Manga: Bleach

Titre: In vino veritas ("La vérité est dans le vin")

Pairing: Renji/Byakuya

Rating: M

Disclaimer: Tout appartient à Tite Kubo, je ne fais que lui emprunter quelques uns de ses personnages :)

Note: Voila la suite, j'espère que ça vous plaira :) Bon je radote mais comme d'habitude n'hésitez pas à me dire ce que je pourrais améliorer, la critique ne me fait pas peur (si elle est constructive évidement) et je ne mord pas donc n'ayez pas peur de me dire ce que vous en pensez :)

Aussi un grand merci à Kacisasaa ta review m'a fait super plaisir, je suis vraiment heureuse que ça te plaise et j'espère que cette suite ne te décevra pas :)

Enfin, pour finir, le prochain chapitre devrait être bien croustillant (à bon entendeur!) et comme d'habitude je ferai en sorte de le poster au plus vite :p En attendant je vous souhaite une agréable lecture :) Bisous!


Chapitre 8:

Une fois cela fait je n'aurai plus qu'à attendre votre retour et toi, une fois rentré en compagnie de nii-sama, tu m'annonceras la nouvelle comme si je n'en avais jamais entendue parler. C'est alors que, comme prise d'un soudain élan de génie, je vous exposerai ma solution vis-à-vis du clan…

C'était ainsi qu'aurait dû se dérouler son plan si parfait…

Mais non, surement le destin avait-il trouvé plus drôle de corser les choses en la livrant directement sur un plateau d'argent à l'homme qu'elle avait tenté de manipuler durant ces deux derniers jours. Et comme si cela ne suffisait pas il avait fallu qu'il la trouve allongée de tout son long sur l'ex capitaine de la douzième division dans une position plus qu'ambiguë.

Elle crut sa dernière heure arrivée mais pour la première fois depuis qu'elle l'avait rejointe, c'est à Yoruichi qu'elle dut son salut. La féline qui une seconde auparavant se jouait d'elle en l'empêchant de récupérer son précieux manuscrit, le lui rendit soudainement lorsque son frère fit son entrée. Elle le rattrapa d'ailleurs de justesse, manquant de le laisser tomber dans le sang encore frais de son comparse, tant la présence nouvelle de son frère l'affolait. Elle s'empressa alors de dissimuler son chef d'œuvre dans son ample uniforme avant de rapidement continuer les premiers soins qu'elle prodiguait au vendeur, espérant par-là définitivement détourner son écrit de l'attention trop particulière dont il bénéficiait.

L'ancienne capitaine quant à elle, en une fraction de seconde, se redressa, disparut dans un shunpo parfaitement exécuté pour réapparaitre directement face à l'objet de toutes ses convoitises et, braquant sur eux un regard à vous glacer le sang, décida sans plus attendre d'attaquer la conversation.

Devant l'air profondément hargneux pour l'un, totalement perdu pour l'autre, un sourire satisfait prit place sur son visage halé. C'est alors qu'elle décida d'enfoncer encore un peu plus le clou en ajoutant :

-Vous n'y voyez pas d'inconvénients j'espère ?

La tension était à son paroxysme et personne dans la pièce ne semblait plus capable de pouvoir bouger le moindre muscle. C'était comme si le temps venait subitement de s'arrêter. Tous avaient maintenant focalisé leur attention sur le duel visuel qui avait lieu entre Byakuya et Yoruichi attendant presque religieusement la réponse du capitaine.

Renji qui avait appris à faire avec l'aura polaire de son supérieur finit cependant par détourner son regard de ce combat acharné, espérant trouver une explication à cette situation plus qu'étrange dans celui de sa meilleure amie. Celle-ci, contrairement à lui, semblait totalement tétanisée par ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux et paraissait avoir totalement oublié le pauvre scientifique sur lequel elle avait désormais élu domicile.

-Rukia, tu vas le tuer !

