Angleterre, XIXe siècle

- C'est un garçon, docteur. Déclara la vieille dame qui avait assisté le médecin du dépôt de mendicité durant l'accouchement.

- Ce pauvre petit sera voué à être orphelin, ce destin est surement mieux que vivre en étant le fils d'une catin. Expliqua l'homme en recouvrant le corps de la défunte.

- Qu'allons nous en faire ?

- Nous allons laisser l'hospice s'en charger, comme il en a l'habitude.

Le nourrisson fut tout d'abord placé dans une ferme pendant ses neufs premières années puis replacé à l'hospice avec d'autres orphelins.

- Oliver ! Lève toi espèce de flemmard ! Cria l'homme en mettant un coup de pied dans son lit.

Aujourd'hui le prit garçon fêtait ses 10 ans mais lui seul le savait. Cela faisait une longue année qu'il était enfermé ici, dans ce trou à rat comme il le nommait. Il se leva péniblement de son lit sous les hurlements de Bumble, leur responsable. Ce matin il avait seulement voulu s'accorder 5 min de plus pour rêver de liberté mais c'était attiré la colère de leur surveillant pour la journée. Le garçon partit alors au pas de course rejoindre ses camarades à la salle de bain commune. Moins d'une demi heure plus tard, il était déjà à son poste de tireur de taupes. Après 3 heures sans relâche, le jeune orphelin retrouva ses amis. Il l'avait complètement oublié mais aujourd'hui était le grand jour de « la rébellion » comme ils l'avaient appelé.

En effet, la qualité et les proportions de nourritures diminuant sans cesse de jour en jour, les garçons avaient décidé de choisir parmi eux, un courageux qui irait demandé aux chefs à être resservi pour que ces derniers comprennent qu'il était inconcevable de sortir de table le ventre à moitié vide. A la fin de leur journée de travail, un peu avant le repas du soir, le moment de désigné le courageux qui irait affronter les adultes arriva. Chacun des garçons tira à son tour à la courte paille. Quand vint le tour d'Oliver, la paille qu'il tira fut malheureusement la plus courte et il se rendit au réfectoire la boule au ventre. Une fois son bol fini, il rassembla tout son courage et alla voir le plus vieux des adultes.

- S'il vous plait m'sieur j'en voudrait encore. Lui supplia t-il en priant pour que sa réaction ne soit pas trop dure.

Ce dernier choqué, lui donna un coup de cane et le coursa dans tout le réfectoire et l'enfant fut envoyer au cachot en attendant d'être pendu ou vendu.

L'attente fut horrible, durant le mois suivant une dizaine d'hommes aussi malsains les uns que les autres se succédèrent pour l'acheter. Jusqu'au jour où Oliver fut vendu à un certain M Sowerberry, croque mort. Même si sa femme n'était pas heureuse de le recevoir, ce soir l'enfant s'endormit le ventre plein et dans un lit confortable, même si ce dernier se trouvait au milieu des cercueils.

