Coucou tout le monde! Comment allez-vous? J'espère que (particulièrement mes compatriotes belges mais ça vaut pour tout le monde, d'où que vous veniez) vous allez tous bien, vous et vos proches. En écoutant les nouvelles hier, je me suis rendue compte que ces chapitres (en fait, tout le Gaiden de Dégel) prenait un tout nouveau sens, beaucoup plus prenant, en fait: se battre pour un idéal de paix, empêcher des sacrifices inutiles,... Ca m'a beaucoup plus parlé et ça m'a motivé à publier ce chapitre pour montrer (de manière indirecte) mon point de vue. Ca ne se voit pas encore très bien ici, mais dans le chapitre suivant, vous comprendrez tout ;)

Désolée d'avoir pris autant de temps pour poster: mes cours m'ont pris énormément de temps (et j'ai été malade une semaine et demie :s), j'espère que vou me pardonnerez :'O

angeline: Merci beaucoup :D Je suis très heureuse que le chapitre t'ait plu ^^ J'ai essayé de montrer les sentiments de notre cher Verseau du mieux que je pouvais et je suis contente que tu aies aimé ;) Héhé, surprise ;3 Merci beaucoup pour ta review et ton soutien et à bientôt :D

Sur ce, je ne vous retiens pas plus longtemps ;)

Enjoy :D


A peine Crest avait-il disparu que Dégel faisait voler le « cercle de glace » en éclat et attaquait les Joyaux. Il n'y avait pas une minute à perdre: Séraphina était en danger, seule entre les mains de Mme Grenat. Et les Dieux seuls savaient ce que cette femme pouvait lui faire!

Il n'avait pas non plus à hésiter: ces enfants n'étaient même pas humains. Ils portaient très bien leurs noms de « Joyaux »: une fois vaincus, ils redevenaient de simples pierres précieuses inoffensives. Il ne devait surtout pas retenir ses coups en se disant qu'il faisait face à des gamins.

-Diamond dust!

Si Tourmaline, plus éloigné de lui, avait éventuellement une chance d'esquiver son attaque, il savait que Chalcédoine serait incapable d'en faire autant: il était bien trop près de lui pour pouvoir…

Les deux enfants gloussèrent vaguement puis, disparurent de sa vue en un clin d'oeil.

Dégel écarquilla les yeux et se retourna, les cherchant du regard: ils n'avaient tout de même pas pu se volatiliser comme ça! La téléportation était tout aussi impensable au vu de leurs pouvoirs respectifs. Tourmaline maitrisait (selon Mme Grenat) l'électricité et Chalcédoine projetait des illusions mentales: ils ne pouvaient pas posséder un tel pouv-…

Il retint une exclamation surprise lorsque deux mains glacées se posèrent soudain sur ses yeux avec une fermeté surprenante:

-Désolé, (Souffla la voix de Chalcédoine à son oreille) les combats directs ne sont pas ma tasse de thé alors j'utilise des techniques un peu lâches pour m'en sortir. J'espère que tu ne m'en veux pas.

Il semblait presque penaud, coupable en disant ça. Et pourtant, Dégel avait beau lutter, il était incapable de dégager les mains de l'enfant de son visage, comme si elles étaient soudain faites de pierre. Juste en face de lui, si proche qu'il aurait presque pu le toucher, Tourmaline feula:

-Nous ne sommes pas encore assez fous pour t'affronter de face! En revanche, tu vas avoir droit à l'un de nos petits tours… Alors bienvenue… (Chalcédoine retira ses mains) Dans notre cauchemar!

Dégel cligna plusieurs fois des yeux:

-Mais?!

En effet, c'était bien un cauchemar. Il n'y avait pas d'autre mot pour désigner ce à quoi il assistait. Partout où il posait les yeux, il voyait une nouvelle image du duo infernal, une nouvelle réflexion du sourire horriblement mauvais de Tourmaline,… Dégel n'avait jamais vu d'illusion aussi réaliste, aussi palpable que celle-là. Il avait presque l'impression qu'elle pouvait rivaliser avec celles que créait Aspros, voire même celles d'Asmita… c'était dire!

Mais tandis que les Joyaux parlaient, il s'empêcha d'esquisser un sourire rusé: ces garnements étaient malins, c'était sûr. L'ennui, pour eux, c'est qu'il était plus malin encore et qu'il avait plus d'un tour dans son sac. Et il avait surtout plus d'expérience qu'eux.

Alors, quand il vit Tourmaline lever les mains, Dégel se concentra sur l'humidité qui suintait sur les murs du couloirs, projeta un souffle glacé dessus et sourit lorsque l'eau se transforma en plusieurs miroirs. Comme il l'avait prévu, la décharge électrique heurta un reflet (qu'il anima pour donner l'illusion que c'était bien lui qui était frappé) et les deux enfants se tapèrent dans les mains en riant, sûrs de leur succès:

-On l'a bien eu, Chalcédoine! (Riait le blond) Il a grillé sur place! On est trop puissants!

-Vraiment?

Rosit le plus timide des deux, un ton plus bas, comme s'il hésitait. Tourmaline lui frappa amicalement le dos:

-Puisque je te le dis!

