Hello tout le monde.
Dans cette dernière partie j'ai essayé de ne pas être trop mièvre. A vous de juger.
Bonne lecture,
Z.
Partie 17
Nanao se sentait bizarre. Elle n'avait pas mal mais elle n'allait pas bien non plus. C'était une sensation intéressante. Oui c'était bien le mot, intéressante.
Elle se sentait un peu comme à la frontière du rêve et de la réalité. Elle savait qu'elle ne dormait pas, ou alors elle rêvait qu'elle était éveillée, mais ses paupières refusaient de s'ouvrir. Elle aurait aimé porter une main à son visage mais là aussi rien ne se passait. Son corps refusait de lui obéir. Et ce qui était encore plus étrange, c'était que ça ne la paniquait pas. Quelque part, elle s'en moquait. Peut être était-elle vraiment endormie?
Puis l'odeur la frappa. C'était un effluve familier mais elle n'arrivait pas à savoir où elle l'avait déjà senti. Mais dans sa tête elle l'associait à quelque chose de rassurant. Elle essaya à nouveau d'ouvrir les yeux et cette fois elle parvint à un résultat. Pendant un bref moment une vive lumière lui brûla la rétine. Un brouhaha s'éleva alors autour d'elle. Il lui semblait distinguer des mots mais elle n'était sûre de rien. Elle tenta à nouveau d'ouvrir les yeux et cette fois elle distingua plus qu'une vive clarté. Elle avait eut le temps de voir un plafond avant que ses yeux se referment d'eux même. Et elle connaissait ce plafond. C'était celui d'une chambre de la 4ème division. Elle était devenue une experte pour reconnaître tous les plafonds de cette division tellement elle y était restée aux côtés de son capitaine quand il veillait sur le capitaine Ukitake.
Elle n'était donc pas morte. Voilà une nouvelle qui s'annonçait excellente! Abelardo serait bien déçu s'il avait moyen de le savoir. En pensant à l'Arrancar qu'elle avait vaincu, elle se rappela d'avoir atteint le bankai et ça, c'était quelque d'important qu'elle devait partager tout de suite.
"Capitaine Kyôraku."
Elle était certaine de sa présence à ses côtés. Depuis la disparition de Lisa Yadômaru il avait toujours été à ses côtés. C'était une constante rassurante. Et quand elle ressentit une pression sur sa main, elle savait que c'était lui. Il n'avait jamais compris l'importance de garder une certaine distance physique.
"Capitaine Kyôraku."
"Je suis là Nanao-chan! Je suis là et je ne vais nulle part."
Cette fois elle avait compris. Le brouhaha dans la pièce s'était tu et elle distinguait clairement les voix qui lui parlaient.
OoOoOoOoOo
Byakuya avait demeuré à la 4ème division les quatre jours où Nanao y était restée inconsciente et aucuns des regards menaçants du capitaine Kyôraku ne l'avaient fait partir. En l'espace de quelques semaines il avait failli la perde deux fois et c'était deux fois de trop.
Puis elle avait finalement repris conscience. Mais le soulagement de voir qu'elle allait guérir avait vite fait place au choc de la cruelle réalité. La jeune femme avait tout juste ouvert les yeux qu'elle appelait Kyôraku. Kyôraku! Byakuya n'était pas aveugle, il avait bien entendu remarqué que ces deux là étaient un peu trop proches. Mais il avait toujours pensé que cette situation était du fait du capitaine de la 8ème division. Et maintenant, après avoir été témoin de la scène, il n'en n'était plus aussi certain.
Mais au moins, il avait eut la réponse à la question qu'il avait posée à la jeune femme.
