CHAPITRE 2: La ministre de la magie

Les trois semaines suivantes passèrent sans encombre. Albus, comme à son habitude, passait la majorité de son temps au château de Poudlard, dans son bureau. Cette pièce circulaire ne contenait qu'une seule fenêtre, mais la vue depuis cette dernière suite le domaine était magnifique. Des portraits des anciens directeurs de l'école remplissaient les mur, et un grand tapis recouvrait le sol. Les seuls endroits où la pierre se voyait encore étaient le plafond, les escaliers menant à l'étage et la cheminée. Dans cette-dernière, un feu brûlait sans arrêt, mais il ne semblait pas dégager de fumée. De plus, un magnifique oiseau de la taille d'un cygne, avec un plumage rouge vif, un queue, des serres et un bec doré trônait sur un perchoir d'or. C'était le phénix d'Albus, Fumseck; cet oiseau fantastique possédait trois caractéristiques principales: premièrement, il pouvait soulever des charges énormes; deuxièmement, ses larmes avaient un pouvoir de guérison très puissant; ensuite, son chant était capable de redonner espoir à l'être le plus désespéré qui existait; et finalement, ses plumes servaient de coeur pour les baguettes magiques (le coeur d'une baguette donnait le pouvoir à cette dernière; elle pouvait être d'origines différentes: plume de phénix, crin de licorne, etc. De plus, la baguette de Sureau, très spécial, avait un coeur de crin Sombral, un cheval sombre visible que par les morts). Enfin, des placards et armoires répartis dans la pièces comportaient des objets de toutes sortes, dont la majorité était quand-même rangée sur la table de travail (même si cette table ressemblait plus à une planche surpeuplée de choses inutiles prêtes à être vendues à la brocante qu'au bureau d'un directeur et ne servait sûrement que très peu pour le travail). Ces objets provoquaient un doux fond sonore qui rendrait fou toute personne vivant ici, excepté Albus. Lui, les vrombissements et toutes sortes de bruits l'apaisaient.

Albus, dans son bureau, méditait et se laissait souvent embarquer dans des réflexions durant des heures, pendant lesquelles le professeur murmurait des choses incompréhensibles, réfléchissait, assis sur son fauteuil (à un moment, il se surprit même à fumer de la tête; il se dirigea alors vers une petite fontaine cachée sous les escaliers et s'arrosa le visage. Ensuite, se relevant, il pensa au fait que ce n'était pas logique, vu qu'il n'avait rien mangé, puis retourna à sa table). Les matins et les après-midis se déroulaient pratiquement tous comme ça. Albus s'asseyait sur son fauteuil, croisait ses doigts sur sa table, là où il y avait encore de la place, et commençait à fixer un point à travers ses lunettes en demi-lunes. Parfois, quand il semblait chercher quelque chose, il se levait et se mettait à faire les cent pas en tournant devant sa cheminée. Puis, après des heures de marche, il s'asseyait de nouveau et se remettait à fixer d'un regard vide ce qu'il avait face à lui.

Un jour, peu de temps après, une femme d'une trente à quarantaine d'années et vêtue d'une longue tunique vert-olive ainsi que d'un chapeau pointu de la même couleur entra par la porte, et s'approcha d'Albus, qui lui tournait le dos et était en train train de revisser une de ses nombreuses machines.

— Professeur, j'ai envoyé les lettres aux élèves… — dit-elle d'un ton de professeur sévère. — Professeur… vous cherchez quelque chose? — Sa voix était devenue plus intriguée que sévère.

Albus venait en effet de se baisser, ayant perdu une pièce de l'objet qu'il réparait avec tant d'attention, et se mit à fouiller sous son bureau tout en marmonnant.

— Oui… Où peut-il bien être? — répondit-il, — mais je vous écoutez, Minerva, je vous écoute.

— Avez-vous besoin d'aide?

— Non, merci, je vais d'ailleurs moi-même arrêter de chercher pour l'instant. Il faut que je m'occupe d'un… comment dit-on? Cas spécial?

Sur ces mots, le vieil homme se leva en prenant soin de ne rien faire tomber de son bureau, et se tourna vers Minerva. Celle-ci sursauta quand elle le vit, et mit ses mains devant sa bouche pour retenir un cri. Albus avait le visage noir de cendres, la barbe et les cheveux en partie brûlés, mais ne paraissait pas se rendre compte de son état.

— Qu'y a-t-il, Minerva? — demanda-t-il en levant un sourcil. — Vous en faites une de ces têtes…

— Albus… Albus, qu'avez-vous encore fait?

— Moi? — Il se tourna vers un petit miroir, posé sur son bureau, et se regarda dedans. — Ah, ça… — Il se retourna vers Minerva et fronça les sourcils, tout en souriant. — Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce que l'explosion soit d'une telle puissance…

Albus sortit sa baguette de son long manteau, baguette simple ayant juste deux petites sphères au bout du manche, d'un bois magnifique combinant comme couleurs le bordeaux et le marron du bois, et mesurant aux alentours de la quarantaine de centimètres. Il fit un mouvement presque imperceptible du poignet, ce qui eut pour conséquence de nettoyer son visage et de faire repousser sa barbe et ses cheveux là où il en manquait.

