Bonjour à toutes (tous)..

2eme chapitre pour en apprendre un peu plus sur l'état d'esprit de Santana.

Les choses se mettent en place lentement, vous savez comment je suis. J'aime prendre mon temps, et dépeindre au mieux mes personnages, les installer bien confortablement.

Une petite requête: Ne détestez pas Sarah, c'est quelqu'un de bien. :D

Merci aux personnes qui ont pris le temps de mettre un commentaire, ça me va droit au cœur et ça me fait un bien fou.

Je vous laisse à votre lecture,

Enjoy it!

Peut-être et si seulement...

Tu ne sais pas pourquoi mais ce matin tu te sens bien, malgré la boule au ventre qui ne te quitte pas depuis hier soir.

Tu es pétrifiée à l'idée de retrouver Brittany et de devoir lui faire face. Lui parler, lui expliquer certaines choses, certaines erreurs. Faire face à la déception que tu liras dans ses yeux et qui te dégoutera un peu plus de toi même. Elle sera forcément déçue car tu n'es plus celle qui la faisait rire autrefois, ni celle qui l'aidait à avoir des bonnes notes. Tu étais aussi celle qui prenait sa défense lorsque les autres se moquaient de son esprit bizarre que toi tu considérais comme de l'intelligence. Mais cette Santana est loin de tout ça à présent.

En attendant tu te sens bien en dépit de cette peur qui te tiraille. Tu t'es levée aux aurores, ce qui n'est pas dans tes habitudes, car tu avais envie de voir le soleil se levé sur Manhattan. Tu fais face à la ville encore endormie, en buvant ton thé à la violette, confortablement installée dans ton fauteuil douillet en compagnie de Jessie, ta compagne fidèle. Tu as une vue magnifique sur les buildings de verre et d'acier qui s'éveillent au même rythme que le soleil, mais la vision la plus plaisante se trouve à ta droite, dans ton lit. Elle est allongée sur le ventre, un bras recroquevillé sous l'oreiller, l'autre étendu sur le tien. Le draps est suffisamment descendu pour te permettre d'admirer sa peau mise à nue, laissant deviner le dessin sur ses reins que tu as tant aimé embrasser cette nuit.

Tu n'imaginais pas à quel point elle pouvait être aussi jolie. La regarder dormir te donne un sentiment de bien être que tu sais éphémère alors tu profites de cet instant car tu n'as plus l'habitude de ressentir un tel moment d'apaisement. Si elle savait à quel point tu lui en es reconnaissante, à quel point sa compagnie t'est agréable. Mais tu n'oseras sans doute pas le lui avouer.

Tu as passé une soirée délicieuse et tu dois admettre que ça t'avait manqué. Ça n'était pas un de ces rendez-vous ratés où tu pars en plein milieu de la nuit après avoir baisé ta conquête d'un soir. Non, hier soir c'était bien plus que ça. Sarah t'a fait rire. Elle t'a fait chavirer, dans une certaine mesure, même si tu sens bien que le mot est un peu fort. Tu n'es pas amoureuse, mais tu tiens déjà à elle et tu as envie de laissé le temps faire les choses, sans les bousculer, sans les avorter plus tôt que nécessaire. Comme si elle te donnait un espoir de devenir meilleure et différente.

En sortant de l'agence hier soir, le froid vous a saisie et Sarah s'est agrippée à ton bras, naturellement, comme si votre relation durait déjà depuis plusieurs années. Elle a posé sa tête sur ton épaule et tu t'es sentie forte. Tu as eu cette impression de compter pour quelqu'un, d'être là pour qu'elle se sente en sécurité. Cette sensation ne te quittes plus depuis. Cependant, ne pas penser à Brittany t'a été impossible et inconcevable. Mais tu as tout fait pour que Sarah ne se sente pas lésée. Tu as été tout à elle quand elle le demandait et quand son besoin était si fort que tu n'avais pas besoin qu'elle te le dise pour le comprendre. Tout était si naturel. Mais tu mentirais si tu disais que vous n'étiez que deux cette nuit pendant que vous faisiez l'amour. Cette autre blonde, celle revenue de ton passé était également présente, malgré ton souhait de ne plus y penser. C'était tout simplement hors de tes moyens tellement votre rencontre t'a bouleversé.

