Salut tout le monde! J'espère que vous allez bien! :D Hé oui, cadeau de Noël un peu avant l'heure, je vous offre ce chapitre avec non pas un, mais deux jours d'avance svp! ;D J'espère que ça vous plaira du coup! Mais avant de vous laisser, réponse à Athena:

Salut! Pas de soucis voyons, tant que je sais que l'histoire te plait j'en suis ravie (mais évidemment une petite review fait toujours plaisir haha) :) Espérons qu'il parviendra à faire comprendre à Kardia ce qu'il doit faire pour essayer de recoller les morceaux, et pour ce qui est de Dégel, réponse juste ici ;) Je te remercie pour ta review et tes encouragements! A bientôt!

Sur ce, je ne vous retiens plus et vous laisse avec Dégel et Manigoldo en Italie!

Enjoy!


Manigoldo tenta d'étouffer un bâillement las mais abandonna bien vite et termina en un grognement tandis qu'il étirait ses bras vers le ciel:

-On a vraiment de la chance avec la météo, hein?

-C'est vrai.

Répondit Dégel à demi, sans vraiment se tourner vers son compagnon de voyage (après tout ils échangeaient ces banalités chaque jour), ruminant silencieusement les détails de la mission. Ainsi qu'une certaine rancoeur mêlée de regrets qu'il ne parvenait pas à laisser derrière lui.

A vrai dire, il pensait à ces trahisons depuis leur départ. Et il était incapable de pardonner à Kardia, mais également incapable de se pardonner à lui-même. Il savait, pour avoir les souvenirs du Scorpion, que ce dernier avait mené plus de résistances aux avances de cette Calvera que lui pour faire de même avec Séraphina. Il savait qu'il avait eu plus d'opportunités de refuser et qu'il avait cédé…

Il secoua légèrement la tête, les poings serrés: mais qu'est-ce qu'il racontait?! Kardia n'avait aucune excuse! Il n'avait pas à faire une chose pareille! A vrai dire, il n'aurait jamais imaginé que son égoïsme et sa possessivité seraient aussi… Développés? Lui qui avait toujours eu l'impression d'être détaché de ce genre de choses se rendait compte que plus le temps passait, moins il se reconnaissait.

Moins il parvenait à tenir ce rôle qu'il s'efforçait de jouer.

Lors de sa mission en France, lors de la mort de son maître, il s'était rendu compte que la maitrise de son sang froid était bien plus relative qu'il le pensait. Il avait eu l'impression que son sang s'était mis à bouillir lorsqu'il avait compris que Séraphina était en danger. Jamais il n'avait ressenti une telle colère. A moins que… Si, réflexion faite, il avait déjà était énervé à ce point: quand Kardia avait fini par lui « révéler » qu'il était malade.

Maintenant qu'il y pensait, Kardia n'avait eu de cesse de lui mentir, et ce depuis le tout début. Dégel hésita un instant: et si il arrêtait de se morfondre? Et si il décidait de mettre fin à tout ça, à tous ces mensonges auxquels il avait droit depuis presque cinq ans? Serait-il vraiment en tord?

Il retint un soupir: la simple idée de devoir ignorer et snober Kardia jusqu'à la fin de leur jours l'épuisait déjà. Ca plus le fait que, contrairement à ce qu'il pensait aussi, il y était bien plus attaché qu'il ne voulait le faire croire. Bref, il en était arrivé au constat suivant: vivre sans Kardia? Impossible. Sauf qu'il se voyait mal pardonner aussi vite une trahison aussi grave. Même s'il l'avait commise de son côté.

Dégel passa la main sur son visage: Kardia ne lui pardonnerait jamais. Au vu de son comportement tellement impulsif et rancunier, il savait que le Grec ne saurait jamais le lui pardonner. Tout comme son propre orgueil l'empêchait de pardonner. D'envisager cette éventualité.

Il allait sombrer encore un peu plus dans ses pensées quand Manigoldo poussa une exclamation lasse:

-Bon, j'en ai marre!

Dégel lui jeta un coup d'oeil à peine interloqué, et l'Italien s'arrêta devant lui, les bras croisés et les sourcils froncés. Le pied battant le sol avec agacement, Manigoldo leva une main et le désigna du doigt:

-Je sais pas ce que t'as, mais ce silence lourd comme ça, j'en ai ras-le-bol. Et je te jure que j'ai fait des efforts pour pas craquer, mais là c'est trop pour moi! Qu'est-ce qu'il y a?

S'énerva-t-il en plaçant sa main au dessus de sa tête, comme pour mesurer son niveau de lassitude. Dégel fronça les sourcils:

-Que je sache, tu n'as pas vraiment fait d'efforts pour lancer la conversation non plus.

-Nan mais c'est carrément l'hôpital qui se fout de la charité là! J'ai essayé d'engager la conversation, j'ai essayé de te faire parler ou répondre autre chose que « oui », « non », « hm hm », mais bizarrement j'ai pas eu droit à autre chose!

Le Verseau retint un soupir agacé:

-Ecoute, je vais être franc avec toi: la conversation ce n'est pas mon pêché mignon ni mon fort et…

-Oh mais ça je sais, Kardia me l'a dit avant de partir!