La voix paniquée de son ami sortit immédiatement la jeune shinigami de sa torpeur et c'est seulement à ce moment-là qu'elle réalisa qu'elle n'avait cessé jusqu'à maintenant de maintenir fortement appuyé sur le visage de l'ex capitaine sa compresse de fortune, empêchant totalement ce dernier de respirer. Celui-ci, une fois libéré de l'emprise de la plus jeune, aspira à plein poumons, suffocant à moitié d'avoir été privé d'air aussi longtemps. Jamais plus il ne sous estimerait la poigne d'une femme.

-J-Je vous prie de m'excuser !

Balbutia la plus jeune en se redressant immédiatement, laissant ainsi à son vis-à-vis l'opportunité d'en faire de même. Elle ne parvint cependant pas à relever les yeux craignant de croiser d'une façon ou d'une autre le regard furieux du chef de clan.

Yoruichi, quant à elle, alarmée par la mise en garde du vice capitaine, avait, à regret, brisé l'échange qu'elle partageait avec Byakuya afin de s'assurer elle-même de ce qui se déroulait dans son dos. Son amusement ne reprit que de plus belle lorsqu'elle s'adressa cette fois ci à son complice de toujours :

-Mais enfin Kisuke ! Je ne te connaissais pas ce genre de penchants. Serais tu devenu incapable de résister à l'assaut d'une femme lorsque celle-ci se montre un peu trop entreprenante ?

Il n'en fallut pas plus pour une fois de plus mettre à cran l'héritier Kuchiki qui ne supportait pas qu'on prête à sa protégée ce genre de comportement innommable.

Renji qui s'en était approchée ne parvenait décidément plus à comprendre ce qui se déroulait autour de lui ; Depuis quand était-il question d'une liaison entre Rukia et Urahara ? Que faisait-il là d'ailleurs ? Et Yoruichi ? Lui qui s'était fait un devoir de respecter les consignes de la jeune femme, craignant dans le cas contraire de s'en attirer les foudres, ne se rappelait pourtant pas qu'il ait été question, à un moment ou à un autre, de l'intervention de ces deux-là. Il était pourtant de notoriété publique que son capitaine ne supportait que très relativement la présence de la féline, encore moins dans sa propre demeure. A quoi avait donc bien pu penser sa meilleure amie en les amenant tous les deux ici ?

Kisuke quant à lui était partagé entre deux sentiments contraires. Il ne pouvait s'empêcher, d'une part, de trouver ce quiproquo particulièrement amusant, d'autre part de craindre pour sa propre vie. La puissance du chef de clan n'était un secret pour personne et s'il ne parvenait pas à détourner la conversation de ce mal entendu au plus vite, nul doute qu'il aurait beaucoup de mal à s'en sortir indemne. Dans quoi s'était-il encore embarqué ?

C'est alors qu'il eut l'idée pour le moins saugrenue de retourner la situation en s'attaquant, non pas à Byakuya Kuchiki qui n'aurait de toute façon très probablement pas tenu compte de son explication vaseuse, mais à l'élue de son cœur :

-Voyons, Yoruichi, depuis le temps tu devrais savoir que tu es la seule à pouvoir me mettre dans un tel état…

Cette réponse eut au moins le mérite d'alléger considérablement l'atmosphère pratiquement invivable dans laquelle avait été plongée la chambre. A son entente Renji et Rukia avaient immédiatement braqué leurs regards sur le scientifique comme si celui-ci leur venait directement d'une autre dimension. Ce dernier, fier de son petit effet, arborait un immense sourire à mi-chemin entre l'amusement et la séduction tandis que Byakuya, incrédule face à ce dont il venait d'être le témoin, était partagé entre son instinct premier qui lui criait de se débarrasser des deux intrus au plus vite et un besoin puissant de voir, pour une fois, sa meilleure ennemie mise au pied du mur. Finalement sa curiosité pris le pas sur sa raison et il se résigna à attendre sagement la suite des évènements. De toute façon, même si la situation venait à dégénérer d'avantage, il ne serait toujours pas trop tard pour les foutre à la porte.

La principale concernée, quant à elle, une fois le choc de la révélation passé, loin de s'en embarrasser trouva celle-ci plutôt flatteuse et ricana.

