Partie 6

La fête d'anniversaire de Ginrei Kuchiki était somptueuse.

La nourriture et les boissons qui étaient servies avaient été sélectionnées de façon méticuleuse et étaient d'un goût exquis. La compagnie aussi était agréable.

La première fois que Byakuya avait invité Nanao à une réception, il avait été étonné de voir l'aisance avec laquelle elle se fondait au milieu de toute cette noblesse. Pour ceux qui ignoraient qui elle était – c'est-à-dire une roturière – les tenues somptueuses qu'elle portait suffisaient à les tromper sur ses origines tellement elle savait se tenir parfaitement. Elle pourrait même donner quelques cours de bonnes manières à certaines jeunes filles de l'assemblée. Pour ceux qui savaient d'où elle venait, elle leur avait fait oublier sa jeunesse dans le Rukongai par sa culture et sa vivacité d'esprit. Elle arrivait à charmer tout le monde alors qu'elle n'en avait aucune intention.

Byakuya observait la jeune femme tandis qu'il était allé chercher des rafraîchissements. Il l'avait laissée en compagnie d'un couple de vieux amis de son grand père. Il savait qu'elle n'appréciait pas ces réceptions et qu'elle aimait encore moins qu'il la laisse seule – au milieu des requins lui avait-elle dit – mais elle donnait le change à merveille et n'en laissait rien paraître. Elle semblait à sa place au milieu de tous ces gens.

"Comment se passe la soirée pour vous?"

Byakuya détacha les yeux du groupe de personnes qu'il observait pour porter son attention vers son grand père.

"C'est à vous que je devrais poser la question. C'est en votre honneur que nous sommes tous réunis ici."

Le vieil homme posa son regard sur le groupe qu'observait son petit fils avant son arrivée. Nanao était en train d'adresser un sourire poli à son interlocuteur. Ginrei pensa que son vieil imbécile d'ami devait être encore en train de raconter une blague idiote que lui seul trouvait drôle.

"Elle est ravissante ce soir." Byakuya ne répondit rien mais reporta son attention sur la jeune femme. "Et je n'entends que des éloges sur elle. Je crois qu'elle a conquit tous les membres du clan."

C'était vrai et Byakuya le savait. Des membres de la famille l'avaient approché pour lui affirmer leur soutien dans le choix de sa future épouse. Et dans ces moments là il repensait systématiquement à Hisana. Jamais sa défunte femme n'avait fait l'unanimité dans la famille. Nanao avait fait un tour de force et elle n'en était même pas consciente.

"Quand comptes tu lui faire ta demande? Je ne voudrais pas sembler pressant mais il y a trop longtemps que des enfants n'ont pas redonné vie à ce manoir."

"Il faudrait qu'elle me dise oui si vous voulez qu'une telle chose se produise."

"Ca fait presque trois mois que tu la courtises. Et elle ne m'a jamais semblée contre. Je ne vois pas pourquoi elle te dirait non!"

Byakuya, quant à lui, voyait très bien pourquoi elle le ferait. Ce soir marquait la fin de leur arrangement. Il allait retrouver sa liberté perdue: Il n'aurait plus à changer ses habitudes pour l'inclure dans ses projets. Il pourrait reprendre ses promenades nocturnes dans son jardin, seul. Et enfin, il n'aurait plus personne pour le distraire de ses sombres pensées, pour l'empêcher de penser à Hisana et à ce qu'avait été la vie auprès d'elle.

Hisana. Ce dernier mois il avait peu pensé à elle et il en avait honte. Il avait été trop occupé à prévoir des occupations qui pourraient plaire à Nanao. La jeune femme avait accepté de l'aider et il était normal qu'il lui rende la tâche la plus agréable possible. Elle devait déjà participer à des réceptions, pas besoin de la torturer plus que de raison avec des activités rébarbatives. Et il s'était rendu compte avec plaisir qu'elle appréciait le même genre de chose que lui: le calme, la lecture, les promenades dans le jardin… Il lui avait même proposé de s'essayer à la calligraphie et elle avait accepté avec plaisir, pas par obligation. Elle s'était révélée assez douée.

"Et elle te plait si je ne m'abuse."

C'était une constatation et non une question. Est-ce qu'elle lui plaisait? Oui, peut être. Il devait bien reconnaître qu'il la trouvait attirante. Elle avait un joli visage et quand elle souriait ses magnifiques yeux violets s'éclairaient d'une lueur quasi fascinante. Il s'était souvent surpris à essayer de la faire sourire pour voir encore et encore cette lueur.

