Salut salut tout le monde! :D Désolée de ne poster qu'aujourd'hui: j'avais réussi à finir le chapitre pour la rentrée pour vous motiver et vous encourager, et voilà que le site était en pleine maintenance (du coup, connexion et post impossibles -_-) Mais ça y est! Ca remarche! *^*
Elyone: Haha je suis super contente que ça te plaise :D J'avais quelques doutes mais tu me rassures! Héhé tu verras: surprise ;D Quel coquin ce Kardia! :'D il va devoir apprendre à se maitriser XD Oh comme je suis d'accord *O* Loués soient-ils! Courage! Le voilà! :D J'espère qu'il te plaira aussi ;3 Encore merci pour tout et à bientôt :D
KardiaNeko: Oh tu me rassures aussi :D Oh c'est super gentil: merci O/O (c'est tellement gentil et flatteur :'D) Gigure-toi que moi aussi XD (Ne nous interromps pas, Kardia! On parle là! XD) Merci beaucoup pour tes encouragements et ta review, ça me fait énormément plaisir :D J'espère que la suite te plaira autant ;3 A très vite! :D (PS: Mais c'est trop cool ça! :D "Ô Belgique, ô mère chérie!" /SBAFF/ (merci wikipédia) C'est chouette comme coïncidence :D)
Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre qui, je l'espère, sera à votre goût! :D
Enjoy! ;*
La lune était haut dans le ciel rempli d'étoiles, un ciel absolument superbe. La nuit n'était pas froide, pas trop chaude non plus, juste parfaite. S'il en avait eu le temps, Kardia aurait adoré contempler les étoiles et se prélasser dans un bon lit douillet.
Mouais… S'il en avait eu le temps.
S'il en avait eu le temps, il aurait aussi bien pris un vrai repas digne de ce nom avant de trouver une auberge avec un bon lit pour s'y fourrer et ne plus en bouger avant le lendemain midi, voire même soir au vu de son épuisement croissant.
Mais non! Au lieu de ça, voilà qu'il devait se battre contre ces psychopathes de « jaguars » pour éviter qu'ils ne s'en prennent de nouveau à Calvera. Et pendant ce temps, la serveuse et Sasha étaient tranquillement en train de pioncer chez la jeune femme, sans pression ni remord, comme si c'était absolument normal!
-Quelles idiotes!
Grommela le Scorpion entre ses dents serrées avant de se réceptionner sur le sol, ses adversaires s'effondrant de tous côtés. Kardia serra les poings et tendit le bras, projetant un rayon rouge vers un adversaire qui s'écroula: quelle idée stupide de l'avoir empêché de rester avec elles. Et tout ça pour la raison la plus stupide qui soit:
-On ne va pas laisser un homme dormir avec nous, quand même!
Il grinça des dents: quelle connerie! Calvera avait vraiment joué la fausse petite prude, s'offusquant exagérément de la potentielle présence de Kardia dans sa chambre ou même dans sa taverne, comme s'il risquait d'abuser d'elle pendant son sommeil!
Non mais, elle se prenait pour qui la mexicaine? Hein? Pour un violeur psychopathe en série? Lui? Un Chevalier d'Athéna?
Tch, ridicule! Comme s'il pouvait décemment abuser de quelqu'un d'autre que de son Dégel.
Kardia secoua légèrement la tête et gratifia un jaguar d'un délicat coup de coude dans la jugulire: il perdait légèrement le fil de ses pensées. En fait, ce qui le préoccupait le plus, en plus de laisser Sasha sans défense, ce n'était pas le fait que Calvera le jette à la porte, c'était ce cosmos étrangement négatif qu'il avait ressenti lorsque les « Jaguars » étaient entrés dans la taverne, quelques heures auparavant. A peine avaient-ils posé le pied à l'intérieur que le Scorpion avait senti un frisson remonter le long de son échine et ses cheveux se dresser sur sa tête:
Des Spectres?
Non, c'était impossible. Ils n'avaient pas de surplis, à peine une apparence humaine, et pour seul et unique but l'enlèvement de Calvera. Pourquoi elle? Pourquoi ce soir? Mystère et boule de gomme!
Mais alors, si, en plus de ne pas être humains, ces choses n'étaient pas des Spectres, qu'étaient-ils donc?
Et pourquoi dégageaient-il cette étrange énergie négative s'ils ne possédaient pas de cosmos?
