Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 6
« Pas de commentaires. Rangez vos affaires et sortez ! Mademoiselle Marlier, passez me voir avant de partir. »
Emilie jeta un rapide coup d'œil sur sa copie : son premier devoir corrigé par Snape. Elle avait vécu deux semaines dans l'angoisse, attendant sa note avec un mélange d'impatience et de peur. Elle savait déjà que plusieurs autres élèves avaient de mauvaises notes, mais son cœur bondit quand elle vit un O en haut de la sienne, suivi de quelques remarques griffonnées à l'encre rouge qu'elle n'eut pas le temps de lire. Saisissant son sac, sa copie à la main, elle s'avança vers le bureau de Snape qui ferma la porte d'un mouvement de baguette presque imperceptible.
« Professeur ? Elle lutta pour ne pas trop laisser voir son soulagement.
-Mademoiselle Marlier. Comment se passent les cours ?
-Euh, pardon ? surprise par cette question dans laquelle elle ne pouvait s'empêcher de flairer un piège, Emilie leva soudain les yeux avant de les baisser à nouveau.
-Vous m'avez très bien compris, mademoiselle. Relevez les yeux, le sol n'a rien de fascinant.
-Oui, professeur. Euh, ça va… »
Snape soupira, agacé :
« Est-ce que cela vous semble difficile ou au contraire trop simple ? »
Emilie débattit intérieurement de la réponse à fournir, ayant peur de provoquer la colère de Snape en disant la vérité. Remarquant les yeux noirs du professeur fixés sur son visage et ne perdant pas la moindre de ses expressions, Emilie jugea qu'elle aurait sans doute du mal à jouer la comédie de façon convaincante.
« Ça va. Dans l'ensemble ce n'est pas trop difficile, professeur. Elle rougit en réalisant ce que sa réponse pouvait avoir de présomptueux. Disons que les potions à réaliser ne me posent pas de problème particulier, réfléchit-elle à haute voix : je crois que j'arrive à préparer ce qu'il faut relativement correctement. Cependant, enchaîna-t-elle en voyant Snape prêt à ouvrir la bouche : je dois à chaque fois apprendre et réapprendre les ingrédients en anglais et contrôler que je garde toujours en mémoire les noms français, cela me retarde. Et je ne suis pas sûre de comprendre réellement, je veux dire, en profondeur, les Potions. » Elle s'interrompit et chercha mentalement un trou de souris où aller se cacher avant que le Maître des Potions ne se mette à cracher du feu.
Cependant, Snape prit quelques secondes avant de demander, un peu étonné :
« Que voulez-vous dire ?
-Je sais que je peux réaliser une potion, même un peu difficile, en suivant les instructions et en faisant de mon mieux, déclara la Serdaigle avec assurance tandis que dans sa cervelle un petit démon lui criait qu'elle s'enferrait. Cependant, je crains de rester à la surface des choses, de manquer le plus important. Je ne sais pas comment dire, ajouta-t-elle en s'animant peu à peu : mais j'ai l'impression que l'aspect théorique, la subtilité de la combinaison des ingrédients, toutes leurs caractéristiques et leurs possibilités m'échappent encore, professeur. »
Snape, devant ce spécimen d'élève encore inédit, perdit pour la première fois son expression impassible et demanda, l'air surpris :
« Avez-vous eu des cours théoriques en France ?
-Non, professeur. Enfin, pas très poussés.
-Je vois. »
Snape reprit la parole et observant de près la jeune fille :
« Vous savez que vous avez des « facilités » en Potions.
Il ne s'agissait pas d'une question. Emilie hocha la tête, baissant les yeux.
« Arrêtez de baisser les yeux et regardez-moi ! » lança Snape visiblement agacé.
Emilie serra les poings et fixa résolument son regard sur le visage du professeur en face d'elle.
« Pourquoi ne répondez-vous jamais aux questions que je pose en cours ? lança-t-il : je sais que vous connaissez les réponses, n'essayez pas de me mentir à ce sujet.
-J-je… bredouilla Emilie : je ne parle pas très bien anglais, je fais beaucoup de fautes et je n'ai pas un bon accent, finit-elle lamentablement, les joues empourprées.
-Je vous demande pardon ? rétorqua Snape, vaguement incrédule. Vous comprenez parfaitement ce qu'il se dit et il me semble que je n'ai pas eu le moindre problème à suivre vos explications un peu laborieuses ! Désormais je veux voir votre main levée dès que je pose une question, si vous êtes sûre de la justesse de votre réponse, bien entendu », ajouta-t-il, les coins de sa bouche relevés.
Après un silence de quelques secondes pendant lesquelles la Serdaigle pétrifiée essaya de comprendre si elle avait quand même une chance de sortir vivante de la pièce, Snape reprit la parole :
« J'ai une proposition à vous faire. »
Emilie sentit sa respiration ralentir sous le coup de l'appréhension.
