Avec un peu de retard, je vous poste (enfin!) ce chapitre: acec la chaleur et la Japan Expo, j'ai pris un peu de retard dans la rédaction du chapitre suivant mais ne vous en faites pas, vous l'aurez tôt ou tard ;)
Guest: C'est ce qu'on va voir tout de suite ;) J'espère que le chapitre te plaira ;) (ne t'en fais pas: on est tous un peu sadiques au fond de nous ;)) Merci pour ta review et à bientôt ^^
Nao-Sempai: Je suis heureuse qu'elle te plaise :D (et qu'on partage le même point de vue ;)) Je trouve ce côté de leur relation assez important et j'espère ne pas trop le négliger ;) C'est ce qu'on va voir à l'instant :D Encore merci pour ta review et ton soutien permanent et à très vite! :D Bisous! ;3
Sur ce, enjoy! :D
-Dégel! S'écria Kardia en faisant un pas en avant. Mais il s'arrêta immédiatement lorsque le Verseau leva la main, lui intimant d'arrêter:
-Voilà ce qu'on va faire: vous allez nous laisser partir, relâcher les gens que vous retenez et personne ne sera blessé.
Les marins éclatèrent de rire:
-Haha! C'est pas nous qui sommes en passe d'être blessés! Tu croyais vraiment qu'on allait accepter alors qu'on a toutes les chances de notre côté? Hahaha!
Kardia grinça des dents et serra les poings de dépit et de rage difficilement contenue: vu la situation dans laquelle se trouvait Dégel, il ne pouvait absolument pas se risquer à lancer une attaque avec son aiguille! Il était coincé, inutile. Et il détestait cette sensation d'impuissance!
Mais Dégel leva soudain la main, lentement, comme au ralenti…
Et un coup de vent glacé propulsa le marin en l'air, faisant retomber le poignard dans l'autre main du Verseau. Sans faire un seul mouvement inutile.
Le marin trébucha, tenta de se rattraper au bastingage… Échoua.
Et passa par dessus bord en poussant un cri surpris.
Il y eu un bref instant de silence, moment pendant lequel les trafiquants restèrent interdits, comme s'ils ne croyaient pas ce qu'ils avaient vu. Comme si l'attaque de Dégel les avait figés. Puis l'un d'entre eux recula de quelques pas, les yeux écarquillés sous l'horreur:
-Un monstre! C'est un monstre!
Dégel fronça les sourcils d'avantage et écarta légèrement les bras:
-Si vous ne voulez pas que je m'occupe sérieusement de votre cas, vous allez m'obéir: nous laisser partir et relâcher ces gens, est-ce trop demander?
Kardia se rapprocha lentement: aucun garde ne se trouvait derrière lui. Les marins étaient tous en face de Dégel et la vigie était au sommet du…
Le Scorpion hésita et leva les yeux. Pâlit. La vigie ne se trouvait plus au sommet du mat.
Le jeune homme aux cheveux bleus baissa la tête, les yeux écarquillés sous l'horreur: la vigie venait de se laisser glisser le long du mat et se trouvait désormais dos à Dégel.
Un coutelas dans la main.
Kardia sentit son coeur manquer un battement: comment avait-il pu le rater?! Comment avait-il pu laisser passer un détail aussi important?! Comment avait-il seulement pu oublier de surveiller les arrières de son frère d'armes?!
Il évalua rapidement la distance le séparant de Dégel et grimaça: trop. C'était beaucoup trop. Jamais il ne l'atteindrait à temps. Jamais il n'aurait le temps de terrasser ce lâche.
Kardia grimaça et poussa un cri:
-Dégel!
Tout se passa alors très vite.
Et pourtant, comme passé dans un filtre, comme au ralenti…
Le Verseau se retourna à demi, les cheveux volant en auréole derrière lui, et son visage se tendit légèrement. Il leva un bras vers la vigie, murmura le nom de son attaque…
Murmure qui s'éteignit en un hoquet de douleur.
La vigie n'avait même pas essayé d'avancer. Dès que Dégel s'était retourné, il s'était arrêté.
Et s'était simplement contenté de lancer son coutelas.
Droit dans le bras du Verseau.
Et, alors que Dégel défaillait légèrement sous le coup de la douleur, ce fût comme si un électrochoc venait de parcourir l'échine du Scorpion. Il sentit son visage se tendre sous le coup de la rage et il se rua en avant.
Il agrippa la vigie par le col, le força à se pencher et lui envoya brutalement son genou dans le visage. Le nez du marin explosa sous le choc et il poussa un hurlement de douleur. Bien vite étouffé lorsqu'un nouveau coup de genou l'assomma à moitié.
Le sang éclaboussa le genou du Scorpion et tomba en flaque sur le pont.
Les marins restés près de Dégel reculèrent d'effroi.
Kardia agrippa ensuite un bras de la vigie et le tordit violemment dans son dos, jusqu'à entendre un « crac » douloureux résonner sur tout le pont. L'homme poussa un cri de souffrance et hoqueta lorsque le Scorpion l'envoya valser contre le mat, au pied duquel il glissa, les yeux hagards et le visage en sang.
Les yeux brillant d'une lueur orangée, le visage déformé par la rage, Kardia se tourna lentement vers les huit marins qui le fixaient avec horreur et angoisse.
Le regard brûlant du Scorpion passa sur leurs visages, glissa sur Dégel, tombé assis contre le bastingage, la main pressée sur son bras, une grimace de douleur tordant son visage,…
Kardia esquissa un sourire terrible et se craqua les doigts:
-Alors…
Il pencha la tête sur le côté et sa nuque craqua à son tour:
-Qui veut crever en premier?
Un des marins poussa un glapissement horrifié et le sourire de Kardia s'agrandit. Il tendit lentement la main au bout de laquelle pointait un ongle rouge sang:
-Vous allez voir, ça va être comique. (Il ricana légèrement et son visage s'assombrit, sans se départir de son sourire) Enfin, pas pour vous.
Une douce lueur dorée enveloppa sa main, remonta le long de son bras pour englober son corps tout entier. Il écarquilla des yeux de fou et son sourire s'élargit lorsqu'il termina:
-Mais moi, je vais bien m'amuser à vous éclater la gueule…
Un rayon rouge quitta son ongle pour frapper le capitaine en pleine poitrine qui s'effondra en poussant un hurlement de douleur. D'instinct, certes stupide, les marins se tournèrent tous vers lui, comme pour s'assurer de son état…
Agripper un marchand par la nuque pour lui écraser le visage sur le pont, envoyer son coude dans le visage d'un autre, distribuer des piqûres à gauche, à droite,…
Commencer à frapper, à danser.
A tuer.
Et son visage, éclaboussé du sang des marins, était rayonnant tandis que leurs hurlements résonnaient sur le pont.
Dégel ôta le poignard de son bras en poussant un grognement étouffé: il n'avait pas vraiment mal. A vrai dire, il avait été plus surpris qu'autre chose. Il appuya la main contre le bastingage pour se relever,…
Retint un haut-le-coeur et retomba assis: sa vue était trouble et une éclair de douleur venait de traverser sa tête de part en part!
Il haleta avant de lever la tête, lentement: il pouvait à peine voir Kardia frapper tant il allait vite. Il apercevait seulement un éclair rouge et une tignasse bleue marine, puis, un marin s'écroulait en poussant un cri de douleur.
Il cligna vivement des yeux et haleta:
-Ne les tue.. Pas…
Sa voix était faible, elle n'avait surement pas atteint Kardia, envahi par une espèce de folie meurtrière.
