Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 22
Le départ pour les vacances de Pâques fut vécu dans une moindre effervescence que celui des vacances de Noël mais, s'il y avait toujours des râleurs pour déplorer la rupture dans leurs études (essentiellement les cinquièmes et septièmes années), la grande majorité des élèves était soulagée de pouvoir échapper à Ombrage pendant quelques jours.
Belinda était bien décidée à profiter de son temps libre pour visionner des films et aller au cinéma. Venant d'une famille mixte, avec un père sorcier et une mère moldue, elle avait pourtant baigné presque entièrement dans un milieu où la magie était reine et ne se souvenait guère des séances de cinéma où sa mère l'avait emmenée avec sa grande sœur. La vieille télévision n'était que rarement allumée, en tous les cas jamais lorsque toute la petite famille était réunie. A force d'entendre les autres élèves moldus se raconter des films entiers et même avoir vu Emilie tenter d'imiter Luke Skywalker avec sa baguette en guise de sabre laser puis Dark Vador avec force soufflements et une voix d'outre tombe, elle avait pris conseil et noté sur un bout de parchemin des films considérés comme indispensables à sa culture par les autres élèves.
Ann, quant à elle, avait raconté dans le détail à Emilie la chasse aux œufs en chocolat à laquelle elle se livrait dans le jardin de la maison de ses parents le jour de Pâques. Il était fréquent que cela dure toute la journée car les œufs étaient pourvus de petites ailes qui leur permettaient de changer de cachette pour que ce ne soit pas trop facile. Ann avait même failli attraper une pneumonie étant petite pour avoir passé la nuit dehors en chemise de nuit, parce qu'il lui manquait encore un œuf. On ne l'avait jamais retrouvé. Toutes deux avaient bien rit quand Emilie lui avait dit qu'en France, « les cloches passaient ». Lucrezia enfin, n'avait pas de grands projets, mais souhaitait être le plus loin possible du « crapaud rose », même si cela signifiait quitter Peter pour quelques jours.
Comme à Noël, Emilie allait prendre le Poudlard Express et retourner en France par Portoloin avec Snape. Elle avait hâte de partir, de retrouver son pays, de pouvoir parler français toute la journée, de revoir sa grand-mère et de pouvoir écouter ses disques. Si on lui avait demandé ce qui était le plus dur à Poudlard, elle aurait sans doute répondu « ne plus pouvoir écouter de la musique ». En effet, à Beaux-Bâtons, les objets électroniques moldus pouvaient fonctionner dans une partie de l'école, aussi la séparation entre le monde sorcier et le monde moldu était vécue moins difficilement par les élèves qui n'avaient pas d'antécédents sorciers. Alessandro, lui, retournait en Italie retrouver sa famille, mais emmenait tous ses manuels pour continuer de travailler.
ooooo
Alessandro Gabelli à Emilie Snape
« Ici le temps est superbe (non, il ne neige pas !) et je vais avoir du mal à me réadapter au temps écossais. Je n'ai pas tellement le temps de faire autre chose que réviser.
Je commence à regretter de ne pas avoir laissé tomber l'Arithmancie, mais c'est vrai que ce sera utile pour des potions un peu complexes. Ce n'est pas à toi que je vais me plaindre des équations de fou que nous oblige à traiter Vector : attends l'année prochaine, ma chère, et tu comprendras ce que je veux dire. J'ai parfois l'impression de m'endormir avec des équations à vingt inconnues dans la tête…
Il faudrait que tu me donnes les références du livre que t'avait recommandé Babbling, en début d'année. Ses cours sont un peu légers et je ne sais pas s'ils reflètent vraiment le niveau que l'on attend pour les BUSEs. Dans le doute, je préfèrerais travailler un peu plus. Pense à m'envoyer la référence, s'il-te-plaît, peut-être que j'arriverais à trouver un exemplaire ici. »
Emilie mit de côté la page qu'elle était en train de lire et fourragea dans son coffre pour trouver ses notes du cours de Runes. Elle n'avait pas pu emprunter le livre qu'elle consultait quand même de temps en temps en bibliothèque, mais elle voulait être sûre de l'auteur avant d'envoyer une référence erronée à Alessandro.
Tous les deux échangeaient régulièrement des lettres, toujours plus longues du côté d'Alessandro qui avait la chance d'avoir un hibou à sa disposition alors qu'Emilie profitait de l'arrivée de l'oiseau envoyé par le jeune homme pour rédiger à toute vitesse une missive que l'animal emporterait à son retour. A présent, Valium (c'était le nom du hibou) était dans le jardin, perché sur le cerisier, et attendait patiemment qu'Emilie termine de répondre. Une délicieuse odeur de chocolat montait de la cuisine où Emilie et sa grand-mère avaient enfourné un gâteau vingt minutes auparavant.
