Bonjour à tous! Non, nous ne sommes pas mortes, incroyable n'est-ce pas ?
Nous revoilà donc enfin avec un nouveau chapitre sur les déboires de notre cher Z-A B. On ne fait pas vraiment avancer l'intrigue mais nous vous présentons plus précisément les camarades de maison de notre français préféré. On espère que vous vous attacherez à eux autant que nous ;)
Un énorme merci à notre bêta-readeuse Ongi et merci à vous pour vos reviews et mises en favoris/alerts, ça nous motive encore plus pour écrire :)
Voilà, bonne lecture :)
Le gouffre qui les sépare (deux tables et quatre bancs tout au plus)
ou
Ferme ce hublot et enlève-moi ce calamar de la figure !
– Non, hors de question, je ne sortirai pas !
– Rodolphe, arrête de faire ta tête de mule.
– Ou plutôt de renne ! s'exclama Ignatus Parkinson en s'esclaffant bruyamment depuis la salle de bain.
Zachary-Alexander choisit d'ignorer la remarque de son camarade, d'autant plus qu'elle avait été répétée une cinquantaine de fois la veille (Rodolphe étant le premier renne de Merlin), il préféra se repencher sur le cas Rodolphe.
– Écoute, il faut te rendre à l'évidence, tu dois te laver, te coiffer, te brosser les dents, prendre ton petit-déjeuner, et enfin te rendre à notre premier cours de potion, avec notre directeur de maison bien-aimé.
Rodolphe poussa un long soupir et consentit à laisser émerger une mèche blonde de sous sa couette.
– Mais le chauffage et l'isolation sont nuls, il fait trop froid !
– Sur ce point, je suis d'accord avec toi, enfin quelle idée de mettre des dortoirs dans un cachot ! Sous un lac ! On peut même pas ouvrir les fenêtres, enfin les fenêtres, les hublots ! On ne trouverait jamais ça à...
– Beauxbâtons, l'interrompit le blondinet, on a compris.
Rodolphe se leva finalement, tout en restant enroulé dans sa couette. Il traversa le dortoir, l'air peu réveillé et arriva devant la porte de la salle de bain. Il se mit alors à tambouriner contre celle-ci.
– Bon Parkinson tu sors de la douche, ça fait une heure que t'es dedans.
– T'as qu'à aller dans la douche des filles, répliqua ce dernier.
A ces mots, Zachary-Alexander qui était en train de mettre ses affaires dans sa sacoche, se redressa brusquement, indigné.
– Comment ? Je te signale qu'il y a ma fiancée et ma cousine là-bas.
La porte de la salle de bain s'entrouvrit et Ignatus jeta sur notre français préféré un regard interrogateur :
– T'as une cousine toi ?
Profitant de l'ouverture ainsi créée, Rodolphe lança sa couverture à la tête du jeune garçon tout en criant :
– Le calamar géant ! Zachary ferme le hublot !
Il se glissa ensuite entre les jambes de son camarade toujours empêtré et le propulsa d'un habile coup de pied hors de la salle ainsi conquise dont il ferma la porte à clé d'un geste vif.
– Alexander. Zachary-Alexander.
– On s'en fout ! Ferme ce hublot et enlève-moi ce calamar de la figure !
Dix secondes et quelques explications plus tard :
– Rodolphe ! Sors de cette salle de bain.
– Nan.
– Rodolphe... Je t'en supplie...
– Nan.
– Allez s'il-te-plaît mon petit Dolphie...
– Et c'est censé me donner envie de sortir ça ? Ça me donne plus envie de m'enfermer pour toujours, mon petit Igni...
– Pourquoi ce besoin continuel de donner des surnoms aux gens ?
– Qui part à la chasse perd sa place...
– Et qui part à la pêche la repêche !
– Votre sens de la répartie navrerait un enfant de trois ans.