Parce que oui, Kardia avait plissé les yeux, observé leurs mouvements,.. Et alors que tout être humain possède un cosmos, même extrêmement faible, eux, n'en avait pas. Pas même une étincelle. Il en avait vite conclu que ces « Jaguars » n'étaient pas humains, mais quelque chose d'autre, de plus inquiétant et sans doute de plus dangereux.
Et lorsque les agresseurs s'étaient transformés en énormes félins marchant sur leurs deux pattes arrières, il avait eu la confirmation de ses pensées: ces choses n'étaient ni humaines ni animales. C'étaient des jaguars à qui ont avait conféré la capacité de se tenir debout et de prendre une apparence humaine pour un court instant. D'où leur cruel manque de cosmos.
Bon, déjà une première réponse. Chaque chose en son temps. Faire comme Dégel le ferait à sa place: réfléchir calmement, paisiblement et rationellem…
Kardia poussa un soupir agacé et il leva le pied, repoussant un jaguar qui s'effondra contre un arbre: il n'était pas Dégel, il n'avait pas sa patience ni sa réflexion paisible. Nan, là il était juste super énervé et il avait juste eu envie de taper quelqu'un pour calmer ses nerfs! Et les jaguars avaient parfaitement fait l'affaire…
Il se frotta les mains et observa vaguement les cours affalés de ses adversaires sur le sol, soit morts soit mourants ou grièvement blessés. Puis, le Scorpion redressa la tête et se tourna lentement vers la droite, la où le cosmos le plus négatif se dissimulait à peine:
-Bon: tu vas rester caché là encore longtemps? (Gronda Kardia en posant les poings sur ses hanches) Allez, viens t'amuser aussi: il n'y a aucun frais d'inscription!
Comme seul un ricanement s'échappait des buissons, le Scorpion sourit:
-Allez, montre-toi.
Les buissons bougèrent et un homme d'une taille incroyablement imposante (peut-être même encore plus grand et massif qu'Aldébaran, c'était dire!) s'avança lentement vers lui, le corps enveloppé par cette cosmos-énergie si négative et envahissante, comme s'il n'avait jamais appris à la maitriser. Et même si Kardia n'était pas un couard, il sentit pourtant un filet de sueur froide rouler le long de sa colonne vertébrale: ce type était dangereux. Pas le genre de danger violent et brutal. Un danger perfide, sournois.
Un sourire étira ses lèvres et l'homme parla, d'une voix grave et caverneuse:
-Aujourd'hui est un grand jour: j'ai pu trouver le coeur d'un personne très spéciale.
-Super, je suis ravi pour toi!
En mille, Kardia s'en foutait royalement de ce qu'il avait trouvé ce matin! Il voulait juste savoir ce que cet énergumène faisait là, pourquoi il en avait après Calvera, et surtout, pourquoi son cosmos était aussi sombre.
-Je suppose que tu es le chef de la meute?
L'homme se rapprocha encore de plusieurs pas, une épaisse fourrure de jaguar posée sur sa tête et se coulant dans son large dos:
-Oui: nous cherchons les coeurs des élus, et… (L'homme s'arrêta et se dressa au dessus de lui de toute sa taille) Je crois que je viens d'en trouver un parfait.
Kardia esquissa un sourire amusé: qu'est-ce qu'il racontait ce monstre? Et pourquoi parlait-il de coeurs d'élus? Voulait-il donc sacrifier celui de Calvera, ou une connerie de ce genre? Plissant légèrement les yeux, le Scorpion se décala d'un pas prudent:
-Ta mère t'a jamais appris à te présenter avant d'étaler tes plans foireux? T'es qui d'abord, vieux?
-Je suis Huesuda, prêtre du soleil à qui je sacrifie les coeurs des élus pour créer une nouvelle ère.
Répondit simplement l'homme, sans s'offusquer ou se vexer, naturellement.
Oh là! Le mec c'est juste le Grand Gourou d'une secte de psychopathes! C'est quoi comme discours de merde?! Je devrais peut-être me barrer, nan?
Inconscient des médisances internes du Scorpion, le prêtre plongea ses yeux dorés dans les siens:
-Pense-tu que ton coeur en soit digne?
Attendez un instant: ce mec était en train de parler de sacrifier son coeur à une putain d'étoile? Mais c'était quoi ce délire? Voyons, ils se connaissaient à peine! Son incompréhension se traduisit par une expression hésitante sur son visage, avant qu'il n'éclate de rire:
-Haha! Le coeur du Scorpion est dit « le rubis éclatant », Antarès. La brillance et la chaleur de mon soleil ne sont en rien comparables à ta pitoyable étoile de sauvages: mon étoile vaut bien plus.
