Chapter VIII :

S. - Effectivement je n'en suis pas capable.
- Je le savais...

Je m'approchai d'elle et au moment où j'allais poser ma main sur sa joue elle l'attrapa pour m'en empêcher, ses doigts encerclant durement mon poignet,comme si elle allait le briser. J'aurais pu éviter son mouvement mais quelque chose m'avait trop blessé pour cela. L'odeur. L'odeur de Damon flottait partout sur elle, dans ses cheveux, sur ses douces mains, sur chacun de ses vêtements et j'avais même l'impression de le sentir sur sa peau.

- Je n'en suis pas capable Stefan, mais pas parce que tu comptes encore pour moi. J'en suis incapable parce que je ne suis pas toi. Je ne suis pas un monstre. Pense ce que tu veux, pense que je suis Katherine, pense que j'ai tué cet homme de sang-froid sans que je ne le regrette encore. Mais je n'ai jamais tué autant de gens que tu l'as fait, je n'ai jamais blessé ou tué un membre de ma famille, Stefan. Je n'ai jamais tué quelqu'un pour le plaisir. Le seul monstre ici, c'est toi Stefan.

Alors que je ressentais à mon tour cette douleur atroce, je savourais les derniers instants où elle tenait encore ma main avant de la lâcher froidement. Je l'avais donc perdu ? Impossible, je ne pouvais m'y résoudre. Elle avait été terriblement calme en me jetant cela et à la dureté de ses mots, j'aurai presque préféré qu'elle soit encore en colère, mais c'était bien plus que ça. Elle me haïssait. C'était impossible qu'elle m'ait oublié comme ça.

- Elena, je te demande pardon et même si ça prend du temps, pardonne-moi. Je serai là, je veux être là. On reprendra tout. Je t'attendrai jusqu'à ce que tu me pardonnes, tu ne peux pas oublier tout ce qu'on a vécu.
- Mais je n'oublie rien Stefan. Je me souviens de tout justement. Ce début où j'ai dû découvrir par moi-même ce que tu étais, toutes ces fois où tu m'as menti et caché des choses, toutes ces fois je suis passé outre, toutes ces fois où tu m'as fait souffrir, où je me suis battus pour toi, pour être avec toi... Et toutes ces fois où tu m'as abandonné, peu importe la raison. Je m'en souviens oui. Évidemment, on a aussi vécu de bons moments, c'était cool, mais c'était faux Stefan. Tout étais faux. Maintenant, c'est moi qui ne peux plus et même si je pouvais, je ne le voudrais pas. Je ne t'aime plus Stefan. Il y a eu cette période de ma vie où tu étais l'être pour qui j'aurais pu tout faire. Mais c'est fini, je ne ressens plus rien pour toi, même plus la moindre goutte de haine. Tu es sortis de ma vie, tu n'es plus rien pour moi.


D. J'avais décidé d'aller rejoindre Élena chez elle a pied, en espérant que Stefan en serait parti quand j'arriverai et aussi afin de respirer un peu l'air frais. Après sept heures de voiture, je n'en pouvais plus. Je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche et dès que je vis son nom s'afficher je ne pus m'empêcher de retenir un sourire victorieux.

- je manque déjà à ma princesse ?
- Effectivement oui, tu lui manques déjà...
- J'aime te l'entendre dire.
- Je croyais que tu devais passer me voir...
- Eh bien, j'étais en route quand une demoiselle impatiente m'a téléphoné !

Elle riait très franchement, mais bizarrement son ton était un peu trop calme. Elle n'avait pas l'air d'avoir la forme... Chose qui n'instaurait rien de bon... Quel bon retour à Mystic Falls...


E. J'étais allongé sur mon lit, serrant contre moi la peluche qu'il m'avait attrapée ce fabuleux jour à la fête foraine. Il maudissait cet ours, car je le traînais partout avec moi. J'humais son parfum, celui de Damon. Mon Dieu, faite qu'il arrive vite, je ne supporterai plus une seule seconde de solitude. Ses pas raisonnèrent enfin à la porte d'entrée et un sourire prit le contrôle de mes lèvres quand je l'entendis entrer sans frapper, puis monter les escaliers et passer la porte de ma chambre. J'entendis la porte se fermer et presque aussitôt sa présence à mes côtés. Je tournais la tête vers lui et il captura rapidement mes lèvres avant que je n'ai le temps de le voir. Puis se recula et passa sa main dans mes cheveux avant de prendre ma peluche et de la tenir à deux doigts comme si elle était dégoutante.