-Kisuke, trésor, pas devant les enfants voyons, tu vas les choquer ! Les pauvres !

Et ils le furent effectivement face à ce remake des feux de l'amour qui se jouait actuellement devant leurs yeux ébahis. Était-il seulement possible pour cette femme d'éprouver la moindre once de gêne ?

-Mais…Vous êtes ensembles ?

Renji visiblement peu enclin à se contenter du statut de simple spectateur, crut bon d'intervenir, ne réalisant malheureusement pas pour lui la direction qu'il venait de lui-même donner à cette conversation déjà bancale.

Byakuya, lui, ne manqua pas de le remarquer et blêmit d'avantage en constatant qu'il n'était visiblement pas le seul. Une étincelle de malice venait d'animer le regard fourbe de la féline et cela le conforta d'autant plus dans son idée d'arrêter ce massacre au plus vite. Il ne savait cependant pas quoi faire pour autant. Quoi qu'il dise, cette femme était capable de le retourner contre lui ou du moins de l'utiliser à son avantage. La manière la plus sure de ne pas les compromettre d'avantage était encore de garder le silence mais malheureusement son subordonné ne semblait pas l'avoir réalisé.

-On peut dire ça comme ça…

Eluda l'ex capitaine, accompagnant sa réponse d'un clin d'œil équivoque en direction de son complice.

Celui-ci en resta comme deux ronds de flan. Lui qui pensait taquiner son amie se retrouvait désormais en couple avec celle-ci et ce sans même qu'on ait pris la peine de lui demander ce qu'il en pensait. Pas que ce nouvel engagement lui déplaise, bien au contraire, mais jamais il n'aurait cru qu'une telle chose se mettrait en place de cette façon et encore moins dans cette maison.

-Et depuis quand ?

L'intérêt que portait son amant au couple nouvellement formé désespéra de plus en plus le chef de clan qui ne voyait que trop bien où voulait en venir la féline. Il était décidément encore beaucoup trop naïf et ne réalisait même pas qu'il était à deux doigts de les jeter tous les deux dans les griffes acérées de son interlocutrice.

-Officiellement depuis quelques secondes…

Parce qu'avant ils l'étaient officieusement ? Ne put s'empêcher de se demander le vendeur. Cette idée qui l'interloqua dans un premier temps finit cependant par le contenter d'autant plus. Certes cette révélation vous renvoyait en pleine face et sans aucune délicatesse le fait que vous ayez été pendant plusieurs longues années un sombre idiot, mais ce qu'il comprenait également par celle-ci était que durant toutes ces années il n'avait pas été le seul à voir dans leur complicité plus qu'un simple amour platonique. Combien de temps avaient ils perdus en se tournant ainsi autour ? Surement beaucoup trop mais il n'était pas trop tard pour tenter de le rattraper.

-Et à ce qu'il parait il semblerait que nous ne soyons pas les seuls…

Ils y étaient enfin. La jeune shinigami qui jusque-là avait fait en sorte de se faire oublier sentit soudainement peser sur elle le regard accusateur de son protecteur. Et dire qu'elle avait pensé devoir son salut à cette femme, elle venait au contraire de l'enfoncer un peu plus et ce directement en présence du maitre de maison. Son maigre espoir de pouvoir échapper à cette confrontation venait à l'instant de se faire cruellement piétiner sous ses yeux par celle qu'elle avait eu le malheur de considérer comme son alliée salvatrice.

Deux solutions s'offraient maintenant à elle : tout nier en bloc, ce qui pour être franc avait très peu de chances d'aboutir, ou se résigner en tentant de se justifier. Cette solution ne lui plaisait que très moyennement mais il était temps pour elle de l'accepter.

-Nii-sama je peux tout vous expliquer !

C'est ce qui s'appelait une phrase type par excellence mais il lui fallait débuter d'une façon ou d'une autre bien qu'elle en ait de moins en moins envie.

-Mais je l'espère bien Rukia.

-J'ai aussi ma part de responsabilités dans cette affaire.