Quand il lui avait demandé sa main, elle n'avait pas su quoi répondre et il lui avait donné du temps pour y réfléchir. Même si ça avait été inconscient, il avait espéré que l'hésitation de Nanao était due au fait des grands changements que ça impliquait. Car il ne fallait pas se leurrer, même si elle continuait à travailler en tant que vice capitaine de la 8ème division, le reste de sa vie allait changer du tout au tout. Il savait qu'elle avait des sentiments pour lui et que ça n'était pas pour cette raison qu'elle ne lui avait pas dit oui, mais il avait refusé d'envisager l'éventualité où la jeune femme ne lui avait pas donné de réponse à cause d'un autre homme. Mais c'était maintenant la raison la plus plausible.
Il quitta la pièce sur cette constatation.
Encore une fois il allait respecter le choix de Nanao. Elle ne voulait pas de lui et il l'acceptait. Ce qui n'atténuait en rien la douleur qu'il ressentait dans son cœur.
En quittant l'enceinte de la 4ème division Byakuya eut une pensée pour son grand père. La situation était bien ironique. Son but premier avait été d'échapper au mariage que lui prévoyait son aïeul en simulant un cœur brisé. Et maintenant, grâce à un retournement de situation inattendu, il n'avait pas à simuler!
Il y avait cependant une bonne chose qui était ressortie de toute cette histoire. A la mort d'Hisana, Byakuya avait sincèrement pensé qu'il ne pourrait plus jamais aimer, que son cœur était mort avec son épouse. Maintenant il savait qu'il n'en n'était rien. C'était un sentiment qu'il pouvait toujours ressentir. C'était une faible consolation mais une consolation tout de même. Et peut être que lorsque le temps aura passé, que la douleur dans sa poitrine se sera estompée, alors parviendra-il à envisager de refaire sa vie?
OoOoOoOoOo
Nanao venait d'être libérée de la 4ème division. Encore! Mais cette fois le capitaine Unohana lui avait clairement dit qu'elle ne voulait pas la revoir dans sa division en tant que patiente avant de nombreux mois. Et c'était un ordre que Nanao avait bien l'intention de suivre, même si elle avait trouvé ce second séjour moins éprouvant que le premier. Mais les circonstances de ses deux admissions avaient été bien différentes. Quand elle avait fait céder le scellé qui retenait sa pression spirituelle, les médecins n'avaient rien pu faire d'autre pour elle que de surveiller son état. Son corps avait été obligé de s'adapter à tous les changements découlant d'une augmentation de puissance. Et ça avait été éprouvant. Mais la deuxième fois, elle avait été admise avec des os cassés, des plaies et un empoisonnement au venin de scorpion géant. Et il y avait des sorts de kido pour traiter ce genre de problèmes. Même pour le venin de scorpion géant!
Ce qui faisait qu'au bout d'une toute petite semaine, elle était presque comme neuve. Mais le capitaine Unohana lui avait tout de même interdit toute activité physique intense pendant quelques jours encore.
Les seules choses qui empêchaient Nanao de se ruer dans la salle d'entraînement de sa division étaient son habitude de respecter les règles et la peur du capitaine de la 4ème division car elle avait une envie furieuse de commencer à se familiariser avec son bankai. Ce qu'elle était parvenue à voir lors de son combat avec l'Arrancar était probablement une infime partie de ce qu'elle devait réellement être capable de faire. Et elle mourrait d'impatience d'explorer cette partie d'elle-même qu'elle ne connaissait pas!
Cependant, cette interdiction de s'entraîner tombait à pic car Nanao avait une chose importante à faire avant tout. Elle devait trouver Byakuya pour lui donner sa réponse.
Pour une obscure raison, il n'était jamais venu la voir le peu de temps qu'avait duré son séjour aux bons soins de la 4ème division, même si on lui avait dit qu'il était resté auprès d'elle pendant qu'elle était inconsciente. C'était quelque chose qu'elle avait un peu de mal à s'expliquer. Mais peut être l'évitait-il à nouveau comme lors de sa première hospitalisation? Après tout, l'hyper protectivité du capitaine Kyôraku à son égard avait bien augmenté d'un degré. Ce qui allait être difficile à supporter dans les jours à venir!
