Coucou tout le monde! :D Avant toute chose, je m'excuse pour mon retard inexcusable (je suis malade et pas vraiment en état d'ouvrir mon ordi en vérité, du coup ça a un peu été la galère pour finir ce chapitre ;-; Au secours, achevez-moi (en plus hier, malgré mon état, je suis allée visiter une chambre d'étudiant pour l'année prochaine, le stress intense XD)) :o J'espère que vous allez bien et que, contrairement à moi, vous êtes en forme! :D

Sur ce, je ne vous retiens pas plus que je ne viens de le faire (encore désolée)!

Enjoy! :D


Mikhail haleta et passa une main tremblante sur son front trempé de sueur malgré la température et la légère couche de neige à ses pieds. Il leva ses yeux clairs vers le haut, observant le dos des deux hommes qui le devançaient d'une bonne dizaine de mètres. Même de là, il parvenait à entrevoir l'aura incroyable qui se dégageait d'eux, leur force, leur noblesse (enfin… Plus chez l'un que chez l'autre),…

Une lueur d'admiration éclaira furtivement son regard fatigué: dire que son destin, encore si sombre un mois auparavant, était de devenir comme eux! Un guerrier puissant et invincible, résistant à la fatigue et aux blessures! Mikhail déglutit et se redressa: ils ne l'attendraient sans doute pas s'il trainait trop, le plus chiant des deux l'avait prévenu que c'était un premier entraînement, un « marche ou crève » allégé.

S'il parvenait à tenir le rythme, il aurait réussi sa première épreuve. Si non, il n'aurait plus qu'à laisser tomber: s'il ne pouvait pas réussir, il ne pouvait pas espérer supporter l'entraînement complet.

Ses poumons hurlaient de souffrance, sa tête tournait à cause du manque d'oxygène dû à l'altitude, ses bras étaient faibles comme jamais, son corps tremblait à la fois de froid et de chaud, et ses jambes le suppliaient de s'arrêter plus longtemps encore, de se reposer, juste un peu.

Mais comme il pensait renoncer, s'arrêter juste quelques secondes de plus, Dégel se retourna légèrement. Presque rien, quasi impossible à remarquer. Juste ce qu'il fallait pour que Mikhail aperçoive un éclat améthyste qui l'observait. Juste ce qu'il fallait pour le motiver.

La respiration sifflante, le russe se força pourtant à faire un pas de plus. Puis encore un. Et chaque pas le rapprochait un peu plus de son objectif, bien plus grand que celui de gravir cette foutue montagne.
Et malgré son épuisement, un sourire déterminé étirait ses lèvres. Il y arriverait. Il avait une vengeance à accomplir.

Des types à tuer.

Et il avait encore pas mal de chemin à parcourir pour rattraper les deux hommes devant lui.

Rassuré de voir que le garçon suivait tant bien que mal, Dégel se retourna de nouveau vers leur ascension: Kardia le précédait d'une dizaine de pas et servait d'éclaireur. Quant à lui, il avait insisté pour rester quelques pas en arrière pour veiller sur Mikhail, mais surtout pour réfléchir en silence. Et il savait pertinemment bien qu'en compagnie de Kardia, le silence devenait une denrée rare! Rarissime même!

Pourtant, il avait besoin de calme pour continuer de réfléchir à ce qui était arrivé au Sanctuaire en leur absence. Il savait qu'Aspros était dangereux, mais il n'aurait jamais imaginé, même dans sa paranoïa la plus prononcée, que le… Enfin, l'ex Gémeaux irait jusqu'à essayer de tuer le Grand Pope pour parvenir à ses fins. En quoi un titre pouvait-il l'avoir poussé à faire une chose aussi terrible? Aussi peu digne d'un Chevalier d'Or d'Athéna?

Dégel fit claquer sa langue contre son palais: il y avait anguille sous roche. Quelque chose clochait définitivement, même s'il n'arrivait pas à trouver quoi.

Il avait déjà parlé à Kardia de cet étrange pressentiment qu'il avait: quelque chose avait changé Aspros du jour au lendemain. Un jour il était le modèle de tous les apprentis, un jeune homme simple, puissant, gentil et au service des plus faibles,… Et le lendemain, il était complètement transformé, aveuglé par une soudaine méchanceté, un orgueil sans pareil et presque une sorte de narcissisme désespéré.

