J'ai enfin eu le temps de terminer ce chapitre et j'espère qu'il vous plaira (parce qu'il m'a pris du temps et je ne suis pas sûre de sa qualité :s) :D
pyrrha0811: Salut :D Oh làlà, merci beaucoup :'D Tu n'imagines pas à quel point ça me fait plaisir ^/^ Je suis très heureuse que ma fiction te plaise :'D J'espère que la suite te plaira tout autant ^^ Encore merci et à bientôt! :D Bisous!
Guest: Coucou! :D Haha je te rassure, ce chapitre était loin d'être le dernier :D Je vais suivre le fil de l'histoire du manga et m'arrêter avec... (grande inspiration) leur mort (DX) et un petit bonus ;) (tu verras cela ;D) J'espère que la révélation te plaira une fois le moment venu :D (je commence à y réfléchir sérieusement ;)) Han, c'est adorable :O Ca me fait super plaisir de lire ça :'D Je suis très flattée que ma fiction te plaise :'D Encore merci pour tout et à bientôt ;D Bisous!
Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre :D
Kardia leva les bras et poussa un long bâillement:
-Whaa! Comme ça fait du bien de faire la grasse mat' !
Il s'étira longuement les bras et le dos, poussant un soupir ravi lorsqu'un os craqua légèrement, avant de se tourner vers la table où Dégel était installé et feuilletait un livre (Oui, encore un nouveau… Désespérant ce mec!).
Le Scorpion détailla encore une fois les traits de porcelaine de son amant, ses longs cils qui dissimulaient vaguement ses prunelles améthystes si profondes, ses lèvres,… Un léger frisson lui chatouilla les omoplates et il se rapprocha de la table pour se coller dans le dos du Verseau et poser ses mains de part-et-d'autre de son livre:
-Tu lis quoi?
Souffla-t-il doucement. Dégel leva à peine les yeux vers lui, absolument pas perturbé par la proximité soudaine de Kardia:
-Est-ce que ça t'intéresse vraiment ou est-ce que tu voulais simplement lancer la conversation?
-A ton avis?
Dégel leva les yeux au ciel et tourna la page: inutile de répondre. Bien sûr que le titre du livre n'intéressait pas le Scorpion. Tout ce qu'il voulait, c'était sans doute un peu d'attention, gamin comme il était! Ou bien… Il frissonna brusquement lorsque les lèvres impatientes se posèrent sur sa nuque et il se dégagea en grommelant, faussement bougon:
-Tu n'en as jamais marre, dis-moi?
-De ça? Ou alors de toi? (Kardia haussa les épaules: après tout, la réponse était la même pour les deux propositions) Jamais!
Termina-t-il en refermant ses bras sur lui pour mieux enfouir son visage dans sa gorge. Dégel esquissa un léger sourire et pencha légèrement la tête sur le côté, facilitant la tâche du Scorpion. Les yeux à moitié fermés, Dégel poussa un soupir et posa sa main droite sur le sommet de la tête de Kardia, passa distraitement les doigts dans ses mèches marines,…
Puis se reprit et retourna à demi, se retrouvant face au Scorpion. Face à son sourire en coin, à ses yeux si clairs,… Et franchement, il faillit céder. Il faillit donner à Kardia ce qu'il désirait tant. Faillit.
Dégel posa les mains sur les épaules de son frère d'armes et le força à se reculer de plusieurs centimètres:
-Tu m'empêches de lire.
Asséna-t-il en posant un doigt accusateur sur sa poitrine avant de se tourner à nouveau vers son ouvrage. Kardia leva les yeux au ciel et se laissa tomber sur une autre chaise, enfouissant son menton dans la paume de sa main et poussant un soupir exagérément bruyant:
-Dis-le tout de suite si tu préfères ton sale bouquin à moi!
-Je préfère mon livre à toi.
-Heein?!
S'écria le Scorpion en se redressant subitement: mais qu'est-ce qu'il racontait cet énergumène?! Depuis quand est-ce qu'un simple bouquin était préférable à lui, le grand Kardia?! Alors qu'il bouillonnait intérieurement, Dégel leva subitement les yeux au ciel:
-C'est ce que tu voulais m'entendre dire: ne fais pas l'enfant, Kardia.
-Mouais…
Grommela le jeune homme aux cheveux bleus en se laissant retomber sur son siège, le menton plongé dans la paume de sa main, l'air peu convaincu. Dégel secoua légèrement la tête devant la mauvaise humeur du Scorpion et se pencha à nouveau sur son livre. Bon, il avait maximum cinq minutes devant lui. Cinq minutes pendant lesquelles Kardia pouvait éventuellement rester silencieux et le laisser profiter de sa lecture.
Parce que, vraiment, le grec se comportait comme un enfant. Quand il avait faim ou soif, plutôt que de se lever pour se sustenter, il préférait pousser un long soupir ou le faire comprendre à son hôte (parce que oui, depuis leur retour, le Scorpion « squattait » son temple) en poussant des exclamations de souffrance exagérées.
Mais au fond, étaient-ce vraiment des enfantillages? Et si c'était plutôt de la paresse?
Poussant un léger soupir mental, Dégel tenta à nouveau de se plonger dans sa lecture. Lecture bien trop vite (deux minutes, pas mal) interrompue par un Scorpion en cruel manque d'attention:
-J'ai faaaiim!
Le jeune homme aux cheveux verts poussa un léger soupir: comme prévu. Kardia avait toujours besoin d'être le centre de l'attention, que Dégel ne s'occupe que de lui, ne regarde que lui,… C'était envahissant à périr!
-Hé bien, lève-toi et mange…
Grommela-t-il en désignant vaguement la cuisine d'un mouvement du menton:
-Ouais mais t'as quoi à manger?
Tenta de ruser le Scorpion, sans faire mine de bouger de sa chaise.
-Pas grand chose vu qu'on vient de rentrer, mais il me reste des pommes.
Expliqua calmement le Verseau, imitant son frère d'armes dans son envie de ne pas bouger. Kardia puisa dans toute son énergie pour se lever en poussant un long soupir et se diriger vers la cuisine. Un cageot de pommes se trouvait en effet là, tout juste ouvert. Le Scorpion eta un coup d'oeil suspicieux auxdites pommes, en attrapa une qui lui semblait sympathique et croqua dedans à pleine dents.
Bon, certes, une pomme, c'est bon, sucré, plein de vitamines, bon pour la santé (et qu'est-ce qu'il en avait besoin alors!) et tout… Mais Dégel ne pensait tout de même pas le caler avec un fruit, non?
-N'empêche… (Grommela-t-il) Une pomme… Cha ne nourrit pas chon homme!
-Peut-être, mais c'est très bon pour la santé. (Dégel se tourna à demi et lui adressa un regard moqueur) Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à rentrer dans ton temple et te nourrir avec ta nourriture plutôt que de vider mes rations.
-Mouais… (Il haussa les épaules, pas vraiment désireux de quitter le onzième temple) Mais non: chinon che chui plus là pour te churveiller.
Le Verseau leva les yeux au ciel: non mais qu'est-ce qu'il racontait encore cet huluberlu? Lui? Être surveillé? Et par un grand gamin irresponsable comme lui, qui plus est? C'était carrément l'hôpital qui se moquait de la charité.
Il poussa un nouveau soupir las et passa la main dans ses longs cheveux verts:
-Il est clair que c'est moi qui ai besoin d'être surveillé…
-Ch'est un reproche déguisé cha?
-Tu crois?
Kardia poussa un petit ricanement et croqua de nouveau dans le fruit rouge, ravi de la situation dans laquelle il se trouvait: seul avec Dégel, tranquille, à la maison, au calme,… Des vacances quoi!