« Vous viendrez à mon bureau chaque samedi soir, à partir de 19 heures 30. Vous y apprendrez plusieurs potions plus complexes que celles que nous faisons en classe mais vous travaillerez avant tout sur les combinaisons d'ingrédients. Je ne ferai cette offre qu'une seule fois et ne souffrirai pas le moindre retard, l'avertit le professeur : si vous acceptez, j'exigerais de vous la plus grande attention. Snape ajouta doucement, avec un petit air supérieur et ce que chez n'importe qui d'autre on aurait pu prendre pour l'amorce d'un sourire : vous aurez bien entendu des devoirs supplémentaires. »
Le visage d'Emilie s'illumina d'un immense sourire :
« Merci, professeur ! Merci beaucoup ! »
Snape réprima à son tour par une grimace le sourire qui menaçait de poindre sur son visage et fronça les sourcils :
« A demain soir, mademoiselle. Je préviendrai le professeur Flitwick de cet arrangement. »
Flottant sur un petit nuage, Emilie sortit de la salle de Potions en réprimant une forte envie de gambader dans les couloirs et de siffloter, sans se rendre compte de ce que la vision d'une élève sortant d'un cours de Potions avec un grand sourire aux lèvres avait d'incongru.
ooooo
La salle aux murs revêtus de bois sombre et éclairée par un immense lustre métallique portant de nombreuses bougies était presque pleine et bruissait de dizaines de conversations. Comme chaque année, tous les professeurs se réunissaient une fois par mois afin de statuer sur les problèmes posés par tel ou tel élève ou débattre des progrès, ou de leur absence, des différentes classes.
Severus Snape était à son habitude assis un peu à l'écart sur une chaise confortable, ses longues jambes étendues devant lui croisées aux chevilles, le regard fixé sur la cheminée éteinte, dans une pose que l'on aurait pu trouver étonnamment relâchée venant de sa part, pourtant démentie par l'intensité du regard et sa concentration, saisissant malgré son air du plus profond ennui la substance de la plupart des conversations tenues aux alentours.
A l'arrivée d'Albus Dumbledore, les conversations s'arrêtèrent et les quelques professeurs assis se levèrent respectueusement, à l'exception de Severus Snape qui se contenta d'incliner la tête en direction du directeur qui lui renvoya un regard amusé, habitué à cette petite marque de rébellion de la part de l'un des plus jeunes membres de l'équipe qui était pourtant aussi l'un des hommes les plus formels qu'il lui ait été donné de connaître.
Un mois après la rentrée, les questions tournaient avant tout autour des premières années, de leurs premiers pleurs et bobos. Snape laissa passer la discussion, sachant déjà tout ce qu'il y avait à savoir sur les problèmes de ses Slytherins. Le reste lui importait peu.
« Comment se passe l'intégration des deux transferts, mademoiselle Marlier et monsieur Gabelli ? »
Snape prêta soudain attention, quand Templum prit la parole d'une petite voix éraillée en tripotant nerveusement ses lunettes :
« Dans ma matière, je crains qu'il ne leur faille à tous deux suivre des cours d'années supérieures. Devant le début d'étranglement du nouveau professeur de Défense contre les forces du mal, Templum continua : Dolorès, ils ont un niveau trop élevé par rapport aux quatrièmes et cinquièmes années. Je suis sûr que monsieur Gabelli serait bien plus à sa place en sixième année, pour le latin, et je crois que mademoiselle Marlier pourrait suivre. En tous les cas, cela me paraît une expérience à tenter.
-C'est ridicule voyons, objecta Ombrage, assise le dos bien droit sur le bord d'une chaise au revêtement tapissé de fleurs.
-Non, c'est normal, Dolorès ! Les cours de latin sont plus poussés sur le continent et les français et les italiens ont de plus l'indiscutable avantage de parler une langue issue en grande partie directement du latin. Il soupira et déclara d'une voix plus ferme : je ne veux pas garder ces deux élèves avec les quatrièmes et cinquièmes années. Cela n'a pas de sens : ils s'ennuient pendant tout le cours, se distraient de mille et une façons, et n'apprennent rien de neuf, conclut-il d'un air catégorique.
-Ce serait peut-être aussi l'occasion de commencer à donner de véritables cours de latin à nos élèves, et ne pas se contenter de leur faire apprendre par cœur les trois premières déclinaisons, Sulpicius, non ? suggéra perfidement Snape.
-Severus !
-Nous pourrions aussi renforcer l'anglais, qu'en pensez-vous ? continua Snape sur sa lancée : la plupart de nos brillants élèves sont, j'en suis sûr, persuadés qu'il s'agit d'une langue étrangère si j'en crois leurs lamentables efforts rédactionnels… »
La remarque de Snape déclencha l'hilarité car la plupart des professeurs pestaient régulièrement contre le niveau d'expression des élèves et les fautes si nombreuses qu'elles rendaient leurs démonstrations inintelligibles.