Maintenant qu'il connaissait l'existence de Deuteros, Dégel avait déjà pensé à un éventuel complexe de supériorité provoqué par la présence d'un frère jumeau possédant la même puissance que lui. Peut-être qu'Aspros s'était un jour dit que, comme ils étaient deux et que l'un était destiné à vivre dans l'ombre, qu'il devait briller à tout prix? Ou bien était-ce comme Deuteros lui-même l'avait dit: à force de vouloir protéger son frère, Aspros s'était dit qu'il devait devenir Pope à tout prix pour changer les règles du Sanctuaire?

Dégel secoua la tête: il y avait quelque chose qui clochait… Mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, comme si la chose était hors de sa portée et lui échappait totale-…

-Ha bah c'est pas trop tôt!

Le Verseau leva la tête et porta la main à ses yeux pour les protéger des rayons du soleil (il était devenu méfiant et s'efforçait de ne pas regarder la neige et le soleil qui la faisait briller si intensément): Kardia lui tournait encore le dos, mais il était arrêté et avait placé les poings sur ses hanches. Dégel poussa un soupir: ils étaient enfin arrivés au sommet de cette chaine de montagnes.

-Jolie vue?

-Assez ouais, elle devrait te plaire.

Kardia observait ce paysage nouveau s'étaler sous ses yeux: alors qu'il s'attendait à trouver une terre couverte de neige, il s'apercevait avec surprise que seul le sommet des montagnes en était pourvu. Une épaisse forêt d'arbre aux feuillage vert peuplait les monts jusqu'à la terre ferme, plus plate. Ce qui l'étonnait le plus, c'était l'étrange couleur de l'herbe, loin sous leurs pieds: orangée, comme si elle avait été brulée par le soleil pendant des années. Alors que, quelques jours auparavant, il avait plu des cordes.

Enfin, dernier détail qui le surprenait, une rivière limpide, presque transparente, serpentait entre le pied de la montagne et la forêt d'arbres qu'il ne connaissait pas.

Kardia inspira profondément l'air glacé du sommet de la montagne et expira avec un large sourire:

-Mais c'est que c'est pas mal comme coin du monde!

-En effet, c'est assez beau. (Renchérit Dégel, à peine essoufflé, qui venait de le rejoindre) Il ne nous reste plus qu'à localiser cette étoile démoniaque et à vaincre le Spectre qui se trouve ici.

-Je vois pas de villages. Juste ce petit machin là bas au loin.

Kardia agrémenta sa phrase d'un mouvement du bras pour désigner un léger filet de fumée qui s'élevait de l'autre côté du ruisseau. Il poussa un soupir las:

-Putain j'espère que c'est pas là qu'il faut aller… Sinon ça veut dire qu'on va de nouveau devoir escalader cette montagne de merde.

-Il me semble que l'ascension t'a plutôt plu, non?

-Ouais, mais une fois ça me suffit, donc merde.

Dégel esquissa un léger sourire: l'air de rien, il était rassuré que leurs blessures se soient améliorées pendant leur voyage, sans ça, il aurait vraiment été compliqué de se battre dans un tel état. Il n'y avait que l'épaule de Kardia qui était encore un peu fragile, mais sinon, ils étaient de nouveau prêts, préparés à toute éventualité.

Le Scorpion posa sa main en visière sur son front, recherchant le cosmos négatif d'un Spectre ou deux dans les environs. Mais au lieu de trouver un ennemi, il remarqua un village coincé dans un renfoncement de la montagne et il soupira:

-Bon, au moins on sait où demander l'hospitalité pour cette nuit.

-Nous devons rester discrets: aller chez ces gens serait risquer de les mettre en danger.

-Attends, ça veut dire qu'on va dormir dehors alors qu'il y a un village à maximum trois kilomètres d'ici?!

-Le Spectre qui rode ici doit déjà avoir senti notre présence: passer la nuit dans ce village serait signer leur arrêt de mort. Parce que s'il décide de nous attaquer pendant la nuit où nous serons chez ces gens, il fera énormément de victimes innocentes. Autant éviter, non?