"Là n'est pas le problème grand père."

Et il disait vrai. Il y avait quelque chose que son grand père n'avait pas pris en compte – ou dont il avait sous estimé l'importance – quand il avait décidé que Nanao Ise deviendrait la prochaine Dame Kuchiki. Et ça n'était pas le fait que la jeune femme était sa complice pour échapper aux manigances de la famille.

"Je crois que vous ne mesurez pas son attachement à la 8ème division et à son capitaine. Elle ne les quittera jamais pour devenir une épouse de noble et organiser des soirées mondaines. Elle n'est pas ce genre de femme."

"Alors ne lui impose pas!"

Byakuya fut vraiment étonné par cette déclaration et ne put retenir l'expression de surprise qui s'afficha sur son visage.

"Vous êtes en train de me dire que vous ne verriez pas d'objections à ce que mon épouse travaille?" Voilà qui n'était pas banal. "Et qu'en penserait le reste du clan?"

"Les choses changent et même les dinosaures dont je fais parti ne peuvent rien contre ça. Les rapports qu'on reçoit du monde réel indiquent que ça n'est pas sur le point de s'arrêter. Il paraît que les femmes sont de plus en plus considérées comme les égales des hommes sur Terre. Et même à la Soul Society les choses évoluent. Il n'y a qu'à regarder l'association des femmes shinigamis et l'importance qu'elle est en train de prendre. Comment veux tu dans ces conditions empêcher une femme de travailler? Donc si ça ne te dérange pas toi d'avoir une épouse active, les autres s'en accommoderont."

Byakuya regardait attentivement son grand père. Ce dernier était sérieux, pas de doutes là-dessus. Quand Ginrei lui avait annoncé que Nanao serait parfaite pour lui, Byakuya était loin de soupçonner que son aîné avait fait en sorte qu'aucun obstacle ne subsiste en cas d'union. Il avait couvert toutes les bases. La seule chose que l'ancien capitaine ne pouvait pas manipuler était le facteur humain, à savoir lui et Nanao. Et même sur ce point le jeune homme commençait à douter parce qu'il s'était surpris à redouter cette soirée. Non pas parce qu'il comptait briser les espoirs de son aïeul, mais parce il ne verrait presque plus la jeune femme par la suite, il se contenterait de la croiser dans les couloirs de la 1ère division lors de réunions. Il devait reconnaître qu'en trois mois il avait appris à la connaître et qu'elle allait lui manquer. Elle avait un côté apaisant et il appréciait le temps passé en sa compagnie. Mais il ne s'inquiétait pas trop, il reprendrait bien vite l'habitude de la solitude.

Son grand père le tira de ses pensées:

"Viens, allons secourir ta jeune amie. Je ne sais pas comment elle fait pour rester souriante en compagnie de ces vieux bougres."

OoOoOoOoOo

Byakuya avait entraîné Nanao à l'écart des festivités. Il commençait à se faire tard et il était temps de mettre fin à leur mascarade. Il avait redouté cet instant tout au long de la soirée et il savait que la boule qui s'était formée dans son estomac disparaîtrait en même temps que la jeune femme. Ils marchaient en silence en direction d'une des sorties de la propriété, celle qui était la plus discrète. Le jeune homme essayait de trouver les mots justes à dire à sa compagne – il voulait lui exprimer sa reconnaissance sans pour autant avoir l'air redevable – quand elle prit la parole:

"Nous sommes bien d'accord qu'après cette soirée vous me devrez encore trois heures d'entraînement?"

Byakuya s'arrêta à ces mots et la jeune femme se tourna vers lui quand elle s'en rendit compte.

"Vous avez peur que je ne paye pas mes dettes?" Il aurait pu se sentir vexé par ses propos mais ça n'était pas le cas.

"Bien sûr que non, j'ai toujours des otages!" Il lui avait effectivement prêté deux livres qu'elle ne lui avait pas encore rendus.

"Alors, pourquoi cette question?"

"Je suppose que c'est un moyen de rompre le silence. Depuis que nous avons salué votre grand père, vous n'avez pas desserré la mâchoire et comme nous sommes bientôt arrivés à la limite de la propriété, je crois qu'il est temps de mettre un terme à notre association!"

Le jeune homme observa les alentours. C'était vrai, ils avaient traversé tout le jardin et il ne s'en était pas rendu compte. Il avait été trop absorbé par ses pensées. Sous peu, il allait retrouver sa vie comme elle était trois mois auparavant.