– Mais c'est lui qui a commencé...
oOo
– Marie-Laine, pourriez-vous me passer le pain, s'il vous plaît ?
– Je le ferais si je le trouvais, très cher.
– Il est en face de toi, crut bon de préciser Ignatus, qui ne maîtrisait visiblement pas l'art subtil de l'ironie.
– Aussi loin que porte mon regard, je ne vois qu'une chose ressemblant vaguement à de la brioche...
– Oh les Français, vous avez qu'à manger des croissants...
– Des croissants ? Où ça ?
– Bah là...
– Euh oui … Très cher, je pense que nous allons devoir envoyer un hibou urgent à vos parents. Il n'y a manifestement pas de quoi nous sustenter ici.
– Bien, voici ce que nous allons faire : vous, essayez de trouver de quoi vous nourrir et puis allez écrire à mon père pour lui exposer la situation. Quant à moi, je vais allez exprimer mon point de vue à la direction !
Et, joignant le geste à la parole, Zachary-Alexander se leva aussitôt et se rapprocha à pas vifs de la table du corps professoral.
– Pourriez-vous me passer du pain, s'il-vous-plaît ? demanda-t-il au professeur McGonagall en lui faisant un sourire angélique.
Cette dernière le regarda avec étonnement, un brin soupçonneux
– Nous n'en avons pas à notre table, rajouta Zachary-Alexander.
– Étrange ! Mais je vous en prie, servez-vous.
– Oh non, en fait, ça nous en avons déjà, moi je vous parle du vrai pain.
– Mais vous croyez quoi ?! Que c'est du pain en plastique peut-être ?!
– Oh, de l'ironie, s'exclama Rogue qui était assis à côté, mais vous en êtes capable professeur!
– Enfin, même si c'était du pain en plastique, ça serait très mal imité ! Moi ce que je veux c'est du vrai pain ! Le pain français, chaud, qui croustille ! Avec de la croûte autour de la mie ! Pas un vulgaire semblant de brioche !
– Oh et puis flûte Mr Bennet, vous...
– Ah non, l'interrompit brutalement Zachary, ne prononcez pas le mot flûte avec autant de désinvolture devant moi ! Savez-vous seulement ce qu'est une flûte ? Une flûte encore chaude qui sort tout juste du four !
– Et bien vous n'avez qu'à prendre du porridge !
Zachary-Alexander la regarda avec un air moqueur, il se saisit d'une cuillère et se servit dans le plat, il retourna alors l'ustensile avec un air de dégoût sur le visage et la bouillie retomba avec un « ploch » infâme. Le jeune homme reposa délicatement la cuillère sur la table et jeta un regard ironique à son professeur
– Je ne crois pas non.
Alors que McGonagall allait lui demander ce qu'il avait bien pu manger la veille, Marie-Laine se planta à son tour devant les professeurs,
– Zachary, j'ai fait le tour de toutes les tables, mais je n'ai rien trouvé de comestible.
– Vous voulez un bonbon au citron ? lui proposa alors Dumbledore avec son plus beau sourire.
– Je vous remercie pour l'intention, mais j'y suis allergique.
Le directeur lui jeta un regard catastrophé, se demandant comment on pouvait vivre sur terre en étant allergique au citron.
– Un peu de porridge alors ?
La jeune fille considéra la mixture et leva un regard méprisant sur Dumbledore.
– Je viens de vous dire que j'étais allergique au citron ! répliqua-t-elle
– Mais il n'y en a pas dans le porridge ! s'exclama le directeur.
Marie-Laine s'empara du verre de jus de citron du vieil homme et le renversa dans la bouillie.
– Si, il y en a ! répondit-elle
La mâchoire de McGonagall se décrocha devant l'audace de cet enfant de onze ans, tandis qu'un fin sourire étirait les lèvres de Rogue et que le directeur goûtait l'infâme mixture.
– Mais c'est excellent ! s'écria-t-il
Les deux Français échangèrent un regard navré :
– De ce côté-là, je crains que nous ne puissions rien espérer !