Dégel se tut et se renfrogna immédiatement, mi blessé mi vexé. Il aurait dû s'en douter… Il aurait dû se douter que Kardia ne se gênerait pas pour dresser un tableau horriblement négatif de lui au vu de ce qui s'était passé. Il fallait vraiment qu'il arrête de se dire que c'était quelqu'un de bien, qu'il arrête d'essayer de lui chercher des excuses. Il fallait qu'il réalise pleinement que jamais il ne pourrait plus lui faire confiance.

Inconscient de son trouble (ou, au contraire, parfaitement conscient), Manigoldo continuait:

-Mais il m'avait pas dit que t'étais muet! Il m'avait bien dit je devais te foutre la paix et essayer de ne pas trop parler, et les Dieux savent que j'adore parler, sauf qu'on dirait que t'es soit au bord du suicide soit sur le point de tuer quelqu'un! Alors je réitère ma question: qu'est-ce qu'il y a pour que tu sois aussi lourd et que j'aie peur de l'ouvrir?

-Rien voyons, tu te fais des idées.

-Parce que t'es toujours comme ça?

-On dirait bien.

-Désolé de te décevoir mais je connais Kardia depuis plus longtemps que toi, et je sais qu'il te courrait pas après si t'étais aussi lourd au quotidien!

Dégel le repoussa et se remit à avancer, agacé par l'insistance du Cancer:

-Crois ce que tu veux, je m'en fiche.

-Ecoute Dégel, en soi j'ai pas envie de savoir ce qui te tracasse comme ça, mais ça me fait vraiment chier ce genre d'ambiance juste avant une mission. Tu veux vraiment qu'on la foute en l'air parce qu'on sait pas communiquer et parce que t'es pas concentré? Allez quoi, parle!

Insista Manigoldo en le rattrapant immédiatement, un index accusateur pointé sur lui. Dégel resta muré dans un silence obstiné: oh bon sang, il préférait encore quand le Cancer n'ouvrait la bouche que pour lui parler de la météo! Il ne pouvait pas simplement le laisser tranquille?

Manigoldo croisa les bras derrière sa nuque et insinua avec un sourire mutin:

-T'en fais pas, je passe pas mal de mon temps avec Alba' : j'ai appris la patience.

-Ha bon?

-Et j'ai aussi appris à déchiffrer les expressions des gens pour essayer de comprendre ce qu'il se passe sans avoir à les entendre s'exprimer. Tu comprends, Albafica a encore du mal à parler clairement de ce qu'il ressent alors je dois faire une grosse part du boulot pour le mettre face au fait accompli sans le frustrer.

-Tant mieux pour toi.

-Je peux donc dire que tu t'es engueulé avec Kardia avant le départ.

Il haussa les épaules avec un air légèrement moqueur quand Dégel lui adressa un regard à la fois noir et intrigué:

-Navré de te le dire mais je pense que presque tout le monde est au courant. Si on compte Albafica, le vieux, Athéna, Dohko qui vous a entendu vous gueuler dessus, Shion a qui il l'a dit,… Ouais, ça fait pas mal de monde au fond!

Dégel s'empêcha de passer une main désespérée sur son visage en entendant ça. La honte. La honte totale. Le Sanctuaire tout entier (ou presque) était au courant de leur scène, bien qu'ils n'en connaissent pas le motif. Ils s'étaient donnés en spectacle, tout simplement. Lui qui avait toujours eu envie d'être aussi discret que possible, voilà que le pire scénario envisageable lui était dévoilé.

Mais il se força à garder un regard neutre, teinté d'une once d'ironie:

-Merveilleuse capacité d'analyse, en effet.

-Je sais aussi que Kardia est plus en rogne que je l'ai jamais vu.

Dégel leva les yeux au ciel: n'importe quel idiot aurait pu remarquer que le Scorpion était en colère, même Asmita sans utiliser son cosmos aurait pu le voir! Franchement, il fallait vraiment que l'Italien arrête ce cinéma et qu'il-…

-Ca plus des remord et de la tristesse, bizarrement.

Malgré sa colère et son énervement croissant, Dégel sentit son coeur se serrer légèrement dans sa poitrine et il jeta un coup d'oeil surpris au Cancer qui hocha la tête:

-Si si, je te jure. D'ailleurs ça m'a étonné aussi, c'est vraiment pas son genre.

Le Verseau haussa les épaules, bien décidé à ne rien laisser paraitre:

-J'en doute fort.

-Ouais bah désolé de te le dire, mais si. Ce qui me fait déduire que vous êtes en train de passer par une sale phase et que du coup tu parles pas et tu râles parce que t'es troublé par votre engueulade. Troublé, fâché, désorienté, perdu peut-être.

Dégel se sentit pâlir légèrement quand les mots se fichèrent en lui comme des pics de glace. Comment pouvait-il des mots aussi précis sur ce qu'il peinait à décrire? Comment pouvait-il savoir tout ça alors qu'il ne lui avait absolument rien dit? Alors qu'ils n'avaient presque jamais parlé? Alors qu'il le connaissait à peine?

