.
- J'apporte le déjeuner Monsieur.
Euh... ouais, posez-le sur le lit.
Il s'exécuta et parti aussi sec, comme si les quelques minutes à attendre devant la porte avaient été un enfer sur terre. J'avais oublié qu'il le faisait, dans cet hôtel. J'étais tellement focalisé sur d'idée qu'elle passe une bonne nuit, que j'avais choisi un hôtel, assez luxueux. Le plateau contenait des croissanteries et deux grandes tasses de café à moitié remplies... Une idée me traversa l'esprit alors qu'un sourire joueur et mesquin se dressa sur mes lèvres. Je versais deux poches de sang dans chacun des cafés. Avec un peu de chance, elle ne le sentirait pas et la chaleur du café le réchauffera. Ce sera moins mauvais pour elle et plus agréable à la dégustation. Je rangeais les poches de sang vides au fond du sac, il ne fallait pas que les agents d'entretien tombent dessus... « Je les jetterai en sortant » songeais-je en m'asseyant derechef sur le sommier. Elle sortis enfin de la salle de bain, fraîchement maquillée et coiffée, un petit bustier violet et un jean simple sur le dos. Elle était radieuse, comme à son habitude et plus encore lorsqu'elle s'assit à mes côtés, dévorant le plateau-repas du regard.
- Mange au moins ça, le tout est pour toi.
- Et toi, tu ne manges pas ? Questionna-t-elle en attrapant un croissant qu'elle trempa dans son café.
- J'ai déjà mangé et un vrai repas, fait pour nous, les vampires. Tu vois, ce petit liquide rouge, celui qui nous permet de rester en vie, répliquais-je cyniquement, un petit sourire en coin.
Elle m'accorda une petite grimace accompagnée d'un sourire ironique et croqua dans son croissant, en continuant de le tremper dans son café. Elle finit son café et le reste des croissanteries, puis après m'avoir interrogé du regard, avala le deuxième presque cul sec, l'appel du sang se faisant surement trop fort. J'avais l'impression de l'avoir trahi et en même temps, c'était pour sont bien. Il fallait qu'elle se nourrisse.
- Bon, allons « au boulot » ! Lança-t-elle en débarrassant le plateau sur la table de nuit.
D'un geste rapide, elle attrapa sa veste en cuir et l'enfila à la volée. Elle n'avait pas senti le sang dans ce cas. C'était une bonne chose, j'en mettrai plus la prochaine fois. Ou bien, elle n'avait rien dis et elle comptait me le faire payer... Quoi qu'il en soit, je me levai enroulant des yeux devant son nouvel enthousiasme et la suivi dehors.
E. La journée se passait bien, Damon m'apprenait à utiliser la vitesse et l'ouïe. Pour le repas de midi, nous nous étions arrêté peu dans un restaurant en terrasse et c'est à ce moment que j'ai plus ou moins compris comment marcher l'hypnose. Je ne sais pas ce qu'il m'avait pris, mais la façon dont la serveuse regardait Damon me dérangeait fortement et je fus transpercé d'une telle jalousie lorsqu'il lui rendait ses regards... Il faut dire qu'elle était vraiment jolie.
Je m'étais levé prétextant aller aux toilettes et je ne saurais comment l'expliquer, mais j'avais réussi à faire en sorte qu'on change de serveur, rien qu'en lui demandant. Elle avait répété mes mots et un homme s'était occupée de notre table. Mais en revenant, il avait probablement entendu ma conversation car il n'avait pas manqué de me lancer un cinglant : « tien, nous allons changer de serveuse » accompagné de cet éternel sourire séducteur auquel j'avais beaucoup de mal à résister. Je me sentais rougir et baissais la tête avec empressement pour la cacher, mais j'avais pu reprendre le dessus en lui répondant un simple : « Oui, elle ne trouvait pas où est-ce que tu aurais pu cacher du sang à verser pour me le faire avaler discrètement, sans les plats choisis ». Il n'avait pas répondu et avait l'air très inquiet, mais s'était détendu à la vue de mon sourire.
Oui je l'avais bel et bien senti ce matin, mais il faut dire que le café était bien meilleur ainsi, je ne pouvais pas le nier. De plus, j'en avais besoin. Même si la vue de poche de sang me troublait encore. Nous venions de rentrer à l'hôtel et je m'accroupis afin de chercher des vêtements dans mon armoire pour ce soir. Je n'avais pas oublié que nous devions aller à la fête foraine, par chance, la place où elle se déroulait était juste dernière l'hôtel. Au moindre problème, nous étions dans la chambre. Après avoir tout pris dans les bras, je me relevais et tombais nez à nez avec Damon...
