Coucou tout le monde! J'espère que vous allez bien! :D Comment se passe votre mois de mai? :3
Je tenais à tous vous remercier pour vos super messages et reviews, ça me fait vraiment super plaisir! Merci beaucoup! 3 Dans ce chapitre, Kardia va pouvoir se défouler un peu (et c'est sans doute tant mieux pour Dégel, pas vrai?) dans un passage que j'ai adoré écrire (comment moi? Une psychopathe? Naaan!): vous allez voir et sans doute reconnaitre la scène ;)

Guest: Salut! J'ai été encore malade pendant un peu plus d'une semaine mais cette fois, je suis remise! Merci beaucoup! :D Je suis très contente que le chapitre t'ait plu et que notre Kardia… Hé bien, t'ait plu aussi :D Dangereusement doué pour faire flancher Dégel, n'est-ce pas? ;3 Il ne perd peut-être rien pour attendre le pauvre! Encore merci pour ta review et à très vite! :D

Sur ce, je ne vous retiens pas plus longtemps!
Enjoy!


Dégel leva les bras et projeta une vive vague de froid sur la poutre pour la solidifier et l'empêcher de s'effondrer sur la jeune femme, agenouillée sur le sol, serrant un enfant contre son corps. Elle leva les yeux, le visage noirci par la cendre, et l'air surprise d'être encore en vie. Le Verseau se précipita vers elle et l'aida vivement à se relever:

-Vite, il ne faut pas rester là, c'est dangereux!

La jeune femme hocha la tête en toussotant et courut jusqu'à la sortie, tellement effrayée et pressée de vivre qu'elle ne posait même pas de questions sur la nature de son sauveur.

A peine avaient-ils passé le pas de la porte que la toiture se mettait à craquer dangereusement, signe qu'elle ne tarderait pas à s'écrouler. Dégel passa le dos de sa main sur son front pour dégager une mèche de cheveux et confia la jeune femme à Mikhail:

-Vérifie qu'elle va bien et dis-lui d'aller se cacher près des autres.

Le garçon hocha la tête, livide mais incroyablement calme, obéissant et efficace. Et pourtant, il aurait bien eu plusieurs raisons de paniquer…

Quand ils étaient arrivés sur place, ils avaient immédiatement été confrontés à une petite fille en pleurs devant le corps d'un homme qui devait être son père, un vieil homme avec un bras tordu dans un angle inhumain, une jambe sans propriétaire,…

Dégel avait clairement remarqué le mouvement de Mikhail quand ils avaient vu ce vaste champ de ruines, un léger spasme et des yeux écarquillés, mais rien d'autre. Le garçon avait immédiatement mordu sur sa chique et s'était retroussé les manches, prêt à aider, à obéir à n'importe quel ordre du Verseau.

Ils étaient aussi vite tombés sur les corps disloqués de plusieurs soldats des Enfers, du menu fretin pour un Chevalier d'or, mais des ennemis redoutables pour de simples humains. De véritables jouets sans importance pour celui qui les avait vaincu de la sorte.

Mikhail avait déglutit sans oser poser la véritable question dont il connaissait déjà la réponse: qui était responsable de leur mort? Kardia, évidemment.

La grimace de douleur sur leurs visages, les corps en sang, le visage légèrement boursouflés à cause d'une dose trop forte de venin, les yeux exorbités,… C'était définitivement la marque du Scorpion. Oh, il l'avait déjà vu à l'oeuvre, mais il n'aurait jamais imaginé que cette dizaine de soldats seraient aussi faciles à vaincre pour lui…

Malgré lui et malgré l'énervement que provoquait le Scorpion en lui, Mikhail frissonna en imaginant le sourire carnassier sur les lèvres de Kardia alors que le sang giclait sans limites,… Et en même temps… En même temps, il ressentait un plaisir mauvais à voir les corps disloqués de ces soldats sombres. Le souvenir de Filippa et de sa vengeance manqua presque de lui arracher un sourire mauvais: ces salopards avaient tout ce qu'ils méritaient.

Une mort douloureuse, tout ce qu'ils méritaient pour avoir choisi le mauvais camp de leur plein gré.

Le russe sursauta légèrement quand il se rendit compte que Dégel courait déjà vers un petit groupe de trois personnes qui gisaient sur le sol. Il se pressa de vérifier l'état de la jeune femme et de son enfant puis, comme elle n'avait que quelques égratignures, il lui désigna vivement l'endroit où elle devait aller se cacher, se faisant comprendre par des gestes et des mots lentement articulés.

Comme il courait pour rattraper le français, il admirait son calme, sa précision, sa force et la lumière qui se dégageait de lui, lumière qui n'était pas celle de son armure en or. Non, c'était quelque chose d'autre, une puissance calme et glacée, si raffinée par rapport à la force brute et violente du Scorpion,… Et Mikhail admirait sincèrement ce comportement posé.

