Salut tout le mooonde! :D Comment allez-vous?
Haruka: Je suis contente qu'elle t'ait plue ^^ Et oui, Dégel est et reste le digne porteur de son armure et de son signe X) C'est un petit malin ;P Encore merci pour ta review et pour ton soutien! ^^
Sur ce, (je vous ai déjà assez fait languir) je ne vous retiens plus!
Bonne lecture!
(Disclaimer: Aucun des perso ne m'appartient si ce n'est Orion et Samaël... Vous allez voir... :P) (Ah et attention, langage fleuri de Kardia et scène assez trash... :/ j'espère que vous aimerez quand même ^^)
La mort.
C'est la première impression que laissa Paris dans l'esprit de Kardia.
Une odeur de mort et de peur qui flottait en permanence dans les rues de la ville et ce, où qu'ils aillent.
Le Scorpion fronça le nez:
-Ca empeste!
Dégel ne répondit pas, se contentant d'observer la misère environnante avec une légère lueur d'horreur dans les yeux: les pavés étaient jonchés de boue et des rats grouillaient à chaque coin de rue.
Le Français plissa légèrement les yeux: Paris avait bien changé…
Il avait l'impression qu'il faisait gris depuis qu'ils étaient entré dans l'enceinte de la ville et pourtant, il devait être près de midi…
Dégel soupira légèrement: un Spectre était derrière tout ça, il était de leur devoir de délivrer le peuple de cette ère de malheur…
Une femme les observa s'éloigner et cracha sur leur passage avant de faire rentrer ses enfants dans le taudis qui lui servait de maison, le visage noir de crasse et les joues creusées:
-Sales bourgeois!
Une veine palpita sur le front de Kardia et il serra le poing en grognant de vagues menaces à l'adresse de la femme. Mais comme il faisait mine de faire un pas, Dégel l'arrêta:
-Inutile: ils n'ont rien et nous semblons avoir tout…
-Et donc c'est une raison pour qu'elle me crache à la gueule?
-Non: mais c'en est une pour qu'on fasse comme si on n'avait rien vu.
Le Scorpion souffla, faisant voler une mèche de cheveux bleus qui lui gâchait la vue:
-Fais chier…
Le Français baissa légèrement la tête avant de se redresser:
-Viens: allons chercher un endroit où loger.
Ils longèrent la Seine et finirent par s'arrêter devant un bâtiment de pierre et n'avait d'auberge que le nom. Sombre, miteuse, sujette aux douces effluves du fleuve…
La classe totale!
-Bon… (Soupira Dégel) Je pense que nous n'avons pas le choix.
-Ouh là! (S'écria Kardia en secouant les mains) Sérieux, on va dormir dans cette auberge chelou?! Plutôt crever! Autant dormir dans la tente!
-Tu vois une autre solution peut-être?
Grinça le Verseau en fronçant les sourcils. Kardia grinça des dents:
-Tss… Je suis là depuis moins d'une journée et j'en ai déjà marre de cette ville!
Dégel se retourna et le fusilla du regard:
-Tu ne sais rien de la misère dans laquelle ils vivent.
-Moi? Je ne connais rien à la misère? (S'exclama le Scorpion) Et vivre dans les rues sans avoir de quoi se nourrir, c'est pas la misère peut-être?
-Tu ne sais pas dans quelle atmosphère ils vivent! C'est la Terreur ici! N'importe qui peut-être trahi par n'importe qui et pour n'importe quoi! Ces gens vivent dans l'incertitude et dans la peur du soir au matin!Alors ne dis rien, vu?
-Ouhh! (Ricana Kardia) Tu t'énerves, mon petit Dégel? Susceptible sur les bords?
-Je ne suis pas susceptible: c'est juste que tu parles sans sav…
-Ca va commencer!
Les deux Chevaliers se retournèrent d'un seul mouvement, sur leur garde… Et Kardia haussa les sourcils:
-Mais qu'est-ce que c'est que cette merde?…
Un jeune homme qui devait avoir plus ou moins leur âge trottinait dans la ruelle en souriant de toutes ses dents (enfin… exceptées les manquantes mais bon!) et exhortant les gens à sortir la tête de leurs chaumières:
-Venez tous! Vite! Tous à la place de Grève!
