Bien le bonsoir !

Me revoilà avec le chapitre 2 (j'ai été bien plus productive que ce que j'aurais cru !).

Je tiens à remercier Azedriel et Larmes-Noire pour leurs reviews, Elfyliane et Son D Akira pour avoir mis la fiction dans leurs favoris, ainsi que les 95 personnes qui sont venues jeter un coup d'oeil au premier chapitre (promis, je ne mors pas ! Vous pouvez vous exprimer dans le petit carré tout en bas du chapitre ^^).

Sur ce, je vous laisser lire, bonne dégustation !


Disclaimer : L'univers de One Piece appartient à Oda. Je l'utilise juste pour m'amuser un peu avec ses personnages ^^. En revanche Rin est ma création.


Trente ans auparavant

Katakuri avait dix-huit ans, une prime qui s'élevait déjà plusieurs centaines de millions de berrys, et un goût prononcé pour l'aventure. Big Mom quant à elle n'avait pas encore le statut d'impératrice, mais était tout de même une pirate redoutée dont la famille était en pleine expansion (elle était d'ailleurs actuellement enceinte, le responsable se trouvant être son dixième mari). Devant l'insistance de son deuxième fils et son impatience à découvrir le Nouveau Monde, Linlin avait fini par céder et lui confier sa première mission en tant que commandant du deuxième vaisseau de sa flotte (qui était en réalité un tout petit voilier capable de transporter dix personnes au maximum… on ne créait pas un empire en un jour). Katakuri était donc parti en direction de l'île des Hommes-Poissons avec ses deux autres frères triplés, Daifuku et Oven.

Leur mission était simple : ils devaient infiltrer l'île sous la protection de Shiki le Lion pendant plusieurs mois, pour déterminer quel serait le meilleur moyen ainsi que le meilleur moment pour arracher à l'empereur pirate ce territoire très convoité et se l'approprier. Les triplés n'étaient en réalité pas très emballés, ils auraient préféré avoir une mission qui aurait requis leurs talents en combat… Mais leur mère avait été claire, il n'était pas question qu'ils prennent des risques pour le moment, ils étaient encore trop jeunes. Et puis l'apparence de Katakuri était un très bon atout pour se fondre dans la masse grouillante d'Hommes-Poissons qui peuplaient l'île.

Les trois frères étaient arrivés discrètement et avaient dissimulé soigneusement leur bateau avant de partir se promener en quête d'un endroit où dormir les prochaines semaines. Ils avaient tous troqués leurs vêtements habituels pour des habits plus discrets, et Katakuri avait exceptionnellement ôté l'écharpe qui lui recouvrait le cou et les épaules depuis qu'il avait neuf ans. Il avait cédé sous les assauts répétés de ses cadets qui lui assuraient que personne ne ferait attention à son apparence sur cette île sous-marine, et qu'en plus il serait beaucoup moins reconnaissable comme cela. Le violet avait eu beaucoup de mal à s'y faire au début, mais à présent qu'il réalisait que ses frères avaient totalement raison, il se sentait beaucoup plus à l'aise. A vrai dire, il ne s'était jamais senti aussi détendu de sa vie alors que son visage était à découvert, pas même sur l'île dans laquelle ils avaient grandi tous les trois.

- ça me paraît pas mal, ici, déclara Oven en montrant un petit hôtel un peu à l'écart des rues principales de Corail Hill.

- Ouais, confirma Daifuku.

- ça me va. Je vous laisse réserver, je vais étudier un peu les environs, lança Katakuri en s'éloignant d'eux.

Ses deux frères le regardèrent partir, un peu surpris par l'impatience qui se dégageait de lui et le sourire qui s'étirait sur ses lèvres. Cela faisait très longtemps qu'ils n'avaient pas vu le visage de leur frère ainé exprimer des émotions si positives, mais cela leur faisait chaud au cœur. Il faisait trop sérieux pour un jeune homme à peine entré dans l'âge adulte.


Katakuri avait traîné pendant de longues heures dans les rues de la ville, vagabondant au gré de ses envies… et s'était finalement perdu. Il aurait facilement pu se servir de son Haki de l'Observation pour retrouver son chemin, mais il n'en avait pas envie. Il était bien là, inconnu perdu au milieu d'autres inconnus, sans pression de la part de sa famille ni contraintes à respecter… C'était extrêmement agréable comme sensation.

Le second fils de Big Mom eut soudain une vision du futur. Un panier de légumes renversé au sol et une jeune femme accroupie en train de les ramasser. Alors qu'il cherchait la raison pour laquelle c'était cette vision qui s'était imposée à lui en particulier, il sentit un choc contre sa cuisse et baissa le regard en entendant un petit cri.