Rentrés durant la semaine précédente, le Grand Pope leur avait accordé quelques jours de repos pour se remettre de leur affrontement avec les Spectres à Paris. Autant Dégel s'en était simplement tiré avec une épaule contusionnée et un ordre de repos inconditionnel à la suite de son empoisonnement, autant lui, le médecin lui avait tiré les oreilles.
Une côte légèrement fêlée, l'épaule gauche déboitée de quelques centimètres, c'était presque un miracle qu'il n'ait rien senti durant le reste du trajet! Selon le médecin, son cosmos aurait servi d'anesthésiant et d'anti-douleur le temps qu'ils ne rentrent au Sanctuaire pour se faire véritablement soigner. Franchement, c'était quand même bien pratique ce cosmos!
Du coup, il avait dû rester bêtement au lit pendant deux jours complets (interdiction formelle de bouger avant que son omoplate ait cicatrisé (son épaule avait été remise à sa place par le médecin quasi immédiatement)), attendant que son cosmos s'occupe de le guérir.
Et qu'est-ce qu'il s'était emmerdé pendant ces deux jours loin de Dégel, sans personne à qui parler, avec rien d'autre à manger qu'un stupide régime aux produits laitiers (fromage, lait,… Que du bonheur!) et avec pour seule visite ce salopard de Manigoldo qui venait le taquiner de temps en temps. Parce que Dégel aussi avait eu pour ordre de ne pas bouger de son lit le temps que ses blessures cicatrisent à son tour.
Oh leur espèce de connexion mentale leur avait permis de se parler malgré la « distance » les séparant (Deux temples et trois volées de marches, vous n'imaginez pas le calvaire!), et Kardia pouvait se plaindre de son ennui, de sa côte déjà réparée, de son ventre qui gargouillait inlassablement,… Et Dégel lui faisait la lecture, en grec ou en français, pour le distraire.
Alors que ces deux jours de convalescence auraient pu être horribles, bizarrement, Kardia en gardait un bon souvenir, teinté de nostalgie…
Mais c'était qu'il devenait poète, ma foi!
Comme il se perdait vaguement dans ses pensées, Dégel referma soudain son livre et se leva, le faisant vaguement sursauter:
-Bon, il va être l'heure d'y aller.
Le Scorpion haussa un sourcil sceptique et croqua de nouveau dans sa pomme (pas si mauvaise que ça a fond…) :
-Aller où?
Dégel se retourna à demi, l'air partagé entre le sourire et le désespoir:
-Comment ça, où?
-Bah… Pourquoi on devrait bouger? (Il écarta les bras) On n'est pas bien i…
-Kardia, ne me dis pas que tu as oublié qu'on devait faire notre ronde aujourd'hui.
Le grec cligna des yeux, ouvrit a bouche, la referma, et jugea plus utile de la laisser fermée au vu du regard désespéré que lui lançait Dégel: juste. Il avait complètement zappé qu'ils devaient faire cette « ronde ». Il avait eu d'autres choses en têtes depuis qu'il était de nouveau sur pied, vous imaginez bien!
Le Verseau leva les yeux au ciel, se pinça légèrement l'arête du nez et se détourna:
-Passons: mets vite ton armure, on y va.
Kardia soupira légèrement:
-Han mais j'ai la flemme!
-Vas dire ça au Grand Pope, ce n'est pas mon problème!
Le jeune homme aux cheveux bleus poussa un gémissement hésitant: grimper jusqu'au treizième temps pour tenter de parlementer avec le vieux (sans certitude de succès) ou bien, mordre sur sa chique (pomme?) et faire cette saloperie de ronde avec Dégel en un temps record?
Il leva les yeux au ciel, croqua une nouvelle fois dans sa pomme et s'en fut à la suite de son frère d'armes. Hésita, cala le fruit entre ses dents, recula et attrapa une autre pomme dans le cageot: c'était qu'il avait toujours faim!
Il ne pouvait pas être efficace s'il ne mangeait pas correctement! Non mais!
$s$s$s$
Kardia jeta un vague regard ennuyé sur la gauche, sa longue cape bruissant derrière lui et les cliquetis de son armure accompagnant ses pas: rien à faire, il avait beau être avec Dégel, ces rondes de surveillance étaient d'un ennui mortel! Ils étaient rentrés depuis à peine une semaine, remis sur pied depuis cinq jours, et ils devaient déjà faire les gardes autour du Sanctuaire. Si ça c'était pas de l'injustice profonde!
Kardia était intimement convaincu que des fainéants comme Asmita avaient passé leur tour pour « mé-di-ter » (Mais bien sûr, méditer! Lui aussi pouvait s'inventer une excuse aussi minable!) ou d'autres inventions pour éviter de se taper le sale boulot!
En fait, depuis leur retour, le Grand-Pope avait décidé d'instaurer ces « tours de garde », en vue d'une éventuelle attaque de la part d'Hadès ou de quelques Spectres venus tester leur puissance. Il était inquiet, c'était une certitude.
Techniquement, (même si ça lui faisait mal de l'avouer) ce n'était pas une mauvaise idée: vu ce que Samaël avait révélé à Dégel, le Dieu des Enfers cherchait à tester leur résistance et leur force. Il fallait se tenir prêt à tout. Mais bon… C'était pas vraiment passionnant comme activité!
Kardia poussa un soupir et croisa ses bras dans sa nuque:
-He ben, on se fait presque pas chier!
Dégel fit la moue:
-C'est notre mission, Kardia: on ne nous demande pas de nous amuser.
-Pff… Si au moins il y avait un Spectre pour me divertir! Mais non! Sérieusement, je veux bien que le Pope ait un peu les boules qu'Hadès décide de nous attaquer mais, entre nous, on le sentirait venir, nan?
Le Verseau passa distraitement la main dans ses cheveux, semblant réfléchir à la meilleure réponse à offrir à son frère d'armes: certes, avec de pareils cosmos négatifs, si un Spectre (ou plusieurs) décidait de s'introduire dans le Sanctuaire, tous le sentiraient. Et puis, il devrait d'abord traverser les douze maisons avant de pouvoir espérer atteindre le Grand Pope.
Au fond, Sage était sans doute le plus en danger: en tant que représentant sur Terre de la Déesse Athéna, s'il venait à mourir, ils se retrouveraient sans guide, incapables de savoir quelles décisions prendre. C'était pour cela que le doublement centenaire commençait lentement mais sûrement à réfléchir à qui pourrait lui succéder s'il lui arrivait malheur…
Dégel déglutit:
-Disons qu'il préfère prendre ses précautions, et c'est compréhensibles: il y a énormément d'apprentis au Sanctuaire, ils se feraient tuer dans la seconde. Et puis, tu l'as vu toi-même, nous ne sommes pas assez préparés.
Le Scorpion fronça les sourcils, sans cesser de marcher:
-Comment ça?
-Tu as vu avec quelle difficulté nous avons vaincu Samaël et Orion? Nous avons failli y rester, Kardia: même toi tu ne peux pas dire le contraire.
Le jeune homme aux cheveux bleus hésita un instant: bon, ça le rendait malade de l'avouer, mais Dégel avait raison. Son affrontement avec le Spectre du Requin aurait pu très mal se terminer, et s'il n'était pas arrivé pile au bon moment, Dégel serait mort à l'heure qu'il était…
Il grimaça et fit claquer sa langue contre son palais, incapable d'admettre à haute voix ce qu'il pensait tout bas. Pourtant, le Verseau esquissa un demi sourire:
-Je suis d'accord.
Kardia fronça les sourcils, surpris:
-Comment ça?
-Si tu n'étais as arrivé à temps, je serais mort.