-Oh… Tu dois avoir raison alors…

-J'ai toujours raison! (Rétorqua l'autre en bombant le torse avant de désigner ce qu'il pensait être le corps évanoui de Dégel) Je pense que Mme Grenat sera ravie de son cadeau d'anniversai-…

Sa voix s'étrangla dans sa gorge lorsque la glace qui recouvrait les murs lui révéla un sourire moqueur encadré par de longs cheveux verts:

-Mais! C'est impossible!

Il se retourna de tous les côtés, une goutte de sueur glacée roulant sur son front:

-Je t'ai pourtant frappé avec mon Dazzling Voltage! Comment peux-tu être encore debout, Verseau?!

Dégel fit un pas en avant, un air presque ennuyé sur le visage :

-Simplement parce que tu as attaqué un de mes reflets: tu étais tellement concentré sur ton attaque que tu n'as même pas remarqué que j'avais transformé l'eau en glace. Et si je peux te donner un petit conseil,…

Tourmaline et Chalcédoine reculèrent d'un pas:

-Ta petite décharge, même si elle m'avait frappé, n'aurait pas pu me faire de mal puisque la température glaciale qui m'entoure aurait neutralisé ses effets. Désolé de vous l'avouer, mais vous étiez destinés à perdre face à moi.

Et, sans attendre que les Joyaux ne reprennent leurs esprits, Dégel leva le bras:

-Diamond dust ray!

Les garçons furent heurtés de plein fouet par son attaque et leurs corps firent soudain place à deux pierres précieuses qui se craquelèrent en tombant sur le sol. Tourmaline et Chalcédoine étaient « morts » sans pousser un cri.

Et même s'il savait qu'ils n'étaient pas humains, le coeur de Dégel s'était serré lorsqu'il avait croisé le regard à la fois horrifié et terrorisé de Tourmaline.

Le français s'appuya quelques secondes contre le mur, légèrement essoufflé et encore sous le choc: son maître, l'homme qui l'avait aimé, qu'il avait considéré comme un père de remplacement, un modèle,… Crest les avait trahi, lui, Athéna, le Sanctuaire et le monde entier. Et il ne parvenait pas à y croire, surtout pas pour une raison aussi stupide et insensée que celle que son maître lui avait donné.

Se débarrasser des faibles et s'en servir pour nourrir des êtres immortels,… Ca n'avait aucun sens! Surtout pas après avoir vécu autant de temps comme Chevalier d'Athéna!

Dégel se pinça l'arête du nez et se força à inspirer puis à souffler profondément: garder son calme, son sang-froid, rester l'impénétrable et insensible maître des glaces qu'il s'était forcé à devenir.

Lorsque son coeur eut repris un rythme plus calme et apaisé, le Verseau se redressa et hésita une demi seconde avant de se diriger vers la cellule où se trouvait toujours Mme Fraille. Procéder avec ordre et méthode: d'abord, emmener la jeune femme auprès de Fluorite et les faire quitter cet endroit au plus vite. Ensuite, retrouver Séraphina et affronter Crest et Grenat. Enfin, retourner au Sanctuaire et retrouver Kardia.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour geler puis briser les barreaux de la cellule et les chaînes de Mme Fraille. La jeune femme, inconsciente, s'effondra dans ses bras, les lèvres bleuies par le froid et le corps tremblant. Dégel la souleva dans ses bras et l'enveloppa de son cosmos pour tenter de la réchauffer, puis, il retourna sur ses pas, vers la bibliothèque où Fluorite devait l'attendre.

Mais il eut beau chercher pendant au moins cinq minutes et appeler la petite fille, elle ne montra aucun signe de vie. Dégel se raidit: aurait-elle été attaquée par d'autres Joyaux? Par Crest? Ou pire?

Comme il se retournait une nouvelle fois, un détail attira son attention: une légère lueur semblait émaner d'un mur. Ou plutôt de la pièce qui se trouvait au pied de cet étrange escalier qui semblait être un passage secret.

Dégel leva les yeux au ciel: il mettait sa main à couper que la fillette n'avait pas pu résister et avait décidé de s'aventurer seule dans cet endroit. Bon, il lui ferait une petite leçon quand tout ça serait terminé.

Il posa délicatement Mme Fraille sur le sol et ôta sa cape pour l'en envelopper le temps qu'il retrouve la petite fille.

Comme il s'en doutait, la lumière était de plus en plus forte au fur et à mesure qu'il descendait les marches. Franchement, cette petite était suicidaire de se promener avec sa lampe en territoire ennemi. Il n'y avait pas de meilleur moyen de se faire repérer.

Le petit sourire moqueur qui étirait ses lèvres disparut subitement lorsqu'il se figea au bas des escaliers en pierre. Là, alors qu'il s'attendait à un laboratoire ou une autre bibliothèque, il y avait plusieurs énormes rochers orangés, légèrement transparents. Et dedans…

Dégel réfréna une violente nausée dégoûtée et il déglutit difficilement: des gens. Des personnes âgées étaient toutes contenues dans l'ambre. Comme des insectes, comme une sorte de collection. Le Verseau s'avança lentement, pâlit lorsqu'il reconnut la robe d'une femme qui se trouvait au bal, quelques heures plus tôt, et se mit légèrement en garde lorsqu'un hurlement le fit sursauter:

-Quand je pense que tu étais ici depuis tout ce temps! Pourquoi?! Pourquoi?!

Dégel fronça les sourcils:

-Fluorite?