Les gens commencèrent à sourire et tous abandonnèrent leur travail pour s'en aller à la suite du garçon. L'aubergiste, car ça devait être lui, sortit de son établissement en se frottant les mains, un large sourire sur les lèvres:
-Ah! Ils ont pris leur temps!
Comme il allait s'éloigner à son tour, Dégel l'accosta:
-Excusez-moi monsieur…
-C'est quoi ce bordel?
L'interrompit Kardia, les poings sur les hanches. Comme le Français levait les yeux au ciel, le bonhomme haussa les sourcils:
-Quoi? C'est quoi cette langue de barbare?
Dégel fusilla le Scorpion du regard et lui intima silencieusement de se taire une bonne fois pour toute. Puis, il se tourna vers l'aubergiste:
-Du Grec, mais là n'est pas la question. Que se passe-t-il donc?
Le bonhomme éclata d'un gros rire bourru:
-Haha! Grec! Pourtant vous maîtrisez bien le Français vous! C'est pour ça que vous n'êtes pas au courant!
Dégel esquissa un sourire qui se voulait jovial:
-Comment ça?
-Keskidit?! (Geignit le jeune homme aux cheveux bleus en tapant le sol d'un pied impatient) J'comprends rien à c'que vous vous racontez!
Nouveau regard rageur du Français.
Nouveau soupir de la part de Kardia…
-Tain…
L'aubergiste lissa sa moustache d'un doigt et dit d'un air mystérieux:
-Le mieux serait que vous veniez voir par vous-mêmes!
-Voir quoi?
-Si vous voulez savoir, suivez-moi.
Et le bonhomme s'éloigna en trottinant non sans avoir dévisagé le Scorpion avant de ricaner un vague « Fufufu! Un Grec! »
Kardia sentit quelques cheveux se hérisser dans sa nuque et il s'écria:
-Ouuhh! Je sens que je vais le défoncer ce mec! Je suis sûr qu'il m'a insulté dans sa sale langue de paysan!
-Tais-toi et arrête d'être si méfiant! Viens.
Dit simplement Dégel en trottinant à la suite de l'aubergiste pour ne pas le perdre. Kardia roula des yeux désespérés et gémit:
-Maisheuuu! Je comprends pas ce qui se passe!
Dégel s'arrêta net et retint un soupir: ça lui rappelait vaguement son arrivée en Grèce. Une langue qu'il ne comprenait pas… Des coutumes étranges… Des visages inconnus…
Cette horrible sensation de solitude.
Alors, le Français se retourna et prit le temps d'expliquer la situation à Kardia:
-Ils se rendent tous sur la place de Grève pour un événement qui leur tient fort à coeur.
-Et c'est quoi cet événement à la con?
-Aucune idée.
Kardia ajusta la lanière de sa Pandora Box et se craqua les doigts, un large sourire sur les lèvres:
-Bah alors, qu'est-ce qu'on attend? Suivons-les!
Tout en courant, Dégel captait quelques mots des parisiens et pâlissait à vue d'oeil: le mot sang revenait le plus souvent… Le deuxième étant « mort »…
Plus ils avançaient, plus il se disait que ce n'était peut-être pas une bonne idée…
La place de Grève, noire de monde, ressemblait plus à une foire de village qu'à un endroit civilisé. et en son centre…
Dégel devint subitement livide tandis que Kardia murmurait, sourcils froncés:
-Qu'est-ce que c'est que ça?…
Un énorme échafaud sur lequel reposait une étrange construction de bois surmontée d'une lame luisante…
Comme Dégel entrouvrait la bouche, le Scorpion l'attrapa par la manche:
-Viens, on va voir ça de plus près!
-Non! Arrête, Kardia!
