Une fois douchés, habillés et à nouveau plus ou moins normaux, Remus et Sirius sortirent dehors, baignés par d'agréables rayons de soleil, et parcoururent la courte distance qui les menaient au Camden Market.
Le long des rues, Remus retrouvait le genre de gens qu'il avait idolâtré quand il était gosse, le genre de gens que ses parents craignaient qu'il ne devienne : de grandes et troublantes créatures, habillées tout de noir, maquillées de façon fantastique et portant des chaussures incroyables.
Pour quelqu'un qui ne connaissait pas vraiment la "scène", ces jeunes hommes et femmes qui habitaient les rues de Camden seraient passés pour des voyous ou de jeunes délinquants. Mais Remus savait que c'était faux. Il pouvait voir qu'ils étaient amicaux, rien qu'à la façon simple dont ils souriaient et parlaient et la façon dont les commerçants s'asseyaient hors de leur petits établissements, fumant et hochant amicalement la tête aux gens qu'ils croisaient, faisant résonner le torride Led Zeppelin et le piquant Pink Floyd. Et puis, c'était souvent le cas avec les parias de la société ; ils étaient souvent plus gentils que les autres.
« Putain, j'aime cet endroit. » dit Sirius, promenant son regard tout autour de lui derrière ses Ray-Bans, comme s'il n'avait pas déjà tout vu ici des milliers de fois auparavant.
Remus ressentait exactement la même chose. Il était souvent venu à Camden avec ses amis, quand il était adolescent, dépensant tout leur argent dans l'essence pour passer la journée à faire du lèche-vitrine, se presser aux péniches et repérer autant de concerts gratuits que possible. Il pensait alors qu'un jour, il achèterait une de ces maisons de Camden, hors de prix et délibérément miteuses, et qu'il vivrait le reste de sa vie dans ce paradis indie.
Sirius lui montrait du doigt certains endroits tandis qu'ils se baladaient – là où il s'était fait son premier tatouage, là où il avait joué son premier concert, les endroits où ils avaient joué dans la rue. Ils étaient dans le cœur du Camden Lock Market lui-même, à dévorer des yeux tout ce qu'il y avait sur les étalages, des centaines de petits étals vendant des objets étranges et merveilleux. (1)
« Je me souviens, quand cet endroit a ouvert dans les années 70. Mon frère et moi, on y passait nos samedis après-midi, prétextant qu'on allait jouer au cricket dans Regent's Park. » Sirius sourit. Son humeur s'était considérablement égayée depuis le petit-déjeuner.
« Je venais aussi ici. » dit Remus. « Tous les vendeurs étaient tellement sympas. Tu pouvais leur parler pendant des heures et ne rien acheter. »
C'était agréable de slalomer entre les marchés avec Sirius, d'abord le Camden Lock puis les Stables (2), à profiter du soleil et ne pas avoir à se soucier d'avoir l'air cool devant son groupe et ses amis célèbres. Il se rendit compte que tout ressentiment qu'il aurait pu garder à l'encontre du bassiste s'était rapidement évaporé.
Et Remus n'avait pas vu Sirius aussi détendu depuis qu'ils étaient arrivés à Londres, non, plus loin encore, depuis la tournée où il se trouvait sous le regard constant de James. A présent, il se remémorait avec joie des anecdotes et bavardait avec quelques uns des vendeurs, qui étaient clairement d'anciens amis, présentant Remus, un bras passé par-dessus son épaule, comme un "bon ami" plutôt que comme un simple journaliste.
Une fois ou deux, des adolescents nerveux s'approchèrent d'eux, sacs à dos et marqueurs à la main, demandant s'il était "vraiment Sirius Black". Il était certain qu'ils rencontreraient des fans dans un endroit comme celui-ci, mais Sirius signa joyeusement sacs et T-shirts, ainsi que le front d'une fille qui jura qu'elle ne se laverait plus jamais. Il leur demanda où ils se rendaient, s'ils étaient d'ici et, de toute évidence, ils se délectaient de l'attention qu'il leur portait.
« Est-ce que tu aimes ça ? » demanda Remus, une fois qu'ils furent seuls, appuyés sur les grilles à l'arrière du marché où le soleil brillait au plus fort, des bouteilles de thé glacé dans les mains.
« Ça quoi ? »
« Les gens, les fans, qui viennent te voir et tout. »
« Ouais, bien sûr. Qui n'aimerait pas ça ? Avoir des inconnus qui me disent à quel point je suis fantastique. »
Remus haussa un sourcil, ne jouant pas le jeu, et Sirius reformula ses pensées.
« Je suppose que ça dépend d'où tu es. Parfois, en tournée, ça peut être vraiment casse-couilles, pour être franc. La plupart des gens qui traînent dans les concerts et les hôtels...ils s'en foutent de la musique, ils veulent juste t'ajouter à la liste des gens qu'ils ont rencontré, des gens avec qui ils ont couché. »
Il promena son regard alentours, indiqua la foule et les étals.
