Chapitre 3 :
Anakin ne détacha pas son regard de sa femme. Il savait déjà la nouvelle que Padmé allait lui annoncer mais son appréhension était la même qu'il y a vingt ans.
- Anakin, je suis enceinte, déclara-t-elle la voix tremblante.
Le jeune homme ne répondit pas tout de suite. La dernière fois, il avait manifesté son anxiété avant d'exprimer sa joie. Cette fois-ci, il ne ressentait aucune crainte et l'idée de voir Luke et Leia grandir le réjouissait. Cette pensée lui rappela instantanément sa vie antérieure et tout le mal qu'il avait fait à ses enfants. Il se jura de tout faire pour que les événements ne se répètent pas. Rien ne pourrait l'empêcher de mettre sa famille à l'abri cette fois.
- Je t'en prie dis quelque chose, murmura Padmé, prise de frissons.
Anakin ne put réprimer un léger rire à cette requête. Il s'était perdu dans ses pensées et en avait complètement oublié de répondre.
- C'est une très bonne nouvelle, répondit-il d'une voix calme.
Son ton était rassurant et son sourire ne diminuait pas. Anakin semblait réellement heureux et cela permit à Padmé de se détendre quelque peu.
- Mais comment ferons-nous ?
- On ne va surtout pas s'inquiéter, répondit-il en passant sa main dans les cheveux de la jeune femme. C'est un moment de bonheur.
Des images du visage de Luke et Leia lui revinrent en mémoire. Avec du recul, il ne parvenait toujours pas à comprendre comment il avait pu passer à côté de cette vérité. Le visage de Leia était semblable au sien, mais elle avait les cheveux et les yeux de Padmé. Il l'aurait immédiatement compris s'il n'avait pas été aussi aveuglé par le Côté Obscur.
- Dame Padmé, Maitre Anakin, s'exclama le droïde doré en entrant dans le salon. J'ai servi le repas sur la table de la terrasse, au niveau inférieur.
- Merci 3PO, répondit la jeune femme.
Padmé attrapa la main de son mari et le tira dans la direction des escaliers. Son sourire était radieux et elle semblait vraiment apaisée d'avoir enfin pu partager cette nouvelle. Avant de descendre, elle détacha la boucle qui retenait un large châle noir sur ses épaules. Elle le déposa délicatement sur le bord du sofa et se retourna. Son ventre était déjà très arrondi. Anakin la dévisagea sans dire un mot. Il était bouche bée et ne parvenait toujours pas à réaliser qu'il avait la chance de la revoir à nouveau, après tout ce qu'il avait enduré. Ces moments passés avec elle étaient gravés dans sa mémoire mais paraissaient pourtant très lointains.
- Oui je sais, murmura-t-elle avec embarras. Je suis un peu plus grosse que la dernière fois.
Anakin secoua la tête avec incrédulité. L'idée que cette vision puisse lui déplaire était risible mais, encore une fois, il s'était perdu dans ses pensées et avait oublié de parler, laissant Padmé s'imaginer les pires scénarios.
- Ce n'est pas comme ça que je te décrirais, répondit-il en se rapprochant. Tu es encore jolie que dans mes souvenirs.
Padmé le regarda avec un sourire attendri. Tu es quoi, un padawan de douze ans ? pensa Anakin en soupirant. Il se sentait maladroit dans ses déclarations. Au fond, cela n'avait rien de surprenant. Le jeune homme avait perdu l'habitude de parler à sa femme.
- Allez viens, je meurs de faim ! demanda-t-elle en se dirigeant vers la terrasse. J'ai demandé à 3PO de cuisiner pour deux ce soir.
- Pourquoi, tu attendais quelqu'un ? demanda-t-il, surpris.
- J'avais l'intention d'inviter un homme à dîner, répondit-elle avec un sourire au coin des lèvres.
Anakin se stoppa net devant la table et observa sa femme s'installer sans dire un mot. Il semblait troublé.