Il y avait dans le calme et dans le silence du Verseau une force discrète mais certaine, une sorte de paix assurée et puissante qui ébahissait le garçon: comment pouvait-il avoir l'air aussi impassible? Comment ne faisait-il aucune grimace, aucun commentaire inutile?

Incroyable, tout bonnement incroyable. Vivement qu'il puisse devenir aussi puissant et classe que lui!

Mais en attendant, il devait absolument être utile et aider autant qu'il le pouvait.

Quand à Dégel, malgré son air neutre et détaché, il levait de temps en temps la tête vers la droite, là où le cosmos de Kardia continuait d'avancer:

-Bon sang, j'espère que cet abruti ne fait rien d'inutilement dangereux.

$s$s$s$

Kardia esquiva un premier coup avec une facilité déconcertante, asséna un coup de coude à un autre soldat qui s'effondra, le visage en sang, faucha les pieds d'un troisième,… Et poussa un ricanement teinté d'une légère frustration en frappant un dernier de cet horrible rayon sanglant:

-Putain, vous êtes nuls à ce point-là ou vous le faites exprès?

Sur les quelques soldats qu'il restait, plus de la moitié s'étaient mise à trembler lorsque le Scorpion, le visage et l'armure éclaboussés par le sang de leurs pairs, s'était tourné vers eux, cette étrange lumière orangée illuminant ses pupilles étroites.

Ils avaient beau se battre pour des Spectres, des Juges et un Dieu tous plus effrayants et cruels les uns que les autres, ce type les terrifiait. Est-ce qu'il n'était pas censé être du côté de cette gamine pacifiste, Athéna? Est-ce qu'il n'était pas censé respecter un code de l'honneur stupide ou un truc du genre? Comment pouvait-il être aussi cruel et terrible, presque comme s'il avait pu se retrouver dans leurs propres rangs?!

Comme s'il avait lu dans leurs pensées, Kardia esquissa un sourire mauvais et fit un pas vers eux:

-Vos supérieurs vous ont pas appris à répondre quand on vous pose une question?

Les gardes reculèrent d'un pas et quelques uns poussèrent un glapissement effrayé. Le Scorpion ricana franchement, un rire à glacer le sang qui fit tressaillir les soldats des Enfers:

-Allons, faut pas stresser comme ça, on va bien se marrer… (Il porta cet ongle horriblement long à ses lèvres et ses pupilles se rétrécirent encore d'un cran) Enfin, surtout moi.

Incapable de rester immobile plus longtemps face à un danger d'une telle envergure, poussé par un instinct de survie irrépressible, un soldat fit un pas en arrière avant de faire demi tour et de s'enfuir à toutes jambes. Le coeur battant à toute vitesse, de la sueur glacée roulant dans sa nuque, il accéléra quand le premier hurlement résonna.

Peu lui importait l'honneur bafoué: plus aucun de ses compatriotes ne serait là pour témoigner de sa « lâcheté », de son envie de vivre. Il s'en fichait, il s'en foutait complètement de ce que les autres pensaient: il voulait vivre, il devait absolument fuir ce malade mental qui prenait un plaisir fou à faire souffrir avant de tuer.

Dans son dos, il entendait les hurlements de ses confrères, les sanglots, le sang qui giclait,… Il pouvait presque voir leurs visages se tordre de douleurs et virer au violet avant de se boursoufler lentement. Un frisson et une sorte de choc mental le poussèrent à courir encore plus vite, à abandonner la maigre arme qu'on lui avait donné au moment de partir en mission, à laisser tomber tout le poids inutile qui risquait de le ralentir et de lui coûter la vie.

Comme il s'enfonçait vivement dans les bois environnants, la voix de Kardia résonna dans son dos, pas aussi éloignée qu'il le pensait:

-Vas-y, cours! J'adore jouer! Par contre tu m'excuseras mais j'ai mes propres règles!

Le garde poussa un glapissement horrifié, comprit qu'il était sans doute le dernier à encore tenir sur ses jambes (et peut-être même, le dernier en vie) et se mit à courir encore plus vite, plus vite qu'il n'avait jamais couru.

Une dizaine de mètres derrière lui, Kardia n'étouffa pas son ricanement ravi: enfin quelque chose d'intéressant et d'un peu divertissant! Il se mit à la suite du fugitif d'un pas tranquille, assuré et patient comme le chasseur file sa proie. Assez vif et rapide pour ne pas le perdre, mais juste assez lentement pour profiter du jeu, de la chasse et de son adrénaline.

Le soldat en armure mauve écarta une branche, se fit érafler le visage malgré tout, sentit du sang rouler de son front jusqu'à ses yeux, déglutit et accéléra. Ce malade était juste derrière lui, il pouvait presque sentir son souffle dans son dos, si proche que sa peau se couvrit de chair de poule et que ses cheveux se dressèrent dans sa nuque.