Un marin un peu plus épargné que les autres se précipita en hurlant sur le Scorpion, brandissant un coutelas, et Dégel pâlit:
-Kardia!
Le Scorpion se décala simplement de quelques centimètres. Le poignard glissa juste le long de son visage, érafla sa joue, trancha quelques cheveux bleus marines. Puis, Kardia agrippa la lame à pleine main, l'arracha de celle du marin. Redressa le bras pour le planter dans le visage de son adversaire qui poussa un hurlement terrible.
Dégel leva le bras lorsque le sang gicla jusqu'à lui, éclaboussant sa veste et son visage. Le marin s'effondra juste devant lui, les mains pressées sur le poignard planté en plein dans son oeil droit, sans cesser de hurler et de pleurer en même temps.
Le Verseau devint livide et se recula lorsque le marin se tourna vers lui et tendit les mains, l'air suppliant. Comme s'il lui demandait de l'aider, de l'achever…
Dégel retint un haut-le-coeur dégoûté.
Kardia continuait de frapper, sans avoir l'air de vouloir abréger les souffrances du marin qu'il venait de frapper, comme pour le laisser méditer sur ses actes.
Il ne restait plus que le capitaine du bateau debout. Le corps en sang, mais debout et vivant. Kardia l'agrippa brutalement par les cheveux et le souleva de plusieurs centimètres:
-Alors?… Une dernière volonté?
Le jeune homme, du sang coulant dans ses yeux, se mit à sangloter:
-Pitié! Epargne-moi! Je te promets de relâcher les esclaves!
Kardia rejeta la tête en arrière et éclata d'un rire mauvais:
-Haha tu crois quand même pas que j'ai besoin de ton aide pour les libérer, non?
Il poussa un long soupir énervé lorsqu'un nouveau hurlement s'échappa des lèvres du marin au coutelas derrière lui. Il leva le doigt:
-Tu me laisses deux petites secondes? Je suis à toi tout de suite.
Le Scorpion se retourna juste quelques instants, le temps qu'un rayon rouge s'échappe de son ongle pour frapper le coeur du supplicié dont le hurlement mourut en même temps que lui. L'homme tomba en avant, droit sur Dégel qui retint un glapissement horrifié.
Kardia se tourna de nouveau vers le capitaine, qui sanglotait franchement, un énorme sourire sur son son visage éclaboussé:
-Bon, où en étais-je? Ah oui, le moment où tu me disais ce que « ça » voulait dire!
Persiffla-t-il pernicieusement à son oreille en lui tendant un morceau de papier. Une légère lueur d'espoir illumina les yeux larmoyants de l'homme qui hoqueta:
-Tu… Vous me relâcherez si je vous dit ce que ça veut dire?
Kardia sourit:
-Bien sûr que oui: je ne suis pas un monstre voyons!
Rit-il franchement en désignant le pont saccagé, les corps sans vie et ensanglantés de ses marins et le carnage qu'il venait d'effectuer. Le capitaine déglutit difficilement: s'il parlait, il vivrait. C'était aussi simple que ça.
Il s'humecta les lèvres et souffla doucement la réponse tant attendue. Kardia hocha la tête et son sourire se teinta de ravissement:
-Merci beaucoup mon brave!
Il le lâcha sans ménagement et se retourna tranquillement, les mains dans les poches:
-Tu ne m'es plus d'aucune utilité.
L'homme écarquilla des yeux horrifiés:
-Mais vous aviez dit que…
-Que je te relâcherais, et c'est chose faite, non? Dommage que le poison vienne d'atteindre ton système nerveux.
Kardia se retourna lentement et pencha légèrement la tête sur le côté:
-Ca risque de faire un peu mal.
Au même instant, le capitaine sentit son coeur manquer un battement avant de s'enflammer, s'embraser, dans sa poitrine. Il porta les mains à son torse en se mettant à tousser violemment, du sang roulant le long de son menton et éclaboussant le pont.
Il tituba, leva de nouveau les yeux vers Kardia, souffla:
-Sale… Démon…
Le jeune homme aux cheveux bleus plissa les yeux et salua légèrement:
-Ce fut un réel plaisir de jouer avec vous, messieurs! On se retrouvera en Enfer!
Mais le capitaine venait de tomber mort, sans avoir pu entendre la fin de sa phrase.
Kardia roula les épaules en poussant un soupir:
-Bon, ça, c'est fait!
Il baissa les yeux et croisa le regard horrifié de Dégel, toujours affalé sur le sol. Le Scorpion poussa un reniflement narquois et posa les poings sur les hanches:
-Et alors? Tu me laisses faire tout le sale boulot tout seul? T'as pas honte?
Le jeune homme aux cheveux verts ne put même pas sourire: il pouvait juste regarder le visage trempé de sang de Kardia, son sourire innocent et heureux, sa joie et son plaisir, le rayonnement mauvais dans ses yeux si clairs,…
Et lorsque Kardia se pencha en avant et lui tendit la main, il ne put s'empêcher de reculer précipitamment. Le Scorpion haussa les sourcils, intrigué:
-Bah… Qu'est-ce qui te prends, mec?
-Ne me touche pas.
Kardia cligna des yeux:
-Mais… Qu'est-ce que tu…
-Ne me touche plus jamais.
-Dé…
-Regarde autour de toi, Kardia. Regarde. (Dégel plissa des yeux mi tristes mi enragés) C'est tout ce qui restera autour de toi si tu continues de te comporter de la sorte. La mort.
Le Scorpion reçut cette remarque comme un coup au coeur, comme si Dégel venait de le poignarder dans le dos. Il ne pouvait pas être sérieux quand même?
-Ca fait que je fais ça pour toi et tu m'en veux?! Et tu te permets de me faire la leçon?! J'en reviens pas! Comment ose-tu me faire la morale, Dégel du Verseau?!
S'écria-t-il brusquement en saisissant le bras du Verseau pour le relever de force. Verseau qui tenta de se dégager en grognant:
-Ne me touche pas!
-Alors arrête de faire ta chochotte et contente-toi de me remercier de t'avoir sauvé la vie, merde! Fais pas chier, Dégel!
-Tu n'avais pas à les tuer! (S'écria soudain Dégel)
-J'AI FAIT CA POUR TOI!
Dégel tressaillit et manqua de trébucher devant l'éclat de colère du Scorpion. Si ce dernier ne lui serrait pas le bras aussi fort, il serait tombé à la renverse.
Le visage ensanglanté de son frère d'arme était déformé par la rage, la colère mais aussi… une certaine note de tristesse déçue:
-Tu crois quoi?! Qu'on a été nommés Chevaliers pour sauver des vies?! Ouvre les yeux, Dégel! C'est « ça » la vraie vie! Des enfoirés qui exploitent les faibles, des faibles qui meurent de faim, des orphelins condamnés à voler, et j'en passe! Tu croyais vraiment que leur laisser la vie sauve était une option? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu racontes comme conneries?! Est-ce que tu te rends compte, oui ou merde?!
Hurla le Scorpion en lui secouant son bras blessé, comme pour le réveiller d'un mauvais rêve. Dégel grimaça lorsqu'une vague de douleur remonta le long de son bras pour commencer à élancer son épaule:
-Arrête! Tu me fais mal!
-Comment ose-tu seulement me faire la leçon?! C'est notre métier, Dégel! Quand est-ce que tu vas finir par comprendre qu'on doit être sans pitié?! Hein?!
-Lâche-moi!
-Pas avant que tu n'aies compris que je n'avais pas le choix et que j'ai fait ça pour toi! Pour te protéger, merde à la fin! Quand est-ce que tu vas…
La main de Dégel claqua lorsqu'elle heurta sa joue.
