Partie 7
Le capitaine de la 13ème division était assis derrière son bureau et lisait les rapports de mission de ses hommes quand Kyôraku fit son apparition. Ce dernier se dirigea vers le canapé installé contre le mur qui faisait face au bureau et s'y affala. Ukitake trouva son ami bien matinal mais peut être ne venait-il ici que pour finir sa nuit sur son sofa. Ca c'était déjà produit plus d'une fois et ça ne manquerait pas de se reproduire. C'est alors qu'il remarqua que le visage de Shunsui ne reflétait pas le soulagement qu'il devrait normalement ressentir: après tout, c'était le lendemain de la fête d'anniversaire de Ginrei Kuchiki et donc Shunsui allait enfin récupérer son vice capitaine. Quand Jûshirô le salua, il obtint un son inarticulé en retour, signe que le capitaine de la 8ème division n'était pas au mieux de sa forme:
"Qu'est ce que c'est que cette mine? Tu ne devrais pas plutôt faire la fête?"
"Ne t'en fais pas, pour avoir fait la fête, je l'ai fais. J'ai été boire jusqu'à plus soif après que Nanao-chan soit rentrée chez elle."
"Et tu fais cette tête parce que tu as la gueule de bois?"
"Non, plutôt parce que ma vie est fichue!"
Kyôraku avait toujours tendance à exagérer tout ce qui lui arrivait et Ukitake le savait.
"Qu'est ce qui se passe encore? Je croyais justement qu'aujourd'hui marquait la fin de l'arrangement entre Nanao et Kuchiki. Et il me semble que tu attendais cet instant avec impatience."
"Kuchiki. Je savais depuis le début qu'il était louche. On ne propose pas ce genre de chose à une femme! C'est un être vil et méprisable. Il est… Oui, c'est une vermine de la pire espèce. Je n'ai pas assez de mots pour le qualifier. Il est vraiment…"
"Stop! Qu'est ce qui s'est passé pour que tu aies aujourd'hui une telle opinion de lui?"
"Ce qui s'est passé? Ce sale rat a osé embrasser MA Nanao-chan! Voilà ce qui s'est passé! Je devrais aller le trouver pour lui expliquer ma façon de penser."
Byakuya Kuchiki avait embrassé Nanao! Et il ne devait pas s'agir d'un chaste baiser sur la joue sinon Kyôraku n'aurait pas réagit de cette manière. Quoi que! Tout prenait toujours des proportions démesurées avec Shunsui lorsqu'il était question de Nanao. Maintenant il fallait déterminer si la jeune femme avait été indisposée par le comportement du capitaine Kuchiki. Jûshirô n'allait pas laisser son ami chercher querelle à un autre capitaine pour l'honneur d'une femme si cette dernière ne trouvait pas qu'on lui avait manqué de respect.
"Avant de faire ça, ce que j'aimerais, c'est que tu me dises ce qu'en a pensé la principale intéressée. Est-ce que, selon elle, Byakuya lui aurait manqué de respect?"
Le capitaine de la 8ème division prit un instant pour y réfléchir avant de répondre:
"Pour tout dire, elle n'avait pas l'air de l'avoir mal prit."
"Comment ça, avait l'air? Avant de te mettre dans tous tes états tu ne lui as pas demandé ce qu'elle ressentait?"
"…Ben, pas vraiment…"
Ukitake connaissait trop bien son ami et reconnu l'air coupable qu'il affichait maintenant. Il avait fait ou dit quelque chose qu'il ne lui avait pas avoué. Le capitaine de la 13ème division ne put retenir un soupir quand il reprit:
"Qu'est ce que tu as fait? Ne me dis pas que tu ne lui as fait une scène à cause de ce baiser…"
"Evidemment que non! Je ne suis pas un gosse!"
Ca, ça restait à prouver mais le moment était peut être mal choisi pour en parler.
"Alors, qu'as-tu fais?"
"Je l'ai embrassée!"
Pourquoi Jûshirô n'était pas plus étonné par une telle réponse? Son ami était irrécupérable.
"Et elle a réagit comment à ça?"
"Elle m'a tout simplement jeté à la porte!"