Elle était comme dans tes souvenirs, toujours aussi belle, craquante, innocente, tendre et tellement... elle même. Tu ne peux pas expliquer ça car Brittany a ce petit d' éclat d'âme en plus, cette particularité de ne ressembler à personne d'autre, de ne rien faire comme tout le monde, de réagir avec sa manière bien à elle face aux évènements.

Tu sens la respiration de Sarah devenir différente, signe qu'elle est en train de se réveiller. Tu profites de cette opportunité pour la rejoindre et profiter de ce premier réveil à ses côtés.

« Hey... » te dit-elle, la mine encore toute endormie.

« Bonjour toi » Lui dis tu avec un léger sourire sincère et tendre.

« Tu es debout depuis longtemps? »

« Assez oui et je dois dire que j'ai pris plaisir à te regarder dormir... » tu admets volontiers.

« Melle Santana Lopez qui me dit des choses aussi mignonnes, il aurait fallu me pincer encore hier matin pour que je puisse y croire. »

Tu pourrais être vexée de l'entendre te dire ça mais à la place tu es amusée et séduite. Tu la trouve craquante.

« Tu as besoin que je te pince ou tu me crois? » lui dis tu, taquine.

« Peut-être que tu devrais simplement me caresser... » Te répond t-elle, mordillant légèrement sa lèvre inférieure, et réveillant tes sens instantanément.

Tu prends sa demande sérieusement et commence a effleurer sa peau du bout des doigts. Tu suis la courbe de son dos jusqu'à son tatouage. Tu dépose un baiser sur son épaule et remonte jusqu'à son oreille, lui causant au passage un frisson suivi un soupir qu'elle ne peut retenir. Tu te recules et la regardes se morfondre de ne plus recevoir tes caresses.

« Je voulais juste être certaine que tu y crois vraiment.. » lui dis tu, charmeuse et aguicheuse.

« Depuis hier soir je n'ai pas besoin que tu me pince pour te croire. J'ai l'impression d'avoir fait la connaissance d'une autre toi et elle me plaît énormément... » Tu te tends légèrement à ces dernières paroles. Tu lui plais et cette idée te fait un peu peur. Peur de la décevoir elle aussi. Peur de la faire souffrir .

Elle se retourne légèrement pour te faire face et se relève à peine, suffisamment pour plonger son regard dans le tient.

« Santana...Regardes moi...je n'attends rien de toi, tu peux te rassurer et te détendre. Refais moi ce beau sourire que tu avais encore à l'instant. Tu me plaît oui, je l'admets et je préfère être totalement franche avec toi. N'empêche que tu n'es pas forcée de me rappeler dans la journée ou d'avoir envie de me revoir avant la fin de la semaine... » Tu lui souris de nouveau, attendant qu'elle ait terminé. « Ce weekend-end ce sera tout aussi bien. » rajoute t-elle amusée en se redressant complètement cette fois. Elle se rapproche de toi en rigolant, plus séduisante que jamais avec ses cheveux en bataille et les seins découverts.

« Plus sérieusement Melle Lopez, je suis une grande fille et je sais me protéger. J'ai passé un super bon moment avec toi et j'espère te revoir pour qu'on remette ça et pour te prouver que je cuisine tout aussi bien que toi, mais en attendant, laissons le temps décider de ce que nous sommes d'accord?» Elle presse son nez tout froid contre ta joue avant de déposer ses lèvres sur les tiennes, pour un simple baiser anodin, réconfortant.

Vous êtes littéralement sur la même longueur d'onde et cette idée suffit à te faire flancher. Tu franchis la dernière limite qu'il y avait entre vos deux corps et fais basculer ta complice d'une nuit sur le dos. Tu t'allonges sur elle afin de rendre l'échange plus passionné et parce que tu n'as jamais su résister à un corps nu et soumis à ton seul désir. Vos langues se lient et se disputent pour une accolade enivrée.

Tu mets pourtant fin à l'échange et la regarde comme captivée.

« Tu as une sorte de décodeur d'humeur et de pensée? Ou c'est simplement la chance? » lui demandes tu, vraiment curieuse.