Le Scorpion sursauta et lâcha brusquement son frère d'armes, incapable de réagir sous le coup de la surprise.
Dégel tomba à genoux sur le pont, serrant son bras douloureux contre lui, et Kardia recula d'un pas: il… Venait de le frapper? Lui? Après tout ce qu'il avait fait?! Après tout ce qu'ILS avaient fait?! Il devait rêver!
Mais lorsqu'il croisa le regard déçu et effrayé de Dégel, il sut qu'il était sérieux:
-Ose me dire que tu n'as pas aimé tuer ces gens. Les faire et les regarder souffrir, les entendre hurler et te supplier de les épargner. Ca t'excite, n'est-ce pas? La souffrance, la douleur, le sang,…
-Tu…
-Je pensais que tu ne t'étais construit qu'un masque, que tu pouvais être quelqu'un d'autre que ce… Monstre qui vient de se dévoiler ici.
Il sentit une larme de dépit glisser au coin de son oeil et il l'essuya rageusement:
-Comment peux-tu me faire ça, Kardia?! Comment peux-tu me décevoir à ce point? Et comment puis-je encore te faire confiance après ça?! Hein?! Dis-moi!
Le Scorpion se laissa tomber à genoux et posa la main sur la nuque du Verseau pour l'approcher de lui:
-Arrête! (Gronda le Verseau en se débattant) Laisse-m…
-Je t'aime.
Dégel tressaillit brutalement et Kardia souffla:
-C'est ce qui m'a fait agir de la sorte aujourd'hui.
-Tu dis n'importe qu…
-C'est pour toi que j'ai fait ça, Dégel. Parce qu'ils te voulaient du mal. Parce qu'ils t'avaient blessé. Parce que je t'aime.
Un espèce de hoquet secoua les épaules du Verseau, sans qu'il puisse croiser le regard de Kardia qui le serra lentement contre lui, comme pour rassurer un enfant après un cauchemar:
-Laisse… Moi…
-Jamais. Tu as déjà oublié ce qu'on s'était dit hier? Tu es à moi, et je suis à toi. Alors ne compte pas sur moi pour te lâcher, mon Dégel.
Dégel posa ses mains contre la poitrine du Scorpion, poussa pour s'en éloigner, renonça lorsque son bras gauche l'élança brusquement, et il poussa un gémissement de douleur étouffé. Kardia fronça un sourcil et le recula légèrement pour baisser les yeux vers le bras blessé du français:
-Montre-voir.
-Ne me touche pas.
Mais le grec déchira la manche, sans faire attention aux protestations de son frère d'armes. Grimaça et cracha une insulte en découvrant la plaie: violacée sur les bords.
-Poison.
Cracha-t-il. Dégel devint soudain livide:
-Quoi?!
Kardia le força à s'adosser contre le bastingage et repoussa ses cheveux en arrière:
-Bouge pas.
-Qu'est-ce que tu vas…
Le Scorpion plaqua sa bouche contre la plaie et inspira soudainement, faisant sursauter Dégel qui tenta de le repousser lorsqu'il comprit ce que voulait faire son frère d'armes:
-Arrête! Arrête-ça! Tu vas te tuer!
Kardia se recula et cracha le sang qu'il venait d'aspirer avant de se frotter les lèvres avec le dos de la main:
-On s'en fout si je meurs: tant que tu survis, je suis prêt à tout. (Il plongea les yeux dans ceux de Dégel) Je suis prêt à mourir pour toi, Dégel. Personne ne regrettera le monstre que je suis, pas vrai?
-Tu dis n'importe quoi!
S'écria Dégel, le coeur battant la chamade, partagé entre la soudaine crainte de mourir et celle de perdre Kardia. Le grec se contenta de hausser les épaules:
-De toute façon, je suis plus ou moins immunisé.
-Ce n'est pas une raison!
Mais Kardia ne l'écoutait déjà plus, les lèvres autour de la plaie, aspirant de nouveau une coulée de sang empoisonné. Dégel tenta de dégager son bras mais les mains du Scorpion l'immobilisèrent mieux qu'un étau:
-Arrête de bouger, merde! (Grogna Kardia en crachant de nouveau le sang qu'il venait d'aspirer) Tu me compliques la tâche!
-Mais je ne veux pas que tu prennes de risque!
-Quel risque? Je suis immunisé, je te rappelle.
-Je ne veux pas prendre le risque de te perdre!
Asséna Dégel, faisant instantanément taire le Scorpion. Scorpion qui fronça les sourcils:
-Faut savoir ce que tu veux, mec: d'abord tu m'interdis de te toucher, la seconde d'après t'as peur que je clamse! Réfléchis-y deux secondes le temps que je t'enlève cette merde du br…
Mais la main de Dégel se posa sur son visage pour le repousser alors qu'il s'avançait à nouveau vers la blessure:
-Oh ça suffit, hein! Laisse-moi faire mon boulot, merde!
-S'il te plait… Arrête d'essayer de mourir…
Souffla Dégel, la voix rauque et légèrement tremblante. Kardia cligna des yeux et releva la tête vers lui:
-Quoi?
-Arrête de te mettre en danger dans le seul but de mourir…
Le Scorpion pâlit: le poison avait-il déjà atteint le système nerveux de son frère d'arme pour qu'il commence à raconter de telles bêtises? Il se dégagea et plaqua de force ses lèvres contre la blessure, marmonnant entre deux crachats:
-Mais qu'est-ce que tu racontes encore?!
Dégel passa distraitement, doucement, la main dans les cheveux marines du grec qui frissonna:
-Tu as oublié qu'on ne pourrait plus jamais se mentir? Je sais ce que tu penses… Je sais pourquoi tu te jettes toujours tête la première dans les bagarres… (Il murmura doucement, comme à un enfant) Peut-être que c'est inconscient mais tu voudrais ne pas en revenir, n'est-ce pas?
-Tu dis n'importe…
-La vérité. Et tu le sais.
Kardia releva la tête et Dégel posa les yeux sur son visage où le sang des marins commençait à sécher:
-Pourquoi tiens-tu tellement à mourir, Kardia? Alors que tu passes ton temps à clamer vouloir vivre pleinement ta vie? Qu'est-ce qui te fais peur?
Le grec cligna des yeux plusieurs fois, sans parvenir à nier une fois de plus.
Et si… Et si c'était vrai?
Et si, en disant vouloir vivre sa vie à cent à l'heure, en se mêlant aux combats et au danger, il cherchait en fait à mettre fin à ses jours? Et s'il voulait cesser de souffrir?
Il déglutit difficilement et baissa de nouveau la tête vers la blessure (qui tournait désormais au bleu à cause des vaisseaux sanguins qui avaient éclatés sous la pression de ses lèvres) avant de souffler:
-Tu délires: laisse-moi te soigner et on en parlera…
-Plus jamais. Tu vas éviter le sujet, essayer de me le faire oublier,… (Dégel esquissa un demi sourire) Je commence à te connaitre, Kardia… Mais tu n'es pas obligé de m'en parler. Je te demande juste d'arrêter, s'il te plait. Arrête de vouloir mourir en te mettant en danger ainsi. Pour moi…
Kardia cracha de nouveau le sang qu'il venait d'aspirer (il devait sans doute avoir réussi à rattraper le peu de poison qui s'était infiltré dans les veines de son frère d'armes) et il s'immobilisa lorsque la main du Verseau glissa sur sa joue pour lui redresser le menton:
-D'accord?
Silence.