« Ici, c'est différent. Dieu sait où je serais si cet endroit n'existait pas. J'ai grandi à Highgate, dans la famille la plus stricte qui soit, Remus, avec des parents autoritaires. (3) Je venais ici et je trouvais des gens comme moi. Parfois, à tout hasard, tu tombais sur un musicien que t'aimais et c'était tout un truc, tu sais ? Je me souviens avoir rencontré ce mec, ce bassiste que j'adorais, juste là-bas. »
Il pointa un des étals vendant des illustrations surréalistes et des blocs de bois peints.
« Ça signifiait tellement pour moi qu'il m'accorde son temps et son attention. C'était comme parler à un dieu. »
Puis, il haussa les épaules, prit une gorgée de sa boisson, regardant le canal derrière eux.
« Des trucs comme ça, c'est important quand t'es gosse. J'ai pas le droit de snober quelqu'un ici, je ne serais rien sans eux. »
Remus fixa l'eau, laissant les paroles touchantes le pénétrer. « Alors, tu vas toujours rester ici ? »
« J'partirais jamais. » acheva Sirius, avalant une bonne gorgée de sa boisson, comme si le court discours l'avait troublé et il changea de sujet. « Et alors, et toi ? Je crois que je t'ai jamais demandé. T'as toujours vécu dans le sud-ouest de l'Angleterre, pas vrai ? Je veux dire, t'as un tellement fort accent. »
« Mon Dieu, c'est vrai ? » dit Remus, étrangement content que l'autre homme remarque de telles choses sur lui, même si elles étaient un peu embarrassantes. « J'ai grandi près de là où je vis maintenant. Pas dans la même maison, évidemment, mais quelques rues plus loin, là où ma mère vit encore. J'en suis jamais parti. Et je partirais probablement jamais. »
« Si tu veux, tu peux. »
« Je veux. C'est tellement emmerdant, il ne se passe jamais rien. Je veux dire...quand tu parles aux gens de Gloucester de "s'amuser", ils pensent au Cheese Rolling. (4) Mais je ne sais pas si je pourrais supporter de vivre ailleurs, si je pourrais m'y habituer, à devoir tout recommencer après une vingtaine d'années. »
« Tu m'as pas l'air d'être un gars qui a du mal à s'adapter aux changements. » dit doucement Sirius. « Je veux dire, t'étais d'accord pour venir à Londres et rester avec moi. Tu n'as pas simplement écrit ton article puis foutu le camp. »
Remus lui fit un petit sourire.
« Je t'aime bien. » dit-il simplement, se sentant stupide, mièvre et sentimental.
Sirius ne sembla pas le prendre mal. Il lui sourit en retour. « Et bien, voilà. Trouve-toi un endroit que tu aimes et t'auras aucun problème à t'adapter. »
Et c'était comme d'autres fois où Sirius parlait de tout et de rien. Il avait une façon de faire passer n'importe quoi pour la chose la plus simple au monde, et tout le reste de l'après-midi, Remus envisagea la possibilité de concrétiser son idée. Il imagina ce que ça serait de vivre ici, de se lier d'amitié avec des vagabonds et musiciens de rue, faire la critique de groupes dans The Underworld et The Devonshire Arms et fréquenter des cafés bohèmes avec Sirius, à écrire des articles sur une péniche de Regent's Canal. Il regarda les maisons mitoyennes colorées et se prit à imaginer ce que ce serait d'en posséder d'une, de se réveiller dans une de ces grandes chambres géorgiennes tous les jours. (5)
Ils étaient tous les deux affamés en milieu d'après-midi et c'est en prenant un déjeuner tardif dans un café-brocante (où tout était à vendre, même les chaises et les tables) situé à l'étage, que Sirius parla de la nuit précédente et de celle à venir.
« Je savais pas que James venait, sinon, je l'aurais dit. » dit-il à Remus, les yeux baissés. « C'est juste que je l'avais pas vu depuis longtemps. »
« Je sais, Sirius. »
Sirius ne dit rien pendant un moment, fixant le vide tandis qu'il mâchait lentement. Il faisait souvent ça, regarder dans le vide, comme s'il était plongé dans ses pensées et puis tout d'un coup, il sortait de sa transe et disait quelque chose qui semblait venir de nulle part.
« On peut faire quelque chose ce soir, par contre. Juste toi et moi. J'avais pas dit qu'on irait voir un groupe ou quelque chose comme ça ? »
Remus, touché qu'il s'en soit rappelé, haussa légèrement des épaules.
« Je vais pas faire semblant d'avoir une grande surprise de prévue. » avoua Sirius. « Mais je peux nous faire entrer où tu veux. On pourrait voir qui joue ce soir. »
En vérité, Remus n'avait pas vraiment envie de passer une autre soirée dehors. Il aurait préféré la passer à la maison, juste eux deux, à échanger des histoires et écouter de la musique. Il aurait préféré que Sirius joue pour lui.
Dans un moment d'assurance peu familière – probablement à cause du temps magnifique ou du fait qu'il avait réussi à ne pas se ridiculiser de toute la journée – il dit : « En fait, Sirius, je préférerais te voir jouer. »
Sirius fronça un sourcil, un bout de concombre entre son pouce et son index.
