Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.

Chapitre 21

La nouvelle de la disparition d'Albus Dumbledore à la mi-avril jeta momentanément Poudlard dans un chaos absolu.

Comment les choses s'étaient répandues, personne n'aurait été en mesure de le dire et les versions colportées variaient sensiblement d'un groupe d'élèves à l'autre et la plupart ne s'expliquait pas tout-à-fait cet emballement des évènements. L'essentiel était cependant acquis : Dumbledore avait disparu alors que Fudge était venu exiger son départ. La conséquence en était malheureusement qu'Ombrage passait du statut d'inquisitrice à celui de directrice et ça, c'était plus que beaucoup n'en pouvaient supporter.

Les choses étaient cependant loin d'être claires car peu de temps avant la disparition de Dumbledore, Ombrage, Rusard et la Brigade inquisitoriale avaient fait irruption dans la Salle sur demande et y avaient trouvé plusieurs élèves de différentes années, pour l'essentiel des Gryffondors mais aussi quelques Serdaigles et Poufsouffles pratiquant seuls des sortilèges de Défense contre les Forces du mal. Le moyen grâce auquel Ombrage avait pu découvrir ce groupe fut bientôt clair lorsque l'on trouva le soir même Marietta Edgecombe pleurant dans un coin avec le mot CAFARD inscrit sur le front. Tous les membres du groupe clandestin dirigé, on le sut rapidement, par Potter, Weasley et Granger, fut consigné par la nouvelle directrice.

Dans la salle commune de la tour de Serdaigle, les discussions allaient bon train. Les élèves avaient été rudement chapitrés par Flitwick qui voulait éviter que Marietta Edgecombe ne soit victime d'abus. Quand elle arriva, passant en courant vers les dortoirs des filles, elle fut accueillie par quelques insultes mais surtout un mépris glacé qui se maintint les jours et même les semaines suivants. Son amitié avec Lisa Turpin appartenait au passé. Le sort de Marietta n'émut pas beaucoup d'élèves, prompts à juger sans rien connaître pourtant, on avait finit par comprendre qu'Ombrage l'avait forcée à boire du Veritaserum. Malheureusement, l'inscription sur son front rappelant sa « traitrise » ne s'effaçait pas et Marietta dut subir les pires insultes de la part des Gryffondors qui refusaient avec obstination de croire à sa version des faits. La paria de Poudlard vivait un enfer qu'un traitement à base de potion calmante et de potion de sommeil sans rêves concocté par madame Pomfresh ne pouvait pas atténuer. Ce dont elle aurait eu besoin, cela aurait été d'un peu d'amitié et de compassion, mais les Serdaigles étaient des raisonneurs, des logiciens, pas des bons samaritains, surtout quand il fallait faire bloc face au Golden Trio. Si Potter avait été moqué en début d'année, il était devenu le symbole de la résistance contre Ombrage. On ne contre pas une telle popularité : que les Slytherins le fassent, si cela leur chantait. Ce qui était curieux tout de même, c'est qu'aucun de ces Serdaigles si fiers de leur intelligence ne se posa la question de savoir par quel hasard Ombrage avait bien pu tomber du premier coup sur l'un des rares membres de leur maison qui faisait partie de l'Armée de Dumbledore.

Le récit de Cho Chang, de Luna Lovegood, de Lisa Turpin et de Roger Davis en revanche, intéressait beaucoup plus les Serdaigles. De nombreux élèves savaient que quelque chose se tramait depuis l'automne, mais ils découvraient seulement maintenant la nature des activités de ce petit groupe qui se nommait l'Armée de Dumbledore. Un certain nombre demanda s'il était encore possible de s'enrôler : le groupe était officiellement dissout, mais chacun se doutait que ce n'était qu'une façade. Beaucoup néanmoins n'éprouvèrent que du ressentiment et de la colère en se rendant compte qu'ils n'avaient pas été jugés dignes d'être contactés ou avaient tout simplement été écartés en raison de leur maison ou de leurs connexions.

Les Slytherins étaient bien entendu furieux, malgré l'attitude arrogante qu'ils adoptèrent tous, du plus jeune au plus âgé, proclamant qu'ils étaient fiers de demeurer à part. Un petit groupe, constitué d'élèves liés directement à des familles de Mangemorts ou sympathisants de Voldemort, se réjouissait sans chercher à se dissimuler de la soi-disant éradication de l'Armée de Dumbledore, mais le gros des troupes enrageait en constatant une fois de plus qu'ils avaient été abandonnés à leur sort et assimilés à autant de Mangemorts potentiels.