Il croisa résolument les bras, le torse bombé, fier comme un paon: c'était vrai, Antarès n'avait rien à voir avec ce pitoyable petit soleil. Il le savait, cette étoile était à l'image même de son coeur. Et c'était dire s'il connaissait sa chaleur et son pouvoir dévastateur! Qu'est-ce qu'il croyait ce type? Que son soleil de chochotte était une étoile puissante? Ha! Laissez-le rire!
-Je vois…
Kardia haussa un sourcil sceptique lorsque le géant lui tendit la main: oh là, il croyait faire quoi, lui? Comme il s'en s'en inquiétait avec un air moqueur, Huesuda esquissa un sourire rassurant d'une fausseté crasse qui lui donna presque la nausée:
-Rien de plus qu'un manière de montrer mon respect et mon affection pour ce rubis flamboyant. (Son regard s'assombrit soudain brusquement) Aurais-tu peur?
Peur?! Lui?! Le Scorpion doré?! Effrayé par un type habillé comme un homme des cavernes? Pff, qu'est-ce qu'il croyait ce mec? Qu'il ne savait qu'aboyer et pas mordre? Kardia esquissa un sourire diabolique et empoigna vivement la main gigantesque du colosse en ricanant: il allait être drôlement surpris le prêtre!
-Absolument pas: j'accepte ton défi.
Parce que c'en était un, clairement. Là où Huesuda parlait avec un doux sourire, son ton et son aura témoignaient du contraire: il le testait, c'était une évidence. Cette « poignée de main » serait un moyen d'évaluer la force de l'autre, il ne fallait pas se leurrer. Au fond de lui, Kardia avait l'impression qu'il aurait mieux fait de lui rire au nez et de s'éloigner sans engager le conflit. Peut-être que Dégel avait commencé à déteindre sur lui… Le Scorpion se secoua: non mais! Depuis quand est-ce qu'il était devenu aussi couillon?! Ce mec venait le provoquer, son honneur lui ordonnait de répondre.
Le colosse serrait sa main comme s'il essayait de la briser, c'était d'ailleurs ce qu'il essayait sans doute de faire, mais il ne fallait pas le prendre pour plus faible qu'il ne l'était! Kardia raffermit sa prise sur la poigne de fer de Huesuda, testant à sa façon la force de son adversaire:
-Hmpf! Ce type, il a beau parler d'affection, j'espère que c'est pas comme ça qu'il dit bonjour à sa femme!
Kardia était étonnamment surpris: là où il s'attendait simplement à de la force brute, il découvrait pourtant une puissance qui n'avait rien à envie à celle d'un Chevalier d'or! Une force étonnamment travaillée, précise, parfaitement maîtrisée. Intéressant, très intéressant…
Un sourire mauvais étira ses lèvres et son coeur battit légèrement plus vite: lui qui cherchait absolument un adversaire digne de lui sur le champs de bataille, lui qui cherchait un opposant capable de faire embraser son coeur jusqu'à son paroxysme, aurait-il finalement trouvé la perle rare?
-Parfait.
Ne put-il s'empêcher de souffler. Mais la seconde d'après, la tension qui s'était érigée entre les deux hommes retomba d'un coup. Bam, comme ça. Déçu, Kardia leva des yeux intrigué vers le colosse:
-Hu?
-Tu disais vrai: ton coeur dégage une chaleur incroyable: c'est la première fois que je vois ça.
Souffla Huesuda, les yeux écarquillés sous le coup de la surprise et la bouche entrouverte. Le Scorpion haussa un sourcil et fronça l'autre, hésitant:
-Hein?
-Il est véritablement digne de ton étoile…
Kardia fronça les sourcils: mais qu'est-ce qu'il racontait enfin? Ils n'allaient pas se battre? Purée mais c'était quoi son délire?! Pourquoi s'arrêtait-il alors qu'ils étaient si bien partis?!
-Qu'est-ce que tu racontes comme conner…
Mais sa voix s'étouffa dans sa gorge lorsqu'il sentit son coeur manquer un battement et rester inerte un long moment. Une seconde tout au plus. Une éternité.
