Chapitre 5 :
Le Général Grievous pressa sur l'interrupteur qui contrôlait le dispositif de communication pour la centième fois. Ce dernier indiqua qu'aucune transmission n'avait été demandée récemment. Sidious avait tout simplement disparu, et le général droïde n'y voyait aucune explication. Depuis la mort du Chancelier, il semblait avoir tout bonnement disparu de la Galaxie. Grievous trouvait cela étrange. Se pouvait-il qu'il y ait un lien entre les deux hommes ? Il ne l'avait jamais imaginé jusque là.
- Mon Général, s'annonça une petite voix électronique teintée de crainte.
- Quoi ? s'exclama-t-il en se levant brusquement.
- Pardon de vous déranger, mais vous avez demandé à être averti dès notre arrivée dans le secteur de Trabba.
Le Général ne prit pas la peine de répondre à son subordonné. Il se dirigea vers le poste de commandement et se plaça au centre de la plateforme.
- Etat de la situation, ordonna-t-il de sa voix autoritaire.
- Des troupes de clones sont disposées sur toutes les planètes du secteur. On signale également la présence de 5 croiseurs de la République. La planète Skustell ne semble pas occupée.
- Alors qu'attendez-vous pour y atterrir ? s'enquit Grievous avec colère. Nos réserves en carburant ne dureront pas éternellement !
- Eh bien... c'est une planète océanique, répondit le droïde d'une voix maladroite. C'est probablement pour cela qu'elle n'est pas... occupée.
Grievous poussa un cri de colère. Sa voix métallique et froide mêlée au son de sa respiration artificielle témoignait de son immense frustration. La position de son vaisseau n'était pas connue de la République et il ne tenait pas à ce qu'elle le soit. La mort du Comte Dooku et la disparition soudaine de Dark Sidious portaient gravement atteinte au parti Séparatiste. La guerre continuait, mais leur camp était en grand péril. Le Général droïde sentait qu'il était temps pour lui de reprendre les choses en main.
- Mettez le cap sur le système Atravis. Contactez les membres du comité Séparatiste, demandez-leur de s'y rendre également. Je veux une réunion d'urgence.
- Certainement, mon Général.
Le droïde se retourna vers sa console de commande pour entrer les nouvelles coordonnées de voyage. Une série de chiffres s'affichèrent sur son écran.
- Hum... le système Atravis est relativement éloigné de notre position. Nos réserves en carburant nous permettront de l'atteindre si nous ne rencontrons aucun obstacle sur notre route. Puis-je suggérer un autre cap ?
- Hors de question, répondit sèchement le Général. Ce système est le dernier endroit où nous pourrons trouver un poste de commandement Séparatiste qui n'est pas connu de la République. Le Clan Bancaire a financé la réalisation d'une arme qui sera capitale dans la suite des conflits. Je veux accélérer sa construction.
- En orbite de quelle planète doit-on verrouiller les coordonnées de sortie d'hyperespace ?
- Mustafar.
Le droïde s'exécuta, sans vraiment comprendre pourquoi ils devaient absolument se rendre là-bas. Cette planète était connue à travers la Galaxie pour être particulièrement inhospitalière et dangereuse.
Grievous regarda les étoiles se fondre en une masse informe autour du vaisseau. Le passage en hyperespace se fit rapidement après qu'il ait donné l'ordre de changer de cap. D'ici quelques heures, il serait sur Mustafar pour rencontrer les dirigeants séparatistes. Sidious avait disparu suffisamment longtemps. Il était temps que quelqu'un reprenne le contrôle de leur alliance s'ils ne voulaient pas risquer de perdre la guerre.
Anakin parcourut rapidement la distance qui séparait les turbos lifts du salon de Padmé. Elle était assise sur le canapé, ses jambes recroquevillées sous une mince couverture blanche. Le dispositif de transmission de l'Holonet était enclenché et transmettait un match de hockey antigravitationnel. Padmé n'avait jamais été une grande adepte de sport, mais elle suivait toujours les résultats de l'équipe de Naboo. Anakin, en revanche, appréciait ce genre de divertissement. Le couple avait pris pour habitude de regarder les matchs ensemble, lorsque cela était possible.
Anakin s'installa à côté de Padmé sans dire un mot. Elle lui adressa un sourire et l'invita à se blottir contre elle sur le canapé.
- J'ai parlé à Obi-Wan, déclara-t-il en soupirant.
Padmé ne répondit pas. Elle préféra rester le plus neutre possible pour permette à son mari de s'exprimer librement.