Par elle ne savait trop quel miracle Nanao était parvenue à échapper à la surveillance de son capitaine et depuis, elle était à la recherche de son amant. Elle était sortie de la 4ème division un peu plus tôt dans la journée et elle n'était pas parvenue à localiser le jeune homme grâce à sa pression spirituelle. Et il y avait deux raisons possibles à cela: ou Byakuya n'était pas au Seireitei, ou il l'évitait effectivement et il se cachait d'elle. Mais si la deuxième raison se révélait être la bonne, alors il sous estimait l'envie qu'elle avait de le débusquer de sa cachette ainsi que sa capacité à trouver les capitaines récalcitrants. Elle était passée maître dans cette discipline tellement elle s'était entraînée au cours de ces dernières décennies!
Après un passage éclair à la 6ème division pour confirmer qu'il n'y était pas, elle était passée chez lui. Sur place elle n'avait pas trouvé le Kuchiki qu'elle cherchait mais elle y avait rencontré son grand père. Ce dernier s'était fait un plaisir en renseignant la jeune femme sur le lieu où elle pourrait trouver Byakuya.
L'endroit où se trouvait le jeune homme était à cinq minutes en shunpo du manoir des Kuchiki. Byakuya se tenait immobile au milieu d'une étendue herbeuse. Face à lui se dressait un verger composé d'une dizaine de pommiers. Nanao s'était arrêtée à une distance raisonnable quand elle comprit qu'il était en plein entraînement. Il était en train de manœuvrer entre les quelques arbres les milliers de pétales qu'était Senbonzakura. Les délicates fleurs rosées se déplaçaient tantôt comme portées par une douce brise, tantôt charriées par un ouragan. Mais quelque fut la vitesse à laquelle elles se mouvaient, jamais elles n'éraflaient la moindre partie des pommiers qu'elles traversaient ou qu'elles contournaient.
Nanao trouvait le spectacle majestueux, car c'était bien un spectacle si on oubliait le tranchant et la capacité meurtrière que possédait chaque pétale. Mais elle n'était pas venue pour admirer la dextérité avec laquelle son amant contrôlait son zanpakutô.
Elle franchit la distance qui les séparait en deux petits pas de shunpo.
Une fois à ses côtés, comme il ne semblait même pas avoir remarqué sa présence – ce qui était assez invraisemblable – elle en conclut qu'elle avait vu juste, il était effectivement en train de la fuir. Comme il n'était pas dans un très bon état d'esprit, elle décida donc de résoudre ce problème avant de passer à la raison de sa présence:
"Pourquoi est ce que j'ai l'impression que tu m'évites?"
Comme il ne répondit pas immédiatement, Nanao se demanda s'il ne s'était réellement pas rendu compte de sa présence mais il finit par prendre la parole:
"Je ne fais rien de la sorte, je me contente de respecter ton choix."
"Quel choix?"
Les pétales rosés disparurent quand Byakuya porta son regard sur la jeune femme:
"J'étais dans la chambre lorsque tu t'es réveillée. Et j'ai bien remarqué que la première personne que tu as appelée lorsque tu as repris conscience, ça n'était pas moi. Je sais ce que ça signifie et ne t'inquiète pas, je ne vais pas m'imposer si ma présence n'est pas souhaitée."
"Mais de quoi es-tu en train de parler?" Nanao était dans l'obscurité totale. Elle ne voyait vraiment pas ce qu'il avait à lui reprocher.
"Ne fais pas l'innocente! Tu frôles la mort et à ton réveil la seule personne que tu souhaites voir c'est Kyôraku. Je savais que vous avez une relation particulière, je n'avais juste pas remarqué à quel point."