– Chère Marie-Laine, il va falloir nous résoudre à écrire à mes parents.
Ils retournèrent alors à leur table en devisant gaiement, sous le regard éberlué des professeurs. Flitwick se tourna vers sa collègue.
– Que voulaient-ils au juste ?
– Eh bien..., hésita McGonagall.
– Du pain, répondit Rogue.
oOo
Zachary-Alexander pénétra dans le dortoir pour récupérer sa sacoche. Il s'immobilisa en entendant des cris venant de la salle de bains dont la porte était bloquée de l'extérieur.
– Eh oh, y a quelqu'un ? Ignatus, c'est pas drôle, laisse-moi sortir maintenant ! Allez, j'ai faim moi... S'il-vous-plaît, je veux sortir... Ignatus, je te dis de me laisser sortir !
– Rodolphe ?
– Zachary c'est toi ? s'exclama le blondinet d'un ton plein d'espoir.
– Alexander. Zachary-Alexander.
– D'accord, Zachary-Alexander, maintenant tu peux me laisser sortir ? J'ai faim moi !
– Je me disais aussi que tu étais particulièrement discret pendant le repas.
– Très drôle, grinça Rodolphe. Bon tu m'ouvres la porte ?
– Et le mot magique ?
– Pitié ! Tu me vois pas là mais je te jure que je suis à genoux !
– Je ne m'attendais pas vraiment à ça, marmonna Zachary-Alexander, mais ça marche aussi.
Il retira alors la chaise qui bloquait l'ouverture et découvrit son camarade, non pas agenouillé comme promis, mais prosterné devant la porte.
– Merci Zachary-Alexander, tu seras mon dieu !
– On ne va peut-être pas en arriver à ces extrémités-là, hein. On va en potion ?
– Mais j'ai pas pris mon petit-déjeuner ! protesta le blondinet.
– Oh, pour ce que tu as raté...
oOo
– Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue peu-à-peu dans les veines d'un homme pour ensorceler son esprit et lui empoisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une bande de ces cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.
Un moment de flottement succéda à son discours tandis que Zachary-Alexander le regardait avec admiration et qu'Ignatus se penchait vers son voisin, en l'occurrence Rodolphe.
– C'est moi ou il vient de nous traiter de cornichons ?
– Cornichons... je rêve d'un bocal de cornichons, geignit le jeune garçon.
– Je vais vous mettre par groupes de deux, reprit le professeur. Commençons par les Serpentards. Miss Lestrange et Miss Huy de Rostcastles, vous serez le premier groupe, puis Mr. Parkinson et Mr. Conan, le deuxième. Mr. Bennet Carpenter et Miss Pritchard, vous vous mettrez ensemble, ne séparons pas les familles.
Ignatus se redressa brusquement à l'évocation de leur lien de parenté tandis que Zachary-Alexander protestait vaguement contre l'abréviation de son nom.
– C'est elle sa cousine, chuchota Ignatus à tous ses voisins. C'est sa cousine !
Le gryffondor à qui il venait de s'adresser involontairement lui jeta un regard surpris.
– Et alors, qu'est-ce que ça peut me faire ? rétorqua-t-il. De toute façon, chez les Serpentards vous êtes tous cousins.
– Miss Urquahrt, Miss Avery et Miss Greengrass, vous ferez un groupe de trois, poursuivit Rogue. Les Gryffondors maintenant.
Le professeur répartit rapidement les élèves restant et chacun se pencha sur sa potion, désireux de prouver qu'il n'était pas un cornichon. Alors que Zachary-Alexander s'apprêtait à engager galamment la conversation avec sa voisine, Ignatus s'interposa soudainement.
– Comment tu t'appelles ? demanda-t-il avidement. Tu habites où ? T'es dans quelle maison ? Ah non, ça c'est idiot comme quest...