Puis, il s'enflamma, brûlant, dévastateur, envoyant des ondes de chaleur et de puissance dans tout son corps. Kardia pâlit et écarquilla des yeux horrifiés: ce n'était pas normal. Quelque chose était différent de ses autres crises. Quelque chose de plus sournois… C'était trop. Trop de chaleur, trop de souffrance, trop de…
Il poussa un cri, cri qui devint un hurlement de douleur lorsqu'il sentit comme un étau emprisonner son coeur: c'était étrange! Cette crise était différente des autres! Elle était trop soudaine, trop violente,… Qu'est-ce qu'il se…
Ses yeux exorbités se posèrent sur son bras parcouru de spasmes, étrangement douloureux lui aussi (encore une preuve que quelque chose ne tournait pas rond), remontèrent le long de sa main,…
-Qu'est ce que tu fais… à mon coeur?!
Parvint-il à haleter: il ne voyait pas d'autre solution! Cet homme, ce malade était derrière tout ça! Et alors que Kardia tentait de dégager sa main, comme pour confirmer ses dires, Huesuda raffermit sa prise sur lui, l'empêchant de se dégager:
-Incroyable! La puissance de ton coeur n'a donc pas de limites? Je ne pouvais pas rêver meilleure offrande pour notre soleil!
Kardia paniquait complètement, perdait le contrôle de la situation: qu'est-ce qu'il racontait ce malade?! Pourquoi est-ce qu'il se sentait aussi mal?! Pourquoi avait-il si peur?! Non, peur n'était pas le mot. Et lorsqu'un visage et deux yeux améthystes s'imposèrent à lui, il gronda, la bouche trempée de sang:
-Te fous pas de moi!
Il se redressa, enflamma légèrement son cosmos pour se dégager… Hurla lorsque son coeur se mit à battre à toute vitesse, grisé par la puissance de son cosmos, bien trop ardent pour son corps…
Bien trop mortel…
Bien trop…
-Arrêtez!
Kardia tomba à genoux et tourna lentement la tête: il voyait flou, comment être sûr de qui venait de crier de la sorte? Et pourtant, la réponse lui vint aux lèvres immédiatement:
-Sasha…
Il ne sentit pas Huesuda lui lâcher la main, pas plus qu'il ne se sentit tomber en arrière, à peine s'il entendit Sasha hurler son prénom et se précipiter vers lui. Il ne la voyait même pas distinctement, ne l'entendait plus qu'à travers un espèce de brouillard sonore. Kardia haleta, incapable de savoir si elle lui avait posé une question, plus pour la rassurer qu'autre chose:
-Je… Je vais bien… (Il porta la main à son coeur douloureux) Qu'est-ce que tu fiches ici?…
C'était stupide, il se doutait qu'il n'entendrait pas sa réponse. Ses yeux se fermaient malgré lui, il sentait du sang rouler hors de ses lèvres et il toussa, cracha ce qui risquait de l'étouffer une fois qu'il aurait perdu conscience… Parce qu'il se connaissait… Il savait qu'avec une crise pareille, il serait incapable de se relever avant un bon bout de temps… Mais il devait veiller sur elle! Ce malade serait capable de la tuer! Il devait se lever! Mais il avait si mal… Et il était si fatigué…
Pourtant, un mot, un seul le fit se redresser légèrement: est-ce que Sasha venait de parler de cosmos? Mais… Comment avait-elle pu ressentir le sien si elle n'était qu'une servante au Sanctuaire? Comment avait-elle pu…
Mais il perdit connaissance lorsque le visage de Calvera se pencha sur lui, lorsqu'il se perdit dans ses yeux améthystes et qu'il les confondit avec d'autres tellement semblables…
Et malgré son beau discours sur la brillance d'Antarès, il fut plongé dans l'obscurité…
-Dégel…
$s$s$s$
Dégel tressaillit et hoqueta avant de porter la main à son coeur, les yeux écarquillés sous le coup de la surprise:
-Dégel, est-ce que tout va bien?
Le Verseau releva la tête vers le trône du Grand-Pope, croisa son regard légèrement inquiet et se dessina un demi sourire rassurant sur les lèvres, passant néanmoins une main machinale sur sa poitrine:
-Oui, oui ne vous en faites pas.
C'était étrange, son coeur venait de l'élancer subitement, comme si on l'avait enserré dans un étau. Bizarre, peut-être s'était-il surmené dernièrement? Ou alors était-ce réellement le contrecoup de la surprise qu'il avait ressentie quelques minutes auparavant?
Sage sembla rester perplexe encore une longue seconde mais il finit par hausser légèrement les épaules, respectueux de l'explication du français:
-Pour en revenir à cet apprenti, je suis d'accord avec toi: qu'il change de dortoir dès ce soir et qu'il rejoigne le baraquement trois, c'est un niveau plus élevé mais néanmoins adapté à sa force.
