Manga: Bleach

Titre: In vino veritas ("La vérité est dans le vin")

Pairing: Renji/Byakuya

Rating: M

Disclaimer: Tout appartient à Tite Kubo, je ne fais que lui emprunter quelques uns de ses personnages :)

Note: Tout d'abord un grand merci à hinukoi pour ta review :) Evidement que tu as le droit de réclamer la suite! xD J'espère ne pas t'avoir trop fait attendre :p La suite arrivera peut être un peu moins rapidement (plus internet pendant deux jours entiers! Au secours!) mais je ferai tout mon possible pour que ça ne tarde pas trop :)

Sinon ben j'espère que ce chapitre vous plaira :) et comme d'hab (je sais je radote xD) n'hésitez pas à me dire ce que je pourrais améliorer :) Sur ce, bonne lecture!


Chapitre 3:

Ensuite, le lendemain, tout ce que tu auras à faire sera de te comporter de manière à être le lieutenant le plus efficace et le plus attentionné qu'il n'ait jamais eu, impressionne le, fais en sorte qu'il ne puisse penser à qui que ce soit si ce n'est toi…

Il était tôt, très tôt, beaucoup trop tôt pour lui, sept heure du matin pour être précis et il avait terminé de compléter tous les dossiers qu'il avait à faire, ce qui lui prenait en temps normal toute l'après-midi, si pas plus. Enfin, ça c'était le temps dont il avait besoin pour remplir les dossier qu'on lui avait confié le jour même mais là il avait même commencé à s'attaquer à l'énorme pile qui menaçait de s'effondrer d'un instant à l'autre, celle-là même où s'empilaient depuis qui sait combien de temps, des années peut être, tous les dossiers qu'il n'avait pas eu le temps de traiter ou plutôt ceux qui lui semblaient bien trop compliqués ou bien trop épais pour qu'il daigne s'y intéresser. Le problème c'est que c'est la plupart du temps pour ne pas dire toujours, les dossiers les plus importants qui sont les plus volumineux ou les plus complexes… Et après on s'étonnait que rien n'allait jamais à la Soul Society… Mais bon ce n'était vraiment pas le moment de culpabiliser, au contraire il était plutôt fier de lui et il était tout simplement hors de question qu'on lui enlève ce sentiment de satisfaction personnelle. Lui-même n'en revenait pas, si un jour on lui avait dit qu'il ferait ça pour son glaçon de capitaine… En tout cas si avec ça Rukia venait lui reprocher de ne pas faire assez d'effort elle allait s'en prendre une !

Elle lui avait dit que Byakuya avait pour habitude de partir du manoir très tôt de façon à arriver à la capitainerie aux alentours de sept heures justement. Oui il en avait honte mais il avait dû se renseigner auprès de Rukia…sur toute sa carrière pas une fois il n'était arrivé à l'heure alors comment aurait-il pu connaitre l'heure à laquelle arrivait son supérieur ? Mais aujourd'hui il était au taquet, il avait mis de l'eau à chauffer de manière à pouvoir proposer du thé à son capitaine dès que celui-ci arriverait. La veille ou plutôt il y a quelques heures à peine sa très chère meilleure amie qu'il aimait vraiment beaucoup, surtout quand elle le réveillait à trois heures du matin, lui qui pour une fois avait décidé de se lever tôt…c'était inhumain…enfin bref, celle-ci lui avait donc téléphoné prétextant que les messages ce n'était pas sûr à cent pourcent et que si elle en avait envoyé un peut être que celui-ci ne serait pas arrivé à temps… et mon cul c'est du poulet…bref, plus sérieusement elle lui avait certifié que sa mission était un franc succès et s'était empressée de lui préciser qu' il avait intérêt à assurer sinon il en entendrait parler pour le reste de ses jours. C'était beau l'amitié quand même…

Byakuya Kuchiki était en route pour sa division. Il ne cessait de se repasser en boucle les évènements de la veille, était-ce lui qui se faisait des films ou alors est ce que Rukia lui avait réellement fait comprendre qu'elle envisageait quelque chose entre lui et son vice capitaine, l'homme le plus imprévisible, insupportable, indomptable de tout le Seireitei ? Décidément, dans cette famille il n'était pas le seul à avoir besoin d'aller consulter un psy au plus vite… Avait-elle seulement pris en compte la réaction du clan ? Quelle question stupide, il commençait à la connaitre sa petite sœur, si elle se tenait correctement et se pliait aux moindres volontés des doyens c'était uniquement pour ne pas l'embarrasser lui, mais si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait déjà tout envoyé balader depuis longtemps et ce en se faisant un plaisir de leur dire leurs quatre vérités. Fiers, méprisants, prétentieux, snobs, vaniteux, les adjectifs ne manquaient pas pour décrire ce que Rukia pensait d'eux. Ils le méritaient. Il avait beau s'agir des membres de sa propre famille, ils avaient trop souvent tendance à se prendre pour plus importants et influents qu'ils ne l'étaient. Bien qu'il se mette toujours du côté de sa sœur, cela ne les empêchait d'abuser de la situation dès qu'il avait le dos tourné.

