Hello !
Voici le nouveau chapitre, je vous préviens tout de suite il est chaud chaud ! (Même si je n'ai pas fait de lemon détaillé, j'hésite à faire passer la fiction en M).
Merci à Silver-Fr, Aurore Heart et Maeva-Dif pour leurs reviews, ainsi qu'aux 70 personnes qui sont venues jeter un coup d'oeil sur le dernier chapitre ! (Réponse à Maeva-Dif : Effectivement les baisers c'est pas très simple vu leur condition et je suis toujours un peu bloquée au moment de décrire un baiser entre eux... J'imagine qu'ils ouvrent grand la bouche et qu'ils s'embrassent plutôt avec la langue qu'en collant leurs lèvres l'une à l'autre ? XDDDD Pour le lemon, il n'y en a pas vraiment un dans le nouveau chapitre, mais j'espère que l'ambiance électrique te satisfera quand même ^^ Bonne lecture !)
Sur ce, je vous laisse lire et apprécier les plus de 4500 mots du chapitre, on se retrouve en bas !
Katakuri se redressa difficilement. La troisième bouteille d'alcool qu'il venait de terminer commençant à avoir un effet sur sa vessie, il fallait qu'il se soulage.
Titubant légèrement, il se dirigea vers le coin d'eau de sa cabine puis en récupéra deux autres avant de s'allonger à nouveau dans son lit. Tandis qu'il débouchait sa désormais quatrième bouteille, son regard se posa machinalement sur la tête de mort qui trônait sur son épaule. Sa marque. Il eut un petit sourire nostalgique en se remémorant ce fameux jour où, frappé de plein fouet par des hormones qui ne s'étaient jamais manifestées avant, il avait laissé libre court à ses instincts les plus primaires.
Cela faisait deux semaines que Rin et lui avaient décidé de prendre les événements comme ils venaient et de ne pas se torturer avec le futur départ du pirate. Depuis leur nuit dans la forêt marine, ils étaient restés excessivement discrets, ce qui faisait que personne n'aurait pu imaginer qu'ils entretenaient une liaison (bien que Daifuku et Oven s'en doutassent un peu, vu que leur frère aîné découchait toutes les nuits à présent pour ne rentrer que très tôt le matin).
Katakuri attrapa son marteau et quelques clous avant de maintenir la planche qu'il devait fixer à la coque du navire en construction. Il se trouvait sur un échafaudage à quelques mètre du sol.
Ses pensées dérivèrent sur son amante, qui était partie la veille pour régler un truc pour Fisher dans un refuge pour Hommes-Poissons très éloigné de l'île. Elle n'avait pas voulu lui donner plus de détails et il ne lui en avait pas demandé, comprenant qu'il n'avait pas à se mêler de cette histoire même s'il l'avait trouvée étrangement mal à l'aise quand elle le lui avait annoncé. Comme si elle lui cachait quelque chose.
La vision du violet se troubla et il dut s'accrocher à la coque en construction pour ne pas perdre l'équilibre, pris d'un soudain vertige.
- ça va ? S'inquiéta Oven qui travaillait à côté de lui.
- Ouais, grogna-t-il. T'en fais pas.
L'orangé n'insista pas mais ne put s'empêcher de le surveiller discrètement, prêt à intervenir s'il le fallait.
L'aîné des triplés soupira et essaya de se remettre au travail. Depuis ce matin, il ne se sentait pas en grande forme. Maux de tête, vertiges et sensation de nausée ne cessaient de le tourmenter, et surtout cette tension qui ne quittait pas son bas-ventre... Il éprouvait une puissante et irrépressible envie de sexe, et avait bien du mal à contenir son impatience ainsi que l'irritation qui grandissait en lui du fait qu'il ne pouvait pas calmer cette pulsion pour le moment.
Il ne comprenait pas. Rin et lui avaient pourtant fait l'amour avant son départ la veille, et il s'en était trouvé plus que satisfait... Alors pourquoi avait-il autant envie d'elle à cet instant, comme s'il n'avait pas eu de rapports depuis des semaines ? Était-ce une réaction inconsciente de son corps qui anticipait le fait qu'il devrait faire ceinture pendant plusieurs jours ?
Alors qu'il attrapait une autre planche, les mains tremblantes, il la laissa échapper malencontreusement. Elle alla s'écraser au sol, à deux pas du jeune Arlong qui s'écarta d'un bond en sentant le matériau arriver.