Comme s'il avait perçu sa détresse mentale et ses interrogations, Manigoldo esquissa un sourire rassurant:

-Je passe la plupart de mon temps avec le mec le plus absent du Sanctuaire, tu penses bien que j'ai dû apprendre rapidement à déchiffrer les signaux qu'il envoyait malgré lui pour essayer de le comprendre.

Refusant de se laisser déstabiliser par ces paroles, Dégel passa la main dans ses cheveux et répondit évasivement:

-Même si tu avais raison, ça ne te regarde pas, alors n'essaye pas d'en savoir plus.

-T'en fais pas, j'ai déjà ma petite idée.

Une lueur alarmée éclaira furtivement le regard améthyste du Verseau et il fronça les sourcils, certain que Magnigoldo bluffait:

-Tant mieux pour toi.

-Et je pense que tu réfléchis à si tu dois pardonner ou non.

Il retint un soupir soulagé: il ne savait pas. Ou du moins, il ne savait pas tout. Il devinait que Kardia avait fait une erreur mais il ne savait pas qu'il était dans la même situation. Dégel faillit presque abandonner son masque serein pour demander l'avis « si éclairé » de son frère d'armes, mais il se reprit bien vite, conscient que personne ne serait capable d'éclairer ses décisions comme Kardia:

-C'est mon problème et je vais le régler seul.

-Je vais quand même te donner deux trois indices pour t'aider, parce que là j'en peux vraiment plus de cette ambiance tendue à la con.

-Je ne t'ai rien demandé.

-De rien, c'est avec grand plaisir.

Dégel leva des yeux désespérés au ciel et murmura un « pourquoi moi? » muet quand Manigoldo posa une main amicale sur ses épaules:

-Comme tu l'auras sans doute remarqué, notre Kardia est encore un gamin.

Ah ça, pour l'avoir remarqué, il l'avait remarqué! Et plutôt deux fois qu'une! Merci pour de si bons conseils!

-Mais ça veut pas dire qu'il a zéro sens de la culpabilité.

En entendant cela, Dégel repensa malgré lui à ce fameux moment où, après avoir sa maladie, Kardia avait clairement manifesté des remords désolés. Sans doute les fruits d'une longue réflexion suite à son voyage au Mexique… Il se tendit imperceptiblement et serra les dents quand le visage d'une jeune femme aux longs cheveux noirs et aux yeux mauves s'imposa à lui à cette simple idée. Réflexion, culpabilité, mon oeil! Il partait avec une erreur dans les bras et revenait avec une autre, plus grosse encore! Un secret pour un autre, et ça, franchement, Dégel en avait plus que ras-le-bol.

Il ôta calmement la main de l'Italien de son épaule et articula lentement:

-Je pense qu'il n'en est pas dénué, mais qu'il est assez stupide pour ne pas tirer des leçons de ses propres erreurs et pour recommencer immédiatement.

Manigoldo haussa les épaules, les mains ouvertes vers le ciel:

-Je viens de te le dire: c'est un gamin. Il a pas encore pigé qu'une fois qu'il se prenait une claque il fallait qu'il ne recommence plus. Et puis, le pire c'est que je pense qu'il s'obstine parce qu'il pense bien faire, tu vois ce que je veux dire?

Se taire pour un mieux? Se taire pour éviter de blesser et de provoquer la haine, le dégout et une séparation douloureuse? Ca, Dégel commençait à pouvoir le comprendre. Il avait raisonné de la même manière, évitant de parler à Kardia de son erreur pour éviter de le blesser, pensant mieux faire et cacher cela jusqu'à la fin de sa vie pour éviter le pire. Peut-être que Manigoldo n'était pas aussi mauvais qu'il le pensait en analyse…

-Du coup je sais pas ce qu'il a fait, ou refait, si je comprends bien, mais en tout cas, sois certain qu'il le regrette, parole de Cancer. (Il porta une main à son coeur et leva l'autre au niveau de sa tête, comme pour faire une véritable promesse) Et je pense que cette mission, quoiqu'un peu chiante pour moi - sans vouloir te vexer hein, mais j'aurais préféré y aller avec Alba' - c'est une bonne opportunité pour vous. Lui va pouvoir réfléchir, s'énerver, culpabiliser de tout son saoul puis il pourra s'excuser correctement. Et toi tu peux en profiter pour respirer un moment, réfléchir à comment tu aurais aimé qu'il réagisse si t'avais fait la même erreur que lui et essayer de pardonner. Ou de laisser tomber, ça c'est à toi de voir.

Dégel pinça légèrement les lèvres et se força à hocher la tête, à masquer sa propre culpabilité suite à ces paroles. Comment se permettait-il de juger, d'être en colère, de se mettre en position de décideur de l'avenir de leur relation, alors qu'il avait fait exactement la même erreur? Etait-il plus en colère contre Kardia…

Ou contre lui-même?

Il se secoua mentalement: il était en colère contre les deux, avec le même niveau de culpabilité et de déception. Et même si les conseils de Manigoldo n'étaient pas aussi mauvais qu'il le pensait, il allait d'abord devoir essayer de se pardonner à lui-même avant de pouvoir espérer pardonner à Kardia.