Kardia se renfrogna et poussa un grognement: même s'il détestait l'avouer, Dégel avait raison, encore une fois. Mieux valait éviter de mettre ces gens inutilement en danger, il y avait déjà eu assez de victimes collatérales comme ça…

Pile au moment où il pensait cela, Mikhail se laissa tomber dans la neige, juste derrière eux, le souffle court et un mince nuage de vapeur émanant du col de son manteau tant il avait eu chaud lors de l'ascension, tellement épuisé qu'il ne parvint pas à s'ébahir du paysage qui s'étirait à ses pieds.

Kardia et Dégel se jetèrent un vif coup d'oeil, impressionnés par l'endurance du garçon, pourtant d'apparence si frêle, plus que Liam (c'était dire!). En même temps, Liam était arrivé maigre chez eux mais son entraînement intensif commençait à porter ses fruits. Sans doute que Mikhail vivrait la même chose.

Kardia baissa les yeux vers le garçon aux cheveux blancs qui haletait dans la neige, se demandant quel genre de chevalier il ferait s'il parvenait à tenir le coup… Il se pencha légèrement et demanda sur un ton moqueur:

-Ca va gamin? T'aurais pas perdu un poumon en chemin par hasard?

-Oh bon sang, Kardia…

Le soupir de Dégel ne ternit pas le regard rageur de Mikhail quand il gronda d'une voix quasi inaudible derrière les halètements:

-La… La ferme… Vieux schnock…

Kardia porta la main à son oreille et se pencha d'avantage:

-Quoi? Je t'entends pas bien.

Mikhail fronça dangereusement les sourcils et ouvrit la bouche pour riposter, mais Dégel le gratifia d'une légère tape sur la tête, provoquant un véritable éclat de rire chez Kardia:

-Hahaha bien fait pour toi!

-Tu ne vaux pas mieux.

Soupira le Verseau en faisant vivement claquer son poing contre l'épaule de son frère d'armes. Frère d'armes qui poussa une exclamation étouffée en portant la main à son bras:

-Putain, Dégel, je suis blessé merde!

-Pas assez pour harceler ce garçon en tout cas.

Le léger ricanement de Mikhail poussa Kardia à le fusiller du regard et à gronder un vague « Toi, tu perds rien pour attendre petit salopard ». Dégel leva les yeux au ciel: un mois de voyage, un mois de joutes incessantes. Franchement, vivement que ces deux là soient séparés!

-Bon, le soleil ne va pas tarder à se cacher: trouvons un endroit correct pour monter la tente avant la nuit.

Kardia jeta un regard en contrebas et haussa les épaules:

-Je crois pas qu'on va arriver à descendre toute la montagne avant la nuit: on devrait pouvoir trouver une zone plate dans le coin du village.

-Je t'ai dit qu'il fallait éviter le…

-J'ai pas dit qu'il fallait aller au village, merde, juste que s'ils sont installés là, c'est que la zone est habitable. Du coup dans les alentours on devrait pouvoir s'installer sans trop de problèmes.

Argumenta Kardia en désignant la forêt du menton. Dégel réfléchit quelques secondes: il avait raison. Autant trouver un zone plane à un bon kilomètre du village et s'y reposer sans mettre personne en danger. Ou du moins, il l'espérait.

Le Verseau ajusta sa Pandora Box sur son dos et se mit en route:

-Ne perdons pas de temps alors.

-Ca marche. Faudra descendre juste ce qu'il faut pour qu'il fasse moins froid par contre: je déteste le froid.

Dégel poussa un soupir exaspéré mais jugea inutile de répondre. Kardia fut rapidement à ses côtés, laissant de nouveau une distance raisonnable entre eux et Mikhail (qui estimait toutefois que la descente était plus agréable que la montée):

-Bon, c'est quoi l'histoire?

-Quelle histoire?

-Bah la mission. (Répondit Kardia comme si cela coulait de source) On est censé faire quoi en fait?

-Hé bien, nous débarrasser de ce Spectre, ça semble clair non?

-Quoi, c'est tout? On a zéro consignes en plus? Faut juste buter ce type et basta?

Dégel haussa les épaules, rechignant à admettre qu'il n'en savait pas plus que lui. Kardia sourit cruellement, le genre de sourire qui donnait des frissons glacés au Verseau:

-En soi, ça m'arrange pas si mal que ça: si je peux juste tuer ce type même sans raisons valables et sans justifications, ça me convient.