- Qui est l'abruti qui a fait ça ? S'irrita l'adolescent.
- C'est moi, désolé elle m'a échappé des mains, s'excusa le violet. Rien de cassé ?
Le jeune homme-poisson requin-scie se propulsa jusqu'à lui avant de se positionner dans le vide juste à son niveau, le dévisageant d'un air mauvais.
- T'as un problème avec moi, l'hybride ? Demanda-t-il d'un ton menaçant.
- Non, aucun, tiqua le violet à l'entente de ce surnom qui sonnait fort péjoratif dans la bouche d'Arlong. Je t'ai dit que c'était un accident et que j'étais désolé, tu n'as pas entendu ?
- Si, mais je le trouve vachement suspect, ton accident. Comme par hasard, tu balances un objet sur la tête du troisième dirigeant du district... ça ressemble quand même beaucoup à une tentative d'assassinat ratée.
- Oh excuse-moi, grand Arlong, je n'aurais jamais imaginé que tu sois faible au point de risquer de mourir à cause d'une simple planche, siffla Katakuri dont la patience avait atteint ses limites.
L'adolescent gronda, dévoilant sa dentition dans l'intention d'intimider son vis-à-vis. Sauf que Katakuri, un peu groggy et déconnecté de la réalité à cause de la fièvre qui lui consumait le corps, ne comptait pas s'écraser cette fois-ci, peu importent les conséquences. Il montra donc lui aussi les dents tout en se mettant en posture offensive, les muscles tendus à l'extrême. Réussissant à faire hésiter le requin-scie un court instant, pour sa plus grande satisfaction.
- Katsuo, s'écria Oven en lui agrippant vivement l'épaule, qu'est-ce que tu fous ?
Il n'avait jamais vu son frère perdre son calme suite à une provocation aussi ridicule... il allait totalement foutre en l'air leur couverture avec ses conneries !
- J'apprends à ce gamin le respect, ça lui fera le plus grand bien. Il est persuadé qu'il est le plus puissant de nous deux alors que je tuais déjà des monstres marins géants quand son géniteur ne se tapait même pas encore sa mère !
- Je vais t'exploser la gueule et avec elle cette foutue bulle qui te permet de survivre sous l'eau, espèce de misérable vermine ! Explosa l'orphelin, touché de plein fouet par l'évocation de ceux qui l'avaient lâchement abandonné.
- Eh bien viens, je t'attends ! Le provoqua encore le fils de Big Mom.
Tout se passa très vite suite à cela. Arlong se jeta sur Katakuri et réussit à le faire tomber de l'échafaudage, lui faisant heurter douloureusement le sol. Le violet profita de l'élan pour lui donner un grand coup de pied dans l'abdomen, l'envoyant s'écraser sur un tas de coraux à proximité. L'Homme-Poisson se releva dans un grondement de rage, du sang s'écoulant de son arcade sourcilière, avant de revenir à la charge.
Oven et Daifuku contemplaient la scène, abasourdis, tout en se demandant comment ils allaient bien pouvoir récupérer leur frère sans se faire tuer. La rixe était d'une telle intensité que le sol à proximité tremblait sous les assauts des deux combattants, et pas un seul homme-poisson ne semblait prêt à intervenir pour les séparer. Ils étaient deux monstres de combat, deux alphas qui se disputaient la domination sur l'autre et n'avaient plus rien d'humain.
- Samegawara Seiken ! Hurla Jinbei en apparaissant soudainement entre les deux combattants.
Katakuri et Arlong furent projetés très loin l'un de l'autre grâce à cette technique de Karaté des Hommes-Poissons, la vague du Requin Marteau.
- Je m'absente dix minutes du chantier pour régler un souci de livraison, et vous trouvez le moyen de vous entretuer pendant ce court laps de temps ! Les incendia le requin baleine de bientôt 16 ans. Mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez vous, bordel ?
Pour qu'il en vienne à dire des vulgarités, c'est qu'il était vraiment hors de lui.
- C'est ce sous-humain qui m'a défié, s'insurgea Arlong en se relevant difficilement, tenant ses côtes malmenées par l'attaque de son ami. Il m'a manqué de respect alors il fallait que je le remette à sa place !
- Ce sous-humain, comme tu dis, t'aurait salement refait le portrait à l'heure actuelle si Jinbei n'était pas intervenu, grogna Katakuri en pressant son nez qui s'était mis à pisser le sang.