Voilà qui ressemblait bien à la jeune femme. Ukitake ne réprima pas l'amusement qui s'afficha sur son visage lorsqu'il imagina la scène.
"Je peux savoir ce que tu trouves de drôle?"
"Moi? Rien! Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes pour elle! Je crois que si elle a réussit à te mettre dehors, elle arrivera sans difficultés à se débarrasser de tout prétendant qu'elle jugerait trop entreprenant."
En vérité, Kyôraku n'avait aucune inquiétude sur ce point. Elle était son vice capitaine et il savait parfaitement de quoi elle était capable. Ce qui le préoccupait n'était pas le fait qu'elle ne parvienne pas à repousser un prétendant, mais le fait qu'elle n'en ait pas envie.
"Arrête de faire cette tête. Kuchiki est bien ce qui pouvait t'arriver de mieux!"
Shunsui ne savait pas quelle tête il était en train de faire mais il était méfiant quand il demanda une explication à l'affirmation de son ami:
"Qu'est ce que tu veux dire?"
"Je ne t'en ai pas parlé?"
Jûshirô était peut être un des capitaines les plus âgés en poste au Seireitei, il n'était pas encore gâteux. Il savait pertinemment qu'il n'avait pas rapporté à son ami ce qu'il avait entendu au court de ces derniers mois. Il avait jugé plus avisé d'affronter un seul problème à la fois. Il était temps de partager une information qui n'allait pas plaire à l'autre homme:
"J'ai eu vent que quelques soldats trouvaient Nanao à leurs goûts et qu'ils n'hésiteraient pas à tenter leur chance si ça ne marchait pas entre elle et Kuchiki. Donc, en gros, si Byakuya n'avait rien tenté, tu aurais eu toute une kyrielle de valeureux shinigamis qui auraient essayé d'obtenir les bonnes grâces de ta chère Nanao! "
Kyôraku se renfrogna un peu plus à cette annonce. Il n'arrivait pas à ce débarrasser de cet enquiquineur de la 6ème division qu'on lui apprenait que la liste des casse-pieds était en train de s'allonger. Une question s'imposa à lui et il en fit partager son ami:
"Nanao est parfaite, elle l'a toujours été. Mais pourquoi est ce que tous ces hommes en ont après elle soudainement?"
Il dévisagea son ami comme s'il détenait la réponse. Ukitake avait bien une explication à ce phénomène mais il y en avait peut être d'autres:
"Je dirais qu'ils l'ont toujours trouvée attirante et qu'ils se contentaient de l'admirer de loin parce qu'ils avaient peur de toi et de ce que tu pourrais leur faire." Comme le capitaine de la 8ème division eut l'air – faussement – surpris, il continua. "Avec tes déclarations d'amour publiques et ta possessivité envers elle, les gens ont eut l'impression que vous étiez ensemble et que s'ils s'approchaient de trop près de ta Nanao-chan, tu pourrais avoir l'idée saugrenue d'attenter à leur vie!"
"Et je ne vois pas ce qui leur fait penser qu'il pourrait en être autrement maintenant."
"Le fait que Kuchiki soit encore entier à l'heure où je te parle!"
"Je ne vois pas ce que ça change. Jusqu'à présent ils jouaient la comédie, je n'allais pas faire quoi que ce soit."
"Oui, mais ça, les soldats ne le savent pas. Ce qu'ils voient c'est que les rumeurs étaient peut être infondées ou que votre histoire est finie. Et donc qu'ils ont le champ libre."
Le brun réfléchit un instant à ce nouveau problème. Il pourrait toujours aller trouver les soldats en questions, leur laisser entendre que si Kuchiki était encore en vie c'était uniquement parce qu'il était capitaine et que s'il avait été d'un grade inférieur, il serait mort. Il n'avait même pas besoin de les voir tous, la rumeur se répandrait toute seule et d'ici une semaine, fini les gêneurs.
"Donne moi les noms des types qui sont intéressés par ma Nanao-chan."
"Pour quoi faire? Pour que tu ailles les trouver, leur faire la peur de leur vie et leur faire passer l'envie d'approcher de ton vice capitaine?" Au hochement de tête du brun il continua. "Pas question. Je ne sais pas pour quelles raisons Nanao n'a pas encore mis fin à tes jours pour régenter sa vie sans arrêt mais je trouve qu'elle à le droit de vivre en paix sans ton intervention. Je te le dis, je crois que ce qui ce passe en ce moment est une excellente chose."