Dégel le gratifia d'un regard réprobateur:

-Je pensais que tu avais compris la leçon: pas de violence injustifiée.

-Sauf que c'est le cas ici, nan?

-C'est un Spectre, donc c'est justifié.

Kardia leva les yeux au ciel:

-Tant que je peux casser des gueules sans me faire réprimander, ça me va: tout le monde est content comme ça, nan?

-Arrête, tu sais bien que je déteste quand tu te comportes comme ça.

-Sauf que c'est dans ma nature, je peux rien contre ça. (Il claqua soudain des doigts, un large sourire sur les lèvres) Tu connais l'histoire de la grenouille et du scorpion?*

-Il y a un chevalier de la grenouille que tu as harcelé?

Kardia esquissa une grimace mauvaise:

-Hin hin, très drôle.

Dégel haussa les épaules:

-Ca me dit vaguement quelque chose.

-Ha! (S'écria Kardia sur un ton jubilatoire, ravi même) Enfin un truc que tu sais pas mais que moi si!

-Personne ne sait tout: une fois qu'on croit tout savoir, on cesse d'apprendre et…

-Oh putain arrête de parler comme ça, personne comprend jamais rien de toute façon!

Dégel poussa un soupir, jugeant inutile de s'engager sur un terrain aussi accidenté, et changea de sujet:

-Bref, cette histoire de grenouille?

-Grenoui-..? Ha oui juste! En gros, c'est un scorpion qui veut traverser une rivière et qui demande à une grenouille de le transporter sur son dos.

-Comme quoi tous les scorpions ne sont pas des brutes épaisses.

-Excellent ça, Dégel, tu t'améliores! Bref, la grenouille elle a les boules à cause de l'aiguillon, tu vois…

-Ce qui se comprend.

-Du coup, elle fait promettre au scorpion de ne pas la piquer, et il accepte en disant qu'après tout si il la piquait, il en mourait aussi puisqu'il se noierait. Tu vois?

Dégel hocha la tête, l'encourageant à continuer:

-Donc il embarque et ils traversent la rivière. Mais au moment où ils vont presque toucher la berge, la grenouille sent une brulure au niveau de son dos et elle perd ses forces en même temps. (Kardia esquissa un sourire mauvais) Elle pige vite que c'est le scorpion qui l'a piquée, et comme elle commence à couler, elle lui demande pourquoi il a fait ça.

C'était une simple fable, une histoire qu'on raconte aux enfants et aux gens pour insuffler une morale, un enseignement,… Rien de grave et pourtant, Dégel sentit un frisson glacé remonter le long de sa colonne vertébrale:

-Et pourquoi l'avait-il fait?

Il y eut un léger silence, juste le temps que Kardia plisse les yeux, teintés de cette étrange lueur rougeâtre si particulière:

-Comme ils commençaient à se noyer tous les deux, le scorpion lui a répondu: (Il haussa les épaules d'une manière désinvolte) « c'est dans ma nature »…

Dégel lui jeta un coup d'oeil: il n'était pas stupide, il voyait bien quel était le message à peine voilé derrière cette fable. Il fit mine d'être désintéressé, neutre, comme il savait si bien le faire:

-Belle histoire, et la morale, selon toi?

Kardia passa un bras possessif autour de ses épaules et le plaqua contre lui, juste ce qu'il fallait pour rapprocher ses lèvres de son oreille pour murmurer:

-Que la violence, c'est dans ma nature, seigneur Dégel. Et que tu ne pourras plus me changer.

Le Verseau tressaillit et tenta de se dégager:

-Arrête de jouer à ça.

-Pourquoi?

-Parce que ça ne me plait pas.

-Menteur va, je sais que t'adore.

-Arrête, Mikhail est juste derriè-…

Dégel sursauta et le repoussa vivement en portant une main à son cou, les yeux écarquillés et la gorge légèrement douloureuse. Et quand Kardia passa la langue sur ses lèvres, sans cesser de sourire, le français gronda:

-Il va vraiment falloir que tu arrêtes ça, sinon je vais devoir finir par te mettre une muselière.

-Arrêter quoi?

-De mordre!