Tout être sensé se serait abstenu, laissant le noble s'acharner sur sa pauvre victime, mais Renji ne se sentait vraiment pas l'âme d'abandonner ainsi son amie au courroux de son amant. Objectivement, et en prenant en compte le statut particulier qu'occupait Rukia dans le cœur du noble, il était fortement probable qu'il s'en sorte moins bien qu'elle s'il l'avait laissée se débrouiller mais c'était un risque à prendre.

-Et puis, dans le fond, tout est bien qui finit bien non ?

Byakuya se sentit soudainement très fatigué. Il l'aimait, il en était désormais certain bien qu'il n'ait pas encore trouvé la force nécessaire pour le lui dire en face, mais s'il n'avait pas été un Kuchiki, nul doute que cette réponse l'aurait achevé. Rire ou pleurer, il n'aurait su dire ce qui lui faisait le plus envie à l'heure actuelle. Son amant venait à l'instant de les griller définitivement et de les livrer sur un plateau d'argent à son ennemie de toujours sans même prendre la peine de lui laisser la moindre petite échappatoire.

-Tu es donc parvenu à conclure ?! Mais c'est merveilleux ! Vois-tu on nous avait dit qu'il n'y avait encore rien de concret entre vous mais je suis heureuse d'apprendre que c'est désormais le cas.

C'est seulement à cet instant que Renji compris qu'il s'était fait avoir comme un débutant. Il rougit tout d'abord, comprenant le terme « conclure » d'une toute autre façon, mais son visage ne conserva cette teinte qu'un bref instant, palissant à vue d'œil au fur et à mesure qu'il réalisait l'étendue de sa bêtise. Il se sentit alors affreusement mal. Il avait d'abord cru que l'humeur meurtrière de son capitaine était due à la présence de Yoruichi et Urahara dans sa demeure mais maintenant qu'il réalisait la bourde qu'il venait de commettre peut être celui-ci avait-il en réalité, par son humeur massacrante, dissimulé le fait qu'il craignait qu'ils soient découverts. Venait-il de commettre une erreur fatale à leur relation à peine débutée ?

-…Euh…C'est-à-dire que…

Ne sachant plus quoi faire et craignant d'envenimer encore un peu plus la situation dans laquelle il venait de s'empêtrer brillamment, il se résigna à chercher de l'aide dans le regard froid de son supérieur.

Le doute et l'inquiétude avaient pris possession des prunelles de son subordonné et c'est à cet instant que Byakuya comprit que le problème ne venait en réalité pas de son lieutenant mais de sa propre personne. Renji s'était certes fait avoir comme un bleu mais cela n'aurait jamais posé de problèmes s'il acceptait tout simplement de reconnaitre cette relation aux yeux de tous. Le noble, réalisant alors le malaise dont était victime son amant de peur de le compromettre lui, s'adoucit automatiquement et prit la décision d'en finir au plus vite quitte à y laisser des plumes. Posant alors sur Renji un regard qu'il voulait rassurant il lui répondit:

-Ne t'inquiète donc pas Renji, tu n'as rien fait de mal.

Ce fut au tour des deux ex capitaines de rester comme deux ronds de flan. La scène qui venait de se dérouler devant leurs yeux avait-elle bien eu lieu ? Le noble Byakuya Kuchiki était-il réellement en train de tenter de réconforter son lieutenant et ce malgré le nombre de personnes présentes autour d'eux? Comme quoi l'amour était même capable de vous changer le plus glacial des hommes.

-J'aurais d'avantage apprécié que cette annonce se fasse dans d'autres circonstances mais il s'avère effectivement que nous sommes désormais en couple.

Rares avaient été les fois où il avait dû faire preuve d'un tel contrôle de sa personne, calculant le moindre battement de son cœur, régulant sa respiration, empêchant un quelconque changement de coloration de son épiderme de se manifester ; Bref ! Bien qu'il soit parvenu à ne rien laisser transparaitre cette déclaration lui demanda néanmoins un effort considérable, aussi bien physiquement que mentalement. Il ne lui avait pas encore clairement dit « je t'aime » mais Renji avait plutôt intérêt à considérer cette phrase comme étant un immense témoignage de son affection et à l'apprécier à sa juste valeur car il ne comptait pas répéter ce genre de propos d'aussi tôt.