Parce que s'il ne parvenait pas à se pardonner d'avoir fait une chose pareille, il ne pourrait jamais faire de même avec lui… Et inversement…

Pouvait-il se permettre d'encore une fois laisser Kardia s'en tirer pour mieux lui mentir la prochaine fois? Pouvait-il se permettre de lui refuser son pardon alors qu'il avait exactement la même erreur? Il ne savait pas quoi faire, ne parvenait pas à se concentrer sur autre chose que ça. Mais est-ce qu'il ne réfléchissait pas trop, une fois encore? Devait-il se contenter de suivre son coeur plutôt qu'un raisonnement logique, pour une fois?

Hélas, même son coeur semblait être perdu, hésiter entre colère, déception, honte et pardon. Comment pouvait-il pardonner à Kardia puisqu'il ne parvenait pas à se pardonner à lui-même?

Dégel jeta un coup d'oeil à son voisin qui avait continué de parler sans qu'il ne s'en rende vraiment compte:

-Bon, maintenant que c'est dit, on est bons, on parle d'autre chose? Genre de la mission?

-Bonne idée.

-Ouais, on me dit ça souvent.

Malgré lui, Dégel ne put s'empêcher de remarquer que les mêmes expressions (ou du moins à quelques détails près) se retrouvaient dans la bouche de Kardia et dans celle de Manigoldo, signe d'une influence notable et d'une amitié plus que sincère. Quoiqu'ici la moquerie était plus taquine que vantarde. Inconscient de ses propres analyses, l'Italien énuméra en comptant sur ses doigts:

-Donc, on a un Spectre qui rôde dans le coin selon un itinéraire assez particulier, ce qui laisse penser qu'il suit quelqu'un ou cherche quelque chose.

-N'oublie pas l'étoile démoniaque qui brille au dessus de la ville et qui semble suivre le même trajet emprunté par ce Spectre tout en le précédant.

-Ce qui doit vouloir dire qu'il doit y avoir un deuxième Spectre.

Dégel hocha la tête: en chemin (et grâce aux informations laissées par le Pope), ils avaient en effet pu observer qu'une deuxième étoile semblait précéder la première, comme si le Spectre dont ils connaissaient l'existence en suivait un autre.

-Ca pourrait être un déserteur qu'il essaye de rattraper.

-Ou alors un futur Spectre qu'il doit recruter.

-Difficile de savoir avant d'être arrivés sur place.

Argumenta Manigoldo en se grattant machinalement l'arrière de la tête. Dégel le rassura (du moins, essaya):

-Nous serons arrivés d'ici une ou deux heures, nous en sauras vite plus.

Un sourire illumina le visage basané du Cancer et il leva des yeux rêveurs au ciel:

-Vivement l'auberge et les bons petits plats mitonnés avec amour par la patronne! J'ai tellement besoin de vraie mozzarella et d'un vrai limoncello! Ha mais non leur fromage sont pas les meilleurs… Nan parce que les pâtes en Lombardie franchement ils exagèrent, ils les cuisent trop! Et c'est un connaisseur qui te le dit hein! Limite leur polenta ça va mais bon c'est quand même leur spécialité ici donc ils ont intérêt à ce que… *

-Désolé de te décevoir mais ce voyage n'est pas à but culinaire.

-Est-ce que ça va m'empêcher de manger de la vraie cuisine?

-Hé bien disons que ce n'est pas le principal mais…

-Je prends ça pour un non. Faudra absolument que tu goûtes le tiramisu mon gars, je connais rien de mieux pour remonter le moral!

-Je te remercie, mais mon moral va très bien.

-Tant mieux, je mangerai le tien aussi comme ça.

Dégel retint un soupir: Manigoldo avait raison sur un point, il devait absolument arrêter de penser à ce qu'ils avaient fait chacun de leur côté. Maintenant, il fallait se concentrer sur la mission, ensuite il aurait le temps de penser. Ensuite il serait temps de faire le tri dans ses sentiments et dans ses pensées, exercice qu'il commençait petit à petit à comprendre mais pas encore à appliquer parfaitement.

Libérée de la domination vénitienne par des troupes révolutionnaires françaises deux ans auparavant, la ville de Bergame avait fondé sa propre République l'année précédente et, suite à une contre-révolution de la part de Venise et sous l'influence notable de Napoléon Bonaparte, elle faisait désormais partie de la République cisalpine avec Milan pour capitale. **

Ainsi quand ils les remparts de la « haute ville » se dressèrent à l'horizon, vestiges de la domination vénitienne, les deux Golds surent qu'ils étaient arrivés presque arrivés. D'un commun accord, ils décidèrent de trouver une auberge dans la partie haute de la ville, là où ils trouveraient plus de locaux et moins de voyageurs de passage.

Malgré sa parfaite maîtrise de l'Italien standard (le toscan donc), Dégel eut droit à des réponses dans un dialecte qu'il ne maitrisait absolument pas. Heureusement pour lui, Manigoldo maîtrisait plus ou moins (outre le dialecte napolitain et le toscan) le dialecte lombard, ce qui leur permit d'avoir droit à un des sourires plus francs et des indications plus précises. ***

Une fois leurs affaires déposées dans une humble chambre au dessus d'une taverne, munis de leur Pandora Box, tous deux commencèrent à interroger les locaux, essayant d'en apprendre un peu plus sur les activités mystérieuses de ce Spectre qui rôdait dans le coin (cosmos négatif à l'appui), en commençant par la piazza del Duomo où se tenait un marché coloré:

-Vous auriez pas vu un homme étranger rôder dans le coin ces temps-ci? Avec un air mauvais et habillé en noir?