Kardia écarquilla les yeux: il était certain de ne pas avoir ouvert la bouche!
-Comment tu sais que…
Dégel tapota légèrement sa tempe du bout de son index:
-Nous sommes liés. Et quand tu es en colère, énervé ou que tu ne maîtrises plus tes émotions, je peux entendre tes pensées comme si elles sortaient de ta bouche.
Devant l'air légèrement déconfit et inquiet du Scorpion, son sourire triomphant s'élargit légèrement et il asséna:
-Pratique, non?
Kardia rit doucement, passant une main légèrement maladroite dans sa nuque:
-Haha… Ouais, trop.
Oh non! Absolument pas. C'était même horriblement peu pratique! Lui qui voulait tellement cacher au Verseau l'état pitoyable de son coeur, cette espèce de télépathie non contrôlée était une vraie malédiction!
Merde, merde, et re-merde!
Il se mordilla vaguement la lèvre inférieure et sursauta lorsque Dégel se pencha légèrement vers lui:
-Kardia? Est-ce que tout va bien?
-Hein?! Oh, ouais, t'en fais pas!
S'écria-t-il en se dessinant un sourire radieux sur le visage: il ne s'était pas rendu compte qu'il s'était arrêté, perdu dans ses réflexions.
Cette espèce de connexion mentale était vraiment une plaie! Comment allait-il continuer de dissimuler sa faiblesse à Dégel alors qu'il perdait constamment la maitrise de ses émotions et qui s'énervait pour un rien, ça devenait vraiment mission impossible!
-De quelle faiblesse est-ce que tu parles?
Kardia sursauta violemment: bon sang! Il devait se reprendre: il paniquait. Il perdait complètement le contrôle de la situation! Et bon sang, qu'est-ce qu'il détestait ça! Et puis, qu'est-ce qu'il avait à fouiller dans ses pensées comme ça, l'autre?! Il ne pouvait pas lui laisser un peu d'intimité, non?!
-Ce n'est pas ma faute si tes pensées me sautent à la figure comme si tu les hurlais. Je ne t'ai jamais senti aussi perturbé.
Rétorqua le Verseau en secouant la tête. Le grec se tourna rageusement vers lui et le pointa du doigt:
-Niveau perturbation, tu peux parler!
Dégel haussa légèrement un sourcil et Kardia, en une tentative désespérée, en profita pour changer habilement du sujet:
-T'imagines pas les conneries que tu me lâchais hier soir! (Il ricana) Et toutes les fois d'avant!
-Hier soi…
Les joues si claires du Verseau se teintèrent brusquement de rouge et il se détourna, le regard fuyant:
-T.. Tu dis n'importe quoi! et puis ça n'a rien à voir!
Grommela-t-il en croisant les bras. Kardia esquissa un sourire moqueur et se pencha en avant, comme s'il parlait à un enfant:
-Ho! J'aurais donc touché un « point sensible »?
Persiffla-t-il en tapotant l'épaule de son frère d'armes du bout du doigt: gagné! En abordant « ce » sujet, il mettait définitivement Dégel K.O! Gêné et pudique comme il était, il voudrait certainement lui faire une leçon comme quoi il ne devait pas parler de ça, que les autres ne devaient pas savoir, bla bla bla,… Et le sujet de conversation premier était oublié!
C'était dans la poche!
Et comme il s'y attendait, Dégel regarda furtivement sur les côtés avant de gronder:
-Arrête un peu avec tes bêtises! Imagine si quelqu'un t'entendais?
-Bah ça va! On n'a pas besoin de leur accord! Et puis… (Il se pencha légèrement en avant et esquissa un grand sourire, faisant pointer son fameux ongle rouge au bout de son index) J'ai pensé à un truc pour pimenter les choses la prochaine fois!
-Je préfère ne pas imaginer!
-T'es sûûûr?
-Mais puisque je te dis que je ne veux pas savoir! Arrête de t'obstiner, bon sang!
S'écria le Verseau en se décalant d'un pas prudent, les sourcils froncés et les joues rouges. Kardia éclata de rire devant la réaction exagérée du français, son ongle toujours pointé vers le ciel.
Il venait d'éviter une catastrophe et un véritable incident diplomatique!
Parce que si Dégel apprenait qu'il était malade, il était sûr qu'il ne le verrait plus de la même façon, ne le traiterait plus comme le jeune homme plein de vie qu'il jouait parfaitement. Et c'était hors de question!
Il pouvait presque voir ses yeux se teinter de pitié, ses attentions se transformer en accomplissements de ses dernières volontés, son agacement devenir un sourire forcé pour le contenter dans sa souffrance, pour le ménager, le couver,…
Oh non! C'était hors de question!
Que ces sourires douloureux et faux soient pour les autres, mais il refusait que Dégel le regarde ainsi! C'était absolument hors de question!
Et derrière son rire moqueur et son visage enjoué, Kardia songea:
-Je ne te laisserai jamais me regarder comme ça, mon Dégel… Jamais tu ne sauras.
Comme ils s'éloignaient en se taquinant et en se réprimandant, ils n'entendirent pas une branche craquer dans les buissons voisins. Pas plus qu'ils ne purent apercevoir un sourire nostalgique étirer les lèvres d'une petite fille aux yeux verts…
Comme prévu, Dégel ne revint pas sur le sujet qui dérangeait tant le Scorpion: sa pudeur maladive et sa crainte de l'opinion des autres lui avait fait oublier tout autre sujet que celui que Kardia venait de lancer à tue-tête.
Ouf sauvé!
Kardia leva les bras au ciel lorsqu'ils atteignirent enfin leur point de départ: la ronde était finie. il pouvait aller manger un bon truc bien consistant!
-Pffff… Enfin on en a fini avec cette ronde à la noix!
S'exclama le Scorpion en fermant les yeux un court instant. Dégel soupira légèrement et fit rouler son épaule gauche, légèrement douloureuse à cause de la tension qu'il avait accumulé le ;ont de leur tour de surveillance. L'air de rien, il n'était pas tout à fait à l'aise lorsqu'il devait surveiller « seul » le Sanctuaire.
Vu l'attention légendaire du Scorpion (qui se désintéressait d'une conversation inintéressante après quinze secondes pour observer le vol d'un papillon trente autres secondes), il avait peur de rater quelque chose de suspect: il serait responsable si une seule chose parvenait à échapper à sa vigilance. Et bon sang, qu'est-ce que cette situation lui mettait la pression!
Il frotta distraitement son oeil gauche et souffla:
-Je t'avoue que je ne suis pas fâché de l'avoir fini, sans encombres qui plus est.
Kardia se tourna vers lui, un sourire compatissant sur les lèvres, les yeux légèrement fatigués:
-Tu t'en fais trop, Dégel.
-Hm?
-Personne n'est assez stupide pour attaquer le Sanctuaire de front, surtout quand deux Chevaliers d'or montent la garde aux alentours.
Il se rapprocha et passa un bras amical autour des épaules du Verseau:
-Personne n'est en danger: tu as bien fait ton travail. D'accord?
Dégel se raidit légèrement puis, il ferma les yeux un court instant, rassuré: l'air de rien, ça lui faisait énormément plaisir de savoir que Kardia lui faisait confiance. Cela voulait certainement dire que les apprentis, le Grand Pope, le Sanctuaire, ne risquaient rien.
Il poussa un léger soupir:
-Si tu le dis.
-Bien sûr que je le dis, grand benêt!
-Et là je me sens insulté, c'est ça?
Kardia haussa les épaules:
-Comme tu veux: dans les deux cas, je réagirai de la même manière, alors…
Le jeune homme aux cheveux verts pouffa légèrement, presque de façon inaudible, mais Kardia sourit devant le visage enfin déridé du français. Il se mettait beaucoup trop la pression.