Juste le temps de se noyer dans les orbes améthystes de Dégel.
Juste le temps de se perdre dans ses superbes yeux.
Et d'y lire une grande tristesse.
Il esquissa un sourire moqueur et, juste après s'être essuyé les lèvres, s'approcha du visage du Verseau:
-J'essayerai de faire un effort.
-N'essaye pas: contente-toi de le faire.
Kardia rit doucement et posa son front contre celui de Dégel avant de fermer les yeux:
-Ca marche, seigneur Dégel...
Le Verseau sourit à demi et leurs lèvres se trouvèrent. D'abord légèrement hésitantes, puis plus assurées, comme si elles avaient besoin des autres pour survivre.
Kardia abandonna le bras du français pour passer les mains dans son dos et le serrer contre lui, tandis que Dégel passait son bras valide sur les omoplates du Scorpion. Puis, le grec souffla, à bout de souffle:
-Et toi… Hors de question de me refaire une peur pareille, vu?
-Je tâcherai de m'en souvenir.
-Bien.
Dégel ferma les yeux et se laissa bercer par le son du coeur de Kardia contre son oreille, appuyé contre le corps encore brûlant du grec. Et le Scorpion caressait doucement le dos du jeune homme aux cheveux verts, comme pour le rassurer, lui prouver qu'il ne l'abandonnerait pas.
Dégel porta la main à sa gorge et effleura doucement la ligne rougeoyante que la lame avait laissé sur sa peau. Presque rien, à peine une brûlure,…
Il poussa un soupir rassuré: au moins, ils s'en étaient sortis indemnes…
$s$s$s$
Après avoir ceint le bras de Dégel d'un bandage de fortune, Kardia s'empressa d'aller libérer les gens retenus à la cale, mains levées pour leur faire comprendre que ses intentions étaient bonnes (malgré son visage et ses vêtements éclaboussés de sang qui, il fallait l'avouer, n'aidait pas à s'attirer la confiance des gens, n'est-ce pas?).
Il y avait là des femmes, des hommes et quelques enfants, et tous avaient les yeux cernés et hagards, pâles, maigres, vides.
Néanmoins, quelques hommes avaient déjà appris à manoeuvrer un bateau et pensaient pouvoir le ramener à bon port, chez eux, en Italie pour la grande majorité.
Kardia hocha la tête: ces pauvres gens rentreraient chez eux avec le plus gros des deux bateaux et, quant à eux, ils allaient continuer leur route vers la Grèce avec un radeau de sauvetage: après tout, aucun d'eux de savait diriger un bateau! Oui, la barque serait un bon exercice. Ca lui musclerait les bras!
Tous les remercièrent chaleureusement, des larmes de reconnaissance et d'émotion dans les yeux.
Pourtant, juste avant d'embarquer sur la barque, un petit garçon aux cheveux rouges foncés attachés en queue de cheval ébouriffée, agrippa doucement le pantalon de Kardia, comme pour le retenir. Le Scorpion fronça les sourcils et se retourna, sceptique, avant d'aboyer:
-Quoi?
L'enfant se contenta de le regarder avec de grands yeux ambrés, comme s'il tentait de lui faire passer un message sans ouvrir la bouche. Kardia poussa un long soupir et se dégagea avant de s'accroupir: il n'avait jamais été très doué avec les enfants. Trop pleurnichards, trop collants. Trop trop, quoi!
-Ecoute bonhomme: si tu parles pas, je peux pas comprendre ce que tu me v…
Il se tut soudainement lorsqu'il posa la main sur le haut de la tête de l'enfant: là, à l'instant, il venait de ressentir… :
-Un cosmos?…
Souffla-t-il en écarquillant les yeux. L'enfant se contentait de le regarder, mais une lueur rassurée venait d'éclairer ses yeux ambrés. Comme s'il avait attendu que le Scorpion mette les mots sur ce qu'il ne parvenait pas à exprimer.
Kardia, sans le quitter des yeux, se recula légèrement et appela:
-Dégel! Viens un peu!
Le Verseau lui jeta un regard interrogatif, prit congé des passagers libérés et s'approcha de lui:
-Qu'y a-t-il? (Puis, en jetant un coup d'oeil sur l'enfant, il esquissa un sourire moqueur) Tu t'es fait un nouvel ami?
-Tu sens pas?
-Sentir quoi?
S'inquiéta Dégel en fronçant le nez. Kardia secoua la tête:
-Pas « sentir » comme ça, voyons! Son…
-Mon cosmos…
Tous deux se tournèrent vers l'enfant qui venait de murmurer doucement ces quelques mots. Dégel écarquilla les yeux et s'accroupit à son tour pour demander (heureusement, l'enfant parlait Grec):
-Comment t'appelle-tu?
-Liam…
Souffla le garçon en soutenant leurs regards ébahis. Les deux Golds se jetèrent un regard en coin et Kardia demanda à son tour:
-Tu sais ce que nous sommes?
Liam secoua doucement la tête:
-J'ai juste senti vos univers entrer en résonance avec le mien…
Univers, un bien beau mot pour parler du cosmos. Cet enfant en possédait donc un! Mais savait-il seulement s'en servir? Kardia et Dégel étaient légèrement perdus: que devaient-ils faire dans une situation pareille?
-Où sont tes parents?
-Morts…
Dégel posa la main droite sur l'épaule du garçon, comme pour le consoler, mais ce dernier, au lieu de parler, se contenta de lever des yeux remplis d'espoir vers Kardia. Et ils purent presque entendre sa supplication désespérée.
Le Verseau se tourna vers son frère d'armes, curieux de voir comment il allait refuser la requête de l'enfant et…
-Allez viens, gamin: on embarque! Tu vas voir, tu vas te plaire au Sanctuaire!
La mâchoire de Dégel se déboita d'une bonne dizaine de centimètres lorsque Kardia se pencha en avant et saisit l'enfant par la taille pour le percher sur ses épaules. Bam, comme ça.
Alors qu'il passait son temps à dire que les enfants étaient d'insupportables petites choses!
Liam s'agrippa délicatement aux cheveux marines du Scorpion et un demi-sourire étira ses lèvres tandis que Kardia se tournait vers Dégel en ajustant sa Pandora Box sur son dos:
-Tu viens, Dégel?
Le Verseau resta un instant immobile, interdit. Il se tourna vers les anciens esclaves et demanda à savoir qui était responsable de cet enfant. Personne ne se déclara parent ou protecteur. Personne ne savait d'où il venait, ni même son nom.
Dégel soupira légèrement et les remercia avant de rejoindre Kardia et Liam sur leur navire de fortune.
Le Grand-Pope serait sans doute ravi de cette petite « surprise ».
$s$s$s$
Le reste du voyage se fit sans encombres.
Dormant dans la tente, Liam glué à Kardia comme une sangsue (vous pensez bien qu'ils durent réfréner leurs pulsions nocturnes tout le reste du trajet, n'est-ce pas?), mais le bras du Scorpion posé sur les épaules de Dégel, les nuits étaient paisibles et calmes. Le Verseau semblait juste avoir attrapé froid et toussait de temps en temps, ce qui l'empêchait parfois de dormir et le fatiguait inévitablement.
La journée, Liam marchait sans se plaindre, sans même parler. On aurait presque pu le croire muet s'il ne riait pas des grimaces et des pitreries du Scorpion qui tentait tout pour le faire parler.
Et Dégel souriait légèrement, attendri par le rire de Liam, touché par l'attention qu'accordait Kardia à l'enfant.
-Il me semblait que tu détestais les enfants.