Yoruichi sautillait littéralement sur place, se pinçant les lèvres à se faire saigner, refusant de laisser s'échapper le moindre son de peur de briser cet instant absolument exceptionnel qui avait lieu à quelques mètres d'elle à peine. Kisuke, lui, se contenta d'afficher un sourire bienveillant, content de voir que cet homme renouait enfin avec le bonheur tandis que Rukia, une fois le choc passé et la peur de se faire réprimander envolée ne put s'empêcher de laisser couler une petite larme tant elle était heureuse de voir son plan finalement aboutir. En temps normal elle serait parvenue à garder contenance mais tous ces moments de stress successifs alliés à ce changement brutal de comportement de la part de son frère, s'en était trop pour ses pauvres petits nerfs.

Renji, lui, n'en croyait pas ses oreilles. La peau de son visage lui sembla soudainement très chaude et il réalisa par la même occasion qu'il maintenait sa bouche grande ouverte depuis plusieurs secondes déjà sans qu'aucun son ne puisse s'en échappe. Toute son attention, ainsi que celle de toutes les personnes présentes dans cette chambre, était bien entendu focalisée sur son amant et celui-ci ne manqua pas de le remarquer bien qu'il s'y attendit vu l'étendue de ce qu'il venait de dire quelques secondes auparavant.

-Maintenant que vous avez eu ce que vous souhaitiez, voulez-vous bien quitter ces lieux ?

Byakuya, tout en prononçant cette phrase, avait tourné le dos à ce public bien trop attentif à son gout et allait amorcer un mouvement en direction de la sortie lorsque deux bras musclés l'entourèrent au niveau des épaules.

-Capitaine, c'est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire. Enfin, plutôt devrais dire : Byakuya…

La fin de la phrase avait été chuchotée, permettant seulement à celui à qui elle était destinée de l'entendre, et murmurée d'une voix terriblement séduisante ce qui ne laissa pas indifférent Byakuya dont la respiration devint soudainement extrêmement laborieuse.

Renji, conscient du risque qu'il avait pris mais ne le regrettant absolument pas, s'empressa, une fois qu'il eut constaté que son étreinte avait bien fait mouche, de se décoller du dos de son supérieur et de se repositionner à une distance acceptable aux côtés de son amie qui n'en revenait décidément pas de l'audace de son futur beau-frère.

Byakuya, quant à lui, pressa le pas, entrainant à sa suite les deux ex capitaines qui tentaient tant bien que mal de ne pas rire face aux réactions du maitre de maison qu'ils trouvaient vraiment adorable le rouge aux joues. Dommage qu'un tel spectacle n'ait pas lieu plus souvent à la Soul Society.

Sans plus de cérémonie le chef de clan les reconduisit jusqu'à l'entrée où il leur fit comprendre qu'il était dans leur intérêt à tous les deux de prendre congé. Une fois cela enfin fait il s'assura d'avoir correctement verrouiller l'énorme porte qui donnait accès à la demeure Kuchiki et se retourna, faisant face aux deux seules personnes encore présentes.

-Bien, Rukia, saches que je ne t'en tiendrai pas rigueur mais j'aimerais tout de même entendre ton explication.

-C'est vrai qu'ils n'étaient pas censés intervenir ces deux-là ; Du moins je ne me souviens pas que tu m'en aies parlés…

Son répit n'avait été que de courte durée mais vu la tournure qu'avaient pris les évènements, l'issue de ce face à face ne lui sembla soudainement plus aussi catastrophique.

-Et bien, comme Renji semble vous l'avoir dit – elle ne manqua pas d'insister sur ces quelques mots, espérant ainsi faire comprendre au principal concerné qu'elle ne manquerait pas de le lui rappeler lorsqu'elle lui soutirerait des informations pour son bouquin – j'ai imaginé une sorte de plan pour que vous sortiez ensemble. Mais je ne me serais jamais permise une telle incursion dans votre vie privée si je n'avais pas été certaine que vous éprouviez des sentiments l'un pour l'autre !