Mais le Grec ne le lâchait pas et ils se frayèrent un chemin à travers la foule pour se retrouver au second rang de populace amassée devant l'échafaud. Le jeune homme aux cheveux bleus se gratta le sommet du crâne:
-Je me demande à quoi ça sert, cet engin…
Il plissa les yeux et, soudain, une étrange lueur éclaira son regard clair: le bois du plancher avait la couleur d'une barrique de vin et dégageait une odeur âcre terriblement reconnaissable. Celle qui règne dans les abattoirs…
-Du sang?…
Un spasmes dégoûté secoua le Français à ses côtés lorsque lui aussi remarqua l'étrange couleur du bois et il souffla, la main pressée sur sa bouche:
-Allons-nous en.
-Non, attend: je veux voir ça…
Murmura Kardia, ébahi.
Franchement, Dégel se dit qu'il ferait mieux de laisser le Grec seul face à cette chose. Mais, sachant parfaitement qu'il ne parlait pas un mot de français et surtout, connaissant son tempérament, il serait risqué pour la population de le laisser déambuler seul dans les rues de Paris sans surveillance!
Soudain, un homme grimpa sur l'échafaud et la masse se tût d'un coup. L'homme déplia un long papier et d'une grosses voix rocailleuse, lut lentement les chefs d'accusation.
Kardia murmura:
-Qu'est-ce qu'il dit? Que se passe-t-il?
Dégel déglutit et entreprit de traduire les paroles de l'homme:
-Il parle de… D'accusations… Il y a trente-deux inculpés…
Kardia fronça les sourcils, sans quitter l'homme des yeux:
-Inculpés de quoi?
Dégel secoua la tête:
-Ce serait trop long à traduire individuellement… Mais ce sont des bagatelles. De trahison pour la majorité, de collaboration,… Des choses de ce genre…
Le Scorpion poussa un grognement compréhensif et intima à Dégel, d'un mouvement de tête, de continuer son travail:
-Donc… Sur les 32 accusés: 4 sont bannis, 3 sont emprisonnés à vie et les autres seront…
Le Français aux yeux améthystes devint soudain livide et sa mâchoire sembla se décrocher sous le coup de l'horreur. Kardia le regarda, mi-étonné, mi-impatient:
-Ben quoi? Et les autres?
Dégel ouvrit et referma la bouche plusieurs fois avant de parvenir à balbutier:
-Seront… Condamnés à mort.
Le Scorpion fronça les sourcils:
-Quoi? Maintenant?
Hochement de tête.
-Avec ce truc?
Nouveau mouvement de tête, accompagné d'un filet de voix:
-Allons-nous en.
Mais comme le Scorpion ouvrait la bouche pour protester, l'homme termina d'énoncer les prénoms des condamnés, descendit de l'échafaud et des tambours résonnèrent soudain.
Sur la rive gauche de la Seine s'élevait un tonnerre de cris qui se rapprochait inévitablement d'eux et Dégel murmura:
-C'est pas vrai…
Comme il resta muet d'horreur, la foule toute entière se mit à pousser des cris, des rires, à cracher insultes et crachats aux visages des condamnés qui étaient tirés et poussés plutôt qu'avançaient.
Les deux jeunes hommes étaient trop loin de ce cortège funeste pour apercevoir les visages des condamnés et ils ne les virent réellement que lorsque le premier d'entre eux fut monté sur l'échafaud.
Lorsqu'il vit les poings de son frère d'armes se serrer, Dégel en profita pour l'attraper doucement par l'épaule :
-Viens: ce n'est pas notre travail de regarder ça. On ne peut rien faire pour eux…
-Qui a dit que je voulais les aider?
Un frisson de terreur parcourut la colonne vertébrale du Verseau et il souffla:
-Co… Comment?
Le condamné devait avoir une vingtaine d'années, maximum. Son crime devait sans doute être son niveau de naissance… Trop bien né, à la mauvaise époque…
-Qu'est-ce que tu veux dire?
Le jeune homme poussa des hurlements lorsque les aides du bourreau lièrent ses mains et le poussèrent sans ménagement jusqu'à la table de la guillotine pour l'y attacher solidement.
Le Scorpion se retourna lentement et Dégel eut un léger mouvement de recul:
-Kardia?…
La table bascula, la tête du noble se trouva juste dans la trajectoire du couperet luisant et il poussa un nouveau hurlement terrorisé, implorant la pitié des bourreaux et de la foule qui poussait des hurlements hystériques.