Emilie avait trouvé son père d'une humeur massacrante le soir de la disparition de Dumbledore. Il s'attendait à ce tour des évènements, mais avait été en revanche fou de rage en apprenant de la bouche même d'Emilie que Marietta Edgecombe clamait qu'elle n'avait pas parlé de son plein gré, mais qu'elle n'avait pas pour autant été malmenée (ce qui n'arrangeait pas son cas). Tout ça était très mystérieux et difficile à croire, mais il avait alors fait le rapprochement avec le Veritaserum. Snape avait préparé lui-même la potion, sous les ordres d'Ombrage qui avait passé la commande au nom du Ministère. S'il s'était bien douté de l'usage qui en serait fait, il n'avait pu refuser sans risquer sa place et n'avait fourni qu'une potion faible, sans grand risque normalement si elle était administrée dans les doses prescrites. Ombrage avait, de façon délibérée, couru le risque de plonger une jeune fille dans le coma en lui faisant avaler plus de la moitié de la fiole et ça, le Maître des Potions ne pouvait l'admettre. Il n'était pas un fournisseur de poisons. Quant il eut fini d'examiner l'élève, réfugiée à l'infirmerie dans la soirée, il avait déjà dans sa manche un plan de rétorsion contre Ombrage. Son seul défaut était qu'il lui faudrait attendre un peu pour le mettre à exécution, mais il était certain qu'il ne faudrait pas grand-chose pour persuader la famille d'Edgecombe de porter plainte. Dans une semaine, un mois ou un an, peu importait, mais lui, Severus Snape, aurait le plaisir de faire mordre la poussière à l'infâme crapaud.

Le lendemain, Emilie rencontra Alessandro en bibliothèque mais resta silencieuse car désormais l'espionnage avait gagné toute l'école. Tous deux se donnèrent rendez-vous une heure plus tard dans l'une des salles de bain des préfets de Serdaigle dont le mot de passe circulait à peu près librement depuis trois jours parmi les cinquièmes années et au-delà, et avait bien entendu fini par être surpris par un quatrième année qui n'avait pas jugé bon de garder l'information pour lui. On avait encore quelques jours avant que Flitwick ne soit mis au courant et ne change le mot de passe.

Alessandro, d'un naturel plutôt joyeux et peu rancunier, était cette fois-ci furieux de cette histoire d'Armée de Dumbledore.

« Tu étais au courant ? demanda-t-il sans préambules après l'avoir saluée d'un simple signe de tête.

-Non. Tu penses bien qu'on n'allait pas prévenir Emilie Snape ! dit ironiquement son amie. Il y avait juste des rumeurs, mais seuls cinq Serdaigles faisaient partie du groupe et aucun n'a jamais rien dit.

-Mais Edgecombe ?

-Non, Ombrage lui a donné une dose massive de Veritaserum. C'est comme ça qu'ils ont été trahis. »

Alessandro, qui ignorait ce nouveau développement, grimaça et reprit la parole en secouant la tête d'un air dégoûté :

« Dans ce cas, elle a eu de la chance de s'en être sortie. Je propagerai l'information chez les Slytherins, mais ce ne sont pas eux les plus virulents à son égard, j'en suis sûr.

-Non, en effet. Madame Pomfresh n'a pas encore réussi à briser le sortilège qui la défigure.

-Et Snape…

-Non, il ne sait pas, mais il pense que le plus simple est de faire arrêter ça par la personne responsable.

-Et c'est ? demanda Alessandro en levant un sourcil.

-Devine : Granger. »

Alessandro siffla en ouvrant de grands yeux :

« Bravo ! Elle m'impressionne, là : quelle teigne, pour une Gryffondor ! »

Tout deux restèrent silencieux quelques minutes, puis Alessandro reprit la parole, toujours mécontent.

« C'est stupide ! Ils ont fait un petit groupe dans leur coin, « l'élite du château » et les autres sont laissés sur le bord du chemin !

-Je suis d'accord. Il faudrait que tous puissent y adhérer, quelle que soit leur maison.

-Là, tu rêves toute éveillée, ma chère, commenta le jeune homme d'un ton moqueur : de toutes manières, aucun Slytherin ne voudra plus jamais avoir à faire quoi que ce soit avec un Gryffondor après un coup pareil, ajouta-t-il en faisant une grimace. Ce n'était déjà pas le grand amour…

-Ou alors il faut organiser des groupes maison par maison.

