Hey les chats! :D Comment allez-vous? :D

J'avais pour objectif de vous poster ce chapitre avant ma session et voilà, ça y est, j'ai réussi! (Yatta! *^*)

Alors voilà, j'espère que, même s'il n'est pas très long, il vous plaira :D (j'ai l'impression que la fin est bâclée mais je me voyais mal continuer: ça donnait bien de finir là ;))

Sur ce, bonne lecture :D


Kardia ouvrit difficilement les yeux et s'étira en poussant un grognement las: la (demi) nuit était passée à une vitesse affolante, à peine avait-il fermé les yeux que le soleil était déjà haut dans le ciel!

Le Scorpion bâilla et passa une main fatiguée dans ses cheveux:

-Haaan… Quelle merde…

Grommela-t-il en grattant distraitement son torse par dessus sa chemise. Néanmoins, Dégel ne l'avait pas forcé à se lever aux aurores, ni même à se lever tout court…

Ce bougre de Verseau était-il donc devenu humain?

Kardia se faufila à regret hors de ses couvertures et fit craquer ses épaules en réprimant un nouveau bâillement: du coup, il ne pouvait que maudire son réveil interne (Pff! Quel réveil interne?!) de l'avoir réveillé si « tôt »!

Les yeux fermés pour profiter des dernières brumes de sommeil qui s'accrochaient encore à lui, le jeune homme aux cheveux marines s'habilla distraitement, enfilant ses vêtements avec une lenteur effroyable, méditant sur sa délicieusement courte nuit de sommeil.

Il avait tenu aussi longtemps que possible avant de finir par se décider à aller réveiller Dégel. Oh, il aurait pu tenir la nuit entière, mais l'air de rien, il craignait que le Verseau n'ait de nouveau sa phase « on marche huit jours sans s'arrêter » et là, il aurait quand même du mal à tenir debout.

Les yeux encore embués de sommeil, Kardia enfila ses bottes et sortit de la tente en bâillant:

-*Uwahh!* B'jour, Dégel…

Le français était assis contre un arbre et lui tournait le dos. Sans doute ne l'avait-il pas entendu. Kardia haussa les épaules et se rapprocha:

-Alors, rien à signaler?

-…

-… Ooook… (Soupira le Scorpion avant de se pencher en avant) Je peux savoir pourquoi tu boudes, monsieur le français?

Dit-il en souriant doucement, d'humeur calme. Mais, comme il se penchait vers son frère d'armes, il écarquilla les yeux:

-Dé?…

Une mèche de cheveux verte barrant son visage calme, les yeux clos et la bouche entrouverte, Dégel dormait. Calmement, paisiblement…

Kardia écarquilla les yeux, détaillant le corps alangui du Verseau, ses cheveux tombant en cascade sur son épaule, ses longs cils légèrement recourbés,…

Le jeune homme aux cheveux marines déglutit et passa une main gênée dans sa nuque:

-Ha… Ca valait vraiment la peine de monter la garde…

Une étrange lueur traversa les yeux clairs du Scorpion alors qu'une idée lui venait à l'esprit: Dégel dormait, pourquoi ne pas lui voler ne fût-ce qu'un innocent baiser? Une caresse?

Ou bien…

Kardia se secoua mentalement et passa doucement les bras sous les genoux et omoplates de Dégel pour le soulever tendrement dans ses bras. La tête du Verseau roula sur son épaule, une mèche de cheveux glissant sur sa joue, et il poussa un léger soupir en fronçant les sourcils.

Le Scorpion esquissa un sourire attendri: Dégel avait l'air si jeune, si doux,… Si paisible.

Calant le corps de son frère d'armes contre le sien, Kardia retourna doucement vers la tente, un léger sourire sur les lèvres.

Patience…

Tôt ou tard, Dégel finirait par craquer…

$s$s$s$

Dégel plissa les yeux avant de les ouvrir lentement: le soleil sur les parois de la tente donnait une douce atmosphère chaleureuse et lumineuse et…

Le Verseau écarquilla brusquement les yeux et se redressa vivement:

-Qu'est-ce que?!

Il porta la main à son front et grimaça: comment s'était-il retrouvé ici? Pourquoi était-il habillé et..

Le jeune homme aux cheveux verts se leva d'un bond:

-C'est pas vrai!

Il n'arrivait pas à y croire! Il s'était endormi!

Lui, un Chevalier d'or, s'était endormi pendant son tour de garde!

La honte! La honte internationale!