Kardia esquissa une sorte d'horrible sourire qui éclaira ses yeux d'une terrible lueur dorée:
-Je veux juste voir à quoi ça ressemble,…
Le bourreau libéra la corde qui maintenait le couperet glacé…
-Une exécution avec cette belle bête…
Dégel écarquilla les yeux et la foule hurla lorsque la lame s'abattit sur la nuque du garçon.
La tête roula dans un panier prévu à cet effet et Kardia se retourna vers l'échafaud, les yeux écarquillés.
Le coeur du condamné bâtit encore une ou deux fois et un flot de sang carmin éclaboussa les femmes du premier rang qui avaient dégrafé leurs corsages dans l'espoir de devenir plus aptes à porter des enfants.
Le sang gicla sur le visage du Scorpion.
Il inspira profondément, ne fit pas mine de vouloir essuyer son visage…
Non…
Dégel devint soudain verdâtre et, sans pouvoir se retenir, il tomba à quatre pattes et vomit tripes et boyaux devant ce spectacle infâme.
Kardia passa la langue sur ses lèvres et esquissa un large sourire, les yeux illuminés de cette étrange tache dorée et rouge…
-Tu sais quoi, Dégel?…
Le Scorpion n'attendit pas de réponse et ferma les yeux, ravi:
-Tout compte fait, je pense que je commence à adorer Paris…
Et le couperet tomba une seconde fois.
Tchac.
Tchac…
Et plus il tombait, plus le sourire de Kardia s'agrandissait…
-Magnifique…
$s$s$s$
-Tss… (Persiffla la silhouette enveloppée de noir) Même pas capable de faire face à la mort.
Il repoussa une mèche de cheveux bordeaux qui tombait devant ses yeux:
-Mais le premier à l'air plus intéressant…
Le Spectre fit claquer sa langue conte son palais et se mordilla nerveusement un ongle jusqu'à ce qu'une petite goutte de sang pointe sur sa peau:
-Il y a intérêt à ce que ça soit divertissant quand même! J'ai pas envie de m'être tapé Paris juste pour deux gamins qui portent des armures en Or!
-Orion: as-tu fait ton travail?
Le Spectre aux dents acérées se retourna d'un bond et esquissa un sourire:
-Décidément, arriver en silence devient une habitude, Samaël.
Le deuxième homme plissa ses yeux dorés derrière sa lourde capuche:
-Oui ou non?
Orion se retourna vers son confrère en écartant les bras:
-A merveille: les dés sont jetés. Le traquenard les attend patiemment! Tout sera finit demain.
Samaël poussa un grognement satisfait:
-Parfait.
$s$s$s$
-Dégel?
Silence.
Kardia s'humecta les lèvres et appela une nouvelle fois:
-Dégel?!
Silence.
Encore.
Le Scorpion poussa un long soupir et se retourna dans son lit pour s'appuyer sur le coude:
-Tu boudes, monsieur le Français?
Et toujours ce silence…
Kardia poussa un léger « tss » frustré et s'assit:
-Sérieux? Tu râles parce que j'ai pris le lit de droite?
-Arrête de dire des imbécilités et dors, sale pervers sadique.
Le Scorpion ricana:
-Ouuuhh! On me l'avait encore jamais faite celle-là! Mais est-ce que je peux savoir ce que j'ai fait pour mériter un tel traitement?
Dégel se tourna lentement, faisant bruîsser les draps:
-Tu veux dire que tu ne sais pas?
-Bah…
Balbutia Kardia sans pouvoir détacher ses yeux de la gorge du Français. Dégel se redressa à demi:
-Ce qu'on a vu sur la place tout à l'heure était absolument…
-Génialissime!
-Ecoeurant.
Le Scorpion cligna plusieurs fois des yeux et ouvrit la bouche mais Dégel le coupa:
-Il n'y a rien de beau ou encore de « génial » à regarder des êtres humains mourir de la sorte, Kardia.
-Attends: et c'est pour ça que tu râles? C'est pour une connerie de ce genre que tu me fais la gueule depuis ce matin?