Et Dégel s'éloigna d'un pas résolu, décidé à laisser une distance raisonnable entre eux, plus pour masquer son trouble qu'autre chose. Kardia resta en arrière, savourant son petit effet jusqu'à laisser échapper un petit rire amusé et ravi:

-Tu ris tout seul maintenant? (Ricana Mikhail en passant à côté de lui) Tu deviendrais pas fou des fois?

-La ferme, saloperie de gosse!

Le russe s'éloigna en trottinant pour échapper à une claque sur le crâne et rejoignit Dégel à toute vitesse, se mettant immédiatement à parler avec lui. Kardia poussa un reniflement agacé:

-Emmerdeur, juste quand je commençais à m'amuser et à pimenter les choses.

$s$s$s$

Une fois la tente dressée et quelques gibiers chassés (principalement quelques lapins), Kardia se laissa tomber à côté de Dégel qui dépeçait lesdits lapins:

-Fiou… Je suis crevé mort! Hé, gamin! (Il adressa un signe de la main à Mikhail) Va nous chercher du bois pour faire un feu!

Le garçon le fusilla du regard, mais, lassé de toujours devoir reprendre son aîné, il ne débattit plus sur l'usage inapproprié du terme « gamin » :

-Pourquoi moi?!

Kardia fronça un sourcil et porta la main en visière au dessus de ses yeux pour regarder aux alentours avant de le regarder de nouveau avec dépit:

-Parce que tu vois un autre gamin ici?

Mikhail plissa les yeux et le désigna de la main:

-Juste en face de moi.

Dégel put presque voir le sang de Kardia ne faire qu'un tour. Il plaqua une main irritée sur le genoux du Scorpion pour l'empêcher de se lever et d'étriper le garçon:

-C'est juste pour être plus efficace, Mikhail, alors s'il te plait, veux-tu bien aller nous chercher du bois?

Le garçon fit mine de rechigner, le regarda du coin de l'oeil puis sourit:

-D'accord.

-Merci, ça nous fera gagner un temps précieux.

Mikhail haussa les épaules et s'en fut en trottinant non sans avoir jeté un regard incendiaire au Scorpion, qui ne manqua évidemment pas de lui adresser un signe menaçant en réponse.

Une fois qu'ils se retrouvèrent seuls, Kardia poussa un long soupir exagéré et se laissa tomber plus qu'il ne s'allongea droit sur les jambes de Dégel:

-Oh purée quel emmerdeur!

-Mes jambes.

-Il est vraiment chiant quand il veut!

-Mes jambes, sous ta tête.

-On aurait dû le laisser en Russie!

-Bouge-toi de mes jambes.

Dégel essayait de se dégager du mieux qu'il pouvait mais il avait l'impression que Kardia pesait de tout son poids sur ses genoux. Le grec leva ses yeux bleus vers lui, lui faisant cesser tout mouvement:

-Ca va pas?

-Tu pèses ton poids tu sais.

Le Scorpion esquissa un sourire carnassier:

-T'es sûr que ça te met pas juste mal à l'aise plutôt?

-Aussi, donc si tu pouvais te bouger, ça serait vraiment chic de ta part.

Léger silence avant que Kardia ne s'installe plus confortablement:

-Nan, je suis bien là.

Dégel leva les yeux au ciel et poussa un soupir:

-Quel grand gamin tu fais…

-J'ai pas eu assez d'attention, c'est tout.

-Est-ce que tu vas sérieusement piquer une crise de jalousie parce que Mikhail est là?

Oh bon sang, il savait que Kardia était un véritable enfant, mais de là à se comporter d'une telle façon, à 18 ans presque passés?

-Au secours, Athéna, sauvez-moi…

-J't'entends hein!

-Tant mieux, ça te fera les pieds.

-Mais c'est qu'il mordrait presque!

Le Verseau darda un regard brulant sur lui, les sourcils résolument froncés:

-En parlant de morsure: évite de refaire ce petit cinéma en présence de Mikhail ou de n'importe qui d'autre.

Kardia rit doucement:

-C'était trop tentant, et puis, je sais pas si tu te rends compte, mais ça fait presque presque un mois que j'ai pas pu te toucher, même pas t'effleurer parce que tu piques une crise dès que je tente une approche.

-Mikhail ne doit pas…

-Putain, mais on s'en fout de ce qu'il risque de penser, merde!

