Coucou tout le monde! Avant toute chose, je vous souhaite une merveilleuse année 2017! :D Qu'elle soit belle, remplie de bonheur et de tout ce que vous pouvez imaginer ;D J'espère que vous avez passé de bonnes vacances et que la rentrée a été douce ;) (j'ai toujours pas eu mes vacances abattez-moi omg)

Alors, normalement, j'arriverai à poster le prochain chapitre dans les temps (normalement...) mais pour les suivants, je ne me prononce plus comme avant... J'en arrive à la phase "metaaaal" (#WTC) du travail que je dois rendre pour mars en fait (au secours je dois encore le rédiger!) :s Donc, avec un peu de chance, il n'y aura qu'un ou deux chapitres de décalés ou retardés par ça. Je vous tiendrai au courant de toute façon ;)

Guest: Salut! Je suis très contente que le chapitre t'ait plu! :D Ha ça, Kardia sait bien qu'il a exagéré une fois et qu'il doit un peu se contrôler pour éviter que la même engueulade ne se reproduise :) Un vrai salopard comme on les aime pas! Ne t'en fais pas, il va bien se ramasser son karma dans la face ;3 J'espère que ce chapitre te plaira aussi :D Merci beaucoup pour ta review et tes voeux! :D A bientôt! 3

Sur ce, je ne vous retiens plus!

Enjoy!


Sergeï poussa un cri surpris et roula en avant, poussé par cette soudaine explosion de cosmos aussi violente qu'inattendue. Même Kardia et Dégel avaient reculé d'un pas, autant sur le coup de la surprise que poussés en arrière par le souffle de l'explosion.

-Bordel mais c'est quoi ce truc?! (Cria Kardia pour se faire entendre) Des renforts?

-Je ne pense pas! Le Pope ne m'en a rien dit!

Répondit Dégel en levant le bras pour protéger ses yeux de la poussière qui volait dans toute la bâtisse.

-Mais c'est qui alors?!

-Je n'en sais rien, Kardia!

Ils plissèrent les yeux, essayant de distinguer à travers la poussière et la lumière l'identité du propriétaire de ce cosmos. Et quelle ne fut pas leur surprise quand ils aperçurent que, debout, au milieu de cette énorme énergie rougeoyante, se trouvait un garçon au corps ensanglanté et aux cheveux blancs.

Quand était-il rentré? Comment était-ce seulement possible, qu'avec un cosmos pareil, que ni Kardia ni Dégel ne l'avaient senti arriver?

Puis, en analysant un peu plus la morphologie du garçon, Dégel serra le bras de son frère d'armes, légèrement pâle:

-C'est…

Le Scorpion écarquilla les yeux et souffla:

-Impossible…

Impossible, ça l'était, et pourtant, le garçon qui se dressait là, au centre de ce cosmos brûlant, était indéniablement celui qui avait été abattu quelques minutes auparavant. Hormis ses cheveux, devenus entièrement blancs, qui flottaient autour de son visage, se dressaient au dessus de sa tête, et ses yeux devenus soudain rouges, tout était semblable, jusqu'au sang qui avait cessé de couler sur son corps et son visage livide, déformé par la rage et le chagrin.

-Mikhail…

Le soupir de Sergeï résonna comme un cri, quand il dit tout haut ce que les autres ne parvenaient pas à accepter. Et pourtant, malgré toutes leurs réticences, Dégel et Kardia ne pouvaient pas nier: il s'agissait bien de Mikhail. L'air complètement absent et enragé à la fois, le corps tendu mais relâché, englobé de ce cosmos énorme qui continuait de s'écouler, de se faire de plus en plus fort, nourri par sa colère et sa peine.

Kardia souffla, incapable d'accepter ce qu'il voyait:

-Comment peut-il être vivant? Tu as vérifié, non?

Dégel entrouvrit les lèvres, repensa aux balles qu'il avait ramassé, non pas derrière le corps comme elles auraient dû s'y trouver, mais devant. Aux marques sanglantes et pourtant peu profondes sur son corps. Alors, il murmura:

-C'est son cosmos qui l'a protégé… Son cosmos a servi de bouclier et a arrêté les balles avant qu'elles ne lui soient fatales…

Sergeï se redressa, parvint à se lever, l'air à la fois terrorisé et victorieux par le spectacle qui se déroulait devant lui:

-C'est magnifique, Micha!

Quand il remarqua que la broche que portait habituellement le garçon était fissurée, il comprit pourquoi Klaus avait dit que son aura lui avait toujours semblé si faible: son père avait sans doute réussi à la sceller là! Oh mais maintenant qu'elle était enfin libre, il pourrait utiliser Mikhail à son tour, régner en maître,… Il était tellement plus puissant que Filipa! Tellement plus terrible!

-Tue-les, Mikhail! (Beugla-t-il) Tue-les et nous serons enfin heureux!

Kardia et Dégel se mirent vivement en garde, prêts à se défendre: vu l'état dans lequel il était, semi inconscient, Mikhail, qui ne maitrisait manifestement pas son cosmos, risquait de les attaquer. Et il leur fallait être préparé à toute éventualité.

