Disclaimer : Les personnages et l'univers de Saiyuki appartiennent à Kazuya Minekura

rating : M (en raison des lemon même si c'est soft et même si j'ai longtemps hésité à mettre en T)

note de l'auteur : cette fic aura plusieurs chapitres. Etant récente dans l'univers de Saiyuki, j'espère ne pas avoir fait trop d'OOC et avoir pu cerner et retranscrire les émotions des différents protagonistes.

Merci de laisser vos commentaires, bons ou mauvais, c'est toujours riche d'enseignements et cela peut faire avancer l'auteur.

SAIYUKI - Une erreur de la nature

Chapitre 2

Environ un an après

« Koryu ... Koryu ... »

Sanzô s'éveilla brutalement à l'avant de la jeep qui filait toujours vers l'ouest. Cette voix l'avait tiré de son sommeil agité. La même depuis trois jours déjà, incessante et lassante ... au moins autant que l'avait été celle de Goku jusqu'à ce qu'il aille le trouver. Il s'alluma une cigarette et soupira en entendant Goku et Gojyo se chamailler à l'arrière comme tous les jours. Et comme tous les jours il fit une généreuse distribution de coups de baffeurs sur leurs têtes d'écervelés.

- Vos gueules ! On n'arrive plus à dormir avec votre boucan infernal !

- Déjà réveillé, Sanzô remarqua Hakkaï en lui souriant. Tu dors peu en ce moment ...

- Hmf

Les yeux améthystes se portèrent sur le paysage monotone aux alentours constitué de plaines dessèchées, sans forêts avec juste quelques cours d'eau taris et si peu de villes et villages que les ravitaillements étaient rares.

- La prochaine ville devrait bientôt être en vue. Derrière cette colline, assura Hakkaï en souriant toujours.

- C'est la dixième fois que tu dis çà Hakkaï ! J'ai faim .. Je vais mourir de faim ...

- Si çà pouvait être vrai, con de singe ...

- Arrête de me traiter de con de singe ... Kappa pervers !

« Koryu ... Koryu ... »

- Vos gueules !

Cette fois le flingue renforça l'action du baffeur et Sanzô se prit la tête dans la main. Cette voix allait le rendre dingue, encore plus que les deux idiots qui l'accompagnaient. Elle devenait aussi de plus en plus forte et pressante.Il lâcha son colt qui tomba avec un bruit métallique sur le sol de la jeep, faisant cesser toute bataille à l'arrière et attirant l'attention d'Hakkaï.

- Sanzô ! Sanzô ! Le secoua Goku. Çà ne va pas ? Dis, qu'est ce que tu as ?

« Koryu ... Koryu ... »

« Deviens fort, haut moine Genjo Sanzô »

- Sanzô ! Sanzô ! Cria Goku de plus en plus inquiet devant son teint livide.

- Sanzô ? Qu'est ce qui t'arrive ? fit Hakkaï en stoppant la jeep dont Sanzô s'extirpa en titubant avant de s'agenouiller sur le sol.

- Laissez-moi seul ! Vos gueules ! Tous ! Hurla-t-il en se tenant la tête à deux mains.

- Pff ... Il nous pète un câble là ! Asséna Gojyo avec une grimace.

Ils se trouvaient au sommet de la colline et effectivement un petit village se trouvait en contre-bas. Sanzô se força à se lever et à regarder en bas et les voix cessèrent enfin.

- C'est là ! Grommela-t-il entre ses dents.

Cette personne qui l'appelait par son nom devait se trouver dans ce village.

- On y va ! Lança-t-il en remontant dans la jeep sous le regard surpris des trois autres.

- Bah ... le maître a parlé, je crois ! Ironisa Gojyo qui récolta un regard noir en retour.

Hakkaï se mit en route sans tarder tout en observant son voisin toujours livide du coin de l'oeil. Ils entrèrent dans le village à l'apparence pauvrette mais propre, net et calme.

- çà sent pas le monstre ici. Dis, Sanzô ... commença Goku

- Tais-toi !

- J'ai faim !

Bam ( coup de baffeur)

- Je t'ai dit de la fermer !

- Allons, allons, tenta Hakkaï pour apaiser la tension en levant les mains devant lui.Si nous allions manger et chercher une auberge pour la nuit ?

- Je vais me chercher des clopes ! Seul ! Occupez-vous du reste ! Précisa Sanzô en se détournant et en partant.

- Qu'est-ce qu'il a Sanzô aujourd'hui ? Demanda Goku en se grattant la tête et en suivant des yeux la silhouette longiligne du moine aux cheveux d'or. Tu le sais Hakkaï ?

- Non ... mais tu ne devrais pas t'inquiéter.

- Le singe a raison ! Ce foutu moine est encore plus mal luné que d'habitude ! C'est pénible !