Il se dirigeait donc vers son bureau et quelle ne fut pas sa surprise de ressentir de si bonne heure un reiatsu bien familier, celui de son lieutenant. Habituellement celui-ci ne se pointait jamais avant dix heures du matin et encore c'était dans ses meilleurs jours. Oui je vous assure qu'il est nécessaire de préciser qu'il s'agit du matin et non de l'après-midi…affligeant n'est-ce pas ? C'était vraiment à se demander pourquoi on s'évertuait encore à instaurer des heures de service… Enfin bon il se rassurait en se disant qu'il ne devait pas être le seul à galérer de la sorte, Omaeda, Rangiku et Kusajishi ne faisaient pas non plus partie des vices capitaines les plus faciles à vivre que le Seireitei ait portés. C'était un fait, mais bon, d'un autre côté, c'était bien plus souvent les vices capitaines qui avaient à subir leur supérieur que le contraire…Mais dans quel monde vit-on ? En tout cas, tout cela était de plus en plus étrange, soit ces deux-là manigançaient quelque chose, soit c'était lui qui se faisait des films depuis la veille et si c'était le cas il fallait qu'il envisage sérieusement d'aller se faire soigner… Quoique, tout bien réfléchi, il n'était pas vraiment certain d'avoir envie d'aller rendre visite au capitaine Unohana, cette femme avait un don pour le mettre mal à l'aise lui qui pourtant restait hermétique aux remarques et agissements de la presque totalité des shinigamis qu'il côtoyait. Presque car il avait fallu que son lieutenant fasse exception à la règle, et je ne vous parle même pas de ce qu'il en était lorsqu'il s'agissait d'Ichigo…C'est sur cette note assassine et après s'être préparé psychologiquement qu'il se décida à pousser la porte et à entrer dans son bureau.

-Bonjour capitaine ! Comment allez-vous aujourd'hui?

Encore un peu et il faisait une attaque ! Il s'était au moins attendu à le trouver affalé sur son bureau, terminant tranquillement sa nuit, ou, dans le meilleur des cas, à tenter de remplir un des dossiers qui trainaient sur son bureau depuis qui sait combien de temps déjà. Si ça se trouve les plus anciens dataient même de l'avant-guerre. A vrai dire, ça ne l'aurait même pas étonné. Mais non, il avait à peine ouvert la porte que Renji avait bondit devant lui tel un prédateur à l'affut affichant son plus beau sourire. Sourire qui, selon Byakuya, faisait beaucoup trop d'effet. Non mais sérieusement imaginez-vous que dès le matin votre fantasme surgisse devant vous de cette manière, celui-là même qui vous a torturé toute la nuit, vous réagiriez comment vous ? La surprise passée il remarqua alors que le bureau de son officier était inhabituellement vide… Comme vous pouvez vous en douter, il s'agissait là bien évidement d'un euphémisme, en réalité on était à la limite de l'impossible…Deux hypothèses s'offraient à lui, soit Renji s'était débarrassé du monticule de dossiers en retard ni vu ni connu et ça allait barder pour lui et pas qu'un peu, soit il avait été pris d'une crise d'insomnie et de folie et il était venu travailler cette nuit, en quel cas cela signifiait que la fin du monde était proche !

-Bonjour Renji, as-tu terminé de traiter tous les dossiers ?

Mouais, bizarrement il s'attendait à recevoir ce genre de réponse… C'est vrai qu'il voyait mal son supérieur s'étendre sur sa vie en lui débitant toute sa soirée mais bon tout de même un « ça va et toi » ce n'était pas la fin du monde et ça n'allait pas non plus lui écorcher la langue… Cet homme ne s'accordait pas une minute, il n'avait même pas fini de passer le seuil de la porte que déjà il lui parlait du travail… A tous les coups son capitaine devait avoir un petit penchant masochiste…hum… peut-être, si tout se passait bien, qu'il pourrait plus tard en tirer avantage…Stop ! Tout doux en bas, ce n'est vraiment pas le moment de se réveiller ! Bref, continuons l'air de rien et inutile de lui préciser que sont complétés uniquement les dossiers du jour-même, cette fameuse pile attendra bien un jour de plus, au stade où on en est ce n'est pas comme si ça pouvait y changer quoi que ce soit…

-Oui capitaine ! Je vous ai aussi préparé du thé et, si vous l'acceptez bien sûr, je pourrais aller entrainer les jeunes recrues ce matin.