Il n'était qu'à quelque centimètre de moi et son odeur me transperçant, je ne pus que me rappeler immédiatement la dernière fois qu'il m'avait serré dans ses bras, juste avant que Stefan n'arrive. Mes yeux se posèrent sur ses lèvres et j'eus une envie incontrôlable de l'embrasser. C'était brûlant, fougueux, brutal... Je détournais la tête rapidement. Mais que m'arrivait-il ? Il se décala et j'en profitais alors pour m'enfuir dans la salle de bain. Mon refuge idéal ces derniers jours. Je me déshabillais rapidement et filai sous l'eau chaude. Que m'arrivait-il ? Ce n'était pas la première fois que j'avais eu envie de l'embrasser mais pas de cette manière, pas de cette forte... Que se passait-il ?
D. Une fois qu'elle fut enfermer dans la salle de bain, je m'approchais pour regarder la lune par la fenêtre. Wow, quelle âme de poète... Après les événements de la journée, j'avais eu une terrible envie de la serrer dans mes bras. Cette journée avait été merveilleuse. D'abord elle avait chuté un nombre de fois incroyable dans mes bras en apprenant à maîtriser sa nouvelle vitesse, puis il y avait eu le repas de midi. Elle avait été incroyablement jalouse de cette serveuse. Elle l'avait fixé tellement méchamment, qu'elle ne s'était même pas aperçu que je n'avais d'yeux que pour elle. L'après-midi c'était tout aussi bien passé et elle avait très vite maîtrisé son ouïe. Pendant que je lui demandais d'écouter certaines personnes, très loin, je m'étais caché et comptais bien lui faire peur mais finalement, c'est elle qui m'avait eu. En une fraction de seconde, elle avait disparu et s'était déplacé dernière moi, posant sa douce main sur mon bras et finalement c'est elle qui m'avait fait sursauter. Je l'avais vue rire toute la journée et elle semblait encore de bonne humeur. J'espérais de tout mon cœur pouvoir la rendre heureuse comme elle le faisait pour moi.
- On y va ? Demanda une douce voix dernière moi.
Je me retournais et la découvris alors. Elle était pleine de joie. Elle avait coiffé ses cheveux en une très belle queue-de-cheval qui libérait son superbe visage et portait de grosse boucles d'oreilles peace and love... Elle était bien plus que radieuse. Tous ses vêtements, son maquillage, son allure faisait qu'elle était éblouissante... Et elle me souriait, simplement et naïvement, profitant de l'instant présent. Je lui tendis mon bras et elle rit avant de l'attraper. Nous sortîmes donc de l'hôtel pour aller vers la place où se trouver la foire.
E. Nous avions déjà fait plusieurs attractions et je m'amusais comme une folle ! Damon m'avait gagné une pluche adorable, même si j'avoue qu'il s'amusait à m'entraîner dans des attractions qui me faisaient horriblement peur, parfois. Il était plus de minuit et certaines attractions étaient déjà fermées, bien que nous en ayons déjà fait plus de la moitié. Beaucoup de gens avaient bu et j'avoue que nous aussi. Les joies d'être un vampire ? Boire comme un trou à l'oeil grâce à l'hypnose et ne jamais être saoul. Une petite musique retentie et j'entraînais aussitôt mon beau brun vers le bal, l'obligeant à danser avec moi. Lorsque je passais du temps avec lui, j'avais l'impression d'être sous drogue : Complètement euphorique, frissonnant chaque fois que sa peau frôlait la mienne, l'envie me tordant l'estomac... C'était juste incroyable, comme sensation.
J'étais vraiment heureuse et je sais que l'alcool n'avait rien à y voir, puisqu'il m'avait assuré que les vampires ne pouvaient jamais être ivre. C'était lui qui me rendait heureuse, très probablement. Une stupide grimace étira ses lèvres et je ne pus m'empêcher de rire, encore stupidement. Puis il me fit tourner, encore et encore. J'adorais danser et j'étais obligée de suppliait Stefan à chaque fois... Stefan... L'espace d'un instant, mon estomac se serra, puis mon regard s'accrocha au bleu acier de ses yeux et je me détendis immédiatement. Depuis le début du voyage, c'est la première fois que je pensais à lui sans ressentir cette atroce douleur qui me pliait en deux. Du moins, si douleur il y avait, elle était bien moins puissante.
Damon m'attrapa par la taille et me fit basculer avant de me ramener collé contre son corps. Ma tête me tourna rapidement et le visage de Stefan disparue de son esprit. Je m'agrippais à Damon pour ne pas tomber en arrière, mon regard vacilla entre le sien et ses lèvres et la même envie que précédemment me pris. Je me rappelais la dernière fois où nous nous étions embrassé. Denver. J'avais craqué et l'avais embrassé fougueusement. J'étais encore humaine mais c'était la première fois que j'avais ressenti ça. Cette envie et cette sensation agréable. Ses lèvres collées aux miennes... Mon Dieu, je divaguais ! Qu'est-ce... Une odeur vint me chatouiller fortement les narines... Du sang !