Mais quand le garçon leva lentement le bras et que son cosmos se rassembla vivement autour de sa main, il le pointa non pas vers les deux ors, mais vers Sergeï qui eut le temps de murmurer:

-Mich-…

Le cosmos de Mikhail prit la forme d'une sorte de flèche de lumière et transperça le corps de Sergeï pour terminer sa course dans le mur opposé, le faisant presque exploser sous le coup. Le russe poussa un hurlement déchirant et tomba en arrière en pressant de ses mains le trou béant et sanglant qu'était devenu son ventre. Il roula sur le sol sans cesser de hurler et de sangloter, suppliant le garçon de le laisser, les ors de l'aider, Filipa de le sauver,…

Mikhail leva l'autre bras et son cosmos se rua une nouvelle fois vers Sergeï, atteignit son épaule, et fit valser son bras l'autre bout de la pièce, faisant jaillir une nouvelle fontaine de sang de son corps. Nouveau hurlement, mouvement mouvement de bras,…

Et Dégel (qui venait de soutenir le mur vacillant d'une épaisse couche de glace) emprisonna les mains du garçon des siennes, le forçant à fermer les poings, à essayer de se calmer:

-Arrête, Mikhail!

S'écria-t-il, glissé dans son dos pour essayer de le contrôler, grimaçant quand la peau de Mikhail brûla la paume de ses mains avec un léger bruit de grésillement. Les épaules du garçon furent secouées de soubresauts et une sorte de gémissement rauque s'échappa de ses lèvres:

-Mal…

Mikhail roula la tête en arrière, sans parvenir à ce que son cosmos se tarisse, et Dégel sursauta:

-J'ai mal…

Le visage du garçon était ravagé par la douleur, ses yeux, redevenus gris-verts, étaient trempés de larmes qui inondaient son visage, se mêlant au sang qui avait roulé depuis son front, les lèvres tremblantes,… L'expression du chagrin et de la colère même. Si désespérée que même Dégel sentit son coeur se serrer dans sa poitrine:

-Je le hais… Je veux le…

Sanglotait Mikhail, ses cheveux blancs allant tremper dans le rouge du sang. Alors Dégel posa sa main droite sur les yeux du garçon, comme pour lui cacher le massacre qui résidait dans la bâtisse et l'empêcher de prononcer la fin de sa phrase, trop terrible pour un garçon de son âge:

-Je sais, et je comprends. Mais ce n'est pas à toi de faire ça: laisse-nous t'aider.

Le garçon hoqueta, tenta de respirer pour se calmer, et finit par souffler:

-Aidez-moi…

Puis, son corps se détendit entièrement et il tomba à la renverse dans les bras de Dégel, sans forces, mais vivant. Et quand ses yeux se fermèrent un court instant, son cosmos disparut aussi subitement qu'il avait explosé.

Le Verseau s'assura qu'il respirait bien, puis adressa un signe de tête à Kardia:

-Fais ce que tu as à faire.

Le Scorpion hocha la tête et se tourna vers Sergeï qui, un vrai miracle, se battait encore pour survivre malgré le sang qu'il perdait à flot. D'ailleurs, le russe haleta:

-Filipa… Tue-le! Tue-les…

Kardia jeta un coup d'oeil à la jeune fille agenouillée dans la poussière, prêt à se défendre s'il le fallait. Mais elle se contenta de poser des yeux vides sur Sergeï, sans même essayer de bouger… Sans parvenir à empêcher des larmes de couler le long de ses joues, preuve qu'au fond d'elle, Filipa était toujours consciente de ce qui se passait… Preuve ultime qu'elle avait dû souffrir plus que quiconque dans cette pièce.

Le Scorpion ramassa l'ultime morceau correct de sa cape (qui trainait à ses pieds, justement) et le posa sur les épaules immobiles de la jeune femme:

-Il va payer, t'en fais pas.

Il se dressa devant Sergeï et posa sur lui un regard rempli de mépris:

-Tu ne mérites pas « Antarès », encore moins une mort digne. Alors tu vas encore souffrir avant de mourir, seul.

Cinq piqures heurtèrent le corps tremblant du russe, juste ce qu'il fallait pour qu'il souffre encore au moins deux bonnes minutes avant de mourir, dans d'atroces souffrances méritées. Kardia ne le regarda même pas se tortiller sur le sol en criant, il ne le méritait pas et il n'en tirait aucun plaisir véritable. Il se retourna vers Filipa qui leva des yeux éteints vers lui:

-C'est fini, miss, c'est fini.

Il souleva la jeune femme dans ses bras et rejoignit Dégel qui avait fait de même avec Mikhail, maintenant évanoui. Ils restèrent silencieux deux longues secondes avant que Kardia ne pousse un long soupir:

-Sale mission, pour finir…

Le Verseau hocha lentement la tête:

-Et plus intrigante qu'elle ne le laissait paraître…

Ils restèrent un moment silencieux puis, Kardia posa son front sur celui de Dégel, seul contact qu'ils pouvaient avoir en portant les deux enfants, et ferma les yeux:

-T'es vraiment dans un sale état.

-Il faudra que tu te voies dans un miroir pour voir ce que « sale état » veut dire.

Kardia rit doucement et fronça le nez, toujours couvert de sang à peine en train de sécher:

-C'est clair que ça doit pas être glorieux: on va faire flipper les gens dehors.

$s$s$s$

Ils s'éloignèrent d'avantage de la ville pour au moins nettoyer leur blessures et celles des enfants.

L'état de Mikhail était réellement miraculeux: comme l'avait pensé Dégel, les balles avaient simplement heurté son corps mais son cosmos les avait arrêtées avant qu'elles ne causent des blessures fatales. La seule explication qu'il avait pour son subit changement de couleur de cheveux était celle due au stress et au choc, un cas des plus typiques.