Kyôraku prit un instant de réflexion. Contrairement à ce que semblait penser son ami, il ne passait pas son temps à s'immiscer dans la vie de la jeune femme. Mais le capitaine de la 13ème avait peut être raison, il n'allait pas menacer tous ces prétendants. Il trouverait bien une autre façon de faire pour leur passer l'envie de s'approcher de son vice capitaine.
Il fit une grimace devant l'air réjouit de son ami qui savait qu'il avait gagné la partie avant de reprendre:
"Tu peux me rappeler pourquoi nous sommes amis?"
"Parce que je n'ai jamais eu de chance et que le jour où ils ont créé les binômes à l'école tu étais le seul qui restait."
"Mon souvenir est légèrement différent. Dans le mien, après une nuit torride passée dans les bras d'une divine créature, je ne me suis pas réveillé à temps et j'ai manqué le début du cours. Tous les élèves avaient déjà un binôme et j'ai hérité du pauvre tuberculeux qui était allongé à l'infirmerie!"
"Nous sommes au moins d'accord sur le fait que notre amitié n'est pas fondée sur le profond respect que nous pourrions éprouver l'un pour l'autre mais sur un terrible coup du sort!"
Ukitake adressa un sourire narquois à son ami avant de se remettre au travail. Il espérait que l'autre capitaine continuerait à broyer du noir en silence. Tout le monde n'avait pas la chance d'avoir un vice capitaine qui parvenait à abattre le travail pour deux en une journée!
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Quand Byakuya arriva à la grande salle d'entraînement de la 6ème division, il était 5H45 et Nanao n'était pas là. Les leçons de perfectionnement en shunpo qu'il lui donnait débutaient toujours à 6H précises mais jusqu'à présent elle avait toujours été présente avant lui pour s'échauffer. Il ne savait pas trop comment interpréter son absence. Il ne l'avait pas revue depuis la soirée où il l'avait embrassée et ignorait de ce fait l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait.
Trois minutes avant 6H elle n'était toujours pas là et Byakuya en conclut qu'elle ne viendrait pas. Il avait espéré lui parler ce matin mais elle, de son côté, n'avait manifestement aucune envie de le faire. Il n'allait pourtant pas renoncer pour si peu. Il se rendrait à la 8ème division un peu plus tard, dans la matinée de préférence, parce que Kyôraku n'était pas du matin – il le savait pour l'avoir entendu se plaindre lorsque le capitaine général Yamamoto leur imposait des réunions matinales – et il préférait de beaucoup parler à Nanao sans avoir son capitaine dans les pattes.
Il était dos à la porte et observait le calme de la salle. Il n'y avait que tôt le matin – c'est pourquoi il avait choisit cet horaire pour donner des leçons au vice capitaine de la 8ème division – et aux heures des repas où cette pièce était vide. Sinon il y avait toujours foule, les hommes venant s'entraîner ici par groupes et par roulement.
Il était six heures tapantes quand il décida de ne pas attendre plus. Elle ne viendrait pas. Il fit demi tour et se retrouva nez à nez avec la jeune femme. Elle avait finalement décidé de venir.
Il ne l'avait pas sentie approcher et même à quelques mètres de distance, il ne ressentait toujours pas sa présence. Elle avait élevé à un niveau supérieur ce qu'il lui avait enseigner autrefois, elle arrivait à cacher sa pression spirituelle d'une façon magistrale. Le capitaine Kyôraku ne devait pas savoir ce qui le frappait quand elle partait à sa recherche en 'mode ninja'!
Ils se saluèrent brièvement.
"Je pensais que vous n'alliez pas venir."
"C'est ce que j'ai faillit faire."
"Et qu'est ce qui vous a fait changé d'avis?"
"Il n'aurait pas été convenable de ma part d'annuler cette séance sans vous en avertir à l'avance."
Et surtout, avoir des cours particuliers de la part de Byakuya Kuchiki était une chose tellement rare qu'il était hors de question qu'elle laisse passer sa chance. Elle avait amplement mérité ces leçons et elle n'allait pas les laisser perdre.
