"Il faut que tu vives d'autres expériences Granger. Que tu découvres autre chose. Que n'as-tu jamais mangé ?
- Plein de choses. Ron n'aime pas sortir en ville. Il dit que c'est trop cher pour si peu de nourriture.
- Que n'as-tu jamais mangé ?
- Des sushis"
Drago hocha la tête. Il transplana presque immédiatement.
Hermione se sentit seule. Elle s'était faite à sa présence, à ces moments où tous deux étaient assis dans le salon, un livre à la main, les pensées bien loin du monde réel. Parfois ils s'arrêtaient, se regardaient et partageaient le contenu de leurs livres, une réflexion, une analyse. Elle appréciait ces moments calmes, doux. Les pensées de Drago étaient toujours intéressantes, poussées.
Elle posa le livre qu'elle avait en main. Elle se mit à la fenêtre et regarda la saison avancer devant elle.
Hermione avait prit une décision mais elle en avait peur. Peut-être demanderait-elle son avis à Drago plus tard.
Elle ne sait combien de temps elle resta regarder le vent qui s'engouffrait dans les branches des chênes mais Drago la surprit ainsi, les yeux dans le vague, les avant bras sur le rebord de la fenêtre.
"J'ai pris ce que j'ai trouvé.
- Merci."
••••
"Je vais quitter Ron."
Hermione avait posé son livre depuis quelques minutes.
"Tu es sûr ?
- Oui."
•••••
"Elle ne peut pas faire ça ? Elle ne peut pas disparaître, abandonner Rose ainsi et puis me quitter par hibou ! Laisse moi la voir Malefoy !
- Je te l'ai déjà dis. Elle ne veut pas.
- Tu lui retournes le cerveau ! Tout allait très bien entre nous.
- Elle est déprimée mais assez grande pour prendre ses décisions seule Weasley ! Je ne lui ai rien soufflé. Alors maintenant pars avant que je ne m'énerve.
- Tu profites de sa faiblesse. Tu la veux pour toi, avoue ! Un ancien mangemort avec une sang-de-bourbe ce serait trop bon pour ta réputation.
- Je ne me répèterais pas Weasley. Dégage."
•••••
"Je vais mourir bientôt.
- Pardon ?
- J'ai ingéré une potion d'obsolescence i ans. Je pensais que ce serait enfin me délivrance. Je l'ai mal concoctée. Dans 5 ans je respirerais une dernière fois.
- Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi venir me dire de vivre si c'est pour te tuer ?
- J'ai bousillé ma vie depuis longtemps Granger. J'ai ruiné celle de tellement d'autres. Tu ne dois pas subir le même sort.
- Tu es un putain d'hypocrite.
- Je sais."
•••••
"Tu n'es pas beau.
- Merci."
La voix de Drago respirait le sarcasme, il leva un sourcil en la regardant. Elle était allongée sur le canapé, les yeux au plafond.
"Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu n'as pas la carrure d'un mannequin, tu as les traits trop fin, le corps trop frèle. Mais tu as ce charisme que tant recherchent et ça te fait briller. Je te trouve beau."
•••••
"Pourquoi moi Drago ? Que t'avais-je fait ?
- Je t'enviais terriblement. Tu étais cette parfaite petite élève, tu savais tout, tu avais le courage de travailler sans t'arrêter, ta mémoire me faisait frémir de jalousie. Je voulais être toi, ne pas être le second, toujours le deuxième derrière la née-moldue. Mon père me le rappelait à chaque fois qu'il le pouvait : "Tu as laissé la sang-de-bourbe t'avoir encore ! Tu ne mérites pas mon sang".
- Crois-tu en la supériorité du sang pur?
- Je pense que j'y croyais dur comme fer jusqu'en cinquième année. Et puis quand il a fallut que je tue pour leur compte alors je me suis demandé comment j'allais faire la différence entre un sang pur et un sang impur. Je regardais les élèves traverser les couloirs de Poudlard et j'essayais en vain de deviner leur sang. J'ai fini par réaliser que je me battais pour le mauvais camp et j'ai cru qu'il était trop tard pour m'en sortir. Je suis resté avec eux. Après le procès, je n'ai plus quitté le lit. Je remettais en question mon existence entière. Comment avais-je pu laisser faire ça ? Comment avais-je pu soutenir mes parents ?
- Tu étais un enfant, Drago.
- J'étais un con."
Cette fois c'était Drago qui pleurait. Il ressassait sa vie, incapable de comprendre comment il avait pu être cet homme. Méritait-il donc de vivre lui aussi ?
•••••
" Je ne peux pas dormir.
- Il est 2 heures du matin Granger. Tu n'arrives jamais à dormir à cette heure là.