« Mais on ne joue pas... » débuta-t-il. Puis, un air de compréhension éclaira son visage. « Oh, okay. Pigé. Mais...ça va pas être un peu ennuyeux ? »
Le visage de Remus se décomposa. « T'as raison, c'était une idée stupide. »
« Non, non, non, c'est bon, on peut rester. Ce sera cool. On commandera à emporter. On regardera un film ou un truc du genre. Je viens d'avoir Blade Runner, tu l'as vu ? »
Mais Remus avait malgré tout l'impression d'avoir quelque part déçu Sirius avec son manque d'enthousiasme pour la vie nocturne de Londres, et pendant toute leur promenade à travers Regent's Park, l'idée resta au fond de son esprit. Il se demanda si Sirius regrettait le séjour de Remus. Après tout, il devait être la seule personne dans la vingtaine à Londres qui choisissait de passer un samedi soir comme un tragique cinquantenaire.
Mais si ça dérangeait Sirius, il le cachait remarquablement bien, marchant avec entrain dans le parc et les menant le long du lac. Il essaya de s'approcher suffisamment des hérons pour les caresser – et échoua misérablement quand ils essayèrent de mordre ses doigts, au grand amusement de Remus.
Ils jouèrent à cache-cache entre les animaux topiaires et, à un moment, Sirius les entraîna même dans un chemin annexe sinueux, majoritairement utilisé par les cyclistes, et saisit la main de Remus pour le mener à une haie contre le mur qui donnait sur l'enclos des tigres du zoo de Londres. Ils restèrent là un moment, comme de vilains garnements, Sirius faisant semblant d'amadouer les tigres et Remus, terrifié qu'il parvienne vraiment à attirer leur attention, jusqu'à ce que le sourire espiègle du musicien l'assure qu'ils n'allaient pas mourir tailladés en pièces.
Sur le chemin de retour, ce soir-là, le ciel était d'un rose pâle d'une beauté saisissante, le genre qu'on ne semble trouver que dans des villes comme Londres. Sirius cogna doucement Remus avec son épaule.
« On a passé une bonne journée. »
« Oui, c'était bien. » Remus sourit.
« Et c'était une bonne idée de rester à la maison. » dit Sirius, sincèrement. « Je n'aurais pas dû dire que ça allait être ennuyeux. Traîner avec toi n'est jamais ennuyeux. »
Fidèle à sa parole, ils restèrent à la maison, regardèrent E.T. au lieu de Blade Runner et puis se retirèrent dans le grenier avec quelques bouteilles de vin rouge.
Au début, la grande fenêtre circulaire laissait filtrer les derniers rayons rouge-orange du soleil et il faisait tellement chaud dans le grenier que Sirius ouvrit la fenêtre au maximum et enleva son T-shirt pour s'allonger, bras et jambes écartés, sur le sol.
Quand le ciel s'assombrit, ni l'un ni l'autre ne bougea pour allumer les lumières, toujours capable de voir le visage de l'autre grâce à la lumière provenant du hall, au bas de l'escalier. Ils écoutaient Led Zeppelin à bas volume, Sirius fumait ses cigarettes roulées, et le vin leur montait doucement à la tête, les rendant délicieusement ivres.
Remus était conscient que c'était probablement le moment le plus cool qu'il ait jamais vécu. Si ses vieux camarades de classe pouvaient le voir, à présent...
« Pourquoi est-ce que tu ne fumes pas ? » demanda Sirius tout d'un coup, une fois que "Heartbreaker" passa à "Living Loving Maid" et qu'il eut arrêté de chanter en même temps.
« Trop peur. » avoua Remus, s'arrêtant à peine pour y songer.
La cigarette de Sirius se balançait dangereusement près de sa peau nue, tandis qu'il contemplait Remus sans rien dire. Quelques cendres tombèrent sur le grand tatouage en forme d'étoile et il les enleva distraitement. Au milieu, les deux petits trous où brillait un piercing sur sa hanche ressemblaient à des morsures de serpent. Remus pencha la tête de côté.
« Est-ce que ça a fait mal ? » demanda-t-il, sincèrement curieux. Les piercings, les tatouages – il avait toujours éprouvé une sorte de sombre fascination pour ça. Il pensa à toutes les cicatrices qu'il avait accumulé avec le temps, résultat de deux pieds gauches, de brutes de cour de récré zélées et de stupides accidents. Il se demandait comment une personne pouvait volontairement dégrader son corps.
« L'étoile, ouais. » dit Sirius, traçant la ligne noire épaisse avec son doigt. « Elle est sur l'os. Le piercing, pas trop. »
Remus ferma les poings. Sirius le vit et eut un petit sourire suffisant.
« Il est ressorti comme une écharde, la première fois, alors j'ai dû le refaire. Et puis j'en ai eu un de l'autre côté mais on me l'a arraché pendant un concert. »
Il voulut se tourner pour lui montrer mais Remus regarda ostensiblement ailleurs et babilla quelque chose qui ressemblait à "taistoitaistoitaistoi". Sirius éclata de rire.
« T'as demandé. Ne me dis pas que tu n'as pas de piercing, Remus ? »
Remus secoua la tête.
« Quoi, même pas un ? Et un tatouage ? »
Cette fois, ce fut Remus qui lui adressa un regard peu impressionné, même si, à en juger par le sourire de Sirius, il était clair qu'il connaissait déjà la réponse.
« J'ai l'air d'être le genre de personne qui a un tatouage ? » Il jeta un coup d'œil à son polo ordinaire et à son jeans troué.