D. Ses lèvres parfaitement dessinées, son souffle haletant de notre danse endiablé, son regard brûlant... Diable, j'allais craquer et... Soudain, un cri, puis deux. Une dispute entre deux hommes avait éclaté dans mon dos. L'un avait entaillé la main de l'autre avec une bouteille de bière coupée. Elena se stoppa net. Je me retournai vers elle assez rapidement pour constater de petites veines sous ses yeux. Cela allait tourner en carnage si je ne l'éloignais pas maintenant. Je la poussais à vitesse vampirique loin de la scène mais elle gesticula aussitôt et se débattait afin de se libérer de mon emprise. Mais elle était faible et pas assez nourrie, sans comptais que j'avais un bon siècle de plus qu'elle.
Cela n'empêchait qu'elle avait vraiment très soif et qu'elle avait failli m'échapper. Je la bloquais en la collant dos au mur et posais mes mains sur ses joues, tout mon corps collé au sien pour l'empêcher de bouger. Même assoiffée, elle était complètement différente de Katherine. Ses yeux étaient bordeaux et son regard restait doux, comparé à Katherine qui avait un regard monstrueux et rouge vif. Je caressais doucement ses joues, en lui intimant de se calmer, ainsi que longuement ses cheveux qui s'étaient détaché à force de se débattre. Peu à peu, elle se détendit et ses yeux bordeaux retrouvèrent leur jolie couleur marrons. Je les vis se remplir de larmes un peu trop vite. Oh non, pas encore... Elle devait maintenant se rendre compte de ce qui s'était passé et se répéter qu'elle était un monstre. Maudit Stephan.
C'était pourtant loin d'être vrai, très peu de jeune vampire se calmait comme elle arrivait à le faire à l'instant... Mes mains glissèrent de ses joues à ses épaules et le long de ses bras. J'accordais un sourire timide, son regard passa sur mes yeux un à un. Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Son doux regard descendit alors sur mes lèvres et je sentis mon estomac se tordre d'envie, si elle continuait de me regarder comme ça je... Puis elle les posa à nouveau sur mes yeux tandis que c'était moi qui fixais les siennes. Je la regardai à nouveau dans les yeux et avant que je ne puisse le faire elle plaqua passionnellement ses lèvres sur les miennes, ses doigts glissant dans mes cheveux pour tirer dessus avec une force sans égale, afin de plaquer mon visage au sien.
E. C'était véritablement plus fort que moi, j'avais passé ces deux derniers jours à me dire qu'il fallait que j'apprenne à me maîtriser pour Stefan, que j'allais revenir comme la fille qu'il avait tant attendue, que j'allais être forte et indépendante, qu'il regretterait sa décision et que nous allions couler des jours heureux. Ce serait beau, se serait fort, ce serait passionnel. C'était mon objectif, mon but... Mais lorsqu'il posait sur moi ce regard d'acier, mes barrières semblaient implosées, mon âme entière cherchait la sienne.
Penser à Stefan me retournait l'estomac et à l'instant même, j'étais partagé entre une envie violente d'embrasser son frère à en perdre haleine pour me venger, pour lui faire payer de m'avoir abandonné et... Et entre une envie qui n'avait rien à voir avec Stefan. C'était viscéral, j'avais besoin qu'il me touche, qu'il pose ses mains sur moi. Ses doigts se posèrent sur mes joues et descendirent le long de mon corps, lui infligeant de violent frisson qui me fit l'effet qu'une injection d'héroïne dans tout mon être.
Son contact sur ma peau était tellement puissant, je ne pouvais y résister. Un instant, je me perdis dans la contemplation de ses lèvres, attendant le moment fatidique où il les saisirait avec fougue et désir... Son regard heurta le sien et je vis dans ses prunelles combien il se retenait. Je ne lui avais rien dit. Il ignorait tout de ma séparation avec Stefan. Peut-être aurais-je dû lui confier, non ?
Sans doute. Son regard remonta dans mes prunelles alors que je trépignais presque sur place. Qu'attendait-il pour m'embrasser, pour poser ses mains sur son corps et envelopper mon coeur dans un voile de soi je n'attendais que ça, je... Je craquais, c'était trop long. Instinctivement, j'attrapais violemment ses cheveux et plaquais mes lèvres aux siennes dans un baiser des plus fougueux et tortueux.