Dégel baissa respectueusement la tête:
-Bien. Merci, Grand-Pope.
Peu après avoir ressenti le cosmos de Liam, le Verseau s'était empressé de lui poser des questions: comment avait-il appris à le maîtriser? Quand son cosmos s'était-il éveillé? Quelqu'un l'avait-il aidé? Avit-il déjà fait cela auparavant?
Mais l'enfant avait simplement secoué la tête, et Dégel était resté ébahi: personne. Personne n'avait expliqué précisément ce qu'était le cosmos à Liam, personne ne lui avait appris à s'en servir, il n'avait jamais fait cela avant, et il avait eu l'impression que cet univers en lui s'était éveillé en arrivant ici, au Sanctuaire.
Il avait appris seul.
Intuitivement.
Dégel avait donc pris l'initiative d'en parler au Grand-Pope, lui qui était le seul à pouvoir donner l'ordre que Liam soit transféré dans un groupe plus adapté à son cosmos.
Néanmoins, sa force physique restait relativement faible, même pour un enfant de son âge: sans doute devrait-il mettre les bouchées doubles pour se retrouver au même niveau que les autres, mais Dégel ne doutait absolument pas de lui. L'admiration de Liam pour Kardia était sa motivation suprême: il voulait absolument lui ressembler, avoir sa force,… D'où le fait qu'il laisse pousser ses cheveux, sans doute.
Et malgré son air impassible, Dégel avait dû se mordre la joue pour éviter d'esquisser un sourire attendri: bizarrement, il s'était attaché à ce petit garçon, à son caractère doux, ses paroles réfléchies, ses légers sourires discrets,… Oui, Liam était réellement un garçon adorable, capable même de faire fondre Kardia.
C'est dire!
Lorsque le visage de Kardia lui vint en tête, Dégel grinça légèrement des dents et serra les poings tandis que son visage se durcissait imperceptiblement: imbécile de Scorpion! Où était-il donc passé? Et quelle idée stupide de partir seul avec une maladie comme la sienne? Il allait finir par y rester cet idiot!
Mais au fond… Peut-être était-ce ce qu'il voulait…
Le Verseau se leva et secoua légèrement la tête: non, Kardia était certes un égoïste, mais il en le laisserait pas tomber comme ça. Pas avant d'e s'être expliqué en tout cas. Il en était sûr.
Comme il faisait mine de se détourner, Sage le rappela soudain:
-Dégel?
Le Verseau se retourna, l'air légèrement surpris: n'avait-il pas tout dit? Devait-il préciser à quel point Liam l'avait impressionné? Ou bien…
Un léger sourire étira les lèvres du vieil homme:
-Tu n'aurais pas quelque chose d'autre à me demander?
Dégel cligna des yeux, interdit: quelque chose… D'autre? Peut-être devait-il faire remarquer que leur petit système d'arrivée d'eau était momentanément en panne? Il secoua légèrement la tête:
-Pas à ma connaissance.
-Tu en es sûr?
Le français déglutit difficilement: qu'arrivait-il donc au Grand-Pope? Pourquoi était-il persuadé qu'il avait quelque chose à demander? Avait-il l'air si préoccupé que ça? Impossible: lui, qui maitrisait parfaitement ses émotions et surtout les expressions de son visage, ne pouvait pas avoir l'air préoccupé.
-Oui, il n'y a rien qui ne me vient en tête.
-Tu ne t'inquiéterais pas un peu?
Dégel haussa un sourcil, incapable de comprendre l'étrange comportement soudain du Pope:
-Pour?
-Pour Kardia bien sûr.
Le jeune homme entrouvrit la bouche et sursauta légèrement, presque rien, à peine un mouvement d'épaules. Il parvint même à s'empêcher de rougir. Rien n'aurait pu laisser présager qu'il avait été surpris ou même perturbé par cette simple parole. Et pourtant, rien qu'à l'évocation du Scorpion, il sentit son coeur battre un petit peu plus vite.
Il fronça le nez:
-Absolument pas: si cet idiot préfère aller se faire tuer ailleurs, c'est son choix.
Il ne parvenait pas à savoir comment, mais le Pope avait réussi à comprendre que, rien qu'en évoquant Liam, son esprit se tournait immanquablement vers Kardia. Kardia et ses grands sourires moqueurs, Kardia et ses yeux clairs, Kardia et ses caresses, Kardia et ses baisers,… Kardia et sa maladie.
Il se força à respirer aussi calmement que possible: bien sûr qu'il était inquiet pour cet abruti de première! Mais il ne pouvait pas se permettre de le montrer aux autres, et encore moins au Grand-Pope en personne!