Dégel grimaça: il était désormais certain que Kardia en profiterait pour le charier avec ça tout le restant de sa vie. Il allait tout raconter aux autres, au Pope, et lui, pauvre Verseau, porterait le poids de sa honte sur les épaules jusqu'à la fin de ses jours!

Sortant en trombe de la tente, regarda vers la droite et… Se rendit compte que Kardia n'était pas là. Le Verseau fronça un sourcil et projeta son cosmos dans les environs pour repérer celui de son frère d'armes:

-Mais où est-ce que cet imbécile heureux a bien pu aller?

Grommela-t-il, légèrement inquiet malgré tout: au fond, Kardia était encore un gamin. S'il avait décidé de se rendre dans un village ou quoi que ce soit, il avait déjà dû s'attirer les foudres de tous les habitants!

Dégel retint un claquement de langue agacé: comme il s'y attendait, cet idiot de Scorpion avait dissimulé son cosmos.

Enfin, ce n'était pas si idiot au vu des combats qu'ils avaient menés contre les Spectres: il n'était pas impossible que d'autres se soient cachés dans les environs. Agréablement surpris par le réflexe de Kardia, Dégel esquissa un demi-sourire et, passant la main dans ses cheveux, se saisit d'une serviette et d'une chemise de rechange: après tout, pourquoi ne pas en profiter?

Ils avaient pris énormément d'avance: il pouvait bien se permettre de se rafraîchir!

Ils avaient établis leur tente à deux minutes d'un cours d'eau: il pouvait laisser le « camp » sans surveillance quelques instants. Après tout, si quelqu'un ne faisait que s'approcher, Dégel le sentirait immédiatement. Aucune inquiétude à avoir, donc.

Le jeune homme aux cheveux verts marcha calmement vers la rivière, regardant distraitement les arbres autour de lui: le printemps commençait enfin et quelques fleurs timides peuplaient déjà l'herbe ou encore les branches de certains arbres fruitiers.

Levant la tête et fermant les yeux un court instant, Dégel sourit à demi lorsque les rayons du soleil caressèrent son visage. Il faisait déjà bon, chaud mais régulé par un léger vent: la marche serait agréable par une température pareille.

Bien vite, Dégel entendit le clapotement de la rivière et il aperçut même les rayons du soleil se refléter sur son eau (étonnement) claire. Comme il faisait un nouveau pas en avant, il s'arrêta soudain lorsqu'un mouvement attira son attention sur la gauche. Se plaquant contre un arbre, le souffle court mais le coeur calme, le Verseau jeta un coup d'oeil vers la source de mouvement: au mieux, ce serait un villageois ou un bandit.

Au pire, un Spectre.

Il s'empêcha de secouer la tête devant sa légère paranoïa: si un Spectre était dans les parages, il l'aurait sentit depuis bien longtemps. Non, ça ne devait pas être ça.

Le Français se pencha légèrement sur la droite et cligna des yeux: c'était un enfant.

Enfin… En quelque sorte.

Kardia.

Kardia qui frappait du poing, qui fouettait l'air de ses jambes, qui tournait sur lui-même pour frapper de nouveau un ennemi imaginaire. Le visage fermé, concentré, quelques gouttes de sueur roulant sur son front, les sourcils froncés et les cheveux voletant derrière lui, Kardia semblait être devenu une autre personne.

Beaucoup plus adulte, sérieux...

Dangereux.

Et pourtant, Dégel ne parvenait pas à détacher ses yeux des mouvements qu'effectuait le Scorpion (qui ne l'avait pas entendu), comme envoûté… Ensorcelé, hypnotisé même par les mouvements de Kardia.

Comme l'aurait fait l'animal de son signe avec une proie…

Les coups du Scorpion étaient vifs et secs. Assurés.

Il n'avait pas la souplesse de Dégel mais quelque chose dans sa manière de frapper était réellement intense. Il y mettait toute son âme.

Tout son coeur.

Cette manière de bouger avait quelque chose d'ardent et de… Oui, de beau.

Dégel ne parvenait pas à trouver d'autre mot. La lumière glissant sur son visage, sur les cheveux du Scorpion, tout évoquait l'incendie qu'il abritait.

Cette chaleur qui, il s'en rendait compte à présent, manquait tant au Verseau…

Mais soudain, Kardia sembla étouffer un juron (et s'étouffer tout court) et ses mouvements s'arrêtèrent sur le champ. Dégel fronça les sourcils: les épaules secouées de soubresauts, un genoux à terre, le Scorpion toussait, la main plaquée sur sa bouche comme pour en étouffer le bruit.