— Et voilà!

Minerva secoua la tête.

— Albus, si vous continuez vos expériences, vous risquez de le payer cher.

Le sourire d'Albus se transforma en sourire paternel.

— Minerva. Les risques font partie de la vie. On ne peut pas les faire disparaître juste comme ca, par un claquement de doigts.

— Vous n'êtes pas obligé de faire des expériences! — Minerva avait dit cela de façon désespérée, comme si elle savait déjà que sa tentative allait se solder par un échec. — Vous pourriez très bien être un directeur normal, qui n'aurait à s'occuper que de la paperasse administrative! Là au moins, il n'y aurait pas de danger…

Albus s'adossa contre sa table et baissa la tête. Elle ne comprend toujours pas!, pensa t-il. Puis il releva la tête et commença à scruter le visage de Minerva.

— Quel est le but de votre vie, Minerva? — demanda t-il très sérieusement.

La surprise de Minerva McGonagall fut telle qu'un silence s'installa dans la pièce.

— Euh… je ne sais pas… enseigner la métamorphose… je crois… et bien-sûr combattre le mal, mais depuis Gellert Grindelwald…

Albus frappa dans ses mains, comme s'il venait d'avoir la réponse exacte à une question de la part d'un élève non-travailleur et totalement déboussolé.

— Eh bien voilà! Combattre les forces du mal! Quel noble but… et pourtant, c'est celui qui est accompagné du plus de risques!

— Mais ce n'est pas la même chose! — Minerva paraissait de plus en plus désespérée. — On est obligé de combattre le mal pour rester en liberté!

Albus sourit, puis fit le tour de son bureau, s'arrêta un instant caresser et admirer Fumseck (Quel magnifique animal!), puis rejoignit sa chaise et s'assit. Il s'accouda à sa table de travail et observa Minerva, pendant quelques instants par dessus ses verres et ses doigts entrelacés. Après quelques instants, il fit signe à Minerva de soirée. Celle-ci, quoique sûrement à contre-coeur, pensa t-il tristement, tira une chaise et s'assit.

— Minerva, ce que je fais, c'est ma propre volonté… j'étudie sans arrêt la magie, c'est l'un de mes buts dans la vie — Albus se tut un instant, puis reprit. — Vous savez, il n'y a pas d'un côté ceux qui sont doués, et de l'autre ceux qui ne savent rien faire. Il y a juste d'un côté ceux qui veulent réussir, ceux qui font tout pour réussir, ceux qui ont confiance en eux, et de l'autre côté, il y a ceux qui ne sont pas intéressés, qui se croient déjà largement assez bons ou qui n'ont pas confiance en eux-même. Ce-dernier étant d'ailleurs le cas le plus répandu, malheureusement, car c'est le plus compliqué à changer. Quoi qu'il en soit, ce que je veux vous dire, c'est que les grands sorciers n'ont pas un don. Il ont juste su comment acquérir le pouvoir. Sans vouloir me vanter, je crois pouvoir affirmer que j'ai réussi, que j'ai un pouvoir respectable. Mais je ne l'ai pas eu parce que j'étais doué, je l'ai eu parce-que j'ai toujours tout fait pour l'avoir, y compris des expériences, dangereuses, certes, mais qui en valaient la peine. — Et j'avais un désir, qui me poussait à faire tout ça… Pour le plus grand bien… Et même si c'est Gellert qui a eu l'idée, je l'ai suivi, pendant des années, dans une quêtequi devait nous faire devenir les maîtres du monde… Si Elle n'avait pas été tuée… Si Ariana n'était pas morte, peut-être que je serais encore avec Gellert, et on serait peut-être déjà détenteurs des deux autres horcruxes… pensa Albus, puis il chassa cette pensée de son esprit. Heureusement, Minerva ne semblait rien avoir remarqué. — Vous aussi, vous êtes douée en magie, mais ce n'est pas parce que vous aviez dès le début un pouvoir surpuissant! C'est parce que vous avez travaillé dur pour atteindre le niveau que vous vouliez tant atteindre.

Minerva ne bougeait plus. Elle fixait Albus, comme si ce-dernier était en train de lui enseigner ce qu'elle avait toujours voulu savoir. Après quelques instant de silence, Minerva secoua la tête.

— J'espère un jour devenir comme vous et avoir réponse à toutes les questions.

Albus sourit tristement.

— Je n'ai pas de réponses à toutes les questions. Et, malheureusement, il y a des questions auxquelles je n'aimerais pas connaître la réponse.

Minerva le regarda encore une fois d'un air étonné. Puis elle se ressaisit, et repris sa voix sévère.

— Donc j'ai envoyé les lettres aux élèves, et j'ai récupéré la liste des première années.

— Merci, Minerva. À ce propos, il faut que je vous parle. C'est à propos de Remus Lupin…

— Qui? — demanda Minerva, étonnée. — Qui est Remus Lupin?

