Depuis cette fameuse journée, il y avait une chose qui préoccupait la jeune fille, à mesure que les jours défilèrent, l'attitude de son père envers Belle devenait très bizarre, tout a commencé le jour où cette dernière avait fait tomber une tasse sans que Rumple réagisse, ensuite il lui avait accordé une chambre assez facilement, lui avait donné accès à la bibliothèque. De plus Belle avait fait accepter tant bien que mal à son père de laisser ouvert tous les rideaux des fenêtres et à présent, elle prenait les repas avec eux. Même si ce dernier point l'avait arrangé puisque la servante avait ouvert la séance de négociation sur l'apprentissage des armes à sa fille. Finalement contre deux jeunes femmes déterminées, le ténébreux avait été contraint d'accepter, son entraînement commençait le lendemain matin et la fillette était surexcitée. Rosalie avait maintenant l'apparence d'une enfant de 12 ans, elle était désormais prête physiquement à recevoir cet enseignement.

Le lendemain matin, la princesse s'était levée aux aurores et avait rejoint son père dans les jardins où il avait disposé plusieurs armes.

- Alors laquelle je prends ? demanda la fillette surexcitée en étudiant l'arc et les différentes épées posées au sol.

- On va commencer avec celle-ci, lui répondit son père en lui tendant une fine épée qu'elle lui prit.

De là, un combat lent commença entre les deux, Rumplestiltskin expliqua à sa fille les bases des techniques de combat. Belle les observait un peu plus loin sur un banc, un livre entre les mains. Une fois les bases acquises, le ténébreux décida de passer à la vitesse supérieure en se lançant dans un duel avec Rosalie. Cependant, ce dernier avait le dessus grâce à sa grande rapidité et l'enfant commençait à s'impatienter, elle décida donc de passer au tir à l'arc dans lequel elle était beaucoup plus à l'aise. Pendant la séance de combat, la jeune fille remarquait que le ténébreux regardait la servante d'un regard insistant comme s'il essayait de l'impressionner.

Quelques jours passèrent, un matin Rosalie se leva tôt et descendit prendre son petit déjeuner. Elle avait pour projet aujourd'hui d'apprendre à tirer à l'arc tout en montant à cheval. Après avoir prit son repas, elle alla dans les écuries en passant par les jardins pour espérer croiser Belle qu'elle n'avait pas vue à l'intérieur. Une fois sa jument prête, elle décida d'aller interroger son père, inquiète de la disparition de la servante.

- Je l'ai envoyé au village, chercher de la paille. Lui répondit ce dernier.

Bizarre, il avait peut être finalement laissé un peu de liberté à la prisonnière, comme il l'a nommait auparavant.

Après son entrainement, elle mangea rapidement un petit pain fourré à la viande et demanda à son père de l'aider à s'entrainer sur les combats de magie. Ce dernier accepta volontiers et ils partirent tous les deux en direction du jardin.

- Je t'en prie, commence très chère, s'exclama-t-il en se positionnant au centre du jardin.

Elle lança une première boule de feu que son père esquivât en ricanant et lui envoyant une boule d'énergie verte. Le combat était lancé.

- Que le meilleur gagne, pensa la jeune fille.

Elle propulsa son père à terre qui se releva immédiatement et qui l'étrangla à distance en se rapprochant de Rosalie, cette dernière ne vit pas l'attaque venir et prise au dépourvu elle n'arrivait pas à se débattre.

- C'est bon tu as gagné, avoua-t-elle vaincue.

Cependant, la pression que le ténébreux exerçait sur son cou ne se désemplissait pas au contraire elle se resserrait lentement. Rumplestiltskin fixait sa fille avec un regard haineux comme si elle était sa pire ennemie.

- Papa, arrête s'il te plait. Parvint à peine à articuler l'adolescente.

Cette scène dura encore quelques secondes, jusqu'à ce que ce dernier cligna des yeux et baissa son bras. Sa fille porta ses mains à son cou et reprit sa respiration tant bien que mal.

- Excuse-moi Rose, je ne voulais pas te faire de mal. Lui dit-il.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu n'es pas normal en ce moment. Le questionna-t-elle.

- Rien, ne t'inquiète pas, je vais bien. Répondit-il froidement.

- Non, ça va pas je ne suis plus une enfant que tu as besoin de surprotéger, dis-moi la vérité ! S'exclama-t-elle.

- C'est Belle, elle est partie.

- Quoi ? Oui elle est allée au village mais elle va rentrer, c'est juste ça qui t'inquiète. Lui répondit l'adolescente.

- Non, elle ne rentrera pas, parce que je lui ai dit que mon souhait était qu'elle ne revienne plus.

- Je ne comprends pas, pourquoi ? Le questionna-t-elle.

- C'est normal, tu es trop jeune pour comprendre. Lui dit-il en mettant fin à la conversation.

En réalité, elle avait une petite idée sur le pourquoi mais préférait le garder pour elle tant qu'elle ne serait pas sure. En effet, Rosalie ne pensait pas que son père serait content d'apprendre de la bouche de sa fille qu'il en pince pour sa servante.

- Je vais préparer le repas. Lui dit-elle en quittant le jardin.

- Très bien, je ne mangerais pas ce soir, je n'ai pas faim.