S'écria Kardia en se levant d'un bond, rejetant couverture et draps au loin. Le Verseau s'assit et, sourcils froncés, asséna:
-C'est là que tu te trompes: la mort n'est pas une chose à prendre à la légère, Kardia. Une vie humaine n'est jamais insignifiante, jamais. Et la façon dont tu regardais ces hommes mourir…
Le Français secoua légèrement la tête avant de plonger ses yeux améthystes dans ceux du Scorpion:
-Ca m'a dégoûté. Et je ne sais pas si j'ai été malade à cause de ce spectacle, ou à cause de cette lumière qui éclairait tes yeux à ce moment.
Il ferma les yeux un instant puis feula:
-Ce voyage m'avait fait changer d'avis… Je pensais que tu ne te donnais qu'un rôle, un masque de violence et de cruauté pour dissimuler de la gentillesse et de la sensibilité…
Il fixa Kardia une longue seconde avant de cracher:
-Mais je me trompais… Tu n'es qu'un monstre, Kardia… Un monstre indigne de la Chevalerie d'Athéna et de son rôle.
Un tic nerveux agita la joue du Scorpion qui fit un pas menaçant en avant:
-Répète un peu pour voir?
-Tu me dégoûtes.
Dégel retint un glapissement lorsqu'il se retrouva plaqué contre son matelas, les cheveux écartés en couronne autour de sa tête. Il écarquilla les yeux: Kardia se dressait à quatre pattes au dessus de lui, le visage plus sombre que jamais et les yeux éclairés d'une lueur dorée et rouge.
-Qu'est-ce que tu…
Il déglutit lorsqu'un aiguillon rouge sang se plaça sur sa pomme d'Adam et il redressa légèrement la tête, essaya de se dégager…
Se rendit compte que le Scorpion avait emprisonné ses poignets d'une main…
Dégel écarquilla des yeux horrifiés: si facilement…
Kardia l'avait immobilisé avec une facilité déconcertante.
Depuis quand avait-il donc cessé de se méfier de lui au point de le laisser approcher à ce point?
Kardia se pencha légèrement en avant et feula, sa voix n'étant devenue qu'un chuintement perfide:
-Tu pensais que j'étais quelqu'un de bien, Dégel?… Hé bien laisse-moi te confirmer tes dires: je suis un monstre.
L'ongle glissa le long de la gorge offerte du Verseau:
-Un monstre vicieux, pervers et surtout dangereux…
Un halètement échappa au jeune homme aux cheveux verts et Kardia se rapprocha encore, leurs nez se touchant presque. Un sourire écarta les lèvres du Scorpion tandis que ses cheveux chatouillaient les joues de Dégel:
-Tu veux savoir ce que je fais aux gens qui me vexent?… Veux-tu être l'objet de la fureur du Scorpion? Serais-tu plus fou que moi?…
-Ka…
Le Scorpion feula et ricana à la fois:
-Qu'y-a-t-il? Tu as peur? Tu voudrais que je te lâche mais en même temps, tu te dis que ce n'est pas si dérangeant? Que ressens-tu, Dégel?
-… Je…
Il frissonna lorsque le Scorpion enfouit son visage dans sa nuque et souffla contre sa gorge:
-Te rends-tu compte que je pourrais te tuer, là maintenant?
Dégel déglutit et essaya de se dégager:
-Laisse-moi!
-Pourquoi?
-Parce que je n'aime pas ce que tu fais, contrairement à ce que tu t'imagines!
-Tu te mens à toi-même, Dégel…
Le Verseau écarquilla les yeux lorsque Kardia se redressa. Le Français plongea dans le bleu des yeux du Scorpion et s'y noya:
-Que te dis-ton coeur?
-Que je suis en danger…
Souffla le Verseau en soutenant le regard de son frère d'arme.
La lueur dorée éclairant les yeux de Kardia sembla disparaître peu à peu et le Scorpion cligna des paupières avant de se redresser en claquant la langue de dépit:
-Tss… J'vais m'aérer: tu m'as pompé l'air!