Flitwick, debout près de Dumbledore, prit la parole :
« Je serais d'accord pour permettre à mademoiselle Marlier de suivre des cours plus adaptés à son niveau, pourvu qu'elle ne soit pas perdue. Je ne puis parler pour monsieur Gabelli, mais qu'en dis-tu, Severus ?
-D'accord, se contenta de répliquer ce dernier en abaissant avec élégance une longue main pâle.
-Bien, il s'agit d'une exception, mais nous ne pouvons laisser deux élèves ne rien faire sous prétexte qu'ils doivent obligatoirement rester avec leurs classes respectives, conclut Dumbledore. D'autres remarques sur nos deux transferts ? »
Ce fut au tour d'Albrecht Raspberger de prendre la parole :
« Hum, et bien je serais tenté de suggérer, comme Sulpicius, que nous permettions à monsieur Gabelli de suivre des cours d'un niveau plus élevé…
-En allemand aussi ?
-Oui.
-Je m'y oppose », déclara soudain Minerva McGonagall en reposant avec un tintement sec sa tasse de thé sur une soucoupe.
Snape tourna la tête brusquement, notant avec surprise l'expression mécontente de la chef des Gryffondors assise près de la porte du fond.
« Et pourquoi donc, Minerva ?
-Nous ne donnons pas des cours « à la carte » ! De même qu'un élève moins doué doit faire des efforts pour arriver au niveau du reste de la classe, ce n'est pas parce que ces deux là manient un petit peu mieux le latin ou l'allemand que la moyenne que nous devrions pour autant leur faire cette faveur.
-Le nivellement par le bas, hein ?
-Severus, si tu n'es pas capable d'accepter la moindre remarque dès que l'un de tes élèves est concerné…
-Oh mais je te rassure, Minerva, coupa Snape : je suis parfaitement conscient de ce que monsieur Gabelli n'est pas le nouveau Merlin de ce siècle ! Je trouve simplement étonnant que l'on force deux étudiants à se tourner les pouces en leur refusant une éducation adéquate alors que l'on octroya, sans débats si ma mémoire est exacte, un Remonte-Temps à mademoiselle Granger pour lui permettre d'exercer son « formidable intellect », je cite, Minerva, dans autant de matières qu'elle le souhaitait et en indisposant le plus grand nombre de professeurs possible ! contra d'un air mauvais l'homme en noir en élevant la voix.
-Severus ! »
Snape lança un regard perfide à McGonagall, notant au passage avec surprise que l'Ecossaise était véritablement en colère. Étrange, pensa-t-il, que lui ont fait Gabelli et Marlier ?
Dumbledore prit la parole en forçant un léger sourire sur son visage et en lançant du regard un avertissement au professeur de Potions :
« Si je puis me permettre, Minerva, je pense que, nonobstant les piques de Severus, celui-ci a en partie raison. Forcer monsieur Gabelli et mademoiselle Marlier à s'ennuyer pendant un an, plusieurs heures par semaine, et qui plus est, freiner leur éducation en les laissant se faire distancer à leur retour dans leurs pays respectifs, n'est pas une bonne idée. S'ils en ont vraiment les capacités, laissons Sulpicius les replacer dans une autre classe. »
McGonagall leva les mains en l'air, clairement irritée par le tour des choses.
« En revanche, Albrecht, dans ta matière, nous allons laisser monsieur Gabelli avec les cinquièmes années : il aura déjà beaucoup de travail en latin et c'est l'année des BUSEs, ne tentons pas la chance, temporisa le directeur. Severus, Alessandro Gabelli rencontre-t-il des difficultés parmi les Slytherins ?
-Aucune dont j'ai la connaissance, directeur. Les choses semblent se passer correctement : les notes obtenues par monsieur Gabelli sont satisfaisantes et ce n'est pas un fauteur de troubles.
-Hum-hum ! »
Tous se tournèrent vers Ombrage qui venait de verser la moitié du sucrier dans sa tasse et semblait avoir quelque chose à ajouter :
« Si je puis me permettre, Albus, articula la petite femme avec onctuosité : monsieur Gabelli vient malheureusement d'un pays où la Défense contre les Forces du mal est enseignée de manière particulièrement brutale et où l'on n'hésite pas exposer aux élèves des sortilèges de Magie noire, encombrant leurs jeunes esprits de choses inutiles et dangereuses. J'ai déjà dû à plusieurs reprises le rappeler à l'ordre et l'empêcher de mentionner certaines notions qui auraient pu jeter le plus grand trouble parmi ma classe. Pourriez-vous renforcer ma mise en garde, professeur Snape ? »
L'intéressé semblait sur le point de vouloir tuer Ombrage par la force de son regard.
