Chapitre VII :
D. Enfin arrivé ! Nous étions devant la porte de chez elle, je portais ses sacs tandis qu'à peine elle ouvrit la porte que caroline lui sauta au cou... Avec un peu de chance, elle ne remarquerait pas notre retard de deux heures... Si j'avais roulé excessivement vite pour rattraper le retard, nous avions reperdu du temps sur le siège arrière pendant une pause. Elle continua de la serrer dans ses bras tandis que j'essayais d'entrée plus discrètement chez elle.
- Tu m'avais promis de la ramener il y a déjà deux heures ! S'exclama-t-elle à mon encontre au moment même où je pensais y échapper.
- On a eu un... Imprévue, répondit Élena en rougissant à vue d'œil.
Caroline nous lança à tous les deux, un regard suspicieux, devant notre propre regard complice. Elle ne leur avait pas encore dit pour nous et je lui laisserai le temps de le faire. Tous ces commérage n'était pas vraiment mon domaine. Nous pénétrâmes enfin dans le salon et je montais poser ses sacs dans sa chambre, alors que Bonnie restait en retrais pendant qu'elle serrer à son tour Jérémy. J'espérais de tout mon cœur, qu'elle arriverait à passer le cap de "ma deuxième meilleure amie est aussi un vampire". Je redescendais à vitesse vampirique, Élena fixait Bonnie qui semblait hésiter et qui finalement se jeta dans ses bras, lui murmurant un "Tu m'as manqué..." audible pour tous les vampires de la pièce. Lorsqu'elle la lâcha enfin, ils lui posèrent plusieurs questions jusqu'à celle qui nécessita probablement le seul mensonge de la conversation :
- Et sinon, mise à part ton éducation, les villes magnifiques, et ses poches de sang, à quoi avez-vous occupé vos journées ?
C'était bien évidemment une question de Caroline... Toutes nos soirées, nos matinées, nos nuits, et nos après-midi tourbillonnaient dans ma tête... Je ne bougeais pas, ne sachant que trop bien ce que je voulais répondre...
E. J'avais presque pu lire dans son esprit, tant il n'est pensé fort, mais je me contentais de lui jeter un regard noir bien qu'amusé, avant de secouer la tête pour répondre, avec toute l'innocence du monde :
- Oh, rien de particulier.
C'est ce que je craignais. Caroline avait bel et bien compris pour nous et son petit sourire satisfait me le prouver. Que répondre a sa question ? Toutes ces fois où il m'avait rendu heureuse tournaient dans mon cerveau, tandis que répondais que tout cela n'avait pas eu lieu. Cette réponse était sortis toute seule, mais je voyais bien à son air perturbé que je ne m'en sortirais pas comme ça.
- Je vais y aller, faudrait quand même que je rentre moi aussi, lança Damon pour se sauver la mise. Je l'accompagnai dehors sous le regard frustré de Caroline et fermai la porte derrière nous.
- À mon avis, ça ne suffira pas à la faire taire... Mais je passe te voir ce soir, le plus discrètement possible, rigolait-il bien que je grimaçais.
Il me serra dans ses bras avant de déposer un doux baiser sur mon front et partir en voiture. Je le regardai partir, lui faisant un signe de la main. Même pour quelques heures, c'était atrocement dur de me décrocher de lui. D'autant plus que cela faisait trois mois que nous vivions ensemble, et du jour au lendemain, changer tout ça aller être vraiment très dure. Je rentrais enfin à intérieur et à peine la porte fermée, je sentais leur lourd regard sur moi. Je me retournai et tout me dévisageait. Comme je le pensais, ce fut Caroline qui se lança la première.
- Combien de temps tu comptais nous servir le refrain « mais non, il ne s'est rien passé » miss Gilbert ?
- Bon d'accord, on s'est un peu rapproché...
- Un peu ? Insistât-elle en arquant un sourcil, poing sur la taille.
- Bon euh... Moi, je monte, lança Jérémy, un peu gêné.
Et sur ses mots il fila dans sa chambre, je me doutais que nos conversations de fille ne l'intéressaient pas du tout. Je voulus de même prétexter vouloir passer du temps avec mon frère, mais Caroline pas dupe me barra la route. Bien décidé à tout savoir.
- Tu ne t'échapperas pas comme ça ! Allez, raconte-nous tout ! S'exclama-t-elle point sur les hanches.
- Tu n'as pas ton Tyler qui t'attend par hasard ?