- Je vois le visage de Dobby, les yeux écarquillés, je vois ses mains pleines de sang. Je vois le poignard de Bellatrix logé entre ses côte et Dobby qui s'écroule. Je ne vois que ça Drago. Je vois la pelle, le trou dans le sable qu'on a creusé pour lui. Je vois chaque grain recouvrir le linceul de fortune dans lequel nous l'avons enveloppé. Je vois le blanc disparaître une dernière fois.
- Allonge toi ici.
- Merci."
•••••
Quand il se réveilla, Drago avait ses bras autour de la jeune femme. Il la tenait contre lui, il sentait sa douce respiration et l'odeur du savon avec lequel elle avait enfin acceptée de se laver. Il sentait ses cheveux crépus lui chatouiller le cou.
Il tombait amoureux d'elle et il n'aimait vraiment pas ça.
•••••
"Il faut que tu arrêtes de casser cette fenêtre Granger."
Hermione était par terre, la main en sang, comme un rappel de son mal-être. Elle ne pleurait pas, elle regardait sa main.
"Donne moi ta main."
Elle ne protestait plus maintenant. Elle savait qu'il finirait par obtenir ce qu'il voulait de toute façon. Il commença à retirer les bouts de verre.
"Si cette fenêtre est un rempart à l'extérieur, sache qu'on a une porte.
- Je sais, mais elle mène toujours vers le même paysage.
- Voudrais tu voir autre chose ?
- J'ai toujours rêvé d'explorer le monde. De voir quelque chose de différent de l'Angleterre. Peut-être la Thaïlande ou le Machu Picchu.
- Si je nous organise un porte-au-loin, arrêterais-tu de détruire cette fenêtre ?"
Hermione hocha la tête. Quand sa main fut réparée, Drago disparut.
Il ne revint que le lendemain avec un pot de fleur sale et de nouveaux vêtements pour Hermione.
••••
C'était magnifique : le Taj-Mahal pour un troisième voyage à l'extérieur de sa cabine en bois. Le blanc du bâtiment se découpait dans le ciel avec des allures de carte postale retouchée.
Drago lui avait promit qu'ils dormiraient sur place cette fois ci, parce qu'elle l'avait supplié.
Ils firent une visite guidé du bâtiment.
Plus tard, alors qu'ils avaient trouvé un banc pour s'asseoir, Hermione demanda :
"Alors tu vas vraiment mourir ?
- Oui.
- Ça ne te fait pas peur ?
- Pas vraiment, je crois que maintenant que je sais quand ça va finir je peux vivre ma vie telle que je l'entends. Je me réveillerais un jour en me disant "demain", mais c'est tout ce qui a changé. En même temps j'ai un peu peur de manquer des choses, de passer à côté de ce qui fait la vie ce miracle comme tant la décrivent. L'amour particulièrement.
- Tu n'as jamais aimé ?
- L'amour profond et réciproque."
Ce soir là, Hermione et Drago dormirent dans le même lit, la première trop effrayée de la nouveauté d'une chambre si loin de ses repères. C'est ce que Drago avait redouté. Il la serra néanmoins contre lui, égoïstement.
•••••
"Pardon Granger.
- Pourquoi ?
- Pour toutes ces années. Pour comment je t'ai traité, comment je t'ai insulté. Je sais qu'il sera difficile de me pardonner. Mais je le regrette vraiment, sache-le.
- Je crois qu'après la guerre j'y ai beaucoup réfléchi. J'ai beaucoup réfléchi à toi, à ta situation. Je sais que tu as fais de ton mieux. Je souffrais toujours mais je comprenais mieux. Et puis, avec le temps, j'ai fini par pardonner. Je ne te voyais plus, tu ne venais plus m'embêter, on entendait presque jamais parler de toi dans la gazette. Tu semblais calmé. Le passé est derrière nous, Drago, c'est le futur qu'il reste à écrire.
- Tu réutilises mes conseils.
- Ce sont de bons conseils."
•••••
"Malefoy.
- Potter.
- De quoi as-tu besoin cette fois ?
- Hermione veut racheter une baguette. Elle dit qu'elle se sent prête.
- L'est-elle ?
- Je pense oui. Elle se douche, elle mange, s'occupe. Elle lit des livres et nous voyageons le monde grâce à toi.
- Fait attention à ce que tu fais Malefoy. Ne profites pas de sa fragilité. Je me débrouillerais pour que tu ai les autorisations nécessaires à transplaner dans la boutique directement.
- Merci Potter.
- Je ne fais pas ça pour toi."
Drago détestait demander des faveurs à Potter, mais à qui de mieux demander pour des résultats rapides que le "Sauveur" en personne.
•••••
Hermione avait prit le bras de Drago pour transplaner. Ils arrivèrent dans la nouvelle boutique de baguettes pour sorcier au 7 du chemin de traverse. Elle se cachait derrière Drago, il y avait longtemps qu'elle n'avait pas parlé à un autre être humain que lui.