« Disons je commence à comprendre les femmes mieux que personne... surtout les femmes comme toi qui se cachent sous une carapace bien trop grande pour elles. J'ignore pourquoi mais je suis toujours plus attirée par les femmes qui ont une fêlure et qui ont peur de l'engagement. Sans doute la partie kamikaze que j'ai en moi. »

Tu est amusée. Elle te fait penser à Brittany par bien des côtés, mais à toi également, par son répondant.

« Tu es dingue. Vraiment...Mais ça me plaît..Je pourrais même t... » commence tu avant qu'elle ne te coupe.

« Chuuut! Ne dis pas quelque chose que tu pourrais regretter ou faire une promesse que tu ne pourrais pas tenir. Surtout quand on sait que la fille d'hier soir ne cesse d'habiter tes pensées depuis que tu l'as revu. »

Tu es interloquée.

« Mais tu es quoi? Une espèce d'ange gardien? Une martienne? Comment peux tu à ce point lire en moi? » Elle a un air de fierté qui apparaît sur le visage mais elle ne dira rien, elle n'en a pas besoin. « Sarah...je suis désolée pour cette autre fille, tu méritais que je sois entièrement à toi. »

« C'est pas grave, je comprends. Elle a du sacrément compter pour toi et je respecte ça»

« Elle a compté oui, mais pas comme tu le crois. Disons qu'elle et moi c'était presque perdu d'avance. Comme si nous étions dans deux trains différents. Elle n'a jamais rien su de mes véritables sentiments à son égard. »

« Tu n'as jamais osé lui avouer que tu l'aimais? »

« Jamais. »

« Et bien! Quand on te connait c'est le genre de choses qu'on a du mal à croire. Mais en même temps, face à certaines personnes on perd totalement nos moyens. »

« Mmmmh.. » c'est le seul son qui sort de ta bouche. Que peux tu répondre? Elle est perspicace, tout autant que tu peux l'être parfois et ça te désarmes.

Tu as envie de pleurer.

Tu as envie de croire que Sarah pourrait te faire tout oublier, te rendre meilleure et faire éclater ta carapace. Mais tu sais que les choses ne se passent jamais comme on le souhaite, qu'elles ne sont pas aussi simples. Qu'on ne tombe pas souvent amoureuse de la personne la plus accessible. Certains individus ont cette poisse de toujours aimer les choses qui leur compliquent la vie. Tu fais partie de ces personnes et tu aimerais que ça ne soit pas le cas. Tu voudrais, mais on ne choisit pas de qui on va tomber amoureux. C'est l'amour qui s'impose à nous, sans nous demander notre avis. Il s'installe, il fait son nid et il attend. Il peut parfois attendre des années sans jamais se lasser.

Tu recommence à l'embrasser, prête à t'embraser de désir mais tu te retiens parce que tu sais qu'il vous reste peu de temps.

« Tu sais qu'on doit se lever? En tout cas moi je dois aller au bureau. Tu peux rester là si tu veux, prendre ton temps et faire comme chez toi. » tu lui proposes, en espérant pourtant qu'elle refuse et vienne avec toi, pour profiter encore de sa présence.

« J'ai moi aussi une journée chargée. On va aller prendre une douche et ensuite je file. »

« On? »

« Quoi? Tu ne veux pas m'accompagner? » te dit-elle les yeux pleins de promesses que tu sais qu'elle va tenir.

Vous êtes en bas de l'immeuble, prêtes à partir chacune de votre côté, mais tu ne peux pas te résoudre à la laisser s'échapper. Tu as envie de profiter de sa présence rassurante jusqu'au bout. Tu lui en fais part et elle accepte de t'accompagner jusqu'au café plutôt que de partir en sens inverse de ton chemin. Elle prendra le métro plus loin, au niveau du café où tu as rendez-vous.. Vous êtes en avance sur l'heure, elle aura donc le temps de prendre le petit déjeuner en ta compagnie et cette idée te ravie. Tu n'arrives pas à mettre un terme sur votre relation mais tu sais qu'il y a une relation naissante entre vous, c'est indéniable. Elle fait à présent partie de ta vie et ça te fait du bien, tu aimes l'idée de pouvoir compter sur elle.

Vous vous installez à une table et passez ces derniers moments qui concluent votre nuit dans la bonne humeur. Vous parlez du futur travail de Sarah, de la campagne promotionnelle du nouveau parfum et de vos futures retrouvailles quand tout à coup elle se redresse et se tend sur sa chaise. Tu n'as pas besoin de te retourner pour savoir que Brittany vient d'entrer.