- Tu as laissé ton sens de l'humour dans ton dernier croiseur interstellaire ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- Qui est-ce que tu attendais ? demanda-t-il en s'asseyant face à elle.
- Toi, bien sur. Je savais que tu rentrerais ce soir. La nouvelle de ton retour était partout dans la presse.
Anakin soupira et se frotta les yeux. Il se comportait vraiment comme un imbécile et Padmé allait finir par se douter que quelque chose le tracassait s'il continuait de la sorte.
- Est-ce que tout va bien ?
- Je suis mort de fatigue, répondit-il en affichant à nouveau un léger sourire. Ne t'inquiète surtout pas, ce n'est rien qu'une bonne nuit de sommeil ne pourra effacer.
- Ta dernière mission s'est mal passée, déclara-t-elle, les yeux perdus dans le vide.
Padmé se remémora alors que le Chancelier venait de mourir. Anakin l'avait toujours considéré comme un mentor et un ami. Son décès l'avait très certainement affecté, mais avec l'annonce de sa grossesse et la joie de revoir son mari, Padmé avait complètement oublié cette nouvelle.
- Je suis désolée. J'ai passé la journée au Sénat. C'est la crise, tout le monde ne parle plus que de ça. La mort du Chancelier nous affecte tous beaucoup.
- Je ne peux pas changer ce qui s'est passé, déclara Anakin d'une voix sombre.
Padmé l'observa avec tristesse. Anakin avait toujours eu de la peine à accepter la mort de ses proches. Il avait déjà perdu sa mère et sa padawan, Ahsoka. La mort de la jeune fille l'avait particulièrement affecté et il commençait à peine à s'en remettre. Ajouter à cela le décès de Palpatine, elle craignait qu'Anakin soit dépassé et qu'il ne se referme sur lui-même. Malheureusement, elle savait que seul le temps lui permettrait d'aller mieux.
- Parlons d'autre chose, déclara-t-il en reprenant ses esprits. J'ai l'impression d'avoir passé une éternité loin de toi. Je ne veux pas gâcher cette soirée à parler de guerre et de politique.
Un sourire apaisé s'empara du visage de Padmé. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais Anakin semblait plus mature que lors de leur dernière rencontre. Il semblait plus calme. La mort d'un être proche avait toujours provoqué chez lui des accès de colère incontrôlable. Cette fois-ci, il semblait étonnamment serein.
- Tu as déjà pensé à des noms pour nos enfants ? demanda-t-il pour rediriger la conversation.
- Nos enfants ? demanda Padmé en riant.
Mince ! Anakin se pinça les lèvres. Il n'était pas censé savoir que Padmé attendait des jumeaux et, vraisemblablement, elle ne l'avait jamais su non plus.
- Contentons-nous d'en avoir déjà un, ajouta-t-elle en souriant. Je ne sais pas si je serai capable de gérer tous ces Skywalker sous notre toit en même temps.
- Et qu'entends-tu par là exactement ? demanda Anakin, intrigué.
- Tu es un être turbulent et imprévisible. Si notre enfant suit ton exemple, ma tâche pour le garder sous contrôle ne sera pas aisée.
Anakin éclata de rire. Padmé ne savait pas encore ce qui l'attendait, mais ses prédictions n'étaient certainement pas loin de la vérité. Luke et Leia allaient devenir de fortes têtes. Comme leurs parents.
- Je ne sais pas trop comment je dois le prendre, mais je suppose que tu n'as pas tort. Et en ce qui concerne ces noms ?
- Eh bien, j'ai quelques idées, répondit-elle en souriant. Je pense que nous aurons un garçon.
- Vraiment ? demanda Anakin en essayant de paraître le plus innocent possible.
- Je ne sais pas, c'est… mon intuition maternelle, je suppose. Si nous avons un garçon, j'aimerais l'appeler Luke.