Le garçon passa les deux années suivantes à travailler pour cette famille même si la vie n'y était pas facile il était toujours mieux qu'à l'hospice. Il travaillait dur chaque jour pour que le patron soit fier de lui. Le seul problème qu'il rencontrait quotidiennement était Noé le fils unique de la famille qui lui faisait vivre un enfer. A chaque remarque, intimidation ou encore moqueries le jeune orphelin prenait sur lui jusqu'au jour où Noé alla trop loin en insultant sa mère. Incapable de se contenir plus longtemps, Oliver fou de rage sauta sur son ennemi et le frappa violemment au visage, jamais il avait ressenti une telle haine. Noé hurla sous les coups ce qui alerta mme Sowerberry et la servante qui les séparèrent et l'enfermèrent ensuite dans le garde mangé. A son retour, son patron avec qui il avait toujours eu de bons rapports le frappa violemment sans même écouter sa version, ce soir là Oliver prit la décision qui allait bouleverser sa vie à jamais. Dans la nuit, alors que tout le monde dormaient profondément, le garçon réussit à ouvrir le garde manger, y vola quelques en cas et s'enfuit de la maison. Il marcha toute la nuit sur les routes de campagne sans savoir vraiment où aller, son seul repère était les panneaux « London » avec la distance qu'il restait pour atteindre la ville, il se disait que tant qu'il suivait les panneaux il serait sur la bonne route. Une semaine plus tard, il arriva tant bien que mal à la capitale. Cependant, sa situation ne s'améliora guère, il mendiait pour manger et dormait où il ne se faisait pas chasser, sous un pont, sur les marches d'une église… Le dimanche matin, qui était devenu son jour préféré car c'était le jour du marché, les gens étaient un peu plus généreux que les autres jours et les commerçants lui laissaient quelques restes aussi. Ce jour là, en se réveillant sur les marches de l'église, il aperçut une garçon un peu plus âgé que lui qui se tenait à ses cotés et qui l'étudiait.

- Salut mon vieux ! Brisa le silence l'inconnu. Qu'est ce qu'il t'arrive à toi ? Tu n'es pas du coin. D'où es-ce que tu viens ?

- Je marche depuis une semaine. Répondit simplement Oliver.

- Une semaine ? Wahou, tu as faim ? Et bien tu vas manger, suis moi.

Pas tout à fait réveillé, le garçon suivit sont interlocuteur difficilement et il fut plus que surpris lorsqu'il le vu voler du pain aussi facilement.

- Ah en fait mon nom c'est Jack Dawkins ou le parfait coquin. Lui dit ce dernier en lui tendant le pain.

- Et moi Oliver Twist. Répondit le garçon qui comprenait à présent le surnom de son compagnon.

Jack lui demanda ensuite s'il avait un endroit pour dormir ce soir et lui proposa un endroit où on ne lui demandera pas d'argent. Heureux de pouvoir avoir un toit au dessus de la tête, le garçon accepta et c'est comme cela qu'il atterrit dans une vieille bâtisse chez un vieillard nommé « Fagin », un peu répugnant mais qui ne semblait pas avoir un mauvais fond. Après, sa nuit quelque peu agitée, on enseigna à Oliver à voler dans les poches d'un manteau car s'il voulait rester ici, il fallait qu'il rapporte des choses précieuses à son hébergeur. Le lendemain, était prévu la mise en pratique dans les rues de Londres. Oliver dormait à point fermé quand il fut réveillé par coquin, qui lui fit signe de rester silencieux et de le suivre. Avec cinq autres garçons, ils sortirent discrètement de la maison et se dirigèrent vers la foret. Une fois à la lisière de cette dernière, le jeune garçon, aperçut un feu de camp avec un adolescent qui jouait de la flûte.

- Hey ! Les garçons, comment allez vous ce soir ? Je vous ai presque attendu ! S'exclama t'il.

- Désolé, c'est le nouveau, il n'arrivait pas à se réveiller ! Rigola Jack.

- Oh, un nouveau venu, génial ! Comment t'appelles-tu ?

- Oliver… Oliver Twist. Répondit-il timidement.

- Ravi de faire ta connaissance, Oliver, appelle moi Peter, Peter Pan.

- Tiens, j'ai rapporté de quoi fumer. Le coupa coquin en lui lançant une pipe qu'il attrapa de justesse.