Dégel lui jeta un regard noir et feula en grec:

-Arrête de leur dire ça! Comment peux-tu être sûr qu'il est habillé en noir et a un air mauvais?

-Oh toi, arrête de tirer la tête, il va croire que je parle de toi!

Concentré sur la maigre description de l'homme recherché, le vieil homme auquel ils avaient posé la question se gratta le menton en réfléchissant tout haut, sans paraître perturbé par leur altercation discrète:

-Un étranger habillé en noir avec un air mauvais… (Il fronça ses épais sourcils) Non, ça me dit rien, désolé.

-Pas de soucis, merci beaucoup.

Capitula Dégel en s'éloignant, peu désireux d'attirer autant l'attention sur eux. Manigoldo lui donna un léger coup de coude et gronda:

-Arrête d'être tendu comme ça, tu vas nous faire repérer!

-C'est toi qui va nous faire repérer avec des questions stupides et une attitude pareille.

-Alors dis-moi comment tu comptes repérer ce Spectre puisque t'es si malin!

Le Verseau lui adressa un regard plus dédaigneux qu'il ne l'aurait voulu et feula:

-Avec ton cosmos bien sûr.

Manigoldo fit mine de se taper le front du plat de la main et ironisa:

-Mais bien sûr, utilisons notre cosmos pour éviter de nous faire repérer par un Spectre parce qu'on pose des questions! Ciel que c'est malin!

-Nous ne devons pas perdre de temps: si nous savions précisément de quoi il était le Spectre et quel est son physique, nous pourrions prendre le temps de poser des questions pour remonter jusqu'à lui. Sauf que nous n'avons pas ce temps, nous devons faire vite.

-Sauf que, comme tu le dis toi-même, on sait pas de quoi ce type est le Spectre. On sait rien sur lui et tu veux qu'on lui indique clairement notre position? T'es sûr que t'es l'espion numéro un du Sanctuaire?

-Je sais surtout que si nous voulons faire au plus vite, comme le Pope nous l'a demandé, nous devons prendre ce risque.

Manigoldo inspira profondément et posa une main sur l'épaule de Dégel:

-Ecoute, est-ce qu'on ferait pas comme ça: aujourd'hui on pose des questions à ma manière, et si ça donne rien, demain on fait à ta manière. Ca te va?

Honnêtement, non, ça ne lui allait pas. Il voulait en finir au plus vite et rentrer le plus vite possible. Il voulait juste en finir et penser à autre chose. Mais pile comme il formulait silencieusement son idée, Dégel réalisa que ce n'était absolument pas son genre de penser ainsi, à vouloir faire les choses à la va-vite, à vouloir bâcler les choses, lui qui aimait tant la presque perfection d'un travail bien fait. Ca n'avait pas de sens, il fallait qu'il se reprenne!

Dégel hocha la tête et soupira:

-Tu as raison, désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris.

-Pas de soucis: on est crevés à cause du voyage et t'as pas mal de trucs en tête. Tu es tout excusé.

Le Verseau le remercia d'un mouvement de la tête et porta deux doigts à sa tempe, se rendant soudain compte de la fatigue qui lui pesait plus qu'il ne l'avait pensé. Il fallait vraiment qu'il se reprenne, qu'il se concentre et qu'il arrête de se comporter ainsi pour une histoire aussi stupide.

Mais pile comme il se tournait vers Manigoldo pour l'encourager à aller poser d'avantage de questions aux locaux, un cri de femme les fit se retourner d'un même mouvement vers l'autre extrémité de la place, sur leur gardes. La femme qui avait crié ne l'avait pas fait de douleur ou d'horreur, c'était de la pure surprise face au jeune garçon qui venait de la bousculer (elle et son panier) avant de tomber en arrière sur le sol et de rester immobile une longue seconde.

Les yeux écarquillés sur le coup de l'horreur et de la peur, le garçon aux cheveux bruns poussa un glapissement terrifié et se remit debout d'un bond pour se mettre à courir, hors d'haleine, vers l'autre bout de la place en fendant la foule. Allant jusqu'à passer à quelques mètres seulement des deux Ors. Et Manigoldo écarquilla les yeux sous le coup du choc quand il pâlit:

-Ce sont…

Comme lancés à la poursuite du garçon ou laissés derrière lui comme des petits cailloux pour trouver son chemin, des formes humaines presque transparentes, invisibles à l'oeil des simples mortels, se dessinaient vaguement sous ses yeux. Et comme un feu follet bleuté jaillissait soudain devant l'enfant, faisant reculer les locaux qui l'entouraient avec des cris surpris et horrifiés, Manigoldo souffla:

-Des esprits…

Le visage déformé par l'angoisse, le jeune garçon porta les mains à ses oreilles et s'enfuit à toute vitesse, pressé de disparaitre aux yeux de tous. Rapidement remis de sa surprise, le Cancer se lança immédiatement à sa poursuite, imité par Dégel qui, bien qu'incapable de voir les esprits des morts, avait vu le feu follet et senti cosmos du garçon. Est-ce que cela faisait partie de la mission? Est-ce que le Pope savait qu'en les envoyant ici, ils trouveraient une nouvelle recrue? A moins que ce ne soit le fruit du hasard?