Peut-être que, d'avoir enfin été confronté à la triste réalité de la vraie vie, il s'imaginait soudain que tout était dangereux et qu'il pourrait même laisser passer un détail important.
Mieux valait ce comportement là que l'autre, bien trop naïf, mais quand même!
Kardia claqua la langue contre son palais et posa les mains sur les épaules du Verseau pour le pousser vigoureusement vers les escaliers qui les mèneraient soit au huitième temple, soit au onzième. Dégel poussa une exclamation de surprise, incapable même de s'arrêter tant le Scorpion le forçait à marcher avec détermination:
-Mais qu'est-ce que?!
-Vu comment t'es stressé, tu dois avoir les muscles super tendus!
-Je ne vois pas le rap…
-Un petit massage ne pourra te faire que du bien!
Souriait-il, enjoué comme jamais, faussement naïf. Dégel fronça les sourcils:
-Masser? Toi?
Voilà deux mots qui semblaient fort incompatibles! Mais le grec écarquilla des yeux horrifiés: comment diable Dégel osait-il même douter de lui et de ses talents cachés?!
-Bah ouais!
-Toi? (Répéta Dégel)
-Bien sûr que oui! Je ne laisserai jamais personne d'autre que moi poser les mains sur toi!
Grommela Kardia: oh bien sûr qu'il allait commencer par masser. Ensuite il irait vol… emprunter de l'encens et des huiles essentielles dans le temple de la Vierge pour que cette petite séance « détente » devienne plus « jouette ». Oh oui! rien que d'y penser, il en avait l'eau à la bouche!
Comme un léger ricanement s'échappait de ses lèvres, il dût soudain ralentir tant il était essoufflé. Bizarre ça: il n'avait pas couru, Dégel était un poids plume,… Mais alors pourquoi avait-il si chaud et était-il si essoufflé?
Clignant des yeux étonnés, il haleta:
-Ouh là… Fait chaud d'un coup, nan?
-Pas spécialement.
-Ha… Ha bon?
Il passa la main sur son front, le coeur battant à tout rompre et le sang pulsant dans ses…
Attendez une seconde,…
Le coeur battant à tout rompre?! Alors qu'ils marchaient?!
Mais alors ça voulait dire que…
Kardia écarquilla des yeux horrifiés et s'arrêta net, la bouche entrouverte et le front trempé de sueur:
-Oh non… Oh non c'est pas possible!
-Kardia? Est-ce que ça va?
S'inquiéta Dégel, surpris du comportement soudain de son frère d'armes: où était donc passé son entrain à l'idée de lui masser les épaules? Avait-il changé d'avis? Pensé à quelque chose de terrible?
Le Scorpion haleta, reculant même de quelques pas, comme pour s'éloigner de lui, la main sur le coeur:
-Je… J'ai… J'ai fait tomber mon casque pendant la ronde! Je.. Je vais vite le cher…
-Mais nous n'avions pas mis nos casques voyons. Qu'est-ce que tu racontes?
Kardia avait vraiment un comportement étrange, tout à coup. Le regard fuyant, les épaules tremblantes et les jambes hésitantes. Même sa façon de parler était devenue celle d'un animal blessé, d'une proie qui tenterait d'échapper à son prédateur.
-Je… Il faut que… Que j'y aille!
Il se détourna brusquement et fit plusieurs pas saccadés vers la plaine qui précédait le Sanctuaire, décidé à s'éloigner. Dégel haussa les sourcils et fit mine de le suivre:
-Mais… Kardia?! Qu'est ce qui t'arrive, par tous les Dieux?!
-Ne me suis pas!
Hurla le Scorpion en se retournant à moitié, un oeil dissimulé sous une lourde mèche de cheveux, l'autre pointé sur Dégel, menaçant, fou. Malade.
Comme Dégel ouvrait et refermait la bouche plusieurs fois de suite, complètement perdu devant le soudain changement de comportement de son frère d'armes, Kardia porta la main à sa bouche pour d'étouffer une violente quinte de toux, l'autre toujours pressée contre sa poitrine.
Le Verseau écarquilla des yeux horrifiés:
-Kardia!
-Ne m'approche pas!
Dégel pâlit brusquement, devenant livide:
-Mais qu'est-ce qui t'arrive?…
Du sang.
Du sang coulait hors de ses lèvres, tachait la paume de sa main, roulait sur le sol, gouttait sur son armure… Le même sang qu'il avait déjà vu en France.
Cette même toux qu'il avait déjà entendue.
Il fit plusieurs pas en avant, fébrile:
-Dis-moi ce qui ne va pas: je ne peux rien faire pour t'aider si tu…
-Je.. Je n'ai pas besoin d'aide… (Haleta le Scorpion, le corps tremblant) Ni de la tienne, ni de celle de personne!
-Je peux…
-Non! Tu ne peux rien faire! (Hurla Kardia en se retournant et en reculant précipitamment) Laisse-moi seul! L…
Mais son visage éclaboussé de sang fut soudain déformé par une grimace de douleur et il tomba à genoux dans le sable, les épaules secouées par une nouvelle quinte de toux mêlée de sang.
-Kardia!
Dégel se rua en avant et le rattrapa juste avant qu'il ne s'effondre face contre terre. Horrifié, il écarquilla les yeux: le visage d'habitude si enjoué du Scorpion était trempé de sueur, de larmes et de sang, déformé par la douleur. Mais quelle douleur bon sang?!
-Où as-tu mal?! Qu'est-ce qui se passe! Répond-moi, pour l'amour de Dieu!
Dégel paniquait complètement: il ne savais pas de quoi souffrait Kardia et cet imbécile se bornait à ne pas vouloir lui dire!
-Qu'est-ce que je dois faire?! Qu'est-ce que je dois faire?!
Dans ses bras, Kardia se cambra soudain vers le haut, la bouche ouverte sur un cri muet, les yeux exorbités, et, tandis que sa main droite se pressait contre sa poitrine, au niveau de son coeur, l'autre agrippa l'épaule de Dégel:
-Je ne veux pas…
De nouvelles larmes (douleur, peine, désespoir? Dégel ne pouvait pas le savoir) coulèrent sur ses joues et ses yeux se révulsèrent soudain alors qu'il poussait un hoquet, presque un sanglot:
-Mourir…
Son corps tout entier se fit alors comme désarticulé, vide de force, comme si la vie venait de le quitter, et il s'affala dans ses bras. Dégel resta immobile un instant puis, son coeur s'emballa et il secoua légèrement le Scorpion évanoui:
-Hé… Hé, ne me fais pas ça! Oh! Kardia! Kardia!
Mais le grec ne répondait plus, seul son coeur semblait dégager une chaleur intense, si intense que Dégel avait l'impression qu'il risquait de se brûler en posant la main dessus. Mais qu'est-ce qu'il se passait bon sang?! Que lui arrivait-il tout à coup?! Et pourquoi ne rien lui dire, pourquoi le laisser se débrouiller tout seul?!
Dégel se gifla mentalement: bon, ce n'était absolument pas le moment de paniquer! C'était maintenant qu'il devait faire preuve de sang-froid!
Se levant et soutenant le Scorpion en passant un bras dans son dos, il se concentra et envoya une onde de détresse en direction du treizième temps: le Grand Pope devait être au courant.
Il se saurait quoi faire pour secourir Kardia!
-Espèce d'idiot!
Gronda Dégel, l'air enragé.
Et pourtant, il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie: ses mains tremblaient et ses jambes étaient faibles. Son coeur battait dans sa poitrine, comme s'il voulait s'échapper de sa cage thoracique, le sang pulsait dans ses oreilles,…
Il paniquait complètement.