– Bon, tu as bientôt fini ? s'impatienta Zachary-Alexander.
– Oui mais c'est quoi son prénom ?
– Evannah, répondit la jeune fille d'un ton froid.
– Et c'est tout ?
– Oui c'est tout, maintenant tu nous laisses tranquille ! s'énerva son ami. Et empêche Rodolphe de manger les ingrédients !
Ignatus se retourna brusquement vers le blondinet qui était en train de s'interroger sur la comestibilité des queues de rat. Il partit en courant vers son camarade et les deux commencèrent aussitôt à se chamailler en préparant leur potion. Débarrassés de leur encombrant camarade, les deux cousins se mirent également à leur préparation tout en échangeant des nouvelles de leur famille tandis que derrière eux, Marie-Laine et Cassiopée Lestrange faisaient plus ample connaissance.
– Alors, une queue de rat.
– Non, deux, corrigea Rodolphe en en plongeant une deuxième dans le chaudron.
– Mais pas du tout, il en fallait qu'une !
– De toute façon c'est trop tard. Couper le navet en tranches fines.
– Non, épaisses.
– Tourner dans le sens des aiguilles d'une montre.
– Le sens inverse. Tourner trois fois.
– Deux ! Rajouter l'ingrédient standard.
– Non, là c'est les épines de porc-épic.
– Mais pas du tout !
– Bien sûr que si, tu crois qu'on les met quand sinon ?
– Bah plus tard !
– Non, tout de suite ! Deux épines.
– Non, toutes !
– Tu crois qu'ils ont conscience que la recette est écrite au tableau ? chuchota Evannah à Zachary-Alexander.
– Au moindre signe laissant présager une explosion, plongez sous votre table, lui répondit le jeune homme.
– Regarde Ignatus, il y a des bulles bizarres à la surface !
– Si j'étais toi, je ne m'approcherais pas trop de ce chaudron Rodolphe.
À la fin de la séance, les deux Serpentard contemplèrent avec fierté leur potion qui, au lieu du bleu désiré, arborait un magnifique rouge vif.
– Parfaite ! conclurent-ils avant d'en apporter un échantillon au professeur Rogue qui regarda le flacon avec suspicion et leur colla mentalement l'étiquette « cornichons » sur le front.
En rangeant les ingrédients, Zachary-Alexander se trouva nez-à-nez avec Bill.
– Bonjour camarade ! le salua-t-il amicalement. Comment allez-vous en cette belle matinée ?
– C'est à moi que tu parles ? s'étonna le rouquin.
– Euh...oui. Prêt pour les élections ?
– Mais qu'est-ce que ça peut te faire ? On est pas amis que je sache !
– Pardon ?
– Bah oui, il me semble pas qu'on ait gardé les cochons ensemble.
– Certes non. Mais je n'ai gardé les cochons avec personne par ailleurs, ce qui ne m'empêche pas de nouer de solides amitiés. Vous autres anglais avez des coutumes bien étranges.
– C'est une expression, soupira Bill. On se connaît pas, t'es à Serpentard, moi à Gryffondor, ça s'arrête là, OK ?
– Très bien mais qu'est-ce que la maison a à voir là-dedans ?
– Tu le fais exprès ? Gryffondor, Serpentard, y a un gouffre entre les deux !
– Deux tables et quatre bancs tout au plus.
Bill se frappa le front, désespéré. Ignatus arriva à cet instant.
– Qu'est-ce qui se passe Zachary-Alexander ? demanda-t-il. Il t'embête l'exemple roux ?
– Pas du tout, nous étions en train d'échanger nos points de vue respectifs sur les maisons.
– Je vois. Bon allez, dégage, lança le Serpentard en bousculant Bill.