« Je vais te laisser. Merci pour la soirée que tu m'as fait passer, c'était un très très bon moment. » Elle se lève et vient chuchoter à ton oreille « Et merci pour la nuit, c'était encore meilleur.. » avant de déposer un baiser sur ta joue. Un sourire niais né sur tes lèvres, comme une gamine après son premier bisous.

« A bientôt Santana Lopez » te dit-elle, laissant siffler la dernière syllabe de ton nom dans un dernier souffle, comme pour te permettre de ne pas oublier sa faculté à te séduire. Un dernier souvenir pour que tu ne l'oublies pas.

Tu ne réponds rien, elle ne t'en laisse pas le temps car elle s'est déjà enfuie, par peur de gêner surement.

Tu les entends se saluer et la voix de Brittany suffit à éclipser Sarah. Tu as presque honte de ça. Tu te mets à culpabiliser, un sentiment que tu ne connaissais plus. Et puis tu sens deux mains qui viennent agripper furtivement tes épaules et tu oublies tout tes tourments.

« Salut toi. Je vois que tu étais en bonne compagnie Melle Lopez, tombeuse de ces dames. »

Tu souris parce qu'elle a raison et qu'elle n'a pas oublié. C'est comme si vous n'aviez jamais cessé de vous voir. Elle te parle comme si vous aviez blagué la veille à ce sujet, naturellement.

« Et vu que c'est la même fille qui t'attendait hier soir, j'en conclu que tu as passé la nuit avec. Vous êtes ensemble depuis longtemps? »

En même temps, cette discussion te gêne, ce naturel te pose problème, il t'énerve même. Ça ne devrait pas être aussi simple, être aussi facile de discuter avec elle. Ça ne devrait pas se passer comme ça.

« On est pas ensemble. » Tu regrettes déjà le ton que tu as employé. Tu n'as pas le droit d'agir ainsi quand elle essaye de son côté de rendre les choses faciles. Tu ne peux pas agir en étant la Santana Lopez actuelle avec elle. Elle mérite de retrouver celle qui était son amie. Mais en es tu au moins capable?

« Ok...J'ai fais quelque chose de mal Santana? Dis moi juste, comme ça je sais à quoi m'en tenir. »

Tu n'oses même pas la regarder. Tu te sens minuscule face à elle. Comme une gamine face à sa mère après une bêtise. Sauf qu'elle n'est pas ta mère, c'est la fille que tu aimes depuis que tu as quinze ans.

« Regardes moi s'il te plaît et dis moi ce qui ne va pas. » Elle te supplie presque. Elle est en demande de réponses et c'est légitime. Tu dois te reprendre et changer d'attitude, elle n'a rien fait de mal.

« Je ne suis plus celle avec qui tu allais au lycée Brit. Je ne suis plus la Santana d'avant. Je suis devenue quelqu'un de pitoyable. Si j'étais toi je partirais loin de moi.»

Tu la vois fermer les yeux et prendre un moment de réflexion. Quand elle les ouvre de nouveau, tu crois percevoir des larmes. Tu ne veux pas ça. Tu ne veux pas la rendre triste.

« Déjà tu n'es pas moi. Ensuite, je t'interdis de parler de toi ainsi! Tu es toujours la même, tu t'es simplement perdue. Laisses moi juste t'aider à retrouver la Santana d'avant qui se cache quelque part et qui te fait une mauvaise farce. »

Tu as envie de t'enfuir, de pleurer et de ne jamais refaire surface. Tu as envie de disparaître devant tant d'innocence et de bienveillance. Elle est égale à elle même.

« Je t'en prie, laisses moi entrer dans ta vie San» Tu sais que le combat est perdu d'avance face à elle. Tu sais qu'elle va entrer dans ta vie aussi vite que tu l'en as fait sortir. Tu ne résisteras pas à sa persévérance.

Tu te reprends rapidement.

« Tu ne viendras pas te plaindre, Madame Elroy! »

Tu la vois rougir, comme si elle ne s'habituait pas à ce nom de famille.

« Tu es donc mariée? »

Tu vas droit au but. Autant élucider les questions qui te fâchent.