Non, Dégel ne croyait plus au hasard: il était même étrangement convaincu que si Spectre il y avait, il devait sans doute être ici pour ce garçon au cosmos si paniqué et angoissé, teinté d'une noirceur qui n'était pas encore irrécupérable. Manigoldo mit ses mains en porte-voix et appela:

-Hé, gamin! Stop!

Le garçon leur jeta un regard effrayé et accéléra la cadence, comme pour les fuir. Dégel fronça les sourcils: quelque chose clochait dans son attitude. Pourquoi fuir des personnes qui possédaient également un cosmos? Ne devrait-il pas se sentir intrigué et rassuré à la fois? Non, décidément, quelque chose n'allait pas dans le comportement frénétique et paniqué de ce garçon:

-J'ai la nette impression qu'on lui fait peur. Peut-être que lui courir après n'est pas la meilleure solution pour lui convaincre qu'on ne lui veut aucun mal, tu ne penses pas?

-Pas le temps de prendre des gants, on va le perdre!

Répondit Manigoldo, comme s'il ne l'avait pas entendu. Le Verseau s'empêcha de secouer la tête et le suivit d'aussi près que possible malgré la foule environnante.

Une fois éloignés de la place, ils durent se frayer un chemin à travers les ruelles étroites remplies de monde. Et là où ils avaient l'avantage de la vitesse, le garçon avait la chance de connaitre les rues et raccourcis comme sa poche:

-Purée, mais il est monté sur ressorts ou quoi?!

-Il faut essayer de l'arrêter!

-Parce que tu crois que je fais quoi là?!

Dégel leva les yeux au ciel et s'engouffra dans une ruelle perpendiculaire, bien décidé courir parallèlement à eux pour essayer de devancer le jeune garçon:

-Continue, je vais essayer de le coincer!

Il ne vit pas Manigoldo hocher la tête, se contentant de slalomer entre les gens, d'aller aussi vite que possible et de faire de son mieux. Il sentait qu'ils ne pouvaient pas laisser ce garçon s'enfuir, qu'il fallait absolument le rattraper. Dégel força l'allure: l'endurance n'était pas son fort, donc s'il devait courser le garçon pendant trop longtemps, il craignait de ne pas pouvoir le rattraper. Par contre, il avait pleinement confiance en ce qui concernait sa vitesse et son agilité.

Se repérant grâce au cosmos de Manigoldo, Dégel se rendit bien vite compte qu'il avait toutes ses chances. Ainsi, au bout d'une course rapide et efficace, il rejoignit la rue principale et se dressa devant le garçon, lui bloquant la route tout en essayant de ne pas l'effrayer plus qu'il ne l'était déjà:

-Attends, nous voulons t'aider.

Le garçon écarquilla les yeux et jeta un oeil paniqué vers la droite, vers un échappatoire, remarqua qu'il n'y avait presque personne dans la ruelle pour l'aider et que les gens présents se rendaient dans la direction inverse. Mais il renonça bien vite quand une main basanée se posa sur son épaule pour l'immobiliser:

-On te tient gamin!

-Lâchez-moi! Laissez-moi tranquille je vous en prie!

Dégel jeta un regard réprobateur à son frère d'armes et s'accroupit pour tenter de rassurer le jeune garçon:

-Tout va bien, ne t'en fais pas, nous sommes là pour t'aider.

-Vous ne pouvez pas m'aider, vous ne voyez pas ce que je…

L'interrompant calmement pour illustrer la phrase de son frère d'armes et pour essayer de le calmer, Manigoldo claqua des doigts et les esprits encore présents s'évanouirent sans un bruit:

-J'ai cru comprendre que ces clowns te collaient aux basques, je me trompe?

Le garçon écarquilla des yeux ébahis (quoique cernés) et son regard passa de Dégel à Manigoldo, la bouche ouverte sous le coup de la surprise mais aussi d'un soulagement manifeste:

-Comment? Vous ne… Vous êtes… Comment avez-vous fait?

Ses yeux verts fatigués braqués sur l'Italien, le garçon livide semblait revivre petit à petit, les épaules soulevées par sa respiration saccadée:

-On est comme toi, petit. Je suis exactement comme toi. Je les vois aussi, et je sais à quel point ça peut faire peur quand on sait pas comment les chasser. Mais je peux t'aider, on peut t'aider si tu nous suis.

Commença Manigoldo, les sourcils légèrement froncés, signe d'un questionnement mental que Dégel parvenait à deviner. Mais comme les quelques personnes présentes commençaient à leur jeter des regards intrigués et inquisiteurs, le Verseau se redressa et souffla:

-Nous t'en dirons plus une fois que nous serons dans un endroit un peu plus calme.