Kardia était en danger de mort, il en était sûr.
Et il ne savait absolument pas quoi faire: un massage cardiaque? Du bouche à bouche? L'éventer un peu? Essayer que de l'oxygène retourne vers son cerveau? Appeler à l'aide? Essayer de lui faire boire quelque chose peut-être?
Les lèvres tremblantes, le Verseau porta une main fébrile à son front: si seulement il ne portait pas son armure, il aurait pu dégrafer ne fût-ce que le col de la chemise du Scorpion. Mais il était coincé: il ne pouvait rien faire de peur d'aggraver la situation!
-Pitié, Athéna: aidez-moi. Ne me l'enlevez pas…
-Dégel!
Le français releva la tête, les yeux remplis d'espoir, et un soupir soulagé en reconnaissant celui qui arrivait vers lui en courant:
-Shion…
Le jeune atlante s'arrêta près de lui, légèrement essoufflé, avant de détailler le visage ensanglanté et le corps avachi de Kardia:
-Que s'est-il passé? Vous êtes-vous fait attaquer?
S'inquiéta le Bélier en posant la main au dessus du front de Kardia, comme pour s'assurer de son état de santé. Dégel balbutia vaguement, ne sachant absolument pas quoi dire ou faire:
-Non, non il.. Tout allait bien et il s'est soudain mis à tousser et à cracher du sang avant de perdre connaissance.
Shion fronça les « sourcils »: le coeur du Scorpion battait anormalement vite, d'une manière hésitant et désordonnée, et dégageait une chaleur effrayante, bien trop intense pour un corps si faible…
-C'est étrange…
Souffla-t-il en baissant les yeux vers la poitrine de Kardia: que leur avait donc caché le grec en rejoignant le Sanctuaire? Les yeux du Verseau furent soudain éclairés par une lueur nouvelle et il agrippa doucement le bras du Bélier:
-Tu saurais nous téléporter au huitième temple? Et demander au Grand Pope ce que nous pouvons faire, par télépathie si possible: nous n'avons pas une seconde à perdre.
Shion sembla hésiter un instant, pesant le pour et le contre, puis il baissa les yeux sur Kardia.
Poussa un léger soupir et esquissa un sourire rassurant:
-Je peux essayer…
Le visage neutre mais légèrement tendu de Dégel fut éclairé un court instant par un demi sourire reconnaissant, juste quelques secondes. Doucement, Shion saisit la main gauche de Dégel et posa l'autre sur l'épaule de Kardia. Puis, il ferma les yeux et enflamma son cosmos.
L'instant d'après, ils avaient disparus.
$s$s$s$
Kardia avait chaud, terriblement chaud. Son coeur lui faisait un mal de chien, peut-être même était-ce la première fois qu'il avait aussi mal de toute sa vie.
Mais comme il grimaçait et tentait d'échapper à cette vague de chaleur qui l'englobait, il sentit un léger vent froid effleurer son visage.
Un… vent froid? En Grèce? En cette saison?
Bizarre…
Mais bon sang, qu'est-ce que ça faisait du bien, juste un peu d'air glacé sur son front. Si seulement ce courant d'air pouvait aussi refroidir son coeur, juste quelques secondes, justes le temps qu'il se réveille et se sente mieux…
Kardia poussa un léger soupir et plissa les yeux: oui… juste là. C'était parfait…
Il pouvait sentir l'air glacé se faufiler sous son armure, sous sa peau, sous ses muscles, atteindre et englober son coeur de son étreinte. Juste ce qu'il fallait pour cesser d'avoir mal.
Oh il avait toujours trop chaud bien sûr, une simple brise ne pourrait pas le faire refroidir suffisamment. Mais c'était toujours ça de pris, non?
Comme il se sentait sombrer de nouveau, le Scorpion fronça légèrement les sourcils: l'air venait de se faire plus froid. Beaucoup plus froid. Tellement froid qu'il ne sentait même plus son coeur, pas plus que la douleur qu'il était censé lui procurer.
-Qu'est ce qui…
Qui pouvait bien être responsable de ce miracle? Il avait l'impression que le froid l'anesthésiait complètement, ralentissait les battements effrénés de son coeur, faisait diminuer sa fièvre,…
Il avait l'impression de revivre.
Plissant des yeux, Kardia les ouvrit lentement, les lèvre entrouvertes sur un léger soupir surpris: où était-il? Ouvrant les yeux un peu plus, il put reconnaitre les colonnes de son temple, la vue qu'il avait depuis son lit...
Bon, il était donc chez lui…
Le visage encore trempé de sueur causée par la fièvre et la douleur, Kardia cligna des yeux et poussa un soupir: il avait fait un des cauchemars les plus horribles de sa vie. Il faisait une ronde avec Dégel mais il faisait une crise alors qu'ils rentraient vers le Sanctuaire. Bon sang, heureusement que ce n'était qu'un rêve.
Parce qu'il ne laisserait jamais Dégel savoir pour sa maladie. Il devait à tout prix continuer de lui cacher et…
Il plissa légèrement les yeux: il voyait légèrement flou mais… Mais il continuait de sentir ce vent glacé s'écouler dans sa poitrine. Ce n'était donc pas une hallucination causée par la fièvre? Mais alors…
Kardia tourna légèrement la tête vers la droite, s'aperçut que des mains étaient posée sur son armure, juste au niveau de son coeur, remonta le long de bras recouverts d'or… Détailla une longue chevelure verte. Rencontra deux yeux améthystes qu'il connaissait par coeur.
Pâlit brusquement et souffla, à bout de force:
-Dé… gel?…
Oh bon sang, faites que je sois en train de rêver, de délirer dans ma fièvre, tout mais pas la réalité.
Le visage tendu du Verseau se dérida légèrement et un demi sourire étira même le coin gauche de ses lèvres tandis qu'une lueur rassurée éclairait ses yeux:
-Oui. Oui, je suis là.
-Qu'est-ce que…
Grommela le Scorpion en se redressant en position assise, la main perdue dans ses longs cheveux marines. Mais les mains de Dégel l'agrippèrent par les épaules et le forcèrent à se recoucher:
-Oh là: tu ne bouges pas d'un iota, c'est compris?
Incapable de lutter, le coeur encore battant, hésitant entre rythme normal et effréné, Kardia haleta:
-Pourquoi… est-ce que tu es là?
Dégel sembla hésiter, les yeux plongés dans le bleu de ceux du Scorpion, comme s'il cherchait ses mots. Mais dans son regard, Kardia pouvait y lire des reproches et une interrogation à peine dissimulés:
-Le Grand-Pope m'a dit que je devais projeter mon froid le plus puissant vers toi pour t'aider.
-Ha bon…
Oh il n'en dirait pas plus! Dégel ne devait surtout pas savoir ce qui lui arrivait! Et le Grand-Pope savait pertinemment qu'il voulait que personne d'autre ne soit au courant!
Après plusieurs secondes de lourd silence, le Verseau s'humecta légèrement les lèvres et s'assit doucement sur le rebord du lit, aussi calme qu'à son habitude:
-Mais il y a quand même quelque chose de bizarre…
-T'inquiètes: c'est juste de la fièvre. (Tenta de se justifier le grec, le regard fuyant) Je dois m'être un peu surmené ces derniers jours…
-Peut-être… Mais (Insista Dégel) pour que cette fièvre nécessite un tel niveau de froid, c'est que quelque chose ne tourne pas rond, non?
-Je pense pas…
-Elle me semble vraiment inhabituelle pourtant. D'autant plus que tu t'es soudain mis à cracher du sang: ce n'est pas vraiment un symptôme de fièvre, si?