Mais la petite fille blonde, car c'était bien elle, ne l'entendit pas et il s'immobilisa quelques mètres derrière elle: Fluorite sanglotait en frappant un bloc d'ambre de toutes ses forces, laissant des traces de sang sur la pierre orangée, si fort qu'elle ne l'avait pas entendu approcher.

Les épaules secouées de tremblements, la voix rauque et saccadée, la fillette sanglotait sans s'en rendre compte:

-Comment peux-tu me faire une chose pareille?! Tu ne peux pas m'abandonner ici! Je te l'interdis! Papa!

Sa voix se brisa sur ce dernier mot, et Dégel sentit son coeur se serrer lorsqu'il comprit que le vieil homme enfermé dans le bloc d'ambre était le père que Fluorite n'avait eu de cesse de chercher depuis tout ce temps. Lorsqu'il comprit que tous les efforts de la petite fille avaient été inutiles et que l'homme devait être mort depuis tout ce temps.

Il voulut la saisir par les épaules pour la retourner et l'empêcher de regarder, de se faire tant de mal et de peur, de la serrer contre lui pour la consoler. Mais il n'avait jamais compris comment faire taire des larmes, encore plus maladroit avec les sentiments des autres qu'avec les siens.

-Tu vas te casser, saleté?!

Le cri de Fluorite et l'état de ses mains le résolut à intervenir et il se saisit doucement des mains ensanglantées de la fillette qui se retourna vers lui. Ses yeux rougis et ses joues trempées de larmes firent plus de mal au Verseau qu'il ne l'imaginait. Alors, calmement, doucement pour éviter de l'effrayer, il souffla:

-Désolé d'arriver si tard…

Il faillit lui dire qu'elle aurait dû obéir et l'attendre, mais il s'en empêcha juste à temps: la pauvre petite avait déjà été punie, il n'avait pas à en rajouter. Fluorite dégagea ses mains et frotta ses yeux en reniflant, comme si elle voulait cacher ses larmes:

-Je sais que je n'aurais pas dû bouger mais… (Elle hoqueta) Mais j'ai trouvé ce passage secret et je suis partie devant…

Un sanglot secoua ses épaules et elle enfouit son visage dans ses mains:

-Quand je pense qu'il était là depuis tout ce temps… Et que… Et que je le cherchais bêtement… Alors qu'il… Alors qu'il était déjà…

Elle appuya son front contre l'ambre, la voix brisée par la douleur, et Dégel se mordit l'intérieur de la joue, incapable de réagir:

-Et maintenant… Je ne saurais jamais la fin de son histoire…

Le Verseau plissa légèrement les yeux puis, il tendit la main et caressa la pierre là où, à l'intérieur, se trouvait une feuille de papier:

-Je vois… Ton père était écrivain.

Il ne parvenait pas à lire ce que l'homme avait griffonné sur le papier, mais il murmura:

-Moi aussi j'aime beaucoup lire…

Fluorite rit doucement, ce qui ressembla plutôt à un coassement qu'à un rire:

-C'est gentil, mais je pense que vous n'auriez pas aimé… (Elle frotta ses yeux, un sourire nostalgique et douloureux sur les lèvres) C'était l'histoire des aventures d'un chevalier.

Elle rit et se tourna vers lui:

-D'ailleurs, vous me faîtes un peu penser à lui: vous avez le même genre de caractère! Mais… Mais maintenant que papa est… Jamais je ne… Il…

Elle bafouillait, le visage de nouveau envahi par des larmes incontrôlables, incapable de se calmer. Et lorsque Dégel agrippa soudain ses épaules, elle sursauta. Et avant qu'elle ne s'en rende compte, le Verseau la serrait contre lui, presque trop fort,… Le genre d'étreinte dont elle avait absolument besoin dans un moment pareil.

Elle resta hésitante, raide, comme si elle ne pouvait pas se permettre de se blottir ainsi contre un jeune homme d'une telle envergure. Mais quand Dégel souffla, ses yeux furent de nouveau remplis de larmes:

-Tu te souviens des mots de ton père, pas vrai? De son histoire, des émotions qu'il véhiculait dans son histoire?

Dégel sentit la petite fille hocher la tête dans sa gorge et ses larmes couler dans son cou. Il posa la main sur sa tête:

-Alors tu n'as qu'à la terminer.

Fluorite hoqueta:

-Mais ça ne sera jamais pareil…

-Certainement que non, mais l'émotion que tu transporteras sera la même.

La petite fille leva les yeux vers lui:

-Ce n'est pas la fin de de l'histoire qu'écrivait ton père, ni la fin de la sienne. Tu dois vivre pour continuer à le faire vivre dans ta tête et dans ton coeur. Nous devons vivre pour que les gens qui sont partis et que nous aimons continuent de vivre à travers nous.

Il baissa les yeux vers elle et croisa son regard larmoyant et rempli d'espoir, presque apaisé et lumineux:

-Et c'est pour ça que je dois absolument vaincre Mme Grenat pour mettre fin à ces horreurs.

-Seigneur Dégel…

Il lui sourit et caressa tendrement le haut de sa tête:

-Ton père serait très fier de toi, Fluorite. Et il sera toujours à tes côtés: dans ta tête et dans ton coeur.