— Vous n'avez pas un dénommé Remus John Lupin dans la liste, Minerva? — demanda Albus, en cachant son étonnement à lui.

— Non, pourquoi?

— De qui vient la liste? — interrogea t-il, puis devinant la réponse, il ajouta rapidement — Du Ministère?

— Oui, comme toujours.

Albus soupira, puis murmura quelque chose. Minerva se pencha.

— Qu'y a-t-il?

— Rien, j'ai juste oublié le petit détail que représente le Ministère.

Minerva McGonagall le regarda d'un air incompréhensif.

— Minerva, ajoutez Remus John Lupin à la liste des première années, s'il vous plaît. — Voyant le regard interrogateur de la professeure, il ajouta — Ne vous inquiétez pas, je vais aller voir le ministre.

Minerva sortit un long parchemin et nota quelque chose à la fin. Albus l'observa un instant, puis, quand elle releva la tête, il déclara:

— Il faut que vous appreniez à vous détacher du Ministère, Minerva, ou bien vous finirez par perdre votre liberté. Je sais qu'un lien, et non des plus faibles, existe toujours entre vous et lui, mais croyez-moi, ce n'est pas l'obéissance sans discussion envers le Ministère qui va changer les choses.

Minerva crispa la mâchoire, mais ne fit rien entendre. Albus l'aperçut, et son sourire s'effaça de son visage. Il continua tristement:

— Minerva… il faut savoir passer à autre chose. Si on s'accroche à son passé, et que l'on ne s'intéresse plus au présent et au futur, on arrête de vivre. On continue sa vie dans des rêves, dans un univers que l'on sait irréalisable, mais la souffrance est telle que c'est notre seul moyen de l'apaiser. Il ne faut pas se soumettre à elle, Minerva, il faut l'affronter. Il faut l'affronter et la vaincre, c'est le seul moyen de se libérer de ses chaînes.

Cette fois-ci, la professeure de métamorphose émit un petit bruit, qui ressemblait vaguement à un grognement de désapprobation caché, puis elle se tourna rapidement vers la fenêtre de la chambre d'Albus. Ce dernier pensa à lui parler d'Ariana, puis chassa cette idée. Elle est morte. Et c'est moi qui dit de passer à autre chose… Mais je crois que dire la vérité devrait suffire.

— Remus est un loup-garou, Minerva.

Les mots d'Albus résonnèrent dans la salle, et Minerva fit brusquement demi-tour, accompagné de quelques cris de surprise et agitations venant des portraits. Et bien voilà, pensa Albus.

— Quoi!?

— Vous avez bien entendu. C'est un loup-garou, et il faudra veiller sur lui.

— Mais il va mettre en danger tous les autres élèves!

— Non, j'ai pris tous les mesures nécessaires. — À l'inverse de Minerva, Albus parlait d'un ton calme et posé, comme à son habitude.

— Mais vous ne m'avez rien dit!

Elle ne s'en rend pas compte… son double jeu peut devenir dangereux. Il faut absolument qu'elle change, qu'elle grandisse… qu'elle passe à autre chose.

— Je ne vous ai rien dit, Minerva, à cause de votre liaison avec le Ministère.

— Quoi!?

Minerva fulminait. Si elle lançait de la foudre avec ses yeux, je serai déjà calciné, se dit Albus, tout en s'efforçant de cacher son sourire naissant.

— Il faut que vous compreniez, Minerva, que le Ministère n'est pas ce que vous croyez.

— Mais de quoi vous…

Albus l'interrompit en levant la main.

— Vous le savez bien, Minerva.

Je sais ce que vous ressentez, allait-il ajouter, mais il se retint. Puis il montra calmement la porte.

— Occupez-vous des derniers papiers, s'il vous plaît, pendant que je parle avec le ministre.

Minerva fusilla Albus du regard, puis sortit de la pièce et ferma la porte.

— Dumbledore… vous allez vraiment accepter un loup-garou?

— Oui, Phineas — répondit Albus en se tournant vers un portrait dont le fond représentait un serpent argenté suite un fond vert.

— Et les autres!? Vous avez pensé aux autres? — cria Phineas.

— Comme je l'ai déjà dit, — rétorqua calmement Albus, — j'ai pris les mesures nécessaires.

— Les mesures, bien-sûr… J'attends de voir quelles mesures arrêteront un loup-garou affamé près d'une école pleine...

— Ne vous inquiétez pas pour ça, Phineas. Bon, si vous voulez bien m'excuser, messieurs, je dois aller voir Mme la ministre.

Sur ces mots, Albus prit une poignée de poudre noire, de la poudre de cheminette, contenue dans un petit bol en or, puis se dirigea vers la cheminée. Arrivé là-bas, il leva son bras et jeta la poudre dans le feu. Des grandes flammes vertes apparurent quand les grains touchèrent le brasier. Ensuite, Albus articula bien — Ministère de la magie, bureau du ministre — , puis marcha dans le feu. Il sentit qu'il se mit à voyager des dizaines, voire des centaines de kilomètres en quelques secondes tout en tournant dans tous les sens, puis le tout s'arrêta, et Albus s'avança. Il venait de sortir de la cheminée située dans le bureau du ministre de la magie.