Tout en parlant il avait déjà servi une tasse de thé n'attendant même pas la réponse de son supérieur. Il était allé en acheter très tôt ce matin bénissant ces petites échoppes si matinales et, contrairement à d'habitude où il allait vite fait en piquer dans les cuisines de la capitainerie, cette fois ci, il avait acheté du thé de qualité. Qui aurait pu croire qu'un simple sachet de feuilles séchées et écrasées pouvait couter aussi cher ? Pas lui en tout cas… Il y en a qui se font vraiment plaisir…mais bon, connaissant le noble il était sûr qu'il le remarquerait même si il ne risquait pas de le lui faire savoir.

En temps normal l'entrainement se déroulait l'après-midi mais s'il réussissait à expédier ça dès le matin cela signifiait qu'il passerait l'entièreté de l'après-midi avec son capitaine et que, en théorie, personne ne viendrait les interrompre. De plus, même s'il ne le montrait pas, il était persuadé que l'entrainement des nouvelles recrues n'était pas quelque chose que son capitaine affectionnait tout particulièrement. Il supportait déjà difficilement la présence de trois personnes en même temps alors il se doutait bien qu'une horde de jeunes recrues en admiration devant lui et passant plus de temps à le relooker qu'à l'écouter ça devait sérieusement commencer à lui courir sur le haricot. Une petite démonstration de Senbonzakura devait suffire à les calmer et les encourageait fortement à écouter les quelques mots qu'il daignait leurs adresser mais cela ne suffisait pas toujours à lui rendre la corvée plus plaisante. Il espérait donc marquer des points en lui proposant de s'en charger à sa place.

De son côté Byakuya était réellement impressionné par les efforts de son vice capitaine même si cela ne se traduisait que par une aura légèrement moins glaciale que celle qu'il dégageait en permanence. Depuis le temps il avait abandonné tout espoir de voir un jour cet amas de feuilles diminuer, à un point tel que lors de la distribution du travail administratif il faisait désormais en sorte de ne confier que les dossiers les moins important à son lieutenant, de cette façon il réduisait de façon non négligeable les dégâts occasionnés… Ne voulant pas laisser transparaitre son trouble plus longtemps et ne désirant pas non plus que Renji s'enorgueillisse de voir à quel point tout le mal qu'il s'était donné impressionnait le noble, il se dépêcha d'acquiescer à sa demande.

-Fais donc si cela t'amuse.

Il avait tenté de formuler sa réponse avec détachement et froideur espérant ainsi ne pas paraitre trop différent qu'à l'accoutumée, le tout en se saisissant de la tasse que lui tendait Abarai. Ce fut bref mais le simple fait de frôler les doigts de son lieutenant suffit à le faire frissonner. Ces deux-là avaient vraiment réussi leur coup, il ne parvenait plus à se les sortir de la tête et ne parvenait donc pas non plus à reprendre contenance. Il était proche, beaucoup trop proche, quelques centimètres à peine séparaient leurs deux corps, il fallait qu'il s'en aille et vite ou il ne parviendrait pas à retenir le rougissement qui menaçait de plus en plus de faire son apparition sur ses joues.

C'était dans ce genre de situations que Renji se remémorait les mots de Rukia. Selon elle plus son frère était froid et distant plus il tentait de camoufler ce qu'il ressentait en réalité… Ouais ben il devait carrément être raide dingue de lui depuis le temps alors ! C'était la théorie la plus bancale qu'elle ne lui ait jamais sorti mais il décida tout de même de s'y raccrocher, ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ? Il se hâta donc vers la sortie en lançant un dernier sourire ravageur à son supérieur. La partie venait à peine de commencer mais il était hors de question qu'il laisse le moindre petit détail au hasard. Il comptait bien l'emporter cette fois ci et cela en usant de tous les moyens possibles et inimaginables. Son capitaine parvenait peut être à la battre lors d'un duel au sabre mais sur ce terrain il n'avait aucune chance, foi de Renji !