Ce dernier ouvrit la bouche pour une réplique cinglante mais il aperçut Rogue qui semblait s'intéresser à la conversation et s'éloigna en haussant les épaules.
oOo
Deux heures plus tard, en sortant du double cours d'Histoire de la magie, Rodolphe se précipita dans la Grande Salle, affamé et se jeta sur la nourriture. Ses condisciples s'assirent à ses côtés et commencèrent à manger joyeusement à l'exception de quelques-uns qui déploraient la qualité du repas. Cassiopée se tourna vers le blondinet.
– Est-ce que tu peux me passer les concombres s'il-te-plaît...euh...comment tu t'appelles déjà ?
– Andrew, répondit Rodolphe.
Zachary-Alexander et Ignatus se tournèrent vers lui, interloqués.
– Quoi ? Je savais que t'étais bête mais pas au point de ne pas savoir ton prénom...
– Parce que je m'appelles pas Andrew peut-être ?
– Pas vraiment non, rétorqua Ignatus.
– Marie-Laine, je crois que nous avons un schizophrène à notre table, souffla Zachary-Alexander.
– Et je m'appelle comment alors ? ironisa le blondinet.
– Bah Rodolphe.
– Moi, je m'appelle Rodolphe ? Rodolphe ! J'en aurais entendu dans ma vie mais des comme ça, jamais ! Rodolphe, franchement, c'est moche en plus !
– Là-dessus, on est d'accord.
– Ah, mais c'est pour ça que vous m'appelez Rodolphe depuis hier ! s'exclama triomphalement le blondinet.
– Euh oui, en effet. Et puis c'est pas comme si tu nous répondais hein.
Soudain, Rodolphe (ou Andrew?) sembla se souvenir de quelque chose.
– Ah mais oui, c'est vrai, je m'appelle Rodolphe !
– Bravo, tu as réussi à te souvenir de ton prénom, nous applaudissons l'exploit. Décidément, cette école fait des miracles.
– Mais je vous ai pas dit ? s'étonna le blondinet.
– Je ne crois pas non, rétorqua Ignatus.
– En fait, mon grand-père s'appelle Rodolphe. Mes parents, pour toucher l'héritage, avaient promis d'appeler leur fils aîné Rodolphe. Ils trouvaient ça moche comme prénom mais comme ils pensaient que mon grand-père, fier de ses 110 ans, allait mourir avant ma naissance, ça ne leur posait pas vraiment de problème. Du coup, ils avaient décidés de m'appeler Andrew. Sauf qu'il est pas mort.
– Ton grand-père a 121 ans ?
– Mais non, je veux dire qu'à ma naissance, il était toujours vivant. Du coup, mes parents ont été obligés de m'appeler Rodolphe. Mais comme mon grand-père est mort 3 mois après ma naissance, tout le monde m'a toujours appelé par mon deuxième prénom : Andrew.
– Ta famille m'a l'air assez...particulière, commenta Zachary-Alexander.
– Pour une fois que j'avais retenu un prénom, c'était pas le bon ! râla Ignatus. Et donc vous avez eu l'héritage ?
– Bah en fait, un jour ma mère a marché sur la queue du chien de mon grand-père.
– Et ?
– Et on a pas hérité. Mais en fait, c'était ma grande-tante Ursula qui... je vous ai déjà parlé de ma grande-tante Ursula ?
– Rodol... Andrew, on se connaît depuis deux jours, alors ta grande-tan...
– Bon, je peux avoir mes concombres ? intervint Cassiopée, exaspérée.
oOo
– Demain, c'est l'élection des délégués, rappela Zachary-Alexander alors qu'ils se dirigeaient vers la salle de sortilège. Vous voterez pour moi j'espère.
– Zachary, t'es le seul à t'être présenté.
– Alexander. Zachary-Alexander. Et puis il y a Hildegarde Urquhart aussi.
– C'est bien ce que je dis, tu es le seul. Non mais sincèrement, tu l'as vu ? Est-ce que tu irais lui confier tes problèmes toi ? Elle en a déjà suffisamment. À commencer par son prénom, franchement, à quoi pensaient ses parents ?