La salle était bien rangée, et des photos de famille encadrées pendaient du mur. Une table de chêne sculptée occupait une place près de la seule fenêtre, et des feuilles en désordre étaient posées dessus. Un fauteuil bleu paraissant bien confortable était poussé contre la table. Tout autour de la cheminée, des bibliothèques comportaient un grand nombre de livres. En attendant Eugenia, pensa Albus, allons voir que donnent ces fausses fenêtres. En effet, le Ministère de la magie étant sous terre, les fenêtres des couloirs et des salles avaient été ensorcelées pour paraître réelles. Ainsi, le temps qu'il faisait dépendait du bureau météorologique magique, qui avait donc une arme en cas de désaccord. Personne n'aimait travailler avec un ouragan tambourinant à sa fenêtre… Albus se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit et sentit un doux courant d'air caresser son visage quand il ouvrit la fenêtre, et se penche.

— Magnifique — lâcha-t-il.

Au dessus de lui, il un magnifique ciel sans nuage avec un soleil aveuglant. La légère brise s'accentua un peu, juste pour que le ressenti de la température soit le plus optimal possible. Albus se demanda ce qu'il allait trouver en bas, puis baissa la tête. En dessous, il vit des passants et des bâtiments. Si on lui avait demandé où il était sans qu'il connaisse la magie, il aurait sûrement répondu "Dans un immeuble, à une trentaine de mètres de haut. Mais le plus surprenant était, comme tous les habitants de Londres l'auraient remarqué, que ce qu'il voyait était le mélange entre deux paysages: à droite, il y avait une petite ruelle sombre et vide, avec une cabine téléphonique en très mauvais état. Au centre, un petit bâtiment séparait la vie en deux, et à gauche de cette résidence, il y avait une route plus large, au bord de laquelle des toilettes publiques en nombre respectable avaient été construites; mais cette route n'était pas celle qui était à gauche de l'immeuble dans la réalité. Depuis cette fenêtre, le ou la ministre pouvait donc voir de parties de Londres, qui normalement étaient distantes de plusieurs centaines, voire milliers de mètres, connectées ensemble via un groupe d'appartements.

La raison de cette vue magique était pourtant logique pour tous les sorciers connaissant un minimum le Ministère de la magie de Grande-Bretagne. Ce Ministère avait en effet deux entrées de rue différentes: la cabine téléphonique pour les visiteurs (dans cette cabine, le visiteur devait téléphoner au six-deux-quatre-quatre-deux, puis il recevait un badge site sur lequel il y avait écrit la raison de sa présence, enfin la cabine descendait sous terre à la manière d'un ascenseur pour l'amener à l'étage d'entrée du Ministère), et les toilettes pour les employés (ici, la technique était assez spéciale: celui qui voulait se rendre au Ministère devait se positionner, debout dans les cuvettes, puis il tirait la chasse; cette technique provoquait le même effet que la poudre de cheminette, mais elle était plus disponible au public). Le, ou en l'occurrence la ministre pouvait donc surveiller les deux entrées, voir si des passants moldus (c'est-à-dire non dotés de pouvoirs magiques), commençaient as douter de quelque chose, apprenaient des choses qu'ils n'étaient pas sensés savoir (depuis le Moyen Âge, les sorciers et sorciers étant persécutés, le gouvernement a décidé de vivre caché, ce qui posait parfois problèmes, comme quand, par exemple, un dragon était aperçu par un moldu; dans ces cas-là, le Ministère envoyait des agents qualifiés qui avaient pour but de faire oublier les mauvais souvenirs aux moldus en question), ou encore si des fidèles de la magie Noire préparaient une attaque contre le Ministère.

Albus se retira, pensa à s'assoir, mais abandonna finalement cette idée. Il se tourna vers la fenêtre ouverte et décida de continuer de continuer ses réflexions aux sujets très variés, allant de réflexions simples en matière de magie jusqu'à penser à Tom Jedusor, alias Lord Voldemort, et essayer de le le comprendre. Comment ce jeune homme, si doué, si aimable a pu travailler chez Barjow et Burke? Est-ce bien lui qui a ouvert la Chambre des Secrets? Et les rumeurs qui circulent… Fenrir, il l'a dit très clairement, Tom est-il vraiment devenu un Mage Noir? Si oui, où se cache-t-il et combien de temps tiendrais-je face à lui? Il a un lien si étroit avec la magie… D'ici combien d'années devrais-je admettre que je n'ai plus aucune chance contre lui? Et est-ce que l'on peut vraiment parler d'années, ou serait-ce plus logique de parler en mois, semaines ou jours… Tant de questions sans réponse, et Minerva qui disait que j'ai réponse à tout… Albus traînait dans ces pensées, quand il entendit le grincement de la porte. Il se retourna, et vit une femme de la quarantaine, cheveux bruns coupés aux niveau des coudes, et une veste noire très propre avec un insigne "ministre de la magie-Eugenia Jenkins". Elle l'observait comme si elle n'avait jamais vu quelqu'un de non invité dans son bureau (ce qui est sûrement vrai, pensa Albus).