La petite fille sentit de nouvelles larmes rouler le long de ses joues et elle enfouit son visage dans ses mains comme Dégel la serrait de nouveau contre lui:

-Merci… Merci, Seigneur Dégel…

Quand sa crise de larmes se fut calmée, après au moins dix bonnes minutes, Dégel l'aida à se relever:

-Mme Fraille est juste là: tu vas retourner à la surface avec elle et m'attendre.

-Mais…

-Si je ne reviens pas avec Dame Séraphina dans une heure, fuis avec elle et appelle les secours. D'accord?

-Mais je!

-Fluorite.

Le ton las du Verseau agit comme une gifle sur la petite fille qui ouvrit la bouche, la referma, et finit par souffler:

-D'accord… Mais je compte sur vous pour revenir pour vous faire lire l'histoire de mon père!

Le léger reproche dans sa voix fut tel que Dégel esquissa un sourire:

-Je ferai de mon mieux.

Il réveilla Mme Fraille pour qu'elle soit un minimum consciente, récupéra sa cape et, tandis que Fluorite s'éloignait avec la jeune femme, Dégel se dirigea dans l'autre direction, les sourcils froncés: c'était donc cela, le monde que son maître désirait créer?

Un monde rempli de sacrifices de parents et de larmes d'enfants pour que Mme Grenat puisse vivre éternellement et apporter une soi-disant paix? Non, ça n'avait aucun sens! Se battre pour la paix, oui. Mais pas au prix de tant de sacrifices égoïstes. Il refusait que ça arrive.

Le Verseau serra les poings:

-Je ne peux pas accepter un tel monde, maître.

Après quelques minutes de marches, il finit par arriver devant une énorme porte blanche décorée par de superbes dorures et motifs plus beaux les uns que les autres. Dégel inspira profondément, souffla, et poussa la porte.

La pièce qu'il découvrit était très grande et ressemblait étrangement à la salle du trône du treizième temple, il s'attendait presque à y voir le Pope lui-même. Mais l'ambiance de ce palace était entièrement différente. Aucune chaleur, aucun cosmos rempli de bonté, pas de lumière chaude et rassurante… Au contraire, tout semblait froid, glacé, dangereux. A commencer par la chanson de Mme Grenat. Dégel fronça les sourcils lorsqu'un début de mal de tête commença à poindre et il leva les yeux vers l'estrade. Dominée par une énorme grave de serpent ailé, un vouivre, dont la tête était ornée d'un joyeux gros comme son poing, Mme Grenat s tenait debout, droite dans une ample robe noire, ses épais cheveux sombres tombant en cascade sur ses épaules, une pierre précieuse lovée dans le creux de sa clavicule.

Elle semblait encore plus rayonnante et belle que quelques heures auparavant, presque… Presque plus jeune… Le Verseau serra les poings et leva les yeux vers le jeune homme à sa gauche…

Vers celui qu'il avait jadis appelé maître.

-As-tu trouvé ta réponse, Dégel?

Crest portait un semblant d'armure noire, des pièces qui ressemblaient étrangement à l'armure d'or du Verseau. Mais sa sombre couleur aux reflets mauves ne laissait aucun doute: c'était un surplis. Le français s'humecta les lèvres: son maître était donc tombé si bas? Bon, s'il voulait essayer de le ramener vers le chemin de la droiture, il n'avait pas droit à l'erreur.

-Je n'ai pas changé d'avis. Vous faites erreur: sacrifier tant d'innocents pour une seule personne est une chose que vous n'auriez jamais accepté il y a quelques années.

Crest esquissa un demi sourire moqueur:

-J'ai changé, Dégel. Je ne suis pas le même homme qu'il y a quelques années, justement. Beaucoup de vies sont perdues dans une guerre, et celles que nous prenons ici sont un faible sacrifice pour éviter un massacre de plus grande ampleur. Tu le sais aussi: pour préserver la paix, il faut inévitablement faire des sacrifices. Je ne fais que limiter le nombre de victimes, tu devrais être capable de comprendre mon point de vue, non?

Le Verseau sentit ses poings se mettre à trembler sous le coup de la colère:

-Comment pouvez-vous dire une chose pareille? Vous avez toujours protégé les plus faibles, vous êtes une personne qui cherche à faire régner la justice, alors pourquoi? Qu'est-ce qui a pu vous faire changer d'avis à ce point? (Il désigna Mme Grenat du bras) C'est la voix de cette femme qui vous ensorcelle, maître! Ouvrez les yeux, vous pouvez encore revenir en arrière!

Crest poussa un léger soupir las:

-Si je comprends bien, tu ne vas pas m'attaquer? Tu hésites encore à cause de la personne que j'étais, pas vrai?

-Je ne…

-Ne t'en fais pas, j'ai ce qu'il faut pour te convaincre.

Le jeune homme aux cheveux poivres et sels agrippa un long rideau blanc et le tira vers lui, dévoilant un cercueil rempli de superbes fleurs immaculées. Et dedans, englobée par une épaisse couche de glace… Une jeune femme aux cheveux blancs argentés, une longue robe de la même couleur…

Reconnaissable entre mille.

Dégel sentit son coeur se serrer dans sa poitrine et il poussa un cri:

-Séraphina!

La jeune femme ne réagit pas, gardant les yeux désespérément clos. Un filet de sueur froide roula dans le dos du Verseau qui se tourna vers Crest:

-Que lui avez-vous fait?!