Cette dernière phrase n'était pas entièrement sincère mais il ne lui sembla pas primordial de le préciser.

-Et pour ce qui est de la venue de maitre Yoruichi et d'Urahara, sachez que ce qu'il s'est passé n'est en rien semblable à ce que je désirais. Si j'ai fait appel à eux c'est uniquement parce que j'ai pensé qu'ils pourraient m'aider à trouver les arguments qui empêcheraient le clan de s'opposer à votre couple. Jamais je n'aurais pensé que la situation puisse dégénérer comme elle l'a fait.

Bien qu'irrité de cette initiative de sa petite sœur, Byakuya ne put s'empêcher de la trouver vraiment adorable. Très peu de personnes étaient prêtes à s'opposer au terrible clan qu'était leur famille et il en existait encore moins qui soient capables d'une telle chose dans son intérêt à lui. En lui demandant de retrouver et de veiller sur sa sœur Hisana lui avait en quelques sortes offert un magnifique cadeau d'adieux.

Mais bien qu'il trouve cette déclaration véritablement touchante, celle-ci venait également de lui rappeler cette terrible épreuve qu'il lui restait à surmonter : la confrontation familiale.

-C'est très attentionné de ta part Rukia mais comme tu le sais c'est moi qui suis à la tête de ce clan et s'il faut que je rappelle ce fait aux membres de ma propre famille, je le ferai. Sache que quoi qu'il arrive je parviendrai à leur faire accepter Renji, si tu le désires également bien entendu.

Petit à petit il s'était tourné vers son lieutenant, réalisant qu'il ne l'avait pas encore consulté à ce sujet. Faire son entrée dans une telle famille pouvait se montrer particulièrement effrayant et s'il y avait bien une chose qu'il voulait éviter c'était de le faire fuir. Qu'il ne s'avise même pas d'y songer car vu ce qu'il avait déjà fait et dit aujourd'hui et ce qu'il comptait encore faire et dire d'ici la fin de la journée, son lieutenant avait plutôt intérêt à ne pas le quitter de sitôt.

-Rien ne me ferait plus plaisir !

Ca faisait longtemps que Rukia n'avait pas vu son meilleur ami aussi rayonnant. Lui qui, ces dernier mois, avait pris l'habitude de trainer avec lui sa mélancolie où qu'il aille paraissait désormais croquer la vie à pleine dents. Ce sourire ravageur, qu'elle lui avait toujours connu, avait retrouvé sa place sur son visage anguleux et ses traits semblaient beaucoup moins tirés, comme libérés d'un poids.

-Dans ce cas je m'en vais sans plus attendre les convoquer et leurs annoncer la nouvelle. Il n'est nullement nécessaire de retarder d'avantage cette confrontation. Vous n'avez qu'à m'attendre dans ta chambre, Rukia.

Ils s'apprêtèrent alors tous à repartir lorsque Rukia qui avait tourné le dos à son frère et se trouvait désormais derrière Renji qui, connaissant maintenant le chemin, s'était déjà mis en marche, sentit son ainé poser délicatement sa longue et fine main sur le haut de sa tête et lui murmurer :

-Merci.

Surprise elle se retourna vivement mais Byakuya en avait déjà profité pour disparaitre en un shunpo, se retrouvant alors face à son lieutenant tandis que sa sœur regardais désormais dans la mauvaise direction. Celui-ci, plus par envie que pour se donner du courage, vola un baiser à son amant avant de disparaitre définitivement. Renji, bien que pris au dépourvu et ayant à peine eu le temps d'y répondre, ne fut que plus heureux encore en constatant que son capitaine se montrait de plus en plus entreprenant à son égard et que si tout se passait bien, ce qui n'était pas encore gagné malheureusement, peut-être aurait-il la chance de passer la nuit avec ce dernier.

-Et bien alors Rukia, qu'est-ce que tu regardes comme ça?