"Attends, c'est sur ça que tu bases ton raisonnement? Depuis aussi longtemps que je me souvienne, le capitaine Kyôraku a toujours été comme un père pour moi. Ca fait plus d'un siècle qu'il est le seul sur qui je peux compter et toi, tu me reproches de l'avoir appelé par réflexe à mon réveil à la 4ème division? Je trouve que tu es quelque peu injuste avec moi!"
Byakuya ne releva pas la partie sur l'injustice de ses actes. Mais autre chose dans ce qu'elle venait de lui dire avait attiré son attention:
"Tu prétends que Kyôraku est un père pour toi? Tu irais jusqu'à me promettre que tu ne ressens que de l'amour filial pour lui?"
Elle ne pouvait pas répondre oui à une telle question, ça serait mentir. Ce qu'elle éprouvait pour son capitaine était beaucoup plus complexe. Elle ne l'aimait pas comme un père, elle devait bien l'admettre, mais l'aimait-elle comme un amant? Devant son silence hésitant il reprit:
"Tu vois, tu ne peux pas répondre. Tu parles d'injustice mais est ce que ça n'est pas injuste pour moi d'être constamment en compétition avec un autre homme?"
Le sang de Nanao ne fit qu'un tour. Il pouvait bien parler d'injustice!
"Parce que c'est plus juste pour moi d'être en compétition avec le souvenir de ton épouse défunte? De façon inconsciente, tu l'as idéalisée. Je suis prête à parier que même ses défauts d'alors sont aujourd'hui devenus des qualités que tu chéris tendrement. Ca, si ce n'est pas injuste pour moi! Comment veux tu que j'ai la moindre chance dans de telles conditions?"
A cette remarque il resta sans voix. Comment pouvait-elle dire ça? Dans sa tête tout était parfaitement clair. Elles étaient deux femmes totalement différentes et jamais il ne les avait comparées l'une à l'autre. Enfin, il ne l'avait fait qu'au début, quand il fréquentait Nanao pour faire plaisir à son grand père. Depuis, il ne le faisait plus. Enfin, presque plus…
Il devait se rendre à l'évidence, elle avait peut être raison. Et dans ces conditions, pouvait-il lui reprocher les sentiments qu'elle nourrissait pour le capitaine de la 8ème division?
Devant son air pensif Nanao lui laissa encore quelques instants. Si elle, elle avait toujours su que ce qu'elle éprouvait pour le capitaine Kyôraku n'était pas très clair, peut être que lui venait vraiment de découvrir la place que tenait encore Hisana dans sa vie. Elle s'approcha de lui et lui prit la main. C'était un des rares contacts physiques qu'elle s'autorisait en public:
"Et peu importe ce que j'éprouve pour le capitaine Kyôraku, c'est toi mon amant, pas lui."
Pour elle cette constatation signifiait plus que toute autre parole. Et elle s'en était rendue compte il y avait peu. La nuit où elle lui avait donné son corps, elle lui avait aussi donné son cœur.
Il avait dû lire la sincérité sur son visage car il lui répondit avec un sourire. Il souriait rarement et c'était une des visions qu'elle aimait particulièrement. A l'origine, elle était venue pour lui donner sa réponse à sa demande en mariage mais maintenant ça n'était plus important. Leur semblant de dispute avait fait naître un doute en elle et elle voulait le dissiper au plus vite. Après une grande inspiration elle lui demanda:
"Byakuya Kuchiki? Est-ce que tu veux m'épouser?"
La surprise avait transparu sur son visage et Byakuya le savait. Mais c'était une question pour le moins déstabilisante. Une demande en mariage devait émaner de l'homme! Mais peut être était-il trop vieux jeu. Depuis qu'il la fréquentait, Nanao n'avait jamais rien fait de ce qu'on attendait d'elle. Il n'y avait pas de raison pour que cela changea aujourd'hui!
"Cette question n'est pas très orthodoxe venant de la bouche d'une jeune femme!" Il n'eut pour réponse qu'un haussement d'épaule. "Mais oui, je veux t'épouser."