Sourit Dégel, un soir: ils étaient tous deux assis en face du feu, Liam tombé endormi contre le Scorpion après s'être simplement assis sur ses jambes croisées. Kardia poussa un reniflement rieur et passa la main dans les cheveux rouges de l'enfant avec un certain attendrissement:
-C'est le cas. Mais je déteste seulement les sales gosses mal élevés. Quand ils sont sages et silencieux comme ça, j'ai rien à redire.
Puis, il jeta un regard moqueur au Verseau, légèrement pâle dû à sa fatigue croissante:
-T'es jaloux?
Dégel haussa les épaules, un demi sourire sur les lèvres pâles:
-Bien sûr que non.
Il sursauta légèrement lorsque le bras de Kardia se posa sur ses épaules pour le coller contre lui et son souffle lui chatouiller la joue:
-Petit menteur.
Dégel leva les yeux au ciel:
-Tu t'imagines ce que tu veux.
-Ca marche, monsieur le jaloux.
Sourit Kardia en enfouissant son visage dans la gorge du Verseau en poussant un ronronnement ravi. Et, lorsqu'il se rendit compte que le Scorpion venait de s'endormir, Dégel porta la main à sa bouche pour étouffer une violente quinte de toux.
L'autre se posa sur sa gorge qui l'élançait de plus en plus fort…
$s$s$s$
Le troisième jour, enfin, tous trois se tinrent devant le Sanctuaire.
Mais alors qu'ils se remettaient en route, Kardia leur intima de le suivre d'un léger mouvement de tête et Dégel demanda, inquiet et désireux de retrouver son temple (et son lit: il était véritablement épuisé):
-Qu'est-ce que tu fabriques? Le Sanctuaire, c'est de l'autre côté.
-Sans blague?! (S'écria le Scorpion) Heureusement que t'es là, je l'avais pas remarqué!
Liam esquissa un petit rire et Kardia sourit avant de hausser les épaules:
-Je veux juste qu'il découvre le Sanctuaire de cette façon.
-Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que c'est une très mauvaise idée?…
Soupira Dégel en levant les yeux au ciel avec lassitude:
-Peut-être parce que c'en est une, qui sait…
Dégel manqua de s'étouffer mais Kardia ricana et l'interrompit pour s'adresser au petit garçon:
-Bon, Liam, on va jouer à un jeu: on grimpe jusqu'en haut de ce petit pic rocheux. Si tu y arrives, tu gagnes. Si non, ou si tu te casses la gueule, tu perds. Ca te va?
Comme Liam se contentait de hocher la tête, Dégel se mit à tousser, ayant avalé sa propre salive de travers en entendant la proposition de son frère d'armes. Il agrippa Kardia par le col de sa chemise et feula:
-Mais tu es complètement fou! Il va se rompre le cou!
-J'crois pas: regarde comment il grimpe bien!
Dégel le lâcha, se retourna avec horreur et manqua de défaillir: Liam, aussi agile qu'un écureuil, avait posé les mains et les pieds dans des prises naturelles qu'offrait la roche et se trouvait désormais à la moitié du pic rocheux.
Le Verseau se tourna vers Kardia:
-Mais fais quelque chose bon sang! Arrête-l…
Il se tut. Kardia n'était plus là. Il lui adressait de petits signes depuis le haut du pic. Tranquille.
Dégel grinça des dents et porta la main à son front:
-Il va finir par me tuer…
Une fois Liam arrivé à bon port (c'était presque miraculeux!), Dégel les rejoignit bien vite et Kardia posa la main sur l'épaule de l'enfant, non sans avoir adressé un sourire moqueur et narquois au Verseau qui le fusillait du regard:
-Bienvenue au Sanctuaire, Liam.
Il désigna le paysage du bras et sourit:
-Bienvenue à la maison.
Dégel se tourna à son tour dans la direction qu'indiquait le Scorpion, sentit son coeur manquer un battement: englobé par la lumière du soleil couchant, le Sanctuaire semblait briller.
Et là, au sommet des douze maisons…
Liam tomba à genoux, des larmes d'émotion roulant sur ses joues: *
-Athéna…
Dégel déglutit et posa la main sur le bras du Scorpion, comme pour s'assurer de sa présence: la statue géante de la Déesse dégageait une immense vague de chaleur et d'amour. Une vague qui lui serrait le coeur et l'englobait tout entier.
Il n'avait jamais ressenti une telle émotion, une telle peine, une telle joie, un tel soulagement. Toutes ces émotions se mêlaient dans son coeur englobé par le doux cosmos de la Déesse, gonflaient, lui donnaient l'impression que son coeur allait exploser.
Il haleta: il avait l'impression qu'Athéna elle-même lui souriait, lui prenait doucement les mains, lui adressait des paroles douces et rassurantes, l'englobant de son cosmos chaleureux et lumineux. Il avait l'impression d'être redevenu un enfant que sa mère prendrait par la main après un mauvais rêve.
Son coeur lui faisait mal et pourtant, la vague de chaleur qu'émanait la statue gonflait en lui, faisait poindre des larmes incontrôlables aux coins de ses yeux. Jamais Dégel n'avait ressenti une telle émotion, une telle vague d'amour et de bonté.
Jamais il n'avait eu autant envie de pleurer et de rire à la fois…
-Et moi qui croyais que tu n'avais que des mauvaises idées…
Murmura Dégel, la voix devenue légèrement rauque sous le coup de l'émotion. Kardia sourit:
-C'est la meilleure façon de découvrir le Sanctuaire, tu ne trouves pas?
Le jeune homme aux yeux améthystes esquissa un sourire ému et ferma les yeux lorsqu'un coup de vent agita ses cheveux dans son dos:
-Oh si…
Kardia sourit et, doucement, saisit la main de Dégel pour la serrer dans la sienne:
-J'avais vraiment envie que Liam découvre sa nouvelle maison de cette façon. Et (son sourire s'agrandit légèrement) j'avais surtout envie de partager ça avec toi.
-Comme c'est aimable de ta part.
-N'est-ce pas.
Le Verseau esquissa un sourire, teinté d'émotion, puis, il se tourna de nouveau vers la statue, le coeur battant et les yeux embrumés. Après quelques minutes, après un temps infini, Kardia souffla doucement, comme s'il avait peur de le déranger dans sa contemplation:
-Dégel?
-Hm?
-Tu sais quoi?
-Dis-moi tout.
Kardia sourit:
-Je viens d'avoir seize ans…
Ils sourirent et le sourire lumineux de Liam se mêla aux leurs.
Enfin, ils étaient de retour au Sanctuaire.
Enfin, ils étaient de retour chez eux…
$s$s$s$
-Hadès avait donc envoyé deux de ses Spectres pour tester la puissance des Chevaliers d'Athéna?
-C'est ce que l'un d'entre eux nous a révélé, en effet.
Répondit Dégel, la tête baissée, agenouillé devant le trône du Grand Pope. Sage se frotta distraitement le menton, comme pour se laisser le temps de réfléchir à cette réponse. Puis, il fit un léger mouvement de tête:
-C'est le genre de chose qu'il ferait, en effet: tester notre puissance avant de passer à l'attaque…
Il y eut un instant de silence méditatif puis, le Grand Pope sembla sursauter, comme s'il était resté plongé dans ses souvenirs trop longtemps:
-Bien. La mission est donc un succès: vous pouvez être fiers de vous.
Kardia et Dégel inclinèrent légèrement la tête et dirent en coeur:
-Merci, Grand Pope: c'était un honneur.