Sur mes mots je vis Bonnie blanchir à une vitesse folle, elle prétexta avoir des trucs à faire et s'échappa bien vite, avant que je dise quoi que ce sois. Sourcils froncés, j'essayais de la convaincre de rester, jouant la carte de l'absence durant ses mois, en vain.
- C'est vrai qu'elle est bizarre... Lançais-je comme pour moi-même.
- Et c'était la première fois qu'on restait ensemble plus de trois minute depuis ton départ. Mais le cas "Bonnie" sera traité plus tard. Parles Gilbert !
Elle n'allait pas me laisser du repos, je la connaissais parfaitement bien. Et si même l'évocation du mot "Tyler" ne lui faisait pas changer d'idée, c'était peine perdu. Je lui racontai donc toute l'histoire autour d'une poche de sang. Évidemment Caroline restait Caroline, et elle me coupait sans arrêt afin de poser des questions toutes, plus intime les unes que les autres.
S. La cave. Mon repère favoris depuis un bon moment. Ma chambre reflétant trop mes souvenirs avec elle. J'étais anéantis. Son odeur régnait partout sur moi et dans la maison. En la quittant momentanément, j'avais fait le choix le plus stupide de ma vie. J'étais encore terriblement fou d'elle et je guettais le moment où elle reviendrait avec Damon, et où, je lui expliquerais que tout ceci n'était qu'une erreur absurde. Qu'elle accepterait de me pardonner et que nous serions heureux, enfin heureux. J'étais encore en train de ruminer la tête dans les mains quand un bruit sourd de porte attira mon attention. Personne ne franchissait plus cette porte mise à part moi-même. Je reconnus les pas lourds et lents de Damon. Il était rentré, mais j'avais beau guetter, elle n'était pas avec lui. Je retombais donc main dans la tête. Elle me manquait horriblement. Après quelques minutes éternellement longues, il descendit enfin... À vrai dire, tout paressait éternellement long, sans elle. Je ne sais comment il avait compris que je me trouvais ici, mais il m'avait déniché.
- Hey brother ! Lança-t-il en me voyant, se dirigeant vers le frigo où régnait ses poches de sang.
Il ne m'avait pas cherché, en réalité. Il était tombé sur moi, comme ça, en venant chercher un encas. Je me levai sans répondre à son salut, qu'il me voit dans un si piteux état était la dernière des choses que je voulais.
- Qu'est-ce que tus fous là ? Questionna-t-il en ouvrant sa poche de sang et me suivis alors que je remontais déjà au salon.
À vitesse éclair, il attrapa un verre et versa le contenu de la poche dedans.
- Vous êtes enfin revenu... Comment va elle ? Demandais-je, ignorant sa question.
Intérieurement, je mourrais d'envie qu'il me dise que mal et qu'elle n'arrivait pas à m'oublier. J'étais tellement égoïste, encore. Tellement pitoyable. Je faisais froid dans le dos... Je ne comptais plus le nombre d'appels que j'avais refusés de sa part et après un long moment et un intense travail sur moi-même, j'avais fini par faire le point et décider de la rappeler, trop tard surement, puisqu'elle n'avait à son tour, jamais répondu... Mais sa réponse eut l'effet d'un coup de pieu en plein estomac.
- Bien. Elle va bien. Et moi aussi, c'est gentil de le demander.
Il but une gorgeait de son verre et je ne pus m'empêcher de sentir son odeur partout sur lui. Ce qui me faisait horriblement mal et me troublait au plus haut point. Alors c'était dont ça, la raison pour laquelle elle avait cessé d'appeler, la raison pour laquelle elle n'avait jamais décroché.
- Où est-elle ? demandais-je froidement.
- Chez elle, où veux-tu qu'elle soit ?
Je m'apprêtais à partir en direction de chez elle, décidée à la revoir. Il fallait que je lui parle, que je lui dise que j'ai fait une erreur et qu'on reprenne là où on en été... Qu'on vive heureux, enfin, après tout ce qu'on avait vécu, que je lui dise que je comprenais pour Damon et que je lui pardonnais également...
- À ta place je n'irai pas la voir.
Je me retournai vivement et rapidement. Pour qui se prenait-il ? Certes, il avait compris mes intentions, mais s'il pensait que j'allais abandonner, il se trompait durement. Il du constater mon air frustré et surement très énervé car il esquissa un bref sourire hypocrite, portant son verre à ses lèvres.
- Alors dis-moi, cher frère, pourquoi ça ?
- Tout d'abord, parce qu'une fille qui a le cœur brisé, c'est très difficile à console et que j'ai eu beaucoup de mal tu vois à la faire sourire de nouveau. Et que, aussi, malgré que je t'ai défendu, et oui je suis trop bon, ne me remercie pas !