Gronda-t-il, et Dégel détourna le regard:

-Toi peut-être, mais pas moi.

-Bordel, Dégel, fais pas ton coincé, ça devient lourd!

Kardia encadra son visage de ses mains, si chaudes malgré l'air froid du soir que le Verseau frissonna. Mais était-ce juste la différence de température, ou était-ce aussi à cause du regard si clair de son frère d'armes? Il leva les yeux au ciel:

-Ca n'a rien à voir, c'est juste que je préfère éviter ce genre de démonstration d'attention en public.

-Mikhail, un public? C'est un gosse.

-Oui, mais ça reste un spectateur, et je n'apprécie pas plus que ça que toute ma vie sentimentale soit étalée au grand jour.

-Oh pitié, vie sentimentale… T'es le type qui étale le moins ses sentiments dans tout l'univers…

-Et je compte bien continuer comme ça, alors maintenant, lâche-moi que je puisse continuer de…

-Dis.

-Quoi?

Sans qu'il n'ait pu anticiper, Kardia s'était redressé et lui avait fait baisser la tête pour que leurs lèvres se trouvent, leur premier vrai baiser depuis un long mois. Dégel écarquilla les yeux sous le coup de la surprise et se dégagea vivement pour se reculer à toute vitesse, les joues légèrement rougies:

-Mais qu'est-ce que tu fabriques?!

Désormais assis sur le sol, les yeux brillants, Kardia esquissa un large sourire en faisant mine de se rapprocher:

-Je crois que tu le sais parfaitement.

-Evidemment, imbécile, mais qu'est-ce qui te prends de faire ça maintenant alors que Mikhail peut revenir à n'importe quel moment?

L'air effarouché et rageur de Dégel arracha un petit ricanement moqueur au Scorpion qui plissa les yeux:

-Parce que ça fait un mois que je suis en abstinence totale et que c'est le maximum de temps que je peux tenir.

-Sans quoi? Sans devenir imprudent? (Feula Dégel en passant le dos de la main sur ses lèvres) Navré de te l'apprendre mais tu fais déjà des imbécilités quand tu es dans ton état normal.

-Hin hin, super marrant! Tu sais parfaitement ce que je veux dire, fais pas ton chieur!

Comme il se levait et faisait mine de se rapprocher, Dégel recula d'un pas et tendit le bras:

-Arrête ça tout de suite: je refuse que tu tentes quoi que ce soit quand Mikhail est dans les parages, lui et n'importe qui d'autre.

-Putain Dégel, toi, arrête! On dirait que j'essaye de te violer alors arrête d'exagérer!

-Ose me dire que tu n'avais jamais envisagé cette éventualité.

Kardia leva l'index, prêt à se défendre, resta immobile la bouche entrouverte sur un plaidoyer silencieux… Avant de grimacer et de poser les poings sur ses hanches, faussement embarrassé:

-Nan, là j'avoue que t'as un point…

Dégel écarquilla des yeux horrifiés et recula de deux pas prudents:

-Non mais je rêve!

-Nan mais c'était qu'une idée, hein! Je l'aurais pas fait, enfin, pas là maintenant en tout cas!

-Mais tu es complètement malade!

-Non, enfin, si un peu, (se défendait Kardia en secouant les mains et en se rapprochant d'un pas) c'est juste que j'ai des goûts particuliers** mais bon, chacun son truc! Je t'aurais pas fait un truc pareil!

-Et en plus tu ne le nies même pas!

-Bah je vais pas mentir non plus!

Dégel avait clairement senti ses lèvres s'ouvrir sur une grimace à la fois choquée et horrifiée: oh bon sang, il était sérieux. Ce malade mental avait répondu à l'affirmative à une phrase qu'il avait lancé comme une pique. La vache, il savait que Kardia était perturbé mais à ce point-là?! Il n'aurait jamais même osé l'imaginer! Est-ce qu'un mur de glace serait suffisant pour l'empêcher d'approcher?!

Comme il envisageait différents plans de survie, le Scorpion éclata de rire:

-Hahaha si t'avais pu voir ta tête! C'était épique!

Sur ses gardes, Dégel fronça les sourcils et plissa les yeux:

-Qu'est-ce qui me dit que c'était vraiment une blague?