Il trébucha et roula sur le sol, incapable de se rattraper. Si au début il sentit son coeur s'emballer en se disant que c'en était fini de lui, il profita bien vite de la vitesse que la pente procurait à sa fuite et se laissa rouler jusqu'au terrain plat, plusieurs mètres plus bas.

En haut de la pente, Kardia s'accroupit en avisant une tache de sang dans l'herbe, y posa l'index et le porta à ses lèvres en plissant les yeux: parfait. L'odeur de la peur flottait dans ces bois, et même le sang sentait la terreur. Sa proie était prête. Prête à être coincée et tuée.

Le soldat se releva aussi vite que ses jambes tremblantes lui permirent et il courut encore une dizaine de mètres avant de s'arrêter: inutile de courir, le type était juste derrière lui et ne comptait sans doute pas le lâcher avant de l'avoir rattrapé et éliminé. Le visage trempé de sueur et les lèvres tremblantes, il avisa un tronc d'arbre assez large pour le cacher et, fébrilement, il se faufila derrière.

Il plaqua les mains sur ses lèvres qui laissaient échapper sa respiration trop bruyante et s'immobilisa autant que possible. Mentalement, il supplia son coeur de ne pas battre aussi fort: il était certain que ce malade serait capable d'entendre les battements paniqués et de le pister uniquement grâce à cela!

Le sang coulait dans son oeil, brulait sa pupille, mais il ne fit pas un geste pour l'essuyer: un premier pas venait de résonner dans la petite clairière. Un pas lent et assuré qui ne faisait rien pour se camoufler. Le soldat se mit à trembler malgré lui: ce type était un prédateur. Un chasseur sûr de lui, tellement sûr de lui qu'il ne faisait aucun effort pour se faire discret. Il savait qu'il finirait par l'attraper et par le tuer, il ne doutait pas de son succès.

C'était un type dangereux, un fou à lier qui n'hésiterais pas une seconde avant de l'abattre quand il aurait assez joué avec lui. Quand il se serait lassé de son jouet, de sa proie. De lui.

Le soldat se raidit quand la voix rendue rauque par l'excitation de la chasse résonna et que les pas cessèrent:

-On a changé de jeu si je comprends bien. Je te préviens, la patience c'est pas trop mon fort.

Il se liquéfia et sentit une perle de sueur glacée se mêler au sang qui coulait dans ses yeux clos. Ne pas bouger, ce type bluffait, il ne pouvait pas savoir qu'il était caché ici. Il ne pouvait pas…

-Où te caches-tu?

Le soldat déglutit difficilement et cessa de respirer: supprimer son existence, faire comme s'il n'existait pas et il serait sauvé. Tout allait bien se passer, tout allait bien se passer…

Il rouvrit les yeux lorsque le bruit des pas s'éloigna dans la direction opposée avant de s'éteindre totalement. Le coeur battant, il jeta un oeil discret vers la clairière et retint un long soupir de soulagement: il était parti. Il était sauvé.

Il poussa un léger soupir et se tourna vers la gauche…

Pour se retrouver nez à nez avec le visage horriblement souriant de Kardia, face à ses pupilles rétrécies à l'extrême, comme un animal qui aurait trouvé sa proie*:

-Trouvé.

Le soldat, devenu livide, eut à peine le temps de pousser un hurlement terrifié que les premières piqures perçaient sa peau, que le sang se mettait à gicler et que son corps commençait à s'embraser.

Il roula sur le sol, le visage trempé de sueur, de sang et de larmes, le corps tremblant de douleur et de peur, et l'homme aux cheveux bleus se dressa au dessus de lui, souriant comme un enfant (certes, perturbé) devant son cadeau de Noël:

-Tu m'as bien distrait, ça faisait longtemps que j'avais plus chassé.

Mais l'homme était déjà mort avant qu'il ne finisse sa phrase.

Kardia redressa la tête et inspira profondément, un air de pur ravissement sur le visage: sang, mort, peur, tout ce qu'il aimait réunit en un seul endroit. Il soupira lentement sans se départir de son air ravi:

-Ca c'est des vacances…

-Tu devrais chercher ce Spectre plutôt que de t'amuser avec des sous-fifres.

La voix de Scorpion résonna dans sa tête, légèrement réprobatrice, voix de la raison qu'il ne possédait plus quand il était de cet état de transe. Kardia haussa les épaules et se remit en route, pressant légèrement le pas:

-Si on peut même plus rigoler quand on est en mission!