- Il a bien réagi. En fait, il ne semblait pas étonné.
- Que lui as-tu révélé exactement ?
- Juste l'essentiel. Il sait que nous sommes mariés et que tu es enceinte. Il n'a pas posé beaucoup de questions.
Padmé se sentit immédiatement soulagée. Elle n'avait jamais eu peur qu'Obi-Wan ne les dénonce auprès du Conseil. En revanche, la jeune femme savait qu'Anakin craignait la réaction de son ancien Maitre.
- Il m'a éclairé sur des possibilités que je n'avais pas envisagées, déclara Anakin d'un ton pensif.
- Raconte-moi.
- Nous avons parlé de mes visions. Tu connais Obi-Wan et ses conseils énigmatiques. Pour le moment, je n'en sais pas beaucoup plus mais... je pense qu'il saura se montrer de bons conseils.
Padmé hocha lentement de la tête. Le fait qu'Anakin se confie à Obi-Wan était déjà un grand pas en avant. Cependant, elle n'était pas naïve au point d'espérer que la situation change du tout au tout en une journée.
- Il aimerait que je parte en mission avec lui. Le transport décollera demain, dans la matinée.
- Je vois.
La jeune femme fit de son mieux pour cacher la tristesse que cette nouvelle lui inspira. Elle venait de retrouver Anakin et elle aurait aimé passer plus de temps avec lui. Une part égoïste de son esprit désirait le garder perpétuellement à ses côtés sur Coruscant. Cependant, sa partie rationnelle lui rappelait que les choses ne pouvaient être ainsi. Elles ne devaient pas l'être. Parcourir la Galaxie pour aider les gens rendait Anakin heureux, même s'il se plaignait parfois des missions qui lui étaient assignées.
Padmé passa ses doigts dans la chevelure légèrement emmêlée d'Anakin et se focalisa à nouveau sur les images qui défilaient sous leurs yeux. L'équipe de Naboo était en fâcheuse posture.
Anakin se remémora avoir déjà vécu ce moment, dans sa vie précédente. Cela le fit sourire, mais le rendit aussi quelque peu nostalgique. Les événements récents l'avaient précipités dans une spirale de problèmes. Padmé mourait toujours dans ses rêves et il allait partir le lendemain matin pour traquer le Général Grievous. Le jeune homme était reconnaissant d'avoir eu le droit à une seconde chance, mais il regrettait que la situation soit aussi compliquée.
- C'est un désastre, déclara Padmé en soupirant. Quatorze à cinq, l'équipe de Naboo n'a aucune chance.
- Ils vont gagner, répondit le jeune homme avec assurance.
- Tu dis ça uniquement pour me faire plaisir.
Anakin secoua la tête en souriant. Il se souvenait parfaitement de ce match. Les Naboo allaient remonter le score avant la fin du temps réglementaire et gagner la partie à la dernière minute.
- Tu ne connais rien au sport, se défendit-il en riant.
- C'est vrai, admit Padmé en haussant les épaules.
Anakin était étendu, la tête posée sur les cuisses de Padmé, lorsqu'il sentit une légère pression contre l'arrière de son crâne.
- Ton enfant essaie de te taper dessus, déclara la jeune femme en souriant.
Ce ne serait pas la première fois, pensa Anakin avec ironie. Il se demanda lequel des deux venait de bouger. Le jeune homme mourait d'envie de révéler à Padmé qu'elle attendait des jumeaux. Il serait facile pour lui de prétendre qu'il avait senti leur présence à travers la Force. Cette excuse serait plausible et lui permettrait de révéler cette nouvelle à sa femme sans qu'il ne trahisse son secret. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de croire qu'elle serait plus heureuse de garder la surprise jusqu'à la fin. Il décida donc de se taire.
- Un coup pareil, ça doit être une fille, rétorqua-t-il en souriant.
- Tu veux vraiment que ça en soit une !
- Non, je sais que nous aurons une fille. C'est tout, répondit-il en lui adressant un clin d'œil.
- Et comment s'appellera-t-elle, dis-moi ?
- Leia, répondit simplement Anakin.
Padmé resta bouche bée. Elle avait passé les derniers mois à imaginer quel pourrait être le prénom de son enfant et Leia avait toujours été l'un de ses favoris, pour une fille. Il était troublant qu'Anakin ait eu la même idée, sans qu'elle ne lui en ait jamais parlé.
- Ça ne va pas ? demanda le jeune homme.