Sage haussa les sourcils, ce perpétuel sourire paternel sur les lèvres:
-Tu peux tomber les masques avec moi, tu le sais n'est-ce pas?
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
-Bien sûr que si, tu vois même très bien.
Dégel déglutit difficilement: il avait l'étrange impression que le Pope parvenait à lire dans ses pensées, à percer les émotions qu'il cachait au plus profond de lui. Et ça le mettait mal à l'aise…
Personne ne devait savoir pour lui et Kardia! Personne ne les comprendrait, ne serait indulgent avec eux! Personne ne…
-Je ne suis pas particulièrement inquiet: c'est un adulte, il fait ce qu'il veut.
Expliqua-t-il en haussant les épaules. Sage hocha doucement la tête:
-Alors dans ce cas, je suppose que cela ne t'inquiétera pas si je te dis avoir ressenti le cosmos de Kardia s'éteindre un court instant?
Dégel sentit son coeur manquer un battement et il manqua même de trébucher sous le coup de la surprise:
-Que.. Comment ça?
Il avait du mal à respirer: l'air semblait bloqué dans sa gorge, incapable de rejoindre ses poumons. et puis son coeur serré lui faisait mal, comme si sa cage thoracique était compressée dans un étau. Comment ça « éteint »?
-Qu'est-ce que vous voulez dire?
-Je suppose que tu sais quel mal ronge Kardia, n'est-ce pas?
« Il a enfin daigné me mettre au courant », voulut persiffler Dégel, plein de rancune. Mais la peur soudaine des mots du Pope le firent renoncer:
-Oui, il m'en a parlé.
-On dirait que les techniques interdites qu'il utilise ne font presque plus effet, et apparemment, il viendrait d'avoir une crise bien plus violente que les précédentes.
Dégel pâlit, légèrement soulagé malgré tout: bon, au moins cet idiot n'était pas mort! C'était déjà ça de gagné!
-Vous voulez dire que… Que sa maladie empire?
Sage poussa un léger soupir et se pinça l'arête du nez:
-J'en ai bien peur…
Le Verseau sentit sa respiration s'accélérer légèrement et il tressaillit: mais alors…
-Mais alors il risque sa vie en quittant le Sanctuaire sans moi! (S'écria-t-il malgré lui) Je suis le seul capable de projeter un froid assez puissant pour calmer ses crises: il faut absolument que vous fassiez quelque chose, Grand-Pope!
Il s'agenouilla vivement et baissa la tête, le coeur battant:
-Envoyez-moi le chercher, ou bien ordonnez-lui de revenir, je vous en prie.
-Dégel…
-Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un combattant de sa trempe à la veille de la Guerre Sainte, et vous le savez très bien. Ordonnez-moi d'aller le chercher, je vous en prie.
Sage sembla hésiter, comme s'il avait perdu le contrôle de la situation:
-Je ne peux pas me le permettre.
-Mais pou-…
-Je ne sais pas pourquoi ni comment c'est possible, mais le cosmos de Kardia s'est heurté à celui d'un Spectre. Je ne peux décemment pas le rappeler avant qu'il ne l'ait terrassé, et je ne peux pas t'y envoyer et courir ainsi le risque de perdre deux guerriers.
Le Verseau redressa la tête: c'était impossible! Le Pope n'imaginait tout de même pas sacrifier Kardia simplement pour un Spectre qui se trouvait à l'autre bout du monde?! C'était impossible! C'était d'un ridicule à couper le souffle! Ce Spectre n'était absolument pas un danger imminent: pourquoi ne pas rappeler Kardia? Et surtout...
-Alors pourquoi m'en avoir parlé?
Souffla-t-il, perdu: c'était vrai. S'il refusait de le faire intervenir, alors pourquoi lui avoir donné ces faux-espoirs, ces raisons supplémentaires de s'inquiéter,… Pourquoi?…
-Parce que je veux que tu prennes conscience de l'importance de Kardia à tes yeux.
-Pardon?
-La vie humaine est fragile et ne tient qu'à un fil, celle de Kardia encore plus qu'une autre. Tu devrais en prendre conscience avant qu'il ne soit trop tard.
Dégel était complètement perdu: il ne voyait pas où voulait en venir le Pope, il ne comprenait pas ce que Kardia venait soudain faire dans la conversation, il…
-Tu devrais lui pardonner avant qu'il ne soit trop tard.