— Eugenia, enfin — commença-t-il.

Cette dernière secoua la tête, comme pour se remettre de ses émotions, puis se dirigea vers sa table de travail et s'assit. Elle vérifia rapidement les feuilles se trouvant sur son bureau, puis leva la tête.

— Que faites vous là, Dumbledore?

Albus haussa un souci.

— Ah oui — continua Jenkins, — je vois. Avant tout, je voudrais vous demander de m'en parler, la prochaine fois qu'un cas spécial se présente.

— Le choix des élèves revient au directeur, Eugenia — affirma calmement Albus, — le Ministère n'a pas son mot à dire.

Jenkins se leva et regarda Albus doit dans les yeux. Elle veut jouer à ça, se demanda joyeusement celui-ci.

— Dumbledore, en cas de nécessité absolue, le Ministère peut relever de ses fonctions…

— ...le directeur — l'interrompit Albus, — et peut prendre le contrôle de l'école cependant — ajouta-t-il en levant le doigt, voyant que la ministre allait parler, — je crois que ce cas-ci ne peut pas être considéré comme urgent. Et de plus, je vous rappelle que vous avez plus important à faire.

Eugenia baissa la tête, puis la releva.

— Dumbledore, une unité d'élite est déjà à la recherche de Tom, mais pour l'instant, personne ne l'a trouvé. Et on n'est même pas sûr qu'il soit dangereux, il crée peut-être juste une secte… quoi qu'il en soit, il n'est pas nécessaire d'affoler la population pour rien. Même si Gellert Grindelwald n'a jamais été puissant chez nous, et cela grâce à vous — là, elle esquissa un sourire, — il a quand-même marqué les esprits. Si on sortait du jour au lendemain qu'un nouveau mage noir menaçait cette fois-ci notre pays, que ferait la population? Il faut attendre que la situation se concrétise.

Albus soupira. Il pensa à Gellert, puis à Tom. Il essayait de comparer les deux sorciers, connaissant en grande partie leur jeunesse, mais ne trouve rien qui puisse l'aider à avoir des informations manquantes sur Jedusor. Puis il se tourna vers Eugenia Jenkins et la regarda à son tour droit dans les yeux.

— Eugenia, je vais être clair avec vous. Je connaissais très bien Gellert, et nous étions… — soudain, Albus ne trouva plus ses mots. Une tristesse hors du commun l'envahit, et il essaya tant bien que mal de la cacher. — très attachés. À quoi bon le nier, il me manque encore beaucoup aujourd'hui…

Entendant cette phrase, la ministre ouvrit grand les yeux, étonnée, mais ne coupa pas Albus.

— Tout le monde a beau dire que c'était un fou furieux assassin, je trouve personnellement que Gellert était un homme… fantastique, qui n'avait pas peur d'énoncer ses opinions, et qui avait des objectifs très clairs. Objectifs que j'ai eu aussi, étant jeune. Avec Gellert, on ne pensait qu'à ça… Nous étions de grands amis, et même plus… — Albus se tourna vers la fenêtre au bon moment: il sentit une larme couler sur sa joie et se perdre dans sa barbe. — ...et notre but commun était de… — il pensa à dire "régner sur le monde et les moldus et trouver les reliques de la mort, mais changea finalement d'avis. Il n'allait pas tout dévoiler, il allait utiliser des termes abstraits. Et il n'allait pas parler des Reliques de la Mort. Il en avait une, la baguette de Sureau, la plus puissante car la plus sensible baguette jamais créée, et s'il avait pu la garder si longtemps sans que qui que ce soit ne tente d'attentat contre lui, c'était bien parce qu'il avait réussi à garder le secret de sa possession. En plus, pensa-t-il, elle n'est pas en de mauvaises mains, et je ne l'utilise, moi, en aucun cas pour faire le mal. Ça permet d'empêcher Tom, par exemple, d'acquérir une puissance encore plus grande que celle qu'il aura de toute façon. — … de faire tout pour le plus Grand Bien.

— Le plus Grand Bien? — demanda Jenkins, — C'était les termes de Grindelwald pour justifier ses quêtes de recherche du pouvoir… vous avez été embarqué là-dedans?

Albus choisit bien ses mots, puis reprit.

— Je n'ai pas été embarqué là-dedans… enfin, pas entièrement… Après tout, les plans de conquête, je les faisais avec lui… disons que c'était les erreurs de la jeunesse... Bon, tout cela pour dire que toute notre attention a été tournée vers ce projet, à partir de sa création lors de nos premières rencontres, à Godric's Hollow, il y a maintenant… soixante-douze ans. C'était chez Bathilda Tourdesac…

— L'historienne de la magie la plus renommée?