- Espèce de…
- Fermez-la ! Hurla le futur paladin des mers avec une aura menaçante qui aurait fait trembler le plus puissant des Rois des Mers. Vous me décevez beaucoup, surtout toi Katsuo ! Je te pensais plus intelligent que ça !
- Ce petit con a voulu essayer de jouer au dur avec moi, il était hors de question que je me laisse faire sans réagir, se défendit l'interpellé.
Le violet tituba soudainement et finit à genoux, plié en deux par une douleur sans nom au niveau du bas-ventre. L'homme-poisson requin-baleine le regarda avec stupeur, avant que la réalité ne s'impose à lui.
Le comportement agressif et totalement inhabituel de Katsuo, les yeux injectés de sang dont les prunelles viraient à l'argent, l'odeur musquée et l'aura puissante qu'il dégageait, les joues rougies par la fièvre, les vertiges et la douleur qui semblait le dévorer de l'intérieur... La composante Poisson-Ogre de l'humain s'était éveillée pour lui faire vivre ses premières chaleurs. Compte-tenu de la période, le doute n'était plus permis, même si Jinbei n'en croyait pas ses yeux.
- Katsuo, reprit-il avec un ton plus posé, tu es en rut.
- Ne dis pas de conneries Jinbei, s'écria Arlong toujours en colère, c'est juste un hybride qui n'a même pas un quart de sang d'homme poisson dans les veines, comment pourrait-il l'être ?
- Tais-toi imbécile, le coupa son aîné. Ne fais pas comme si tu sais de quoi tu parles. Tu n'as jamais vécu une période des amours, moi si, et je peux t'assurer qu'il est en plein dedans. S'il t'a attaqué, c'était pour défendre son territoire et protéger sa position de dominant, rien d'autre. Ce n'est pas de sa faute s'il a réagi au quart de tour, il n'est plus capable de réfléchir rationnellement, c'est son côté animal qui s'exprime. C'est plutôt toi qui est en tort, pour ne pas avoir réalisé cela plus tôt.
Arlong se mordit la lèvre, contrarié par ces révélations. Il aurait tellement aimé que le violet l'ait défié en ayant la pleine possession de ses moyens... ça lui aurait enfin donné un prétexte pour sortir les trois frères du District. Il ne supportait pas la proximité de ces humains et souhaitait plus que tout que ces intrus disparaissent de leurs vies... mais comme ils avaient la bénédiction de Fisher, il ne pouvait faire autrement qu'accepter leur présence sans protester et cela le contrariait au plus haut point.
Katakuri gémit en se tenant la tête entre les mains. La douleur qui lui vrillait le crâne lui donnait l'impression que celui-ci était fendu en deux.
- Katsuo, reprit Jinbei en captant son regard, il faut que tu partes d'ici. Tant que tu ne te seras pas soulagé, tu vas souffrir le martyr. Rentre chez toi, essaye de faire diminuer la pression comme tu peux... et quand tu auras repris un peu tes esprits, trouve toi une femme qui acceptera de passer la période avec toi. Il n'y a que comme ça que tu rendras les choses un peu plus supportables. Tu as compris ?
Le violet grogna avant de hocher difficilement la tête.
- Alors fais ce que je t'ai dit, vite. Plus tu tardes et plus tu augmentes le risque de te faire totalement dominer par ton côté sauvage, qui te poussera à faire des choses que tu pourrais regretter.
Le second fils de Big Mom se releva et se dirigea en titubant vers l'extérieur du chantier, là où se trouvait la cabane qu'il partageait avec ses deux frères. Quand il eut disparu de leur champ de vision, Jinbei poussa un long soupir.
- Le pire a été évité, déclara-t-il aux autres. Je dois prévenir Fisher.
Katakuri avait réussi à se traîner jusqu'à leur cabane avant de s'écrouler sur son lit, consumé par la fièvre. Il avait essayé de suivre le conseil de Jinbei, difficilement, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que se masturber ne l'avait pas aidé, bien au contraire. Il se sentait encore plus affamé qu'avant et son esprit ne cessait de lui montrer des images mentales particulièrement explicites sur ce qu'il lui faudrait vraiment pour soulager son côté poisson. Elles incluaient Rin toute nue, un lit bien solide, et une large variété de positions toutes plus extravagantes les unes que les autres.
- Putain de merde, grogna-t-il en se recroquevillant sur lui-même, son membre gonflé à l'extrême le faisant souffrir comme jamais.
