Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 10
« Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? Fais voir tes mains !
-Emilie, ça va ? Allez, viens, c'est fini. »
Ann et Belinda tentaient d'arracher une réaction ou un mouvement à Emilie, prostrée dans une alcôve abritant la statue d'un sorcier vêtu à la mode élisabéthaine au bout d'un couloir du second étage. Les deux Serdaigles avaient suivi Emilie, partie pour sa retenue avec Ombrage, et attendu en rodant discrètement à proximité du bureau du professeur de Défense contre les Forces du mal que leur amie sorte, ratant leur cours de latin et le début du déjeuner sans arrière-pensée. Emilie était ressortie au bout d'un peu moins de deux heures, pâle comme la mort et marchant comme un automate. Le temps que ses amies la rejoignent, elle avait réussi à atteindre un coin tranquille du second étage et s'était effondrée, glissant le long du mur.
Belinda s'accroupit près d'Emilie, qui releva la tête, les yeux fixes et une mine butée, et lui tendit un vieux bonbon à la menthe qu'elle repêcha au fond de son sac.
« Je vais aller chercher quelqu'un, dit Belinda d'un ton où pointait l'inquiétude.
-Non. Il faut que ça passe.
-Emilie, il faut que tu ailles à l'infirmerie ! Allez, viens, pressa Ann.
-Non, répéta Emilie d'une voix atone et les yeux de nouveau rivés au sol : je n'ai pas envie d'en rajouter une couche et de devenir la risée de tout Poudlard. La classe, déjà, ça suffit.
-Personne ne se moquera de toi, je t'assure, la consola Ann.
-Ah oui ? Pourtant tout le monde s'est bien marré tout à l'heure, je crois…
-C'était pour Ombrage. Après tout, elle a failli tout prendre sur sa jupe… Ce n'était pas de ta faute !
-Bon, moi, je vais chercher madame Pomfresh ou Flitwick, dit Belinda qui, sans attendre de réponse, s'éloigna à toute vitesse avant de se mettre à courir dans les escaliers descendant vers le rez-de-chaussée. Ce fut là qu'elle croisa soudain Rusard qui la regarda avec malveillance.
-Il est interdit de courir dans les couloirs et dans les escaliers. Je suppose que cela vous vaudra une retenue ou un entretien avec le professeur Ombrage, fit-il d'un air où perçait une satisfaction mauvaise, en laissant sa voix éraillée trainer avec délectation sur le mot « retenue ».
-J'allais chercher de l'aide !
-Oui, bien sûr, cracha le concierge avec un sourire édenté. Tous les petits morveux d'ici viennent chercher de l'aide, c'est pour ça qu'ils courent dans les couloirs. Je vais chercher madame Ombrage…
-Cela suffit, monsieur Rusard. Je vais m'occuper du cas de mademoiselle Mugholder.
-Bien, professeur Snape, siffla Rusard, furieux de voir s'éloigner sa proie.
-Que se passe-t-il, mademoiselle Mugholder ? Vous connaissez pourtant le règlement, depuis le temps ? » demanda l'homme en noir d'un air désapprobateur, déjà prêt à déduire quelques points en fonction de la gravité de l'infraction.
Belinda baissa les yeux et se mordit les lèvres, se demandant ce qui était le pire : être pincée par Rusard ou bien demander de l'aide à la chauve-souris des cachots ?
« Et bien ? J'attends ! demanda Snape sur un ton péremptoire qui ne présageait rien de bon. Comme la réponse tardait, il énonça : 10 points en moins pour Serdaigle... 5 points… »
Cela décida apparemment l'élève qui décida d'utiliser sa camarade afin de limiter les dégâts :
« Il faut emmener Emilie Marlier à l'infirmerie, professeur ».
La réponse de la Serdaigle le prit de court et il observa la jeune fille quelques instants avant de prendre la parole :
« Où est-elle ?
