La soirée s'annonçait donc…épique.

Merci le shérif Swan ! Je n'aurais jamais trouvé cette fichue baraque sans un plan détaillé. Oh j'aurais sans doute pu pister l'odeur de mon imprégné mais bon je préférais utiliser les méthodes…traditionnelles. Bon le mot baraque n'était pas vraiment adéquate. Parce que cette maison était vraiment…waouh ! Bon après l'Italie, j'aurais pu être blasée avec les belles maisons mais non…ça me faisait toujours autant d'effet autrement dit…beaucoup d'intimidation. J'essayais de ne pas prêter attention au vampire assis sous le porche qui s'était mis à m'observer, moi essayant de manœuvrer avec ma Ferrari pour me garer. Il était massif avec une touffe de cheveux sur le crâne. Il me faisait penser à un gros nounours géant. Je l'avais vu au self aujourd'hui, à table avec mon imprégné (faudrait vraiment que je lui trouve un surnom plus mignon^^). Il se dirigea à vitesse vampire vers moi lorsque je mis un pied à terre.

- Au moins toi, tu as du goût pour les voitures…

Je souris à sa remarque sans laisser voir que j'étais pétrifiée.

- Chloé c'est ça ? Je m'appelle Emmett Cullen. Je suis le frère d'Edward. Il est entrain de se faire tout beau pour sa petite blonde.

Il me tendit la main.

- Je ne veux pas te sembler grossière mais si je te serre la main, tu risques de ne plus la revoir.

Au lieu de se rebiffer, il s'esclaffa.

- Je doute que tu sois aussi forte jeune créature.

- Tu ne devrais pas sous estimer la force physique de ma compagne, Emmett.

Edward nous avait rejoints. Emmett avait raison. Il s'était fait extrêmement séduisant pour cette soirée. Mais il n'y avait pas une grande transformation à faire pour rendre cet Apollon séduisant. Euh…wait wait ! Sa compagne ? Il m'avait appelé sa compagne ! Il me fit un sourire en coin.

- Oui je t'ai appelé comme ça parce que c'est exactement ce que tu es ma chère Chloé.

Il prit ma main pour y déposer un baiser délicat.

- Viens je vais te présenter au reste de ma famille, chérie. Laissons Emmett fantasmer sur ta jolie voiture.

La villa était (si c'était possible) encore plus belle à l'intérieur. Le salon avait une ouverture sur la cuisine d'où sortaient un homme et une femme qui devaient être leurs « parents ». Une fusée aux cheveux noirs descendit à toute vitesse des escaliers et s'apprêtais à me prendre dans les bras.

- NON !, je m'écriais en reculant pour atteindre le mur le plus proche.

Ils me regardèrent tous avec des yeux ronds. Seul Edward avait gardé sa main dans la mienne et me la caressait avec son pouce délicatement. Il réussit à me faire oublier mon état de panique. Il avait un effet magique sur moi…Je leur devais cependant une explication. Les pauvres, je ne voulais pas qu'ils croient que je les rejetais.

- Le…choc thermique entre un vampire et une…personne de mon espèce peut être très violent.

Ils baissèrent tous leurs regards sur ma main et celle d'Edward entrelacées.

- Euh oui…euh avec Edward c'est hum…différent.

- Heureusement ! s'exclama Emmett qui était rentré par la porte de derrière. Vous imaginez leur accouplement si leurs corps ne se supportent pas ? Une horreur ! ^^

Je rougis furieusement en pensant à Edward et moi entrain de…oh mon dieu stop ! Il me souriait toujours mais je sentais qu'il était tendu.

- Quoi qu'il en soit je suis ravie de vous rencontrer tous. C'est agréable de côtoyer des vampires aux yeux dorés.

- Pardon ? Tu as cotoyé d'autres vampires dans le passé ?

Edward avait perdu son sourire. Il semblait effaré et je me rendais compte de la gaffe que j'avais faite.

- Euh…c'est de la cuisine italienne que je sens ?