L'adolescente rejoignit la cuisine où elle s'attela à une tourte aux champignons. Le temps de préparation lui permettra de passer le temps jusqu'au coucher du soleil. Au moins, elle n'aurait pas à subir l'humeur de son père qui s'était enfermé dans son laboratoire.

Elle commença par préparer la pâte puis pendant que cette dernière reposait elle s'attela en coupant les légumes. Pendant la cuisson, elle s'occupa en faisant la vaisselle avec sa magie, autant rendre la tache amusante. Lorsque le plat fut prêt, elle le laissa tiédir un petit moment et se coupa une part qu'elle dégusta rapidement. Elle mit ensuite la tourte sous une cloche et monta dans sa chambre prendre un bain, elle en avait tellement besoin après cette journée remplis d'entrainements qui l'avait vidé.

Rosalie somnola dans son bain quand elle entendit son père courir et descendre les marches en courant, elle sortit donc rapidement et alla dans le couloir où elle se cacha en haut de l'escalier principal pour écouter ce qu'il se tramait en dessous. Apparemment c'était Belle qui venait juste de rentrer de son expédition au village.

Même si la porte au bout de l'escalier était fermée, elle arriva à parfaitement entendre la conversation.

- Oh, vous voilà déjà de retour, oh bien ! Ça tombe bien, je suis presque à court de paille. Commença à dire son père.

- Allez avouez le, vous êtes heureux que je sois revenue.

- Au mois je n'en suis pas malheureux.

« Quel imbécile ! » pensa l'adolescente.

- Vous n'avez pas oublié, vous m'aviez promis de me raconter votre histoire.

- Ah oui ?

- Qu'est-il arrivé à votre fils ?

« Bon courage Belle, il a horreur d'en parler » commenta en silence Rosalie.

- Oh c'est… J'ai fini par le perdre. Il n'y a rien de plus à en dire je vous assure.

- Et depuis tout ce temps vous n'avez jamais aimé personne et plus aucune autre femme ne vous a aimé.

- Pourquoi êtes-vous revenu ?

- Au début je n'en avais pas l'intention, mais voilà quelque chose m'a fait changer d'avis…

« Quelle chose, fini ta phrase, pourquoi ce silence tout à coup, je veux voir ce qu'il se passe ! » s'impatienta la jeune fille.

- Que se passe-t-il. Entendit-elle son père murmurer.

- Embrassez-moi encore, ça marche !

« Pardon ?! C'est une plaisanterie ? » Réagit-elle. Elle allait finir par démolir la porte.

- Quoi ?

- Tous les sortilèges peuvent être brisés.

- Qui vous a dit ça ?! Comment savez-vous ça ?!

Quelque chose tomba au sol.

- Quelqu'un me l'a dit, elle était… je sais pas qui c'est…elle, elle était...

- Elle, oh toi… esprit maléfique, je sais que c'est toi, c'est toi qui l'a retourné contre moi ! Tu crois que tu peux m'affaiblir ? Tu crois que tu peux m'abattre.

- A qui vous vous adressez vous ? Vous êtes en train de parler à qui ?

- A la reine ! Votre amie la reine.

- Comment ?

- Comment vous a-t-elle trouvé ?

- Quoi ? Quelle reine je sais pas de qui vous parlez.

- Je trouvais ça aussi étrange, je savais que vous ne pouviez pas m'aimer. Oh oui, vous travaillez pour elle ? Ou bien est-ce vous seule, vous qui vouliez tellement jouer les héroïnes et tuer la bête.

- Mais ça marchait.

- Pas un mot de plus !

- C'est un amour véritable !

- Taisez-vous je vous l'ordonne !

- Pourquoi vous ne me croyez pas ?!

- Parce que personne, personne ne pourra jamais m'aimer ! Explosa le ténébreux.

La jeune fille toujours cachée entendit des bruits de pas précipités qui s'approchaient de l'escalier principal. Elle courut alors jusqu'à sa chambre, où elle y claqua sa porte et se jeta sur son lit. Elle était choquée de la scène qui venait de se dérouler, son père avait totalement pété les plombs et était devenu complètement fou mais il avait rejeté la petite lueur d'amour qu'il avait et qui avait grandi depuis l'arrivée de Belle.

En effet, son père avait toujours vu ce sentiment comme une faiblesse et au fur et à mesure qu'elle avait grandi il lui montrait de moins en moins d'affection, même s'ils s'étaient toujours bien entendu, ces moments devenaient très rares et avec un seul parent, la princesse en avait peut-être plus besoin. Une petite larme s'échappa de son œil pour finir sa course le long de sa joue, Rosalie avait toujours appris à intérioriser ses émotions afin de paraître plus forte mais il arrivait quelque fois que ses sentiments prennent le dessus.

Elle entendit la porte du cachot claquer et compris que la servante était de retour dans cette pièce. Cela renforça son chagrin, elle voulait courir sortir Belle de là, lui dire que ce n'était pas grave, que son père était comme ça et de continuer à se battre, mais cela en valait-il vraiment la peine ?

Ses pleurs redoublèrent quand elle entendit du verre se briser, Rumple était en train de crier et s'acharner sur la vitrine de la salle à manger et sur quelques bibelots en verres qui trainaient. Après cela, il remonta en courant en direction du cachot. Cette fois ci, elle ne voulait pas écouter leur conversation, quelques minutes passèrent avant que cette dernière se terminent, des premiers pas se dirigèrent vers la sortie puis d'autres suivirent l'instant d'après.