« Je ne sais pas. Tu pourrais en avoir un secret comme moi. » Il se pencha plus près, et les yeux de Remus durent s'écarquiller légèrement, parce que Sirius éclata de son rire-aboiement typique et tira légèrement sur la taille de son jeans, la minuscule ligne de mots apparaissant brièvement. « Je parlais des paroles stupides. »
« Elles ne sont pas stupides. » fit Remus, essayant de virer le sujet de son esprit vagabond. Vraiment, il n'aurait pas dû rejeter la possibilité d'une forme de mortification impudique, venant de Sirius Black.
« Vraiment ? C'est ça que tu vas te faire faire, alors, des paroles de chanson mièvre ? »
« Ce que je vais me faire faire ? »
« On doit te faire un tatouage, Remus ! »
Sirius se retourna et cramponna ses mains aux épaules de Remus, ses yeux brillant d'espièglerie, sa cigarette se consumant près de l'oreille de Remus, le chatouillant et le faisant se tortiller légèrement.
« Qu'est-ce que t'aimerais, hm ? Des ailes ? » Ses doigts passèrent des épaules de Remus à ses omoplates. Puis il les passa sur ses bras maigres et saisit ses mains, les retourna. « "Love and Hate" ? Non, je sais ! » Il frappa légèrement le biceps de Remus. « "Maman" dans un cœur, c'est ça ? »
Il rejeta sa tête en arrière et éclata à nouveau de rire. Remus se frotta distraitement à l'endroit où les doigts de Sirius se trouvaient quelques secondes auparavant, comme s'il l'avait déjà tatoué.
« C'est probablement difficile à comprendre pour toi. » dit-il lentement, tandis que l'autre homme se retournait à nouveau. « Mais tout le monde ne souhaite pas vandaliser son corps. »
« Du vandalisme ? » bredouilla Sirius, feignant l'outrage. Il tendit ses bras, cigarette en main et examina son torse encré. « Mec, je suis une œuvre d'art ! »
« Est-ce que tu les as dessiné toi-même ? »
« Bien sûr ! Ils représentent tous quelque chose d'important, alors je ne vais pas avoir un truc commun, tu vois ? »
« Que Dieu m'en garde. » dit Remus, sèchement, l'alcool lui donnant l'assurance d'être plus franc que d'habitude. « Ça "représente quelque chose d'important" et il se fait tatouer une foutue grosse étoile sur la hanche. »
Sirius éclata de rire. « Et bien, crois-le ou pas, je suis une importante part de moi, Remus. »
Ils pouffèrent de rire comme des gamins, même si ce n'était pas vraiment marrant. Puis, Sirius eut ce même air pensif et tendit le joint vers les lèvres de Remus.
« Essaie. »
« Non, merci. »
« Ça t'aidera à te détendre. T'as besoin de te détendre, Remus. T'es tout le temps tellement nerveux. C'est pas un truc de journaliste. T'es le premier journaliste nerveux que j'ai jamais rencontré, et j'en ai rencontré des tas. Ils sont toujours en train de traîner dans le coin. Et aucun n'est nerveux, pas un seul d'entre eux. »
Remus ne dit rien.
« Ou peut-être que c'est un truc du sud-ouest. » continua Sirius. « Ou peut-être que c'est ton patron. Bordel de merde, il me rend nerveux. »
« C'est un type bien. » dit finalement Remus.
« Et même, qu'est-ce que tu fous là-bas ? » Sirius s'assit et se balança sur ses coudes. « Je veux dire, comment tu peux t'attendre à aboutir à quelque chose, à vivre dans un village ? Pourquoi t'es pas ici, à Londres ? »
Un instant, Remus fut un peu blessé – un peu le genre "Je-peux-dire-des-sales-trucs-sur-ma-maison-mais-pas-toi" – mais il savait, en réalité, que Sirius avait raison.
« J'ai parlé avec cette fille, la nuit dernière. » dit-il, passant le doigt sur le bord de son verre. « Une journaliste. Elle a dit qu'elle glisserait un mot en ma faveur. »
« Pour qui elle écrit ? »
« Preacher. »
« Oh. » fit Sirius, puis il sourit. « T'es doué avec les mots. Je suis sûr que t'y arriveras. »
« T'as rien lu de ce que j'ai écrit. » fit remarquer Remus.
Le musicien ne fit que hausser des épaules.
« Tu gagnais toujours au Pendu, pendant la tournée. » Il donna un coup de coude à Remus. « Hey, si tu te trouves un boulot là-bas, imagine, tu pourrais venir vivre avec moi ! »
Pendant un fol instant, Remus pensa vraiment qu'il était sérieux. Mais ça ne lui prit pas longtemps avant de réaliser ce à quoi vivre avec Sirius devait ressembler.
Il se moqua et le repoussa.
« Toi ? Qu'est-ce qui te fait penser que je voudrais vivre avec toi ? »
Sirius fit la moue. Puis, il bougea sa tête d'un côté de l'autre, légèrement, réfléchissant, avant de lever son verre. « J'ai du bon vin ? »
« Ça, c'est vrai. » acquiesça Remus, faisant trinquer les deux verres et en prenant une gorgée. « Il me donne mal à la tête, d'ailleurs. »
Sirius murmura d'insignifiants mots d'inquiétude et une main réconfortante passa sur son front.