« Bien sûr… Dolorès, siffla-t-il. Nous savons tous que la Défense contre les Forces du mal s'enseigne avant tout par la lecture de contes de fées au coin du feu, avec de jolies images coloriées, dans un lit bien douillet… »
Dumbledore lui coupa la parole craignant une escalade et un geste irréparable de la part du professeur de Potions :
« Ah, et bien Filius, tout ce passe bien aussi pour mademoiselle Marlier à Serdaigle ?
-Oui, Albus. Elle a l'air de bien s'intégrer. C'est une fille intelligente, un peu à part, mais elle apprend très vite. Ses devoirs de musique, bien que s'agissant d'activités extrascolaires sont un vrai plaisir à lire : elle travaille bien et elle n'hésite jamais à proposer des réflexions personnelles sans se contenter de citer ses dernières lectures. »
En entendant les derniers mots de Flitwick, Snape ne put retenir un gloussement.
« Severus !
-Oui, Minerva ? »
McGonagall ne pressa pas le point, se contentant de serrer les lèvres. Allons, pensa Snape, le chat ne serait tout de même pas jaloux de l'intelligence d'une autre jeune fille qui pourrait faire de l'ombre à sa chère mademoiselle Granger, non ?
Curieusement, ce fut Pomona Chourave qui prit la parole après Flitwick, en se levant d'un bond, ses sourcils froncés parvenant difficilement à assombrir son visage rond et jovial par nature :
« Et bien, puisque mademoiselle Marlier est fine, intelligente et douée pour les langues, avança-t-elle avec dérision : pourrait-on lui suggérer, en allemand ou en latin, peu importe, de faire un minimum d'efforts en Botanique ? J'en ai assez, continua-t-elle en élevant la voix devant le silence interloqué de ses collègues, de voir cette jeune fille se trainer à mes cours en n'y prenant presque pas attention, sans noter grand-chose et en touchant les plantes du bout des doigts comme si elles allaient la mordre ! La Botanique fait partie du cursus magique principal ! Peut-être pourrait-elle y consacrer ne serait-ce que le dixième de l'intérêt qu'elle exprime aux cours de Potions, si les rumeurs sont vraies ? » demanda-t-elle au Maître des Potions en lui lançant un regard peu amène.
Snape prit immédiatement la parole, ne laissant pas le temps à Flitwick de répliquer :
« Je lui en parlerai. Crois-moi, Pomona, elle comprendra vite.
-Depuis quand le chef de Slytherin devient-il le conseiller d'une Serdaigle ? jeta soupçonneuse McGonagall.
-Depuis que je lui ai proposé de lui donner des cours supplémentaires de Potions avancées, rétorqua Snape à l'assistance stupéfaite.
-Tu n'as jamais offert de cours avancés à aucun élève et toujours refusé des cours de soutien, même à tes Slytherins, Severus, observa Dumbledore.
-C'est exact. Mademoiselle Marlier est un cas à part.
-C'est la meilleure ! s'écria McGonagall, furieuse.
-Quoi, Minerva ?
-Tu as toujours déprécié les meilleurs élèves, hormis les Slytherins ! Même mademoiselle Granger n'a jamais pu obtenir de toi autre chose que des sarcasmes !
-Devons-nous toujours en revenir à mademoiselle Granger, Minerva ? soupira Snape. Comme je te l'ai déjà dit, mademoiselle Granger a une excellente mémoire, de la discipline, mais pas de vrai talent pour les Potions. Elle est capable de réaliser des potions relativement correctes, tant qu'elles ne sont pas trop complexes. Mademoiselle Marlier, en revanche, est un cas différent : elle a un don pour ce sujet. Oui, Minerva, ne lève pas les yeux au ciel, c'est la vérité. Elle est déjà très avancée, si on considère qu'elle n'a étudié les Potions que deux ans et qu'elle n'a reçu des leçons que d'un simple Potionneur. Elle a un don, de la curiosité, de l'intelligence et la volonté de travailler. Elle prendra donc des cours supplémentaires le samedi soir, affirma le Maître des Potions d'une voix sombre et avec un air particulièrement vindicatif.
-La proposition est-elle ouverte à la discussion, Severus ? demanda le directeur pour la forme, tout en luttant pour ne pas lever les yeux au ciel.
-Non, Albus.
-Bien, dans ce cas, je propose que nous terminions la réunion, bonne journée à tous », soupira Dumbledore, pressé d'en finir.
Flitwick s'avança vers la sortie.
« Puis-je te parler quelques instant, Filius ?
-Bien sûr, Severus, répliqua le petit professeur avec un air amusé, mais je n'échangerais pas une Serdaigle contre un Slytherin. »