– Vu la tête de la progéniture, je doute qu'ils soient eux-mêmes capables de penser.
– Pas faux, pas faux.
– Mais vous êtes odieux ! s'indigna Marie-Laine. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? demanda-t-elle devant l'air surpris de ses camarades.
– Disons que tu n'es pas un exemple de gentillesse, rétorqua Ignatus.
– Moi ? s'offusqua la jeune fille.
– « Je crois que c'est moi mais je ne suis pas sûre, vous comprenez, c'était tellement mal prononcé. Je peux voir votre liste pour vérifier ? », l'imita Ignatus en papillonnant.
– Mais j'ai vraiment eu un doute ! protesta Marie-Laine. Je n'ai pas reconnu une seule syllabe de mon nom !
– Et le jus de citron dans le porridge de Dumbledore ce matin ?
– J'allais quand même pas manger de ce truc. Et comme je suis vraiment allergique au citron...
– Mais il y a des moyens plus sympathiques de l'éviter !
– Mais voyons, Marie-Laine est un ange, intervint Zachary-Alexander.
– Excuse-moi Zachary mais tu n'es pas très objectif.
– Alexander. Zachary-Alexander.
– D'ailleurs, à propos de délégués, reprit Ignatus, qu'est-ce que tu faisais avec l'exemple tout-à- l'heure ?
– Pardon ?
– Oui, en potion, pourquoi est-ce que tu parlais avec le rouquin ?
– Je le saluais amicalement, c'est tout.
– Amicalement ? Tu salues amicalement les Gryffondor toi ?
– Eh bien oui, qu'y a-t-il d'extraordinaire à cela ?
Ignatus poussa un long soupir.
– Mais il faut tout t'apprendre toi, c'est pas possible. Bon écoute, entre Serpentard et Gryffondor, il y a un gouffre.
– Oui, je sais, Poil de carotte me l'a déjà dit mais je répète que deux tables et quatre bancs, ça n'est pas insurmontable.
– Tu le fais exprès ou quoi ? s'énerva son camarade. T'as Serpentard d'un côté, Gryffondor de l'autre. Nous on est en bas, eux ils sont en haut. La ruse d'un côté, la force de l'autre. Nous on est les brillants, intelligents, riches, ambitieux. Eux c'est les brutes, le tas de muscles. Il y a un monde entre les deux maisons.
– Et ça empêche de communiquer ? s'étonna Zachary-Alexander. Enfin soit, si cela peut te faire plaisir, je ne parlerais pas aux Gryffondors. Mais du coup, j'aimerais bien savoir, j'ai le droit de parler à qui ? reprit-il avec une ironie à peine dissimulée.
– Alors, à Gryffondor, personne. Poufsouffle, tu peux leur parler mais la conversation est en général assez limitée, surtout quand on voit comme tu parles. Serdaigle, le niveau est plus élevé mais père dit, qu'à cause de ça, il faut s'en méfier.
– Et puis ils sont bizarres en général, intervint Andrew.
– C'est toi qui dis ça Rodolphe ?
– Andrew.
– C'est bien ce que je disais. Après, de façon générale, évite les sangs-de-bourbe. C'est facile de les reconnaître, ils ont des tâches sur les mains parce qu'ils ne savent pas écrire avec une plume.
– Ceci dit, les stylos sont très pratique tu sais. Mon grand-père n'utilise plus que ça.
– Qui ?
– Pépé André-Jean-Silvestre, mon grand-père, il est fan de moldus.
Zachary-Alexander avisa alors les regards soupçonneux de ces condisciples et songea qu'il avait peut-être fait une gaffe.
– Il est un peu excentrique sur les bords, rajouta-t-il avant de pénétrer dans la salle de cours ce qui lui offrit une diversion bienvenue.
oOo
– Bon, Zachary, on doit aller en cours d'astronomie là, tu finiras ta lettre plus tard !