Sage hocha doucement la tête et se tourna ensuite vers Liam. Le petit garçon était agenouillé à la droite de Kardia, les yeux sagement baissés, immobile et silencieux, presque invisible tant il était calme. Une espèce de sourire paternel étira légèrement les lèvres du vieil homme aux cheveux blancs et il descendit les quelques marches de l'estrade:
-Et qui est cet enfant?
Kardia jeta un coup d'oeil furtif à Dégel qui lui intima de répondre, il pouvait presque l'entendre dire « c'était ton idée: maintenant, tu assumes ». Le jeune homme aux cheveux bleus se racla la gorge et répondit:
-C'est… Nous l'avons trouvé parmi des.. Enfin, lors du trajet du retour, nous avons eu à faire avec des marchands d'esclaves et Liam était parmi eux. Comme il possède un cosmos, nous… (Dégel lui envoya un léger coup de coude dans les côtes et Kardia grommela) J'ai pensé qu'il serait à sa place ici.
Le Grand Pope hocha la tête et arriva face à l'enfant aux cheveux rouges:
-Lève-toi, mon enfant.
Liam jeta un regard intrigué à Kardia, comme pour chercher son accord, et le Scorpion lui adressa un léger mouvement de tête accompagné d'un sourire pour l'encourager. L'enfant hésita un instant puis, releva ses yeux ambrés et se leva lentement, paisiblement. Le Grand Pope le détailla un instant avant de demander doucement, comme s'il avait peur de l'effrayer:
-Comment t'appelles-tu?
-.. Liam.
-Sais-tu ce qu'est le cosmos, Liam?
Le petit garçon secoua légèrement la tête et Sage jeta un coup d'oeil légèrement réprobateur au Scorpion qui rentra imperceptiblement la tête entre ses épaules:
-La moindre des choses aurait été de lui expliquer.
-Ouais, j'y ai pas pensé. Désolé.
Sage leva les yeux au ciel puis posa la main sur l'épaule de Liam:
-Viens: le voyage a dû t'épuiser. (Il frappa dans ses mains et une servante aux longs cheveux bruns apparut, presque comme par magie) Emilia va te préparer un bain et de nouveaux vêtements. Ensuite tu pourras aller te reposer. Demain je t'expliquerai ce qu'est le cosmos et, si tu l'acceptes, ton futur rôle.
La jeune femme sourit avec bienveillance et lui indiqua une porte latérale du bras:
-Par ici.
Liam sembla hésiter, son visage ne trahissait aucune expression, seuls ses yeux ambrés tremblaient légèrement. Il se retourna à demi, adressa un regard effrayé à Kardia et à Dégel. Plongea dans le bleu de ceux du Scorpion.
Et y lut toute la confiance et l'assurance dont il avait besoin.
Kardia sourit et indiqua la servante du menton:
-Allez, suis-la.
Le garçon hocha la tête, esquissa un sourire et leur adressa un petit signe de main avant de suivre la jeune femme vers la porte. Le Grand Pope les suivit des yeux avant de sourire:
-Tu as bien fait, Kardia: je sens à son cosmos que cet enfant a un grand potentiel.
Le Scorpion bomba légèrement le torse et Dégel souffla, presque moqueur, bien décidé à faire redescendre Kardia du piédestal sur lequel il s'était auto-installé :
-Reste à voir quelle armure lui conviendra…
Kardia lui jeta un regard incendiaire et Sage monta de nouveau les marches de l'estrade:
-Vous avez bien travaillé: allez donc vous reposer.
Les deux chevaliers baissèrent légèrement la tête:
-Merci, Grand Pope.
Ils se levèrent, ajustèrent leurs Pandora Box sur leurs épaules et s'avancèrent vers la sortie. Kardia esquissa un sourire moqueur:
-Bah t'as vu: j'me suis même fait féliciter!
-J'étais là, tu sais.
-Ouais ouais! J'étais pas sûr que t'avais bien entendu.
Ronronna presque le Scorpion en roulant des épaules. Mais alors qu'il s'attendait à ce que Dégel rie légèrement, ou bien sourie, il se rendit compte que le Verseau n'était plus à sa droite.
Kardia fronça les sourcils et se retourna…
Pour rattraper in extremis Dégel qui venait de s'affaler dans ses bras:
-Oh! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive, mec?!
S'écria-t-il en se laissant glisser sur le sol, Dégel à moitié évanoui dans ses bras. Le Grand Pope se redressa sur son siège (alors qu'il venait à peine de s'y rassoir) avant de se lever précipitamment:
-Que se passe-t-il?
-Je sais pas! Il allait bien il y deux secondes mais il..
-Laisse-moi voir.
Sage s'agenouilla à leurs côtés et posa la main juste au dessus du front soudain trempé de sueur du Verseau. Une légère lueur dorée enveloppa sa main et il grimaça:
-Du poison?!
Kardia pâlit subitement, un filet de sueur froide roulant le long de sa colonne vertébrale:
-Quoi?! Mais j'avais enlevé tout le poison de son bras! Je vous le jure!
-Je ne doute pas de toi.
Grommela le Grand Pope avant de dégrafer brutalement le col du Verseau, dévoilant une ligne violacée sur sa gorge si pâle. Kardia poussa une espèce de gargouillement horrifié et surpris avant de cracher une vague insulte:
-Il ne m'a rien dit concernant cette blessure! Quel abruti! Toujours à vouloir jouer les héros solitaires!
Ragea Kardia en redressant le corps évanoui du Verseau pour le secouer légèrement. Le Grand Pope resta immobile quelques secondes avant de se redresser:
-Va immédiatement au douzième: Albafica doit avoir un antidote assez puissant pour le sauver.
Kardia esquissa une grimace et, sans perdre plus de temps, se rua vers les marches qui le mèneraient dans la demeure du Poisson.
-Albafica!
Beugla-t-il en enfonçant presque la porte des appartements du Poisson. Le jeune homme aux longs cheveux bleus sursauta violemment et se tourna rageusement vers lui:
-Que me veux-tu?
Kardia s'avança vers lui, déterminé:
-Dégel a été empoisonné et le Grand Pope m'a dit que tu pourrais le sauver!
Albafica haussa légèrement les sourcils:
-Je dois pouvoir faire ça.
-Parfait! Alors grouille-toi: il est presque mort!
Le Poisson plissa les yeux:
-Depuis quand est-il empoisonné?
-Heu.. Trois-quatre jours: tu vas pouvoir le sauver quand m…
-Arrête de hurler bon sang! (Gronda Albafica en portant la main à son front) Je vais te chercher ce qu'il te faut.
Kardia poussa un soupir de soulagement et serra Dégel contre lui pour lui murmurer:
-Tout va bien: tu vas t'en sortir.
-Tu sais, s'il a tenu trois jours entiers avant de perdre connaissance, il n'est pas vraiment en grand danger.
-Ah bon?
-Sans doute que la blessure n'était pas profonde et que le poison a mis du temps avant d'atteindre son système nerveux. Il ne risque pas grand chose.
Expliqua froidement Albafica en lui tendant une fiole du bout du doigt, comme pour éviter absolument de le toucher. Kardia plissa le nez: était-il donc si répugnant que ça?
-Quoi? Je pue?
Aboya-t-il. Le jeune homme aux cheveux bleus ciel fronça dangereusement les sourcils:
-Du sang empoisonné coule dans mes veines: je ne voudrais pas te tuer accidentellement.
-Tu sais que le sang c'est sous la peau et que je ne risque rien?
-Je ne veux prendre aucun risque.
-Même si mon sang est empoisonné aussi?
-Ton sang n'est rien comparé au mien.