-C'est déjà plus réaliste », concéda-t-il.

Tous deux s'assirent côte à côte au bord du bassin, les genoux repliés sous le menton.

« Tu rentres en Italie pour Pâques ? interrogea Emilie, désireuse de changer de sujet.

-Oui. Et toi, tu repars en France ?

-Je ne sais pas encore. Les choses sont un peu tendues avec ma grand-mère, mais ça va beaucoup mieux qu'à Noël, avoua-t-elle.

-Que s'est-il passé avec tes parents ? »

Emilie haussa les épaules en fixant l'eau, mais ne répondit pas.

« Emilie, insista Alessandro : que se passera-t-il après cette année ? Tu vas rester à Poudlard avec Snape au lieu de retourner à Beaux-Bâtons ?

-Je ne sais pas, murmura-t-elle : à vrai dire, je n'y ai pas pensé. Je suppose que oui. »

Emilie se détourna pour regarder Alessandro, soudain alarmée.

« Et toi, tu retourneras à Florence, j'imagine ? »

Alessandro lui rendit son regard.

« C'est ce qui est prévu… mais je ne sais pas si je peux obtenir un deuxième transfert. Et puis, du côté familial, je ne sais pas trop non plus s'ils seraient d'accord. »

Emilie rit doucement et poursuivit, la mort dans l'âme :

« Tu serais tranquille au moins là bas : pas de Gryffondors, pas de dangereux psychopathes dans les dortoirs ou en dehors de l'école…

-Oui, je serais tranquille… », fit Alessandro d'un air peu convaincu en fixant sans ciller un point devant lui.

ooooo

Emilie Snape passait tellement de temps dans les cachots qu'elle passait aux yeux de beaucoup pour une Slytherin honoraire, ce qui ne renforçait pas sa popularité déjà peu enviable en dehors de Serdaigle. On ne la voyait pas descendre là-bas d'un très bon œil -une Edgecombe suffisait- mais qui aurait été braver la volonté de la chauve-souris des cachots ?

Si elle semblait avoir réussi à surmonter ses difficultés vis-à-vis des moqueries des Gryffondors et commençait à pratiquer avec succès l'air dédaigneux hérité de son père à la moindre provocation, il ne lui en arrivait pas moins parfois d'élever la voix et de répondre à son tour aux insultes et aux insinuations qui semblaient toujours fleurir sur les lèvres de Ron Weasley. Ce qu'elle déplorait était de ne pouvoir le faire à l'à-propos nécessaire : en effet, elle manquait de répartie et restait prisonnière du carcan de sa langue maternelle même si elle enrichissait vite un volet peu reluisant de son vocabulaire.

Quand elle y repensait, elle n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui avait bien pu se passer pour qu'ils en viennent à se détester autant : Weasley paraissait un garçon plutôt amusant, même s'il restreignait son monde au Quidditch, et elle avait eu dès le début de bons contacts avec ses frères. Pourtant, autant Fred et Georges avaient le don d'être aimés de tous, même de ceux ayant dû tester leurs blagues à leur corps défendant, autant Ron Weasley avait la faculté de l'agacer au plus haut point et elle se cramponnait de son côté à ses préjugés. Curieusement, Potter paraissait désormais se dissocier de son ami lorsqu'il s'en prenait à Emilie et à son père.

Quant à Granger, si on avait demandé son avis à la Serdaigle, elle l'aurait volontiers casée dans la même catégorie que Weasley, mais pour d'autres raisons. En effet, jamais elle ne s'était moquée d'Emilie ouvertement, mais jamais non plus elle n'était venue prendre sa défense, se contentant de rester un peu en marge tandis que Weasley déversait son fiel. Si Emilie répliquait et que McGonagall passait en lui retirant des points, Granger n'essayait pas d'expliquer ce qui s'était vraiment passé à son chef de maison. Pour quelqu'un qui avait prétendu vouloir abolir la servitude des Elfes, cette apathie était pour le moins bizarre ! Elle avait aussi refusé de supprimer le sort défigurant Marietta Edgecombe à ce qu'on disait, parce qu'elle ne croyait qu'à moitié à l'histoire du Veritaserum.

Les choses faillirent néanmoins une fois mal tourner lorsque Weasley tenta un nouvel angle d'attaque en croisant Emilie dans la cour principale pendant un intercours.