« Oui. Depuis quatre ans. Il s'appelle Dan. »

« Et il te rend heureuse? »

« Évidemment! Ne vas pas le frapper, il ne le mérite pas. Il me comble. »

C'est justement parce qu'il la rend heureuse que tu as envie de le frapper. Parce qu'il met fin à tout espoir. Parce que tu ne feras jamais le poids face à lui.

« Tiens, regardes, c'est lui. » Pendant que tu imaginais ton point dans sa figure, elle a sortie de son sac une photo de son mari. Il est blond et tu imagine encore mieux ton poing dans son visage angélique.

« Super! » Dis tu d'un ton ironique qu'elle ne remarque pas. « Et vous avez des enfants? »

« Non! Non, non, non. Je ne me sens pas prête d'avoir des enfants. Tu trouves pas que nous sommes trop jeunes pour ça? »

« Je sais pas Brit, je n'ai pas eu de relation stable depuis plus de quatre ans, alors un gosse je t'en parle même pas. C'est pas une question d'âge, c'est une question d'être accompagné de la bonne personne ou pas. Et moi, je ne suis pas accompagnée donc la question ne se pose pas. »

Tu sens que ce que tu viens de dire a jeté un trouble dans sa tête, comme si elle prenait conscience de quelque chose qui ne lui ait pas agréable.

« Je suis pas d'accord avec toi. On peut être avec la bonne personne mais ne pas se sentir prête. »

« Tu as trente ans Brit, qu'est ce qui t'empêche d'être prête à part de ne pas être certaine d'être prête avec lui? »

« L'envie de faire des choses que je ne pourrais plus faire avec un enfant... »

« Si tu le dis... »

« Pourquoi tu tiens absolument à me faire dire que je ne suis pas prête a avoir un enfant avec Dan ? »

« C'est pas du tout mon intention, je trouve ça juste bizarre, mais t'es mieux placée que moi pour en parler. Désolée. Tu vois, je t'avais dit de fuir. »

«C'est pas ça San, c'est juste que j'ai l'impression que tu me juge ou que tu considère que je ne suis pas sûre de moi.»

Un silence pesant s'est installé et ça en est trop pour toi. Tu te lève en prenant soin d'emporter ton café avec toi. Tu n'as pas besoin de lui parler pour qu'elle comprenne que c'est mieux comme ça. Elle reste attablée pendant que tu te précipite à l'extérieur de l'établissement.

Tu t'engouffres au milieu de la foule, te noyant dans la masse avec cette envie de courir et de ne jamais t'arrêter. Mais tu sais que ça ne sert à rien alors tu te contente de marcher en fouettant le sol à vivre allure.

Tu arrives au bureau essoufflée. Tu ne t'ai laissé aucun instant de répits et tes pieds te font atrocement mal.

Tu as chaud.

Tu sens la sueur se glisser dans ton dos, provoquant un frisson désagréable.

Tu passes devant la ''nouvelle Sarah'' sans même lui adresser un sourire, tu n'as qu'une seule obsession, c'est d'accéder à ton bureau le plus promptement et te cacher.

La ''nouvelle Sarah'' te récrit alors que l'ascenseur s'ouvre.

« Je peux peut-être vous aidez Madame? » te dit-elle.

Tu ne te retourne pas, tu as juste envie de fuir.

« Je n'ai pas besoin d'aide, je suis votre PDG... » Tu es agacée, tu ne veux pas qu'elle te voit dans cet état misérable.

« Oh..Pardon... »

« Et c'est Mademoiselle, pas Madame! »

« Veuillez m'excuser Mademoiselle Lopez. »

Tu respire un grand coup, prête à pleurer de honte. Comment tu peux agir de la sorte toi qui te sentais si différente ce matin en te réveillant, repue de bonnes intentions? Tu entres dans l'habitacle angoissant de la machine, te croyant seule vu l'heure matinale.

« Tu n'as pas le droit de parler aux gens comme ça. Tu n'as pas le droit de t'enfuir non plus. Regardes moi et montres moi celle que j'aimais. » Elle t'a finalement suivie. Tu ne sais pas si tu dois t'en ravir ou détester cette idée.

Tu ne sais pas quoi dire. Tu te renfrognes dans un coin, voulant te cacher de Brittany mais les murs de miroirs ne cacheront rien, ni tes larmes, ni ta colère.