Kardia ne répondit pas: s'il répondait, il encourageait Dégel sur sa lancée et il finirait par trouver ce qui avait causé son évanouissement. Il ferma les yeux un instant: il n'arrivait pas à réfléchir pleinement tant sa crise avait été violente.
Il ne voulait pas que Dégel sache.
Mais il était trop fatigué pour changer de sujet…
-Kardia, que se passe-t-il?
Le Scorpion déglutit difficilement et sentit une nouvelle goutte de transpiration rouler le long de sa temps: qu'est-ce qu'il devait avoir l'air pitoyable. Faible, allongé dans un lit sans pouvoir bouger, le visage trempé de sang et de sueur, les yeux las,… Pitoyable, faible,…
Malade.
Tout ce qu'il détestait et qu'il avait toujours voulu cacher à Dégel…
Cette face de lui qu'il n'avait pas réclamée et qu'il détestait plus que tout.
Comment son frère d'armes le voyait-il? Comme un gamin malade qu'il fallait dorloter? Comme un moribond qu'il fallait contenter et éviter de frustrer au vu de ses conditions et de sa mort imminente? Comme un être faible?
Peut-être ne l'aimait-il déjà plus? Sans doute qu'il allait continuer de rester à ses côtés, se construisant un sourire forcé et joyeux, pour éviter de lui faire de la peine dans son état… Ou alors, au contraire, allait-il le quitter tant qu'il était encore temps?
Las, fatigué, Kardia s'assit et abdiqua, incapable de garder ce lourd secret si longtemps:
-C'est… mon coeur.
Comme il s'y attendait, Dégel sursauta légèrement et écarquilla des yeux à la fois surpris et horrifiés:
-Comment ça?
-Rien de grave, t'en fais…
-Kardia…
Le Scorpion se tut instantanément: Dégel avait dit ça avec tant de lassitude, de fatigue… Alors, il poussa un nouveau soupir:
-Je… Suis malade.
-Du coeur, donc?
-Ouais…
-C'est à dire?
Kardia passa la main dans ses cheveux, ajusta vaguement sa mèche qui tombait dans ses yeux et soupira:
-Je sais depuis le début que je ne vivrai pas longtemps: mon coeur est trop vigoureux. Il dégage trop d'énergie, tu vois, alors mon corps ne peut pas suivre le rythme. Tu comprends?
Dégel hocha lentement la tête: il comprenait vaguement le concept mais aucun nom de maladie ne lui venait en tête. Quelle maladie cardiaque pouvait causer une telle fièvre et de tels crachats de sang?
Mais il se tut, laissant le Scorpion continuer à son rythme:
-J'ai tenu le coup jusqu'à aujourd'hui grâce à des techniques interdites enseignées par un vieil homme qui m'a amené ici mais… (Il esquissa un sourire moqueur et pouffa légèrement) On dirait que ça ne suffit plus.
-Tu savais que tu étais malade avant de venir au Sanctuaire?
Kardia déglutit difficilement et baissa la tête:
-J'étais en quarantaine, pas très loin d'ici…
Dégel inspira profondément et ferma les yeux: ne pas s'énerver, ne pas crier, ne pas faire les cent pas. Se contrôler, rester calme, respirer…
Le grec posa des yeux légèrement hésitants sur le visage fermé du Verseau, indéchiffrable: devait-il se justifier? Devait-il expliquer la raison de son silence sur sa maladie? Il s'humecta légèrement les lèvres et demanda doucement:
-Dis-moi: pourquoi tu es devenu Chevalier?
Dégel baissa des yeux méfiants vers lui, comme s'il cherchait la véritable intention de Kardia derrière cette question basique:
-Pour tenir une promesse faite à mon meilleur ami.
Feula-t-il, insistant bien sur le mot « meilleur ». Petite pique, petite vengeance, puérile mais qui lui donnait l'impression de s'être un peu calmé. Kardia rit doucement:
-C'est une bonne raison, ça… Tu vois, moi, je voulais juste utiliser tout mon potentiel avant que la vie ne me file entre les doigts. Je voulais briller sur le champs de bataille, donner tout ce que j'ai pendant un combat, vivre ma vie à cent à l'heure plutôt que de rester dans un lit à attendre que la mort vienne me chercher. Tu comprends ça?
Dégel resta silencieux un instant, les lèvres pincées, les sourcils froncés, puis, il hocha lentement la tête:
-Mais mon coeur me freine: en dégageant trop d'énergie, il me permet d'être plus endurant, plus rapide, plus puissant… Mais je risque de mourir à chaque instant, si mon coeur se met à s'emballer, s'il dégage trop d'énergie, je risque de ne pas le supporter et de mourir sur place. (Il sourit) Alors je suis devenu Chevalier pour vivre une vie bien complète en un minimum de temps. T'es intelligent, Dégel, tu sais déjà qu'on va crever avant d'avoir atteint nos trente ans, trente-cinq maximum. Alors pour moi qui était censé mourir à neuf ans, tu peux comprendre que cette vie est la meilleure pour moi et pour mon souhait.
Kardia poussa un léger soupir, attendit que Dégel réponde, qu'il parle. Qu'il brise le lourd silence qui venait de s'installer entre eux. Le français inspira et plongea ses orbes améthystes dans les siennes:
-Tu comptais me le dire quand?
-Jamais.
-Et je peux savoir pourquoi? (Siffla Dégel, haussant le ton au fur et au mesure qu'il parlait) S'il t'était arrivé quelque chose en mission, si tu étais mort dans mes bras, est-ce que tu peux imaginer ce que j'aurais ressenti, Kardia du Scorpion?
-Je ne voulais pas que ton regard change. Je voulais rester le même à tes yeux: j'avais peur que tu me considères comme faible et à protéger, à couver.
Dégel le fusilla du regard:
-Tu pensais vraiment que tu allais réussir à me calmer avec des excuses aussi pitoyables?
Kardia fronça les sourcils et se redressa:
-Je ne voulais pas te faire peur ou du mal! En ne sachant pas, tu ne t'inquiétais pas et tu me traitais comme ton égal, pas comme un condamné!
-Parce que tu as cru que je te laisserais tomber? Tu as donc si peu confiance en moi?
-Ce n'est pas ce que j'ai…
Dégel se leva brusquement, le faisant taire d'un simple mouvement:
-Qu'est-ce que tu croyais? Que j'allais changer de comportement? Que j'allais aller voir ailleurs?
-J'ai…
-Tu n'es vraiment qu'un sale gamin égoïste, Kardia! Je n'en reviens pas que tu me fasses un coup pareil!
Le Scorpion se redressa difficilement, les sourcils dangereusement froncés, et leva la main dans l'espoir d'agripper le poignet du Verseau:
-Dégel…
-Non! Ne me touche pas! (S'écria Dégel en se reculant précipitamment, le visage déformé par la colère) Est-ce que tu te rends compte de ce que tu me fais?!
-Je suis désolé.
-Et tu crois que ça suffira pour que je tombe dans tes bras?! Tu serais simplet en plus d'être égoïste?! Quel défaut n'as-tu donc pas, Kardia?
Le Scorpion ressenti comme un coup au coeur: il s'attendait à ce que Dégel réagisse de cette façon, mais pas si violemment. Ca lui faisait mal de le voir s'énerver, se mettre en colère,… Des larmes de rage et de tristesse remplir ses yeux si profonds:
-Dégel…
-Comment as-tu pu me faire un coup pareil? Tu as vraiment si peu confiance en moi? Et comment ose-tu me parler de ta mort comme ça?! Est-ce que tu as seulement pensé à moi dans tout ça?! (Une espèce de grimace-sourire étira ses lèvres et il se détourna vivement) J'avais raison en fait: là où tu te fais passer pour un héros en quête de justice et de combats, tu n'es qu'un lâche qui veut mourir au plus vite. Et tu crois vraiment qu'en faisant des choses pareilles tu pourras te vanter d'avoir eu une « vie bien remplie »? Ne me fais pas rire!