"Je voulais vous dire, à propos de ce qui s'est passé l'autre soir…"
Voilà, c'était là la raison pour laquelle elle avait longuement hésité à venir.
Elle avait retourné dans tous les sens la dernière soirée qu'ils avaient passée ensemble. Elle s'était demandée si elle n'avait pas mal interprété un acte, une parole. Elle s'était interrogée sur ce qu'elle ressentait, sur ce qu'elle voulait. Et elle n'était toujours pas plus avancée, aucune réponse ne lui était apparue. Mais une chose était sûre, elle n'avait pas envie d'entendre le jeune homme qui lui faisait face lui expliquer qu'il avait abusé du champagne et qu'il n'avait pas été lui-même. Et comme elle n'avait pas eu de ses nouvelles depuis la fête d'anniversaire, c'était sans aucun doute ce qu'il comptait lui dire. Avant de venir, elle avait décidé que sa présence à la 6ème division ne serait consacrée qu'à l'entraînement. S'il voulait s'excuser ou clarifier le malentendu, il allait devoir se montrer courageux et venir se présenter aux bureaux de la 8ème division aux heures de travail.
C'est pourquoi elle ne le laissa pas terminer sa phrase:
"Quel est le programme de l'entraînement aujourd'hui?"
Byakuya fut quelque peu décontenancé par la question mais n'en montra rien. Il avait longuement préparé ce qu'il avait l'intention de dire à la jeune femme et la réponse quelque peu hostile qu'il avait obtenue – alors qu'il n'avait pas commencé – n'était pas du meilleur augure. Elle semblait peu enclin à la discussion. Il n'y voyait aucun inconvénient. Pour le moment tout du moins. D'autant qu'il était quelque peu angoissé. Cela faisait plus de 60 ans qu'il n'avait pas courtisé de femme et, même à l'époque, Hisana avait trouvé adorable la maladresse dont il avait fait preuve pour la conquérir.
C'était reculer pour mieux sauter mais il décida d'accorder à la jeune femme ce qu'elle demandait. Il allait se concentrer sur l'entraînement. Il lui parlerait après la séance.
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Byakuya ne savait pas ce qui avait mal tourné lors de l'entraînement mais il faisait maintenant face à Nanao qu'il maintenait contre le mur, sa main gauche enserrant le poignet droit de la jeune femme pour éviter de prendre un coup d'épée malheureux tandis que son autre main soutenait son zanpakutô qui reposait contre le cou de son adversaire.
La séance avait pourtant bien commencé. Pendant un peu plus de deux heures ils avaient alterné la pratique et la théorie: une phase très physique pour Nanao où elle devait éviter les petits sorts de kido inoffensifs avec lesquels il essayait de la toucher, suivie d'une phase de repos pendant laquelle ils voyaient ensemble comment elle pourrait améliorer son shunpo.
A bien y réfléchir, il voyait exactement quand les choses avaient dérapées.
Il lui avait lancé une énième boule de kido mais elle ne l'avait pas évitée comme elle aurait dû le faire. Elle s'était contentée de la détruire avec un contre sort. Il savait pourquoi elle avait fait ça: elle était épuisée et comme l'utilisation du kido était pour elle un réflexe, ça lui était venu plus naturellement que le shunpo. A ce moment là, il s'était rendu compte qu'il ne connaissait pas la valeur de la jeune femme au combat. De tous les vices capitaines, elle était la seule qu'il n'avait jamais vu combattre, même au temps où ils occupaient tous les deux le même poste. A vrai dire, il ne savait même pas à quoi ressemblait son zanpakutô! Et au lieu d'annoncer une pause comme il aurait dû le faire, il lui avait demandé si elle avait son sabre avec elle. Elle avait paru méfiante quand elle lui avait fait un signe affirmatif de la tête et surprise quand il lui avait demandé de le dégainer. Comme elle n'avait pas obtempéré, il avait sorti Senbonzakura de son fourreau et s'était élancé vers elle.