L'ex-Verseau en titre plissa les yeux:

-Si tu veux la sauver à temps, tu ferais mieux de me vaincre. Mais comme tu ne sais pas garder ton sang-froid, tu risques de perdre. Ne me déçois pas, Dégel!

Le jeune homme aux cheveux verts écarquilla des yeux horrifiés lorsque Crest leva sa baguette et la pointa vers lui, l'air déterminé:

-Diamond dust ray!

Il n'avait pas le temps de réfléchir, pas le temps de se demander quoi faire. Il devait simplement arrêter ce coup et attaquer sérieusement. S'il perdait, Séraphina mourrait, et le père de Fluorite ne serait pas la seule victime de ces deux monstres. Il ne pouvait pas se permettre de perdre.

Il ne pouvait pas!

Dégel écarta les bras et embrasa son cosmos, presque au maximum: concentré… Rester concentrer. Diriger son cosmos dans ses mains.

Arrêter le coup.

Le choc le fit reculer de quelques pas, mais les deux rayons de glace devinrent fumée quand ils entrèrent en contact avec son armure. Il poussa un long soupir rassuré, comme pour évacuer toute tension de son corps, élevant son cosmos toujours plus haut.

Crest recula d'un pas, les lèvres entrouvertes, et Mme Grenat cessa de chanter pour quelques secondes:

-Comment est-ce que tu peux…

Il se tut lorsque deux orbes améthystes se levèrent sur lui. Deux yeux d'ordinaire si clairs, deux yeux devenus sombres:

-Je suis plus calme que jamais, prêt à utiliser tout ce que vous m'avez enseigné. Si vous battre est la seule manière de vous ouvrir les yeux, alors je n'hésiterai pas et vous montrerai que mon combat est le bon.

Il joignit les mains et leva les bras, les sourcils froncés, sa longue cape volant derrière lui:

-Je ferai tout pour vous ramener à la lumière, maître.

Non, Dégel n'avait pas en colère lorsqu'il baissa les bras. Il savait que la seule manière de sauver son maître et des milliers de vies innocentes, alors, il n'hésiterait plus. Plus jamais.

-Aurora Execution!

Avec une attaque d'une telle ampleur, d'une telle pureté, attaque infaillible qui avait toujours démuni ses ennemis, Dégel était sûr de triompher. Après tout, il était du bon côté, pas vrai?

Mais quand son attaque sembla rebondir et revenir droit sur lui, le Verseau écarquilla des yeux interloqués et perdus:

-Mais que?!

Sa propre attaque le heurta de plein fouet et le plaqua violemment contre le mur derrière lui. Dégel ouvrit la bouche sur un cri muet, le souffle coupé et du sang coulant dans ses yeux. Il tomba à genoux sur le sol, incapable de respirer, un sifflement aigu s'échappant de ses lèvres ensanglantées, les yeux en feu et le corps brisé:

-C'est impossible! Comment a-t-il pu me retourner une attaque si puissante?!

Enfin, l'air parvint de nouveau à ses poumons et il toussa violemment, par spasmes douloureux: rester calme, garder son sang-froid et réfléchir logiquement, raisonner! Essuyant le sang qui coulait dans ses yeux, Dégel se releva difficilement, une main sur le torse (vu la douleur aiguë qui l'élançait à chaque respiration, il craignait d'avoir une côte fêlée) et murmura, la voix rauque:

-Le freezing shield

De l'autre côté du gigantesque mur de glace, Mme Grenat et le traître se tenaient debout, indemnes. Et la jeune femme s'était remise à chanter, assurée. Crest essuya une goutte de sueur sur son front:

-Pas mal, mais ta petite brise ne pourra jamais vaincre cette technique.

-Vous ne…

-Je ne te l'ai jamais enseignée, en effet. (Il haussa les épaules) Peut-être que j'ai bien fait, au fond. Tu ne méritais pas d'apprendre une telle technique, tu es trop faible. Destiné à mourir ici même!

Dégel se remit difficilement en garde, prêt à bloquer une attaque. Qu'allait faire son maître? Diamond dust? Aurora execution? Une autre technique inconnue? Ou bien…

Il poussa un cri surpris lorsque le bouclier prit soudain vie pour envelopper son armure, commençant par les jambes. Bon, rester calme: son armure d'or baignait dans la lumière du soleil depuis la nuit des temps. Aussi puissant que soit son maître, il ne pourrait jamais congeler son armu-…

Mais lorsque le froid mordit sa peau, Dégel pâlit: mais! Mais c'était impossible! Comment pouvait-il?! Ca n'avait aucun sens!

Comme s'il avait lu dans son regard effaré, Crest plissa les yeux:

-Aurais-tu oublié que je maîtrise le zéro absolu? Même si ton armure est gorgée de la chaleur du soleil, elle n'en reste pas moins un corps « vivant ». Dommage pour toi, mais le zéro absolu est…

-La température à laquelle tout mouvement atomique s'arrête…

Murmura Dégel, horrifié. Ce qui voulait dire que même son armure pouvait être vaincue par une telle attaque. Son coeur battant à toute vitesse dans sa poitrine, le sang pulsant dans ses oreilles, le Verseau leva les yeux vers Crest:

-Non…

Non, il ne pouvait pas perdre! Il n'avait pas le droit de perdre! Il jeta un coup d'oeil vers Séraphina, tenta de se dégager,… Prit instinctivement une grande inspiration lorsque la glace recouvrit son visage…

S'immobilisa malgré lui.