Kardia leva les yeux au ciel et s'empara brutalement de la fiole: il n'avait pas le temps de discuter des problèmes relationnels du Poisson. Là, tout ce qu'il voulait, c'était sauver Dégel! Il déboucha vivement la petite fiole et la posa fébrilement contre les lèvres entrouvertes du Verseau, toujours immobile.
Le liquide roula le long de son menton, coula un peu dans sa bouche, et Dégel toussa, sans avaler. Kardia pâlit et se tourna vers Albafica:
-Et là, je fais quoi?! Il n'arrive pas à avaler!
Le Poisson sembla perdu, hésitant, mal à l'aise. Le regard fuyant, il se détourna pour s'éloigner, comme pour les laisser seuls:
-Je pense que tu n'es pas très malin, mais tu n'es pas non plus complètement stupide… Tu sais très bien ce que tu peux faire.
Le Scorpion haleta, le coeur battant à tout rompre dans sa poitrine: quelle était cette sensation? Cette espèce de torpeur fébrile qui avait pris possession de lui et qui lui tordait les entrailles? Il déglutit: la peur.
Il mourait littéralement de peur. Il avait terriblement peur de perdre Dégel. Il avait peur de se retrouver seul à nouveau. Il avait l'impression que si Dégel mourrait, il ne pourrait pas y survivre.
Alors, à toute vitesse, sans se poser de questions, il porta la fiole à sa bouche, en fit couler le contenu et se pencha vivement en avant, pour plaquer ses lèvres contre celles de Dégel:
-Allez, Dégel: avale-moi ça et guéris!
Encouragea-t-il mentalement son frère d'armes. Dégel toussa légèrement mais, enfin, finit par déglutir, difficilement, certes, mais c'était tout ce qui comptait.
Kardia se redressa et poussa un long soupir avant de serrer le Verseau contre lui pour le bercer légèrement:
-Putain mec: tu m'avais dit que tu me ferais plus jamais un truc pareil…
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Ce fut le chant des oiseaux qui réveilla Dégel le lendemain matin. Il papillonna légèrement des yeux et poussa un long soupir. D'après ce qu'il pouvait voir, il était dans sa chambre, au onzième temple.
Chez lui.
Le jeune homme aux cheveux verts regarda un instant par la fenêtre de sa chambre, observant le soleil englober le Sanctuaire de sa chaleur et de sa lumière radieuse. Il ferma les yeux instant, passa la main sur son front, la reposa sur le lit…
Ecarquilla des yeux surpris lorsque sa main ne rencontra pas le drap mais bien une mèche de cheveux marines. Un léger sourire étira ses lèvres lorsque Kardia sourit, les yeux fatigués:
-Je commençais à croire que tu étais mort.
-Bah tu vois comme quoi…
Ils se sourirent légèrement puis Dégel souffla:
-Tu es resté éveillé tout ce temps?
-On dirait.
-Je ne t'aurais jamais cru capable de résister si longtemps au sommeil.
-Et je ne t'aurais jamais cru capable de ne pas me dire que tu avais été blessé à la gorge.
Dégel, toujours allongé, tressaillit à peine: on ne va pas dire qu'il ne s'attendait pas à des reproches. Il se doutait que Kardia allait s'empresser de l'enguirlander une fois sa blessure découverte:
-Je ne savais pas qu'elle était si grave.
Tentait néanmoins de se défendre. Kardia leva les yeux au ciel:
-T'es vraiment chiant, tu sais. En plus tu m'as fait super peur pour rien! Bien joué, franchement.
Grommela-t-il en faisant la moue. Le Verseau soupira:
-Quel grand bébé tu fais…
-Tu peux parler toi!
Le coin des lèvres de Dégel se redressa légèrement et Kardia sourit, ravi du succès de sa fausse mauvaise humeur. Il se redressa et s'assit sur le lit, le visage plus sérieux:
-Mais franchement, il va falloir que tu arrêtes de me faire des cachotteries de ce genre: ça aurait pu te couter la vie, est-ce que tu comprends ça?
-Je ne pouvais pas savoir que la lame était empoisonnée…
-Mais il y a bien un moment où tu t'en es rendu compte: la preuve, tu viens de me le dire alors que je ne t'ai pas dit pourquoi tu étais tombé évanoui.
Dégel se retint de se mordre la lèvre: mince. Il aurait mieux fait de réfléchir avant de parler. Mais, contrairement à l'accès de colère et de hurlements qu'il avait imaginé, Kardia se contenta de sourire, comme s'il regardait un enfant. Le Verseau haussa les épaules:
-Même si c'est le cas, ça ne te regardais pas.
-Sale gosse…
-Il me semblait que tu détestais les sales gosses?
-Oh mais c'est le cas. (Il se pencha en avant, son sourire doux se muant en sourire mutin) Je déteste les sales gosses et j'adore les mater. Les dresser si tu préfères.
Dégel se sentit rougir légèrement et il fronça les sourcils:
-N'essaye même pas.
-Sinon quoi?
Souffla le Scorpion, ajoutant une nouvelle brique au mur de tension et de désir qu'ils venaient d'ériger depuis le début de la conversation. Dégel haussa des sourcils provocateurs:
-Tu ne préfères pas imaginer.
Kardia hésita un court instant puis, son sourire s'élargit, ravi:
-Ah bon?
Il se pencha en avant et posa son front contre celui du Versau:
-Je meurs d'envie de savoir…
-Tant pis pour toi.
Les yeux dans les yeux, Kardia savait qu'il ferait mieux de résister, de laisser le Verseau languir, le laisser venir à lui. Mais lorsqu'il plongea dans les orbes améthystes, toute la tension accumulée depuis le combat contre les marins, toute la frustration, la peur et la colère se muèrent en chaleur croissante dans sa poitrine, et il céda.
Ses lèvres se posèrent sur celles du Verseau, assez fort pour lui faire passer toutes ces émotions qui lui faisaient tourner la tête. Et Dégel ferma les yeux en poussant un soupir ravi: il pouvait sentir à quel point Kardia avait eu peur pour lui, à quel point il l'aimait et le voulait…
D'abord doux, le baiser commença bien vite à devenir brûlant, sulfureux, les laissant haletants, le souffle court, leurs poitrines s'abaissant et se soulevant au même rythme. Kardia murmura:
-Tu n'imagines pas à quel point j'ai pu maudire Liam pendant ces trois derniers jours..
Dégel haleta avant de refermer ses bras sur la nuque du Scorpion pour souffler:
-Et moi donc.
Kardia sourit et leurs lèvres se retrouvèrent à nouveau. Dégel passa les mains dans les cheveux du Scorpion, essayant de le plaquer contre lui, de se fondre en lui. Les mains de Kardia glissaient sur sa poitrine à travers les draps, effleuraient ses flancs, atteignaient enfin les points qu'il savait sensibles.
Dégel poussa un halètement, le coeur battant, rejetant la nuque en arrière:
-Tu te rends compte… (Souffla-t-il tandis que Kardia déposait des baisers sur sa gorge) Que.. Je suis en convalescence?…
-Y'a pas de meilleurs remèdes, crois-moi.
Dégel sourit légèrement: il avait l'impression que son corps était en feu, qu'il avait de la fièvre,…
Mais quelle douce fièvre c'était… Quelle douce chaleur que ce brasier qui lui enflammait le corps.