Filipa, elle, était dans un état autrement plus grave… Le venin avait déjà fait son travail et elle ne pouvait presque plus bouger, sans compter sur sa respiration qui se faisait de plus en plus sifflante et difficile. Ca, plus les blessures profondes causées par les pics de glace, laissait clairement sous-entendre qu'elle n'en avait plus pour longtemps…

Dégel passa la main dans ses cheveux et poussa un soupir: il avait fait tout ce qu'il pouvait pour l'aider, mais il n'était pas stupide, elle n'en avait plus pour très longtemps. Il se tourna vers la gauche, là où Kardia essayait d'expliquer la situation à un Mikhail complètement amorti, vide de toute réaction. A peine des larmes roulaient-elles sur ses joues de temps en temps.

Au bout d'un moment, le Scorpion soupira: il n'avait jamais été très doué pour parler avec tact, encore moins à des gosses et encore moins à propos de ce sujet-là:

-Ecoute gamin, on a fait tout ce qu'on a pu pour la sauver mais elle n'en a plus pour longtemps. Tu devrais aller la voir et lui parler, qu'elle parte en présence d'un visage connu.

Le garçon hocha lentement la tête et se leva faiblement, vacillant presque, avant d'aller s'assoir juste à côté de Filipa. Par respect, Dégel se recula près de Kardia et souffla:

-Il va nous haïr pour ça.

-Y'a aucun doute là-dessus.

Répondit philosophiquement le Scorpion sans quitter des yeux les deux enfants. Ils restèrent un instant silencieux avant que Kardia ne pose la vraie question:

-Qu'est-ce qu'on va faire de lui?

-Ca va dépendre de lui.

-On ne peut tout de même pas le laisser ici tout seul, surtout vu le cosmos qu'il a.

-Mais s'il veut se venger parce que nous sommes responsables de la mort de sa soeur adoptive, l'emmener est une très mauvaise idée.

-Qu'est-ce que tu proposes?

-Lui poser la question et le laisser choisir. En fonction de son choix, nous aviserons. S'il estime qu'il peut faire abstraction de sa colère envers nous, nous pouvons envisager l'emmener. Dans le cas contraire, on peut véritablement faire une croix dessus…

Kardia passa une main légèrement penaude dans sa nuque, visiblement ennuyé par ce problème qui persistait. Il était sûr et certain que Mikhail leur en voudrait à mort d'être « responsables » du décès de Filipa mais en même temps… En même temps, il n'imaginait pas un seul instant le laisser derrière eux, pas avec le cosmos qu'il possédait!

-Quelle situation de merde…

-Je ne te le fais pas dire…

Avoua Dégel, jugeant qu'il était inutile de mentir sur son propre avis. Le Scorpion poussa un long soupir et se laissa tomber sur une souche d'arbre, le menton enfoui dans la paume de sa main valide. Les trois griffes de la jeune femme avaient littéralement transpercé son épaule droite: il faudrait sans doute du temps pour les tissus se réparent, mais surtout pour que l'os se reforme! Par chance, la clavicule avait été épargnée et la deuxième griffe avait simplement tranché la peau… Mais l'omoplate semblait touchée assez sévèrement, ce qui avait poussé Dégel à immédiatement utiliser un morceau de sa cape pour servir d'attelle de fortune le temps qu'ils arrivent au Sanctuaire.

Quoique, vu l'efficacité de leur cosmos, il espérait tout de même que l'os se ressouderait un minimum… Ou du moins permettrait à Kardia de moins souffrir que prévu. Hormis cette blessure (qui aurait réellement pu être mortelle), le grec s'en tirait avec des bleus et des égratignures et un nez douloureux mais pas cassé. Il en était presque de même pour lui: hormis les griffes assez profondes sur son biceps (tiens, le droit aussi!), il devait avouer qu'il s'en tirait assez bien (bleus, légères griffes, mains un peu brûlées,… Rien de bien méchant).

Dégel s'appuya sur un arbre: ils avaient eu de la chance de tomber sur un Spectre inexpérimenté… Mais si quelqu'un s'amusait à entraîner des enfants pour en faire des guerriers des Enfers… S'ils parvenaient à être plus efficaces… Le sort même de la Guerre risquait d'en dépendre. Quoi qu'en pense le Pope, il faudrait absolument se rendre au Danemark pour trouver ce « Klaus » et lui faire cesser ses activités… Et le plus tôt serait le mieux.

-D'autant plus qu'il a l'air de leur faire des choses pas trop sympas…

Intervint Kardia, qui suivait le fil de ses pensées:

-Je me demande quel type d'entraînement il leur fait subir pour développer leur cosmos de la sorte…

-Ca et l'état dans lequel ils reviennent à leur famille… S'ils y reviennent un jour…

Insista le Scorpion en désignant la jeune femme allongée d'un mouvement de tête. Dégel plissa les yeux et hocha la tête: peu importe ce que ce Spectre faisait à ces enfants, il fallait à tout prix l'empêcher de continuer de faire à sa guise:

-Dès qu'on rentre, j'en parle au Pope: il doit absolument faire quelque chose pour empêcher Hadès d'avoir de tels guerriers, insensibles à la douleur et à leurs propres limites.

-Et surtout pour éviter que d'autres gosses se retrouvent dans la même situation qu'eux…

Soupira Kardia, soudain étrangement las. Dégel ne répondit pas: le grec savait déjà qu'il pensait la même chose que lui. Ils restèrent un court instant silencieux, avant que le Verseau n'ose poser la question qui le hantait depuis au moins dix bonnes minutes:

-Tu regrettes?

-Quoi ça?

-Ca… (Dégel désigna les deux enfants du menton) D'avoir sérieusement affronté une gamine, de l'avoir condamnée,…

Kardia lui jeta un sourire figé, faussement moqueur:

-Je suis pas aussi sentimental que toi, monsieur*! (Il se tourna de nouveau vers les enfants) J'irais pas jusqu'à dire que je regrette: j'ai… On n'a pas vraiment eu le choix… Mais peut-être que je suis pas aussi fier et satisfait que je l'ai déjà été, j'avoue…

-Je vois…

Ils sentirent le cosmos de la jeune femme frémir, leur imposant le silence d'un coup, respectueux, désireux de laisser Mikhail seul avec elle pour les quelques minutes qui lui restait.