- Ne me dis pas que c'est cet ours qui a eu le premier câlin.
- Eh bien si, il fallait être plus rapide !

Il le relâcha et se plaça à coté de moi, caressant de nouveau mes cheveux, collant son front au mien. J'étais si bien avec lui. Ses douces mains collées à mes joues me produisaient tant de chaleurs et de bien-être...

- Stefan est passé...
- Je m'en doutais, malheureusement.
- Quoi ? Tu le savais ?! M'exclamais-je en me reculant pour bien le dévisager.
- Oui... Quand je suis rentré tout à l'heure, il m'a posée beaucoup de questions sur toi, savoir comment tu aller blablabla.

Il réprima une grimace de dégoût et secoua la tête. Il m'avait lancé ça avec son air hautin en levant les yeux au ciel, se moquant de lui, son air ridiculement drôle m'arracha tout de même un sourire, même si j'étais assez contrarié.

- Il avait décidé de passer te voir et lorsque je lui ai dit, pour nous, il s'est volatilisé. J'en ai donc déduit qu'il allait passer, mais je n'en étais pas sûr.

Je sentais la colère montait en moi. Chose due à mon côté vampirique, depuis ma transformation mes émotions monter en moi beaucoup plus vite. J'essayais de respirer et me calmais, me dire qu'il avait voulu nous laisser nous expliquer... Mais c'est justement ça qui m'énervait au plus haut point, je ne voulais pas le voir et il le savait ! Je me levai et fis les quatre cents pas dans ma chambre tripotant mes cheveux nerveusement... Tandis qu'il s'allongeait sur le dos et jouait avec mon ours. Je n'avais aucune envie de m'énerver contre lui et son air inquiet et désolé n'arrangeait rien. Je finis finalement par m'asseoir sur le lit près de ses jambes et le regarder faire l'imbécile avec cette peluche adorable.


D. Je me sentais vraiment très mal, non seulement j'avais fait une boulette, mais je n'avais aucune idée de comment la réparer. « Au moins... Elle n'était pas contente de le voir...» pensais-je... Réflexion purement égoïste que je retirai de ma tête. Quoi qu'il en soit, elle était très énervé et nous ne nous étions jamais disputés depuis que nous étions ensemble, je n'avais aucune idée de comment fait face à ça. Elle s'assit à mes côtés et immédiatement j'arrêtai de faire "mumuse" avec cette stupide peluche, centre de son attention. Non, ce n'est pas que j'étais jaloux de cette peluche mais... Non je me fichais totalement de cette peluche. Je me redressai et posai ma main sur la sienne. Maintenant elle se sentait horriblement mal et fixait le sol. Génial, décidément le retour était une horreur.

- Je l'ai fait pleurer... Chuchota-t-elle en jouant nerveusement avec ses doigts.

Le problème était donc là... Elena restait Elena et son côté "se prendre la tête pour un rien" était bel et bien resté. Elle culpabilisait encore pour des choses dont elle n'était pas responsable... Je posais ce vulgaire nounours sur ses genoux et relevais son visage vers le mien.

- Tu n'y es pour rien, ok ? Tu as bien fait. Lui donner de faux espoirs aurait été pire.

Elle esquissa un léger sourire, absolument pas convainquent et déposa un baisser sur mes lèvres avant de reprendre cette mocheté de peluche en lui lançant un :

- Heureusement que tu es là toi.
- Mais je n'aurai jamais dû t'attraper cette horreur ! M'exclamais-je en le jetant au sol, tout sourire.

Je pus voir à son petit sourire satisfait qu'elle l'avait évidemment fait exprès.

- Rigole, rigole ! Continuais-je en l'attrapant et en l'allongeant sur le lit, en dessous de moi, la couvrant de baisser et la chatouillant de plus belle.

Elle rigolait extrêmement fort et cela ne pouvait que m'inciter à continuer jusqu'à ce que Jérémy ne cri un :

- Y'en à qui essaie de dormir ! Je suis ravi que tu dormes ici Damon, mais fait la taire, je t'en prie !