- Tout va bien. Je suis... surprise. J'aime beaucoup ce prénom.
Anakin regarda sa femme en souriant. Cela ne le surprenait pas. Après tout, c'était elle qui avait choisi ce prénom, pas lui. Il n'avait fait que le reprendre, parce qu'il ne pouvait pas imaginer sa fille se nommer autrement. Cette fois-ci, néanmoins, elle porterait son nom. Celui de sa vraie famille. Leia Skywalker lui correspondrait bien mieux que le patronyme qu'elle avait été obligée de prendre pour garder son identité cachée.
Padmé se repositionna sur le canapé et posa ses mains sur son ventre. Elle afficha alors une légère grimace de douleur.
- Est-ce que tout va bien ? s'inquiéta Anakin en se relevant.
- Ne t'inquiète pas, répondit-elle en lui tendant la main pour qu'il l'aide à se relever. Je suis simplement fatiguée.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'ai besoin de sommeil, c'est tout. Mon dos me fait mal.
Padmé se dirigea vers leur chambre. Elle s'installa sur le bord du lit et s'étira légèrement en baillant. Les tenues qu'elle devait porter pour cacher sa grossesse étaient lourdes et désagréables. Les revêtir tous les jours était devenu un véritable fardeau. Elle aurait préféré pouvoir s'habiller avec des tenues plus adaptées, mais son secret ne devait pas être révélé à toute la Galaxie.
- Tu travailles trop. Ce n'est pas bon pour toi de te fatiguer de cette façon.
Padmé releva le visage et observa Anakin avec attention. Elle pouvait clairement lire de la peur sur son visage. Il ne tentait pas de la dissimuler.
- Je me sens bien. Avoir mal au dos, ce n'est rien ! s'exclama-t-elle avec agacement.
- Il ne s'agit pas de ça ! rétorqua-t-il sur le même ton.
Anakin se tourna face à la fenêtre et se focalisa sur l'immensité de la ville qui s'étendait face à lui. Des milliers de lumières s'étendaient à perte de vue. Ce paysage eut pour effet de le calmer provisoirement.
- C'est encore à propos de ton rêve, déclara Padmé, d'une voix maintenant plus douce.
Anakin soupira. Il sentit les mains de sa femme s'agripper à son bras gauche. Elle ne semblait pas inquiète. En fait, elle ne semblait pas le prendre au sérieux du tout. Ce constat l'agaça ! Pourquoi Padmé ne lui faisait-elle pas confiance ? Elle savait ce qui était arrivé à sa mère. Elle, mieux que quiconque, aurait du savoir que ses visions étaient à prendre au sérieux.
- Ani, je ne mourrai pas en donnant la vie.
- Je veux que tu arrêtes de travailler.
Padmé fut prise au dépourvue par cette dernière requête. Elle ne l'avait pas vue venir ! Anakin remarqua immédiatement sa mine déconfite.
- C'est temporaire ! ajouta-t-il en voyant les yeux de Padmé s'assombrirent. Pourquoi ne pas te rendre sur Naboo ?
- Le Chancelier vient d'être assassiné. Le Comte Dooku est mort, lui aussi. Crois-tu qu'il est temps pour moi de partir ? C'est une période cruciale dans l'histoire de la République.
Anakin délivra son bras de l'emprise de Padmé et soupira avec agacement. Il fit quelques pas dans la chambre pour tenter de se calmer, mais cela n'eut aucun effet sur son humeur.
- Pourquoi faut-il toujours que tu fasses passer la politique avant tout ? demanda-t-il, maintenant en colère.
- Ce n'est pas ce que je fais et tu le sais très bien ! rétorqua-t-elle avec indignation.
Anakin ne tenta pas de réprimer un rire sarcastique. Il secoua lentement la tête et baissa le visage en fixant le sol. Il ne voulait pas que Padmé puisse voir la rage qu'elle lui inspirait.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? murmura-t-elle avec stupeur. Je ne te reconnais plus.
Cette dernière phrase fit frissonner Anakin. Il sentit son dos se glacer et resta paralysé un instant. Leur discussion prenait des tournures inattendues. Elle commençait étrangement à ressembler à l'échange qu'ils avaient eu sur Mustafar, dans une autre réalité.
- Je ne veux pas que l'on se dispute.
Anakin prononça ces mots aussi calmement que possible. Il n'avait en rien retrouvé de sa quiétude, mais il se souvenait bien de la tournure qu'avaient pris les événements la dernière fois. Il savait qu'il ne ferait plus jamais de mal à Padmé, mais ses rêves semblaient indiquer qu'elle était toujours en danger. Il décida donc d'éviter tout ce qui pourrait lui nuire, comme Obi-Wan l'avait conseillé.