– Mais quelle idée aussi de faire cours pendant la nuit.
– Parce que tu voulais faire astronomie en plein jour peut-être ?
– Oui, bon, certes. Mais c'est important à notre âge de bien dormir et...
– Zachary !
– Alexander. Zachary-Alexander.
oOo
Cher Pépé AJS,
Comment te portes-tu ?
Pour ce qui est de moi, je dépéris petit-à-petit. « Mais quand reverrais-je, de mon petit village, fumer la cheminée, et en quelle saison... » (l'été j'espère). Ici, il pleut perpétuellement, bien que je ne puisse pas le voir dès le matin, mon dortoir étant situé sous le lac. Oui, sous le lac. Je te laisse imaginer les problèmes d'insalubrité que cela peut causer, même si notre bien-aimé directeur ne semble pas en avoir conscience. Ceci dit, notre directeur est un phénomène à lui tout seul. Il passe ses journées dans son bureau à manger des bonbons au citron tout en respirant de l'hélium, sous la surveillance d'un phénix. Et d'un chapeau moisi, bavard et corrompu. C'est d'ailleurs lui qui nous répartit. Oui, parce qu'ici les élèves sont répartis dans différentes maisons qui ne peuvent pas communiquer entre elles, à moins de remplir certaines conditions.
Pour ma part, je suis à Serpentard. Ma maison semble avoir pour caractéristiques la ruse, l'ambition, et un certain dédain pour les personnes d'un rang inférieur au leur et n'appartenant pas à une famille de sorciers depuis huit générations. C'est du moins ce que m'a expliqué Ignatus Parkinson, un de mes condisciples. Il ne se distingue pas par sa maîtrise de l'ironie ou sa tolérance mais il est assez sympathique. Quant aux autres de mes camarades, il y a Evannah Pritchard et Marie-Laine, que tu connais déjà, Rodolphe, qui se fait appeler... Andrew (ne me demande pas d'explications). Il est plutôt drôle, malgré ses bizarreries. J'ai également pu discuter avec Cassiopée Lestrange, qui a visiblement sympathisé avec Marie-Laine mais je connais moins bien les trois autres filles de ma maison, Dieu m'en garde. Hildegarde Urquhart présente la particularité d'être un croisement entre un troll et un gnome (mélange assez intéressant s'il en est, mais d'aspect plutôt répugnant) et n'a guère de conversation, la pauvre enfant. Leigh-Anne Avery semble plus intelligente mais pas forcément plus recommandable et Shannon Greengrass ne m'a pas laissé d'impression particulière. Sans doute le genre de fille transparente que j'oublierais si elle n'était pas dans ma maison.
J'ai également rencontré quelques camarades d'autres maisons. Il y a William Weasley, que je me complais à appeler Poil de carotte (je te laisse en deviner la raison). Je pensais pouvoir sympathiser avec lui mais il semble assez hostile envers les serpents. Ethan Simons m'a l'air plus ouvert. Il est le seul garçon à Poufsouffle pour neuf filles et semble un peu perdu au milieu de son harem. Peut-être est-ce cet isolement qui le pousse à s'entretenir avec les membres d'autres maisons, ce en quoi je le comprends tout-à-fait, mais il m'a néanmoins paru fréquentable. Je ne connais encore personne à Serdaigle mais Andrew ne semble pas vraiment avoir tort lorsqu'il affirme qu'ils sont bizarres. Par ailleurs, ils doivent supporter des triplés qui semblent hystériques ainsi qu'une paire de jumeaux, les pauvres.
Demain aura lieu l'élection des délégués, un système que j'ai dû instaurer moi-même. Je ne doute d'ailleurs pas d'être élu, d'autant plus que je suis le seul à m'être présenté. Enfin, pas exactement, il y a aussi Hildegarde mais elle ne compte pas vraiment, la pauvre enfant.