Sanzô déambula au hasard dans toutes les ruelles du village, la cigarette vissée aux lèvres et l'oeil en alerte. Quelque chose clochait. La voix s'était tue si brusquement que c'en était suspect. A se demander si quelqu'un l'avait attiré ici. Mais il avait du se faire des idées. La fatigue devait lui taper sur les nerfs. Il se résigna à rejoindre les autres au restaurant, qu'il trouva facilement en raison des cris de dispute de Goku et Gojyo.

Le repas se finit dans un calme relatif et ils purent se retirer à l'auberge où tous se retrouvèrent dans sa chabre pour une partie de mah-jong. A peine avaient-ils entamé la partie qu'il perçut à nouveau un faible murmure. « Koryu ... ». Il en laissa tomber sa cigarette sur sa robe de moine sous le regard désapprobateur de Hakkaï et porta sa main à son front. Ce cirque n'allait pas recommencer !

- Bon le moine, vas-tu enfin nous dire ce qui va pas qu'on puisse faire la partie sans ta comédie ! Le houspilla Gojyo mi-figue mi-raisin.

- Sale con ! Fiche moi la paix !

- toujours aussi agréable ! C'est un vrai bonheur !

« Koryu ... » La voix était de plus en plus faible et il ressentit une sensation douloureuse de vide et de mort.

- Je dois sortir ! Marmonna-t-il en se levant mais il tituba.

Il repoussa la main secourable de Goku et se redressa. Cette étrange sensation semblait le priver d'une partie de ses forces.

- Bon ... ben on vient aussi ! De toute façon il manque un jour si t'es pas là ! Marmonna Gojyo en le suivant.

- Hmf

Le grognement de Sanzô répondit au sarcasme de Gojyo et tous se mirent en route. Les ruelles étaient désertes et l'on n'entendait que les bruits de leurs pas et les remarques de Goku.

- Sanzô, on va où exactement ?

- Ferme la !

- Son altesse est de mauvais poil ! Ironisa Gojyo en s'appuyant contre un puits au centre de la place du village. En fait, je suis sûr que tu le sais pas toi-même, moine pourri !

- C'est trop te demander que de fermer ta grande gueule ! Explosa Sanzô en sortant son colt.

- Koryu ...

Il releva brusquement la tête. La voix semblait toute proche et il entendit une prière. Une de celle que l'on récitait aux morts ou à ceux qui allaient passer dans l'autre monde. Goku s'approcha du puits et l'observa d'un oeil circonspect.

- Sanzô ?

- Ferme la ! Répéta Sanzô en soupirant et en songeant qu'il devrait investir dans un magnéto pour lui éviter de répéter cinquante fois par jour les mêmes phrases.

- Mais Sanzô ... C'est le puits ... Il parle !

- ... ?

Sanzô se figea alors que Hakkaï regardait déjà au fond tout comme Gojyo.

- Goku a raison ... enfin presque, corrigea Hakkaï. Il y a quelqu'un dans ce puits. Quelqu'un qui prie visiblement.

Ainsi ils entendaient aussi la voix. Sanzô s'approcha et se pencha mais le puits était trop sombre et trop profond pour y distinguer quoi que ce soit. Un faible murmure leur parvenait des profondeurs. La voix semblait à bout de forces.

- Oh ! Il y a quelqu'un ? Hurla Goku en mettant ses mains en porte voix, faisant sursauter ses trois compagnons concentrés sur le faible murmure.

- Mais t'es malade, crétin ! J'ai failli avoir une attaque ! Cria Gojyo en lui tapant sur la tête.

- Aïe ! Si c'était vrai espèce de cafard rouge !

Bam ! Coup de baffeur sur la tête des deux querelleurs.

- Fermez-la ou je vous descends tous les deux !

Sanzô se tourna et s'alluma une cigarette, sa veine battant follement à sa tempe.

- Toi ! Fit-il en désignant Gojyo du doigt. Descends et vois ce qui se passe là-dedans !

- T'as qu'à y aller toi-même, moine débauché !

Il se retrouva « nez-à-canon » avec le colt de Sanzô.

- Bon ! T'énerve pas ! C'est demandé si gentiment ... comment refuser ?

Hakkaï, sourire aux lèvres, revenait avec une corde qu'il avait déniché, personne ne savait comment, un peu plus loin.

- Goku et moi allons te faire descendre puis remonter tranquillement ...

- C'est rassurant ! Ne me laissez pas au fond, grommela-t-il.

- Mais non ! Que ferions-nous sans toi ? Lança Hakkaï tout en nouant solidement la corde autour de la taille du métis. Ce dernier prit appui sur les parois du puits et commença à descendre tout en grognant.

- Et pourquoi c'est toujours le même qui se tape le boulot pendant que son altesse royale fume tranquillement ? ... J'vous jure ! ... Il y a pas de fond dans ce puits de misère ? Oh là-haut ! J'y vois rien du tout !