-Allons Dégel, tu penses vraiment que j'irais jusque là?

Il y eut un léger silence, juste ce qu'il fallait pour que Kardia insiste, moins fort:

-Si?

-Disons que ça ne m'étonnerait pas outre mesure.

-Salopard!

S'offusqua le grec avec tellement de fausseté que Dégel tiqua: il était quasi certain que Kardia était sérieux en disant ça… Quasi…

Kardia se rapprocha avec un air boudeur:

-Oh ça va hein, c'était une blague, te fais pas des films pour rien.

-Je ne suis pas sûr que ça soit pour rien, justement…

-Ha, tant que j'y pense: puisque t'as été bien sale avec moi, j'ai droit à une récompense, nan?

Dégel ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire amusé en entendant le ton faussement outré du grec:

-Sale avec toi, moi?

-Mec, t'as carrément sous-entendu que j'étais un violeur.

-Et tu n'as pas nié.

-C'est le but d'une blague, au cas où. (Il secoua la tête) Bref, j'exige compensation.

-A savoir?

Kardia sourit largement:

-Devine.

Dégel hésita un instant avant de froncer le nez et de croiser les bras:

-Et quoi si je refuse?

-Alors je pique une crise.

Simple, clair, efficace,… Du Kardia tout craché. Peu désireux de devoir maitriser un gamin de 18 ans (presque 19, ce garnement y tenait) au comportement puéril, Dégel poussa un long soupir avant de faire un pas en avant, réticent, nerveux:

-Juste un alors.

-Si tu veux.

S'étant assuré que Mikhail n'était pas prêt de revenir tout de suite, le Verseau grommela un vague « gamin » puis franchit le dernier pas qui les séparait encore pour déposer un baiser furtif (quasi inexistant soit dit en passant) sur les lèvres de Kardia.

Et comme il s'y attendait (bon sang, heureusement qu'il avait vérifié que Mikhail n'était pas dans le coin!), Kardia esquissa un sourire mauvais et, plaquant ses bras dans le bas dans son dos d'une manière possessive, le serra contre lui, approfondissant le « baiser » premier.

-Trop facile.

-Je t'entends tu sais.

-C'est pas un problème, c'est même le but.

Dégel fronça un sourcil, puis, comme une foule de pensées qui n'étaient pas les siennes déferlait dans son cerveau, il rougit violemment:

-Espèce de monstre!

-Je préfère « bête de sexe ».

-Ne compte pas sur moi.

-Cruel va.

Kardia eut une sorte de ricanement mental (si si) qui se traduisit vocalement par une sorte de grognement tandis qu'il plaquait d'avantage Dégel contre lui. Le Verseau ne tenta pas de se dégager, préférant donner « compensation » à ce grand gamin pour être plus vite tranquille par la suite. Mais alors qu'il restait d'abord complètement passif, décidé à rapidement passer à autre chose, l'incendie se déclara avant qu'il n'ait pu le remarquer.

La main du grec remonta le long de son dos pour aller effleurer sa nuque, lui arrachant un frisson incontrôlable:

-Hmpf, toujours aussi sensible hein?

-La ferme.

-Ouh mais c'est qu'il mordrait presque!

-Ne mets pas tout le monde dans le même sac que toi.

-Comme tu me connais.

Et, comme pour mettre ses paroles à exécution, Kardia délaissa un instant les lèvres du Verseau pour les plaquer dans sa gorge, avidement, affamé. Dégel étouffa un hoquet: même si une partie de lui aurait préféré faire ce genre de choses dans d'autres circonstances, il avait égoïstement envie de profiter de ces attentions qui étaient devenues rares sur ce dernier mois à cause de la présence de Mikhail.

Oh après tout, tant pis.

-La vache, tu deviendrais presque déluré!

-C'est de ta faute si je deviens comme ça.

Le petit rire de Kardia lui chatouilla la gorge:

-Mais j'espère bien.

Malgré lui, Dégel esquissa une sorte de sourire, et comme il se laissait envahir par l'incendie…

Ils se redressèrent tous les deux, aux aguets, attentifs, tournés dans la même direction:

-Tu sens ça?

-Impossible de le manquer.