Quant au corps professoral, il est des plus intéressants. La professeur McGonagall, directrice-adjointe, semble partiale et dotée d'une faible santé nerveuse, faiblesse que j'exploite de mon mieux afin de mettre un terme à la mainmise gryffondorienne sur le gouvernement poudlarien. Je t'ai déjà parlé de notre directeur bien-aimé mais je rajouterai que sa plus grande fierté est d'avoir sa carte chocogrenouille. Le professeur d'Histoire de la magie est mort depuis des années mais personne n'a songé à le lui faire remarquer. Les cours sont donc assurés par un fantôme soporifique dont je me demande s'il ne s'est pas lui-même fait mourir d'ennui. La professeur de Botanique est grosse et semble bien refléter l'état d'esprit des Poufsouffles. Celle de Défense contre les Forces du Mal ne mérite même pas le titre de professeur. Le premier cours a consisté à écrire sur une feuille nos hobbies, nos centres d'intérêts, nos appréhensions par rapport à cette nouvelle année... J'ai marqué que j'aimais chasser les vampires et les loups-garous la nuit et que j'appréhendais la fréquentation du bas-peuple tandis qu'Ignatus avouait torturer des sang-de-bourbe le soir et que Marie-Laine confiait son appréhension par rapport à la gastronomie anglaise, en espérant que cela aurait un effet sur nos repas futurs. J'espère pour elle que la prof n'est pas aussi sadique que moi car personnellement, j'aurais utilisé ces informations comme plan de cours. Andrew quant à lui, a confié ses inquiétudes vis-à-vis de sa grande-tante Ursula et des fissures dans le mur de notre dortoir qui suintent toute la journée et augmentent à tout moment les risques d'effondrement du mur suivi d'une inondation et de l'irruption non-désirée du calamar géant. Il suggère également que nous apprenions le sortilège de Têtenbulle au plus vite, même si cela relève plutôt des Sortilèges. Ah, les sortilèges. Je crois que si j'écrivais mon nom à la verticale, le parchemin dépasserait mon professeur. Il est tellement petit qu'il doit monter sur une pile de livres pour faire cours. Ignatus doute par ailleurs qu'il soit humain. Aujourd'hui, nous avons appris à tenir une baguette... sachant en outre que nous avions déjà eu métamorphose hier. Je déprime. Mon professeur d'astronomie, le professeur Sinistra, porte remarquablement bien son nom.
En somme, de ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, le seul professeur compétent semble être le professeur de potion et, par bonheur, mon directeur de maison, le professeur Rogue. Malgré son manque de soin capillaire, son ironie redoutable, sa prestance naturelle, son autorité indéniable et son art du discours, font de lui un être supérieur à la population poudlarienne. Marie-Laine est en outre en admiration devant lui depuis qu'il a réussi à prononcer son nom sans erreur (ce qui constitue un véritable exploit ici). J'ai pour ma part peu apprécié la troncature de nos noms mais cela semble être une caractéristique anglaise. Je dois sans cesse leur rappeler que je m'appelle Zachary-Alexander et non Zachary, ce qui est particulièrement agaçant.
Ceci dit, ma plus grande crainte est de mourir de faim. Inutile d'espérer ne serait-ce qu'un quignon de pain, vous ne recevrez en échange qu'incompréhension et simili de brioches. Le directeur se régale avec un porridge arrosé de jus de citron pendant que la sous-directrice se nourrit de pain en plastique.
Je pense que je vais devoir abréger mon compte-rendu sur cette école anglaise, la liste de ses défauts en serait bien trop longue. Quant aux qualités, mis à part le professeur Rogue, je n'en vois point.
Empressez-vous de me répondre et de m'envoyer du pain,
Affectueusement,
Z-A B.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, on espère que ça vous a plu :D
N'hésitez pas à reviewer, on sera ravies d'avoir votre avis et de vous répondre ;)
Merci d'avoir lu et à la prochaine!