Le garçon était simplement à genoux à quelques centimètres de sa soeur adoptive, les mains tremblantes et la voix cassée:

-Tu sais, Filipa… J'ai été sage… J'ai été courageux… (Il renifla) Comme tu m'avais demandé quand tu es partie…

Il se triturait les mains, comme s'il était incapable de regarder la jeune femme dans les yeux. A moins que ça n'ait été pour lui cacher ses propres larmes?

-J'étais tellement content quand tu es revenue, et même là je suis resté courageux, hein?

Peut-être espérait-il une réponse, autre chose que ce regard vide qui n'était à peine posé sur lui, comme si Filipa regardait quelque chose d'autre. Mikhail hoqueta légèrement:

-Même si… Même si tu es différente, même si tu as changé, je t'aime toujours, tu sais? Tu restes ma grande soeur. (Il esquissa un léger sourire nostalgique) On venait jouer dans un endroit qui ressemblait à cette clairière quand on était plus petits. Tu utilisais ton pouvoir pour me remonter le moral quand j'étais triste, tu te souviens? Tu riais souvent à l'époque, pas vrai? Et Sergeï veillait sur-…

Mikhail baissa les yeux vers la jeune femme, espérant une réaction autre que ces soupirs sifflants qui s'échappaient de ses lèvres bleuies à chaque respiration. Et quand une simple larme roula sur la joue de Filipa, le visage décomposé du garçon se fit soudain rageur et ses poings tremblèrent quand il les serra de toutes ses forces. Sa voix devint un feulement de colère:

-Je te le jure: je vais trouver les types qui t'ont fait ça, et je les tuerai. Tous.

Il ne parvenait pas à éteindre la colère et le ressentiment qu'il avait pour Sergeï, pour ce qu'il leur avait fait, pour tous ces mensonges, pour toutes ces fausses attentions, pour sa trahison,… Alors qu'il lui avait fait confiance, l'avait admiré, l'avait aimé même,… S'il l'avait encore sous la main, il le tuerait encore et encore, jusqu'à ce que sa colère sa tarisse.

Je le hais!

Dans son dos, il sentit presque le sourire agréablement surpris qu'esquissa Kardia mais il choisit de l'ignorer et serra simplement la main de Filipa dans les siennes, de toutes ses forces:

-Tu m'entends? Je vais tous les tuer jusqu'au dernier. Et je te vengerai. Je te vengerai, Filipa.

Le tremblement de ses épaules, dû à la colère ou à ses larmes, cessa d'un coup et Kardia se redressa sur la souche d'arbre, surpris par ce changement soudain. Mais Dégel posa une main sur son épaule pour l'empêcher de bouger ou d'intervenir.

Filipa avait levé son bras libre et avait posé une main extrêmement douce sur la joue du garçon. Consciente de son geste pour la première fois depuis trois ans de longue absence.

Mikhail écarquilla les yeux et la jeune femme sourit tendrement:

-Мicha…

La gorge du garçon se serra et il sentit sa lèvre inférieure trembler quand la main de Filipa caressa doucement sa joue:

-Sois courageux… D'accord?

Mikhail resta une longue seconde immobile avant de saisir vivement la main de la jeune femme pour la presser contre lui, un torrent intarissable de larmes roulant sur ses joues sans qu'il puisse l'arrêter:

-Je te le promets…

Filipa ferma lentement les yeux, sans cesser de sourire, et un dernier soupir s'échappa de ses lèvres avant que sa poitrine ne cesse de se soulever. Définitivement. Mikhail hoqueta, se pencha, appela faiblement le prénom de sa soeur, souleva le haut du corps de la jeune femme contre lui et sanglota lourdement quand il comprit que tout était fini. Qu'elle avait dit son dernier mot:

Merci…

Mikhail ne savait juste pas si ce dernier mot lui était destiné, ou bien à ceux qui avaient enfin permis à Filipa d'être libre…

$s$s$s$

Contrairement à ce que Kardia craignait, Mikhail n'essaya pas de les tuer dans la seconde qui suivit, ni même dans la minute d'après d'ailleurs. Il avait longtemps pleuré en berçant contre lui le corps sans vie de Filipa, puis avait eu un accès de colère et avait hurlé toute sa rage, maudit Sergeï, Klaus et tous ceux qui avaient réduit leurs vies à néant, tous les Spectres et ce Dieu Hadès qui avait volé la vie de sa soeur, avait même juré de tous les tuer,…

Avant de simplement rester muré dans un silence désespéré et obstiné pendant de longues minutes.

Dégel et Kardia se jetèrent un regard: tout le temps que Mikhail avait pleuré et crié, ils étaient restés à l'écart, le laissant faire son deuil seul dans un premier temps. Mais à présent, ils avaient besoin d'une réponse…

Ils débattirent mentalement, avant que, finalement, Dégel ne se lève en poussant un léger soupir: il était clair que si Kardia s'en occupait, avec ses « talents en communication », il risquait plus de pousser le garçon à les attaquer qu'autre chose!

Le Verseau avança doucement vers lui mais s'arrêta à quelques pas, comme pour lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal:

-Que vas-tu faire à présent?

