Un rayon de soleil qui avait traversé une petite fente dans les rideaux le réveilla. Rumple se leva apaisé de son lit, alla faire une brève toilette au lavabo, sortit des vêtements de son armoire et les mit rapidement. Il sortit de sa chambre et en traversant le couloir, il passa devant la chambre de Rosalie et regarda dans l'entrebâillement de la porte : elle était sur les genoux de la nourrice qui jouait avec elle, sur sa tête on pouvait voir de plus en plus de cheveux bruns. Par peur d'être vu en train d'espionner, il décida de continuer sa route vers la cuisine où il prit un petit pain brioché qu'il avait acheté la veille.

Il alla directement en mangeant sur le chemin à la bibliothèque pour faire quelques recherches. Arrivé, dans l'immense salle où les murs de 5 mètres de haut étaient remplis d'ouvrages, il se concentra, il lui fallait un manuel où était répertorié les sorts et potions les plus puissants, il le visualisa et le livre apparut aussitôt entre ses mains. Il se mit sur son grand bureau en bois où étaient déjà empilé plusieurs grimoires et étudia l'ouvrage.

- Monsieur Rumplestiltskin ! Entendit-il au loin. Il releva la tête, cela faisait une bonne heure qu'il était sur ce bouquin.

Surpris, il se téléporta dans la salle à manger, d'où provenait le son, Irina s'y tenait au centre affolée.

- J'espère que tu m'as dérangé pour une bonne raison petite sotte ou je te confisque ta voix. S'exclama-t-il.

- C'est Rosalie, venez ! S'écria-t-elle en se ruant vers l'escalier principal qui menait aux chambres.

Comme il n'avait pas le temps de lui courir après il se téléporta directement dans la chambre de sa fille, il se dirigea vers son berceau et l'observa, rien d'anormal, elle gazouillait en balançant ses jambes de manière désordonnée. Irina venait juste d'arriver devant le pas de la porte essoufflée.

- Que se passe-t-il, tout est normal ? La questionna-t-il.

Elle se dirigea devant le berceau, mit son pouce sous le menton du bébé et exerça une légère pression ce qui la fit entrouvrir la bouche.

- Regardez ! S'étonna-t-elle en lui montrant une petite dent sur la gencive du bas.

- Et alors ?! Vous m'avez dérangé pour me montrer la première dent de ma fille ? Mais qu'est-ce que ça peut me faire ? Dans quelque temps elle en aura une trentaine ! Lui répondit-il en s'énervant.

- Mais vous ne comprenez pas elle a seulement trois jours, les premières dents apparaissent à l'âge de trois ou quatre mois, regardez la en trois jours elle a pris au moins deux kilos et dix centimètres ! Lui répondit-elle en haussant le ton.

- Qu'est-ce que vous sous entendez ? Lui demanda-t-il menaçant.

La nourrice prit une grande inspiration, elle était sure de sa théorie, elle avait pu l'observer pendant ses trois jours et la pousse de la petite dent lui avait tout confirmé, seulement elle avait peur de la réaction du ténébreux.

- Je pense que la croissance de votre fille est par je ne sais quel moyen accélérée. Dit-elle en un souffle.

Cette phrase lui fit l'effet d'un choc, dans l'esprit de Rumplestiltskin défila un tas d'images à vitesse rapide et tout à coup cela devenu plus clair. Comment cela avait-il pu lui échapper ? Il avait fait en sorte de raccourcir la grossesse de Regina, la vie de Rosalie sera donc au même rythme que celle-ci. Il avait déjoué les lois de la nature et était en train d'en payer le prix fort.

Sans réfléchir il attrapa sa fille dans le berceau, se retourna et en ignorant la nourrice, partit d'un pas sûr et dynamique en direction de son laboratoire de magie.

- Qu'est-ce que vous faites ? Où est-ce que vous l'emmener ? Le questionna Irina, inquiète qui trottinait difficilement derrière lui.

Il savait parfaitement ce qu'il allait faire, il avait cette idée en tête bien avant sa naissance mais ne pensait pas l'utiliser aussi tôt. C'était le seul moyen de la protéger de ce qu'il craignait le plus, c'est principaux ennemis, les êtres maléfiques, dotés de pouvoirs magiques. En effet, dès qu'ils auront connaissance que le ténébreux, redouté de tous a une fille et qu'en plus elle grandit beaucoup plus vite que la normale, toute cette vermine viendra essayer de l'atteindre ou pire tenter des expériences sur elle.