-Juste au deuxième étage, répondit Belinda, soulagée de voir qu'elle avait vu juste et qu'Emilie était bel et bien dans les rares petits papiers de Snape. Apparemment, expliqua-t-elle en exagérant allègrement, elle n'arrive pas à se relever. »
Snape lui fit signe de montrer le chemin et monta quatre à quatre les marches, puis avança à grands pas vers Ann Merrywistle qu'il aperçut du haut des marches, sur sa gauche. Il ne vit Emilie qu'en arrivant à sa hauteur. Affalée le long du mur, son sac jeté à terre, les livres à moitié sortis, elle avait les yeux fermés et serrait ses mains dissimulées par les grandes manches de sa robe et de son manteau. Son visage très pâle avait l'aspect bouffi de celui de quelqu'un qui a passé un bon bout de temps à pleurer. Heureusement, nota-t-il, les larmes s'étaient déjà taries, c'était au moins une chose qui lui serait épargnée…
« Que s'est-il passé, mademoiselle Marlier ? »
Emilie ouvrit les yeux en entendant la voix de Snape, penché vers elle, et chuchota.
« Rien, j'ai mal à la tête.
-Vous plaisantez ? jeta-t-il en lui saisissant l'épaule d'une poigne de fer, et la relevant de force.
-J'ai mal à la tête, réitéra à voix basse Emilie les yeux fixes, en reniflant de façon assez disgracieuse.
-Ombrage… enfin, le professeur Ombrage, l'a mise en retenue ! » protesta Belinda.
Snape lança un regard sombre en direction de l'élève qui ne s'était pas contentée de piétiner le règlement et osait encore argumenter avec lui, puis décida de remettre à plus tard une éventuelle sanction. Il avait déjà une assez bonne idée de ce qu'avait pu être la punition de son élève de Potions et n'aimait pas le manque d'expression de son visage.
« Pouvez-vous vous avancer ? », demanda le Maître des Potions en la poussant un peu comme pour vérifier la chose par lui-même.
Emilie hocha lentement la tête et s'apprêta à trainer son sac avant que Belinda ne le lui prenne des mains.
« Mademoiselle Marlier, fit plus doucement Snape en lui prenant l'avant-bras gauche afin de la soutenir : je vais vous demander de me suivre. Étant donné les circonstances, il vaut mieux ne pas aller à l'infirmerie car madame Pomfresh doit donner la liste de tous les élèves admis au professeur Ombrage. Il baissa les yeux vers les mains de l'élève, cachées par la pénombre et les manches de son manteau : vous comprenez, n'est-ce pas ? »
Emilie hocha de nouveau la tête.
« Je vais vous guider vers les cachots, vous me suivrez. Je pense que tout le monde croira que vous aller recevoir un sermon de ma part. Si on vous pose des questions, mesdemoiselles Mugholder et Merrywistle, je compte bien que vous accréditerez cette version des faits. »
Les deux jeunes filles acquiescèrent en silence et Snape poursuivit en les toisant de toute sa hauteur :
« Vous allez immédiatement trouver le professeur Flitwick et lui raconter ce qui s'est passé. Dites-lui que mademoiselle Marlier sera dans les cachots.
-Bien, monsieur.
-Mademoiselle Marlier, prenez votre sac et suivez moi. Allons, dépêchez-vous, la houspilla-t-il : ce n'est qu'un mauvais moment à passer, les cachots ne sont pas si loin. »
Ann et Belinda regardèrent Snape s'éloigner rapidement en soutenant le bras d'Emilie, partagées entre l'inquiétude pour leur voisine de dortoir désormais dans les griffes du Maître des Potions et le ressentiment d'avoir perdu 15 points inutilement. Mais qui aurait été assez fou pour aller réclamer des points à Snape ?
ooooo
Snape esquissa quelques mouvements rapides avec sa baguette en direction d'une torche fixée au mur, murmura plusieurs mots et guida Emilie vers une lourde porte en bois à grosses ferrures apparue sur la paroi.
« Vous y êtes. Asseyez-vous là immédiatement et gardez les yeux fermés. »
Emilie s'affala sur un divan, les lèvres pincées de douleur et les poings serrés pour tenter de s'empêcher de pleurer. Sa main la brûlait et elle y enfonçait spasmodiquement ses ongles pour tenter de s'empêcher de gratter ses écorchures. La douleur la distrayait de la migraine épouvantable qui sévissait sous son crâne mais elle avait beau essayer de murer son esprit, rien n'y faisait. Elle aurait donné n'importe quoi pour un bon gros cachet d'aspirine. Elle entendit Snape aller et venir puis inspira soudain lorsqu'elle sentit tout d'un coup une serviette mouillée atterrir sur son front, et dont la fraicheur la fit sursauter.