Byakuya était donc allé rejoindre sa vieille amie la chaise soulagé d'avoir pu garder son calme assez longtemps, lui évitant ainsi la honte de s'empourprer devant son lieutenant. Il se retrouva donc seul dans ce grand bureau… C'est fou comme, une fois Renji parti, ce bureau devenait vide et triste, comme si toute trace de vie l'avait quitté au moment même où la porte s'était refermée sur son subordonné… Le voilà qui recommençait à se la jouer romantique en mal d'amour. A ce train-là il allait vraiment finir par aller consulter… Il s'agissait tout de même du capitaine le plus froid de tout le Seireitei ! S'agissait car depuis quelques heures maintenant ce titre pouvait facilement être remis en cause. Il prit donc la sage décision de se mettre directement au travail, au moins ça aurait le mérite de lui changer les idées. Il commença par vérifier les dossiers traités plus tôt dans la matinée par Renji et fut étonné de l'application de ce dernier. Son écriture était beaucoup plus lisible que d'habitude, ce qui n'est pas peu dire, et tous les dossiers semblaient avoir été complétés correctement et consciencieusement. On nageait en pleine sixième dimension là ! Un fin sourire étira les traits du noble, il s'était vraiment donné du mal. Qui sait, si son humeur ne se dégradait pas d'ici son retour, peut-être qu'aujourd'hui il se montrerait plus sympathique que d'habitude. Cette fois-ci il se mit réellement au travail s'occupant de ses propres dossiers et espérant, dans un coin très reculé et renié de son esprit, que Renji termine rapidement ce foutu entrainement.

Pendant ce temps Renji s'était dépêché de rejoindre les jeunes recrues afin d'en finir rapidement. Rapidement certes, mais correctement, avec efficacité ! N'oublions pas que la mission du jour consistait à impressionner Byakuya Kuchiki autant vous dire que ce n'était pas gagné d'avance. Les nouvelles recrues furent tout d'abord quelque peu perturbées que leur entrainement ait lieu d'une part en matinée, d'autre part avec leur vice capitaine mais ce trouble ne dura pas bien longtemps. La plupart d'entre eux considéraient en réalité ceci comme un présent du ciel ! Pas que leur capitaine soit particulièrement méchant avec eux, au contraire, si il y avait bien des gens avec qui celui-ci prenait la peine d'être un minimum sociable c'était bien eux ! A quoi bon les décourager dès leur entrée dans une division ? Leurs désillusions arriveront bien assez tôt, inutile donc de rendre cela plus pénible encore, il était froid ok mais pas non plus totalement sadique, il laissait cela à son confrère de la douzième division. C'est donc particulièrement de bonne humeur qu'ils arrivèrent face au vice capitaine Abarai qui les regarda tous, un grand sourire plaqué sur le visage… Les pauvres, ils ne savaient pas ce qui les attendait ! Il se mit donc à la tâche avec acharnement comme auraient pu en témoigner les fameuses recrues reconverties ce jour-là en victimes. Jamais elles n'avaient eu droit à un entrainement d'une telle intensité, pas même avec leur capitaine qui pourtant mettait un point d'honneur à entrainer ses hommes correctement. Le vice capitaine s'était déchainé, une vraie bête sauvage ! C'était dans ces moments-là qu'on remarquait qu'un passage à la onzième laissait immanquablement des traces. Là-bas l'entrainement était d'une simplicité sans nom, on se sautait tous sur le gueule et commençait alors le fameux entrainement qui, pour être franc, aurait plutôt dû s'appeler « épreuve de survie ». Et oui c'était à celui qui s'en sortait avec le moins d'os cassés, d'organes broyés, de membres déchirés ou manquant, et bien ce petit chanceux pouvait alors se considérer comme grand vainqueur de ce qu'ils osaient encore appeler « entrainement» et même parfois « échauffement ». Heureusement pour eux qu'une bonne âme avait eu l'intelligence de donner naissance à la quatrième division dont la plus grande majorité des locaux étaient désormais occupés par les barbares de la onzième. On avait ici affaire à un sale cercle vicieux, plus ils se faisaient soigner, plus leur seuil de tolérance à la douleur augmentait, plus ils se battaient comme des acharnés, plus ils démolissaient de shinigamis qui se retrouvaient à leur tour aux soins intensifs et à partir de là on était bon pour un deuxième round !