Termina enfin Sage en plongeant dans son regard, comme pour l'empêcher de se détourner, de fuir la réalité et la cruauté de la situation. Le français haleta et se redressa lentement, les jambes tremblantes. Il ne parvenait pas à y croire: le Grand-Pope lui faisait la leçon. Le Grand-Pope lui reprochait son comportement alors qu'il n'avait eu qu'une réaction légitime face au mensonge de Kardia.
Comment Sage pouvait-il être aussi aveugle et injuste?!
-Je lui pardonnerai quand j'en aurai envie, pas avant.
-Nous sommes plus qu'une famille, Dégel: la discorde entre nos membres entrainera notre chute. Je compte sur toi pour faire fi de cet incident. Notre union sera notre meilleure arme face à Hadès, et je refuse de lui faire face avec une armée divisée.
Dégel en resta bouche-bée: il devait rêver, il n'y avait pas d'autre solution. Ou alors le Pope se moquait de lui.
-Vous trouvez vraiment que je suis injuste avec Kardia?
Parvint-il a souffler sans agressivité ni rancoeur. Sage lui adressa un sourire doux et rassurant:
-Absolument pas: je trouve ta réaction légitime. Mais je sais que tu es le seul à qui je peux parler de la sorte: Kardia refuserait de s'excuser si je lui demandais. Après tout, (Il haussa les épaules) ce n'est qu'un enfant capricieux. Mais je sais que je peux compter sur ta sagesse pour lui pardonner, pas vrai?
Dégel sentit un poids quitter ses épaules et il parvint même à esquisser un léger sourire soulagé: le Grand-Pope ne lui en voulait pas. Au contraire, il lui faisait même extrêmement confiance.
Rassuré, le Verseau s'inclina légèrement:
-Bien sûr, Grand-Pope.
Sage lui répondit d'un léger mouvement de tête, son doux sourire soudain teinté d'amusement:
-Je n'en doute pas. (Il leva le bras) Tu peux disposer.
Dégel baissa respectueusement le buste et se détourna, le visage plus serein, le coeur serré. Une chose restait quand même extrêmement inquiétante, une chose que le Pope avait dite lui faisait légèrement peur. Il déglutit difficilement: la maladie de Kardia allait en s'empirant.
Et il n'avait toujours pas trouvé de remède…
Depuis le départ du Scorpion, il avait passé son temps dans sa bibliothèque, à chercher un remède à sa maladie, ou au moins une manière de la ralentir ou de l'apaiser.
Mais il n'avait rien trouvé.
Il soupira et referma la porte derrière lui: Kardia avait vraiment intérêt à revenir en un seul morceau…
Désormais seul dans la grande salle, Sage se leva et porta machinalement une main inquiète à son menton: si le cosmos de Kardia s'était éteint, il espérait vraiment que cela ne signifiait pas qu'il était arrivé quelque chose à leur Déesse.
Il secoua la tête et poussa un petit soupir rieur: il n'avait aucune raison de s'inquiéter. Sasha était avec Kardia, pas avec n'importe quel petit chevalier de Bronze.
Elle allait bien.
C'était une certitude.
$s$s$s$
Et comme le Pope se rassurait silencieusement, Sasha poussa un hurlement lorsque, d'un bond d'une puissance phénoménal, Nahualpilli s'enfuit avec elle sous le bras:
-Kardia!
Ce n'était pas normal. En moins de trois heures, il avait eu deux crises d'une rare violence et d'une efficacité terrible.
A peine étaient-ils rentrés chez Calvera qu'un homme avait débarqué, dépecé à moitié, mourant. Et lorsque Kardia était sorti en trombe, ordonnant aux deux filles de rester à l'intérieur, il s'était retrouvé face à un homme de petite taille, aux cheveux blancs et aux yeux fous, au visage trempé du sang de multiples victimes dont les peaux recouvraient son surplis.
Le Scorpion avait écarquillé les yeux: un Spectre. C'en était un.
Mais que faisait-il ici, au fin fond de l'Amérique du Sud, si loin de son Dieu?
Il n'avait pas eu le temps de poser les questions, juste celui de poser son casque sur sa tête avant d'engager le combat.
Le Scorpion avait eu chaud, très. Le surplis de ce Nahualpilli était couvert des peaux des malheureux qu'il avait dépecé, et apparemment, ces dépouilles pouvaient l'attaquer et même le blesser! L'entaille sur sa joue et sur sa main en étaient les preuves.