- je te lance une torche ! Lui répondit la voix de Hakkaï.

- Et comment je vais la rattraper puisque je n'y vois rien, gros malin ? ... Aïe !

Il attrapa de justesse la torche qui venait de rebondir sur sa tête.

- Désolé ! Fit la voix polie et amusée de Hakkaï.

- Non mais j'vous jure !

- Presse-toi un peu au lieu de geindre ! Sinon on te laisse ici ! Rétorqua la voix sans appel de Sanzô. On n'a pas que çà à faire !

- Non mais j'vous jure ! C'est toi qui m'a envoyé dans ce trou et tu te permets de râler ! Ah ...

Il sentit enfin quelque chose sous ses pieds. Le sol, sans doute boueux d'après la texture souple et vaseuse dans laquelle il s'enfonça jusqu'aux chevilles.

- Pouah ! Le puits est à sec ! Cria-t-il à ses compagnons

- Heureusement pour toi qui craint de te noyer dans dix centimètres d'eau ! plaisanta Goku.

- Con de singe !

Kappa pervers et peureux ! ... Aieuh ! ... mais Sanzô ...

- C'est pas bientôt fini tous les deux ! Même à distance vous parvenez encore à vous battre !

- Allons, allons ... rétorqua la voix calme de Hakkaï dont Gojyo devinait sans peine le sourire. As-tu trouvé qui priait Gojyo ?

- Non, pas encore ... pourtant c'est pas bien grand ici ...

Il balada le faisceau de sa torche le long du mur circulaire puis sur le sol et vit une forme recroquevillée sur elle-même. Elle récitait la même prière que précédemment d'une voix si ténue qu'il se demanda comment ils avaient pu l'entendre. Quand la forme humaine prononça un nom qui lui fit arquer les sourcils.

- Koryu ...

- Eh Sanzô ! Cette personne a l'air de connaître ton petit nom ... Il vient de t'appeler Koryu !

- Ferme-la et remonte-le ! On ne va pas passer la nuit ici à t'attendre !

- A vos ordres, votre Altesse ! Grogna Gojyo. Non, mais j'vous jure! Bientôt il faudra qu'on fasse des courbettes devant ce moine à la con !

Ce faisant, il souleva la forme humaine recouverte de boue et fut étonné de sa légèreté ... et faillit lâcher son fardeau de surprise lorsque sa main tomba sur la forme arrondie d'un sein.

-Ah ben çà ! Notre moinillon nous a bien caché qu'il connaissait une femme de façon si intime ...fit-il en souriant de biais. A moins que ce ne soit une vieille !

Il braqua la lampe de poche sur le visage mais ne put distinguer les traits tant il était couvert de cette boue brune qui s'incrustait jusque dans ses chaussures. Une fois cette lourde terre glaise ôtée, la femme, jeune ou vieille, ne pèserait plus bien lourd.

- Gojyo ! L'appella Hakkaï. Tout va bien ? Tu as crié ...

- C'est bon ! Remontez-moi ... Cette personne vit toujours ... enfin, je crois ...

L'opération fut assez délicate car Gojyo n'avait plus qu'un bras libre pour manoeuvrer. La fille, même si elle était légère pesait comme un poids mort et Hakkaï et Goku tiraient la corde comme de vrais barbares le ballotant sans fin d'une paroi à l'autre du puits.

- Oh ! Faites attention là-haut ! ... Mais pourquoi moi ? Finit-il par maugréer tout en voyant enfin le haut du puits.

- Pouah ! Gojyo, tu pues ! Fit Goku en voyant apparaître le jeune homme à la crinière non plus rouge, mais d'une couleur brunâtre difficilement définissable qui ne lui disait rien qui vaille.

Hakkaï se pinça discrètement les narines tout en reculant d'un pas et en lui tendant l'autre main.

- J'espère que cette boue n'est pas trop tenace sur les vêtements et la peau ...

Sanzô ne répliqua rien et fixait la personne que Gojyo serrait toujours sous son bras gauche. Elle tenait plus de la masse brunâtre nauséabonde que d'une silhouette humaine. Impossible de définir une couleur de cheveux, un grain de peau ou une forme de vêtements. C'est à peine s'il pouvait constater sa respiration difficile, irrégulière. Une paupière lourde de crasse se souleva laborieusement, dévoilant une belle prunelle pourpre tandis qu'un sourire craquela le masque boueux.

- Merci ... Koryu ...

Elle sombra aussitôt dans l'inconscience et Sanzô se prit à regretter d'avoir demandé, ordonné plus exactement, à Gojyo de la remonter. L'erreur de la nature venait de réapparaître dans sa vie ... et ce, devant ses trois compagnons ébahis.

- Vos gueules ! Les devança-t-il. Le premier qui l'ouvre, je le bute !