Soudainement cette idée ne lui parut plus aussi attrayante qu'en début de soirée et sans même en avoir conscience, il fit les quelques pas qui le séparait de la jeune femme, saisi son visage entre ses mains et se baissa vers elle pour poser ses lèvres sur les siennes.

Dire que Nanao avait été surprise était bien faible pour décrire ce qu'elle avait éprouvé. Quand elle avait entrouvert la bouche – pour protester ou pour l'encourager, elle-même n'aurait pas su le dire – il en avait profité pour approfondir le baiser et elle l'avait laissé faire. Au bout de quelques secondes il rompit le contact. Elle recula alors de trois pas et porta sa main à ses lèvres. Il resta silencieux et elle ne savait trop que penser. Elle évita de le regarder dans les yeux quand elle prit finalement la parole:

"Ca n'était pas ce qui était prévu."

Elle n'avait fait qu'une simple constatation parce qu'elle n'avait rien trouvé d'autre à dire et elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui réponde:

"Je sais. Mais quand je vous demanderai de m'épouser, je ne voudrai pas un non comme réponse. Et c'est tout ce que j'aurai en vous posant la question maintenant."

A ces mots, elle leva vivement les yeux vers la face du jeune homme. Elle essaya de trouver la plus infime trace d'amusement sur son visage mais elle n'en décela aucune. Il était parfaitement sérieux. Elle ouvrit la bouche parce qu'elle savait qu'elle devait répondre quelque chose à ça mais rien ne sorti. Elle était sans voix. Elle ne vit alors plus qu'une seule solution: elle devait battre en retraite. Ce n'était pas de la lâcheté: Comme il avait manifestement changé les règles du jeu en route, elle se devait d'effectuer un retrait stratégique pour pouvoir étudier les nouvelles données.

Elle fit encore trois pas en arrière et avec la main qu'elle avait porté à son visage, elle pointa un endroit vague derrière elle:

"Je… Il faut que j'y aille… Il se fait tard et..."

Elle ne finit pas sa phrase et partit dans la direction qu'elle venait de montrer. Byakuya remarqua deux choses. Tout d'abord, en trois mois la jeune femme avait fait des progrès en shunpo, et ensuite, ce qui était plus important, elle avait été troublée. C'était une bonne réaction. Elle aurait pu lui rire au nez et, là, il aurait su qu'il n'avait rien à espérer. Mais voilà, elle ne l'avait pas fait, et il prenait ça pour un très bon signe. Il allait lui laisser quelques jours pour digérer ce qui venait de se passer puis il mettrait tout en œuvre pour obtenir une réponse positive le jour où il lui ferait sa demande. Parce qu'il venait de décider ce qu'il voulait. Il voulait la revoir encore, chaque jour. Il voulait l'inclure dans ses activités, dans ses projets. Et surtout, il voulait qu'elle l'aide à atténuer la douleur de la mort d'Hisana, ce qu'elle parvenait à faire par sa seule présence.

Il allait regagner la fête quand il pensa à son grand père. Le vieil homme avait bien prévu son coup. Byakuya ne savait pas s'il devait en être reconnaissant ou irrité. Il déciderait plus tard, en fonction de la réponse que lui donnerait la jeune femme qu'il convoitait véritablement à présent.

OoOoOoOoOo

Nanao détestait les imprévus, que ce soit dans sa vie professionnelle ou personnelle. Etre soldat et vice capitaine de la 8ème division comportait une grande part d'inattendu mais elle avait réussi à la minimiser grâce à un gros travail d'anticipation et de planification. Côté personnel sa vie était parfaitement routinière – sauf quand son capitaine décidait qu'elle avait besoin de vivre pleinement – et c'était comme ça qu'elle l'aimait.

Ce qui s'était passé ce soir sortait de ce cadre routinier qu'elle aimait tant. Et c'était de sa faute. Pourquoi s'était-elle prêtée à ce jeu? Quand elle avait accepté, elle n'avait pas vu plus loin que le bout de son nez et des progrès en shunpo qu'elle pourrait faire. Et voilà que maintenant l'héritier du clan Kuchiki lui parlait mariage. Parce qu'elle n'avait pas rêvé, il lui avait bien dit 'quand je vous demanderai de m'épouser' et non pas 'si je vous demande de m'épouser'. Le mariage n'était pas quelque chose qu'elle avait envisagé. Et avec Byakuya Kuchiki encore moins!