« Incroyable quand même, quand on pense que le connard graisseux a réussi à dégotter quelque part une femme acceptant de… »

Emilie ralentit mais continua d'avancer, tandis que Belinda qui se trouvait à sa hauteur s'arrêtait soudain, stupéfaite. Les groupes d'élèves autour devinrent subitement silencieux.

Weasley s'était arrêté subitement, le visage rouge-brique, peut-être en réalisant qu'il avait été trop loin cette fois-ci, et avait baissé les yeux en voyant Emilie se tourner lentement vers lui, clairement folle de rage et se maîtrisant avec difficulté, ce qui n'améliorait pas sa syntaxe :

« Oui ? demanda-t-elle d'une voix glaciale, mais tremblant sous l'effet de la colère : je t'en prie continue, je serais curieuse d'entendre la suite. Devant son silence elle continua d'un ton rempli de mépris, son accent encore plus marqué de d'habitude (mais à ce stade là, elle se moquait d'être comprise ou pas) : mais peut-être est-ce encore un exemple de l'honneur si prisé par les Gryffondors ? Je ne parlerais pas de tact, car il faudrait que tu ailles chercher un dictionnaire. Il y a des bornes à ne pas dépasser, Weasley, même pour un imbécile comme toi ! »

Emilie reprit son chemin en serrant les poings et en marchant avec raideur, mais se retourna brutalement quand elle entendit un cri, suivi de plusieurs ricanements : Weasley avait désormais une langue bifide et des yeux de reptile.

« Tiens… une langue de vipère… commenta la jeune fille comme si elle discutait des dernières chaussures à la mode.

-Mademoiselle Snape ! »

Emilie fit face à McGonagall, la Colère incarnée, littéralement blême.

« Il est interdit de jeter des sorts aux autres élèves ! 25 points en moins pour Serdaigle !

-Je n'ai rien fait !

-Dois-je retirer 25 points supplémentaires pour votre mensonge ? Donnez-moi votre baguette ! »

Emilie prit sa baguette dans la poche de sa robe et la tendit au professeur, notant du coin de l'œil le regard réprobateur que lançait Granger dans sa direction. McGonagall lança aussitôt un sortilège de Priore incantatum, mais, à la surprise générale, la baguette d'Emilie ne livra qu'un sort d'Aholomora utilisé pour ouvrir la porte de son dortoir quelques vingt minutes auparavant. McGonagall gardait les yeux rivés sur le visage d'Emilie qui restait impassible.

« Suivez-moi.

-Les 25 points ?

-Votre insolence vous vaudra une retenue ce soir à 20 heures. »

ooooo

Savourant quelques instants de paix, Severus Snape regardait le feu d'un air particulièrement satisfait, les coins de sa bouche relevés. Son contentement ne durerait pas, il en était persuadé, mais un quart d'heure, une demi-heure de solitude à savourer le fait d'avoir cloué le bec de sa collègue Gryffondor lui permettrait peut-être d'arriver à supporter Potter pour les cinq premières minutes de sa leçon d'Occlumencie.

A son retour dans ses appartements dans l'après-midi, il avait trouvé un mot lapidaire d'Emilie l'informant qu'elle ne viendrait pas après dîner, ayant une retenue avec Minerva McGonagall. L'information l'avait dans un premier temps mis de fort mauvaise humeur et il avait mentalement préparé un sermon cinglant pour la gamine, aussitôt oublié cependant quand Minerva engagea la conversation pendant le repas dans la grande salle. Snape avait cru un instant voir à arriver à côté de lui un chat de gouttière au poil hérissé, miaulant et crachant. Une Minerva McGonagall en colère était un spectacle auquel le chef des Slytherins ne pouvait résister. Gardant la voix suffisamment basse pour ne pas être entendue des autres professeurs, McGonagall avait attaqué Snape sans crier gare :

« Mademoiselle Emilie Snape a gagné une retenue ce soir. »

Snape s'était contenté de lever un sourcil en attrapant son verre.

« Elle a attaqué un élève. »

Son voisin de table avait alors tourné légèrement la tête.

« Cela me surprend. Jusqu'à présent c'est surtout elle qui était attaquée. Dois-je lui demander de tendre systématiquement l'autre joue, Minerva ? avait-il demandé paresseusement.

-Il est interdit de lancer des sortilèges sur un autre élève dans le château, Severus !

-Quel sortilège ? »

McGonagall avait soudain paru très intéressée par le contenu de son assiette.

« Cela n'a pas été tout à fait mis en évidence… »

Snape s'était alors tourné complètement vers la chef des Gryffondors.