« Je...Oublies celle que j'étais d'accord? Elle a disparue c'est tout. »

« Pourquoi? »

« Parce qu'elle souffrait! » Tu es en larmes à présent et c'est dans un cris de rage que tu lui réponds. Tu sens tes barrières tomber une à une, comme si c'était le moment de vider tout ce que tu retiens depuis des d'années.

Elle s'approche de toi mais tu lui fais signe que ça n'est pas le moment, que tu ne veux pas. Tu ne mérite pas qu'elle te réconforte, qu'elle te prenne dans ses bras. Tu mériterais qu'elle te laisse ainsi, pitoyable.

« Sanny, arrêtes de te punir... »

« Tu ne sais rien de moi sinon tu ne serais pas là à vouloir me consoler du mal que je t'ai fait à toi! »

Elle se rapproche à nouveau.

Tu sais qu'elle n'abandonnera pas, elle est comme ça. Gentille. Trop.

Elle te caresse le bras et même si ça n'est qu'à travers le tissus de ta veste, tu sens ton corps réagir à ce geste. C'est comme une décharge électrique qui te parcours l'échine. Une sensation aussi insupportable que plaisante. Tu te détends malgré tout légèrement, réalisant qu'elle ne mérite pas ta colère.

« Quand tu seras prête à m'ouvrir ton cœur saches que je serais là, de jour comme de nuit. Je sens bien que tu n'es pas prête à me parler de toi, de ta vie, de tes peurs, de tes faiblesses... » Elle soupire et ne te lâche pas des yeux.

Son regard est bienveillant et tu t'en veux déjà pour ta réaction. Tu restes sans voix, incapable de prononcer une parole, alors c'est elle qui parle.

« Un jour tu le feras parce que je ne t'abandonnerais pas. Tu me parleras et tu te sentiras libérer d'un poids. Je ne dis pas que tous tes problèmes s'envoleront, mais tu pourras au moins commencer a aller de l'avant. »

« P..Pourquoi tu fais ça pour moi alors que je me suis enfuie il y a dix ans sans rien te dire? » L'incompréhension te gagne et te submerge.

« C'est pas comme si tu étais partie sans me laisser une explication.. »

Tu ne comprends pas ce qu'elle veut dire. Tu es pourtant partie sans rien dire à personne, sauf à tes parents. Tu n'as donné des nouvelles à Quinn que quatre mois après ton départ en lui demandant d'embrasser et de rassurer tout le monde, surtout Brittany.

Tu n'as même pas daigné l'appeler elle. Tu savais que si tu le faisais tu ne pourrais pas lui résister. Après tout, c'était elle ta faiblesse.

« On parlera quand tu seras prête, et je sens que ce n'est pas encore le moment. Pour l'instant, tu vas sécher tes larmes, sortir de cet ascenseur, dire bonjour à ta secrétaire, aller dans ton bureau et te préparer pour notre réunion. Et tu devrais faire venir Marley, la standardiste, pour t'excuser et faire connaissance avec elle, c'est quelqu'un de bien. »

Elle te prend dans ses bras avec une douceur qui te calme instantanément. Elle t'émeut. Elle parvient toujours à ses fins, ça en est désarmant.

Elle se recule et te communique sa force par son seul regard. Tu ne connais pas plus fort et courageux que cette grande blonde qui peut paraître légère au premier abord. Elle est tout l'inverse.

Cette fille te surprendra donc toujours.

Comment ne pas en tomber amoureuse?

Comment ne pas avoir envie d'elle quand elle te regarde avec une telle intensité?

Si elle savait ce que tu ressens vraiment, ce que tu as secrètement envie de faire depuis si longtemps.

Si elle savait que ton seul désir serait d'arrêter le temps dans cet ascenseur et de redevenir celle que tu étais.

De prendre possession de ses lèvres et de son corps et lui montrer à quel point tu as envie d'elle.

Si seulement tu l'avais fait quand vous n'étiez encore que des gamines.

Si seulement tu lui avais dit à quel point tu l'aimais ce soir là avant de partir.

Si seulement elle avait su décrypter l'intensité de ton regard à ce moment là.

Peut-être que tu ne serais jamais partie.

Peut-être que le lendemain tu n'aurais pas pris la fuite.

Avec des peut-être et des si seulement...Ta vie serait différente aujourd'hui.