Dégel se força à rester calme, se concentra sur ses membres, leur ordonna de bouger, tenta d'enflammer son cosmos…

Paniqua quand il se rendit compte que rien ne fonctionnait et que l'oxygène allait immanquablement finir par lui manquer. Il se mit à trembler, le coeur battant à toute vitesse, si fort qu'il avait l'impression qu'il allait sortir de sa cage thoracique.

Non… Je ne peux pas mourir ici! Je ne veux pas mourir! Je dois absolument sauver Séraphina! Et… Et je… Je dois revoir…

Un rire éclatant le fit presque sursauter, d'autant plus que ce rire résonnait dans sa tête:

-Si là t'es pas dans la merde mon vieux! On jurerait presque que tu peux pas survivre sans moi!

Le coeur du Verseau se serra et il parvint à articuler difficilement:

-Kardia?…

Il put presque voir le visage basané du Scorpion s'illuminer d'un large sourire lorsqu'il répondit:

-Qui d'autre?

Dégel sentit sa gorge se serrer et s'il avait été plus émotif, il aurait presque laissé couler une larme émue: oh, qu'est-ce que cette voix lui avait manqué. Comme cette lumière, cette chaleur lui avaient fait défaut dans ce monde si froid.

-Comment?…

Il imaginait que Kardia haussait les épaules et secouait la tête:

-Je t'ai simplement entendu paniquer, et vu que ça arrive très rarement, je me suis dit que ça devait être grave. C'est normal de te soutenir, nan?

Est-ce que cette conversation mentale était seulement réelle? N'était-ce pas le fruit de son imagination alors qu'il était aux portes de la mort? Dégel cligna des yeux lorsqu'une zone de chaleur émana soudain de son épaule, comme si quelqu'un y avait posé une main brulante, vivante. La voix de Kardia glissa le long de sa joue et un semblant de souffle effleura son oreille:

-Ne doute pas, mon Dégel. Triomphe et reviens-moi.

-Mais…

-Tu te poses trop de questions. Mais comme je suis brave malgré mon état, je vais te donner un coup de pouce.

-Quoi?

Et Dégel sentit soudain une once de cosmos se glisser le long de sa peau, atteindre ses mains, revigorer le sien, presque éteint.

-Qu'est-ce que tu fabriques?!

-Donne une leçon à ce vieux schnock! (Dégel crut entendre un vague grognement, puis, la voix se fit moins claire, plus lointaine) Et fous-lui une bonne claque de ma part!

-Mais!

-Désolé mec, je peux pas faire plus. Franchement, quand t'as fini, grouille tes puces parce que je vais moyennement bien là!

-Kardia!

Mais la présence si lumineuse du Scorpion disparut soudainement de sa tête. Mais désormais, il savait quoi faire. Comme toujours, Kardia avait éclairé le chemin si sombre devant lui, lui avait montré la voie à suivre. Alors, Dégel ferma les yeux et après avoir poussé un long soupir, il fit baisser la température autour de son corps, toujours plus bas, toujours plus proche du zéro absolu.

Et quand enfin son cosmos atteignit cette température, il bougea difficilement le bras…

Et la glace suivit le mouvement, obéissant à celui qui la maîtrisait désormais.

Un léger sourire étira les lèvres du Verseau puis, il fit voler la glace en éclat, tombant à genoux sur le sol, la respiration sifflante mais les yeux brillants. Crest écarquilla des yeux surpris, comme s'il peinait à y croire:

-Dégel?

Un léger sourire fier étira ses lèvres et sa voix se teinta d'une légère émotion:

-Tu as atteint seul le zéro absolu…

Le Verseau se releva et plongea dans les yeux marrons du jeune homme:

-Je suis votre disciple, peu importe le camp dans lequel vous vous trouvez, je surmonterai toujours vos entraînements,… Maître. (Il joignit de nouveau les mains, plus paisible) Je m'oppose à ce monde de paix que vous prônez parce que trop de personnes sont sacrifiées pour l'immortalité d'une seule. Se battre pour protéger la paix, oui. Mais tuer, faire des sacrifices ignobles pour le bien de deux personnes, même pour une paix future, je ne peux l'accepter. Je lutterai, et je vous vaincrai pour que plus personne n'ait à souffrir de ces morts inutiles, parce que c'est ce en quoi je crois. C'est ce que vous m'avez appris.

Crest entrouvrit les lèvres et sembla sur le point de parler, ému, mais la voix de Mme Grenat s'éleva alors, claire, assurée:

-C'étaient de magnifiques paroles, Dégel.

Le Verseau leva les yeux vers la jeune femme et réussit à ne pas dévoiler sa surprise lorsqu'il réalisa que la jeune femme était désormais vêtue d'un surplis aux larges ailes déployées dans son dos. Elle porta une main à sa poitrine, émue:

-Je reconnais bien là le disciple de mon cher Crest, rempli de belles valeurs prêtes à être défendues corps et âmes. (Elle esquissa un doux sourire, sincère) Je suis réellement désolée et triste qu'une personne aussi belle et pure que toi soit vouée à être vaincue par le temps… Les gens comme toi méritent mieux que ce sort de mortel, voués à briller le temps d'une vie avant de s'éteindre à jamais…

Dégel cligna des yeux: pendant un instant, il avait cru… Comprendre. Comprendre ce que désiraient son maître et la jeune femme. Juste le temps d'une seconde.