« Calmez-vous, n'essayez pas d'ouvrir les yeux. Avez-vous pris quoi que ce soit contre ces maux de tête ?
-Non. Pas eu le temps. J'avais rien avec moi, souffla Emilie, incapable de faire des phrases correctement construites.
-Je vais vous donner une potion contre les migraines, mais je veux que vous m'écoutiez attentivement, commença Snape de sa voix grave sans pour autant adopter le ton sarcastique et suffisant qui lui était habituel. La potion que je vais vous donner est la plus puissante : normalement, toutes celles que vous avez pu ingurgiter jusqu'à présent étaient très diluées. Cela signifie que vous ne devez, en aucun cas, prendre quoi que ce soit d'autre avant demain matin et ce, quelle que soit la douleur. »
Emilie hocha la tête.
« Vous pouvez ouvrir les yeux, il n'y a que très peu de clarté. »
Snape aida la jeune fille à se relever un peu et lui tendit le flacon. Les mains d'Emilie tremblaient et il fallut qu'il lui maintienne la main gauche afin qu'elle arrive à porter le flacon à sa bouche. Relâchant Emilie, il remarqua les profondes griffures sur sa main et jura intérieurement. Tous les professeurs avaient eu vent des punitions d'Ombrage, mais ils ne pouvaient l'affronter en ce moment, la situation étant de plus en plus précaire. Les chefs de maison menaient leurs propres enquêtes et traitaient au fur et à mesure les cas qui se présentaient car Ombrage avait exigé de madame Pomfresh qu'elle refuse de soigner les élèves. La guérisseuse avait été outrée et avait donc en conséquence donné aux professeurs des pommades fournies par Severus Snape assorties d'instructions pour soigner les blessures.
Snape laissa Emilie se détendre autant que possible tandis que la potion commençait à prendre effet et alla chercher un pot contenant de la pommade pour traiter ses blessures aux mains.
« Est-ce que cela va mieux ?
-Oui, merci.
-Détendez-vous. Essayez de relâcher complètement votre visage, arrêtez de froncer les sourcils ! Montrez-moi vos mains, voulez-vous ? »
Emilie ouvrit les yeux, surprise, mais releva quand même les manches de sa robe. Sur la main droite était écrit « je ne dois pas être fainéante ». Snape se figea un instant et demanda :
« Que s'est-il réellement passé ?
-J'avais mal à la tête. J'ai très souvent des migraines, mais j'ai l'habitude, et la plupart du temps je peux les supporter. Mais ce matin, la douleur est devenue si forte que j'en avais des nausées, alors j'ai demandé la permission de sortir pendant le cours de Défense contre les Forces du mal. Ombrage n'a pas voulu me croire et… elle hésita, rouge de honte : j'ai vomi devant tout le monde. Elle m'a mise en retenue immédiatement après. Elle le paiera siffla-t-elle : je jure qu'elle le paiera ! »
Snape lui fourra le pot de pommade dans les mains et l'avertit d'une voix sombre :
« Ne soyez pas idiote, Mademoiselle Marlier. Vous allez me faire le plaisir de rester prudente. Cette femme est dangereuse, je pense que vous en conviendrez ? »
Emilie ouvrit brusquement les yeux et fixa Snape d'un air mauvais :
« Et bien je ne suis pas une sainte non plus ! »
Un papier vola de la cheminée et atterrit dans la main de Snape qui se remit rapidement de la surprise causée par la colère de son invitée involontaire et se leva :
« Le professeur Flitwick souhaite me voir : je serai dans la pièce à côté en cas de besoin, mais restez les yeux fermés. »
ooooo
« Filius.