Et sur cette affirmation il l'embrassa à pleine bouche. Ils n'étaient pas dans l'intimité de la maison et n'importe qui passant dans le coin aurait pu les voir avoir un contact physique intime mais pour l'heure Nanao s'en moquait. Elle aurait le reste de sa vie pour reprocher à son époux ce moment d'égarement!
OoOoOoOoOo
Nanao était à la recherche de son capitaine. Elle devait se dépêcher de le trouver avant que la rumeur de son mariage avec Byakuya ne l'eût atteint.
Un peu plus tôt dans la journée, elle avait fait une bourde. C'était quelque chose dont elle n'était pas fière mais elle comptait bien rectifier le tir. Comme le capitaine Kyôraku était la personne la plus importante dans sa vie – en plus de Byakuya – elle voulait qu'il fût le premier au courant pour son futur mariage. Mais comme à son habitude, il n'était pas là où il aurait dû se trouver, c'est-à-dire assis derrière son bureau. Nanao avait donc fait ce qu'elle savait si bien faire: Partir à la recherche de son capitaine perdu. Mais – et là était son erreur – elle avait profité de cette 'course' imprévue pour apporter des documents au vice capitaine de la 5ème division. Comme il se devait, Momo Hinamori était à son poste et comme elle était une bonne amie, peut être – peut être seulement – que Nanao avait laissé échapper l'information. Momo était quelqu'un de confiance et elle n'allait pas crier la nouvelle sur tous les toits, ça n'était donc pas grave. Ce qui l'était plus, en revanche, c'était l'arrivée inopinée de Rangiku Matsumoto au moment précis de l'annonce de la nouvelle. Et là, pour la discrétion, c'était compromis. Même si la rouquine avait promis de garder le secret jusqu'au soir, vu l'énormité du ragot, il n'était pas certain qu'elle tienne aussi longtemps que promis. D'où l'importance de trouver le capitaine Kyôraku au plus vite.
A peine la division d'Hinamori quittée, Nanao s'était rendue là où elle avait toutes les chances de trouver son capitaine à cette heure de la journée, à savoir dans la division où il passait plus de temps que dans la sienne, à la 13ème. Et elle l'avait manqué de peu. Les 3èmes sièges du capitaine Ukitake lui apprirent qu'il avait été appelé à la 1ère division et une fois rendue sur place, elle constata qu'ils s'étaient de nouveau croisés. Si elle avait été paranoïaque, elle aurait pu penser qu'il était encore plus difficile à attraper que d'habitude! Elle avait encore suivi sa trace un peu plus longtemps pour finalement le rattraper là où il aurait dû se trouver un peu plus tôt: dans les bureaux de la 8ème division.
Il était assis derrière son bureau à ne rien faire, comme s'il l'attendait. Elle n'eut le temps de prendre la parole qu'il avait déjà parlé:
"Est-ce que c'est vrai? Est ce que Nanao-chan va vraiment épouser Kuchiki?"
Comment était-il déjà au courant? Elle ne pouvait pas croire que Matsumoto avait été incapable de se retenir plus d'une heure! Mais peu importait qui lui avait appris la nouvelle. Même si elle avait voulu être la première à lui annoncer, ça n'avait maintenant plus d'importance:
"Oui, elle va vraiment le faire."
"Mais a-t-elle bien réfléchi? Il y a pleins d'hommes à la Soul Society qui feraient un bien meilleur parti que lui."
Nanao n'en croyait pas ses oreilles. Elle ne venait pas lui demander son avis, elle venait lui annoncer un fait établi. Elle allait épouser Byakuya et rien de ce qu'il pourrait dire n'allait la faire changer d'avis. Aussi ce fut un peu agacée qu'elle lui demanda:
"Comme qui?"
"Et bien, Nanao-chan a en face d'elle un de ces spécimens!"