C&E&C&E&C&E&C&E&C&E&C

Nous avions terminé le dîner (que j'avais littéralement engloutie : trop bon ces ravioles au fromage) et je sentais que le moment des questions allait arriver. Carlisle me regardait avec appréhension : je savais qu'il avait certainement beaucoup d'interrogations. Comme eux tous.

- Allez-y Carlisle.

Edward qui était à côté de moi me serra par la taille pour me rassurer. C'est dingue. Il me connaissait depuis moins de vingt quatre heures et il savait déjà quand j'étais stressée alors que je ne laissais rien paraître.

- Lire en toi comme dans un livre ouvert aides beaucoup ma belle, me susurra t-il à l'oreille.

Là ma gêne se vit sur mes joues. Je souris à Carlisle, pour l'inviter à poser les questions qu'ils se posaient sans doute tout bas.

- Qui est tu exactement ?

La question me fit sourire. Les gens de mon âge répondent à cette question en une page, moi :

- Je m'appelle Chloé Morgan. Morgana, en Italien. Je suis née à Volterra que vous devez sans doute connaître si vous avez voyagé.

Ce que je venais de leur dire, c'était la partie la plus simple. La compliquée arrivait :

- A l'âge de 15 ans- j'en ai 18- mon corps a muté. A la suite d'une dispute avec mes parents, je me suis transformé… en louve. Mon corps et mon esprit se sont habitués à ce côté de moi qui avait surgit à 15 ans après mais qui était en moi depuis ma naissance.

- Tes parents ? Ils sont humains ?

- Ils sont morts.

Je sentis Edward se raidir à cette phrase. Il devait sans doute le savoir déjà mais c'était la première fois qu'il l'entendait à haute voix. Une douleur passa en moi lorsque je repensai à eux. Il était encore difficile pour moi de parler d'eux. Je sentis le corps de Jasper, le frère d'Edward qui semblait toujours anxieux, se plier légèrement. Il m'avait expliqué en quoi consistait son don et je me demandais s'il avait ressenti ma tristesse. Edward hocha la tête à ma question silencieuse.

- Racontes-nous, Chloé, s'il te plaît.

- Mes parents, Alessandro et Elena, faisaient parti de la même meute. Quand ils ont muté, ils se sont imprégnés presque aussitôt. L'ennui…c'est qu'il ne faisait pas seulement parti du même clan. Ils avaient également le même sang. Ils étaient frères et sœurs.

J'ignorais les quelques visages choqués (pas celui d'Edward heureusement !) et continuai :

- Leurs frères, leur meute ne cautionnait pas ce genre d'amour, alors qu'ils avaient eux-mêmes vécus l'imprégnation. Si on comptait mes parents, ils étaient cinq. Mes parents se fichaient de l'avis des autres, ils ne pouvaient pas renier le lien qui les unissait et ils ont été bannis de la meute. Leur Alpha les a rejeté le reste de la meute aussi. Ils m'ont conçus dans les bois avant de rejoindre la ville la plus proche…Volterra. Ils ont rencontré Aro et ses frères lors d'une chasse. Le roi a accepté de les aider, de les héberger, de les protéger eux et leur enfant à venir.

- En échange de quoi ?

- Leur loyauté. Ils devaient simplement garder le château et empêcher les humains de s'approcher trop près du château. Ils protégeaient les vampires des humains et les humains des vampires. Je suis née là bas, j'ai grandi au château et j'ai eu une enfance douce et agréable. Mais mes parents lors d'une chasse, il y'a trois mois, ont été attaqué et tué par leur ancienne meute qui les avait retrouvé. J'étais folle de chagrin et Aro s'est vengé des loups en les tuant. Il avait promis à mes parents de me protéger. Ils l'avaient même désigné comme mon parrain. Alors pour m'épargner de tout danger, il m'a envoyé ici en Amérique. Il m'a dit que j'y rencontrerais des personnes qui sauraient me protéger. J'ai accepté car l'Italie était devenue trop triste à mes yeux. Il m'a assigné de deux humains qui travaillent pour lui et qui doivent se faire passer pour mes parents adoptifs.

- As-tu un lien avec les Quileutes ?