« Tu dois juste t'y habituer. Et si tu habitais à Londres... »
« Oh, ne fais pas comme si t'étais un gosse des rues endurci avec tes compétences bibitives. » grogna Remus, éloignant la main. « Où est-ce que t'as été, encore ? Eton ? »
« Sois pas ridicule. T'as vu leur uniforme ? Comme si je pouvais porter un truc pareil. »
A ces mots, Remus évoqua une image mentale de Sirius avec le haut-de-forme et la queue-de-pie d'Eton. Si on lui enlevait ses cheveux en bataille et ses tatouages, ça lui irait probablement bien – surtout avec sa démarche hautaine. Remus rit à cette pensée, le vin et l'expression indignée de Sirius le faisant rire un peu plus, et il mit un moment avant de pouvoir à nouveau s'exprimer.
« Pardon, pardon. Harrow, alors. »
« Chapeau de paille et canne ? Encore mieux. »
« Et bien. Où tu as été ? »
Sirius avala le reste de son vin, le fixant. Il se lécha les lèvres avant de répondre.
« J'ai été dans une école parfaitement ordinaire, merci bien. »
« Pensionnat ? »
Quand Sirius ne répondit pas, Remus éclata de rire et se pencha plus près.
« Tu vois. Au fond de toi, t'es juste un aristo, pas vrai ? » Il poussa son torse nu, doucement. « Je peux entendre parfaitement l'accent de la Prononciation Standard. »
Ce fut au tour de Sirius de se pencher en avant, souriant avec espièglerie.
« Mieux que le tien, garçon de campagne. » dit-il doucement, le poussant à son tour.
Le sourire de Remus se figea. Il était soudain extrêmement conscient de leur proximité, les yeux gris de Sirius si près que Remus pouvait voir toutes les pointes de blanc entourer ses pupilles comme des étoiles. Ses lèvres étaient légèrement tachées de vin, sa respiration, lourde.
Soudain, un éclair orange, aperçu du coin de l'œil, le fit se tourner, le faisant presque renverser le reste de son verre partout. Mais c'était juste le chat, Achille, qui se dirigeait vers eux avec des miaulements affamés. Il semblait être sorti de nulle part.
« Mon Dieu, tu m'as fait peur... » débuta-t-il avec un rire tremblant, jusqu'à ce que Sirius saisisse son menton et le tourne vers lui, pressant ses lèvres contre les siennes.
Oh.
Juste à ce moment-là.
La première pensée de Remus fut que c'était humide. Surtout à cause du vin. Ça avait le goût de vin et de tabac, et c'était aussi assez maladroit. Il n'avait embrassé personne depuis longtemps, surtout un gars, et la dernière personne, insista-t-il mentalement plus tard, une fois dans son lit, dont il s'attendait à recevoir un baiser était Sirius.
Il fallut un moment avant que Remus ne le repousse. Enfin, il essaya de le repousser, mais finit simplement par poser les mains sur le torse de Sirius, ne le faisant pas bouger d'un pouce et ne réussissant qu'à le faire s'allonger, lui, Remus, sur le dos.
« Qu'est-ce que tu fais ? » bredouilla-t-il, se redressant péniblement.
Sirius pencha la tête sur le côté, apparemment imperturbable.
« Je t'embrasse, quoi d'autre ? »
« Et bien, oui, j'ai compris ça, c'est seulement que je suis...surpris. »
Sirius le fixa un moment, tirant une longue bouffée sur sa cigarette.
« Je pensais que tu m'aimais bien. » dit-il, recrachant la fumée d'un côté de sa bouche.
« C'est vrai, mais... »
« Et bien, alors. » Et comme si c'était aussi simple que ça, Sirius avança pour l'embrasser à nouveau. Remus toussa presque à cause du nuage de fumée que l'homme apportait avec lui, mais il réussit à réellement repousser Sirius cette fois, et sans tomber sur les fesses.
« Remus ! »
« Je suis pas gay, Sirius. » dit Remus, essayant de garder son regard ferme, même s'il se sentait horriblement rougir. Parce qu'on venait juste de l'embrasser, après tout, et que ce n'était pas une chose à laquelle il était très habitué, ces derniers temps.
« Oh. » Sirius fixa le vide, un moment. Puis, il reporta son attention sur Remus, un sourcil froncé. « Vraiment ? »
« Oui ! » Et à présent, le rouge avait totalement envahi son visage, et il dut détourner le regard.
Il y eut un long et terrible silence.
« T'as dit que ça te dérangeait pas. » dit finalement Sirius. Il gardait un œil sur Remus, tandis qu'il cherchait le cendrier et écrasait le reste de sa cigarette avec peut-être un peu plus de force que d'habitude.
« Ouais, ça ne me dérange pas, mais...je ne le suis pas. »
Sirius lui lança un regard pénétrant à ça. Il mit le cendrier de côté et se hissa sur ses pieds d'un pas chancelant. Le chat le regarda avec une expression méfiante et fit quelques pas en arrière, prudent.
« Sirius, fais attention au chat... »
« Je ne vais pas marcher sur mon propre chat. » dit-il d'un ton brusque, manquant de peu la queue orange avec son pied, poussant l'animal à partir en vitesse.