Le garçon sembla secoué d'un frisson de lucidité et il se dégagea brusquement de la main de Manigoldo, les yeux de nouveau écarquillés sous le coup d'une frayeur sans nom:

-Non, non vous êtes avec lui. Je ne veux pas venir, je ne veux pas.

Les deux Ors se jetèrent un regard interloqué:

-Qui ça, « lui »?

Le jeune garçon recula d'un ou deux pas, le visage de nouveau livide:

-Vous ne m'aurez pas, vous mentez. Cet étranger, il a dit aussi qu'il pouvait m'aider si j'allais avec lui. Il me suit depuis des jours. Vous ne pouvez pas me forcer à venir avec vous.

Dégel leva les mains pour essayer de l'apaiser, intrigué par son comportement mais aussi légèrement satisfait: enfin ils avaient une première piste. Parce que qui d'autre qu'une personne pourvue d'un cosmos pourrait demander à ce garçon de le suivre? Et puisqu'ils étaient les deux seuls envoyés du Sanctuaire, cet étranger ne pouvait être que le Spectre qu'ils cherchaient:

-Attends, nous ne sommes pas ici pour te forcer à venir: nous sommes venus ici pour trouver cet homme et l'arrêter. Peux-tu nous dire où tu l'as vu?

-Je ne…

-Attends, c'est quoi ton nom, petit?

Le garçon leva les yeux vers Manigoldo, manifestement hésitant quand au comportement qu'il devait suivre. Devait-il fuir ces hommes qui venaient de l'aider? Devait-il les suivre alors qu'il ne les connaissait absolument pas? Il n'arrivait pas à savoir, il savait seulement que la peur ne faisait qu'enfler dans sa poitrine mais que pour une fois, les voix qui le hantaient s'étaient enfin tues. Il souffla, sur ses gardes, inquiet:

-Vincent.

-Ecoute, Vincent, on veut t'aider, d'accord? On est venus pour nous occuper de ce type qui te demande de venir avec lui. Tu veux pas nous suivre parce que t'as peur et que t'as aucune raison de nous faire confiance, je comprends. Mais si tu veux en savoir plus, va falloir nous amener dans un coin plus tranquille de la ville, ok?

Au bout d'une longue seconde de réflexion, le garçon aux yeux verts sembla décider d'accorder un minimum de sa confiance à cet homme qui venait de le débarrasser des fantômes du passé qui le hantaient depuis trop longtemps. Depuis qu'elle n'était plus là pour l'empêcher d'avoir peur. Il frissonna malgré lui et se détourna lentement:

-D'accord.

Il les mena jusqu'à un coin éloigné de la ville haute, un endroit qui avait dû souffrir des combats pour se libérer de la domination vénitienne. Le garçon les précédait de plusieurs pas et leur jetait de temps en temps des coups d'oeil à la fois inquiets, méfiants et intrigués. Dégel et Manigoldo échangèrent un regard interrogateur, curieux d'en savoir plus sur le passé de Vincent et sur sa maitrise (ou plutôt non maitrise vu ce qu'ils avaient vu) de son cosmos. Le Verseau voyait bien que Manigoldo était perturbé par ce garçon et par son pouvoir similaire au sien, et il espérait bien avoir des réponses à leur questions.

Mais pour ça, il faudrait le mettre en confiance.

Et ce n'était pas gagné.

Ils arrivèrent près de petites maisons délabrées et Vincent s'arrêta au bord de ce qui avait dû être une fontaine quelques années auparavant:

-Ici personne ne nous ennuiera.

-Parfait. (S'exclama Manigoldo en frappant dans ses mains) Alors écoute bien parce que je le dirai qu'une fois: on est des Chevaliers d'Athéna et on possède ce que tu possède aussi, un cosmos.

Le jeune garçon fronça petit à petit les sourcils, les yeux éclairé d'une lueur à la fois douteuse et curieuse:

-Un quoi? Des Chevaliers?

-Le cosmos, l'énergie qui anime toute chose. (Expliqua Dégel calmement, bien conscient que l'Italien risquait de perdre patience s'il devait se répéter) Et il est particulièrement développé chez des personnes comme toi et moi, nous qui avons alors le potentiel de devenir des défenseurs de la paix, des Chevaliers de la Déesse Athéna.

Vincent haussa un sourcil et répéta lentement:

-Athéna? La Déesse de la mythologie?

-Elle-même, petit. (Intervint Manigoldo) Ecoute, on a pas le temps de t'expliquer tout dans les détails, on doit faire vite et mettre le type qui te suit hors d'état de nuire. Ce mec c'est ce qu'on appelle un Spectre, un serviteur d'Hadès, l'ennemi de notre Déesse.

Le jeune garçon aux yeux verts sembla hésiter entre le rire et l'inquiétude, mais au vu de tout ce qui lui arrivait, au vu de l'énergie que dégageaient ces deux hommes,… Il eut l'impression qu'ils disaient la vérité. Que ces paroles entraient en résonance avec ce que sa mère lui racontait pour le bercer le soir, et calmait enfin les battements effrayés de son coeur. Et que peut-être, ils pourraient l'aider, le débarrasser définitivement des esprits qui le hantaient depuis trop longtemps. Depuis que…

-Je sais que cela peut sembler fou, mais je suis aussi certain que tu sauras reconnaitre que nous n'avons aucune raison de te mentir.