— Oui, c'est elle — continua Albus, — et c'est aussi la grande tante de Gellert… — La remontée à la surface de tous ces souvenirs devenait insupportable pour Albus, et il commença à se demander pourquoi diable avait-il eu besoin d'amener ce thème dans la discussion? — Gellert était, en plus de cela, en forte liaison avec la magie Noire. Si vous allez à Durmstrang , vous verrez ses marques gravées dans le mur… À seize, il a été renvoyé de l'école. J'avais alors dix-huit ans, moi, et c'est alors que notre quête commença vraiment. On était tous les deux libres. On a approfondi nos plans, on les a développé, on allait les mettre en oeuvre quand…

La coupure fut nette, et Albus ne pouvait plus le cacher. Ses émotions prenaient le dessus, ce qui n'était pas arrivé depuis un certain temps. Mais il avait commencé, il devait finir.

— Dumbledore? — l'apostropha Eugenia, inquiète.

Il ferma les yeux. Il n'en pouvait plus… Il avait revécu la période de sa vie la plus sentimentale, et le pire restait encore à "dire". De préférence, Albus se serait mis à crier, à balancer au sol tout ce qu'il trouvait. Il aurait préféré tout détruire jusqu'à ce que son manque d'énergie l'anéantisse, grâce à sa baguette, si puissante, mais à la fois si inutile… Lui avait-elle vraiment servi depuis qu'il l'avait récupérée, par terre, après avoir désarmé Gellert Grindelwald, il y a vingt-six ans? Avait-elle permis à son propriétaire, un vieil homme totalement surpassé par sa vie, par ses sentiments, de combler le vide dans son âme? Et d'ailleurs, chez n'importe quel autre propriétaire, avait-elle déjà servi à autre chose que de tuer ou provoquer la mort du propriétaire? Cette baguette, pourtant dite invincible, avait tant de fois était vaincue… Albus soupira. Il n'avait plus le choix, il devait finir ce qu'il avait commencé. Il devait revivre la mort.

— Albus, vous allez bien? — redemanda Jenkins.

Celui-ci, tant bien que mal, lui répondit.

— Oui… Donc, ensuite, quand on allait enfin commencer ce pourquoi on serait tant préparé, mon frère, Abelforth, est intervenu. Il voulait que je retourne à la maison, étant l'aîné, et que je m'occupe d'Ariana, notre soeur. Bien évidemment, ça n'a pas plu à Gellert. Il a accusé Abelforth d'essayer de me corrompre, et ils ont sorti leur baguette. J'ai toujours préféré la négociation au duel, même dans ma jeunesse. Je me suis donc interposé. Mais ça n'a pas suffi. Le duel a débuté, et regardé mon frère et mon… ami se battre. Bien-sûr, Abelforth n'avait pas la moindre chance. Au bout de quelques instants seulement, sa baguette a volé jusqu'à les pieds et il a commencé à hurler, comme je n'avais jamais encore entendu qui que ce soit crier. Rien qu'en entendant, on a des frissons, on ressent la douleur, et on comprend vite qu'un seul sortilège peut provoquer une telle souffrance. Pendant plusieurs minutes, je n'ai pas bougé. J'étais là, horrifié, face à Gellert qui torturait mon frère. Les hurlements m'avaient paralysé. Quand j'ai enfin agi, j'ai remarqué que c'est cela qu'attendait Gellert. C'est pour moi qu'il avait torturé mon frère. C'est à ce moment là que j'ai appris l'importance de la famille. Sans hésiter, j'ai sorti ma baguette et je l'ai pointé vers Gellert. À ce moment seulement, il a arrêté le Doloris. Mon frère gisait, par terre, à peine conscient. Ma soeur était toujours muette face à l'acte de Gellert. Et ensuite notre duel a commencé. Pendant longtemps, personne n'avait l'avantage. Puis, aussi étonnant que cela puisse paraître, Abelforth m'a rejoint. Même à deux, on ne réussissait pas à prendre l'avantage. On a continué notre duel durant peut-être des heures, chacun mettant tout ce qu'il avait, lançant tous les sports qui lui passait par la tête. Les sortilèges de mort étaient envoyés tous les deux minutes, et Gellert réussissait même à caser des Doloris. Parfois, l'un de nos s'effondrait, puis se relevait, encore plus enragé. Si Ariana… — là, Albus se surprit à essuyer un flot de larmes sur son visage, — … Si Ariana n'était pas intervenu, le duel n'aurait peut-être jamais pris fin… et ça aurait été bien mieux comme ça… Ariana s'interposa au mauvais moment. On a tous les trois, en coeur, pour mettre fin au duel, lancé le sortilège de… mort. On aurait peut-être pu les éviter, nous, duellistes, mais Ariana se retrouve au centre… — une très forte envie de se retourner et de crier le plus d'insultes possible à la ministre s'empara d'Albus, mais il restait, pour le moment, maître de ses actes. Il put donc éviter ceci juste en échange de tremblements. — Elle se prit… Un, deux ou les trois sorts. Jusqu'à aujourd'hui, on ne sait pas quel est le sort qui la touchée en premier. Si il n'y en avait qu'un.

Le silence qui suivit permit à Albus de camoufler comme il pouvait ses sentiments. Puis il se retourna, alla récupérer de la poudre de cheminette sur la table de Jenkins,puis se dirigea vers la cheminée.

— Attendez! — lui lança-t-elle. — Vous ne vouliez pas discuter de M. Lupin.