Le garçon aux cheveux (désormais et sans doute définitivement au vu des chocs consécutifs et violents qu'il venait de subir) blancs haussa les épaules, le visage à moitié enfoui dans ses bras et les yeux fixés sur le visage livide, mais enfin paisible, de Filipa:

-Allez buter ce type au Danemark dès que possible.

Dégel haussa un sourcil surpris, face au vocabulaire soudainement violent du garçon mais aussi par sa détermination. Son chagrin semblait être complètement dépassé par sa haine et son envie de vengeance… Et il n'était pas sûr que ça soit une bonne chose pour son avenir. Il pouvait comprendre sa colère et son envie de revanche (après tout, ce Spectre lui avait littéralement volé sa soeur et la vie de celle-ci), mais il ne pouvait pas le laisser sombrer

-J'ai une proposition à te faire, Mikhail.

Le russe leva des yeux à peine intrigués vers lui, des yeux rougis et cernés, comme s'il avait soudain vieilli de plusieurs années en une poignée de secondes:

-Est-ce que tu voudrais venir avec nous?

Le garçon aux cheveux blancs poussa un soupir faussement rieur, comme s'il n'y croyait pas lui-même:

-Où ça? A l'orphelinat le plus proche? Au pensionnat peut-être?

-Au Sanctuaire d'Athéna, en Grèce.

Mikhail écarquilla légèrement les yeux et Dégel eut vaguement l'impression que son regard s'illuminait quelque peu, même si une hésitation palpable l'empêchait de montrer clairement sa surprise:

-Au… quoi?

Dégel s'empêcha de jeter un coup d'oeil à Kardia et s'accroupit:

-Le Sanctuaire, là où tu pourrais apprendre à maîtriser ton cosmos et…

Mikhail se referma immédiatement comme une huitre à ce simple mot et il fronça les sourcils, serrant dans sa main quelque chose que Dégel ne parvenait pas à voir:

-Je ne me servirai plus jamais de « ça ». J'avais déjà promis à mon père de ne jamais l'utiliser et j'ai déjà rompu ma promesse une fois. Je refuse de recommencer.

Dégel fronça les sourcils:

-Ton père? (Il hésita une seconde avant de se décider à demander) Est-ce c'est de lui que tu tiens ton cosmos?

Son père avait-il eu, lui aussi, une mauvaise expérience liée à son propre cosmos? Une expérience si terrible qu'il aurait voulu éviter des malheurs du même type à son fils? Cela pourrait expliquer la puissance refoulée du garçon, et aussi cette manière de sceller son cosmos dans une broche.

Mikhail esquissa une sorte de sourire sans joie, comme si Dégel venait de faire une blague:

-Je le tiens de ma mère: mon père était absolument contre cette aura, ce cosmos comme vous l'appelez. Il demandait souvent à mère de l'aider pour de simples tâches, faisait des recherches sur son pouvoir, et d'après lui, elle en est morte.

Dégel se raidit légèrement et sentit que Kardia se redressait quelque peu sur son « siège »:

-Comment ça?

-Je sais pas bien, j'étais petit alors je me souviens pas. Mais elle pouvait faire un tas de trucs que j'étais content de pouvoir imiter: j'étais fier d'avoir hérité de son pouvoir. Mais quand elle est morte, même si elle m'avait dit de l'utiliser pour le bien des gens, mon père m'a formellement interdit de l'utiliser.

-Parce qu'il avait peur pour toi, il ne pensait sans doute pas à mal.

-Il disait que si j'en faisais usage, je finirais par me faire utiliser. (Un frisson secoua ses épaules et il passa une main tremblante sur ses yeux) Et il avait raison apparemment… (Il se renfrogna) Alors je refuse de venir avec vous: je n'utiliserai plus jamais cette aura, elle ne m'apporte que des ennuis…

Dégel jeta un coup d'oeil à Kardia, comme pour lui demander son avis, et le Scorpion secoua la main pour l'inciter à continuer:

-Vends-lui du rêve, mec: on peut pas le laisser se promener dans la nature et gâcher un tel talent.

Dégel leva les yeux au ciel, même s'il devait avouer que, pour une fois, Kardia avait raison: il était tout simplement impossible de laisser Mikhail derrière eux après ce qu'ils avaient vu. Son talent était trop grand pour qu'ils le laissent se gâcher et ne pas être utilisé. D'autant plus que ses parents étaient morts et qu'il ne lui restait rien ici, ni famille ni amis. A vrai dire, il était même en danger!

Alors, il souffla, sur le ton de la confidence:

-Même si c'est pour le bien de tous?

Comme il le pensait, le garçon lui jeta un regard intrigué avant de grommeler, distant malgré tout:

-Comment ça?

-Si tu viens avec nous au Sanctuaire, non seulement tu apprendras à maîtriser ton cosmos, mais en plus tu l'utiliseras pour protéger notre déesse Athéna et les habitants de la terre entière.

Mikhail écarquilla les yeux, ébahis mais sans réellement oser le montrer:

-Comment?

-En devenant un Chevalier d'Athéna et en jurant de n'utiliser ton cosmos que pour le bien. (Dégel esquissa un léger sourire) C'est sans doute un bon compromis entre la volonté de ton père en considération et celle de ta mère, tu ne trouves pas?

Mikhail hésita mais ne répondit pas, comme s'il ne pouvait pas accepter aussi vite. Comme si la montre qu'il serrait dans ses mains l'en empêchait. Alors, Kardia se leva et posa une main sur l'épaule de Dégel, comme pour appuyer son argument:

-C'est aussi l'occas' de faire partie d'une grande famille de gens qui possèdent le même cosmos.

Le Verseau lui jeta un coup d'oeil las:

-Depuis quand est-ce que tu es aussi sentimental et porté sur la famille?