Il me lança un petit rire nerveux et continua :
- Elle te hait. Eh oui, ta chère Elena, qui n'est plus TA Elena d'ailleurs, te déteste au plus haut point de l'avoir abandonnée dans cette triste phase qu'est la transformation en vampire. Ah oui et elle est probablement en train de raconter à Caroline, de quelle sorte elle est tombée dans mes bras, et aussi, lui raconter toute ces merveilleuses nuits passées à mes côtés. Il serait bête de les déranger non ? Tu ne trouves pas, "cher frère" ?
C. J'étais plus qu'heureuse pour elle... Elle et Damon filaient le parfait amour. Il était loin du type qui couvrait mon corps de morsure, comme j'étais loin de la bonde immature et superficielle, tout comme Élena était loin de la pauvre fille qui a perdu ses parents. Nous avions tous évolué, tous changés. J'étais vraiment heureuse qu'Élena trouve enfin un réconfort. Jérémy m'avait tout expliqué et Stefan avait eu ce genre de comportement, que je ne lui aurais jamais cru capable... J'étais plus que déçut par son attitude, lui qui m'avait pourtant tant aidé dans ma transformation, je ne comprenais pas pourquoi elle non...
- Bon maintenant le cas Bonnie... lança-t-elle, en changeant de conversation, les joues roussies.
- Je n'ai rien à rajouter à ce que je t'ai dit au téléphone... Tu as vue par toi-même...
- C'est étrange de sa part... Tu crois que c'est dû à mon départ ?
- Je n'en sais trop rien. La seule chose que je sais, c'est que Matt est dans la confidence...
- Encore plus bizarre !
Elle n'avait pas tort... Ils avaient toujours été proches, encore plus dernièrement, certes, mais au point qu'elle lui confie plus de chose qu'à Élena et moi qui somme tout de même ses meilleures amies...
- Et Tyler... Tu m'expliques ? Questionna-t-elle en se plaçant en tailleur face à moi.
- Je n'ai aucune réponse... J'étais persuadé qu'il allait mourir et au moment même où j'étais en train de pleurer toutes les larmes de mon corps il est apparu dans ma chambre...
- Plutôt étrange... C'est peu être son côté loup-garou qui l'a sauvé.
- Pourtant son côté vampire est toujours là.
- Tu as remarqué quelque chose de différent chez lui ?
Dieu qu'elle m'avait manqué ! Ce genre de petite confidence entre filles, sa façon se s'asseoir jambes croisées face à moi, m'accordant toute son attention. Il m'était difficile de me concentrer tant j'étais surexcité ! Je réfléchissais à tous les mots d'amour qu'il me disait, qui ne lui ressemblait pas, et tout me reste... Effectivement il avait changé, mais c'était Tyler, l'homme que j'aime sans doute plus que tout au monde et il avait frôlé la mort, quoi de plus logique qu'il change un peu ?
- Quelque peu oui, mais ce n'est pas flagrant c'est vraiment des détails...
Elle me lança un tel regard interrogateur qui ne pouvait que m'inciter à continuer.
- Eh bien, tu connais Tyler, le romantisme, ce n'est pas sa... Et bien maintenant, il en est le roi. Ou bien des fois, à sa façon de parler j'ai l'impression que ce n'est pas lui... Mais laisse-moi te dire qu'au lit, c'est le pied !
- Caroline !
J. J'entendis la voiture de caroline partir et Élena remonter à vitesse fulgurante... Je clôturais ma conversation astrale de médium avec Alaric et m'accoudais au chambranle de la porte de sa chambre déjà ouverte. Elle rangeait les vêtements qu'elle sortait de sa valise.
- Alors comme ça... Damon et toi... C'est officiel ?
Elle retourna vers moi, pas surprise de ma présence. Elle avait probablement dû m'entendre arriver. Elle me fit un petit sourire à la Gilbert voulant signifiait "ne m'oblige pas à répéter notre histoire encore une fois". Ma sœur était enfin de retour, cette maison ne semblerait plus déserte et même si on ne pouvait y percevoir les battements d'un seul cœur, elle était là et c'est tout ce qui comptait. Ça et son bonheur. Certes, j'aurais préféré qu'elle finisse avec Matt ou n'importe quel humain et que tout redevienne aussi simple qu'à l'époque où elle stressait d'avoir perdu sa tenue de pompom girls, où j'étais encore un préado mal dans la peau de ses quatorze piges, où nous étions heureux d'un repas en famille et où nos parents étaient encore vivants... Mais la vie avait continué, nous avions tous grandi et mûri.