Je posai alors un doigt sur ses lèvres et nous étouffâmes un rire complice. Je la regardai un long moment... Qu'elle était belle... Cette fille-là était sans doute la personne la plus parfaite au monde. Tout était splendide chez elle. Elle me coupa dans ma contemplation en m'embrassant passionnément, se redressant sur un coude. Baisser, que je lui rendis avec fouge et désir. Un désir qui grandit rapidement pour chacun de nous deux et qui se termina sous la couette...


E. Je me réveillai avec le réveil de Jérémy... Maudite ouïe de vampire ! Et évidemment ensuite, impossible de me rendormir. Je me levai donc après avoir embrassé Damon qui dormait encore, et qui, au contact de mes lèvres sur les siennes, gémit et se tourna pour se rendormir. Je commençais la journée en souriant grâce à lui... Plus cliché, on ne faisait pas, mais je m'en moquais éperdument.

Le contact du sol froid me fris frissonner et je filais prendre une longue douche chaude afin de réchauffer ma peau. À ma sortie, je tortillais mes cheveux dans une serviette et enfilais avec bonne humeur un jean bleu foncé et un petit débardeur blanc accompagné d'un léger pull violet que ma mère m'avait acheté... Une bouffée de nostalgie m'envahis, mais je la chassais bien vite ! Hors de question de gâcher cette journée, aujourd'hui j'allais me réinscrire au lycée et reprendre les cours. Je séchais et lissais mes cheveux après d'être brièvement maquillé et alors que je m'attendais à retrouver un Damon enfin réveillé, erreur, monsieur dormait toujours. Je me décidais donc à aller voir mon frère, qui dormait toujours, lui aussi ! J'ouvris donc en grand ses rideaux et m'exclamais :

- Allez ! Debout la marmotte ! Tu as cours aujourd'hui !
- T'es pas censé cramé au soleil ! bougonna-t-il en se cachant sous la couette
- Eh non, pas de chance pour toi ! Je te prépare le petit déj' et t'as intérêt de te lever !

Je descendais les escaliers quatre à quatre, heureuse de retourner au lycée, finalement. Cafetière en marche, je vidais une, puis deux poches de sang lorsque Damon vint me prendre dans ses bras et déposa un baiser sur ma tempe attrapant au passage ma poche de sang, afin de la finir.

- Hé ! M'exclamais-je mécontente qu'il vole mon petit déjeuné.

Je commençais alors à sortir les assiettes et tout ce qui consiste à un bon petit déjeuner, et après un simple haussement de sourcils, il se lança dans la préparation tandis que je faisais l'installation de la table. Profitant que je passe à proximité, il attrapa ma main pour m'attirer à lui, afin de déposer un baisser sur les lèvres, puis un dans le cou, ou sa délicate odeur me submergeant. Il fini alors par s'arrêter pour plonger ses yeux dans les miens avec beaucoup d'amour et il servit un magnifique petit déjeuner à Jérémy et vins, le torchon sur l'épaule, m'enlacer tendrement.


D. Elle allait tellement me manquait. Ce n'était que pour une journée certes, mais elle me manquerait horriblement comme à chaque seconde qu'elle passait loin de moi. Je m'étais bien trop habitué à ces derniers mois, sans me rendre compte que si nous avions l'éternité, ce n'était pas le cas du moment passé.

- Eh bien ! Finalement, ce n'est pas si mal que tu ne crames pas au soleil ! S'exclama Jérémy, probablement à l'attention d'Elena en voyant le déjeuner que je lui avais préparé.
- Ta sœur fait des repas merveilleux, n'est-ce pas ? Répliquais-je avec un petit sourire en coin.

Elle s'éclipsa pour monter rapidement à l'étage chercher son sac et je ne pus me retenir de la rejoindre à vitesse éclair, afin de la serrer de nouveau dans mes bras, embrassant fougueusement ses tendres et délicates lèvres, glissant deux mains sous son petit débardeur, la poussant doucement vers son lit. La passion, me dévorait entièrement mais elle me repoussa gentiment en rigolant et me lança un regard qui voulait clairement suggérer que nous n'avions pas particulièrement le temps de nous égarer, une nouvelle fois.

- Je vais te déposer, soufflais-je alors tout bas, tandis que je pus apercevoir ses fines et roses lèvres se tordre en un sourire des plus sexy.