-Depuis qu'on essaye de convaincre ce petit de faire le bon choix et de venir avec nous pour développer son talent.

-Ca résume bien la situation.

Avoua Dégel en secouant légèrement la tête. Le Scorpion sourit et regarda le garçon droit dans les yeux:

-Je vais pas te mentir ni y aller par quatre chemins, gamin: y'a rien qui te retient ici et ton avenir t'attend en Grèce et te tend la main. A toi de voir ce que tu veux faire, mais sincèrement, tu rates rien en nous suivant. Perfectionner ton cosmos, devenir Chevalier,… Y'a pire comme destin, nan?

Comme il terminait sa phrase, il sentit Dégel se tendre légèrement, signe qu'il avait parfaitement compris le sous-entendu dans cette phrase. Sous-entendu que Kardia s'adressait à lui-même:

-Alors, gamin: soit tu restes ici, seul, dans le passé, avec tes remords pour seule compagnie, en potentiel danger de mort; soit tu viens avec nous et tu ouvres une nouvelle porte vers ton avenir.

Mikhail fusilla Kardia du regard et grogna:

-Je suis pas un gamin.

Ha, c'était donc ça qui l'ennuyait dans cette phrase? Rien que ça? Le Verseau jeta un coup d'oeil légèrement amusé à son frère d'armes: comment allait-il se tirer de ce « faux pas »? Kardia se contenta de hausser les épaules:

-Pour l'instant, je regrette de te l'apprendre, mais t'es un gamin. Et assez doué, alors ça me ferait carrément chier que tu gâches ton talent en restant ici en espérant tuer un Spectre de tes mains sans entraînement. Si tu viens avec nous, (il se pencha en avant et souffla, sur le ton de la confidence) tu deviendras plus puissant que tu ne peux l'imaginer et (il plissa les yeux) tu pourrais te venger sans risque de ce Spectre qui t'a pris ta soeur.

-Kardia.

Gronda Dégel en lui adressant un regard réprobateur. Le grec haussa une nouvelle fois les épaules:

-Quoi?

-Tu n'es pas censé le pousser dans son envie de vengeance: c'est contraire à nos principes.

-J'm'en fous des principes: vu tout ce qu'il a vécu, s'il veut se venger, je l'aiderai. S'il veut tout oublier et vivre en paix, je l'aiderai aussi. Parce qu'il le mérite. (Il désigna le garçon du menton) De toute façon, il faudra qu'il devienne Chevalier pour ça, et il aura le temps d'y réfléchir.

Dégel ravala ses commentaires, sûr qu'il ne parviendrait pas à convaincre Kardia que cette méthode n'était pas la bonne, choisissant de laisser faire si ça permettait à Mikhail de venir avec eux. En sécurité et encadré.

Le russe hésita une longue minute, son regard passant des ors à Filipa, comme si elle allait lui donner un conseil, une réponse. Un frisson secoua ses épaules et il réprima un hoquet: il jouait au dur, mais bon sang, qu'est-ce qu'il avait peur…

Rester ici? Tout seul? En danger? Hors de question, tout bonnement impossible. Mais aller avec ceux qui étaient en partie responsable de la mort de sa soeur? Non. Non, il savait bien qu'ils l'avaient sauvée plus qu'autre chose. Ceux qui avaient tué Filipa n'étaient autre que Klaus et Sergeï.

Eux lui avaient volé la vie qui l'animait tant avant son départ, eux lui avaient volé son avenir et ses sourires, son rire et son amour,… Ces Chevaliers l'avaient aidée à partir paisiblement, sans souffrir davantage.

Un nouveau frisson lui fit presque monter les larmes aux yeux: au fond, ce qui l'effrayait c'était plutôt partir… Partir et tout abandonner derrière lui… Souvenirs, famille,… Est-ce qu'il était assez fort, assez…

Courageux?…

Mikhail esquissa un léger sourire: en fait, Filipa lui avait déjà donné son conseil. Être courageux et oser faire un nouveau pas dans l'inconnu. Vers son avenir.

Il leva les yeux vers les deux Chevaliers, et, comme s'il l'avait entendu penser, Dégel lui tendit la main. Le russe déglutit difficilement et plongea dans le regard améthyste du Verseau, pour y chercher une éventuelle trace de malice ou de tromperie.

Ne trouva que la vérité.
La vérité et la neige. **

Alors, sans réfléchir davantage, il prit la main que Dégel lui tendait et souffla, la voix rendue rauque par l'émotion:

-Je vous suis.

Le Verseau esquissa un sourire rassuré et, dans son dos, Kardia poussa un soupir vainqueur en se redressant:

-Très bon choix, gamin.

Et quand ils se mirent en route vers l'auberge, après avoir offert à Filipa la sépulture qu'elle méritait, Mikhail s'arrêta quelques secondes, laissant les deux ors s'éloigner de plusieurs mètres. Les yeux perdus en arrière, vers la tombe et son passé, il baissa finalement la tête sur la montre qu'il tenait encore entre ses mains. Rien qu'en posant les yeux dessus, il entendit presque les reproches de son père et ses cris, ses interdictions, ressentit presque ses coups:

-Tu ne dois jamais utiliser ton aura! Je te l'interdis! Les gens se serviront de toi et tu finiras comme ta mère!

Mikhail resta une seconde immobile puis tendit lentement le bras au dessus du ruisseau, laissant pendre la montre au bout de sa main, serrant à peine la chaine qui tremblait dans son poing. Puis, il murmura doucement:

-Adieu, папа.***

Et comme la montre heurtait l'eau avec un léger bruit sourd et disparaissait de sa vue, coulant lentement dans les profondeurs du ruisseau, il se détourna, laissant définitivement son passé derrière lui. Prêt à embrasser son futur à bras ouverts. Prêt à devenir un Chevalier et à utiliser son cosmos pour le bien de tous.