Il avait crut un moment qu'il n'obtiendrait pas ce qu'il voulait. Même épuisée, son adversaire avait encore de la réserve. Elle était vraiment excellente dans son domaine. Il avait bien réussit à lui infliger quelques coupures mais elle lui avait aussi laissé quelques marques, certains des sorts qu'elle lui avait lancés aillant fait mouche.
Elle semblait au bout de ses limites et il était prêt à renoncer quand elle avait plongé sa main dans sa manche et tout en esquivant une attaque elle s'était placée derrière lui. Lorsqu'il s'était retourné, elle avait à la main le sabre qu'elle avait jusqu'à présent refusé de dégainer. Byakuya était quelque peu étonné par le zanpakutô de la jeune femme: C'était un katana on ne peut plus banal! Comme elle le gardait dans la manche de son uniforme, il s'attendait à ce qu'elle possède un sabre à petite lame – comme un tantô – et non pas une arme dont la lame était aussi longue que le bras du vice capitaine de la 8ème! Comment parvenait-elle à plier le bras dans ces conditions? Il n'avait jamais remarqué la moindre gêne dans les mouvements de son opposant.
Il n'eut pas le temps d'étudier la question plus avant que son adversaire se rua vers lui. Si dans un premier temps elle s'était montrée hostile à l'idée de le combattre, elle semblait avoir changé d'avis sur le sujet. Elle devait savoir qu'elle n'avait aucune chance contre lui dans son état de fatigue – ce qui aurait aussi été le cas en temps normal – mais comme il avait voulu voir son sabre, elle semblait décidée à lui en faire tâter la lame!
Il para quelques coups d'épée sans la moindre difficulté – l'art du sabre n'était pas le point fort de la jeune femme – avant de décider que la démonstration avait bien assez durée. Au moment où il bloquait la lame de Nanao avec la sienne, il attaqua de sa main libre et jeta à son adversaire un sort de kido qui, bien que non mortel, pouvait s'avérer douloureux s'il n'était pas évité ou dévié.
Il aurait pu être impressionné par la manière dont la brunette réagit. Elle fut assez rapide pour lever un bouclier de défense – ce qui ne l'empêcha pas d'être projetée contre le mur derrière elle – et il y vit l'opportunité de mettre fin au combat. En un pas de shunpo il fut face à elle, attrapa le bras avec lequel elle tenait son zanpakutô et posa la lame de Senbonzakura contre son cou. Le combat était terminé.
Les deux opposants se faisaient face sans qu'aucun n'esquisse le moindre mouvement. Byakuya savait qu'il devait rengainer son arme et saluer son adversaire mais il n'arrivait pas à se résoudre à bouger. Il avait les yeux rivés sur sa captive. Elle ne ressemblait plus à la jeune femme qu'il avait l'habitude de croiser dans les couloirs de la 1ère division. Elle avait du mal à reprendre son souffle, quelques mèches de ses cheveux s'étaient sauvés du clip qui les maintenait habituellement en place, son uniforme n'était plus aussi impeccable que quelques heures auparavant et, surtout, elle ne posait pas sur lui le regard respectueux qui lui était coutumier: Il y avait de la rage et de la colère dans ses magnifiques yeux violets. Byakuya ne l'avait jamais vue aussi jolie qu'en ce moment.
Il fut tiré de sa quasi-torpeur par l'objet de sa contemplation quand elle se passa la langue sur les lèvres. Il fut aussitôt assailli par de toutes autres pensées que celles qu'il avait en tête un moment auparavant. Il savait que ce qu'elle venait de faire n'avait pas pour but de le tenter mais seulement d'hydrater sa bouche – preuve en était le regard noir qu'elle lui jetait toujours – mais il avait maintenant une envie irrépressible de goûter ses lèvres. Pour essayer de résister à la tentation il releva les yeux vers ceux de la jeune femme pour se rendre compte que non seulement la colère avait disparut de son regard mais qu'elle semblait elle aussi être fort intéressée par sa bouche à lui. Il ne lui en fallut pas plus pour interpréter cela comme une invitation et il se pencha pour l'embrasser doucement. Comme il ne rencontra aucune résistance, il approfondit le baiser. Quand il lâcha son zanpakutô pour serrer contre lui la jeune femme, ce dernier tomba au sol sans le moindre ménagement, et Byakuya entendit un grand cri de protestation dans son esprit. Senbonzakura n'était pas heureux d'être traité de la sorte mais Byakuya n'en avait cure, la journée était en train de prendre un tournant bien plus intéressant que ce qu'il avait espérer en se levant! Et dire que tout ce qu'il souhaitait c'était qu'elle accepte de lui parler et que, peut être, elle accepte aussi une invitation à dîner!