Le Scorpion le lâcha brusquement et se leva, enfila une veste et sortit en claquant la porte.
Haletant, Dégel se redressa et porta la main à sa gorge, là où l'ongle rouge l'avait effleuré.
Il ôta sa main…
Sa paume était tachée de fines gouttes de sang.
Et ses doigts tremblaient…
Dégel ferma les yeux et serra le poing: cet homme était complètement fou.
Le Verseau se laissa tomber sur son matelas et, les lèvres tremblantes, il voila ses paupières du dos de sa main:
-Imbécile…
Il s'était pourtant juré de ne plus se lier d'amitié avec personne: alors quand avait-il cessé de se méfier de Kardia? Depuis quand accordait-il si facilement sa confiance?
Depuis quand laissait-il un monstre s'approcher de lui à ce point?
Dégel soupira et jeta un coup d'oeil par la fenêtre: Kardia venait de sortir de l'auberge et s'éloignait dans la rue en ruminant, shootant dans les cailloux qui se mettaient en travers de son chemin.
Le Français fixa longuement le plafond et la tâche d'humidité qui s'étirait sur le coin du mur: il devait se concentrer. L'avenir de cette ville, et de centaines de personnes, dépendait de l'issue de sa mission.
Il devait avant tout se débarrasser du Spectre qui hantait ces lieux, et ce, avec l'aide de Kardia.
Et pourtant, il commençait à se demander lequel des deux était le plus dangereux…
Pour lui et pour le reste du monde…
$s$s$s$
-T'ain! Il m'inssuporte quand il est comme ça!
Le Scorpion leva les mains et fit la grimace, prenant soudain un air supérieur et une voix aigue:
-Regardez-moi! Je suis Dégel de la Cruche à Eau, grand Seigneur de France, et je sais tout mieux que tout le monde! J'en sais même plus sur vous que vous-même! Fufufu!
Kardia leva le pied et shoota violemment dans une bouteille vide qui venait de traverser sa route:
-Bordel! Je déteste ces connards d'intellectuels sûrs d'eux!
La bouteille alla s'écraser contre le mur d'une maison et explosa en mille morceaux en un grand bruit. Le Scorpion grinça des dents et plongea ses mains dans les poches de son pantalon en lin:
-En plus il fait froid ici! Je déteste le froid, bordel!
Kardia leva la tête, chercha vainement quelques étoiles dans le ciel…
Et une goutte de pluie s'écrasa sur sa joue:
-T'ain… Journée de merde jusqu'au bout…
Grommela-t-il avant de se mettre à marcher et de…
Le Scorpion s'arrêta soudain lorsqu'un léger ricanement lui parvint et il se tourna vivement vers la ruelle à sa gauche:
-Qui est là?
Grogna-t-il, s'attendant déjà à devoir tabasser un ou deux alcooliques de première (ou encore une ou deux filles de joie! Ce pays était si imprévisible!) mais la voix qui lui répondit était bien trop lucide:
-Allons allons… Est-ce ainsi qu'on s'adresse à un inconnu?
Deux yeux bordeaux s'ouvrirent dans l'obscurité et un sourire aux dents acérées écarta les lèvres de l'inconnu:
-Aurais-tu peur, Chevalier?
Demanda-t-il d'une voix aussi tranchante qu'un couteau en s'avançant dans la lumière de la lune, enveloppé d'une longue cape sombre.
Kardia fronça les sourcils et feula:
-T'es qui pour me dire ça?
L'homme s'arrêta à quelques pas de lui et son sourire s'élargit:
-Tu serais donc si peu perspicace?
Kardia esquissa une grimace agacée et grinça:
-Avec une tronche comme la tienne… Avec cette aura… Je parie mon armure que t'es cette saloperie de Spectre qu'on doit buter. J'me trompe?
L'homme se mit à ricaner et ôta lentement sa capuche sombre, dévoilant une tignasse bordeaux dont quelques mèches tombaient sur son visage:
-Quel esprit de déduction! Et quel tact! Je ne comprends vraiment pas pourquoi Athéna à besoin de s'entourer d'autant d'imbéciles! C'est indigne d'une Déesse de la guerre!