Elle allait avoir besoin de temps et de calme pour réfléchir aux évènements de cette soirée. Mais ça n'allait pas arriver de sitôt. Elle se savait attendue. Le capitaine Kyôraku était probablement sur le pas de sa porte et il allait deviner juste en la voyant que les choses ne s'étaient pas déroulées comme elles auraient dû. Et elle n'avait pas envie qu'il le sache. Ce qui s'était passé était personnel. Surtout qu'il ne manquerait pas de faire des commentaires qui ne feraient rien pour l'aider. Elle pensa un instant à aller se réfugier au bureau pour la nuit ou, mieux, quitter le Seireitei et la Soul Society pour toujours mais elle avait été suffisamment faible pour la soirée. Elle ne pouvait pas encore prendre la fuite.

Quand elle arriva en vue de son appartement, le capitaine Kyôraku était effectivement en train de l'attendre. Il était assis en tailleur à côté de sa porte d'entrée, comme toutes les fois où elle avait passé la soirée avec le capitaine Kuchiki. Elle passa à côté de lui en le saluant, entra dans l'appartement et se dirigea vers la cuisine sans prendre la peine de refermer la porte. Elle savait qu'il la suivrait à l'intérieur. Ils avaient développé une routine ces trois derniers mois: elle rentrait accompagnée de son cavalier, le capitaine Kyôraku le mettait à la porte – avec plus ou moins de tact – et enfin, ils buvaient tous les deux un thé.

Ils n'avaient pas échangé un mot le temps que la boisson chaude infuse. Shunsui ne l'avait pas suivi en cuisine mais avait préféré prendre place au salon. Quand elle lui apporta sa tasse Nanao se sentit mal sous son regard inquisiteur. Elle savait qu'elle était en pleine crise de paranoïa et qu'il ne la regardait pas différemment des autres fois mais c'était plus fort qu'elle. Par contre si une chose était certaine, c'était qu'elle allait lui indiquer elle-même que quelque chose d'imprévu s'était passé avec son langage corporel tendu! Il fallait juste qu'elle inspire un bon coup et qu'elle se détende. Elle sursauta quand il prit la parole:

"Alors c'est fini, nous n'allons plus voir ce cher Byakuya traîner dans nos murs."

Elle se demandait si elle se faisait encore des idées mais ce qu'il venait d'annoncer semblait sonner plus comme une question que comme une affirmation. Elle but une gorgée de thé avant de lui répondre:

"Je n'en suis pas certaine."

"Comment ça, pas certaine? C'était bien ce soir qu'il devait être éconduit et avoir son petit cœur brisé en mille morceaux?" Comme elle confirma d'un mouvement de tête il continua. "Alors qu'est ce qu'il viendrait faire par ici? Je l'imagine mal s'abaisser au point de jouer le rôle du prétendant blessé qui viendrait supplier sa douce. Ca cadre mal avec le personnage."

Non seulement ça cadrait mal mais en plus Kyôraku avait bien remarqué que la jeune femme était mal à l'aise. Elle pouvait donner le change à quiconque mais sûrement pas à lui, il la connaissait trop bien. Il y avait plein de petits détails qui la trahissaient, par exemple, elle se tenait un peu plus droit qu'à son habitude – ce qui était un exploit – mais, surtout, elle ne le regardait pas dans les yeux.

"Nanao-chan?"

"Ne m'appelez pas comme ça."

C'était tout ce qu'elle avait trouvé à dire pour ne pas lui répondre. Elle cherchait quelque chose de plus pertinent quand une question s'imposa à elle. Pourquoi se comportait-elle ainsi? Elle avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal alors qu'il n'en était rien. Kyôraku n'était que son capitaine, et aussi son ami, il n'y avait pas de raison pour lui cacher les évènements de la soirée. Et si elle les lui cachait, elle n'avait pas à se sentir mal, ça ne le concernait pas!

"Disons qu'il ne n'a pas officiellement demandé ma main, ce qui fait que je n'ai pas officiellement refusé."

"Et pourquoi ne l'a-t-il pas fait? Il veut continuer à jouer la comédie?" Kyôraku était sceptique. Il avait su depuis le début qu'il ne fallait pas faire confiance au capitaine de la 6ème.

"Je ne sais pas, nous n'avons pas vraiment parlé de ce point. Aussi, je serai bien incapable de vous dire si nous le reverrons à la 8ème division."

Il y avait autre chose, Kyôraku en était persuadé. Pourquoi évitait-elle de le regarder dans les yeux sinon?

"Il y a autre chose."

"Rien d'important, vous pouvez me croire."

"Si c'est le cas, je ne vois pas pourquoi Nanao-chan ne veut pas me le dire."