Il était en colère, dans ce cas. Mais il était aussi plus ivre que Remus ne l'avait pensé – peut-être parce que lui-même avait rapidement dessoûlé ces quelques dernières minutes.
Sirius chancela un peu, ne regardant pas Remus dans les yeux. Il ramassa son T-shirt et le renfila, tête baissée, presque comme s'il était embarrassé. Mais après tout, bordel de merde, c'était Sirius Black. Il n'était probablement pas habitué à être rejeté.
Est-ce que c'était vraiment le bon terme ? Rejeté ? Était-il, lui, Remus Lupin, capable de rejeter qui que ce soit ? Même s'il rejetait physiquement quelqu'un, comme il venait juste de le faire, est-ce que c'était encore appelé un "rejet" dans son cas ?
Quelle que soit la réponse, Sirius n'avait pas l'air content.
« Je vais me coucher. » annonça-t-il. Il n'était pas très tard, mais Remus ne l'arrêta pas.
Il ne s'était pas rendu compte que Sirius prendrait l'affaire avec autant de sérieux. N'aurait-il pas juste pu en rire, comme il le faisait avec n'importe quoi d'autre ? Est-ce que c'était vraiment important si Remus – maigre et timide Remus – ne lui rendait pas son baiser ? Est-ce que son ego pouvait être autant blessé, quand n'importe qui d'autre dans le monde l'accepterait dès qu'il en faisait la demande ?
À en juger par le départ précipité de l'autre homme, la réponse était oui.
Remus releva ses genoux contre son torse, se demandant ce qu'il allait faire maintenant. Comment se fait-il, pensa-t-il misérablement, que tout semble toujours passer de génial à horrible en l'espace de quelques secondes ? Ils étaient simplement en train de rire. Pourquoi est-ce que Sirius avait dû s'approcher autant ? Pourquoi est-ce qu'il avait dû l'embrasser ? Assurément, pensa intérieurement Remus, c'était la faute de Sirius. Et pourtant, c'était Sirius qui boudait à présent.
Il se tourna quand il sentit quelque chose se frotter contre lui, interrompant ses pensées. Le chat miaula piteusement, ses yeux fixés sur lui.
« Je ne peux pas te donner à manger. » répondit-il d'une voix sourde. Puis, il se détourna et commença à éternuer de façon répétée.
Inutile de le dire, il dormit à peine une fois au lit. Ce n'était pas seulement qu'il se repassait les événements de la soirée en boucle dans sa tête, mais il y avait le bruit du trafic, le tic-tac bruyant de l'horloge dans le couloir, l'occasionnel grattement du chat à la porte, le tout mélangé pour former un horrible et monotone vacarme.
La porte de Sirius resta fermement close pendant environ une heure. Puis, enfin, Remus l'entendit s'ouvrir, entendit le bruit sourd des pas dans les escaliers et le craquement de ce qu'il supposait être la lumière de la cuisine. Il n'était pas remonté depuis.
Il devait être près de minuit, à présent. Il soupira et se retourna dans son lit, fixant le ciel étoilé de Londres à travers la fenêtre. Il n'arrivait pas à croire qu'il était déjà au lit, qu'il avait ruiné toute la soirée. Sirius ne l'avait pas invité à Londres pour qu'il dorme. Il l'avait invité pour...
Pour faire quoi ? Simplement traîner ? S'embrasser ? Ou – Remus fut presque embarrassé, à cette pensée – pour faire plus que ça ? Ou était-il purement arrogant, à présent ? Après tout, pourquoi Sirius Black aurait-il se serait-il spécialement arrangé pour passer du temps avec lui, quand il pouvait avoir n'importe qui ?
De plus, Sirius avait bu et Remus commençait à voir un certain motif dans ses actions : défoncé à l'hôtel avec Leo, bourré dans le club avec Jake, et à présent, bien éméché dans le grenier avec lui. C'était très clair : quand Sirius avait bu, n'importe qui faisait l'affaire.
Il ressentit un étrange mélange de sentiments, à cette réalisation. Il était, tout d'abord, assez déçu que Sirius se comporte d'une telle façon. Puis, il fut honteux de penser de cette façon à un ami. Mais surtout, il était blessé que la seule fois où quelqu'un comme Sirius pouvait lui porter de l'intérêt était uniquement quand ce quelqu'un était sous l'influence de l'alcool.
Parce que merde. Remus était un peu attiré par lui. Bien sûr ; Sirius était élégant et sûr de lui, amusant et spontané et talentueux, et il était si stupidement beau, un peu comme Jim Morrison mais seulement plus souriant et avec des cheveux moins rebelles. Et Remus aimait beaucoup The Doors, alors tout le truc, décida-t-il, était inévitable, vraiment.
Et il n'était même pas question de s'il préférait ou non la compagnie de mecs plutôt que de filles. Avec Sirius, ça ne semblait pas vraiment compter. Il n'était pas comme les hommes ordinaires, et pourtant, il n'avait rien de féminin non plus. Il était simplement Sirius. Et Remus aimait bien Sirius. Et s'il était honnête avec lui-même, le baiser avait en réalité été assez agréable, une fois qu'on mettait de côté l'humidité, la maladresse et le goût de tabac. Malgré sa brièveté, il avait quand même enregistré la chaleur, l'agréable combinaison de la douceur des lèvres et la rudesse de la barbe de trois jours.