Un instant, le Verseau faillit sourire (cet imbécile aurait été capable d'avaler une mouche à force de gesticuler de la sorte) mais bien vite, il comprit que quelque chose n'allait pas.

D'abord parce que sa quinte de toux rauque ne s'arrêta pas avant une bonne minute.

Ensuite, lorsque Kardia se redressa, après au moins une bonne minute de toux étouffée, le souffle rauque et le visage trempé de sueur, parce que du sang tâchait sa main.

Le même sang qui éclaboussait ses lèvres et roulait goutte à goutte sur sa chemise.

Dégel écarquilla des yeux horrifiés et se rabattit à toute vitesse derrière le tronc, le coeur battant à tout rompre, terrorisé à l'idée que Kardia ait pu s'apercevoir de sa présence. Il était absolument certain que le Scorpion voudrait à tout prix lui cacher cette faiblesse.

Le Verseau attendit un instant que le jeune homme aux cheveux bleus se dirigent lentement vers le ruisseau en toussotant, la main pressée sur la poitrine, puis il s'éloigna aussi rapidement et discrètement que possible.

Une chose était sûre: cracher du sang quand on tousse, ce n'est absolument pas une bonne chose. Or, c'était déjà arrivé qu'il remarque des traces de ce même sang sur la commissure des lèvres du Scorpion. Néanmoins, il ne lui en avait jamais parlé.

Donc, ce que lui cachait Kardia…

Dégel déglutit et pressa le pas: cette chose que le Scorpion refusait de montrer depuis le début, cette infime faiblesse qu'il cachait aux yeux de tous, c'était ça.

Cette toux et ce sang qu'elle entraînait.

S'engouffrant dans la tente sans regarder derrière lui, Dégel se laissa tomber sur la couchette, le regard hagard: Kardia ne devait surtout pas savoir qu'il l'avait vu dans cet état.

Parce que, Dégel en était sûr, pour protéger ce secret, le Grec était certainement prêt à tuer.

$s$s$s$

-Bah alors: ça va pas, mon p'tit Dégel?

Le Verseau sursauta et croisa le regard légèrement sceptique de Kardia qui s'était retourné vers lui, un sourcil froncé. Dégel toussota et ajusta la lanière de sa Pandora Box sur son épaule:

-Oh… Si, si, ne t'en fais pas. J'étais simplement perdu dans mes pensées.

-Hm, (grogna le Scorpion, peu convaincu) mouais… On dirait plutôt que t'es au bord du suicide, mais bon!

Dégel ne parvint même pas à esquisser un sourire: le regard dans le vide, il ne pouvait pas oublier le rouge sur la main de Kardia après sa quinte de toux.

Que lui arrivait-il donc? Est-ce que son combat contre Orion et/ou Samaël avait laissé des plaies encore ouvertes? Est-ce qu'une de ses côtes était brisée et lui perçait un organe quelconque, un poumon, voire même (Dégel déglutit) son coeur?!

Il avait le souvenir d'une maladie pulmonaire qui faisait des ravages et dont son maitre lui avait parlé, la tuberculose. S'il se souvenait bien, les symptômes les plus fréquents étaient des quintes de toux accompagnées d'hémoptysie (crachats de sang), de perte de poids soudaine, de sueur nocturne et d'un tas d'autres phénomènes plus réjouissants les uns que les autres.

Kardia serait-il atteint de cette maladie? L'aurait-il caché à son maitre et même au Pope? Ou bien n'était-il pas au courant? Il lui avait avoué venir d'un milieu plus que modeste: peut-être qu'aucun médecin n'avait eu l'occasion de lui diagnostiquer la maladie?

Pourtant, Dégel peinait à y croire: il avait pu lui même constater de l'état physique du Scorpion lors de la nuit passée à Paris. Il n'était pas étrangement maigre, ne transpirait pas la nuit,…

Mais alors, que se passait-il?

Dégel sursauta de nouveau lorsque quelque chose se posa soudain sur le bout de son nez et il fit un pas en arrière:

-Que?!

Il leva des yeux las vers le Scorpion. Scorpion qui s'était arrêté et avait posé son index en travers de son chemin. Et ce, avec un grand sourire faussement niais sur les lèvres. Retenant l'énervement qui menaçait de le submerger, Dégel grommela:

-Quoi encore?

-J'avance pas tant que tu m'as pas dit ce qui te turlupine!

-Tant pis pour toi alors.

Grinça le jeune homme aux cheveux verts en faisant un nouveau pas en avant. Mais il dû s'arrêter immédiatement parce que Kardia s'était décalé, se mettant en travers de son chemin. Dégel poussa un soupir:

-Tu es sérieux?