Elle hésita un instant en pesant le pour et le contre. Le pour: si elle lui disait maintenant, il ferait quelques commentaires déplacés et l'incident serait clos. Le contre: si elle se taisait il la harcèlerait jusqu'à ce qu'elle craque et elle savait par expérience qu'elle parviendrait à résister quelques jours mais qu'il arriverait à la pousser à bout. Autant faire comme avec un sparadrap: tirer d'un coup sec. La douleur est intense sur le moment mais elle disparaît bien vite.

"Il m'a embrassée. Vous voyez, rien de grave."

Kyôraku ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. Embrassée? Sa Nanao-chan?

"Mais Nanao-chan lui a donné une bonne correction pour lui passer l'envie de recommencer?" Comme elle hochait la tête de droite à gauche il ajouta presque à contre cœur: "Elle ne l'a tout de même pas encouragé?" Elle lui répondit par un haussement d'épaules.

Un haussement d'épaules? Jamais Nanao-chan ne répondait par un haussement d'épaules. Tout simplement parce que ça ne voulait rien dire et tout dire en même temps. Qu'avait-elle voulu répondre: bien sûr que non, peut être, je ne sais pas, il pleut dehors? Bon sang, ça voulait vraiment tout dire!

"Ne vous mettez pas dans cet état pour si peu, capitaine."

Nanao n'avait rien trouvé de mieux à répondre. Elle avait une meilleure répartie habituellement mais ce soir, elle avait quelques difficultés à réfléchir. Elle se leva pour débarrasser les tasses vides.

"Comment ça, pour si peu? Nanao-chan ne se rend pas compte du mal que ça pourrait faire à sa réputation. En plus on ne sait rien de ce type. Qui sait s'il ne cache pas un terrible secret, une maladie honteuse, un…"

"Du calme, Byakuya Kuchiki est juste un shinigami d'une autre division! Qu'est ce que vous allez encore imaginer?"

Cette remarque eut au moins le mérite de le faire taire. Il réfléchit un instant avant de reprendre:

"Est-ce que c'était aussi agréable que ça?"

Il se leva à son tour, s'approcha d'elle, attrapa son visage entre ses mains et se baissa pour l'embrasser.

Elle resta un moment immobile avant de passer ses bras entre leur deux corps pour venir agripper son vêtement. Il avait tout d'abord pensé que l'intention de la jeune femme était de le repousser mais elle n'en fit rien et tandis que leurs langues se livraient un duel, elle glissa une main dans son uniforme. Elle caressa sa peau nue jusqu'au niveau de ses côtes et il ne put s'empêcher d'émettre un grognement de plaisir qui se transforma rapidement en exclamation de douleur quand elle enfonça sans ménagement les ongles dans la chair tendre qui se trouvait là.

Il rompit le baiser et recula d'un pas tout en la dévisageant. Il avait craint un instant qu'elle ait des tendances sadiques aussi fut-il étrangement soulagé de voir de la colère sur son beau visage.

"Dehors!" Elle lui montra la porte.

"Nanao-chan…"

"J'ai dis D.E.H.O.R.S!"

Il voyait bien qu'elle était sur le point d'exploser aussi trouva-il plus sage de lui obéir pour le moment. S'il voulait continuer cette conversation plus tard, il devait d'abord rester en vie et donc quitter les lieux au plus vite.

Quand il referma la porte d'entrée derrière lui, Nanao se laissa tomber au sol. Ses jambes étaient en coton et c'était un miracle si elles avaient réussi à la soutenir jusqu'à présent. Elle allait porter sa main à ses lèvres quand elle remarqua le sang au bout de ses doigts. Elle avait peut être réagit un peu violemment pour le blesser jusqu'au sang. Non. Il le méritait. Qu'est ce qu'ils avaient tous ce soir? Elle n'avait tout de même pas un panneau 'entrée libre' sur le front?

Si elle était honnête avec elle-même, elle devait reconnaître que ça avait été assez agréable. Le baiser de Byakuya lui avait laissé une sensation étrange et bienvenue dans le ventre et celui de Kyôraku l'avait littéralement fait fondre sur place.

Elle se releva tant bien que mal et se dirigea vers la salle de bain. Le matin sa vie était simple comme elle l'aimait et voilà que maintenant elle se retrouvait face à deux problèmes de taille. Elle serait tout aussi bien dans un bon bain chaud pour y réfléchir.

OoOoOoOoOo

Et voici pour cette partie.

Merci aux personnes qui m'ont laissé une petite review et à celles qui vont en laisser une :-p

Z.