Argumenta doucement Dégel, conscient du doute de Vincent, mais aussi pressé d'en savoir plus sur le Spectre qui le suivait également. Et surtout, dans quel but.

-Je sais ce que tu vis, je les vois aussi et je sais à quel point ça peut être effrayant quand on sait pas comment les contrôler. Mais je peux t'aider à les maîtriser, je peux t'aider à les calmer et à ne plus les voir, à condition que tu nous aides aussi.

Expliqua Manigoldo en lui tendant la main. Mais pile comme Vincent commençait à se détendre, à accorder sa confiance, Dégel ajouta, croyant bien faire:

-Et quand ce sera fini, tu pourras venir avec nous. Nous te protègerons si tu nous suis.

Dès la fin de sa phrase, vu le regard réprobateur que lui jeta Manigoldo et l'attitude de nouveau fermée du garçon, Dégel comprit qu'il aurait mieux fait de ne rien dire. Qu'une nouvelle fois, il était à côté de la plaque quant aux sentiments des autres et qu'il était trop tôt pour dire ce genre de phrase. Vincent se raidit d'un coup et fit un pas en arrière:

-C'est du délire, vous essayez de vous moquer de moi pour m'emmener avec vous. (Nouveau pas en arrière) Je veux que vous me laissiez tranquille. Je ne veux pas de ce « cosmos » et je ne veux pas partir d'ici.

-Non, attends tu ne comprends pas! Il est pas doué, fais pas attention à ce qu'il…

Mais le garçon s'était déjà enfui à toute vitesse et disparaissait presque de leur vue, les laissant seuls debout à côté de la fontaine vide. Manigoldo gronda une injure entre ses dents et jeta un regard incendiaire à Dégel:

-Bien joué, le glaçon!

-Je ne l'ai pas fait dans le but de le faire partir.

Se défendit Dégel en fronçant les sourcils et en marchant rapidement quelques pas derrière son frère d'armes qui suivait déjà le garçon à la trace:

-Nan mais franchement, la prochaine fois tais-toi parce que là tu me l'as effrayé! Et je refuse de rentrer sans ce gosse! J'en fais une affaire personnelle, ok? C'est genre encore plus important que le Spectre!

-Je comprends, je suis désolé, je croyais bien faire.

-Pas le temps pour ça. Allez, on le suit, on le rattrape et on le ramène avec nous en Grèce!

-Je ne pense pas non.

Dégel sentit un frisson glacé remonter le long de son dos et les cheveux de Manigoldo se dressèrent dans sa nuque quand ils se retournèrent d'un bond, les sourcils froncés et prêts à se battre. Face à eux, adossé au mur d'une maison à moitié en ruines, un jeune homme souriait d'un air satisfait malgré ses sourcils résolument froncés, de courtes mèches noires tombant devant ses yeux sombres. Et comme le soleil tombait sur sa peau hâlée et sur le point rouge qui ornait son front, une discrète énergie mauve foncée l'engloba soudain:

-Navré de vous décevoir, Chevaliers, mais ce garçon viendra avec moi.


* C'est avis n'est pas le mien: je me suis fiée à un article trouvé sur internet pour ne pas m'impliquer, j'avoue haha X)

** Ce qui deviendra la République italienne (1802) puis le Royaume d'Italie (1805) (un peu d'histoire de temps en temps ça ne fait pas de mal!) :)

*** Si seulement j'avais eu un cours plus précis sur l'histoire de l'unification linguistique de l'Italie! J'ai fait de mon mieux ici mais sans véritables détails, plutôt avec le minimum que j'ai appris cette année (Les trois couronnes, la domination du toscan et la résistance des dialectes, notamment en Lombardie) :')


Quel suspense! Qui est donc ce nouveau Spectre? Et pourquoi voit-il emmener le pauvre Vincent? (Ok j'arrête)

J'ai trouvé vraiment ça intéressant de travailler sur deux duos aussi semblables et pourtant complètement différents, alors j'espère que ça vous a plu ;) Rendez-vous dans un petit mois (ô examens, je vous hais) pour la suite des aventures d'Albafica et de Kardia au Danemark!

(Au fait, il est peut-être encore un peu tôt pour ça, mais comme pour Liam et Mikhail, je vous laisse un peu réfléchir pour voir de quels personnages j'ai bien pu m'inspirer pour Edwyn et Vincent (on les verra moins que les deux autres mais j'avais énormément envie d'introduire ces deux zoulous) pour gagner un petit OS bonus sur les personnages de votre choix (si possible de Saint Seiya) ;3 Je vous conseille d'attendre d'en savoir un peu plus sur eux (mais ne vous empêche pas de mener l'enquête, il y en a d'ailleurs un qui sera sans doute plus facile que l'autre) et je vous souhaite bonne chance! :D)

Sur ce, je vous souhaite un très joyeux Noël et une merveilleuse année 2018 (comment ça je suis trop à l'avance?) ainsi que tout le bonheur du monde! :D Je vous aime! *coeur*