-Parce que t'as cru que j'allais te laisser t'en tirer comme ça? Ouah, t'es encore plus naïf que je le pensais!

-A choisir entre naïf et puéril, je pense que je préfère la première proposition.

-Moh! (S'offusqua faussement le jeune homme aux cheveux bleus) Mais c'est qu'il serait de mauvais poil le p'tit Dégel! T'as pas assez dormi? Pourtant, vu l'efficacité de ton tour de garde, tu devrais être en fo…

-Arrête un peu: comporte-toi en Chevalier et laisse-moi tranquille.

Gronda Dégel en le bousculant. Mais Kardia fronça soudain les sourcils et l'agrippa brutalement par le bras, tout sourire disparu de ses lèvres:

-Ok, ça commence à bien faire ce petit air!

Dégel se retourna, tenta de se dégager… Et retint une grimace de douleur lorsque le Scorpion affermit sa prise sur son bras:

-Lâche-moi.

-Pas avant que tu ne m'aies dit ce qui n'allait pas!

-Arrête tes gamineries: tu me fais mal!

-Après: d'abord tu me dis ce qui te turlupine puis, je te lâche. Simple, non?

Feula le Scorpion en se rapprochant dangereusement de son visage. Le cerveau de Dégel tournait à toute vitesse: s'il décidait de se dégager par la force, Kardia serait encore capable de se battre avec lui! Mais, il pouvait le lire dans ses yeux brûlants, il ne le lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas obtenu ce qu'il voulait.

Mais il ne pouvait tout de même pas dire qu'il l'avait percé à jour! Et puis…

Et puis Kardia qui était si proche de lui le troublait énormément. Bien plus qu'il ne l'aurait imaginé… C'était comme si un incendie se déversait dans son corps avec pour origine le bras que le Scorpion serrait avec tant de force et de violence difficilement contenue.

Le Verseau cligna des yeux et souffla, baissant les yeux avec un air faussement gêné:

-Je… Je m'en veux de m'être endormi pendant mon tour de garde… Voilà, tu es content?

Comme il le pensait, le visage de Kardia se détendit immédiatement et son emprise sur son bras se fit moins douloureuse. Un léger sourire sur les lèvres, le Scorpion souffla:

-Sérieusement? Tu tires la tronche parce que tu t'en veux?

Dégel hocha la tête: ouf! Comme il l'avait espéré, Kardia avait tout gobé! Pas besoin de lui avouer qu'il l'avait vu dans la clairière! Pas besoin d'engager la conversation sur son état de santé! Sauvé!

Le jeune homme aux cheveux marines resta un instant immobile, les yeux plongés dans les améthystes de son frère d'armes, puis, il éclata de rire:

-Hahaha! J'en reviens pas! Hahaha!

Dégel fronça un sourcil suspicieux, sans oser dégager son bras, sans avoir « envie » de dégager son bras:

-Quoi?

-Tu te mets vraiment dans des états pas possibles pour des conneries!

Hoqueta le Scorpion entre deux éclats de rire. Dégel esquissa un sourire et haussa un sourcil:

-Tu peux parler: je n'ose pas imaginer l'état de mon bras.

Le rire de Kardia s'éteignit doucement et il lâcha calmement le bras du Verseau:

-Bah ça va: me dis pas que t'as peur qu'un bête bleu vienne te défigurer?

-Techniquement, pour être défiguré, il faudrait que mon visage soit atteint.

-Tu veux vraiment que je te frappe, hein?

-Je préfèrerais éviter, si possible.

Kardia rit, puis, soudain beaucoup plus sérieux, agrippa doucement le poignet du jeune homme aux cheveux verts. Dégel frissonna lorsque son frère d'armes remonta délicatement sa manche et que ses doigts glissèrent sur son bras:

-Qu- Qu'est-ce que tu fais?

Mais Kardia ne répondit pas, se contentant de remonter encore et encore la manche tout en se penchant en avant. Dégel rougit brusquement et tenta de se dégager:

-Arrête! Qu'est-ce que tu fabri...

-Je regarde si je ne t'ai pas trop amoché.

Dégel sentit ses oreilles chauffer et Kardia se pencha en avant, approchant le bras de ses yeux plissés: comme il le pensait, la peau si claire du Verseau était rougie aux alentours du biceps.

Un début de sourire redressa la commissure des lèvres du Grec : parfait… Absolument parfait… Il était le seul à pouvoir blesser son Dégel, le seul à avoir le droit de poser les ains sur lui…

Le seul à pouvoir y laisser sa marque.