Sonna enfin midi et Renji se décida enfin à libérer ses pauvres martyres. C'est à peine s'il les félicita et leur dit au revoir, il était beaucoup trop impatient à l'idée de rejoindre son cher capitaine. Il était largement temps de passer à la suite des opérations. Depuis le temps, il connaissait les habitudes de son supérieur. Tous les midis Byakuya se contentait d'un repas frugal, parfois un bol de soupe suffisait. Cette manie de manger si peu avait toujours impressionné Renji qui devait manger au moins le triple pour espérer survivre jusqu'à la fin de son service. Mais aujourd'hui ça allait être différent. Le principal concerné ne le savait pas encore mais Renji lui avait préparé tout un assortiment de bentos. Rukia lui avait évidemment précisé lesquels préférait son frère de manière à ce que la surprise ait encore plus d'impact. A la guerre comme à la guerre, tous les moyens étaient bons pour que Byakuya le remarque même si pour cela il devait l'engraisser. De toute façon, mince comme il était, il avait encore de la marche ! C'est donc les bras chargés de bonne nourriture qu'il entra dans le bureau ou plutôt qu'il défonça la porte du dit bureau.

Le capitaine Kuchiki remarqua à peine le plateau de nourriture, il était bien trop occupé à fixer le sourire de prédateur affamé qu'affichait fièrement son lieutenant. Il l'avait vaguement aperçu et ne s'était pas posé plus de questions, après tout il était de notoriété publique que son subordonné était capable d'engloutir des quantités astronomiques de nourriture.

-Capitaine ! Mangez avec moi ce midi !

Il en serait presque tombé à la renverse. Presque car n'oublions pas que nous avons ici toujours affaire à un Kuchiki, et un Kuchiki ne peut pas se permettre de tomber de sa chaise surtout lorsque celui qui en est la cause n'est autre que votre lieutenant et que celui-ci braque sur vous un tel regard! Il est vrai que Renji était plutôt du genre à aller droit au but mais de là à lui crier ça à la figure… Et était-il vraiment nécessaire de démonter la porte ?! Après c'était qui qui allait devoir se charger de régler les problèmes liés aux réparations ? Certainement pas lui ! Un Renji usant de fioritures n'était pas un vrai Renji mais un Renji démolissant tout sur son passage ne serait plus un Renji pour très longtemps !

Le vice capitaine dont il était question avait prononcé ces quelques mots avec toute l'assurance dont il pouvait faire preuve. Et, usant de son talent de manipulateur, il dissipa quelque peu son sourire de prédateur pour en afficher un bien plus innocent sur son visage. Après tout il était allé à bonne école, à force de côtoyer Rukia elle avait fini par déteindre sur lui.

-Et en quel honneur ?

Il s'était attendu à un non catégorique mais visiblement son supérieur était de bonne humeur aujourd'hui. Peut-être ses efforts finissaient-ils par payer ? En tout cas il l'espérait car à ce rythme-là c'était bientôt lui qui allait en payer les frais. Enfin bref, s'ils lui permettaient de diner en tête à tête avec son capitaine adoré il en ferait plus souvent…dans la mesure du possible.

-Ben j'en ai beaucoup trop et puis ce serait bête de gaspiller. Dit-il en étirant un peu plus son sourire si c'était possible.

Bon c'était certain, il s'agissait là de l'excuse la plus bidon qu'il n'ait jamais sortie à son capitaine, on ne pouvait pas être doué en tout. Il devrait penser à demander des cours à Rukia…De toute façon sa cuisine compensait. Et oui, la cuisine était l'un des talents cachés de Renji Abarai. Peu de personnes le savaient mais il s'avérait être un véritable cordon bleu. Du moins quand il s'en donnait la peine. Flemme quand tu nous tiens !

-Et bien, au vu de tes efforts je suppose que je peux t'accorder cela.

Le tout avait été dit alors qu'un fin, voir microscopique, sourire apparaissait sur le visage pâle du noble. Cependant il ne passa pas inaperçu aux yeux du vice capitaine qui ne put s'empêcher de rosir légèrement. Son capitaine était vraiment trop beau. Ce n'était pas permis de faire un tel effet ! Comment voulez-vous qu'il réussisse à calmer ses hormones avec une vue pareille ? De plus avec la chaleur ambiante monsieur avait trouvé bon de se départir de son écharpe ! Non mais vous y croyez, vous ? Byakuya Kuchiki enlevant l'un de ses attributs nobiliaires ? On aura tout vu. Mais Renji, lui, avait surtout vue sur la nuque du dit Kuchiki et ne rêvait que d'une chose à l'instant présent, la dévorer sans plus attendre. C'était donc pour cette raison qu'il portait son écharpe en permanence et ce même en plein été…une nuque aussi tentante…c'était indécent !