Les vacances s'étaient bien passées. Peut-être rassurée de constater que sa petite-fille n'avait pas changé du jour au lendemain après avoir été reconnue par son père, Hélène Marlier avait retrouvé sa chaleur mais n'avait abandonné aucune de ses préventions contre Snape. D'un commun accord, et sans avoir eu besoin de formuler les choses à haute voix, toutes les deux évitèrent avec le plus grand soin d'orienter la conversation sur ce sujet.
Emilie avait eu la chance de pouvoir profiter pleinement de ses vacances, révisant suffisamment cependant pour éviter un sermon en rentrant (les allusions délibérément peu subtiles de son père dans les messages qu'ils échangeaient laissaient peu de doute sur sa volonté de la voir continuer de travailler). Emilie écoutait de la musique du matin au soir et allait se promener dans Paris avec sa grand-mère. Le métro, les grands magasins, l'abondance des livres moldus proposés chez Gibert où elle aurait pu passer sa journée étaient de véritables plaisirs et elle ne s'était pas rendu compte à Poudlard à quel point la vie moldue et son pays avaient pu lui manquer. Pendant plus d'une semaine, Emilie avait pu retrouver une partie de son insouciance, loin de la tension qui régnait à Poudlard et de l'atmosphère lourde de menaces qui planait dans le monde sorcier britannique.
La veille cependant, un mot de son père avait brisé une partie de sa quiétude. Allongée à plat ventre sur son lit, le casque vissé sur la tête, Emilie était en train de se saouler littéralement de musique en réécoutant pour la cinquième ou sixième fois le dernier album de U2 qu'elle avait été acheter chez le disquaire près de chez elle sitôt arrivée, quand, avant d'aller replacer le saphir de la platine sur sa chanson préféré, elle avait tendu la main vers le parchemin reçu de Snape une heure plus tôt et qu'elle n'avait pas encore lu, s'attendant encore à des recommandations sur ses études.
Le parchemin portait quelques lignes tracées d'une écriture de pattes de mouche, fine et précise : « Évènement imprévu. Je viendrai dans trois jours en fin d'après midi. Nous rentrerons ensemble en passant par Londres. Pas un mot à quiconque ».
Emilie avait soudain senti comme une chape de plomb retomber sur elle, avant de prendre la décision d'essayer de ne penser à rien et de se concentrer sur l'instant présent. Évidemment, il avait fallu prévenir sa grand-mère que son père viendrait la chercher un peu plus tard, une nouvelle qui avait d'abord été accueillie par un visage fermé, mais bientôt adouci quand elle avait fini par proposer d'en profiter pour aller au cinéma, laissant sa petite-fille compulser fébrilement l'Officiel des spectacles à la recherche d'un film, d'un cinéma et d'une séance.
ooooo
« Nous n'en avons pas pour longtemps. Je te demanderais juste de ne pas dire un mot et d'essayer ensuite d'oublier cette visite ».
Snape relâcha ses mains avant de se tourner vers la porte de bois sombre en saisissant sa baguette et de murmurer rapidement un mot de passe et des contre sortilèges.
Arrivés à Londres grâce au Portoloin, ils avaient ensuite apparu au beau milieu de ce qui semblait être un square rachitique marquant le centre d'une place carrée définie par de hauts immeubles de briques sombres aux portes encadrées de colonnes blanches. Le coin était désert, mais Snape attendit un long moment avant de trainer Emilie à sa suite et de se diriger vers le numéro 11, ou plutôt le numéro 12 comme sa fille le découvrit, médusée, quand la rangée de façades identiques sembla s'étirer pour laisser apparaître une autre maison. L'édifice sinistre semblait abandonné. Les fenêtres à guillotine à la peinture écaillée étaient obscurcies par de lourdes draperies sombres et les carreaux ne paraissaient pas avoir été lavés depuis des temps immémoriaux.
La porte au sommet arrondi comportait un lourd heurtoir de métal formé par deux serpents entrelacés. Snape avait à peine terminé ses incantations que la porte s'ouvrit vers intérieur et qu'il s'y engouffra, poussant Emilie devant lui. L'entrée consistait en un long couloir obscur qui semblait traverser la bâtisse de part en part et menait vers une pièce éclairée que l'on devinait à peine, tout au fond. Le papier des murs était défraichi et pendait en longues bandes sales par endroits. Un escalier étroit menait dans les étages, la cage ponctuée par une série d'horribles têtes accrochées comme des trophées de chasse. Quel espèce de psychopathe avait bien pu installer des têtes d'Elfes comme d'autres choisissent de préserver des crânes de cerfs ? se demanda Emilie, effarée, et qui parut remarquer seulement à ce moment les hurlements hauts perchés qui résonnaient autour d'elle.