- C'est pas vrai, j'ai tout renversé !

A ses pieds, une jeune femme-poisson ramassait comme elle le pouvait les algues et concombres de mer qui avaient été éjectés de son panier. Il s'accroupit auprès d'elle.

- Je peux vous aider ?

- Ce serait avec plaisir ! Déclara la demoiselle sans lui jeter un regard car trop concentrée dans son ramassage. Oh bon sang je suis vraiment désolée, je ne regardais pas où j'allais et je vous ai percuté...

- Il n'y a pas de mal. La rassura-t-il tout en l'aidant dans sa tâche. J'étais distrait moi aussi, sinon je vous aurais évitée...

Une fois la dernière algue remise dans le panier, la jeune femme-poisson se redressa et épousseta ses vêtements.

- Et bien merci beaucoup pour le coup de main Monsieur, vous êtes bien aima...

Elle croisa enfin son regard et ils se figèrent tous deux. Katakuri, parce qu'il pouvait enfin voir totalement son visage et qu'il s'agissait d'une femme-poisson poisson-ogre, ce qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Quant à cette dernière...

- Mon dieu, mais qu'est ce qui est arrivé à votre visage ? S'écria-t-elle en posant une main sur sa bouche avec un air choqué.

Le second fils de Big Mom baissa tout de suite la tête pour dissimuler ce qu'il cachait habituellement derrière sa grosse écharpe, oubliant qu'il l'avait laissée sur le bateau.

- Désolé, marmonna-t-il, ce n'est pas beau à voir...

- Ah ça vous pouvez le dire ! S'exclama-t-elle avec dans la voix une pointe de… colère ? Mais pourquoi vous vous êtes charcuté le visage ainsi ?

- … Quoi ?

- Je veux dire, pourquoi avoir rétréci votre bouche avec des points de suture ? Ça doit vous faire mal en plus parce que vos dents du fond ne peuvent plus bouger librement... elles vont finir par tomber si vous ne vous en occupez pas bien, il faut faire attention !

Il la regarda d'un air interdit, complètement dérouté par les mots de cette jeune femme.

- Mais... que... Ça ne vous dégoûte pas ? Finit-il par balbutier.

- Quoi, le fait que vous soyez mutilé comme ça ? Un peu quand même !

- Non… Je parle de ces énormes crocs qui sortent de ma bouche elle-même démesurée.

Elle éclata de rire.

- Vous alors on peut dire que vous êtes bizarre... Regardez, j'ai les mêmes ! S'exclama la demoiselle en les lui montrant avec un sourire.

C'est comme si vous me demandiez si je me dégoute moi-même. Alors bien sûr que non, ça ne me choque pas ! Chez les hommes-poissons poisson-ogre, cette dentition c'est une fierté ! Plus les dents sont longues et la bouche large, plus on est séduisant. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que selon nos critères vous êtes beau comme un dieu ! Enfin, se reprit-elle en rougissant violemment, vous l'étiez sûrement avant de vous défigurer comme cela…

Katakuri fut encore une fois totalement désarmé par la réponse de cette jeune femme. C'était bien la première fois qu'on lui disait que la partie animale de son corps était séduisante…

- Comment vous appelez-vous ? L'interrogea-t-il après s'être remis de sa surprise.

- Rin. Et vous ?

- Katsuo, mentit le violet.

- Eh bien enchantée, Katsuo, fit la femme-poisson avant de lui serrer la main.

- De même. Dites, je vais sans doute vous paraître un peu abrupt, mais il faut que je vous demande… Est-ce que vous accepteriez de prendre un verre avec moi ? Sans aucune arrière-pensée bien sûr ! S'exclama-t-il en voyant le regard vert de la jeune femme se faire plus perçant. Je veux juste m'excuser pour avoir contribué à ce que votre panier tombe à la renverse…

- Hum…

- Et puis je suis curieux. C'est la première fois que je vois un homme-poisson - ou plutôt une femme - de type poisson-ogre, alors j'aimerais en savoir un peu plus sur cette espèce à laquelle je suis liée de loin…

- Bon, c'est d'accord, abdiqua Rin. Mais un verre, pas plus, sinon je vais me faire engueuler par mon patron.

- Promis.

- Suivez-moi.

Elle le guida jusqu'à une taverne un peu à l'écart où il régnait une ambiance familiale. Le patron, un homme-poisson requin-marteau, l'apostropha avec un sourire.

- Yo Rin, t'es en avance !

- Bonjour Haruto. Tiens, voilà ce que tu m'avais demandé, répondit la jeune fille en posant son panier sur le comptoir.