"Bonjour ! C'est pour une nouvelle baguette n'est ce pas?
- O..Oui.
- Avancez."
Il lui tendit tour à tour multiples baguettes mais aucune ne semblait convenir. N'avait-il donc pas le talent qu'Ollivender avait ? Pourtant, c'est comme ça qu'il gagna sa renommée.
"Vous semblez prête pour des baguettes trop faibles pour vous mais uniquement les baguettes fortes veulent de votre pouvoir."
Hermione soupira. Ainsi étais-ce ce qu'il allait se passer? Allait elle devoir recommencer, telle une première année, à apprendre à se servir correctement d'une baguette ?
"Mais j'ai une nouveauté pour vous. Un essai. Elle s'appelle l'évolutive. Seules trois existent actuellement et vous semblez être la première sorcière qui en a besoin. Elle changera au cours de votre vie. Ce n'est plus la baguette qui choisit le sorcier, c'est la baguette qui suit l'évolution du sorcier. Tenez"
Hermione la prit en main. Le vendeur lâcha un cri de joie quand un tourbillon de magie enveloppa la sorcière. Elle avait retrouvé une baguette.
•••••
"Il faut que tu réfléchisses à ce que tu veux changer dans ta vie."
Cette phrase tournait et tournait dans l'esprit d'Hermione.
"Qu'est ce que je veux ? Qu'est ce que je ne veux plus ?"
Elle ne voulait plus être médicommage mais il lui fallait alors trouver un autre métier. Pourquoi pas dans la littérature ? Lui avait un jour proposé Drago. Oui, pourquoi pas. C'était un sujet où elle s'y connaissait, où elle était passionné. Mais surtout elle ne verrait pas de sang chaque jour de sa vie.
Elle voulait revoir sa fille. Quand ? Comment ? Elle ne savait pas, mais elle désirait revoir ces yeux rieurs.
"Je veux rencontrer d'autres gens, Drago"
Le blond se retourna, surpris. C'était la première fois qu'elle évoquait quelque chose de la sorte. A chaque fois qu'ils sortaient, elle se référait à lui pour parler aux gens, pour demander les directions, payer les hôtels. Elle ne parlait à personne directement.
"Comment envisages-tu ça?
- Et si nous mangions en ville?"
La ville ne pouvait être Londres mais seulement la petite ville à l'orée de la forêt. Ils savaient qu'ils seraient épiés sinon. Drago ferma son livre et passa une écharpe.
"Qu'est ce que tu attends ? Prépare toi on y va !
- Oui monsieur ! Se prit à rire Hermione"
Drago s'arrêta net. Elle avait rit. C'était un rire doux, amusé. Pas comme les rires fous qu'elle avait quand elle perdait contrôle. Non, c'était un vrai rire. Et Drago en aima immédiatement le son.
"Pardon.
- Pourquoi ?
- Tu dois te dire que j'exagère. Rigoler alors que je pleurais il n'y a pas deux heures.
- Non, je ne pense pas ça. Tu as un très joli rire."
Hermione en resta muette.
"Allons-y à pied.
- D'accord"
Ils traversèrent la forêt sans un mot. Les premières neiges étaient annoncées pour début décembre. Hermione les attendait avec une espèce d'impatience enfantine. Il faisait un peu froid et la buée de leur respiration se perdait entre les troncs.
"Tu parles français n'est ce pas ?
- Oui. Mes parents sont nés en France. Et j'ai repris ce que j'avais oublié en t'entendant parler. Ne t'inquiète pas Drago, je suis une grande fille.
- Je sais. Je ne m'inquiète pas."
•••••
Quand ils rentrèrent la lune était levé et le froid devenu glacial.
"Ça me rappelle un poème que j'avais écrit l'hiver dernier.
- Tu écris ?
- Je suis grande lectrice. Un jour je n'avais plus rien à lire alors j'ai décidé de créer moi-même. Tu veux l'entendre ?
- Oui."
Hermione prit une grande inspiration puis elle commença à déclamer comme on récite un Slam :
"Sous la neige je trace ma route vers la lune éternelle,
J'oublie le froid, les bruits, le vent et le bleu de mes lèvres.
J'ai le coeur glacé, et c'est ce froid qui résonne le plus fort,
À mes oreilles, à mes sens et à ma tête qui saigne encore.
Grelottante, je tape des pieds en traçant mon chemin
Je trébuche en pensant trop fort à demain
Les flocons tombent et la peur tapie dans l'ombre
Me surveille et attends impatiemment que je sombre."
"C'est magnifique Granger.
- Merci"
Hermione rougit.
Si vous pouvez, ne restez pas des ghosts-readers :) Donnez votre avis !
En espérant que ce chapitre vous plaise.