Il en arrivait presque à se pourlécher les babines mais il se contint et effleura doucement la rougeur du bout des doigts, se contentant de souffler doucement alors que la peau du Verseau se couvrait de chair de poule:

-Ca te fait mal?

Dégel déglutit difficilement et balbutia, troublé par cette étrange proximité et cette soudaine douceur de la part du Scorpion:

-Heu je… Je ne… Non… Non, ça va.

Kardia esquissa un sourire tendre:

-Tant mieux…

Puis, il se pencha d'avantage. Jusqu'à effleurer la peau rougie du bras de Dégel. A peine.

Comme si une légère brise l'avait à peine touché avant de disparaître immédiatement.

Dégel frissonna puis, Kardia se recula et sourit. Le jeune homme aux cheveux verts cligna des yeux: ça avait été si furtif. L'avait-il seulement touché? N'avait-il pas imaginé ce « baiser »? S'était-il convaincu que cette chose venait d'arriver ou…

Il ne savait plus quoi penser. Il était même complètement perdu.

D'un côté, il savait parfaitement que Kardia l'effrayait. Son côté sadique, possessif malsain, le mettait mal-à-l'aise. Pourtant, à chaque fois que le Scorpion était plus proche de lui ou qu'un doux sourire étirait ses lèvres, le jeune homme aux cheveux verts sentait son coeur tressauter dans sa poitrine et son visage chauffer:

-Bon, maintenant que tout est dit, si on… Ca va?

Demanda le Scorpion devant le regard légèrement perdu et les pommettes rouges du Verseau. Ce dernier rabattit fébrilement sa manche sur son bras, gardant un visage aussi neutre que possible:

-Oui! (S'écria-t-il un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu) Oui, oui, tout va bien. (Il toussota) Allons-y.

Passant une main nerveux sur son bras encore douloureux, Dégel se retourna brusquement et s'éloigna brusquement, tentant d'adopter une démarche neutre (et il savait qu'il maitrisait cet art).

Kardia sembla hésiter, restant sur place une longue seconde de plus. Mais un demi-sourire étira ses lèvres et, ajustant la lanière de sa Pandora Box, se mit calmement en route: tout se déroulait pour le mieux.

$s$s$s$

Peu avant la tombée de la nuit, alors que le soleil se couchait à l'horizon, Dégel tendit le bras:

-On devrait arriver à cette ville portuaire d'ici une heure, grand maximum. Il se fait tard pour pouvoir prendre le bateau ce soir: nous irons voir demain matin pour qu'un batelier ou même un marchand nous ramène en Grèce.

Kardia poussa un grognement, les bras croisés sur sa poitrine:

-On est vraiment obligé de reprendre cette saloperie de bateau?

-Tu vois une autre solution?

-Longer la côte pour redescendre vers la Grèce.

Dégel porta deux doigts à sa tempe et soupira vaguement:

-Kardia, je t'ai déjà expliqué que c'était une perte de temps phénoménale: le Grand Pope attend notre rapport et il faut rentrer le plus vite possible.

Le jeune homme aux cheveux bleus leva les yeux au ciel en poussant un long gémissement:

-Haaan! Mais je vais encore être malade!

-Tu m'en vois désolé.

-Sans coeur!

-Mais bien sûr.

Kardia fronça les sourcils et soupira profondément avant de poser une main douce sur l'épaule du Verseau (qui s'empêcha de tressaillir):

-Excuse-moi: c'est juste que cette perspective ne m'enchante pas plus que ça, tu comprends?

La mâchoire de Dégel manqua de se déboiter d'une bonne dizaine de centimètres lorsque les paroles de son frère d'armes lui parvinrent aux oreilles: Kardia… S'excusait et s'expliquait calmement?!

Mais que lui était-il arrivé?!

Dégel écarquilla les yeux et se tourna vers lui, un demi sourire amusé sur les lèvres:

-Ma parole, qu'est-ce qu'il s'est passé?

-Hein?

-Depuis quand est-ce que tu t'excuses aussi paisiblement? Que sont devenus tes légendaires accès de colère?

Une légère lueur éclaira furtivement les yeux clairs du Scorpion qui esquissa un sourire mutin, les sourcils légèrement froncés:

-Tu préfèrerais que je m'énerve?

Susurra-t-il sans faire mine d'en faire autant. Dégel déglutit lorsque les yeux bleus de Kardia se fichèrent dans les siens, comme pour l'emprisonner dans son regard clair.