- Ah, merci beaucoup. Tu prends ton service tout de suite ? L'interrogea-t-il, surpris de la voir déjà ici à cette heure.

- Non, je vais prendre un verre avec ce type d'abord. Il est nouveau sur l'île alors il s'est un peu paumé.

Katakuri ne broncha pas lorsque le regard curieux du gérant se posa sur lui.

- Oh, je vois… Ok, installe-toi tu connais la maison, répondit l'homme-poisson à Rin.

- Merci.

Elle traversa souplement le bar pour se diriger vers un coin un peu plus à l'abri des regards.

- Désolée pour ça, mais si on voit une employée prendre un verre avec un inconnu… ça va jaser. Et je n'ai pas envie d'avoir de problèmes.

- Je comprends.

- Vous êtes majeur ? Vous en avez l'air, mais je préfère demander avant de vous servir de l'alcool…

- Oui, ça fait un petit moment déjà. Et vous ?

- Pareil. La majorité est à 15 ans chez les hommes-poissons. Attendez-moi un instant, je reviens.

Rin se rassit à la table au bout de quelques minutes et déposa deux boissons fumantes devant eux.

- Cocktail maison. Vous m'en direz des nouvelles.

Le violet but une gorgée. Il n'avait pas très envie de savoir ce qu'il y avait dedans, mais c'était un vrai délice.

- Bon alors Katsuo, souffla la femme-poisson brune après avoir reposé son verre. Qu'est-ce qui est arrivé à votre visage ?

Le second fils de Linlin Charlotte prit une seconde de réflexion. Devait-il vraiment se confier à cette jeune femme ?

- Je ne suis pas un homme-poisson mais un humain, commença-t-il finalement.

- ça, je le savais, déclara Rin. Même si vous avez quelques-unes de nos caractéristiques, notamment votre grande taille et votre bouche, vous n'êtes définitivement pas des nôtres… Un métissage d'il y a quelques générations qui s'est à nouveau exprimé, je présume.

- Hum.

- Et donc ?

- Dans le monde d'où je viens, avoir une telle bouche est considéré comme quelque chose d'extrêmement laid.

- Sérieusement ? Je vois, c'est pour cela que vous avez souhaité la rétrécir... Je comprends mieux. Et les femmes humaines vous trouvent plus séduisant maintenant que vous avez ces cicatrices ?

- Je ne le sais pas vraiment, étant donné qu'habituellement je dissimule en permanence le bas de mon visage… mais je ne pense pas. La dernière fois qu'une femme m'a vue ainsi, j'avais neuf ans. C'était ma mère et elle m'a ordonnée de le couvrir pour ne plus avoir à subir ma laideur. Ce que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui.

- C'est vraiment triste. Je ne pensais pas que les humains étaient si intolérants… Vous n'êtes définitivement pas né au bon endroit.

- J'ai survécu jusqu'à présent, répondit Katakuri en haussant les épaules. Je me suis fait au fait que mon entourage trouve mon physique hideux, ça ne m'atteint plus. Et ça ne me dérange pas non plus de me couvrir la tête pour les rendre moins mal à l'aise, ça fait partie de moi maintenant.

- Hum… N'empêche j'étais sérieuse tout à l'heure. Si vous n'aviez pas ces cicatrices qui condamnent une partie de votre bouche, les femmes-poissons poisson-ogre vous auraient toutes tourné autour. Vous n'auriez même pas eu besoin de faire un effort pour les séduire.

- Je n'ai en général pas besoin de faire beaucoup d'efforts avec les femmes de toute façon, déclara le violet d'un ton détaché.

Il but une nouvelle gorgée du breuvage avant de regarder à nouveau la brune.

- Il y a beaucoup d'hommes-poissons de votre type sur l'île ?

- Non, malheureusement, soupira Rin. L'allèle "poisson-ogre" est très peu répandu dans la population et il est récessif, en plus. Il faut que les deux parents en soient porteurs pour que leur enfant puisse avoir une chance de devenir poisson-ogre. C'est pourquoi je suis très surprise que vous en ayez hérité alors que vous êtes humain, d'ailleurs. Vous avez vraiment eu de la chance.

- ça dépend du point de vue.

- C'est vrai, pardon… En tout cas, il faut que vous fassiez attention si vous vous promenez seul le soir dans les rues. Les chasseurs d'esclaves adorent cette espèce d'homme-poisson. C'est aussi à cause d'eux que nous sommes si peu nombreux. Murmura-t-elle avec une lueur triste dans le regard.

- Merci du conseil. Je serai prudent, affirma le violet.