- Les quoi ?

- Enfin Carlisle c'est évident ! s'écria Rosalie exaspérée. Regardes sa peau elle est blanche et rosée, alors que celle des chiens est plus foncée !

- Quoi ? Il existe des loups ici, à Forks ?

- Ils habitent la réserve près de l'océan, à la Push. m'expliqua Edward en m'attirant contre lui. Il m'incita à poser ma tête sur son épaule et je me laissai faire. Les regards des six autres vampires m'importait peu. J'avais besoin d'être en contact avec mon imprégné. J'avais l'impression que mon cœur et mon corps l'avaient cherché inconsciemment durant toutes ces années. Et maintenant que je l'avais trouvé, j'avais l'impression que me séparer de lui ressemblerait à l'enfer sur terre.

- Je ressens la même chose, jolie fleur.

Il me parlait comme si on se connaissaient depuis toujours, nous nous étions rencontré seulement ce matin bon sang ! Encore une fois je ne pus m'empêcher de rougir à l'entente de sa voix, qui me susurrait des paroles dont il n'avait aucune idée des conséquences que cela pouvait engendrer.

- Peut-être que je cherche à provoquer ces conséquences, trésor.

- Bon sang vous allez vous calmer oui ? s'écria Emmett sur un ton mi exaspéré-mi provocateur. Je n'ai aucun don d'empathie ou de télépathe pourtant je sens la tension sexuelle qui émane de vous et c'est assez dérangeant ! Si vous voulez vous sauter dessus comme les bêtes que vous êtes allez-y mais montez au moins dans une chambre, par pitié !

- J'ai plutôt l'intention de te défier à la course ET au bras de fer, grizzly alors si j'étais toi je ravalerais mes réflexions salaces et je me préparerais à une grosse raclée.

- Oh…on me défit ? Tu ne sais pas à qui tu as à faire ma petite.

- Toi encore moins, mon grand.

La soirée fut très agréable. Après avoir raconté mon histoire pas très gaie j'avais grand besoin de me défouler et même si une partie de jambes en l'air avec mon imprégné comme l'avait suggéré Emmett aurait été particulièrement agréable, j'arrivais à me satisfaire en laminant ce cher Emmett au bras de fer. Il gagna à la course (normal quand on fait des bonds de vingt mètres, si je m'étais transformé il en aurait bavé l'ours !), sa revanche le mit de bonne humeur. Je posais à mon tour des questions à la famille, voulant savoir le maximum sur eux et surtout sur Edward. Celui-ci ne me lâcha pas de la soirée, et quand vint l'heure de nous quitter, il fit une moue qui montrait clairement qu'il n'avait pas envie de me laisser partir.

- Edward ne fait pas cette tête, nous nous reverrons demain.

- Ca paraît beaucoup trop loin !

- Tu ne peux pas être attaché à moi en si peu de temps, c'est impossible. On se connaît à peine…

- Je sais. Mais j'ai bien l'intention d'apprendre à te connaître par cœur, jolie fleur. Et de manière purement traditionnelle. Demain je vais te harceler de questions.

- J'ai hâte de voir ça…compagnon.

Je me mis sur la pointe des pieds et après avoir sondé ses yeux pour connaître son opinion sur ce que je m'apprêtais à faire, je posais mes lèvres sur les siennes. Aussitôt nos corps furent en émoi et il fourragea ma chevelure d'une main tandis que l'autre vint accrocher ma taille. Nos langues entrèrent rapidement dans un ballet sensuel et terriblement excitant. Oui j'étais faite pour cet homme. Mon corps avait besoin de lui, tout autant que mon cœur. Je nous laissais cependant nous reprendre (moi ma respiration, lui son contrôle légendaire). Il semblait tout aussi ému que moi par ce baiser.

- Tu ne me facilites pas les choses, jolie oiseau. Mais il parait que la passion doit être entretenue. Alors à demain.

Je lui souris et essaya de ne pas sauter de joie jusqu'à ma voiture. Mais difficile de contenir sa joie quand on vient d'embrasser…son imprégné.