Cet effet de surprise avait manqué de le perdre, et il s'était retrouvé à terre, l'étrange arme du Spectre posée sur sa joue. La lame avait creusé sa peau, avait même manqué d'atteindre l'os, et malgré la douleur, Kardia avait enflammé son cosmos et s'était relevé, promettant le Spectre en arrière sous le coup de plusieurs aiguilles écarlates combinées.
Un sourire mauvais avait étiré ses lèvre ensanglantées: cet espèce de malade avait essayé de le dépecer, lui, le grand Scorpion Doré? Non mais, qu'est-ce qu'il s'était imaginé? Se servir de sa peau comme d'une couverture pendant l'hiver? Pff! Et quoi encore!
Chaque coup porté à Nahualpilli était comme une revanche, une manière de passer ses nerfs sur lui. Et à chaque coup, son sourire mauvais s'agrandissait: il avait besoin de voir du sang, d'entendre ce salopard hurler de douleur, de voir son visage se tordre sous le coup de la souffrance,…
Ah il avait voulu le tuer et faire du mal aux autres! Ah il avait essayé de le dépecer!
Hé bien qu'il souffre maintenant!
Mais alors qu'il allait mettre un terme à la misérable vie du Spectre, Sasha s'était interposée. Kardia avait écarquillé les yeux: pais qu'est-ce qu'elle fabriquait cette petite idiote?! Voulait-elle se faire tuer?!
Mais comme elle parlait, il avait la vague impression qu'un cosmos d'un étrange chaleur s'élevait autour d'elle. Il avait secoué la tête en esquissant un sourire las: ridicule. La fatigue et la douleur lui faisaient perdre la tête et il s'imaginait des choses, voilà tout.
Et quand Nahualpilli s'était relevé lentement, il s'était mis en garde, enflammé son cosmos pour le tuer avant qu'il ne s'en prenne à Sasha… Et son coeur s'était embrasé une nouvelle fois.
Plus violemment, plus douloureusement.
Et il avait été incapable de bouger, de pousser Sasha pour éviter que le Spectre ne la touche,… Il était tombé à genoux en essayant de bouger, retenu in extremis par Calvera qui s'était précipitée en avant. Alors, Kardia, le coeur battant et le visage ensanglanté, leva difficilement le bras et souffla:
-Sa… sha…
Mais Nahualpilli avait déjà disparu, emmenant la petite fille avec lui.
Kardia haleta, grimaça, tenta péniblement de se relever et retomba dans la poussière:
-Putain de merde!
-Arrête! Ca ne sert à rien: tu va te tuer si tu continues comme ça!
S'écria Calvera, l'air complètement paniquée: comparé au jeune homme plein de vie qui était rentré dans son bar quelques heures auparavant, celui qu'elle tentait de relever lui faisait peine à voir. Kardia n'était plus que l'ombre de lui-même: le visage trempé de sang, l'air hagard et le visage déformé par la douleur. Il leur avait expliqué avoir une maladie cardiaque qui le tuait à petit feu, mais elle n'aurait jamais imaginé que cette maladie le mettrait dans un état pareil! C'était terrifiant!
Alors si en plus d'un Kardia mourant, Sasha venait de se faire enlever par un dangereux malade,…
Calvera redressa le Scorpion inconscient contre elle et se dirigea difficilement vers le bar: elle paniquait complètement. Elle ne savait pas quoi faire, qui appeler au secours,... Et elle sentait son coeur battre la chamade dans sa poitrine.
Mais elle devait absolument garder la tête froide! Elle se força à fermer les yeux, à inspirer profondément, à souffler paisiblement, à inspirer de nouveau: d'abord, s'occuper de Kardia. Ensuite…
La jeune femme rouvrit dangereusement ses superbes yeux améthystes: ensuite, elle irait voir ce Huesuda. Lui qui portait le sceau de Tezcatlipoca. Le Dieu de la mort, l'ennemi juré du Dieu protecteur de sa maison.
-Quetzalcoatl…
Et comme elle murmurait ce nom, ses yeux furent soudain éclairés par une étrange lueur solaire…
Voili voilou! :D J'espère que ça vous a plu (même si ce n'est pas très long et pas exceptionnel :s)!
Mais je suis contente de bientôt pouvoir écrire avec Calvera: je la trouve super cool *^* (et puis j'adore la mythologie (surtout Grecque et Maya/Inca (et Sancadinave, mais là n'est pas la question!)) alors vous imaginez bien que ces chapitres, c'est un combo gagnant pour moi ;D)
Sur ce, je vous laisse: j'ai encore du pain sur la planche ;3
Gros bisous et à bientôt! :D Je vous aime!