-Oh rien, j'ai juste cru…Enfin c'est sans importance ! Dépêchons nous plutôt, j'ai plein de questions à te poser tant que nous ne sommes que tous les deux !

-Des questions ?

- Aurais-tu oublié notre petit marché ? Je te rappelle que tu es supposé tout me raconter de ce qu'il s'est passé, se passe et se passera avec nii-sama. C'était la condition si mon plan aboutissait !

Non il n'avait pas oublié, comment aurait-il pu ? Enfin bon, pour le moment il pouvait bien la satisfaire. Il ne s'était encore rien passé de très sulfureux et son capitaine ne lui en voudrait donc certainement pas s'il la mettait au parfum. Il ne put cependant pas empêcher un profond soupire de passer la barrière de ses lèvre lorsqu'il réalisa tout ce qu'il aura à endurer une fois qu'il aura définitivement conclu avec Byakuya. Et dire qu'il s'était promis de ne plus jamais passer de marché avec elle….

-Très bien, mais je te préviens, ne t'attends pas à des descriptions torrides de ma part car il n'y a encore rien eu de tout ça.

-Ne dis pas ça ! Je suis sure que je vais adorer ce que tu vas me raconter, mais tout d'abord, j'ai une petite surprise !

-Une petite surprise ?

Renji avait pris l'habitude de fortement se méfier des «petites surprises » de sa meilleure amie et il ne sut donc pas s'il devait s'en réjouir ou, au contraire, en pleurer.

-Exactement ! Figure-toi que ce cher Urahara-san a oublié de reprendre avec lui le paquet qu'il avait emporté et grâce à la petite merveille qu'il contient nous allons être en mesure d'entendre tout ce qu'il se dira entre nii-sama et les autres membres du clan !

Encore une fois il trouva l'idée très mauvaise mais diaboliquement tentante. Et dire que tout le monde pensait que c'était lui qui avait une mauvaise influence sur la jeune femme, si seulement ils savaient la vérité…

-Et tu sais comment ça marche ?

-Evidement ! J'ai pensé à tout.

Plus tôt, sur le chemin qui conduisait à la chambre de la jeune shinigami, celle-ci n'avait pu refreiner sa curiosité et avait saisi l'occasion pour questionner le vendeur à propos de ce qu'il transportait. Celui-ci lui expliqua alors qu'il s'agissait d'un dispositif très simple en deux parties et qui s'apparentait très fortement aux baby phones qu'on pouvait trouver dans les chambres des enfants. La première partie, de la taille d'une tête d'épingle, devait être appliquée sur un des murs en contact avec la pièce qu'on désirait espionner. La particularité résidait dans le fait qu'il n'était pas nécessaire de pénétrer dans la pièce et donc de se mettre en danger pour installer l'appareil. En effet, il suffisait de se rendre dans le couloir ou la pièce adjacente à l'endroit ciblé et d'apposer l'engin sur le mur commun aux deux pièces. L'appareil se fondrait alors dans le mur, empêchant quiconque de le détecter et captant avec une précision redoutable toute parole émise dans la pièce concernée. L'autre partie, quant à elle, de la taille d'un téléphone portable, devait être conservée par l'utilisateur. C'est par celle-ci qu'il recevra la ou les conversations ayant lieu dans la fameuse pièce. Pour ce qui était de récupérer la première partie, une sorte d'aimant était fourni avec les deux appareils. Il suffisait de l'approcher de l'endroit où avait disparu l'engin et celui-ci ressortirait alors du mur comme par magie.

-Bon ben qu'est-ce qu'on attend alors ?

à suivre...


Vous avez aimé? Un peu, beaucoup, pas du tout? Je me répète mais n'hésitez pas à me dire ce que je pourrais améliorer ou tout simplement si l'histoire vous plait :) Comme dit au dessus le prochain chapitre devrait (si je ne me plante pas dans mon découpage, au pire il y aura un chapitre qui n'aura pas la même taille au finale on s'en fout!) être croustillant :D J'essaierai de le poster le plus rapidement possible! En tout cas j'espère que ça vous a quand même plu,

Gros bisous!

Pioush :3