Désormais, Rosalie ne manquait plus aucune veillée autour du feu de camp de Peter, bien décidée à en savoir plus sur ce mystérieux adolescent qu'elle n'avait pas réussi à le faire tomber sous son charme. Plus les soirées passèrent plus, plus un climat de duel s'était créé entre les deux adolescents. La jeune princesse, ayant hérité du coté joueur de son père, prenait cette rivalité comme un défit et gagner lui tenait particulièrement à cœur, pire elle ne se voyait pas perdre. A chaque fois, ils essayaient de prouver à Peter qui était le meilleur en s'affrontant à diverses disciplines tel que le combat à l'épée, le tir et mêmes les jeux en équipe, cette compétition amusait beaucoup leur chef qui se voyait à chaque fois plus créatif.

En effet, lors de la prochaine réunion autour du feu de camp soit dans 3 jours, Peter avait organisé un relais, chaque compétiteur avait 4 garçons perdus avec lui dans son équipe et Félix et Rosalie fermait le jeu, tout le poids de la victoire reposait donc sur leurs épaules. Le chef du clan, leurs avait déjà exposé les différentes disciplines du relai pour que les jeunes adultes puissent s'entrainer et constituer leur équipe. Cela faisait donc une semaine que la jeune fille s'entrainait chaque jour sans relâche. En effet, le relai était composé au départ d'un slalome entre une rangée d'arbres très serrés, d'un passage en rampant à l'intérieur d'un tronc creux, d'une partie équilibre avec un arbre fin à traverser dans sa longueur, d'un tir de précisons dans une cible et d'une course de vitesse sur le retour. La deuxième et le dernière étape inquiétait la princesse mais elle savait que son adversaire avait un gros point faible sur la partie d'équilibre, elle devait donc rattraper son retard voir prendre de l'avance idéalement sur cette épreuve. Gagner, ce relai était donc primordiale, de plus, la jeune femme en avait marre d'entendre les mêmes phrases incessantes de l'adolescent prétentieux tel que :

« je vais t'écraser ma p'tite », « tu n'auras même pas commencé la course que je serais déjà arrivé ! ».

Il restait peu de temps avant la fameuse soirée et Rosalie s'entrainait à tirer à l'arc, un tir précis en peu de temps exactement. Elle était concentrée sur tous éléments pour un tir parfait, posture, position de la flèche par rapport à la cible, elle tira légèrement sur la corde, prit une profonde respiration quand elle sentit une main glisser sur sa hanche et exercer une pression pour qu'elle pivote encore plus de profil qu'elle y était. Elle sentit la main du mystérieux inconnu remonter en la frôlant légèrement pour s'attaquer à son coude qu'il releva légèrement et tandis qu'une deuxième main s'attela à son autre bras tendu qu'il remonta aussi. L'inconnu se tenait derrière elle dans la même position qu'elle de façon à ce que leur corps ne fasse qu'un, cette proximité fit tressaillir l'adolescente. Cette sensation n'a pas cesser de s'accroitre surtout quand elle a sentit le souffle émaner de la bouche de son inconnu lui murmurer à l'oreille :

- Un bon archer atteint toujours sa cible avant même d'avoir tiré.

Elle reconnue rapidement cette voix, qui avait l'habitude de la taquiner notamment ces derniers jours.

Sous la pression exercée sur son coude, elle prit donc une profonde respiration et tira sa flèche qui après une longue course silencieuse arriva en plein centre de la cible. Elle se retourna aussitôt et fit face à son redoutable adversaire Félix.

- Tu n'as pas besoin de m'apprendre à tirer à l'arc, je sais très bien le faire toute seule ! Rétorqua t-elle touchée dans sa fierté.

- Non, tu n'aurais jamais atteint la cible sans moi, tu étais beaucoup distraite, on se demande par quoi d'ailleurs. Lui répondit-il un sourire malin.

- Mais oui bien sûr, parle toujours, l'espoir fait vivre ! Lui lança t-elle en lui mettant une tape sur l'épaule.

- Aller entraine toi bien, dommage que j'en ai pas besoin contrairement à toi, je vais pouvoir pavaner tranquillement, dépêche il ne reste plus beaucoup de temps. Fini-il par lui dire avant de repartir.

Finalement, le jour de la compétition arriva bien plus vite que l'avait prévu Rosalie, la soirée commença par le fameux relai et un banquet suivait en l'honneur du vainqueur.

La jeune femme se tenait à quelques mètres de la ligne départ et s'échauffait brièvement. Quelques instants plus tard, le gong du départ retentissait et les premiers enfants perdus de chaque équipe s'élançaient à folle allure dans le parcours. Le premier candidat de Félix avait une légère avance que le deuxième candidat de Rosalie rattrapa. Le hasard fit que les deux adversaires partirent pour le dernier parcours du relai en même temps. Ils arrivèrent à la fin du slalome avec quelques secondes d'écart, puis l'écart se creusa dans le passage du tronc creux en rampant où le garçon perdu prit une sacrée avance. Une fois, qu'elle eut réussi à s'extirpé de ce fameux tunnel, l'adolescente se précipita sur la poutre qu'elle traversa en trottinant avec grasse tandis que son adversaire avançait difficilement pas par pas en ne manquant pas de perdre l'équilibre à chaque pas de plus. Quand il la vu traverser cette épreuve avec autant de facilité il en fut estomaqué à tel point que ce manque de concentration lui fit perdre l'équilibre et tomber.