Il allait crever si ses hallucinations ne cessaient pas, il le savait. Qu'est-ce qu'il aurait donné pour que ça n'en fusse pas et que la femme-poisson se trouvât réellement à côté de lui en cet instant ! Le violet avait besoin d'elle. Il fallait qu'il la trouve, c'était tout ce que lui soufflait son instinct en cet instant.
Dans un sursaut de lucidité, il activa son Haki de l'Observation et se mit à la chercher. Contrairement à ce qu'il aurait cru, utiliser ce pouvoir dans cet état se révéla incroyablement facile, alors que ce type de Haki requérait normalement une grande concentration ainsi qu'un profond calme intérieur… Mais là, c'était comme s'il discernait encore mieux les choses et qu'il pouvait tracer sans aucune difficulté l'aura de Rin depuis son départ hier, aussi distinctement que si un fil d'Ariane le guidait.
La femme-poisson avait pris le chemin qui reliait le district des Hommes-Poissons à Corail Hill, puis s'était écartée brusquement du sentier pour s'aventurer dans la forêt marine. Elle avait marché longtemps, longtemps, s'enfonçant au plus profond de la forêt, dans une zone où il n'était lui-même encore jamais allé… jusqu'à une habitation perdue dans une clairière isolée et protégée par une bulle d'air, à deux pas des dorsales océaniques.
Le fils de Big Mom désactiva son Haki et se remit debout. Il n'y avait pas un instant à perdre.
Dans les profondeurs de la forêt marine, Rin hurlait de douleur en s'accrochant fortement au sommier du lit que contenait la cabane où elle s'était réfugiée. Une fois la crise passée elle essaya de détendre ses muscles avant de fermer les yeux, la respiration sifflante et le cœur battant la chamade.
Si elle avait su que ses chaleurs seraient si fortes cette année, elle aurait peut-être hésité avant de demander à Fisher de l'aider à s'enfermer ici comme d'habitude à cette période… Mais en même temps elle aurait dû s'en douter. Ça faisait plus de dix ans que le dernier spécimen mâle d'homme-poisson poisson-ogre habitant sur l'île avait été capturé par des marchands d'esclaves… Sa partie animale attendait depuis des années un partenaire de son espèce avec qui elle pourrait s'accoupler, alors comment son corps n'aurait-il pas pu réagir violemment à la présence de Katakuri ? Et en plus, ils étaient déjà amants avant même que la saison ne commence… Toutes les conditions étaient réunies pour déclencher un déferlement d'hormones dont le but final, la consécration de cette première saison des amours à deux, était l'apposition de la marque. Sauf que Rin ne voulait pas que Katakuri la voie dans cette état, et encore moins prendre le risque de le marquer.
Dans les fonds marins, rien n'était plus dangereux, puissant et obstiné qu'un homme-poisson en proie à ses chaleurs. La brune ne pourrait pas empêcher son corps de réagir pour obtenir ce que son instinct désirait plus que tout et elle était terrifiée à cette idée. Malgré le fait que son amant soit un pirate extrêmement puissant, elle serait capable de le harceler jusqu'à le pousser dans ses derniers retranchements, de le toucher même s'il n'était pas consentant, de le violer s'il tentait de se rebeller, et peut-être même de le tuer sans le faire exprès parce qu'elle doserait mal sa force tout à sa colère de le voir se refuser à elle !
Quant à la marque… A ce qu'on disait, c'était un processus à la fois extraordinairement excitant et terriblement douloureux. Et les Hommes-Poissons étaient membres d'une espèce tellement vaniteuse que lorsqu'ils se plaignaient d'une douleur, c'est que celle-ci était en réalité au moins mille fois plus intense que ce qu'ils décrivaient… alors comment un simple humain, bien que possédant un hybride parmi ses ascendants, pourrait-il résister à une souffrance pareille ?
Non, si elle n'arrivait pas à se contrôler et qu'elle le marquait par inadvertance, Katakuri ne pourrait certainement pas survivre à un tel supplice. S'éloigner de lui était la seule chose à faire pour le protéger. Elle avait fait le bon choix, même si cette décision était en train de la faire souffrir plus que tout ce qu'elle avait subi en une vie.