-La vie humaine est éclatante justement parce qu'elle est éphémère. (Souffla-t-il) Les humains brillent intensément et font de leur vie une volonté de vivre dans un monde meilleur, uni, équitable. Nous sommes humains parce que nous sommes voués à mourir, Mme Grenat, c'est pour cela que je défends l'humanité. Parce que je crois en une paix apportée par l'homme, et en une vie éphémère mais intense. C'est là la nature de la vie humaine que vous voulez éradiquer.

La jeune femme sembla impressionnée par son discours, elle hésita puis, un sourire étira ses lèvres:

-Tu as raison, Dégel… Tu as peut-être raison. Mais il est trop tard pour faire marche arrière.

Elle échangea un regard entendu avec Crest qui hocha la tête et se tourna vers son élève:

-Oui, Mme Grenat.

Dégel resta muet quelques secondes puis il murmura:

-Pendant un instant, j'ai senti un amour semblable à celui de notre Déesse émaner d'elle… Je peux comprendre pourquoi vous avez changé de camp, mais je pense que son amour de l'humanité n'est dirigé que vers une seule personne…

Crest esquissa un sourire:

-Tu as toujours voulu me cacher ta sensibilité aux émotions des autres, Dégel… (Il leva les yeux) Il me suffit de croire en elle pour changer le monde. Tu peux comprendre ça, pas vrai?

Le Verseau déglutit:

-C'est exactement ce que je ressens avec Athéna. Et je vous montrerai que j'ai raison.

-Bien… Montre-moi le pouvoir de cette vie éphémère, Dégel…

Ils levèrent tous les deux les bras et les abaissèrent en poussant un cri unique:

-Aurora Execution!

Les deux attaques lumineuses se heurtèrent l'une à l'autre avec une telle force que tout fut soudain blanc, la lumière se reflétant sur la glace, miroitant sur les murs couverts de givre,… Tellement fort que la vue de Dégel fut soudain entièrement blanche puis saupoudrée de points verts.

Puis, la blancheur immaculée fut remplacée par un noir d'encre et Dégel se sentit tomber en avant.

$s$s$s$

Chaud, trop chaud, beaucoup trop chaud…

Il aurait donné n'importe quoi pour un simple coup de vent, une brise, un souffle,… N'importe quoi, tout,…

Il y avait la chaleur, insupportable, lourde, suffocante, et il y avait la douleur. Lancinante, violente, impossible à supporter. Mortelle.

La chaleur, la douleur de son coeur qui battait violemment dans sa poitrine puis se resserrait,… Ca plus la fièvre et le délire, tout donnait à Kardia envie de mourir. Le visage et le corps brûlants, le front dégoulinant de sueur glacée, il avait l'impression d'être entouré d'un véritable cocon de chaleur étouffante, d'air irrespirable,…

Lui qui se battait pour vivre, dans des crises aussi violentes, ne demandait plus que le repos, le calme, la douceur,… Enfin…

La gorge sèche, Kardia toussa et tenta difficilement d'ouvrir les yeux, désireux de s'évader de ces visions et de ces cauchemars qui le hantaient. Mais étaient-ce vraiment des rêves? Est-ce que ce verre d'eau qu'il venait de boire était une illusion? Est-ce que ces merveilleux yeux améthystes encadrés par de longs cheveux verts étaient bien réels?

Le Scorpion écarquilla les yeux et tendit le bras, incapable d'articuler ce nom tant aimé. Les mains qui encadrèrent la sienne étaient glacées, tellement rafraichissantes,… Reconnaissables. Kardia sentit ses lèvres se redresser en un sourire soulagé: enfin, enfin son Dégel était revenu.

Il était temps que tu viennes me sauver après ce que je viens de faire pour toi!

Le sourire qui étira les lèvres parfaites du Verseau n'éclaira pourtant pas son visage de porcelaine, et le Scorpion sentit son coeur se serrer une nouvelle fois dans sa poitrine:

-Comment as-tu pu me faire une chose pareille, Kardia du Scorpion?

Moi? Mais j'ai rien fait, je t'ai aidé, mec!

Une main attrapa la sienne de l'autre côté du lit, et Kardia sursauta… Avant de se liquéfier en se retrouvant la cible de deux yeux améthystes remplis de douleur:

-Comment as-tu pu?

Ces longs cheveux noirs, ce visage basané, ces longs cils,… Kardia haleta: elle ne pouvait pas être là. Elle ne pouvait pas être là et Dégel ne pouvait pas être au courant!

Calvera.

A sa droite, il y avait la jeune femme, le visage trempé de larmes, dardant sur lui un regard furieux et douloureux. A sa gauche, il y avait le Verseau, le visage crispé par la douleur de sa trahison et les yeux sombres.

Impossible d'échapper à ses erreurs, impossible de se défiler,… Kardia tournait la tête de gauche à droite, incapable de soutenir leurs regards si semblables:

Dégel, non! Ce n'est pas ce que tu crois!

-Ha non? Alors explique-moi puisque je suis si stupide!