Comme pour lire dans ses pensées…

Dégel se secoua mentalement et se dégagea, détournant le regard des yeux étrangement calmes du Scorpion:

-Absolument pas.

Il fit quelques pas vers la ville mais soudain, il crut vaguement entendre un murmure le rappeler:

-Menteur.

Dégel s'arrêta brusquement et se retourna vivement: Kardia le regardait avec un sourire mauvais sur les lèvres, les sourcils froncés, une étrange lueur rouge dans ses yeux. Avait-il parlé? Ce qu'il avait entendu était tellement vague qu'il pouvait presque penser l'avoir rêvé! Pourtant, le Verseau déglutit et souffla:

-Qu-Quoi?

-J'ai rien dit. J'me disais juste que je détestais te voir t'éloigner mais que j'adorais vraiment te regarder partir… De dos, s'entend.

Dégel rougit légèrement: il avait peur de comprendre…

-… Mais encore? (Osa-t-il demander)

-Ca s'appelle « mater », en langage populaire.

Répondit le Scorpion comme son sourire s'agrandissait inexorablement. Dégel sentit son visage s'enflammer et, résistant à la tentation de se retourner pour s'éloigner à grands pas, il désigna la ville du bras:

-Dans ce cas, tu passes devant.

Kardia éclata immédiatement de rire, manifestement ravi de la réaction du Verseau qui rougissait bien plus qu'il ne le voulait:

-Non mais tu rigoles?! Comme si j'allais te laisser me priver de mon unique réconfort en prévision de ce trajet en bateau!

Dégel cligna des yeux, hésita, puis croisa les bras:

-Si tu ne passes pas devant, je refuse d'avancer.

-Ok.

-… Ok?

-Ouais, ok.

Répéta le Scorpion, un grand sourire sur les lèvres. Le jeune homme aux cheveux verts resta silencieux un court instant avant de fermer les yeux et de soupirer: c'était là tout ce qu'il voulait… Rester bêtement ici pour rater le bateau et faire le tour par le continent.

Un véritable gamin.

Et ça, Dégel avait tendance à l'oublier malgré lui…

Il ajusta son foulard et haussa les épaules:

-Après tout, tant pis pour toi.

Il se retourna et se dirigea à pas décidés vers la ville, bien résolu à ne pas attendre cet enfant et à…

Lorsqu'il se sentit soudain soulevé par la taille, Dégel écarquilla des yeux sceptiques et poussa un glapissement surpris:

-Mais qu'est-ce que tu?!

-Je t'épargne le reste du chemin pour me faire pardonner!

Sifflota Kardia en le balançant sans ménagement sur son épaule. Le Verseau rougit violemment et se mit à gigoter pour se dégager:

-Ca suffit! Lâche-moi! Lâche-moi, stupide arachnide!

-Nope.

Le Scorpion tourna la tête vers lui, souriant, les lèvres à quelques centimètres des siennes, se réjouissant des yeux que faisait Dégel et surtout du rouge qui envahissait son visage. D'ailleurs, même le bout de ses oreilles étaient teintée de rose-rouge.

Kardia pouffa intérieurement:

-Hmpf… Mignon.

Son Dégel était tellement adorable comme ça. Le visage rouge, les yeux brillants, fiévreux, les cheveux glissant sur son dos (parce que oui, Kardia lui avait bien sûr ôté sa Pandora Box avant de l'attraper comme un vulgaire sac à patates), le corps en alerte et pourtant sur le point de lâcher prise…

Oui, son plan marchait à la perfection.

Ce n'était plus qu'une question de temps.

-Je te jure que si tu ne me déposes pas, je crie au viol!

-Ne me tente pas…

Susurra-t-il perfidement.

Dégel déglutit difficilement: ils étaient si proches. S'il se rapprochait d'un ou deux centimètres, leurs lèvres pourraient se toucher. Et alors qu'il croyait se sentir en danger, un frisson lui parcourut l'échine lorsque le souffle de Kardia effleura ses oreilles, lorsque ses paroles se frayèrent un chemin jusqu'à son cerveau qui tournait à du cent à l'heure… Un frisson d'excitation qui traduisait parfaitement ce qu'il tentait de se cacher à lui-même.

Il en avait…

Envie.

Furieusement.

Il mourrait d'envie que Kardia se penche en avant, que ses lèvres emprisonnent les siennes avant de glisser sur sa gorge, que ses mains parcourent son corps, qu'il le fasse sien à nouveau…

Était-ce ce contact qui lui faisait tant d'effet? Le fair de sentir le bras du Scorpion dans son dos, d'avoir le visage si proche du sien, de sentit les muscles de son épaule et de son dos sous lui?