Scorpion ne répondit pas, mais le grec savait que l'armure esquissait un sourire mental, comme une mère attendrie par les prouesses de son enfant. Quoique le sourire était légèrement teinté de septicité: après tout, tout le monde n'adorait pas traquer les faibles pour en faire une proie de luxe. Il poussa un petit rire mauvais: l'homme restait le meilleur animal à chasser, de un parce que c'était le plus dangereux; et de deux, parce que ses réactions valaient toujours de l'or.

Si son cosmos ne le trompait pas (et ce n'était évidemment pas le cas), le seul Sceptre du coin se trouvait à plus ou moins vingt mètres de l'endroit où il se trouvait, plus sur la droite. Et d'après la faiblesse de son cosmos, ce type serait facile à vaincre. Kardia poussa un grognement: tout était trop facile. Où était le risque dans cette mission de merde?

-Putain, ça me les casse!

Tout ça parce que le Pope avait les boules de les laisser rentrer tant que tout n'avait pas été réglé dans l'affaire « Aspros est un sale connard ». Quelle mission pourrie franchement! Tout ce chemin pour un bête petit Spectre de rang inférieur!

En plus, ce pâle type était évidemment plus haut que lui, donc il avait fait tout ce détour pour presque rien. Merde, merde et re merde.

Comme il arrivait à proximité du village (et accessoirement de l'endroit où devait se trouver le seul ennemi potable de cette soirée), un cri d'enfant retentit soudain clairement, le faisant s'arrêter net. Des enfants? Alors que Dégel s'occupait de rassembler les gens du village?

-Merde!

Ca devait être des gosses qui avaient fui avant que Dégel ne puisse rassembler les survivants! Ha, là au moins il y avait un minimum de challenge!

Kardia accéléra, courut aussi vite qu'il le pouvait: sauver ces gosses avant que le Spectre ne les tue, puis butter ce connard. Il sut qu'il était tout proche quand une voix d'enfant s'éleva à quelques mètres de lui:

-Je suis venu de loin pour sauver ma soeur!

-Oh non merde, un idéaliste**…

Bon, gamin niais idéaliste ou pas, discours sur l'espoir et l'amitié ou pas, il devait quand même sauver ce gosse. Il aperçut enfin le dos du Spectre qui, bien que massif, ne dégageait qu'un piètre cosmos (genre niveau Chevalier de bronze, ouais, à ce point) quand celui-ci gronda au nez d'un garçon d'une dizaine d'années:

-Dommage pour toi, parce que vous allez mourir ici même!

-Et c'est là qu'on le but-…

-Te fous pas de moi!

Kardia s'arrêta net lorsque l'enfant gronda en se redressant furieusement, les poings serrés: contrairement à ce qu'il pensait, le gamin ne pleurnichait pas, il venait même de se lever d'un bond (faisant rempart devant le corps évanoui d'une fille qui devait être sa soeur) et de beugler à la face même du Spectre (qui faisait pourtant au moins le quadruple de sa taille).

Surpris, agréablement surpris, Kardia attendit un instant, curieux de voir comment le gamin allait tenter de se défendre:

-Un jour je deviendrai un héros! Alors comment est-ce que je pourrais échouer en protégeant ma soeur?!

Et le garçon, comme mû par une colère qui le dépassait, se jeta vers le Spectre, le poing tendu en arrière pour le frapper de toutes ses forces et…

Kardia esquissa une grimace presque amusée:

-Aïe.

Comme il s'y attendait, le Spectre arrêta le « coup » sans aucune difficulté et envoya l'enfant valser en arrière.

-Bah oui hein gamin, tu t'attendais à quoi?

Franchement, ce gosse avait beau avoir des idéaux assez sympathiques, qu'est-ce qu'il croyait faire en se jetant sur un type qui faisait trois fois sa taille? Surtout sans cosmos. Kardia plissa les yeux: à moins que cette toute petite étincelle?…

Il se décida à intervenir quand le colosse écrasa de tout son poids le bras du garçon et gronda:

-Tu pourras toujours rêver en Enfer.

Malgré lui, Kardia ne put s'empêcher d'esquisser un sourire mauvais et ravi:

-Et bim.

Les quinze piqures transpercèrent son surplis en moins d'une seconde. Plus vite que la vitesse de la lumière, plus vite que ce balourd de Spectre aurait pu imaginer, même dans ses rêves les plus fous. Le géant poussa un cri surpris et tomba en arrière:

-Mais qu'est-ce qui…

Il leva les yeux, le visage soudain trempé de sueur, le corps en feu, et se liquéfia quand il croisa le regard extatique de l'homme qui lui faisait face:

-Tu es… Kardia du Sco-…

Et il s'écroula en poussant un gargouillement sourd. Franchement, c'en était tellement facile et pathétique que Kardia éclata d'un rire mauvais et moqueur à la fois: purée, c'était quand même pas possible que ce fameux « Spectre » soit aussi nul que ça quand même? Non mais, c'était quoi pour une mission pourrie?! Même de bêtes Chevaliers de bronze s'en serait sortis les doigts dans le nez!