Le Verseau se tut brusquement et lui jeta un regard incendiaire par dessus son épaule:
-Ne compte pas sur moi pour te pardonner de sitôt.
Kardia écarquilla des yeux horrifiés: oh non! Ils ne pouvaient tout de même pas terminer la conversation sur une note aussi merdique? Se faisant violence, la main pressée sur son coeur encore chaud, il se força à se lever, fit quelques pas hésitants en avant:
-Dégel, attends! Attends!
Mais ses jambes encore trop faibles l'abandonnèrent et il trébucha, se retrouvant à genoux sur le sol de son temple, haletant, le front trempé de sueur, la bouche ouverte à la recherche d'air:
-Ne me… Laisse pas…
Il tendit difficilement le bras vers Dégel qui s'éloignait furieusement, sans un regard en arrière, sans hésitations. Si froid, si distant,…
Kardia baissa la tête, le visage déformé par une grimace de rage: il avait tout perdu. Il avait joué au plus malin et au plus fort, sûr de sa victoire. Et il avait perdu.
Son secret, la confiance de la personne la plus importante à ses yeux,…
Dégel…
Et comme le jeune homme aux cheveux verts quittait son temple sans un regard en arrière, Kardia poussa un hurlement de rage qui résonna dans le Sanctuaire tout entier.
$s$s$s$
Kardia leva la main et frappa plusieurs coups sur la porte des appartements du onzième, la voix lasse:
-Dégel? Ouvre, faut qu'on parle.
Mais le Verseau resta muet, laissant presque croire qu'il était absent. Mais il était là: son cosmos en était la preuve. Kardia leva les yeux au ciel et poussa un long soupir: il pouvait comprendre que Dégel soit en colère mais bon, après trois heures d'enfermement et de réflexion, il pouvait peut-être commencer à comprendre ses raisons, non?
Ce qu'il avait fait était donc si mal que ça?
Le Scorpion se mordilla la lèvre et passa une main mal à l'aise dans sa nuque:
-Ecoute, je suis désolé de ne pas te l'avoir dit: je ne voulais pas te faire peur inutilement, c'est tout. Et j'avais peur que tu ne le prennes mal, tu ne dois pas m'en vouloir.
Il esquissa un léger sourire et posa sa main sur la porte tristement verrouillée:
-Allez, ouvre qu'on puisse en parler calmement, d'accord?
Silence. Lourd, horriblement énervant. Passablement irritant pour sa patience légendaire.
Kardia fronça les sourcils:
-Je t'ai dit que j'étais désolé non? Alors c'est bon là: ouvre.
Mais après un nouveau silence pour seule réponse, le Scorpion comprit bien vite que Dégel ne comptait pas ouvrir cette porte ou même lui parler. Il grinça bruyamment des dents et serra les poings pour ne pas pousser un cri de frustration: qu'est-ce qu'il pouvait détester le Verseau quand il se comportait comme ça.
Se retournant en faisant bruisser sa longue cape, il gronda d'un ton menaçant:
-Et c'est moi le gamin?! La bonne blague! Si tu me cherches, je fais une ronde!
Il serra les poings: abruti de Dégel. Abruti de coeur. Abruti de lui-même.
Levant le visage vers le soleil qui lui caressait les joues, il ferma les yeux et souffla, las:
-Mais quelle merde…
Oui, un petit tour de garde lui calmerait les nerfs, le ferait réfléchir sur quoi dire à Dégel, comment le convaincre de sortir de son temple, comment se faire pardonner…
Ouais, le tour de garde, c'était bien!
Passant par son temple, il attrapa son casque et une pomme qui restait dans ses appartements, puis, toujours en train de grommeler dans sa barbe, descendit les multiples volées de marches qui le mènerait enfin en bas.
Bon, il comprenait que Dégel soit en colère, il comprenait sa réaction, mais… Mais en même temps, le Verseau ne pouvait-il pas comprendre ses raisons et se montrer plus compréhensif? Qui se comportait réellement comme un gamin,hein?!
Kardia mordit rageusement dans sa pomme, le poing sur la hanche:
-Comment est-ce que je vais bien pouvoir faire pour qu'il me pardonne, ce sale glaç…
Il s'interrompit lorsqu'il sentit une résistance s'opposer à sa marche. Une résistance exercée sur sa cape. Fronçant des sourcils interloqués, il se retourna à demi, sa pomme entre les dents:
-Hein?
Un de ses sourcils se redressa légèrement sur son front lorsqu'il vit ce qui s'était agrippé à sa cape. Contrairement à ce qu'il pensait, ce n'était pas une branche, un buisson ou encore un chat errant. Non, c'était une petite fille. Une petite fille aux courts cheveux mauves et aux grands yeux verts, cachée dans des buissons, derrière une colonne effondrée.
Et sa petite main serrait sa cape comme si sa vie en dépendait.
Kardia croqua dans sa pomme et grogna:
-Hé, petite, veux-tu bien lâcher ma cape, dis? Oh!
La petite fille leva des yeux rempli de détresse et d'espoir vers lui, sans faire mine de le lâcher, au contraire, resserrant son emprise sur le tissu blanc. Kardia tiqua et arracha sans ménagement sa cape de la main de l'enfant en grommelant:
-Allez, sors de là.
La petite fille cligna des yeux hésitants et escalada maladroitement la colonne de marbre pour se retrouver face au Scorpion qui s'agenouilla pour se retrouver à sa hauteur:
-Alors, d'où viens-tu, cocotte? (Soupira-t-il en esquissant un sourire rassurant et en chassant une feuille de la tête de la fillette) Vu ton look vestimentaire, tu ne m'as pas l'air d'être une apprentie Chevalier, je me trompe?
La petite fille baissa légèrement les yeux, rougissant petit à petit: ses mains et son visage avaient été éraflés par les branches des buissons mais sa robe noire au col blanc semblait en parfait état: si cette gamine n'était pas riche, elle n'était certainement pas pauvre ni fille de paysans non plus. Mains trop délicates, peau trop pâle, allure trop distinguée et chétive,… Pas une paysanne du coin mais pas un apprenti non plus, impossible.
La petite fille passa la main dans ses courts cheveux mauves, retirant une dernière feuille qui s'était accrochée à une de ses mèches, et poussa un vague « heu… » hésitant.
Ouaw, super efficace et claire comme réponse! Cette gamine était donc sourde et muette?!
Kardia détourna la tête en faisant claquer sa langue contre son palais:
-Tss, ça va être comique. Me répond pas surtout!
Plissant légèrement les yeux, son visage se fit plus pensif et il souffla, comme s'il réfléchissait à voix haute:
-Je ne peux pas permettre qu'il y ait des enfants qui rodent autour du Sanctuaire alors qu'il n'y a pas encore de barrière… Je ferais mieux de prévenir le Grand Pope.
Purée, c'était toujours sur lui que ça tombait des trucs pareils! Quelle idée stupide que de faire un deuxième tour de garde! S'il était resté tranquillement dans son temple, il serait peut-être en train de dormir à l'heure qu'il était, mais noooon, il avait fallu qu'il fasse le malin et retourne se promener!
Kardia se redressa et passa la main dans sa nuque:
-T'ain, c'est toujours sur moi que ça tombe! Allez, viens par ici, je vais t'amener au Pope pour qu'il me dise où tu habites et pour que je te ramène chez…
-Non! Je t'en prie, ne fais pas ça!