La porte d'entrée s'ouvrit brusquement et la jeune femme se redressa avant de sortir du lit, complètement prise au dépourvu. Qui pouvait bien venir ici ? Elle se mit en posture défensive, regrettant un instant d'avoir demandé au chef du District des Hommes-Poissons d'enchaîner un de ses pieds pour qu'elle ne soit pas tentée de partir à la recherche du violet. Si l'intrus était un marchand d'esclave, elle était mal. La femme-poisson écarquilla les yeux quand elle reconnut enfin son visiteur inattendu.
- C'est pas vrai… souffla-t-elle alors que ses yeux se remplissaient de larmes.
Le violet referma la porte avant de se tourner vers son amante avec fébrilité. Elle avait l'air tout aussi mal en point que lui… Et le fait qu'une longue chaîne la retenait dans cette pièce, sans espoir de s'échapper, faisait monter en lui toutes sortes de pulsions pas franchement avouables.
- Mais qu'est-ce que tu fous ici, Katakuri ? S'énerva Rin, totalement paniquée alors qu'elle sentait une nouvelle bouffée de chaleur monter en elle du fait de la simple présence du fils de Big Mom à ses côtés.
- J'avais besoin de te voir, souffla-t-il d'une voix rauque.
- Imbécile ! Tu ne te rends pas compte du merdier dans lequel tu t'es fourré, je suis en rut ! S'énerva-t-elle en fermant les yeux pour ne plus voir son corps affreusement tentant.
- Je sais.
- Alors tu sais aussi que tu ne dois pas rester ici, c'est trop dangereux.
- Je ne bougerai pas.
- Mais sombre crétin, s'étrangla la femme-poisson en lui lançant un regard désespéré, tu ne comprends pas que je suis dangereuse ? Je ne contrôle plus rien, je n'ai qu'une envie en ce moment c'est de t'arracher tes vêtements et te faire sauvagement l'amour à même le sol sans même prendre le temps de vérifier si tu es d'accord ou pas !
Le violet trembla de plaisir à cette évocation. En un instant, il fut près d'elle, leurs visages à seulement quelques centimètres l'un de l'autre.
- Ça tombe bien, j'ai le même genre d'idées incrustées dans la tête en ce moment...
Rin se figea en remarquant la couleur désormais acier des prunelles du jeune homme.
- Ce n'est pas… ça ne peut pas être vrai…
- Mes envies sont pourtant bien réelles… Tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je les mette en pratique, n'est-ce pas ? L'interrogea-t-il avec une voix rendue plus grave par le désir.
-Katakuri, tu n'es pas dans ton état normal, il faut que tu par...
Il l'embrassa férocement pour la faire taire, pressant son corps contre le sien d'une main et lui maintenant la tête de l'autre main pour qu'elle n'essaye pas de lui échapper. La femme-poisson ne put s'empêcher de gémir, submergée par les phéromones qui suintaient du corps de son amant.
Pendant son enfermement, elle avait imaginé bien des scénarios, mais Katakuri en chaleur… C'était complètement inimaginable, et bien plus excitant que tous les fantasmes qui lui avaient traversé l'esprit jusqu'à présent.
Elle qui avait eu si peur de le blesser se retrouvait maintenant face à un mâle en rut qui la dominait de toute sa puissance, l'enjoignant à se soumettre sans plus attendre… Dieu ce que ça la faisait mouiller. Alors elle balaya les dernières bribes de raison qui l'habitaient encore, cédant enfin aux pulsions qui la tiraillaient depuis le matin.
Sentant sa compagne répondre enfin à son baiser, le fils de Big Mom laissa échapper un grognement appréciateur avant de la soulever pour l'amener jusqu'au lit. Fébrile, il lui arracha ses vêtements avec empressement tandis qu'elle essayait de faire de même pour les siens, puis s'allongea sur elle pour lui dévorer à nouveau les lèvres. Pas de temps pour les préliminaires, de toute façon ils étaient plus que près tous les deux. Tandis qu'il s'enfonçait en son amante d'un geste sec, il poussa un soupir de contentement qui fit écho au gémissement lascif de celle-ci, avant que l'animal qui sommeillait en lui ne prenne totalement le contrôle de son esprit.
Le claquement indécent de leurs corps l'un contre l'autre résonnait dans la cabane, et le lit tremblait sous eux tandis que leurs gémissements incontrôlés envahissaient l'air. Rin était complètement submergée par toutes les sensations que lui procuraient ce coït. Elle n'avait jamais ressenti les choses aussi intensément et se sentait perdre complètement pied. C'était comme si tous les évènements survenus dans sa vie jusqu'à présent n'avaient eu pour seul but que de la conduire à ce moment, de la mener vers cet homme qui l'aimait si complètement et ardemment. Elle pouvait bien mourir après qu'ils se soient libérés, plus rien n'aurait d'importance. Elle se sentait enfin entière.