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Nanao ne savait pas comment elle s'était débrouillée pour se retrouver dans cette situation. Quelques minutes auparavant elle bouillonnait de colère contre l'héritier du clan Kuchiki; non pas parce qu'il l'avait battue – le contraire aurait été étonnant – mais parce qu'il l'avait obligée à sortir Akiko de son fourreau. Elle détestait se servir de son zanpakutô. Elle ne savait pas en expliquer la raison, mais elle détestait ça. Même le capitaine Kyôraku n'insistait pas – enfin, plus – sur ce point. Et LUI, LUI décidait qu'il voulait un combat au sabre et elle se retrouvait katana au poing. Et pour couronner le tout, voilà qu'ils avaient maintenant changé d'activité et qu'ils se comportaient plus comme des adolescents en rut que comme deux hauts gradés des 13 armées de la cour sur leur lieu de travail. SUR LEUR LIEU DE TRAVAIL!
Cette journée était en train de virer à la catastrophe – même si elle n'était pas farouchement opposée à ce qu'ils étaient en train de faire – et ça allait encore empirer parce qu'elle sentait des soldats approcher. Et, ou le capitaine Kuchiki n'en avait rien à faire, ou il ne s'en était pas rendu compte, mais ça ne semblait pas l'affecter! Elle essaya de mettre fin à leur étreinte mais n'y parvint pas – par manque de force ou par manque de motivation? – et au moment où les soldats allaient entrer dans la grande salle et les surprendre dans une situation compromettante, elle fit ce qu'elle faisait le mieux depuis des décennies. Elle envoya une boule de kido dans la poitrine de l'homme qui lui faisait face. Sous l'effet de la surprise il la lâcha et se retrouva propulsé au sol à cinq mètres d'elle.
Comme les hommes du capitaine Kuchiki étaient en train de prendre possession des lieux – non sans les avoir salués au préalable – Nanao se dirigea vers leur capitaine qui s'était déjà relevé. Elle lui montra la manche de son uniforme qui portait les marques des attaques de Senbonzakura qu'elle avait subies:
"Je crois que vous me devez un repas pour avoir mis mon uniforme dans cet état!"
"Que diriez vous de ce soir au manoir?"
"Comptez sur moi, j'y serai." Et elle quitta la salle d'entraînement sans se retourner.
Décidément, la journée se passait vraiment idéalement pour Byakuya! Il lui ne manquait plus qu'Abarai soit déjà installé derrière son bureau en train de remplir ses papiers pour qu'elle soit mieux qu'un rêve!
En se dirigeant à son tour vers la sortie de la salle après avoir récupéré son zanpakutô, il se frotta la poitrine pour essayer de faire disparaître la sensation étrange qui résultait du sort de kido qu'il venait de subir. Il se demandait avec quoi elle avait bien pu le frapper. C'était un sort qu'il ne connaissait pas. Ca avait été légèrement douloureux sur le coup mais ça laissait une impression plutôt agréable une fois la douleur passée. Byakuya venait de percer un des plus grands mystères de la Soul Society, à savoir: Pourquoi est-ce que le capitaine Kyôraku s'obstinait à provoquer son vice capitaine? Tout simplement pour recevoir une décharge de ce sort inconnu! Peut être un peu simpliste et très masochiste comme réponse, mais il fallait avoir été victime de ce kido pour bien comprendre!
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Les premiers hommes de la 6ème division qui entrèrent dans la salle à ce moment là ne furent témoin que de la défaite de leur capitaine face au vice capitaine de la 8ème division. Et les derniers à entrer dans la pièce jurèrent qu'ils avaient cru voir leur capitaine esquisser un sourire!
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Et voici. La suite bientôt.
Merci aux personnes qui m'ont laissé une petite review.
Z.