Murmura Dégel en plissant les yeux: un cosmos sombre venait de se manifester non loin de là. Et si leurs estimations étaient bonnes, le Spectre qu'ils traquaient venait d'arriver aux villages qu'ils avaient tenté d'épargner.

Avant qu'ils n'aient pu réagir, il y eu une légère détonation, puis, une véritable explosion, si énorme qu'ils parvinrent à voir la lueur de l'incendie de là où ils étaient. Sans une seconde à perdre, sans même prendre le temps de se concerter, ils se ruèrent chacun sur leur Pandora Box:

-Tu t'occupes du gosse et des survivants, moi je vais aller buter ce Spectre, ok?

-Ca marche, pars devant le temps que je récupère Mikhail. Je te suis.

-Ok.

Les armures jaillirent des boites avec deux éclairs dorés et dès que la cape claqua dans son dos, Kardia bondit vers le village attaqué tandis que Dégel partait dans l'autre direction récupérer leur protégé:

-Ne fais rien de stupide surtout!

-Pff, moi? Faire un truc stupide? C'est franchement pas mon genre!

Le grec disparut aussitôt dans les bois, et Dégel pressa le pas: il devait absolument retrouver Mikhail au plus vite pour prêter main forte à son frère d'armes. Il ne pouvait pas se permettre de laisser le garçon seul alors qu'au moins un Spectre se trouvait dans les parages. De plus, ils n'étaient même pas certains qu'il n'y en avait qu'un seul… Impossible de laisser Mikhail sans protection.

Dégel le trouva plus vite qu'il ne le pensait: le russe se précipitait vers le campement, les bras chargés de bois. Apercevant le Verseau vêtu de son armure, il pressa le pas:

-Seigneur Dégel! Il se passe un truc bizarre! J'ai entendu une explosion et j'ai senti un…

-Cosmos négatif, oui: le Spectre que nous poursuivons est passé à l'attaque.

Le garçon, aussi brave soit-il, pâlit et écarquilla les yeux:

-M-…Maintenant?

-Oui, alors dépêche-toi de me suivre: les villageois sont sans doute blessés et ont besoin de nous.

Mikhail déglutit et hocha la tête, déposant vivement le bois sur le sol:

-Je vous suis.

$s$s$s$

Kardia écarta une branche du bras, sauta vivement au dessus d'un tronc abattu, et arriva au sommet d'un léger promontoire qui lui donnait une vue parfaite sur le village en feu… Et duquel émanaient des hurlements horrifiés.

Le grec fronça légèrement les sourcils et souffla, plissant les yeux:

-Alors, où t'es saloperie?

Comme pour lui répondre, une nouvelle explosion attira son attention vers l'autre extrémité du village, et comme il se concentrait davantage, il parvint à la conclusion qu'il n'y avait qu'un seul « vrai » Spectre. Bon, c'était déjà ça de pris sur l'ennemi même s'il y avait bien quelques petits soldats inférieurs qui ne l'inquiétaient pas outre mesure. Kardia esquissa un sourire mauvais alors que les flammes donnaient un reflet orangé dans ses yeux clairs:

-Ca va être chouette.

Après tout, ça faisait presque un mois qu'il n'avait plus fait couler de sang.

Il ricana malgré lui et se remit à courir, droit sur sa cible, sur sa proie.

Dégel avait eu vraiment chaud. Vraiment. Encore un peu et il passait ses nerfs sur lui.


* J'avais vraiment envie de rajouter cette petite histoire, c'est tellement "kardiesque" comme comportement ;) Ca et puis la grenouille, c'est de la même famille qu'un crapaud... Crapaud, Zélos. Zélos, Kardia,... Vwoilà quoi! (je me fais rire toute seule les amis!)

** Depuis le temps que j'essaye de lui faire dire cette réplique mes amis XD (par contre je n'ai jamais vu le film donc bon…)

Et voilà! :D Nouveau passage obligé, cette fois dicté par l'anime et pas par un gaiden ou autre, que vous aurez peut-être déjà reconnu ;) (et si non, ça sera bien plus clair dans le chapitre suivant ;3) D'ailleurs, dans le prochain chapitre, un nouveau personnage connu fera son apparition ^^

J'espère que ce chapitre (court, je l'admets) vous aura plu :3
Gros bisous et au mois prochain sans faute!

Je vous aime! ~