-Severus. Mesdemoiselles Merrywistle et Mugholder m'ont averti. Mademoiselle Marlier est là ? demanda le petit professeur de Sortilèges d'un air inquiet, brossant son habit afin d'en ôter les poussières qui s'y étaient accrochées dans son périple à travers les couloirs les plus méconnus du château et jetant un œil curieux dans ce qui était manifestement le laboratoire privé du Maître des Potions.
-Oui, dans la pièce à côté. Je lui ai donné ma plus forte potion et elle doit rester tranquille pour l'instant. Cela devrait passer, mais cela risque d'être un peu long vu l'intensité de sa migraine. A-t-elle un dossier médical ? Elle prétend avoir souvent ce genre de problème. »
Flitwick regarda par terre, embarrassé.
« Non. Nous ne faisons pas n'ont plus de visites médicales systématiques comme tu l'as établi pour Slytherin. Elle m'a dit simplement au début de l'année qu'elle avait souvent des migraines et qu'elle avait l'habitude de se soigner toute seule. »
Devant l'air dubitatif de son collègue, Flitwick continua :
« J'ai cependant demandé à Poppy de venir examiner mademoiselle Marlier, si tu es d'accord, bien sûr. »
La guérisseuse ne tarda pas et arriva par le même chemin que le chef des Serdaigles, les clefs attachées à un gros trousseau passé à la ceinture de son tablier tintinnabulant joyeusement. Elle entendit les explications des deux professeurs et alla examiner l'élève, égrenant quelques insultes bien senties à l'égard du professeur de Défense contre les Forces du mal mandaté par le Ministère.
« Bon, il n'y a rien à faire qu'attendre, pour le moment.
-Quel est son état de santé, Poppy ?
-Oh, très satisfaisant, Filius, allons, ce n'est pas la fin du monde ! Ne serait-ce cette migraine, répondit madame Pomfrey du ton ferme qu'elle employait toujours pour les consultations médicales : elle se porte comme un charme !
-Doit-elle prendre un traitement ?
-Non. Elle m'a dit qu'elle avait suivi des traitements moldus mais que rien n'avait vraiment eu d'effet, et elle n'a pas accès aux potions, dans la vie courante.
-Et les migraines ?
-Ça c'est plus préoccupant, mais elle est très lucide sur la situation. Souvent, pour les jeunes filles, ces migraines de manifestent à la puberté, expliqua la vieille femme avec le sérieux d'une professionnelle qui a traité des générations d'enfants et d'adolescents : ce n'est pas son cas car elle a apparemment souffert de graves maux de tête étant petite et elle m'a dit qu'elle avait très vite appris à reconnaître les symptômes. Apparemment, soupira la guérisseuse, elle prend rarement les médicaments que les Moldus prescrivent en cas de migraine, car rien ne fait vraiment effet. Et puis leurs posologies ne sont pas adaptées à des enfants. Les potions sont un peu plus efficaces, mais encore faudrait-il que l'on me tienne au courant des problèmes des élèves ! rouspéta madame Pomfresh.
-Qu'est-ce qui cause ces maux de tête ? intervint l'homme en noir, silencieux jusque là.
-Rien de physiologique apparemment, Severus. Elle dit elle-même que la plupart du temps c'est dû à de la nervosité, mais ça c'est son interprétation. Qu'est-ce qui peut bien rendre nerveux un enfant… » grommela-t-elle en levant les yeux au ciel.
ooooo
Quand Snape revint auprès d'Emilie, cette fois-ci elle avait les yeux ouverts et s'était assise tout au bord du siège, prête à quitter au plus vite un endroit où elle n'avait rien à faire et peu encline à prolonger un tête-à-tête avec le chef des Slytherins :
« Merci, professeur, déclara-t-elle, embarrassée. Ça va déjà beaucoup mieux.
-J'ai prévenu le professeur Flitwick que vous iriez directement à Serdaigle dès que vous serez en état. »
Les yeux fixés sur les yeux sombres d'Emilie, Snape décida de vérifier ses hypothèses :
« Quand ont commencé ces maux de tête ?
-Quand j'étais petite. Je ne sais pas exactement, mais je me souviens de mettre mise à hurler comme une possédée une fois dans la cour de l'école primaire. Euh… l'école moldue où j'allais, professeur, précisa Emilie en recouvrant assez de présence d'esprit pour éviter de manquer de respect à un membre du corps enseignant.