C'était dire si le Pope manquait d'inspiration pour les tenir éloignés du Sanctuaire!

L'exclamation admirative que poussa le petit garçon le fit se tourner vers lui, l'air toujours moqueur

-He, petit prétentieux! Te prendre pour un héros ne te causera que des problèmes si tu sais pas te défendre! T'auto-proclamer « héros », c'est tout ce qu'il te faut pour te faire vibrer? Bah t'es pas difficile toi alors!

Le garçon aux yeux marines restait bouche bée, complètement admiratif face à leur « sauveur »:

-Une armure… D'or…

-Ok, il est resté en mode bug.

-Ouais, je sais, ça a tendance à impressionner les gens. (Kardia haussa nonchalamment les épaules) En même temps faut avouer que ça en jette un max, donc je comprendrais que tu sois un peu paf.

Le garçon écarquillait ses grands yeux tellement fort que le grec craignit un instant qu'ils ne tombent carrément de ses paupières:

-Vous êtes un Chevalier d'Athéna…

Kardia fronça un sourcil et haussa l'autre (mimique inspirée par Dégel malgré lui): comment un garçon vivant dans un coin aussi reculé pouvait-il connaitre leur existence? A la rigueur, que Mikhail ne les connaisse pas, c'était incompréhensible, mais qu'à l'inverse ce gosse sache… Ca n'avait plus de sens! Y'avait décidément plus de jeunesse!

-Comment tu sais ça toi?

Le sourire admiratif du garçon s'élargit encore (comment était-ce seulement possible?!) et des étoiles illuminèrent ses yeux:

-Vous existez vraiment, c'est génial!

A la fois flatté et interloqué par son enthousiasme, Kardia hésita un instant avant de répondre:

-Heu, ouais j'imagine. Enfin, si ça peut te faire plaisir.

-Oh bon sang les autres vont jamais me croire!

-Ouais, t'es mignon mais je préfèrerais que tout le pays évite de savoir qu'on est là en fait.

Le garçon hocha vivement la tête puis s'inclina jusqu'à poser son front sur le sol:

-Merci mille fois, vous nous avez sauvé la vie à ma soeur et à moi!

-Bah, une vie ou une autre ça change pas grand chose hein!

Kardia renifla distraitement puis, avisant le regard perdu du garçon, il expliqua:

-En gros, la vie est quelque chose qui doit brûler intensément puis disparaitre, tu piges?

Le garçon posa des yeux interloqués sur lui, la bouche entrouverte sur une interrogation muette. Kardia leva les yeux au ciel et soupira:

-Laisse tomber, tu peux pas encore comprendre. Elle a quoi ta frangine? Elle a été blessée? Y'a des Spectres de l'autre côté de la montagne aussi?

-Non, elle s'est évanouie en portant la main à son coeur, elle a eu de la fièvre d'un coup et elle n'arrêtait pas de délirer dans son sommeil.

Le grec, qui sondait rapidement les environs et avait vite conclu qu'il n'y avait plus de danger, s'immobilisa et observa mieux la jeune fille évanouie:

-Ca lui arrive souvent ce genre de truc?

Le garçon hocha les épaules:

-Je ne l'avais jamais vue faire ça. Elle parlait de trucs bizarres, comme d'étoiles démoniaques, de seigneur des Enfers ou je sais pas quoi… Enfin, du délire quoi.

Kardia fronça les sourcils: est-ce que cette gamine avait un cosmos qui lui donnait un don de vision? Avait-elle prévu cette attaque? Il fronça le nez et se pencha en avant pour prendre maladroitement le pouls de la jeune fille: il était étrangement lent malgré les mouvements qui agitaient son visage et ses paupières. Il poussa un grognement:

-Je vois…

Pas de doute, cette enfant avait un semblant de cosmos, très faible, mais assez développé pour lui permettre d'avoir des visions… Mais pas assez puissant pour lui permettre de les vivre en restant consciente. C'était comme si elle était en sorte de transe, le genre de chose qui pouvait arriver chez des gens au cosmos un peu plus développé que chez des humains basiques, mais pas assez pour devenir chevalier.

Ou du moins, pas assez pour survivre à l'entrainement:

-C'est grave vous pensez?

Le garçon interrompit sa réflexion, l'air manifestement inquiet pour son aînée. Kardia haussa les épaules, préférant jouer la carte de l'honnêteté:

-Qu'est-ce que j'en sais moi? Je suis Chevalier, pas médecin!

Et hop, première désillusion pour le garçon qui fronça légèrement les sourcils en réponse à cette remarque. Kardia s'empêcha de pouffer:

-Je crois pas que ça soit grave, mais c'est quand même assez chiant. Je vais l'emmener voir quelqu'un de plus « approprié ».