— Remus étudiera à Poudlard dès Septembre. C'est un jeune sorcier de onze ans qui a entièrement le droit de recevoir l'enseignement approprié. Quant au fait qu'il soit un loup-garou, je ne le répèterai sûrement jamais assez, mais les mesures nécessaires ont été prises.

Sa voix était grave et, s'étonnant lui-même, dénuée de tout sentiment. Son âme semblait avoir pris la relève, bloquant automatiquement la progression de ses sentiments à "l'intérieur". La seule chose que sa voix laissait transparaître, et il dit bien content de cela, était la non possibilité de contradiction.

Après avoir salué Jenkins, ce qui ne fit pas mince affaire, devant cacher sa tristesse et son désespoir, il jeta la poudre de cheminette dans le feu déjà présent, laissa entendre un "Poudlard, bureau du directeur", puis avança dans les flammes vertes.

Les jours suivant sa petite excursion au Ministère furent un cauchemar pour Albus. Tantôt il se revoyait assis à une table avec Gellert, discutant de leur plan (sa mémoire faisant bien, et ici même horriblement, les choses, il entendait même des phrases, énoncées il y a des dizaines d'années); tantôt il voyait Gellert lui sourire, lui parler des Reliques, torturer Abelforth… et le cadavre de sa soeur. Si, la nuit, le corps sans vie se dessinait dans son esprit, cela signifiait pour Albus un réveil brutal, et des heures de pensées obscures. Si c'était le jour, son âme paraissait quitter son corps, et ses pensées se perdaient de nouveau dans les plus affreux moments de sa vie. Il décida de s'enfermer, et rester des jours dans son bureau, assis, le visage enfoui dans ses mains, debout à faire les cent pas, ou encore à observer Fumseck. À certains moments, l'oiseau, qui était d'une intelligence et d'un sentimentalisme tout à fait remarquable, se mettait à chanter. Cela avait pour effet de noyer les mauvais souvenirs d'Albus, mais ces derniers revenaient à la surface dès que Fumseck se taisait. C'est alors que celui-là repensait au fait que le phénix était un oiseau qui extraordinaire qu'il était même capable de comprendre les humains et leurs sentiments…

Le quatrième jour, quelqu'un frappa à la porte en chêne de la chambre d'Albus. Celui-ci était alors en pleine réflexion sur, en fonction de sa connaissance de Gellert Grindelwald, comment pourrait-il deviner les intentions de Tom Jedusor et donc pouvoir l'arrêter (enfin s'il n'était pas déjà l'être le plus puissant au monde, mais Albus conclua que Voldemort n'était pas encore satisfait de son pouvoir: sinon, celui-là ne serait déjà plus en vie), avant qu'il ne commette l'irréparable. Quand il entendit le bruit du heurtoir de cuivre (qui était en forme de griffon) cognant contre le bois de la porte, Albus leva la tête, mais ne dit rien. Il sentait que sa tristesse n'avait toujours pas disparue, et elle ne semblait même pas vouloir s'en aller. Je n'ai même plus besoin de détraqueurs pour me rendre fou de tristesse et pour revivre sans arrêt les pires moments de la vie… se dit-il. Et même si je reçois des moments heureux, ceux-ci ne font qu'accentuer ma tristesse. L'individu attendant dehors frappa une nouvelle fois, mais bien plus fort. Albus ne répondit pas. Il se leva, se dirigea vers sa fenêtre et ouvrit. La chaleur de l'été s'engouffra dans la pièce.

— Professeur!

C'était McGonagall. Elle a dû en avoir marre de frapper à la porte, pensa Albus, et elle sait que je suis ici. Soudain, Albus se résigna à faire ce qu'il avait refusé de faire jusqu'ici. Il se dirigea vers une armoire et ouvrit. Il en sortit une grande fiole vide.

— Professeur! — hurla Minerva, — je sais que vous êtes là. Pourquoi vous cachez-vous?

Il prit un morceau de feuille, écrivit "Gellert Grindelwald" dessus, puis le fixa sur la fiole. Albus sortit sa baguette, et, lentement, la souleva au niveau de sa tête. Il ferma les yeux, et colla le bout de sa baguette contre sa tempe. Sa main commença à trembler, puis il retira la baguette.

— Pro-fe-sseur! — continua McGonagall.

Subitement, il sentit le vide dans son esprit. Albus ne savait pas à quoi il pensait au moment précédant, mais maintenant, il avait beau chercher, il ne trouvait pas. Il ouvrit les yeux, et vit sa baguette, au bout de laquelle pensait un mince filet argenté. Et il comprit. Il venait de se retirer un souvenir, et vu le trou de mémoire qu'il eût, il devina que cette pensée n'avait pas été retirée pour rien, et quelque soit la tentation de regarder le souvenir, Albus savait qu'il devait le ranger.

— Bon, professeur, quand vous daignerez enfin me parler, vous saurez où me trouver.

— Un instant, Minerva — déclara Albus, ne sachant pas que faisait-elle ici.

— Ah, enfin — soupira Minerva McGonagall. — Que faisiez-vous?