Kardia fit un pas menaçant en esquissant un sourire mauvais:
-Tu peux parler toi, Hadès a combien de clébards à ses pieds encore? Une bonne centaine, il me semble. Techniquement, vous êtes plus que nous. A moins que tu ne saches pas compter?
Le Spectre ricana vaguement:
-Je t'ai mal jugé, Scorpion: tu peux compter jusqu'à cent! Tu peux être fier de toi…
Kardia grinça bruyamment des dents et se rua sur le Spectre:
-La ferme!
L'homme aux cheveux bordeaux se décala simplement, évitant le poing de son adversaire, et effleura le bras du Scorpion avec un de ses ongles, un large sourire sur les lèvres:
-Allons, ne sois pas impatient, Chevalier…
Un flot de sang s'échoppa soudain du bras de Kardia et le Spectre esquissa un terrible sourire. Le Scorpion jeta un regard horrifié à son bras et il le pressa contre lui en haletant:
-Que…
Il fit un bond en arrière lorsque les ongles du Spectre manquèrent d'effleurer sa gorge et il grogna:
-Merde!
Il écarta légèrement les bras, hésita à faire sortir son fameux ongle rouge mais le Spectre aux dents acérées sourit:
-Nous nous battrons sérieusement plus tard… Et crois-moi, je meurs d'envie de te faire payer tes paroles.
Il se détourna et, avec un sourire malsain, passa la langue sur ses ongles ensanglantés, tâchant ses lèvres de sang carmin:
-Il me tarde de goûter la saveur de ton sang, Kardia du Scorpion…
-Attends que je te chope: tu vas comprendre ta douleur!
Le Spectre sourit:
-Mais j'y compte bien… Je compte sur toi pour ne pas me décevoir…
Il rejeta légèrement sa cape sombre en arrière:
-Foi d'Orion, Spectre du Requin, de l'étoile terrestre des abysses.
-Peu importe ton nom, je vais t'exploser la tronche!
Orion ricana:
-Tu ferais mieux d'aller t'occuper de ton ami… Je ne suis pas sûr que Samaël soit dans d'aussi bonnes dispositions que moi…
Kardia pâlit subitement:
-Dégel…
Le Spectre passa une main lasse dans ses cheveux bordeaux et s'inclina légèrement:
-Au plaisir, Kardia du Scorpion!
Le Grec se jeta sur lui, toutes griffes dehors mais le Spectre s'était évaporé dans un nuage de fumée sombre.
Kardia atterrit brutalement sur les pavés et roula sur le dos en haletant et grimaçant à la foi:
-Merde…
Son bras lui faisait un mal de chien!
Et son amour propre était dans un état pitoyable…
Mais soudain, il se redressa d'un bond et s'en fut en trottinant vers l'auberge:
-Dégel!
Il poussa la porte de la chambre, en garde, préparant son ongle et…
Il poussa un soupir: Dégel dormait.
Indemne.
Le Scorpion se laissa tomber sur son lit et releva la manche de sa chemise en grimaçant:
-Va falloir soigner ça…
$s$s$s$
Debout sur le toit de l'auberge, Samaël demanda au Spectre accroupi devant lui:
-Tout s'est passé comme prévu?
Orion sourit:
-Parfaitement… Le Scorpion est l'impulsif et le Verseau le penseur.
-Tu sais déjà duquel tu t'occuperas.
-Evidemment! (Le Spectre aux cheveux bordeaux sourit) Je tiens à m'occuper de cet arachnide de pacotille…
Repoussant une mèche de cheveux bleus derrière son oreille, Samaël souffla:
-Alors je m'occuperai de mettre fin aux jours du Verseau.
Orion sourit et leva la tête:
-Vivement demain… J'ai tellement hâte…
A ce moment, un éclair déchira le ciel avec un énorme bruit de tonnerre.
Sur la place, le couperet de la guillotine luisait, attendant patiemment son heure…
Et voilà! :D J'espère que ce chapitre vous a plu! ^^
Dites-moi ce que vous en avez pensé et à bientôt!
Je vous aime!