Kardia s'éloigna, juste le temps d'envoyer les draps valser au loin, et se retrouva au dessus de lui. Dégel referma les bras sur son dos, caressa sa peau hâlée. Quand avait-il enlevé sa chemise? Il ne savait même plus. Il ne savait plus non plus comment, pour finir, ils s'étaient retrouvés nus, collés l'un à l'autre, haletants, le coeur battant et le souffle court.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il voulait plus, bien plus…
Il se redressa légèrement et adressa un regard brûlant et insistant au Scorpion:
-Je te veux…
Kardia sourit et se pencha en avant:
-Ca tombe bien…
Le corps de Dégel se cambra et un frisson de plaisir remonta le long de son échine lorsqu'il poussa un léger gémissement ravi au moment où le Scorpion se fondit en lui. Kardia se pencha en avant et enfouit son visage dans sa gorge, haletant, comme pour reprendre ses esprits un court instant. Et resta immobile encore plusieurs secondes. Trop longues. Impossibles à supporter.
Alors qu'un frisson ravi terminait brusquement son chemin, Dégel, les joues rouges, le souffle court, redressa la tête et adressa un regard furieux et interrogatif au Scorpion:
-Qu'est ce que tu… Attends…?
Kardia, malgré la flamme de désir qui brûlait au fond de ses yeux, ne fit pas mine de bouger, esquissant simplement un rictus mauvais:
-Des excuses, Seigneur Dégel.
-Qu… Quoi?
Le Scorpion se pencha en avant et passa le bout de sa langue sur la clavicule du Verseau, juste ce qu'il fallait pour que Dégel se remettre à frissonner:
-Pas d'excuses, pas de récompense. C'est simple, non?
Dégel écarquilla des yeux surpris et souffla:
-Et… Pourquoi je devrais… M'excuser?
Kardia se redressa légèrement, toujours ce sourire faussement compatissant sur les lèvres:
-Ne te fais pas plus con que tu ne l'es: tu sais parfaitement de quoi je veux parler.
Mais comme le Verseau ne faisait pas mine de parler, il haussa les épaules:
-Tant pis pour toi: fais-moi signe quand tu auras retrouvé la mémoire.
Mais comme il faisait mine de se retirer, Dégel lui agrippa brusquement les épaules et referma les jambes sur lui, comme pour l'empêcher de bouger. Kardia haussa un sourcil surpris et le Verseau haleta:
-Pardonne-moi… De ne pas t'avoir dit que j'avais été… Blessé… Excuse-moi… Mais ne… Ne t'en va pas…
Le sourire du Scorpion s'élargit légèrement, teinté d'une lueur ravie: le français avait presque cédé trop vite. Il avait gagné presque immédiatement. Existait-il un sentiment plus jouissif que celui de la victoire?
La bouche de Kardia descendit dans sa gorge, mordilla la peau du Français qui haleta, se cambrant inexorablement pour se rapprocher encore plus du corps du Scorpion.
Le grec se pencha en avant, juste assez pour que leurs lèvres se touchent presque. Et comme Dégel s'attendait à les atteindre en se redressant légèrement, Kardia s'éloigna, l'empêchant même de les effleurer.
Un grognement frustré et étonné s'échappa des lèvres du Verseau et le Scorpion sourit:
-Tss tss… C'est moi qui dirige, ici. (Il posa son index sur le torse du français et le fit remonter le long de sa gorge, redescendre, remonter,… Inlassablement) Et tu as oublié le mot magique, mon Dégel…
Le jeune homme aux cheveux verts poussa un espèce de soupir de déception et légèrement bougon, comme s'il rechignait à donner au Scorpion ce qu'il désirait, avant de souffler, rendant les armes:
-S'il… Te plait…
Kardia passa doucement la main sur sa joue et se pencha de nouveau en avant pour souffler:
-Bien… C'est mieux comme ça, tu ne trouves pas?
Il ponctua sa phrase d'un léger mouvement de hanches, presque une récompense, et Dégel poussa une exclamation à la fois surprise et ravie. Le Scorpion poussa un petit ricanement et s'empara de nouveau des lèvres du français:
-Dégel…
Le Verseau leva des yeux embrumés vers lui, les joues rouges et la bouche ouverte sur un halètement lascif. Qu'est-ce qu'il était beau, son Kardia. Ses cheveux bleutés se coulant dans son dos, sa peau hâlée, ses muscles secs, sa petite cicatrice sur l'épaule gauche, ses yeux bleus si clairs et pourtant si brûlants… Il était superbe.
Comment pouvait-il mériter une personne aussi sublime? Lui, le maître des glaces, solitaire devant l'éternel, aussi froid que ses pouvoirs… Que lui trouvait donc le Grec? Qu'est-ce qu'il…
-Je t'aime. **
Dégel resta interdit un instant, le temps que le murmure du Scorpion atteigne son cerveau embrumé, puis sa respiration s'accéléra légèrement et il haleta, le sourire aux lèvres: il n'aurait jamais cru que Kardia trouverait la réponse tout seul. Sans doute avait il dû demander de l'aide au Grand Pope… Ou à Albafica… Ou à… Ou alors à ce marin quand il…
Il déglutit difficilement: il avait du mal à respirer. L'air ne parvenait plus à ses poumons ni à son cerveau. Sa poitrine se soulevait à s'abaissait à un rythme presque affolant tant l'incendie l'empêchait de respirer correctement. Mais bon sang, qu'est-ce que cette torpeur lui avait manqué pendant le reste du trajet. Qu'est-ce que la chaleur superbe de Kardia lui avait fait défaut.
Il n'arrivait plus à réfléchir. En fait, il ne voulait même pas y réfléchir. Tout ce qu'il voulait, c'était Kardia.
Si beau, si majestueux, si brûlant, si… Il déglutit difficilement: il n'arrivait plus à réfléchir. en fait, il ne voulait même pas y réfléchir. Tout ce qu'il voulait, c'était Kardia.
Si beau, si majestueux, si brûlant, si…
Dégel haleta, une goutte de sueur roulant le long de sa clavicule pour tomber sur les draps:
-Oui… Σ 'αγαπώ πάρα πολύ ***
Le sourire de Kardia s'élargit et il fondit sur les lèvres du Verseau, bien déterminé à ne plus les quitter avant un bon moment.
Ils avaient trois jours à rattraper après tout…
*Hommage à Pierre Bottero :') Dans « Ellana », « Ewilan » et « L'Autre », il décrit les émotions de ses personnages lorsqu'ils se retrouvent face à la grande arche de « cristal » (on va dire ça) qui mène à la capitale. Selon lui, cette arche provoque une grande émotion, des larmes, voire même des pertes de conscience tant l'expérience est intense. J'avais fort envie que la statue d'Athéna soit l' « Arche » du Sanctuaire: elle dégagerait tant d'amour et de bonté que personne ne pourrait rester indifférent ^^
** en français :D Si ça c'est pas la grande classe *^*
*** « Je t'aime aussi » (toujours à vérifier: je me méfie de google traduction quand même _)
Et voilà! :D J'espère que ce chapitre vous a plu (ainsi que le petit « cadeau » de la fin ;3) J'espère aussi que vos examens se sont bien passés et que vos vacances s'annoncent longues et reposantes ;D
J'ai bien envie de m'entraîner à écrire sur de nouveaux personnages (d'animes/mangas que je connais, bien sûr ^^) alors voilà, celui/celle qui arrivera à trouver de quel personnage d'anime (et peut-être même réel?… (#indice)) j'ai pu m'inspirer pour le personnage de Liam aura droit à un OS bonus sur le thème et les personnages de son choix! :D Bonne chance à vous! ;)
Sur ce, je ne vous retiens pas plus longtemps :D Encore merci de m'avoir lue et à bientôt! :D
Gros bisous! Je vous aime ^3^