Padmé afficha un léger sourire. Elle était plus sage et, la plupart du temps, c'était elle qui mettait un terme aux disputes. Elle fut agréablement surprise de voir qu'Anakin avait pris les devants. La jeune femme s'avança pour se blottir contre lui.
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Le soleil commençait tout juste à se lever lorsqu'Anakin se réveilla en sursaut. Ses prémonitions n'avaient pas cessées. Padmé mourait toujours en donnant la vie.
- C'est pas vrai, murmura-t-il en prenant son visage entre ses mains.
Un coup d'œil par la fenêtre lui indiqua que le jour se levait et qu'il était inutile de tenter de se rendormir. Le jeune homme souleva la couverture et s'extirpa du lit aussi silencieusement que possible. Padmé se retourna et entrouvrit légèrement les yeux.
- Je vais te préparer du thé, déclara Anakin en se penchant pour déposer un baiser sur sa joue. Prends ton temps, ajouta-t-il avant de filer.
Le jeune homme se dirigea vers la terrasse. Le ciel orangé du matin apaisa quelque peu Anakin. Il se plaça près de la fontaine et écouta couler l'eau. Ce son avait toujours eu le pouvoir de le relaxer. Il lui rappelait Naboo et tous les bons moments qu'il avait passés là-bas.
La méditation n'avait jamais été le point fort d'Anakin. Néanmoins, aujourd'hui, elle semblait avoir un effet bénéfique sur son humeur. Le jeune homme se perdit dans ses pensées jusqu'à ce qu'il arrive à faire le vide autour de lui. Alors, il ressentit finalement les ondes de la Force. Il se laissa traverser par elle et se concentra sur Padmé.
Anakin analysa la dispute qu'il avait évitée le soir précédent sous un nouvel angle. Padmé avait déclaré qu'elle ne le reconnaissait plus. Au fond, cela n'avait rien de surprenant. Il était différent de l'homme qu'elle avait connu. Une vie entière d'erreurs et de souffrance les séparait.
C'est alors qu'Anakin eut une pensée nouvelle. Obi-Wan lui avait conseillé de trouver ce qui pouvait nuire à Padmé. S'il pouvait mettre le doigt sur le vrai problème, alors il arriverait peut-être à trouver une solution.
Des années auparavant, Padmé était morte en donnant la vie. Sa vie s'était éteinte de façon très mystérieuse. Anakin n'avait que peu de détails à ce sujet. Il avait fait des recherches, mais il semblait que les raisons du décès de Padmé avaient été bien cachées. Néanmoins, l'intuition d'Anakin lui avait toujours dicté qu'il s'agissait de sa faute. Il lui avait fait du mal, et elle ne s'en était jamais remise.
Le cœur du jeune homme fit un bond dans sa poitrine et il rouvrit les yeux avec horreur. Padmé était morte par sa faute, la dernière fois.
- Le problème, c'est moi... murmura-t-il avec dégoût.
Tout commençait à prendre du sens. Ses rêves, la mort de Padmé, son retour dans le passé. Si elle mourait toujours, c'est parce qu'Anakin n'avait pas détruit totalement sa connexion au Côté Obscur. Il avait passé une vie entière sous l'identité de Dark Vador, et il n'arrivait pas à s'en défaire complètement.
La première fois qu'il avait constaté cela était lorsqu'il avait tué le Comte Dooku et Dark Sidious. Il avait usé délibérément du Côté Obscur de la Force. Cela ne l'avait pas choqué. Il avait cru bien faire en mettant un terme au rège des Sith. Néanmoins, il s'était servi d'un aspect très sombre de sa personnalité.
La deuxième fois qu'il avait constaté que sa connexion aux facettes obscures de la Force n'était pas complètement détruite était lors de sa dispute avec Padmé, la veille. Elle l'avait agacé en n'acceptant pas de se ranger de son côté et il n'avait pu contrôler sa colère.
Anakin n'avait aucune preuve de sa théorie, mais il était convaincu qu'il faisait parti du problème. S'il voulait sauver la vie de Padmé, il allait devoir face à un ennemi de taille. Lui-même.
Je suis qu'un vieux poney. J'avais mis le chapitre sur le blog mais pas sur ! Désolé pour le retard, à bientôt et merci encore à tous ceux qui me laissent des reviews ;)