« Voyons, Minerva, tu as sûrement dû faire un Priore incantatum ? Non ?

-L'incantation n'a rien révélé. »

Snape avait froncé les sourcils :

« Emilie a une retenue alors qu'on ignore quel sortilège a été lancé et que l'on n'a pu prouver qu'elle en était l'auteur ?

-Attention, Severus. N'oublies pas que j'ai déjà surveillé un autre Snape il y a vingt ans…

-Non, Minerva, je n'ai rien oublié. Hum, au fait, avait-il repris en posant sa fourchette, à défaut de nommer le sortilège, quels en étaient les effets ?

-Monsieur Weasley avait une langue et des yeux de serpent », avait-elle répondu les lèvres pincées.

Snape avait étouffé un rire en avalant une gorgée d'eau.

Serpens lingua oculique. Pas très connu, mais le sort se trouvait dans le manuel qu'il avait donné à Emilie à Noël. Snape n'avait pas le moindre doute qu'elle avait lancé le sort, même si le Priore incantatum n'avait rien révélé.

ooooo

Le sol était jonché de morceaux de verre et de cafards. Dégoûté, Snape tourna lentement le dos à la porte, saisit sa baguette et jeta un sort d'Evanesco sans même prendre la peine de vérifier sa précision. Les traces de sa perte de contrôle disparurent mais la rage du Maître de Potions faisait désormais place à la nausée.

Potter. Encore et toujours. Snape doutait qu'il pourrait un jour parvenir à se libérer des séquelles de sa jeunesse à Poudlard. Comme toujours, Severus Snape devait s'adapter, exécuter les ordres, supporter les insultes et le manque de respect. Comme toujours, Potter père ou fils, peu importe, n'en faisait qu'à sa tête en se moquant des règles, certain de se tirer des plus mauvais pas en toute impunité, méprisant les personnes chargées de le maintenir en vie. Qu'il ait lui-même peut-être mérité une partie de la haine que lui vouait Harry n'avait aux yeux de Snape aucune importance. Il n'était même pas sûr qu'il ait été prêt à l'admettre. Lui, devait sans cesse ravaler ses doléances mais Potter n'avait jamais fait le moindre effort, risquant année après année sa vie et celle des autres dans son aveuglement.

Aucune des séances d'Occlumencie n'avait jamais donné le moindre résultat. Comment cela aurait-il pu fonctionner avec un garçon déterminé à refuser le moindre enseignement et un professeur qui avait toutes les peines du monde à surmonter ses propres préventions ? Pourquoi Dumbledore avait-il exigé cela de Snape ? N'importe qui aurait vu que l'expérience était d'avance condamnée à l'échec.

Snape s'approcha du bureau et saisit un filament argenté de la Pensine avec sa baguette avant de le porter à sa tempe, restaurant ainsi pleinement les souvenirs qu'il avait désiré cacher avant de tenter une n-ième fois d'enseigner Potter. Il avait été négligent, laissant la Pensine sur son bureau sans prendre le temps de la ranger lorsque Malefoy affolé avait frappé à la porte en lui criant que Montague était coincé dans les toilettes. L'absurdité de la situation lui sauta soudain aux yeux et Snape s'assit, la tête dans ses mains, partagé entre le rire et la colère.

Le reste était la digne conséquence du chaos généré par l'espèce de crapaud attifé de tailleurs roses envoyé par le Ministère. De retour dans son bureau après avoir envoyé Montague à l'infirmerie, il avait fallu, pour couronner le tout, que Snape découvre Potter en train de regarder ses souvenirs.

Fallait-il vraiment qu'il perdre à ce point sa dignité ? Personne, pas même le Seigneur des Ténèbres, n'avait eu accès à certains de ses souvenirs, quelques uns heureux, la plupart malheureux. Dumbledore et le fou qu'il avait choisi de servir à dix-sept ans n'avaient jamais vu que ce que Snape avait choisi de leur abandonner. Que cet imbécile arrogant de Potter ait osé violer son intimité représentait la pire des humiliations. Dumbledore pourrait supplier, menacer, l'envoyer à Azbakan si cela lui chantait, jamais plus Severus Snape n'aurait de contact avec le fils de James Potter en dehors des cours.


Note de l'auteur : merci, GwenSnape, pour ta review. Les deux premiers volets de la fic sont déjà entièrement écrits, du coup, je peux poster régulièrement. Quant à ce qui se passe dans les couloirs de Poudlard… hum, hum, hum -)