- Je pense que nous aurons une fille, renchérit Anakin.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Mon intuition. Et tu sais qu'elle est plutôt fiable.
- Alors je propose que tu choisisses le nom si c'est une fille.
Anakin lui adressa un sourire mais ne répondit rien. Il savait très bien quel nom il allait choisir pour sa fille.
La pièce était sombre. Anakin ne connaissait pas cet endroit, il n'y avait jamais mis les pieds auparavant. A vrai dire, il n'était même pas certain de s'y trouver pour de vrai. Qu'était donc cette étrange sensation ? Il avait l'impression de flotter, d'être hors de son corps. Soudain, un élan de panique s'empara de son esprit. N'était-il donc revenu dans le passé que pour un jour ? Non. Ce n'était pas possible. Il n'avait pas retrouvé son ancienne vie de la sorte pour la perdre tout aussi soudainement. Le jeune homme voulait hurler, mais il n'y parvenait pas. Il voulait bouger, mais il n'avait aucun contrôle.
- Anakin, aide-moi.
La plainte de Padmé retentissait partout autour de lui, semblait faire écho dans l'infini. Elle souffrait atrocement, il le sentait.
- Anakin, pitié !
Encore un plainte, suivie d'un hurlement. Des images défilèrent à toute vitesse dans l'esprit du jeune homme. Sa femme portait une tunique blanche. Des larmes coulaient le long de ses joues, elle était allongée. Puis, le cri d'un nourrisson.
Anakin s'éveilla en sursaut. Son corps tremblait encore lorsqu'il comprit finalement où il se trouvait. Padmé était allongée à ses côtés. Ses longues boucles brunes descendaient en cascade le long des coussins, laissant entrevoir son visage endormi. Sa poitrine se soulevait légèrement à chacune de ses respirations, elle semblait en parfaitement en sécurité.
Le jeune homme prit son visage entre ses mains. Il venait d'avoir un cauchemar. Très exactement le même cauchemar qu'il avait eu vingt ans auparavant. Padmé mourait en donnant la vie. Encore.
Anakin s'empara d'une chemise posée sur le bord du lit, l'enfila et se dirigea vers la terrasse. Il lui fallait à tout prix de l'air frais. Le bruit de ses pas réveilla Padmé et il sentit sa présence à travers la Force. Il était désolé de l'avoir sortie de son sommeil.
Les étoiles brillaient dans le ciel de Coruscant, l'air était frais et une très légère brise survolait la capitale, mais tout ceci ne réussit pas à calmer Anakin. Qu'avait-il fait pour que la situation dégénère ainsi ? Le jeune homme savait désormais que Padmé était morte par sa faute. Maintenant qu'il était revenu dans le passé, il ne comptait pas commettre les mêmes erreurs. Pourquoi la voyait-il donc mourir à nouveau ? Anakin se laissa imaginer tous les scénarios possibles. Finalement, une hypothèse désastreuse lui vint à l'esprit : Padmé était-elle destinée à mourir quoi qu'il fasse ?
- Qu'est-ce qui te préoccupe ? demanda Padmé en s'avançant vers lui.
Le jeune homme se retourna et la contempla avec tristesse. Si son hypothèse était correcte, il ne pouvait rien faire pour la sauver. Quel que soit le chemin qu'il décidait d'emprunter, elle serait condamnée à mourir. Anakin se releva et la serra dans ses bras sans dire un mot. Ce contact le rassura, mais ne l'aida pas à chasser les funestes pensées de son esprit.
- Raconte-moi, ajouta-t-elle, plus insistante.
Anakin la relâcha et s'accouda à la barrière du balcon en soupirant. Il plongea ses yeux dans l'immensité de la ville avant de trouver le courage de parler.
- C'était un rêve.
- Et ?
- Tu mourais en donnant la vie, ajouta-t-il tristement.