Un goût d'encre lui envahit la bouche et elle réalisa que si elle continuait, elle allait marquer le violet. Elle voulut se dégager, ultime sursaut rationnel qui vola complètement en éclats quand elle sentit les dents de son amant s'enfoncer violemment dans son épaule. La femme-poisson jouit en hurlant avant de le mordre à son tour, incapable de contrôler cette pulsion animale qui venait de sceller leur destin, puis perdit connaissance.
Quand Katakuri reprit ses esprits, il avait mal absolument partout et la désagréable sensation d'être secoué comme un sac à patate. Il ouvrit difficilement les yeux et après quelques instants d'adaptation à la luminosité de la pièce, il parvint à discerner son amante au-dessus de lui, en larmes.
- Rin ? Bredouilla-t-il d'une voix éraillée.
- Oh bon sang ! S'exclama celle-ci avant de s'accrocher à lui de toutes ses forces, sanglotant dans le creux de son cou. J'ai eu si peur que tu ne te réveilles pas…
- Pourquoi je ne me serais pas réveillé ? L'interrogea-t-il, un peu perdu.
- Tu es resté inconscient toute la nuit !
- Quoi ?
- Moi aussi ceci dit, reprit la femme-poisson en reniflant, mais ça fait plus d'une heure que j'essaye de te faire émerger et tu ne réagissais pas… J'ai vraiment paniqué, ne me refais plus jamais une peur pareille.
- Désolé, s'excusa-t-il en embrassant doucement sa tempe.
Son regard dévia sur l'épaule de son amante et il se figea en apercevant les arabesques noires qui s'y trouvaient désormais. Tout lui revint subitement en mémoire, l'incident au chantier, son arrivée dans la cabane, leur déferlement de passion… la morsure.
Le fils de Big Mom caressa doucement du bout des doigts la marque. On pouvait encore discerner la trace de ses dents sur la peau rougie et maculée de sang séché par endroits, mais le tatouage s'étalait plus loin que la zone mordue. Il représentait une tête de mort ailée qui s'étendait de l'avant-bras à l'omoplate, surmontée d'une zone complètement sombre sur l'épaule avec des motifs dentelés qui correspondaient aux endroits où les dents acérées du violet s'était enfoncées dans la chair de Rin.
Katakuri jeta un œil à son propre corps et vit sans surprise la même marque sur son épaule gauche. Son tatouage était plus grand encore, trois lignes verticales épaisses barrant son torse de long en large (cinq autres parcouraient également son flanc et son dos, mais il ne pouvait pas les voir dans sa position). La zone était encore douloureuse, Rin n'y était vraiment pas allée de main morte… S'il n'avait pas un gabarit exceptionnellement grand pour un humain, elle lui aurait certainement déchiqueté le bras pendant sa transe.
Le violet releva la tête pour enfin croiser les pupilles vertes de la jeune femme, qui observaient ses réactions avec une pointe d'appréhension.
- Alors c'est à ça que ça ressemble, une marque de poisson-ogre… fit-il finalement. C'est grand, plus que ce que j'aurais imaginé.
- La taille est proportionnelle à la profondeur de la morsure, expliqua en bredouillant la jeune femme. Plus une espèce mord fort lors du coït, plus la marque est étendue.
- Et sa forme, la tête de mort ailée… cela signifie quelque chose ? Ou c'est la même pour tous les membres de la même espèce ?
- Je ne sais pas. Je n'ai pas vu beaucoup de marques dans ma vie, c'est quelque chose d'intime que les Hommes-Poissons n'aiment pas trop montrer… Je ne peux pas te répondre.
Il hocha la tête avant de reporter à nouveau son attention sur la marque de son amante. Il avait encore du mal à réaliser que c'était lui qui était responsable de cela. Quelques jours auparavant, il n'aurait jamais pensé pouvoir être impacté par les mêmes hormones que les Hommes-Poissons, alors être capable de marquer quelqu'un… Inimaginable, mais pourtant vrai.
- Je suis vraiment désolée, Katakuri.
Le fils de Big Mom la regarda à nouveau, un peu étonné. Il avait ressenti la détresse et la tristesse de sa compagne aussi intensément que si c'était lui-même qui avait eu ces émotions. C'était donc ça, la connexion psychique dont avait parlé Joko… Très étrange. Il mettrait du temps à s'habituer.