Les yeux soudain voilés, Dégel se mordit l'intérieur de la joue et souffla, une mèche de cheveux cachant son visage:

-Kardia?

-Hm?

-Nous… (Il chercha ses mots et finit par grommeler) Attends, laisse-moi d'abord descendre.

-Pourquoi?

-Pour qu'on puisse parler voyons!

-On peut parler comme ça, hein!

Déclara Kardia en haussant les épaules, sans faire miner de le lâcher. Dégel poussa un long soupir, puis, se décida à utiliser sa technique spéciale. Il ferma les yeux, tendit deux doigts, se concentra…

Frappa.

Kardia retint un cri étouffé et trébucha en grognant un raffiné « Putain de bordel de merde! » avant de s'étaler de tout son long dans l'herbe qui bordait le chemin. Affalé sur le dos, les Pandora Box ayant roulé à quelques centimètres de lui, Kardia passa vivement la main sur le haut de sa hanche:

-Putain mec, c'était quoi ça?!

Comme il se redressait, il se retrouva nez à nez avec Dégel, affalé sur lui, un large sourire sur les lèvres:

-Qu'est-ce que t'as foutu?

-Juste un petit « pincement » de rien du tout sur la taille: très efficace contre les enfants.

Kardia hésita entre s'énerver violemment et éclater de rire. Mais, lorsque le Verseau étouffa un léger rire, il céda et sourit:

-T'es pire que moi en fait.

-Absolument pas.

-A d'autres, ouais!

Ils rirent franchement. Ils rirent du ridicule de la situation, de la « technique » plus que stupide du Verseau, du fait que Kardia avait réagi si fortement,…

Et soudain, le Scorpion passa la main sur la joue de Dégel, souriant:

-Tu devrais sourire plus souvent, tu sais: ça te va bien.

Les joues si claires du Verseau se teintèrent de rouges et il esquissa un demi sourire:

-Je… Bah… Merci.

Il se pencha en avant jusqu'à poser son front contre le sien pour murmurer:

-Ca vaut pour toi aussi.

Et soudain, contre tout attente, il effleura les lèvres de Kardia des siennes. Le Grec écarquilla des yeux agréablement surpris et Dégel se redressa lentement, le regard fuyant:

-Attends, je bouge et on…

Il glapit lorsque le Scorpion emprisonna ses poignets avant que, d'une torsion rapide des hanches, il n'inverse leur position. Dégel haleta:

-Mais qu'est-ce que tu fabriques?

Kardia souriait, d'un énorme sourire victorieux:

-C'était quoi ça?

-Ca?

-Joue pas au plus bête avec moi, Dégel, je risquerais de perdre et ça me mettrait de très mauvaise humeur. Qu'est-ce que c'était que ça?

Le Verseau hésita, le regard perdu dans les yeux de son frère d'armes, incapable de se dérober: au fond, oui, qu'est-ce qui lui avait pris de faire ça? Il se mordilla l'intérieur de la joue en soutenant le regard bleuté de Kardia: en fait, il en avait juste eu… Envie.

Oui, il avait voulu goûter à nouveau à ce contact.

Il avait voulu que Kardia y réponde.

Il voulait ce qui était en train d'arriver.

Et au fond de lui, il s'effrayait lui-même.

-Un baiser de réconfort.

Souffla-t-il, adressant à Kardia un large sourire. Le Scorpion passa distraitement la langue sur ses lèvres et se pencha en avant:

-Je sais ce que tu penses, mon Dégel… Et tu le sais aussi, n'est-ce pas?

La bouche trop sèche pour répondre, le jeune homme aux cheveux verts ne put qu'hocher la tête:

-Et pourtant, c'est toi qui as demandé à ce qu'on attende un peu avant de reparler de notre… « Relation ». Je me trompe?

Dégel secoua la tête et Kardia sourit:

-Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis?

Le Français sembla réfléchir un instant avant de murmurer:

-Je… Ca me… Manquait.

-Hm?

-Je ne sais pas si tu peux comprendre mais… Cette… Ce qu'on a fait là, à Paris, ça m'a permis de ressentir de l'attention. Tu me regardais, tu ne regardais que moi. (Il chercha ses mots) Je n'avais jamais vraiment… « ressenti » ça. Jamais personne ne m'avait regardé avec ces yeux-là. Ca m'a fait plaisir, j'étais heureux de compter pour quelqu'un, de mériter un tel regard. (Il leva les yeux, rencontra ceux attentifs, du Scorpion) Et j'ai l'impression que depuis qu'on est partis, tu m'évites.