Albus ne répondit pas. Il aperçut la fiole, vit le "Gellert Grindelwald", lâcha un "D'accord…" puis mit le souvenir dans la fiole. Après cela, il boucha et rangea le récipient puis alla ouvrir la porte.

— Que voulez-vous, Minerva? — demanda-t-il d'un air naturel.

— Pourquoi avez-vous mis tant de temps à répondre? — rétorqua Minerva.

— J'étais perdu dans mes pensées… — répondit Albus en souriant. — En fait, je ne sais moi-même pas exactement.

Minerva McGonagall écarquilla les yeux.

— Vous ne savez pas ce que vous faisiez!?

— Et oui, avec l'âge, on perd un peu la mémoire…

Albus se tourna vers sa table de travail et alla s'assoir. Il ne savait pas à quoi rimait tout ce qu'il faisait, mais ce dont il était sûr, c'est qu'une petite voix lui soufflait de ne pas chercher à comprendre. Or, le meilleur moyen de ne pas être tenté était de ne pas s'y intéresser, et ça, Albus le savait très bien.

Minerva le fixa un instant, et Albus sentait qu'elle n'était pas convaincu. Il afficha un sourire innocent, mais malgré les réussites précédentes de ce type de sourire, Albus, en voyant le visage de moins en moins sûr de la professeure de métamorphose, commença à croire que son sourire ressemblait plus à un sourire narguant qu'innocent. Il décida, bien sagement d'ailleurs, d'arrêter de sourire. Puis, après quelques instants de silence, il se leva.

— Minerva, pourquoi êtes-vous là? — questionna-t-il McGonagall.

Cette dernière secoua la tête, scruta encore un instant Albus, puis reprit.

— Je venais vous demander quelle a été la réponse de Mme la ministre. À propos de Lupin.

— Elle n'a pas été contre — objecta Albus, puis voyant que Minerva McGonagall allait répliquer, il ajouta rapidement — mais nul besoin de lui envoyer une lettre, je vais me rendre chez lui dès maintenant et nous irons acheter toutes les fournitures nécessaires.

Sur ces mots, Albus montra la porte de sa main droite, et, bien qu'à contrecoeur, d'après ce qu'il voyait, Minerva sortit de la chambre. Albus caressa une dernière fois Fumseck, puis, sans même regarder derrière soi, il quitta son bureau et, d'un claquement de doigts, ferma la porte.

Quand il apparut de son tourbillon habituel devant la maison des Lupin, Albus sourit. La maison semblait intacte, et des mouvements étaient visibles à l'intérieur. Son sortilège avait visiblement fonctionné et Fenrir n'avait pas attaqué Lyall et sa famille. Albus entama sa marche vers la porte et, y arrivant, frappant doucement trois coups.

— Oui? — la question venait de derrière la porte.

Avant qu'il ne puisse répondre, la porte s'ouvrit. Lyall Lupin se tenait derrière devant l'entrée, tout sourire. Maintenant qu'Albus se tenait face à lui, il reconnut en Lyall un homme de la tente-cinquaine, éclatant de bonheur. Sa veste de sorcier était simple mais propre. Ses cheveux bruns étaient coupés au niveau des épaules et il portait la barbe.

— Entrez, entrez — dit-il en s'écartant.

Albus entra. Rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'il était venu. Soudain, une porte en face s'ouvrit et Espérance entra avec Remus, qui tirait une valise derrière lui. Les voyant, Albus sourit, puis ajouta.

— Je t'attends dehors, Remus.

Puis il sourit. Il savait que les adieux, même s'ils n'étaient pas définitifs, étaient purement personnels, et il n'avait pas envie de déranger Remus et ses parents. Il attendrait le temps qu'il faudrait, tout simplement.

Quelques minutes après, Remus sortit. Albus se tourna vers lui, souriant.

— Tu prêt?

— Oui, professeur.

Albus sourit de plus belle.

— Remus, tant que l'année n'a pas commencée, tu n'es pas obligé de m'appeler "professeur". Après, c'est comme tu veux.

— D'accord... — dit Remus d'un ton mal à l'aise. — Euh… on va faire quoi?

— On va aller au Chemin de Traverse. As-tu déjà transplané? — demanda Albus.

— Non… jamais…

— Alors si tu veux bien, on va transplaner. Tu acceptes? Ne t'inquiètes pas, les accidents sont rares pour ceux qui savent transplaner, et comme là, si on transplane, c'est moi qui nous fait transplaner, et que je sais plutôt bien transplaner, les risques sont faibles.

— Euh… d'accord… je dois faire quoi?

— Prends mon bras — expliqua Albus en levant son bras droit, — et ne le lâche surtout pas.

Remus obéit, et Albus, amusé, vit que le jeune homme semblait alarmé depuis qu'il lui avait annoncé de ne pas lâcher son bras.

— Ne t'inquiètes pas, tout va bien se passer. Et une fois que tu t'y habitues, c'est assez rigolo — finit-il.

Quand Remus attrapa le bras droit d'Albus, il disparurent dans un tourbillon et un "floup" clairement reconnaissable.