- Pourquoi est-ce que tu t'excuses ? Lui demanda-t-il finalement.
- Ce qui s'est passé n'aurait jamais dû arriver, continua Rin. Je me suis éloignée précisément pour éviter de te marquer, parce que j'avais peur de te tuer sur le coup et aussi parce que je craignais les conséquences si jamais tu t'en sortais… Mais au final, nous nous retrouvons marqués tous les deux, tu pars dans deux semaines et je ne peux pas te suivre là où tu iras. C'est comme si on était déjà morts, en somme.
Dis comme ça, la situation était peu reluisante en effet...
- Viens avec moi. Lui lança-t-il subitement en se redressant.
- … Pardon ?
- Viens avec moi dans le Nouveau Monde. Répéta-t-il, inspiré.
- Mais …
- Tu as dit toi-même que maintenant qu'on est liés, on allait mourir si on se retrouvait séparés, non ? La coupa le violet. Alors quitte à être tués, autant qu'on le soit ensemble en affrontant ma mère, plutôt que crever de chagrin seuls chacun à un bout du Monde.
Elle resta un instant silencieuse, digérant ses paroles.
- Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Hésita-t-elle. Il y a deux jours encore, tu me détaillais toutes les raisons qui indiquent que c'est une très mauvaise idée de venir, pour me décourager de m'enfuir avec toi…
- Il y a deux jours, les choses étaient différentes, trancha Katakuri. J'avais encore espoir qu'on puisse essayer de reconstruire nos vies loin l'un de l'autre. Mais cette marque change absolument tout et a définitivement scellé notre destin. Soit on vit ensemble, soit on meurt, il n'y a plus aucune autre perspective envisageable. Et je refuse de mourir seul pathétiquement, parce que je n'aurais pas eu le courage de tenir tête à ma mère pour lui imposer ma décision.
- …
- Je veux au moins essayer de nous laisser un infime espoir… Peut-être que lorsqu'on lui expliquera notre situation, Mère comprendra que nous n'avons pas eu le choix, qu'on s'est battus contre quelque chose qui nous dépassait et que l'issue était inévitable. Peut-être bien qu'on réussira à l'attendrir et qu'elle se montrera indulgente si on lui promet tous deux une obéissance sans faille et sans conditions à partir de maintenant… Peut-être même qu'elle nous laissera en vie, et ce serait vraiment bête de rater cette occasion en nous séparant dans deux semaines.
Il prit le visage de sa belle entre ses mains, la regardant droit dans les yeux avec détermination.
- Tentons le coup, Rin. Si ça marche, on sera heureux pour toujours. Et si ça foire… Au moins, on mourra en sachant qu'on a vraiment tout essayé.
La femme-poisson le sonda longuement, mais ne vit aucune hésitation en lui, sa décision était prise. Elle pouvait juste sentir qu'il était inquiet de sa réponse, et de plus en plus nerveux tandis que sa réponse tardait à venir. Son visage se fendit finalement d'un sourire et elle frotta doucement son nez contre celui du violet.
- D'accord, essayons ça. On n'a plus rien à perdre, après tout.
Katakuri sourit et l'embrassa avec passion, heureux d'avoir réussi à la convaincre.
Se sentant redevenir dur, il rompit le baiser pour lui poser une question qui le titillait depuis son réveil.
- Alors, c'est fini le rut, maintenant qu'on s'est marqués ?
Elle lui embrassa l'épaule gauche avec un sourire malicieux, le faisant frissonner.
- Disons que ce sera un peu plus apaisé, moins brutal… Mais on en a encore pour au moins deux jours de marathon sexuel.
- Génial. Termina-t-il avant de la faire basculer en-dessous de lui et de couvrir son cou d'une pluie de baisers.
Alors, qu'avez-vous pensé de tout cela ? Le combat entre Arlong et Katakuri, les retrouvailles dans la cabane, le réveil après la marque ? J'ai vraiment hâte d'avoir vos retours, ce chapitre m'a donné du fil à retordre !
Prochain chapitre dans deux semaines je pense... peut-être moins si j'arrive à écrire efficacement, j'aimerais finir la fiction avant les grandes vacances, mais je ne sais pas si j'y parviendrai il reste encore pas mal de péripéties XD
A bientôt,
minimilie