-Ha bon?

Dégel plongea dans les yeux de Kardia, soutint son regard et asséna:

-Et l'attention que tu me portais jusque là me manquait. La chaleur qui émane de toi me donnait l'impression d'être une coquille vide. J'avais l'impression que tu me niais. Que tu ne voulais plus de moi.

-Ca te faisait mal?

Silence.

Juste le temps que Dégel surpasse sa fierté:

-Oui. Énormément.

Un sourire étira lentement les lèvres du jeune homme aux cheveux bleus qui susurra:

-Bien. Donc, si je comprends bien, tu es en train de me faire comprendre que tu acceptes l'idée que nous soyons liés?

Dégel hocha la tête, un frisson ravi remontant le long de sa colonne vertébrale:

-Et tu te rends bien compte que je ne t'ai en rien forcé à faire tout ça?

Nouveau hochement de tête:

-Ca veut dire que tu es tout à fait consentant?

Dégel ne bougea pas et Kardia se rapprocha davantage:

-N'est-ce pas, mon Dégel?

Le Verseau resta silencieux un instant, méditant sur la meilleure réponse à offrir à son frère d'armes

Il avait inconsciemment provoqué cette situation mais au fond, il en était plus que ravi. Enfin, Kardia posait de nouveau les yeux sur lui. Enfin il avait de nouveau droit à son attention!

S'empêchant difficilement de sourire, il souffla

-Oui. Je suis conscient de mes actes.

-Bien.

Et Kardia plaqua brusquement ses lèvres sur les siennes, violemment, sans aucune douceur.

Comme pour signer cet accord.

Et de nouveau, l'incendie déferla sur lui, à toute vitesse. Dégel ferma les yeux et soupira derrière la barrière des lèvres de Kardia: comme ça lui avait manqué! Ce contact qu'il avait pourtant cherché à fuir était devenu indispensable! Comment avait-il pu devenir dépendant de ce baiser, de cette étreinte, de cette chaleur?

Mais, enivré par les lèvres du Grec sur les siennes, le Verseau sentait qu'il avait de plus en plus de mal à réfléchir. Au fond, il ne fallait réfléchir à rien.

Il voulait que Kardia l'aime à nouveau.

Il le voulait pour lui seul.

Il voulait de nouveau être dans ses bras pour avoir enfin l'impression d'être vivant.

Vivre dans ses bras.

Lorsque le baiser prit fin, Dégel haleta et Kardia lui souffla doucement à l'oreille:

-Tu es à moi, mon Dégel, ne l'oublies jamais.

Dégel déglutit et soutint le regard orangé du Scorpion, pas effrayé pour un sou.

En fait, bizarrement, il était étrangement…

Heureux.

Un léger sourire étira ses lèvres et, les poignets toujours prisonniers de l'étreinte du Scorpion, il souffla:

-Pareil pour toi.

Kardia haussa un sourcil sceptique et Dégel plissa les yeux, un sourire provocateur sur les lèvres:

-N'oublies jamais que tu es à moi, Kardia du Scorpion.

Les lèvres du jeune homme aux cheveux bleus s'étirèrent en un sourire ravi et agréablement surpris: c'était bien là le caractère du Verseau. Bien plus perspicace et décidé qu'il n'en avait l'air.

Il sourit et se pencha en avant:

-Je n'en attendait pas moins de toi, mon Dégel.

Le Verseau sourit et, dans sa gorge, il sentit que Kardia faisait de même:

-Gagné… (Songea Dégel avec un plaisir non feint)

-J'ai gagné, seigneur Dégel. (Souriait Kardia en son fort intérieur)

Mais ça, ils ne le dirent pas à voix-haute…

Restait à voir qui l'avait réellement emporté sur l'autre…


Et voilou :D

On dirait presque que ça finit bien pour eux, hein? ;D Mais ne vous en faites pas mes agneaux, le trajet jusqu'au Sanctuaire est encore long: je leur prépare encore deux-trois surprises ;3 On les connait ces deux-là: impossible de flirter le parfait amour aussi facilement ;)

Enfin voilà, normalement, dès la fin de mes exams (TToTT) j'aurais ééééénormément plus le temps d'écrire et donc, vous aurez sans doute plus de lecture ;D

Sur ce, je vous salue bien bas et vous dit à bientôt ;D

Bisous! Je vous aime! 3