Nanao ne savait pas comment ni pourquoi ils en étaient venus à aborder ce sujet, ni même si son capitaine était sérieux, mais dans tous les cas, il n'avait pas le droit d'offrir maintenant une possibilité qui n'avait encore jamais été proposée. Elle préféra ne pas prendre le temps de réfléchir à ce qu'il pouvait être en train de sous entendre et sans plus réfléchir elle lui dit ce qu'elle pensait du plus profond du cœur:
"Allons capitaine, vous n'êtes pas le genre d'homme qu'une femme choisit d'épouser!"
Devant l'expression qu'il afficha un court instant, elle sut que ses paroles l'avaient blessé. Ca n'était pas son but et elle s'en voulut aussitôt mais il fit comme si de rien n'était quand il reprit la parole:
"Et quel genre d'homme est ce Nanao-chan pense que je suis?"
"Vous être le genre d'homme qu'une femme prend comme amant…" Lui annonça-t-elle prudemment. Elle espérait qu'il n'allait pas se méprendre sur le sens de ses paroles.
"Si Nanao-chan me dit ça, c'est parce qu'elle veut me prendre comme amant?"
Il avait retrouvé son attitude joviale habituelle. Nanao n'arrivait pas à décider si c'était parce qu'il lui cachait sa douleur ou si c'était vraiment parce que tout allait à nouveau bien entre eux. Mais dans un cas comme dans l'autre, il était en train de tourner à son avantage ce qu'elle venait de dire.
"Ne vous faites pas de fausses idées, capitaine, je n'ai pas l'intention de prendre un amant."
"Oui, mais si Nanao-chan voulait en prendre un, c'est à moi qu'elle penserait?"
Il prit un air suppliant.
"Je vous promets, si dans trois ou quatre cent ans je m'ennuie dans mon mariage, et si je décide de prendre un amant, je penserai à vous en priorité!"
Le capitaine Kyôraku afficha un grand sourire:
"Nanao-chan va épouser Kuchiki, je lui donne plutôt trois ou quatre ans avant de mourir d'ennui!"
Nanao préféra ne pas relever. Comme elle ne rétorqua rien, Shunsui préféra ne pas continuer sur le sujet, il aurait bien le temps de revenir là-dessus plus tard. Il se leva et ouvrit les bras:
"Je peux au moins faire un câlin à la future mariée?"
Nanao hésita un instant. Elle n'aimait pas le contact physique – sauf dans l'intimité – mais elle lui devait bien ça en échange de ce qu'elle lui avait dit. Elle s'approcha d'elle et se laissa engouffrer entre les bras de son capitaine.
Ils restèrent un instant silencieux sans bouger quand une idée traversa l'esprit de Kyôraku:
"Si Nanao-chan avait l'idée saugrenue d'avoir un bébé avec Kuchiki, est ce que je pourrai être son tonton Shunsui?"
"Je ne voyais pas les choses autrement."
"C'est bien. Et est ce que je pourrai lui apprendre des choses utiles que ne lui apprendra pas son père?"
"Comme?" Nanao était en train d'imaginer tout un tas de choses que son capitaine pourrait lui apprendre et rien que l'idée la fit frémir.
"Je pourrai lui apprendre à faire la fête comme un homme! Si c'est un garçon bien sûr. Si c'est une fille, je demanderai à Rangiku de m'aider. Je pourrai aussi demander à Rangiku si c'est un garçon, je suis sûr qu'il appréciera!"
"Capitaine, est ce que vous savez que vous venez de perdre le droit de voir mon enfant qui n'est pas encore né?"
Kyôraku la serra un peu plus fort contre lui après cette déclaration:
"Ma Nanao-chan a un sens de l'humour désopilant!"
Nanao n'était pas certaine d'être en train de plaisanter mais elle préféra le garder pour elle. Pas la peine de se disputer avec lui pour un enfant qui n'était pas encore là! Elle décida que le câlin avait bien assez duré et lâcha son capitaine.
"Capitaine?"