Mais il avait merdé. Parce qu'il avait peur. Pas habitué à être l'objet des avances de quelqu'un d'autre. Il n'avait jamais été très doué pour prendre les choses comme elles venaient.
Il se retourna, fixant le plafond, à présent. Il entendit les lumières s'éteindre, en bas. Des bruits de pas étouffés, montant les escaliers. Achille gratta à nouveau à la porte (pourquoi cette foutue chose grattait à sa porte ? Pourquoi est-ce qu'il devait le suivre, lui ?) et il entendit la voix de Sirius, sur le palier, douce et basse : « Allez. Sors de là. »
Et puis, une pause. Remus tendit l'oreille, incertain de s'il avait tout juste manqué le son des pas de Sirius retournant à sa chambre. Mais ensuite, il y eut le doux coup à la porte, si doux qu'il avait probablement frappé avec le bout des doigts, et la porte s'ouvrit lentement avant que Remus ait même eu le temps de décider de répondre ou non.
« Remus ? T'es réveillé ? »
Il n'attendit pas de réponse. Il ferma la porte derrière lui et se dirigea vers le lit.
« Je sais que tu l'es. » dit-il d'une voix un peu plus forte, mais Remus, même les yeux clos, pouvait l'entendre hésiter, à la façon dont le plancher craquait sous ses pieds tandis qu'il débattait entre partir et rester. A la fin, il secoua l'épaule de Remus et il ouvrit docilement les yeux, sans un mot.
« Bouge. » ordonna Sirius, et Remus obéit à nouveau, tous les deux contents et légèrement alarmés quand Sirius glissa dans le lit à côté de lui.
Pendant un moment, aucun d'eux ne parla. Ils étaient tous les deux allongés là, rigides, à fixer le plafond, rappelant à Remus un vieux couple marié depuis trop longtemps.
Naturellement, Sirius fut le premier à parler.
« Désolé pour tout à l'heure, Remus. Je voulais pas te faire peur. »
« Tu ne m'as pas fait peur. »
« Si. »
Remus s'arrêta une seconde. « Seulement un peu. »
Sirius rit et bougea un peu. Remus pouvait le sentir se détendre tandis que leurs bras se frôlaient.
« C'est juste que je ne m'y attendais pas. Mais c'est rien. » dit-il, ne sachant pas s'il devait bouger ou non. « Tu étais assez soûl. »
Et il ne se retourna pas, mais il savait que Sirius le regardait.
« Tu crois que je prends de telles décisions seulement quand je suis bourré ? » demanda-t-il doucement.
« Et bien... » Le débat intérieur que Remus avait eu sur "amener Jake ou Leo dans la conversation" fut bref. Il ne voulait pas irriter Sirius plus que de raison. « Je ne sais pas. » finit-il, sans conviction.
« Parce que je n'étais pas bourré à ce point. »
« Qu'importe ce que ça a été, Sirius, j'ai juste supposé que les raisons derrière tout ce...truc avaient juste à voir avec autre chose que... »
« Le fait que tu me plais ? »
Un autre long silence.
« Et bien, ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ? » dit Remus, sa voix à peine plus forte qu'un murmure.
Sirius ne répondit pas. Remus entendit le bruissement de ses cheveux contre l'oreiller tandis qu'il se tournait à nouveau sur le dos.
« Sirius, c'est pas le cas, n'est-ce pas ? »
Quand il ne répondit toujours pas, Remus commença à paniquer. Tout ça prenait une tournure bien trop dramatique à ses yeux. Ça avait juste été un baiser, pour l'amour de Dieu. Un baiser bref et dû à l'alcool. Et pourtant, ils étaient là, deux hommes adultes allongés l'un à côté l'autre dans un lit, à se comporter comme des enfants d'école primaire.
« Parce qu'on ne se connaît pas vraiment... »
« Arrête, Remus, on vivait carrément ensemble à un moment. Je veux dire, c'est ce que c'était. Vivre ensemble. T'as dormi à côté de moi dans un bus pendant un mois. » Il utilisait à nouveau ce ton brusque, celui qu'il réservait normalement à James mais avait commencé à utiliser avec Remus de plus en plus souvent, ces derniers temps.
Un autre long silence. Le tic-tac de l'horloge résonna fortement dans le couloir. Achille émit un miaulement triste. Une ambulance vrombit en passant dans la rue, dehors. Remus garda les yeux droit devant lui, fixés sur le médaillon au plafond. Sa peau le picotait.
« Alors...tu es en train de dire... »
« Je pense que t'es okay, d'accord ? » dit Sirius. « Et je pensais que tu étais...tu sais. Je pensais que tu pouvais penser que je l'étais aussi. »
« Je ne sais pas. » répondit timidement Remus. « Je n'ai jamais vraiment été attiré par quelqu'un. »
Ce n'était pas tout à fait un mensonge. Il avait eu des petites amies, mais ses relations avaient été de courte durée et un peu désastreuses. Il y avait eu ce "truc" avec ce mec, celui de la boulangerie, mais il n'était pas sûr qu'on puisse nommer ça autrement qu'un écart passager.