Il se retint de lui dire qu'il n'y avait absolument aucune chance que les chasseurs d'esclaves réussissent à l'attraper, vu l'étendue de sa puissance. Autant rester dans son rôle de simple voyageur et ne pas se trahir.

- Alors, reprit la femme-poisson aux dents proéminentes, vous êtes ici depuis longtemps ?

- Je suis arrivé ce matin avec mes deux frères. Nous sommes des aventuriers qui voguons au gré de nos envies… Mais nous sommes un peu fatigués de prendre la mer. Nous avons décidé de nous poser un peu et nous installer quelques temps ici pour souffler avant de repartir.

- Wouaouh, souffla-t-elle, un brin impressionnée. Vous avez dû voir énormément de choses et vivre des tas d'expériences alors !

- Hum.

- Racontez-moi tout, je veux savoir ! S'exclama Rin en tapant des mains.

Il s'exécuta, s'arrangeant pour que la jeune femme ne puisse faire aucun rapprochement entre lui et Katakuri Charlotte. Le fait qu'il était un pirate de l'équipage de Big Mom puissant et recherché ne devait pas être découvert.


En entendant la porte de leur chambre d'hôtel s'ouvrir, Oven et Daifuku tournèrent le regard vers leur frère aîné.

- T'étais où bon sang ? Ça fait plus de cinq heures que tu as disparu ! S'exclama son petit-frère le plus âgé.

- J'ai rencontré une jeune femme, déclara-t-il négligemment en jetant sa veste sur le seul lit inoccupé.

- Oh… Bourreau des cœurs va, Ricana Oven. Alors, tu l'as sautée ?

- Non. Par contre, je nous ai trouvé un potentiel job et une excellente couverture grâce à elle.

- Ah oui ? Raconte, lui intima Daifuku tandis que le violet retirait ses chaussures.

- Elle habite dans le district des hommes-poissons, continua-t-il en s'allongeant sur le lit. Il paraît que là-bas, ils recherchent de la main d'œuvre pour construire des bateaux et les revêtir. Et tout le monde sait que les charpentiers sont d'incommensurables pipelettes… De plus, travailler dans un quartier chaud, c'est être rapidement au courant du fonctionnement de toute l'économie parallèle qui sévit dans le royaume. On pourrait ainsi facilement récolter les informations que nous recherchons.

- Mais est-ce que les hommes-poissons accepteraient que des humains travaillent pour eux ? L'interrogea Oven. Après tout, c'est de notoriété publique qu'ils n'ont pas une bonne opinion de nous et réciproquement…

- Rin m'a affirmé que cela ne posera pas de problème tant que l'on travaille bien et qu'on ne fait pas de grabuge. Et même si on n'y connait rien, on a assurément la puissance nécessaire pour rivaliser avec leur force d'hommes-poissons. Elle connait un des maîtres-charpentiers du quartier, elle a dit qu'elle nous recommanderait.

- Rin, hein, sourit malicieusement Daifuku. Tu as bien ferré le poisson dis-donc, pour qu'elle se retrouve à aider de parfaits inconnus à obtenir un job.

- J'ai un assez bon talent de persuasion, oui. Et il n'implique pas forcément de me servir de mon corps pour obtenir ce que je veux, contrairement à ce que tu aimes penser.

Le blond ricana.

- Elle est bonne, au moins ?

- Tu la trouverais très laide, contra Katakuri avec un sourire en coin. C'est une femme-poisson poisson-ogre.

- Ah ?

- Mais toi, tu la trouves comment ? Insista le dernier de la fratrie.

- Eh bien… Sa mâchoire démesurée se marie plutôt bien à son caractère et au reste de son corps, affirma le violet en toute sincérité après un court silence.

- Il va finir par se la taper, conclurent ses deux frères d'une seule voix.

- Vous êtes des obsédés, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.

- Ah mais on s'en moque hein, déclara Oven, tu peux bien coucher avec qui tu veux et avec autant de personnes que tu le veux ici… On en fera de même après tout.

- Mais tu ne dois jamais perdre de vue l'idée que ce n'est qu'une mission, et que tu ne dois t'attacher à personne ici. Termina Daifuku.

- Je ne l'oublierai pas. Affirma Katakuri d'un ton déterminé où perçait une pointe d'irritation. Je ne souhaite pas subir les foudres de Mère si la mission venait à échouer.

- A la bonne heure.


Et voilà... ça vous a plu ? N'hésitez pas à me faire part de vos impressions et critiques grâce aux reviews ;)

Dans le prochain chapitre, rencontre avec des Hommes-Poissons bien connus du manga !

A bientôt !

minimilie