Padmé porta instinctivement ses mains à son ventre. Son visage trahissait ses émotions, elle était inquiète.
- Et le bébé ?
Anakin soupira. Il n'avait pas voulu l'inquiéter, pourtant il ne voyait pas comment éviter de partager ceci avec elle.
- Je ne pense pas que notre enfant soit en danger, répondit-il.
Et ce n'était pas un mensonge. Son rêve ne lui indiquait pas que les enfants survivaient, mais il savait que Luke et Leia s'en étaient très bien sortis la dernière fois. Il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement dans cette nouvelle réalité. Par ailleurs, c'était le moins qu'il puisse faire pour rassurer Padmé.
- Ce n'était qu'un rêve, trancha la jeune femme en se rapprochant d'Anakin pour se serrer contre lui.
- Je ne peux pas l'accepter.
- Tout ira bien. Je ne cours aucun danger. Tes rêves n'indiquent pas toujours l'avenir.
- C'était exactement comme lorsque je voyais ma mère mourir. Je sais faire la différence entre des prémonitions et de simples rêves, répondit-il froidement.
Padmé soupira. Elle comprit très vite qu'il serait difficile de faire changer Anakin d'avis. Il était très têtu, particulièrement lorsqu'il s'agissait de la sécurité de ceux qu'il aimait. La jeune femme eut alors une idée. Obi-Wan était un ami proche et il savait se montrer de bon conseil. Palpatine était mort, Anakin n'avait personne d'autre vers qui se tourner. Peut-être était-il temps de lui révéler certains de leurs secrets ? Si cela permettait d'apaiser les craintes d'Anakin, Padmé était prête à faire des sacrifices.
- Crois-tu qu'Obi-Wan pourrait nous aider ?
Anakin releva les yeux. Son regard était toujours aussi dur, mais Padmé comprit qu'elle avait réussi à le faire réfléchir. Il considéra sa proposition un instant avant de répondre.
- C'est possible, murmura-t-il en baissant à nouveau ses yeux pour faire face à Padmé.
- Parle-lui. Notre secret est sur le point d'être révélé de toute façon. Si cela peut t'aider, je t'en prie fais-le.
Anakin ne pouvait se soucier moins des Jedi et de leur Code. Il avait quitté l'Ordre vingt ans plus tôt, il n'avait pas peur d'être rejeté par lui aujourd'hui. N'importe quel situation serait meilleure que la précédente.
- Je ne saurais pas par où commencer si je dois lui dire toute la vérité.
- Tu n'es pas obligé de tout lui dire. Raconte seulement ce que tu désires partager. Le reste nous appartient.
Ces paroles réussirent à faire sourire Anakin. Obi-Wan avait toujours été présent pour lui. Le jeune homme avait simplement été trop aveuglé par sa propre fierté pour voir tout ce que son vieil ami lui avait apporté. L'avenir offrait également de nouvelles perspectives. Obi-Wan avait pris soin de son fils. Ce seul argument suffisait pour lui donner son entière confiance. Anakin comptait donc raconter la vérité. D'un certain point de vue.
- Je lui parlerai demain matin.
Padmé se serra à nouveau contre Anakin. Il commençait à faire froid et une brise d'air frais la fit frissonner.
- Rentrons s'il te plaît, demanda-t-elle en se décollant légèrement de son mari. Je suis extenuée.
- Retourne te coucher, je serai là dans quelques minutes.
Padmé laissa Anakin seul sur la terrasse à contrecœur. Elle savait que leur discussion l'avait un peu apaisé, mais elle ne s'attendait pas à ce que cela ait miraculeusement effacé toutes ses craintes non plus. Depuis la mort d'Ahsoka, sa personnalité s'était beaucoup assombrie. Il était devenu plus distant et plus méfiant. Cela brisait le cœur de Padmé de l'admettre, mais elle savait qu'une petite partie de lui était morte en même temps que sa padawan.