Il se reprit néanmoins relativement rapidement. Fort de ce succès, il se dépêcha de disposer une table basse ainsi que deux coussins. Enfin il disposa la nourriture et servit du thé. Le repas se déroula dans le silence mais l'atmosphère demeura légère tout au long. Ça n'avait rien de pesant finalement un tête-à-tête avec mister freeze. Byakuya quant à lui était aux anges bien qu'il n'en montra rien. Cette nourriture était délicieuse. Il observait discrètement Renji et pu remarquer que ce dernier mangeait toujours de la même façon, sans aucune élégance. Il avait même du riz collé sur le coin de sa bouche mais, bien malgré lui, Byakuya ne pouvait s'empêcher de trouver cela vraiment adorable. On aurait presque dit un enfant devant un énorme gâteau au chocolat. Presque parce qu'un enfant avec une telle musculature et recouvert de tatouages ça courait pas non plus les rues. Le diner se termina et Renji pu remarquer que le fin sourire qu'il avait cru apercevoir plus tôt était toujours présent sur les lèvres fines et charnues de son supérieur. Il pouvait donc considérer que jusqu'ici il ne s'en sortait pas trop mal.

Cette après-midi-là Renji se mit en tête de ranger les archives de sa division. Autant vous dire que cela pouvait facilement être considéré comme une tentative de suicide pure et simple. Une mort atroce l'attendait, coincé, étouffant sous une montagne de dossiers et surtout de poussière ! Il s'était toujours débrouillé pour ne pas avoir affaires aux fameuses archives mais rien n'était trop beau pour son capitaine et il voulait absolument lui montrer qu'il pouvait être le meilleur vice capitaine qu'il n'ait jamais eu. L'avoir leurré durant toutes ces années au sujet de son incapacité à s'occuper du travail administratif ne rendrait l'effort que plus incroyable encore. Du moins c'est ainsi que le voyait le vice capitaine. Après tout c'était tout de même le but premier de cette première mission, épater Byakuya Kuchiki. C'est donc avec courage ou folie au choix qu'il se dirigea vers la petite pièce attenante à leur bureau. Il s'avéra que Renji avançait plutôt vite et bien dans son travail ce qui sidéra tout de même Kuchiki qui ne put s'empêcher de penser qu'il s'était fait avoir durant toutes ces années. Dorénavant qu'il n'espère plus échapper à cette corvée, elle lui était toute désignée. A cette pensée le sourire du capitaine s'élargit mais celui-ci n'avait plus rien de tendre, il s'agissait ici de pur sadisme. Après tout, qui bene amat, bene castigat.

-Et bien Renji, finalement tu sembles assez doué pour le travail administratif, tu pourras désormais faire cela plus souvent. En fait je trouve que cette tâche te convient parfaitement.

Le concerné ne put s'empêcher de penser qu'il venait de gaffer mais d'un autre coté ce compliment camouflé le revigora instantanément. Après tout si il trouvait le moyen de conquérir le cœur de Byakuya Kuchiki peut être trouvera-t-il également le moyen de se faire dispenser de cette corvée et ce de façon plutôt agréable… Il se dépêcha d'ôter toute image pas très nette de son esprit, le but du jour étant d'impressionner Kuchiki et non pas de le violer ! De plus il voulait à tout prix éviter de se retrouver avec un petit problème du côté de son entre jambe, il y avait quand même de meilleurs endroit pour ça que la poussiéreuse salle des archives…

Il finit cette journée totalement exténué, il se sentait vidé. Passer toute une après-midi dans la crasse à tenter de classer des vieilleries dont il n'était même pas sûr qu'elles puissent encore avoir une quelconque utilité avait quelque chose de terriblement fatiguant et lassant. Néanmoins la perspective de s'entrainer avec son capitaine avait le mérite de lui redonner un semblant d'énergie. C'est donc plus déterminé que jamais qu'il se précipita vers leur point de rendez-vous. Lui et Byakuya ne s'y rendaient jamais à deux car le capitaine Kuchiki avait pour habitude d'inspecter une dernière fois sa division avant de partir. On est maniaque ou on ne l'est pas ! Il profita donc de ce petit moment de solitude pour se remémorer la suite des paroles de Rukia…

à suivre...


Voilou voilou j'espère que ca vous a plu :) Une petite review? :D

Juste au cas ou: Qui bene amat, bene castigat : Qui aime bien, châtie bien. :)

Gros bisous!

Pioush :3