S'écria soudain la fillette en serrant les poings, l'air complètement paniqué, tellement paniqué que Kardia se retourna vers elle, interloqué par son changement d'attitude soudain:
-Ha? Et pourquoi donc? (Il fit un pas ou deux et écarta les bras) Puisque tu as su venir ici toute seule, tu devrais pouvoir rentrer chez toi par tes propres moyens: si tu as si peur du Pope que ça, tu ferais mieux de partir immédiatement. (Kardia haussa les épaules) Ou alors dis-moi au moins d'où tu sors que je puisse te raccompagner mais je t'en prie, parle!
-C'est que…
La petite fille baissa la tête, tordant ses mains et les lèvres tremblantes:
-Je n'ai nulle part où aller…
Le Scorpion s'arrêta et se retourna à demi, jetant un regard surpris à l'enfant qui termina en un souffle:
-En fait… Je dois commencer à vivre ici, au Sanctuaire et… Mais…
Oh bon sang: vas-y, petite, accouche!
S'énerva intérieurement le grec en serrant le poing et en adressant un regard agacé à la fillette qui balbutiait en se triturant les mains:
-Mais je… En fait je…
Kardia sentit un nerf palpiter sur son front tant son énervement croissait devant l'incertitude et l'espèce de timidité maladive de l'enfant:
-Ouh putain, qu'est-ce qu'elle m'énerve!
Grommela-t-il en agrippant la petite fille par la taille pour la percher sur son épaule. Comme elle poussait un cri surpris, Kardia gronda:
-Ha, ça suffit hein! Tu commences vraiment à me casser les pieds, gamine!
La petite s'accrocha à son épaulière et se tourna vers lui, l'air complètement perdue:
-Tu veux partir loin d'ici, c'est ça? Vu que tu te plais pas ici mais que t'as nulle part où aller t'aimerais que je t'emmène ailleurs?
-Heu…
-Rah mais décide-toi, bon sang!
La petite fille aux yeux verts lui adressa un regard larmoyant et rempli de détresse:
-Je suis désolée!
Kardia inspira profondément et soupira, plus calme, peut-être même légèrement attendri: cette gamine avait vraiment l'air de vouloir partir loin d'ici, du Sanctuaire, du Pope, de son ambiance,… Et au fond, n'avait-il pas là le prétexte idéal pour s'en aller quelques temps? Le temps qu'il réfléchisse, le temps que Dégel lui pardonne et se calme?
Un sourire étira ses lèvres: le destin pouvait vraiment bien faire les choses quand il le voulait...
-Bon, sois honnête, miss: t'as envie d'aller quelque part en particulier?
La petite fille cligna des yeux hésitants: est-ce qu'il lui proposait de la faire s'enfuir? Et de venir avec elle? Avait-elle donc agrippé la bonne cape?
-Hu?
Souffla-t-elle, indécise. Kardia tourna la tête vers elle, lui offrant un sourire déterminé:
-Je vais te faire visiter d'autres cieux, gamine: on va faire disparaitre cette tristesse qui assombrit tes yeux!
La petite fille esquissa un sourire ému et hocha doucement la tête comme assentiment.
Kardia tourna la tête vers le Sanctuaire, un sourire triomphant sur les lèvres: quel coup de bol d'être tombé sur cette gamine. Elle faisait vraiment l'alibi parfait pour quitter le Sanctuaire et se permettre de réfléchir un peu.
Quelle bonne idée que celle de faire un tour de garde supplémentaire!
Après quelques pas, il croqua de nouveau dans sa pomme et demanda:
-Au fait, moi c'est Kardia, Kardia du Scorpion. Et toi?
-Sasha...
-Ok, Sasha, ravi de te rencontrer.
La petite fille sourit, éclairant ses magnifiques yeux verts:
-Moi aussi, Kardia.
Oh oui, ni l'un ni l'autre n'imaginait à quel point cette rencontre était un ravissement, un soulagement même…
$s$s$s$
Pour être sûr que Sasha échappe au pouvoir du Sanctuaire, le mieux était d'aller le plus loin possible. Voire même sur un autre continent.
Au port le plus proche du Sanctuaire, un bateau (hélas, pas le choix) partait dans la demi heure pour le « Nouveau Monde » (ou « les amériques », mais Nouveau Monde, ça sonnait mieux), et le capitaine acceptait de les emmener gratuitement au vu du rang de l'un de ses passagers. Que demander de plus?
Accoudé contre le bastingage, Kardia regardait la terre s'éloigner de plus en plus au fur et à mesure qu'ils quittaient le port. Les douze maisons semblaient véritablement ridiculement petites vues d'ici. Comptant rapidement, il put diriger son regard vers le onzième temple, là où se trouvait Dégel… En montant chercher ses affaires et sa Pandora Box, il avait secrètement espéré que le Verseau se montrerait, lui pardonnerait tout…
Mais non.
Kardia poussa un soupir et, une main soutenant son front, il porta l'autre à sa bouche: merde… A vouloir partir le plus loin possible, il se retrouvait forcé de prendre (encore) cette saloperie de bateau! Et bien sûr, il n'avait emmené que des pommes et absolument rien contre le mal de mer!
Poussant un long soupir pour tenter de réfréner ses nausées, il sursauta légèrement lorsque Sasha posa la main sur son dos en lui tendant quelque chose de l'autre:
-Le capitaine a dit que ça te ferait te sentir mieux.
Souffla-t-elle de sa petite voix, les yeux brillants et l'air préoccupée par le malaise croissant de son guide et garde du corps. Kardia baissa les yeux et esquissa un sourire: des racines de gingembre… Juste ce dont il avait besoin…
Le jeune homme aux cheveux bleus saisit doucement le précieux remède et ébouriffa affectueusement les cheveux mauves de Sasha en soufflant, l'air rieur et soulagé:
-Merci, misstinguett… (*)
Sortant une pomme de sa poche et abaissant son long foulard rouge, il posa la racine sur le fruit et croqua dedans, donnant une saveur plus douce à l'amertume de l'herbe. Mâchant lentement la pomme, il se surprit à entendre la voix de Dégel résonner dans sa tête:
-Ca ne nourrit peut-être pas son homme, mais en tout cas, c'est bon pour la santé.
Kardia esquissa un léger sourire et, sans ôter sa main de la tête de Sasha, souffla distraitement:
-J'espère que tu as raison, mon Dégel, parce qu'il va me falloir beaucoup de pommes pour guérir de ça…
$s$s$s$
Debout à l'entrée de son temple, la main appuyée sur une colonne, Dégel regardait le bateau s'éloigner, les sourcils froncés et les yeux remplis de larmes de peur:
-Abruti…
—
*Je n'ai aucune idée de comment ça s'écrit D:
Et voilà :) J'espère que ça vous a plu! :D Enfin le secret de Kardia est dévoilé! *^* J'espère que c'était digne de vos espérances ;3 Beaucoup d'entre vous m'ont demandé si le chapitre précédent était le dernier: je vous rassure tous (j'espère), la fiction suit l'histoire du manga et s'arrêtera avec la mort des protagonistes (et un bonus à ma sauce ;)) Disons que j'essaye juste de terminer mes chapitres/lemons avec un peu de poésie (LAUL) parce que je suis trop timide ^/^
Je pars en vacances le trois aout: j'espère que j'aurai le temps d'écrire le prochain chapitre avant mon départ :x
Ah et je n'oublie pas les OS bonus que je vous dois Aquarius-no-Camus et XxMiharu, ni notre OS commun Héléonora :D Je suis juste perdue dans les méandres de mon fandom inconnu et je n'arrive pas encore à en sortir pleinement XS
Sur ce, encore merci à tous pour votre soutien et votre lecture, et à bientôt! :D
Bisous!