"Oui Nanao-chan?"
"Vous savez que je vous ai lâché?" Il grogna une syllabe qui devait signifier 'oui'. "Alors, comment ça se fait que vous ne me lâchez pas?"
"Je fais un test."
"Quel genre de test?"
"J'attends de voir combien de temps il faudra à Nanao-chan pour employer la force pour me faire lâcher!"
Il eut tout juste le temps de terminer sa phrase qu'il ressentit une douleur familière dans le torse. Il venait de recevoir à bout portant un de ces petits sorts de kido dont son vice capitaine avait le secret. Sa réponse fut immédiate: Il lâcha la jeune femme et porta sa main à sa poitrine dans le vain espoir d'atténuer la douleur:
"Ca a prit bien plus de temps que je n'avais espéré! Il faut croire que le mariage ça ramolli!"
Nanao alla aussitôt s'asseoir à son bureau. Quand elle tourna le dos à son capitaine, elle laissa échapper un petit sourire. Décidément, il ne changerait jamais!
Tandis que son vice capitaine regagnait son bureau, Kyôraku la suivait du regard. Elle pensait qu'il n'était pas le genre d'homme qu'on épousait et il comprenait pourquoi. Depuis qu'elle le connaissait, elle ne l'avait jamais vu avoir une seule relation sérieuse. Mais il savait qu'il en était capable. Il n'avait jamais encore trouvé celle avec qui il voulait ce genre de chose. Enfin si, il l'avait trouvée – elle était en train de feuilleter un rapport de mission quelconque assise face à lui – mais il avait toujours pensé qu'il avait le temps. Pourtant il savait mieux que quiconque que la vie était bien trop courte. Il aurait dû lui montrer qu'il était sérieux depuis bien longtemps mais voilà, il avait trop attendu. Mais il ne devait pas perdre espoir. Dans le monde réel, ils avaient inventé ce qu'ils appelaient le divorce. Et il savait être patient. Tout espoir n'était pas encore perdu.
OoOoOoOoOo
La journée touchait enfin à son terme quand Byakuya entra dans le bureau que partageaient les capitaine et vice capitaine de la 8ème division. Le capitaine Kyôraku était assis derrière son bureau à ne rien faire quand il aperçut le futur mari de Nanao:
"Kuchiki! Vous savez que ma Nanao-chan va me prendre comme amant?"
Cette remarque aurait pu faire sourciller quiconque n'était pas Byakuya Kuchiki mais ce dernier, étant bien trop familier avec le sens de l'humour du capitaine Kyôraku, préféra ne pas relever. Il resta donc impassible à cette annonce et s'adressa à sa future épouse:
"Tu es prête? Nous pouvons y aller?"
Nanao attrapa un dossier qu'elle comptait travailler plus tard et quitta la pièce après avoir salué son capitaine.
Une fois à distance qu'il estimait suffisante de la 8ème division, Byakuya demanda sur le ton de la conversation à sa jeune compagne:
"Dis moi, est ce que je dois m'inquiéter pour cette histoire d'amant?"
Même s'il ne prêtait jamais attention aux propos de Kyôraku, il devait reconnaître que, cette fois ci, l'autre capitaine avait piqué son intérêt. Nanao le regarda et lui annonça sur un ton espiègle:
"Je crois que ça va dépendre beaucoup de toi!"
Elle disparut aussitôt en shunpo en direction du manoir. Décidément, elle avait fait des progrès énormes! Mais ça ne serait pas suffisant. Byakuya avait bien l'intention de la rattraper et il connaissait quelques tortures plaisantes qu'il pourrait employer pour la faire parler!
Il s'élança alors à la poursuite de celle qui, il l'espérait, allait être sa femme pour le restant de sa vie.
THE END.
En voici, enfin fini!
Un grand merci à toutes les personnes qui ont patienté un long moment pour enfin avoir la fin de cette histoire.
Bye,
Z.