Mystic Falls n'était plus celle ville qui paraissait tranquille pour la plupart de ses habitants. Désormais, ma sœur était un vampire, son petit ami et le frère de celui-ci aussi, ainsi que sa meilleure amie qui sort avec un loup-garou transformé en hybride par un autre, tandis que son autre meilleure amie est une sorcière et que moi, je suis cette sorte de médium qui peut parler à ses ex-vampires et son ancien tuteur, prof d'histoire à double personnalité, tous décédés. Sans oublier le double maléfique vampire de ma soeur et la menace des vampires originels... Si on arrivait dans ma vie d'un seul coup, il y avait de quoi finir entouré de gens en blouse blanche nous apportant nos cachés.
S. En réalité, je n'y croyais absolument pas. Damon cherchait juste à me faire souffrir, comme je l'avais fait souffrir des années auparavant. S'ils étaient réellement ensemble, ne serait-il pas avec elle ? Quoi qu'il en soit, je tenais à la revoir et même s'il cherchait à m'énerver, je ne perdrai pas de temps avec lui. Je partais dans la seconde même où il avait fini sa phrase, après l'avoir vue sourire de satisfaction devant ma peine. J'étais déjà arrivé devant chez Élena. Je sonnais et le temps qu'on vienne m'ouvrir parut mettre une éternité à s'écouler. Ce fut elle, qui vint m'ouvrir. Elle affichait un large sourire qui ne trahissait pas ce que Damon avait dit. Elle était heureuse, même sans moi. Elle riait, tête retournée vers son frère que je pouvais apercevoir dans le canapé, une manette dans les mains. Je tombais visiblement en pleine partie et en plein milieu d'un moment fraternel, mais... Elle était resplendissante dans ses superbes vêtements de demi-saison.
Son air souriant et lumineux disparut dans la seconde où elle posa les yeux sur moi, tournant la tête vers la porte. Ses traits se durcirent... Damon ne m'avait pas menti, elle me haïssait. Et s'il n'avait jamais mentis ? S'ils étaient vraiment ensemble ? Elle s'apprêta à refermer la porte immédiatement mais je la retiens et la rouvris difficilement, elle avait vraiment beaucoup de force maintenant.
- Dégage Stefan ! Cracha-t-elle dès que j'avais assez rouvert la porte pour que je puisse à nouveau la voir.
Son ton était sec et déterminé. Ça n'allait pas être facile. Elle poussait fortement la porte tandis que je la tenais fermement.
- Je te promets que je t'explose les doigts sans pitié, ce n'est pas en mangeant des pauvres lapins que tu seras plus fort que moi.
Sa remarque me glaça le sang et j'en lâchai la porte qu'elle referma illico. Elle se nourrissait donc de sang humain, ce qui expliquait pourquoi elle avait tant de force. Mais à être éduquée par Damon, il fallait s'y attendre. Tout cela était ma faute. Quoi qu'il en soit, je n'abandonnerai pas si vite. pas encore une fois. Je passais par-derrière et rejoignais le salon. Elle rejoignait le canapé vers son frère, lorsque son regard heurta le mien, me toisant froidement.
- Je te jure que je t'arrache la tête, si tu ne sors pas dans la seconde qui suit.
- Laisse-moi juste te parler, laisse-moi m'excuser... Je... bafouillais-je en m'approchant; mais elle me coupa avant que je ne finisse ma phrase.
- Qu'est-ce que tu crois Stefan ? Que j'en ai quelque chose à faire de tes excuses ? Que tu comptes encore pour moi ? Tu m'as laissée tomber, tu m'as abandonné, après tout ce que j'avais fait pour toi. Tu crois qu'il te suffit de revenir et que tout va changer ? Eh bien tu te trompes, c'est fini Stefan et cette fois, ce n'est pas que momentané. Je te jure que si tu t'approches, je t'arrache le cœur à mains nues. Et tu sais tout comme moi que j'en suis capable !
Elle hurla encore plus fort fermant ses belles paupières pour crier plus fort et avait levé le bras me désignant la porte, surement destinée à me dire de partir. Je croisai les bras, pas décidé à bouger. J'étais persuadé qu'elle ne me ferait aucun mal. Elena restait Élena... même si ça, je ne l'avais compris que bien trop tard. Alors qu'elle tourna la tête se décidant probablement à partir elle-même, je me décidais à répondre :
- Tu n'en es pas capable.
- Quoi ?! S'étonna-t-elle en retournant la tête vers moi.
Je la regardai à mon tour et répondis « non » avant de détourner la tête de nouveau.