Anakin quitta l'appartement qu'il partageait avec Padmé à l'aurore, sans la réveiller. Il l'avait déjà suffisamment tracassée et elle avait besoin de repos. Il était temps pour lui de trouver un moyen de la protéger de ses visions. L'ironie de la situation ne manqua pas de le faire soupirer de désespoir. Il se retrouvait exactement au même point qu'il y a vingt ans. Anakin était revenu dans le passé avec tant d'espoir ! Il avait toujours pensé que Padmé était morte par sa faute, mais il comprenait maintenant que des forces bien plus puissantes avaient influées sur leur destinée.
Etait-il possible qu'une personne soit condamnée à mourir ? Beaucoup de questions se bousculaient dans l'esprit d'Anakin. Malheureusement, il ne pouvait donner de réponse à aucune d'entre elles. Il décida donc de se calmer. La situation était peut-être semblable à ce qu'elle avait été il y a de nombreuses années, mais lui, il ne l'était pas. Le jeune homme avait échoué une fois, mais il avait également beaucoup appris de ses erreurs. Il lui fallait garder espoir s'il voulait trouver un moyen de sauver celle qu'il aimait.
Des Jedi allaient et venaient dans les couloirs du Temple. Cette vision apaisa quelque peu Anakin. Cette fois il ne commettrait pas la même erreur et cet Ordre millénaire ne serait pas anéanti par sa faute.
Il ne fallut pas très longtemps au jeune homme pour atteindre le dernier niveau de l'aile ouest du bâtiment. Bien des années étaient passées, mais il n'avait pas oublié ce lieu. Sa chambre se situait dans cette partie du Temple, tout comme celle d'Obi-Wan. Il ne s'y rendait pas souvent et passait le plus clair de son temps sur Coruscant dans l'appartement de Padmé, mais il lui arrivait de venir ici pour bricoler des droïdes ou s'entrainer au maniement du sabre. La raison de sa venue aujourd'hui était néanmoins d'un autre ordre.
Il se posta en face de la porte métallique qui donnait accès aux quartiers d'Obi-Wan et toqua. La barrière métallique se replia sur elle-même, laissant son ami apparaître. Son visage trahissait sa fatigue. Il venait de se réveiller.
- Qu'est-ce que tu fais debout à une heure si matinale ? demanda-t-il en invitant son ami à entrer.
Anakin le suivit à l'intérieur et usa de la Force pour ordonner à la commande de la porte de se refermer derrière lui. Il ne tenait pas à ce que leur discussion soit rendue publique.
- Il y a des choses dont il faut que nous parlions.
- Pour que tu sois debout aussi tôt, cela doit être particulièrement grave, déclara le Maitre Jedi en secouant la tête.
Obi-Wan connaissait Anakin. Il avait toujours eu de la peine à dormir, particulièrement à cause de ses rêves. Mais lorsqu'il était effectivement endormi, il était difficile de le faire se lever sans le voir de bien mauvaise humeur. Néanmoins, Obi-Wan n'avait fait cette remarque que pour taquiner son vieil ami. Il sentait que quelque chose le tracassait.
- Tout va bien ? demanda-t-il, maintenait inquiet.
Anakin soupira et croisa ses bras autour de sa poitrine. Il avait été si anxieux qu'il en avait oublié de formuler un plan. Qu'allait-il dire à son ami exactement ? Le jeune homme était venu ici sans vraiment savoir ce qu'il attendait de cette discussion. Il sentait seulement qu'il en avait besoin. Tout ce qui l'éloignait de ses décisions passées était un pas vers un futur meilleur.
- Je pense que vous devriez vous asseoir.
Obi-Wan écarquilla les yeux. Il connaissait bien son ancien apprenti. Son comportement imprudent était légendaire. Si même lui se rendait compte qu'il s'apprêtait à dire quelque chose de terrible, c'est que sa déclaration allait en effet être particulièrement troublante.