S'écria le français, crachant presque. Le Scorpion déglutit difficilement:

Je ne voulais pas, je le lui ai dit que je ne pouvais pas!

Il se tourna vers la droite:

Dis-lui, Calvera! Dis-lui que tu as insisté!

La jeune femme secoua lentement la tête:

-Tu me fais pitié…

Mais…

-Comment as-tu pu nous faire une chose pareille, aussi vile, aussi puérile?

-Comment as-tu pu?

-Pourquoi nous avoir fait tant de mal?

-Pourquoi?

-Comment?

Leurs voix se mêlaient, s'entrelaçaient, se fichaient dans son coeur douloureux. Et petit à petit, les deux êtres tant aimés se reculaient, échappaient à ses mains,… Kardia essaya de parler, essaya de les retenir,… Finit par se tourner vers la gauche pour crier:

-Dégel!

Il ouvrit les yeux en haletant, le corps trempé de sueur et le coeur battant douloureusement dans sa poitrine. Et lorsqu'il se tourna vers la gauche, ce fut pour trouver Sasha, ses grands yeux verts rempli de peur et d'espoir à la foi:

-Princesse…

C'était un rêve… Tout allait bien, Dégel n'était pas au courant… Un soupir soulagé s'échappa des lèvres du Scorpion juste avant que son coeur ne le fasse de nouveau grimacer et pousser un grognement douloureux:

-Kardia! Kardia, tout va bien! Dégel va bientôt revenir te soigner! Accroche-toi!

-Il est… Il est pas là?…

La petite fille secoua la tête avant de débiter à toute vitesse:

-Il va revenir dans quelques jours. Je t'en prie, tiens le coup!

Kardia se laissa retomber sur son matelas, les yeux à moitié révulsés, la tête sur le point d'exploser:

-Tue-moi.

-Quoi?!

S'écria la petite Déesse en manquant de lâcher le verre d'eau qu'elle portait à ses lèvres brûlantes. Kardia posa un bras sur ses yeux, tentant de repousser des cheveux qui collaient à son front:

-J'ai fait quelque chose d'horrible…

Sasha plissa les yeux:

-Comment ça? Tu es juste malade, ce n'est pas de ta faute.

-Si seulement il n'y avait que ma maladie… (Soupira le malade sur un ton las) Je ne sais pas si j'arriverai à me pardonner un jour… Ni s'il me pardonnera s'il l'apprend… Alors je préfère encore crever une bonne fois pour toute et en être débarrassé.

-Tu ne sais pas ce que tu dis…

-J'ai mal, princesse… J'en ai marre de souffrir…

-Mais tu vas guérir enfin!

-Je parle pas que de ça… (Il souffla) Si tu es vraiment notre Déesse, tu devrais comprendre ma requête…

Soupira le Scorpion, las, sur un ton fatigué que Sasha ne lui connaissait pas. Elle hésita entre fondre en larmes et s'énerver, mais au lieu de ça, elle ôta le bras basané du visage sonné du grec et secoua la tête:

-Alors comme ça tu n'as plus le courage de te battre pour la vie? (Elle poussa un reniflement presque méprisant) Tu n'es pas le Kardia que je connais. Lui continuerait de se battre pour vivre, même si une erreur l'empêche d'avancer.

-Tu ne comprends pas…

-Bien sûr que si! Et le Kardia que je connais ferait tout pour se débarrasser de ses remords plutôt que de les garder pour lui et se morfondre tout seul jusqu'à vouloir en mourir!

Un léger ricanement secoua les épaules du malade, ricanement qui se mua en quinte de toux ensanglantée et rauque:

-T'es vraiment plus grande qu'avant, miss… C'est pas con ce que tu dis…

Sasha esquissa un sourire et tamponna le visage trempé de Kardia:

-C'est grâce à un ami très cher qui m'a ouvert les yeux, il n'y a pas si longtemps que ça.

-Hmpf… Je suis pas sûr que cet ami soit un bon exemple…

Il tourna difficilement la tête vers elle et plongea ses yeux fatigués dans les siens:

-Tu sais quoi?

-Non, dis-moi.

Le Scorpion esquissa un sourire moqueur:

-T'as une mine affreuse.

Sasha esquissa un sourire:

-Tu devrais voir la tienne avant de parler.

-Je te taquine, miss… (Il rit doucement) Merci de prendre soin de moi…

-C'est normal, tu ferais pareil pour moi, pas vrai?

Mais le Scorpion s'était déjà évanoui une nouvelle fois, la poitrine soulevée par une respiration sifflante et saccadée. Et pourtant, malgré cela, la petite déesse avait l'impression que Kardia avait l'air un peu plus paisible…

Du moins, elle l'espérait. Parce que peu importe sa faute, il ne méritait pas tant de souffrances.

Pas vrai?


Et voilà, j'espère que ça vous a plu ;) J'ai pris énormément de temps à poster (désolée! ;0; ) parce que j'ai préféré avancer autant que possible dans le chapitre suivant ^^ Vous l'aurez normalement dans une ou deux semaines (au pire, trois) ;)

Difficile de faire intervenir Kardia alors qu'il est dans un état pareil! D: Mais j'espère que son intervention vous aura plu aussi ^^ (Ca et le combat de Dégel aussi)

N'oubliez pas que l'amour triomphe toujours! Autant pour ce combat que pour ce qui nous arrive! ;)

Je vous aime! 3