Les cinq garçons passèrent donc la soirée avec cet inconnu, à manger, fumer et rire. Lorsque l'aube pointa son nez, il était temps pour eux de rentrer chez Fagin avant qu'il ne se rende compte de leur absence. Le lendemain matin, Oliver était déjà en compagnie des ses acolytes dans les rues à trouver une victime, quand cela fut fait, les adolescents firent leurs petits numéros pendant que l'orphelin les observait en retrait. Cependant, tout ne se passa pas comme prévu et ils se firent prendre, ils s'enfuirent en courant, mais confia au passage à Oliver, stoïque, le mouchoir volé. Prit au dépourvu, l'enfant se fit prendre et prit un malaise à cause d'un coup porté à sa gorge lors de sa poursuite. Oliver se réveilla ensuite dans la somptueuse résidence d'un certain Mr Brownlow qui était tombé sous le charme de l'enfant de part sa bonté et son innocence. Il le soigna et l'hébergea gracieusement, il l'éleva comme son fils et lui apprit à lire et écrire. Un jour, alors que Mr Brownlow lui confia la tache d'aller livrer des livres au libraire, il se fit capturer par Nancy et un autre homme et ramené de force chez Fagin où il essaya une fois de plus de s'enfuir en vain. Il fut donc dépouillé de tout et enfermé dans une pièce seul. Un soir, il est emmené avec Nancy chez Bill, l'homme qui l'avait capturé dans la rue quelques jours plus tôt, où ce dernier le menaça avec un pistolet de commettre un cambriolage dans son ancienne maison, chez Mr Brownlow. Malheureusement, cela ne se passa pas comme prévu et l'enfant qui tenta de se faire aider dans la demeure prit une balle perdue dans le bras et s'évanouit. Oliver fut alors rapporter par l'ami de Bill le bras en sang. Fagin l'aida et le soigna jusqu'à ce qu'il guérisse. Un soir alors qu'il dormait, le vieil home le réveilla pour fuir et aller s'installer chez l'ami de Bill avec qui il avait commis le cambriolage. Ils y restèrent cachés toute la nuit, jusqu'au moment où Bill les rejoignit et la situation dégénéra, il leur appris qu'il avait tué Nancy qui les avaient balancé à Mr Brownlow et que les policiers étaient à sa poursuite. Cependant, ces derniers étaient déjà là au pied de la bâtisse attiré par le chien qui avait suivi son maître. C'est alors que Bill attrapa Oliver de force et le fit monter sur le toit avec lui pour qu'il puisse s'échapper sans que les officiers tirent. Le briguant se servit donc de l'enfant pour les menacer et lui fit subir un parcours périlleux sur les toits : escalade, glissade, sauts… Jusqu'au moment où ils arrivèrent entre deux immeubles séparés par un fleuve, l'écartement était beaucoup trop grand pour sauter. Bill prit donc le risque de s'attacher à une corde et de se balancer avec l'enfant jusqu'à l'autre bâtiment, Oliver parvint à y arriver difficilement, cependant son rival n'eut pas cette chance et se retrouva pendu devant les habitants choqués par la scène et soulagés pour le garçon.

Mr Brownlow récupéra alors Oliver et lui offrit la vie dont il avait toujours rêvée. Les autres garçons furent placés dans des familles et Fagin condamné à être pendu. L'enfant alla lui faire ses derniers au revoirs déchirants même s'il avait sombrer dans la folie, il se rappellera toujours de sa dernière visite et sa dernière prière qu'ils avaient partagé.

Les années passèrent et Oliver Twist était à présent un beau jeune homme, qui grâce à la bienveillance de Mr Brownlow était instruit et diplômé. Cela faisait un peu plus de trois mois qu'il était rentré en première année de littérature dans une des plus prestigieuse université de Londres. Jusqu'au jour l'adolescent fut prit en classe en possession des sujets de la première épreuve des examens. En effet, le directeur de l'école était venu dans chaque classe fouiller les étudiants à cause de la disparition des feuilles et ces dernières avaient été retrouvé dans le cartable en cuir du jeune homme. Ce n'était pas lui qui les avait volé mais un de ses camarades William. En effet, ce dernier l'avait connu quand il était encore enfant et n'appréciait pas sa réussite.

- C'est un orphelin, un voleur, il n'a rien à faire ici ! S'était il écrié quand le directeur sorti Oliver de la classe.