Cette fille-là, me rendait fou. Complètement fou. Son sourire, son rire, sa voix, ses gestes et ses mimiques... Sa façon de penser et de réagir... Tout me séduisait chez elle. Cette femme était tout simplement merveilleuse. Elle faisait ressortir en moi, tout le bon que j'avais tenté d'enterrer et depuis le début, elle m'avait toujours vu ainsi. Même si, le fait qu'elle est pu me supportait était pour moi une énigme, je l'aimais et ça j'en étais certain. Et ce dont, j'étais encore plus sur, c'est qu'elle était la femme que j'avais le plus aimée, de toute mon existence et que je pourrais la chérir et l'aimais jusqu'à la fin de cette "vie".


S. Lorsqu'elle arriva, j'étais avec Caroline, qui, ignorant à quel point je m'en voulais déjà, me passait un savon sur le fait que j'avais lâchement abandonné Elena dans sa transformation avant d'aller profondément l'énerver hier. À peine, étais-je arrivé quelle m'avais littéralement "sauté" dessus, me hurlant un nombre d'insulte que je ne lui connaissais pas. Donner une excuse était peine perdu, elle criait et je l'écoutais me détruire un peu plus. Mais lorsqu'elle arriva, mon regard se braqua sur elle et Caroline ainsi que tout ce qui nous entourait ne devenait que silence.

Une rage mélangé à la jalousie et la tristesse me submergea aussitôt lorsque je la vis descendre de la voiture de Damon. Je ne me demandais maintenant plus où il avait passé la nuit... Elle était splendide et pourtant toujours si simple. Mon bonheur de la revoir s'évanouit vite lorsque mon frère la tira par la main pour déposer ses lèvres sur les siennes. Je détournais le regard. Il n'avait pas menti. Pour la première fois de mon existence, j'enviais mon frère plus que quiconque.

Moment où Caroline agita sa main devant mes yeux et me lança un « Salvatore ! Est-ce que tu m'écoutes ?! » en hurlant de plus belle. Mais mais yeux étaient de nouveau rivés sur Élena qui était maintenant dos à nous et qui faisais signe de la main à Damon qui partait enfin. La jeune blonde tourna la tête vers elle, puis se retourna vers moi et m'inspecta complètement.

- Mais je rêve ! lança-t-elle, me coupant devant ma contemplation.
- Quoi ? Balbutiais-je
- Tu es encore mordu ?!

Je ne répondais pas et retournais mon regard vers Elena, qui, tenant son sac, souffla une dernière fois. Evidement, je l'étais. J'étais mordu de cette fille à la seconde où j'avais croisé sa route. Elle ne nous avait pas encore vu. Tandis que moi, je continuais à l'admirer. Belle comme le jour et tendre comme auparavant. Elle s'arrêta quelques instants, interpellant Matt qui la serra dans ses bras, une pointe de jalousie me frappa de nouveau sachant que je ne pouvais même pas la toucher, puis lorsque Bonnie -qui était avec lui- parti très rapidement, même sous les protestations d'Elena, ce dernier voulut faire de même. Je captais alors leur conversation :

- Non, ne crois pas que tu t'en sortiras comme ça toi ! Tu vas m'expliquer tous ses comportements plus que bizarres ! S'exclama-t-elle en l'attrapant par le bras.
- Il faut que j'aile en cours Elena, à plus tard, lança-t-il en voulant lui échapper, mais elle le retient plus fort encore. Aïe ! Protesta-t-il une dernière fois.
- Je me fous de te casser le bras Matt, dis-moi la vérité !
- Je ne peux rien te dire, même si je voudrais, je ne peux pas. J'ai promis à Bonnie, vas lui parler, c'est ta meilleure amie. Il faut vraiment que j'y aille !
- Tu ne t'en tiras pas comme ça ! Cria-t-elle à Matt qui rejoignait déjà Bonnie.

À ce moment, elle tourna la tête vers Caroline et lorsqu'elle m'aperçut, son air se fana automatiquement et elle sembla hésiter. Je priais pour qu'elle vienne me voir, mais au moment même où je lui lançais le regard le plus encourageant possible, je captais une phrase qui m'écorcha les oreilles :

- Il faut qu'on trouve un autre moyen de renvoyer Klaus dans son corps.

Et si je ne me trompais pas, cette voix, appartenait à Bonnie.