- Tu recommences du départ de la poutre ! Lui ordonna Peter qui les observaient de loin.

Félix fit la moue et remonta sur la poutre.

Rosalie profita de cette avance pour saisir l'arc et se concentrer sur la cible, quand elle entendit son adversaire se diriger à son tour vers l'épreuve, elle tira sa flèche qui arriva à quelques centimètres du mille. Elle rassembla ensuite ses dernières forces pour terminer la dernière épreuve : le sprint final. Elle était au trois quart de la course, quand Félix s'élança à son tour bien déterminé à la rattraper, il eut beau courir aussi vite qu'il put, la jeune fille avait une trop grande avance et franchit la ligne d'arrivée la première sous les applaudissements des garçons perdus.

Après, cela sa victoire fut dignement fêtée avec un gros festin, des danses et autres jeux, même Félix avait le sourire, ce qui l'intrigua. Peter fit tourner comme à son habitude sa célèbre pipe, la jeune fille profita de ce temps calme, pour s'éclipser discrètement.

Seule dans les bois, elle était presque arrivée à sa maisonnette en bois quand elle entendit des pas derrière elle, elle se retourna et découvrit Félix qui marchait gracieusement vers elle.

- Alors ? C'est comme ça que tu fêtes ta victoire Rose ? Mmm quelle modestie ! S'esclaffa t-il.

La jeune femme fut étonnée qu'il l'appela par son surnom, d'habitude il la surnommait Rosalie, fillette ou encore princesse.

- Tu viens me reprocher d'avoir triché ou bien d'avoir trafiqué le parcours avec ma magie ?

- Pas le moins du monde, de toute façon je t'ai laissé gagner ! lui répondit-il fier.

- Waouh, quel gentleman ! Pourquoi n'avoues tu pas simplement que tu as été distrait, on se demande par quoi d'ailleurs. S'exclama t-elle à son tour en reprenant ses paroles avec un sourire malicieux.

- Effectivement j'ai bien été distrait, toujours aussi perspicace à ce que je vois, reste à savoir par quoi. Dit-il en réduisant la distance entre eux.

Il se planta devant elle, ce qui obligea la jeune princesse beaucoup plus petite à lever la tête pour soutenir son regard. L'adolescent prit le visage de Rosalie, entre ses mains et déposa un baiser sur ses lèvres. Surprise par ce geste totalement insensé, elle voulut d'abord le repousser mais le courant électrique qui partit de sa bouche et qui traversa tout son corps, la cloua sur place. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, elle regarda Félix qui afficha un sourire béat, elle devait surement être quand à elle rouge comme une pivoine.

- C'est ce qu'on appelle un cadeau de victoire, lui susurra t-il avant de repartir sur le campement.

Ce soir, la jeune femme s'endormit pour la première fois depuis son arrivée au pays imaginaire, avec le sourire et heureuse tout simplement.

Les jours suivants, Félix et elle passèrent toutes leurs soirées ensembles quand il n'y avait pas les veillées de Peter, ils avaient décidé de garder leur histoire secrète pour le moment. Les soirs, l'adolescent venait donc rejoindre discrètement sa princesse qui l'attendait avec impatience. Ensemble, ils restèrent plusieurs heures sur le sable de la crique à discuter, rire et se charrier. Quand l'adolescente avait rencontré le garçon perdu pour la première fois, elle n'avait jamais pensé qu'ils s'entendraient aussi bien, ils ne se posaient pas de question sur l'avenir et vivaient leur idylle amoureuse au jour le jour.

Un soir, alors que Rosalie avait préparé un pique nique au bord de la plage, elle avait charrier son amoureux sur son capuchon qui lui donnait un air de prêtre, même si ce dernier le mettait à présent beaucoup moins. Vexé par la comparaison, il prit par surprise la jeune fille et la porta sur son épaule jusqu'à l'intérieur de l'eau, même si cette dernière se débattait vivement il n'eut pas de mal à l'emmener dans les profondeur et la posa d'une traite dans la mer calme. Après avoir chahuté comme des enfants, Félix prit sa belle par les hanches et l'approcha contre lui de façon à ce que leurs corps se touchent entièrement, il l'embrassa passionnément comme il ne l'avait encore jamais fait, Rosalie se sentit partir quand leurs langues débutèrent une danse lente et sensuelle. Quand l'adolescent, du quitter sa belle après qu'ils eurent sécher sur la plage, Ariel vint rejoindre son amie bien décider à lui soutirer des informations par rapport à la scène à laquelle elle avait assisté quelques minutes auparavant.

Ce jour là, la jeune princesse remercia silencieusement les cieux que son amie n'eut toujours pas retrouvé sa voix.

Au fil des années, Rosalie et Félix filèrent le parfait amour, de sorte à ce que chaque journée devenait inoubliable jusqu'au jour où ce dernier lui annonça que des inconnus avaient fait leur arrivée sur le pays imaginaire et qu'un danger approchait.