Il fut donc convoqué avec un policier et Mr Brownlow au bureau du directeur mais malgré ces dires toutes les preuves allaient contre lui, il se retrouvait donc renvoyé de l'école pour laquelle il avait eu tant de mal à rentrer et passerait devant le juge le lendemain. Une fois rentré, une dispute éclata avec son mentor :

- Oliver, tu m'avais promis que tu ne recommencerais plus ces vols !

- Mais je te l'ai déjà dit, je suis innocent !

- Toutes les preuves vont à ton encontre, les sujets ont été retrouvé dans ton cartable.

- C'est un coup monté, pourquoi ne me crois-tu pas ? Lorsque j'étais enfant tu n'as jamais douté de moi, pourquoi cela changerait aujourd'hui ?

- Demain, pour ton audience je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te défendre, mais avec toutes ces preuves en ta défaveur et ton nom pas inconnu des tribunaux, j'ai bien peur que ce ne soit pas suffisant. Fini par dire le vieil homme épuisé.

Oliver, énervé monta dans sa chambre sans dîner. Il se réveilla au milieu de la nuit agité par son sommeil et alla ouvrir la fenêtre de sa chambre. Lorsqu'il retourna dans son lit, il entendit un bruit derrière lui et vit debout sur la fenêtre un visage qui ne lui était pas inconnu, Peter Pan.

- Salut p'tit gars ! Ça fait un baille !

Effectivement, l'adolescent n'avait pas revu Pan depuis la mort de Fagin, il avait passé d'autres nuit ensemble avant mais depuis ce fameux jour plus rien, en fait il n'avait jamais vu rêver de Peter et son île dans la chambre qui lui avait attribué Mr Brownlow.

- Qu'est ce que tu veux ?

- J'ai vu aujourd'hui que tu t'étais mis dans une fâcheuse posture.

- Et qu'est ce que cela peux te faire ?

- Et bien, tu vois, il s'avère que je suis venu ici pour te sauver, en te proposant de repartir avec moi sur l'ile qui habitait tes rêves auparavant pour toujours.

- Je croyais que l'on ne pouvait pas y rester indéfiniment.

- Et bien, disons que les choses ont changé.

- Donc si j'ai bien compris tu m'offres l'exil ?

- C'est ça, disons qu'en échange tu seras mon second, mon bras droit. J'ai quelque chose de précieux à trouver et je vais avoir besoin de l'aide d'une personne de confiance.

- Pourquoi moi ?

- Parce que je sais reconnaître les âmes perdues qui ont besoin d'être sauvées. Alors c'est d'accord ?

- Je dois laisser toute ma vie ici…

- Crois moi Oliver, rien ne te retiens ici, quoi que tu fasses tu seras toujours un orphelin et un voleur, ta vraie place est avec moi où tu seras respecté pour ce que tu es, peu importe ton passé.

- Très bien , je pars avec toi, laisse moi juste quelques minutes.

Oliver prit une feuille et écrivit une lettre à Mr Brownlow pour le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour lui et lui expliqua qu'il préférerait partir plutôt que lui attirer d'autres ennuis. Il prit ensuite la main de son ami et ils s'envolèrent ensemble en direction de son nouveau chez lui. Lorsqu'ils atterrirent sur le sable chaud de l'ile, Peter prit la parole :

- Je veux que tu saches qu'ici va se jouer une nouvelle vie pour toi, tu as laissé ton ancienne à Londres, tu peux prendre un nouveau départ et changer d'identité si tu le souhaites

L'adolescent réfléchit quelques secondes, l'idée de changer de nom ne lui semblait pas si mauvaise sachant que son nom lui avait été donné par Mr Bumble qui en donnait à chaque enfant avec chaque lettre de l'alphabet. Il réfléchit donc à un autre nom qui pourrait lui convenir et décréta :

- Alors à partir de maintenant, tu peux m'appeler Félix.

- Très bien Félix, bienvenue au pays imaginaire.