Prêt à venger Filipa.

$s$s$s$

Liam se rongeait nerveusement un ongle (une habitude dont il ne parvenait pas à se débarrasser quand il était anxieux) quand Manigoldo poussa la porte de ses appartements en même temps qu'un large bâillement las:

-Oh purée quelle journée…

Souffla-t-il en se laissant tomber sur la chaise la plus proche, faisant presque sursauter l'apprenti aux cheveux rouges. Apprenti qui bondit bien vite sur ses pieds pour venir aux nouvelles:

-Est-ce que vous avez eu des nouvelles de mon maître et du seigneur Dégel?

L'italien se gratta distraitement la joue de l'index et haussa les épaules, sincère:

-Pas une seule: d'après le vieux ils devraient revenir d'ici un bon mois, peut-être même plus.

Liam s'empêcha de pousser un soupir déçu, mais le léger mouvement de ses épaules n'échappa pas à Manigoldo qui lui ébouriffa affectueusement les cheveux, un large sourire rassurant sur les lèvres:

-T'en fais pas, gamin: ils sont costauds ces deux-là, ils reviendront en un seul morceau et avant que tu aies eu le temps de dire « ouf »!

Liam parvint à esquisser un léger sourire malgré l'angoisse qui lui serrait le ventre: il ne parvenait pas à comprendre pourquoi le seigneur Kardia était parti au vu de son état encore faible. Surtout qu'il venait à peine de sortir d'une longue crise et qu'il était encore censé être en convalescence.

Quoique, autant qu'il soit auprès du Verseau au cas où une nouvelle crise se manifesterait…

Le garçon ajusta distraitement quelques mèches de cheveux et demanda une nouvelle fois, espérant une véritable réponse et non pas une nouvelle dérobade censée le distraire de son objectif premier:

-Pourquoi est-ce que je dois rester ici? Je devrais aller m'entraîner avec les autres apprentis, non?

Une nouvelle fois, Manigoldo passa une main embarrassée dans sa nuque, chipotant à quelques cheveux indigos, une moue ennuyée sur son visage basané:

-Disons que je dois veiller sur toi pendant quelques jours, requête d'un pote…

-Mais ça fait déjà presque une semaine que je suis ici. Et puis, de quoi faut-il me protéger?

Insista Liam en se mordillant la lèvre, plus inquiet de ne pas être mis dans le secret que s'il savait de quoi il s'agissait. Le Cancer hésita une longue seconde avant de pousser un vague « Et puis merde! »:

-Je sais pas si t'es au courant, gamin, mais c'est hier qu'on a élu le nouveau Pope, enfin, qu'on a dépouillé les urnes et trié les votes.

Liam hocha la tête, attentif: cette élection était d'une importance capitale! Il s'agissait de choisir le prochain représentant d'Athéna sur Terre, du plus haut responsable de leur ordre et de tout le Sanctuaire! Néanmoins, seuls les Chevaliers déjà nommés et porteurs d'une armure pouvaient voter et donc participer, les apprentis n'ayant pas encore leur mot à dire dans une histoire aussi importante.

-En gros, y'avait deux candidats: Sisyphe et Aspros.

Immédiatement, le garçon se raidit, mal à l'aise:

-Il… Le seigneur Aspros est sur la liste?

Manigoldo poussa un léger grognement que Liam interpréta comme un « oui » avant de continuer:

-En soi, y'a pas de problèmes, tout le monde peut se présenter en tant que candidat, sauf que ça fait déjà plusieurs fois qu'on hésite au sujet d'Aspros.

-On?

-Les Chevaliers d'or, principalement: en gros, on a pas vraiment full confiance en lui, si tu vois ce que je veux dire.

Liam hocha la tête: oh oui, il comprenait parfaitement ce que le Cancer voulait lui dire… Il y avait quelque chose dans l'attitude d'Aspros qui le mettait mal à l'aise, qui l'inquiétait même. Bon sang, s'il avait pu voter, il n'aurait jamais pu noter le nom du Gémeaux!

Un léger frisson secoua ses épaules quand il repensa à la menace (bien que légère) qu'Aspros lui avait faite, quelques semaines plus tôt: s'il devenait Pope, il ne donnait pas cher de sa peau. Ni de celles de tous les « ennemis » potentiels du Gémeaux et de ce qu'il ferait du Sanctuaire une fois nommé et intouchable.

-Qui a été élu?

Demanda-t-il, le coeur serré. L'italien lui adressa un clin d'oeil rassurant:

-T'inquiète, c'est Sisyphe qui a évidemment été élu.

Liam poussa un soupir soulagé et Manigoldo sourit: oui… Tout s'était déroulé pour le mieux… A vrai dire, il était même étonnant qu'Aspros n'ait pas opposé plus de résistance… Quelque chose clochait encore, quelque chose qu'il ne parvenait pas à comprendre mais que son maitre, ce vieux renard, savait et refusait de lui dire.

Et ça le faisait carrément chier.

-Mais pourquoi je dois rester ici si tout va bien?

La question de l'apprenti détourna un instant le Cancer de ses pensées moroses et inquiètes: bah, ça servait plus à rien de lui cacher, nan? Autant lui dire clairement la vraie raison de son « isolement »:

-En gros, je suis pas encore cent pour cent sûr qu'Aspros va rien tenter, ne fut-ce que pour se passer les nerfs, tu vois?