-Oh merci beaucoup monsieur!

-Ouais ouais, de rien.

-Je m'appelle Yato, et c'est ma grande soeur Mi Jeong.

-Oh bon sang, je m'en bats les corones*** gamin, t'imagines même pas!

-Kardia, ton langage!

-Ha Dégel, t'as entendu de là où t'es?

-Le monde entier pourrait t'entendre penser ce genre d'horreurs!

Kardia pouffa légèrement et s'excusa à peine avant de rompre la connexion. Bon, il n'avait plus qu'à retrouver Dégel et Mikhail (ce qui ne risquait pas de prendre plus de dix minutes) et à leur apporter ces enfants pour qu'ils reçoivent les soins adéquats. Il devait avouer qu'il était surpris que ce gosse, Yato, n'ait pas encore fondu en larme vu l'état de son poignet.

Kardia souleva la jeune fille évanouie (effroyablement légère d'ailleurs) dans ses bras et se dirigea immédiatement vers le cosmos de son frère d'armes. Mais alors qu'il pensait pouvoir se retenir, il s'arrêta et se retourna, jetant un regard méprisant et amusé à la fois sur le garçon qui continuait de le regarder avec un regard d'admiration et de béatitude pure:

-Ah et au fait tel que tu es maintenant, c'est à dire faible, tu seras jamais le héros que tu rêves d'être. Jamais.

Et comme il s'éloignait de nouveau, curieux de voir la réaction du garçon, ce dernier, après être resté immobile un moment, se mit à courir pour le rattraper:

-Hé! Attendez!

La fille dans ses bras était secouée de petits tremblements, presque des spasmes, et elle murmurait parfois de vagues paroles dans une langue autre que le chinois, le front couvert d'une fine couche de sueur et brulant de fièvre. Kardia pressa le pas, sans vraiment attendre Yato qui courait derrière lui: elle était dans un état critique, l'état typique dans lequel se trouvaient les prophétesses, les pythies, et les personnes pourvues du don de vision lorsqu'ils étaient assaillis par une prophétie soudaine et violente.

Et malgré ses connaissances multiples dans divers domaines, il n'avait aucune idée de comment l'aider… Projeter son cosmos vers elle? Nan, c'était trop risqué: on pouvait pas savoir comment elle allait réagir. S'arrêter un instant pour lui prodiguer les premiers soins? Ouais, mais quels premiers soins dans un cas extrême comme celui-ci? Le mieux, c'était de se dépêcher de rejoindre Dégel qui savait certainement quoi faire.

Ils rejoignirent le village en moins de dix minutes (normal vu la vitesse à laquelle ils avaient marché pour éviter que l'état de la gamine s'aggrave), Kardia marchant droit devant lui sans un regard pour les maisons en cendres, les corps allongés sous des draps, l'odeur de brûlé qui envahissait l'air, à l'inverse de Yato qui blêmissait au fur et à mesure qu'ils avançaient.

Le grec tenta de dégager une mèche de cheveux qui lui tombait dans les yeux, agacé par une soudaine bouffée de chaleur et par son souffle saccadé: comment pouvait-il être fatigué? Il avait à peine marché dix minutes!

L'incendie avait été complètement éteint (vive les Chevaliers des glaces) et plusieurs habitants du village commençaient déjà à porter secours aux blessés mineurs, à sauver ce qui pouvait encore l'être,… Mais malgré ce qu'ils venaient de vivre, tous baissaient respectueusement la tête lorsqu'ils voyaient le Scorpion approcher, son armure d'or rayonnant à travers la fumée causée par les incendies.

Une vieille femme se pencha même pour attraper un morceau de sa cape pour la porter à ses lèvres, les joues trempées de larmes de reconnaissances. Un homme ôta son chapeau et le porta à son coeur en se mordant la lèvre, comme pour s'empêcher de verser les mêmes larmes.

Et alors qu'il aurait sans doute dû se glorifier de ces réactions, Kardia se sentait étrangement mal à l'aise face à ces regards remplis d'admiration, d'adoration et de reconnaissance. Maintenant qu'il y pensait, ces regards ne lui avaient jamais été destinés. La peur, le respect effrayé, la terreur, le dégoût, ça oui, il connaissait et recherchait! Mais ça… Ca il n'y avait jamais eu droit.

Oh pas qu'il s'en plaigne, non, il n'en avait pas souffert, c'était juste que… Fin, ça lui faisait bizarre quoi! Et puis ils avaient quoi ces gens aussi à le mettre mal comme ça?! Quoique, maintenant qu'il y prêtait un peu plus attention, la toute première réaction des ces gens était d'avoir un petit mouvement de recul, et pendant un court instant, cette lueur inquiète qu'il connaissait si bien éclairait leurs yeux.