-Qui vous a appris à employer l'Occlumencie ?
-Pardon ?
-L'Occlumencie. Vous savez ce que c'est, mademoiselle Marlier, l'admonesta Snape. Je réitère ma question : qui vous a appris…
-Je sais ce que c'est, mais je ne sais pas le faire ! protesta Emilie.
-Mademoiselle Marlier, vous êtes intelligente, je crois, et je pense que vous avez deviné depuis longtemps que je me sers moi-même de l'Occlumencie. Vous conviendrez donc que je sais de quoi je parle, acheva Snape avec un léger dédain dans son expression.
-Je vous assure que…
-Votre esprit est gardé, comme si vous mettiez vos pensées ou vos émotions derrière un mur. »
Emilie tourna la tête, abandonna toute prétention à l'innocence et le regarda, incrédule :
« Ça… ça se voit ?
-Pour qui connaît bien le phénomène, c'est-à-dire pour quelqu'un qui utilise cette technique, oui, cela se voit. Quelle image utilisez-vous pour garder votre esprit ?
-Un mur. Mais je ne savais pas que c'était de l'Occlumencie, c'est quelque chose que j'ai fait comme ça ! s'exclama la Serdaigle, soudain effrayée.
-Personne ne vous a aidée ? Quand avez-vous commencé ?
-Non ! Je ne sais pas, je n'ai pas de souvenir précis, c'est quelque chose que je fais depuis longtemps… enfin, je veux dire, je n'ai pas l'impression d'avoir fait quoi que ce soit, en réalité… » déclara Emilie soudain un peu perdue.
Snape regarda longuement la Serdaigle. Il la croyait, elle n'était pas une grande menteuse. Elle faisait partie des rares personnes à avoir naturellement la faculté d'utiliser l'Occlumencie. Cette discipline était particulièrement difficile et en réalité, les meilleurs Occlumens étaient des gens nés avec cette faculté et qui la développaient par des exercices. Le fait de dissimuler ses pensées et ses expressions, la volonté même de le faire n'était pas une chose innocente. Sans chercher du côté de la Magie noire, l'emploi initial et non réfléchi de l'Occlumencie chez une personne était lié souvent à un traumatisme ou une nécessité absolue de se cacher des autres. Lui-même avait commencé à pratiquer l'Occlumencie de façon rudimentaire avant d'arriver à Poudlard, terrorisé par son père et les gamins du voisinage qui, sentant sa différence, l'avaient pris comme souffre-douleur avant qu'il ne commence à leur jeter des sorts. Pourtant, d'après ce qu'il savait, Emilie Marlier n'avait pas eu une enfance difficile.
Il décida de la mettre en garde, sans pour autant trancher sur la suite de ses actions : allait-il prendre la responsabilité de former une élève qui n'était pas une Slytherin ou irait-il avertir Dumbledore ?
« L'Occlumencie est une discipline difficile, épuisante et parfois dangereuse. Si elle est mal employée, il est possible qu'elle puisse causer vos maux de tête. Elle n'existe que chez les sorciers et est impossible à atteindre pour un Moldu, même s'il existe des techniques de discipline de l'esprit propres à cette catégorie de la population, expliqua-t-il. J'ai du mal à croire que vous ayez reçu ce don de nulle part. Peut-être avez-vous eu un sorcier parmi vos ancêtres ?
-Mon père est un sorcier. »
Snape, surpris par ce développement inattendu et en contradiction avec ce qu'il avait cru comprendre dans ce lui avait confié Dumbledore, se figea sur place.
« Dans ce cas, peut-être pourriez-vous lui en parler ? devant le regard vide d'Emilie, Snape ajouta : ou à votre grand-mère qui vous a élevée, d'après ce qu'on m'a dit, après tout, son fils a dû lui parler de la sorcellerie à un moment où à un autre, non ?
-Marlier est le nom de ma mère, professeur » avoua Emilie embarrassée, les joues rouges et les yeux baissés comme si elle cherchait à disparaître quelque part sous le tapis.