Le garçon hocha la tête et Manigoldo continua:

-Et comme il a pas l'air de porter ton maitre dans son coeur, ni toi apparemment, le vieux et Kardia m'ont demandé de m'assurer que tu ne quittais pas ce temple, pour que je puisse assurer ta sécurité. Tu piges un peu mieux maintenant?

Liam hocha la tête, le coeur légèrement gonflé de joie à l'idée que c'était principalement une volonté de Kardia, que son modèle voulait le protéger et tenait à lui. Il rosit légèrement et esquissa un sourire absent, arrachant un ricanement moqueur des lèvres redressées du Cancer:

-Qu'est-ce qu'y a? C'est quoi ce sourire benêt?

-Rien de spécial… (Eluda le garçon en haussant les épaules)

-Mon oeil ouais, (Insista Manigoldo en se redressant) t'es juste super flatté que moi, le grand et puissant Chevalier d'or du Cancer, je te serve de nounou!

-Si ça vous fait plaisir de penser ça.

L'italien fronça un sourcil puis, avisant la légère lueur rieuse dans les yeux ambrés du garçon, esquissa un sourire amusé: décidément, ce gamin ne cessait de le surprendre dans cette manière à la fois enfantine et mature de se comporter! Il allait rétorquer quand soudain, un énorme cosmos, effleura le sien, faisant se dresser ses cheveux dans sa nuque et lui arrachant un frisson: quelqu'un venait d'entrer dans la Maison du Cancer.

Quelqu'un qui dégageait une énergie meurtrière et terriblement dangereuse. Mortelle même. Incontrôlée et instinctive.

Son premier réflexe fut de tendre la main vers son armure et de pousser Liam à se cacher, mais il s'en empêcha en grinçant des dents. Il se tourna vers le garçon aux cheveux rouge qui, lui aussi, avait senti cet énorme cosmos et avait écarquillé des yeux horrifiés et surpris. Manigoldo serra les dents et gronda un « Merde! » bien senti et d'empoigner l'apprenti par le bras pour l'entraîner dans la chambre, pièce la plus éloignée du temple même:

-Qu'es-ce qui se passe?

Souffla Liam, inconsciemment plusieurs tons plus bas, presque en chuchotant. Manigoldo, après avoir refermé la porte sur eux, jeta un regard vers le temple et murmura:

-Je ne sais pas précisément, mais le Pope a ordonné que même si quelqu'un traversait nos temples, nous devions à tout prix le laisser passer et ne pas l'arrêter.

Le garçon cligna des yeux, surpris:

-Mais, c'est contraire à votre rôle premier!

-Tu crois que je le sais pas? (Feula l'italien, manifestement agacé par cet ordre contradictoire qu'il devait malgré tout respecter) Mais on nous a pas laissé le choix: on doit rester dans nos temples et laisser ce type passer et atteindre le Pope.

Des pas lourds résonnaient dans presque toute la partie vivable du quatrième temple, faisant frissonner Liam d'angoisse malgré lui et serrer sa tunique entre ses mains légèrement tremblantes: la personne qui traversait actuellement le Sanctuaire était incroyablement puissante. Beaucoup trop pour Manigoldo. Beaucoup trop pour quiconque qui oserait se mettre en travers de son passage.

Le Pope ne pourrait jamais résister ni le vaincre.

Parce qu'il ne fallait pas être stupide, avec un cosmos aussi enragé et colérique, cette personne était décidée à tuer. Et s'ils ne parvenaient pas à reconnaître le propriétaire de cette aura, l'identité de celui qui le suivait ne faisait aucun doute:

-Aspros…

Gronda Maniglodo en serrant le poing si fort que ses articulations craquèrent. Ce salopard d'Aspros essayait de tuer le Pope et il ne pouvait même pas réagir! Bordel, bordel, bordel! Pourquoi est-ce que Sage refusait qu'ils interviennent?!

Il se força à respirer plus calmement malgré la légère anxiété et la colère qui envahissaient son coeur, plus pour rassurer l'apprenti légèrement tremblant à ses côtés que pour lui donner un meilleure image de lui-même. Il lui ébouriffa lentement les cheveux et souffla:

-Ca va aller gamin, le vieux est pas tout seul. Et puis, il est plus puissant que sa vieille carcasse en a l'air.

Mais malgré la présence rassurante du Cancer à ses côtés, Liam se mit à espérer que Kardia et Dégel rentreraient aussi vite que possible: le Sanctuaire allait sans doute avoir besoin de tous ses gardiens.

Alors, à mi-voix, sans que Manigoldo ne l'entende, dans l'obscurité de la chambre, il murmura:

-Ouf…

Mais ni Kardia ni Dégel n'apparurent…

Et comme un nouveau frisson secouait ses épaules, le cosmos s'éloigna, se rapprochant toujours plus du treizième temple et du Grand Pope.


* En français dans les texte, mes amis! ** Tant de poésie! *** Papa

Et voilà! :D J'espère que ce chapitre vous a plu (et que vous estimez que Sergeï a pris assez cher comme ça :3)! Ca faisait un temps fou que je préparais cette mission, je suis tellement contente d'avoir enfin pu vous l'offrir :D Alors, pour l'histoire des spectres-enfants, je ne dis encore rien pour l'instant: ça sera développé au moment voulu ;3

On m'avait demandé de développer un peu la révolte d'Aspros et le cheminement de Deuteros donc le prochain chapitre sera une petite parenthèse sur cet épisode ;) J'espère qu'il vous plaira!

Vous pensez que Liam et Mikhail vont bien s'entendre? Se détester et se mettre en position de rivalité? Dites-moi ce que vous pensez :3

A très bientôt! :D Keur sur vous! 3