Le Scorpion poussa un soupir de soulagement lorsqu'il aperçut Mikhail courir vers un puit, le visage couvert de suie et les manches retroussées: là où il y avait Mikhail, il devait y avoir Dégel. Et là il aurait enfin droit aux yeux dont il avait l'habitude:

-Hé, gamin!

Le russe sursauta et se retourna, le souffle court et les plissés pour voir qui l'avait appelé. Sa première réaction fut de serrer les poings, comme s'il était sur le point de rétorquer:

-Je suis pas un…

Mais sa voix s'étrangla dans sa gorge et il manqua de lâcher le seau qu'il venait de remplir. Kardia fronça les sourcils et jeta un coup d'oeil à Yato (qui, étrangement, recula d'un pas):

-Bah quoi? J'ai une tache sur le visage ou quoi?

-Heu… Bah c'est à dire que j'avais pas vu tout à l'heure à cause de l'ombre mais… En fait vous avez…

-Bon sang, Kardia!

La voix de Dégel le fit se retourner, un large sourire sur les lèvres: le visage légèrement noirci, lui aussi, il le regardait avec un air complètement effaré, presque effrayé. Kardia se rapprocha vivement:

-J'ai une malade avec moi, faudrait que t'y jettes un coup d'oeil parce que je sais pas comment gérer ce genre de cho-…

-Mais qu'est-ce que tu t'es fait bon dieu! Qu'est-ce que c'est que tout ce sang?!

Dégel se rapprocha précipitamment, les sourcils froncés et l'air horrifié. Kardia haussa un sourcil:

-Du s-…

Il se détourna légèrement et aperçut son reflet dans une fenêtre qui avait miraculeusement survécu à l'incendie: son visage était éclaboussé de sang qui avait aussi éclaboussé le haut de son armure (pour dire, il y en avait même dans ses cheveux). Ses mains étaient rougies par la même couleur écarlate, comme s'il avait été mortellement blessé.

Kardia éclata de rire:

-Ha ça!

Dégel était déjà sur lui et, avant qu'il n'ait pu commencer à s'expliquer, il passait déjà un linge humide sur son visage:

-Mais comment as-tu pu être blessé à ce point?! Qu'est-ce qui s'est passé?! Et tu es brûlant en plus!

Kardia poussa un grognement et se dégagea du mieux qu'il pouvait:

-Bordel mais calme-toi Dégel! J'ai rien!

-Tu te moques de moi?! Tu as vu tout ce sang?!

-C'est pas le mien putain, laisse-moi finir au moins!

Dégel cligna des yeux, sembla hésiter puis se recula en soufflant un « oh » à moitié soulagé et surpris. Puis il fronça les sourcils et se recula d'un pas:

-Comment ça ce n'est pas le tien?

-Nan c'est celui des types que j'ai buté: y'avait qu'un vrai Spectre, les autres c'était juste des bêtes soldats des Enfers, rien de grave quoi!

Dégel pâlit légèrement avant de virer au verdâtre: tout ce sang? Tout ce sang était celui des ennemis? Tant de sang? Un court instant, il sentit une nausée affluer et son coeur se serrer, mais il ferma les yeux et se reprit. Après tout, c'étaient des ennemis, il ne devait pas s'en faire pour… Oui mais… Ces soldats des Enfers n'étaient-ils pas humains après tout? Kardia leur avait-il seulement laissé le choix avant de les abattre aussi sauvagement?

-Je vois…

Il déglutit difficilement et poussa un léger soupir, plus pour se reprendre qu'autre chose. Ne pas montrer à quel point tant de sang versé l'écoeurait. Ne pas montrer à quel point il haïssait cette facette de son frère d'armes… Et comme il baissait les yeux, il remarqua que, contrairement à ce qu'il pensait d'abord, Kardia ne portait pas un sac, mais une jeune fille:

-Où l'as-tu trouvée? Nous avions pourtant ratissé tout le village.

A moins que Mikhail ne l'ai pas écouté et ait négligé son tour de vérification? Aurait-il oublié de signaler cette blessée? Kardia désigna l'extérieur du village d'un mouvement de tête:

-Elle vient du village voisin avec son frère, je les ai trouvés quand ils se faisaient attaquer par le Spectre.

Dégel posa une main sur le front de l'enfant et fronça les sourcils:

-Elle n'est pas blessée… Mais c'est comme si…

-Elle a eu une vision: elle s'est évanouie en parlant d'une attaque menée par des Spectres. Elle est juste en état de choc, elle sait juste pas gérer ses visions et les effets secondaires.

-Attends, ça veut dire que…

-Ouais, elle a un cosmos, mais bien trop faible pour être vraiment exploité. La preuve, elle tient pas le coup face à son pouvoir.