Il aimait les musiciens, cependant. David Bowie était beau. Et Peter Frampton.
Et Sirius aussi. Sirius était "okay". Et plus que ça.
A ce moment, Remus décida qu'il allait lui dire. Il allait lui retourner le mot, lui dire qu'il était "okay", parce que c'était le genre de truc qu'ils faisaient dans les films. C'était original et romantique, et Remus Lupin pouvait être original et romantique comme tout le monde.
Alors il le dit.
« Tu sais, je pense que tu es okay, Sirius...mais peut-être qu'on devrait simplement rester amis pour l'instant. »
Enfin. Plus ou moins.
Il faisait trop noir pour qu'il voie l'expression de Sirius. Remus pensa qu'il serait un peu trop arrogant de supposer qu'il avait l'air déçu.
« Ouais. » dit finalement Sirius, tirant un peu sur les draps de son côté. « Ouais, d'accord. »
Et ce fut tout. Plus aucun mot ne fut échangé. A présent, il était temps pour eux de faire semblant de dormir, avec le tic-tac bruyant de l'horloge, les miaulement du chat, le ronronnement du trafic dehors, le monde entier totalement ignorant du fait que Remus Lupin avait réussi à détruire toutes ses chances de garder l'intérêt d'une rockstar.
La Nuit Numéro Un avait été un désastre et à présent, la Nuit Numéro Deux aussi. Tout ça grâce à Remus et son incapacité à accepter qu'un autre gars puisse lui plaire, ledit gars pouvant possiblement être réellement attiré par lui. Il ne pouvait tout simplement pas être spontané, n'est-ce pas ? Ne pouvait pas faire fi de toute prudence. Ne pouvait jamais, jamais, simplement prendre les choses comme elles venaient.
Il jeta un coup d'œil à l'homme à côté de lui. Son torse se soulevait et redescendait à un rythme régulier, mais Remus n'était pas sûr de s'il était endormi ou s'il faisait juste semblant. Une chose dont il était certain, cependant, était que demain, dimanche, il était supposé rentrer chez lui, et après ça, Sirius ne lui adresserait probablement plus jamais la parole.
La pensée le tourmentait. Incapable de s'en empêcher, il poussa un lourd soupir.
Merde.
(1) Camden Lock Market se situe près du Regent's Canal dans le district londonien de Camden à Londres, sur un site anciennement occupé par des entrepôts et autres locaux liés à l'activité canal. Au début des années 1970, le commerce du canal a cessé. À l'époque il y eu une proposition de construction d'une autoroute urbaine à travers le site, ce qui a rendu tout réaménagement majeur impossible, alors, en 1974, un marché temporaire a été établi à la place. Lorsque la proposition de l'autoroute a été abandonnée en 1976, le marché est florissant et en route pour devenir le quartier caractéristique le plus connu de Camden Town.
(2) De son nom complet "Historic Stables Market", le marché se trouve dans les anciennes étables ("stables" en anglais) de Pickfords et l'hôpital pour chevaux qui servait les chevaux qui tiraient les véhicules et péniches de Pickford le long du canal. Les magasins à la chaîne ne sont pas autorisés à cet endroit, résultant en un mélange de petits magasins et étals de rue.
(3) Highgate est un quartier de Londres du district de Camden, situé au nord-est d'Hampstead. Il est situé à cheval sur trois districts : Haringey au nord, Camden au sud-ouest, et Islington au sud-est. C'est l'un des quartiers les plus onéreux à habiter.
(4) La Cooper's Hill Chesse-Rolling and Wake est un événement annuel qui date de plus de 200 ans et se déroule en mai sur la colline Cooper's Hill à Brockworth près de Cheltenham et de Gloucester. Les participants descendent la colline en courant derrière un fromage (le Double Gloucester de 7 livres/3.2 kilos), la première personne à franchir la ligne d'arrivée remporte le fromage. Pour résumer l'événement : "vingt jeunes poursuivent sur 200 m un fromage en dégringolant d'une colline, jusqu'en bas où ils sont ramassés par des infirmiers et emmenés à l'hôpital."
(5) The Devonshire Arms (aujourd'hui appelé The Hobgoblin) est un pub de Camden Town, connu pour être "l'endroit le plus célèbre de musique alternative de Londres". On y retrouve une clientèle issue des genres industriel, métal, punk et cyber, même si le décor en est gothique, style adopté par la majorité de la clientèle. The Camden Underworld est une salle de concert spécialisée dans la musique alternative, à Camden Town.
Traduction en un jet terminée tard dans la nuit, relecture minimale...je crois que vous commencez à prendre l'habitude à présent. Ce chapitre regorgeant d'expressions quasiment intraduisibles en français, j'ai dû beaucoup contourner pour garder un air plus ou moins naturel ; ainsi, le sens est fidèle à la VO, mais pas les mots. Je m'excuse aussi pour les possibles belgicismes et anglicismes qui traînent ci et là et les formulations hasardeuses. Ce sont le résultat de la fatigue et de la lassitude.
J'essaie de rapidement terminer cette fic mais je ne promets rien, sinon que je terminerais effectivement la traduction. Pour ce que ça vaut, je n'aime pas lâcher mes lecteurs.
Sorn