Voyant, Irina se rapprocher de plus en plus de lui et en ayant marre de presser le pas, il s'arrêta ce qui stoppa net la nourrice qui faisait désormais face à lui. Il fit un simple geste de la main et se retrouva avec son bébé enveloppé dans un épais nuage violet foncé. Il atterri donc à l'endroit auquel il avait imaginé, son laboratoire. Il déposa alors la petite sur le comptoir où étaient disposé plusieurs tubes à essai et ustensiles de chimie et pensa fort à un ouvrage. Entre ses mains apparut aussitôt en gros livre avec une couverture en cuir ou était inscrit dessus en relief « Sorts de Protection ».

C'était exactement ce qu'il lui fallait, il tourna rapidement les pages du grimoire et s'arrêta sur une des dernières pages, ce sort faisait partie des derniers qu'il avait créés. Bien qu'il les connaissait par cœur, il relu les ingrédients nécessaires et les instructions du sort. En ce qui concerne les ingrédients, il n'y en avait qu'un seul, très puissant, qui, mélangé à la magie du ténébreux devenait quasiment invincible. Il se concentra sur ce dernier et sa dague apparue entre ses mains. Il fit tourner l'objet avec sa main gauche sur le pommeau et l'index de son autre main sur la pointe et observa les détails de l'objet. Lorsqu'il la tenait de cette façon cela lui donnait l'impression de jouer avec une flamme, si petite et pourtant tellement puissante et dévastatrice. Rumplestiltskin sortit le bras gauche de sa fille de la couverture dans laquelle Irina l'avait enroulé avec soin et retroussa sa petite manche en coton, il décala l'élastique qui lui tenait le poignet juste en dessous de l'épaule, de sorte qu'elle est le bras dégagé. C'était un sort douloureux pour celui qui le recevait, il le savait mais n'avait pas le choix.

- Elle est très jeune, elle ne se rappellera pas de la douleur, pensa-t-il.

Le ténébreux prit une profonde inspiration et leva sa dague tout en attrapant le poignet de Rosalie, il le maintien tendu et fit une entaille de son coude jusqu'à son poignet ce qui réveilla les pleurs de l'enfant. Il souleva l'objet au-dessus de sa tête et invoqua les ténèbres auxquels ils faisaient toujours appel pour ses sorts, à mesure de leurs puissances les ténèbres répondaient de plus en plus nombreux. Les forces obscures répondirent aussitôt en entourant comme des serpents le bras du bébé, ce qui l'agitait davantage. Le mage noir continuait à maintenir fermement le membre tendu de sa fille qui se débattait et posa sa dague à côté d'elle pour lui poser sa main libre sur le ventre pour tenter de la calmer. Plus elle resterait tranquille plus la douleur s'estomperait rapidement. Il observa attentivement le bras de sa fille où deux lettres noires en gras avaient fait leur apparition en dessous de son coude.

Les ténèbres continuaient leur travail en créant d'autres lettres, Rosalie semblait s'être faite à la douleur, bien qu'elle pleurait toujours, elle était beaucoup moins agitée. Au bout d'une dizaine de minutes, les forces obscures disparurent pour laisser apparaître une quinzième et dernière lettre. Rumple étudia le bras de sa fille, fière de son travail.

En effet, à l'intérieur de l'avant-bras de la fillette, il pouvait lire de la même écriture que sa dague « Rumplestiltskin ». Désormais, elle lui appartenait grâce à ce sort, personne ne pouvait la tuer ou lui arracher le cœur excepté lui. Il lui remit sa manche en place et l'enroula dans la couverture, elle s'était maintenant calmée. Le magicien pris son bébé dans ses bras et la serra contre lui de façon qu'il puisse sentir son petit cœur battre contre sa poitrine.

Il se téléporta dans la chambre de Rosalie où il trouva la nourrice énervée qui faisait les cent pas. Elle leva la tête surprise et se rua vers le ténébreux pour prendre l'enfant dans ses bras.

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Lui demanda-t-elle en lui enlevant la couverture et en la regardant sous toutes les coutures.

- Vous n'êtes qu'un monstre. Lui dit-elle en observant le bras gauche du bébé.

Il s'avança et se planta devant elle ce qui obligea la servante plus petite que lui à lever les yeux pour le regarder. Il avait les lèvres serrées et la regarda comme si elle était une moins que rien.

- Cette enfant m'appartient, vous n'avez pas à donner votre avis sur son éducation. Déclara-t-il.

Il jeta un dernier coup d'œil à Rosalie qui s'était endormie et tourna les talons.