Le Verseau hocha la tête et se saisit délicatement de la jeune fille qui se remit à trembler quand elle quitta l'armure brulante du grec. Dégel fronça le nez et se recula, comme s'il avait été brulé (ce qui était sans doute le cas):

-Va vite nettoyer cette crasse. Et fais quelque chose pour la température de ton armure, on dirait que tu l'as faite chauffer à blanc.

Lumineux la seconde d'avant, Kardia se décomposa soudain à cette parole:

-Que je?… Ha ouais je vais, je vais vite aller faire ça.

Préoccupé par sa nouvelle patiente parmi tant d'autres, Dégel ne sembla pas remarquer son trouble ni le danger dans ses paroles:

-Quand tu auras fini, rejoins-moi ici: on a besoin d'aide pour les blessés.

-Ok je fais au plus vite.

S'il n'avait pas eu autant hâte de s'éclipser, Kardia aurait peut-être charrié son frère d'armes, aurait réclamé une récompense pour ses exploits,… Au lieu de ça il se dirigea droit vers le seau que Mikhail avait laissé tomber pour l'agripper et se diriger tout droit vers le petit coin de forêt qui longeait le village. Au mouvement de recul que fit le russe en le voyant de près, il poussa un grognement:

-T'en fais pas t'en verras d'autres.

-Heu monsieur, et moi je fais quoi?

Kardia ne ralentit même pas quand il répondit à Yato:

-Tu te rends utile et tu aides.

Puis il s'enfonça dans la forêt, le souffle court et le coeur battant. Etrangement vite, de plus en plus vite maintenant qu'il y faisait attention. Il poussa un juron: il aurait dû s'en douter, faire attention aux signes: cette étrange rapidité avec laquelle il s'était mis à transpirer (d'abord légèrement, rien d'alarmant, puis de plus en plus), la manière dont il s'était étrangement essoufflé sur le chemin du retour, son armure brulante qui avait calmé les tremblements de Mi Jeong,…

Ca ne pouvait être que ça.

Kardia trébucha et s'appuya sur un tronc d'arbre, laissant échapper le seau dont le contenu se répandit sur le sol. Il poussa un grognement rageur, le front trempé de sueur et la respiration soudain sifflante, laborieuse:

-Oh putain, pourquoi maintenant?! Je viens d'en faire une!

Il passa une main sur son front pour en décoller une mèche de cheveux trempée de sang et de sueur puis une quinte de toux le plia en deux. Et lorsqu'il écarta la main de ses lèvres pour la trouver remplie de sang, le sien cette fois-ci, il écarquilla des yeux horrifiés: attendez un peu… Ca faisait en fait presque deux mois qu'il avait eu cette crise… Mais alors…

Pile quand il réalisait que c'était tout à fait possible, son coeur s'embrasa et un pincement horrible enfla dans sa poitrine. Kardia grimaça et tomba sur le genoux, sans forces, incapable d'essayer de se retenir. Sa gorge semblait soudain inondée de sang, son corps brulait de fièvre et son coeur semblait sur le point d'exploser, de jaillir hors de sa poitrine, à tout moment.

Il pressa les mains sur sa poitrine et arracha plus qu'il n'enleva le plastron de son armure (ainsi que ses épaulières), comme si cela pouvait soulager la douleur. Mais tout semblait empirer, son coeur, la chaleur étouffante, la douleur, sa vue qui se faisait soudain floue,… Ca, et puis la peur qui enflait en lui, cette stupide peur de mourir qu'il affrontait depuis qu'il était né, qui l'accompagnait comme une vieille amie fidèle…

-Dégel peut pas… Voir ça…

Saloperie de fierté, saloperie de maladie,…
Saloperie de coeur de merde.

Il s'évanouit avant de heurter le sol et avant d'avoir pu dépasser sa fierté pour appeler à l'aide.


*Mes amis, si vous avez vu l'anime, vous savez très bien de quelle tête je parle (Episode 25, 2'42''5 très précisément) Oui, cette tête très révélatrice de son état mental ( ͡° ͜ʖ ͡°) (si si, toi-même tu sais) (et si vous avez lu le gaiden, vous voyez encore mieux de quel genre de tête je parle)

** Référence "subtile" à CDZA ;3

*** Spéciale dédicace à mon petit frère (plus si petit déjà) qui dit tout le temps ça, même s'il ne lira jamais cette fanfic haha XD

Mesdames et messieurs, accueillez notre cher Yato! *Foule d'applaudissements du public en délire* J'avais hâte d'arriver là pour de nouveau travailler un Kardia au combat ;) J'espère que ça vous a plu! Mais qu'est-ce qu'il faut à ce sot pour lui faire comprendre que sa fierté passe après sa santé?! C'est Dégel qui va être ravi!

Merci à tous pour votre fidélité et à très vite! :D