« Saleté de Sang-mêlés ! Hors de cette maison ! Sortez ! Du balai ! »
Les cris venaient d'un portrait grandeur nature d'une femme âgée vêtue de noir à la face déformée par la haine. Snape lança un sortilège rapidement et répliqua d'un air dégoûté :
« Veuillez fermer un instant ce cloaque qui vous sert de bouche, espèce de vieille mégère ! »
Les cris firent place à un murmure outré tandis que Snape avançait. Emilie suivit, ne sachant si elle devait rester dans l'entrée ou non.
Le couloir aboutissait dans une pièce rectangulaire qui était à l'évidence une cuisine baignant dans une lumière jaunâtre dispensée par un lustre poussiéreux. Si la pièce semblait servir régulièrement et paraissait relativement propre, avec une longue table de bois au centre, l'ensemble n'en portait pas moins, comme l'entrée, les stigmates de la négligence.
Snape passa le seuil, laissant voir les occupants de la cuisine, dont deux étaient assis autour de la table. Face à la porte, en bout de table, se trouvait un homme à la chevelure brune coiffée en longues boucles ébouriffées. Son visage était marqué, avec des rides profondes autour des yeux et de la bouche. Ses yeux marron étaient petits et exprimaient un dédain et une haine qui semblaient littéralement rayonner de sa personne, entièrement dirigés sur le Maître des Potions. Le bas de son visage disparaissait dans une barbe mal tenue. Ses habits semblaient évoquer une ancienne splendeur avec une robe d'intérieur de brocard pourpre laissant entrevoir une chemise de coton à jabot.
« Snape, grinça-t-il avant de poser ses yeux sur la silhouette d'Emilie qui s'était un peu rapprochée, de la jauger et de lui envoyer le même regard haineux. Qui…
-Sirius », fit une voix ferme, bien qu'un peu éraillée. Dumbledore, debout, se tenait à gauche, un peu en retrait, mais fixait l'homme en bout de table d'un regard bleu intense.
Emilie ne put en croire ses yeux.
« Pas possible, Servilus. Un deuxième Snape ? Par Merlin ! continua l'homme d'un air dégoûté. Ah, tu ne peux pas la renier. Est-ce bien le célèbre nez des Snape que je vois là ? »
Snape se plaça immédiatement devant Emilie.
« Vous ne vous êtes pas regardé… » lança Emilie sans se préoccuper de la syntaxe approximative, vexée comme un pou.
Son interlocuteur fronça les sourcils et finit par répondre :
« Les chiens ne font pas des chats, à ce que je vois.
-Sirius, cela suffit, intervint un homme aux cheveux châtains grisonnants assis à sa droite.
-Lupin défendant un innocent, comme c'est… émouvant, énonça lentement Snape avant d'ajouter d'un ton désapprobateur : Emilie, retourne dans le couloir et attends-moi là ».
Emilie rebroussa chemin en faisant claquer ses talons le plus fort possible sur le sol carrelé, tandis que la porte de la cuisine se fermait immédiatement derrière elle, bloquant le son des conversations.
Les noms entendus lui avaient permis de savoir qui était dans cette pièce : Sirius, pour Sirius Black (n'était-il pas supposé être un dangereux meurtrier ?) et Lupin, pour Remus Lupin dont Emilie savait par ses camarades qu'il avait été un bon professeur de Défense contre les Forces du mal avant de devoir quitter Poudlard lorsque sa lycanthropie avait été révélée. Et Dumbledore. Pour une fois, sa langue la démangeait et elle mourrait d'envie de disséquer la nouvelle avec ses camarades. Il lui faudrait se taire cependant : elle était prête à parier que Snape lui arracherait elle ne savait quel serment pour s'assurer de son silence. Il ne fallait en effet pas être grand devin pour comprendre que la rencontre était liée à la lutte contre Voldemort.
Emilie regarda autour d'elle et remarqua une porte à double battant située à droite de l'entrée. Le côté sinistre de la maison lui ôtait naturellement toute idée d'explorer, mais rester plantée dans le couloir entre un portrait hystérique et quatre personnes qui paraissaient, pour certaines d'entre elles tout au moins, se détester cordialement manquait singulièrement d'attrait. Emilie avança avec prudence, gardant un œil sur le portrait et tourna avec lenteur la poignée de la porte, prête à reculer tout de suite en cas de bruit suspect. L'endroit avait dû servir de salon et gardait les vestiges d'une ancienne grandeur, avec son haut plafond, ses lambris et ses meubles de bois sombre aux poignées ternies. Une table ronde trônait au centre, sous un lustre disparaissant sous une couche de poussière si épaisse qu'Emilie douta que les ampoules puissent parvenir à éclairer quoi que ce soit. Les rideaux gris de saleté et les doubles rideaux vert drapés dans les embrasures des fenêtres plongeaient la pièce dans un crépuscule artificiel.
Une porte claqua soudain et Emilie sortit rapidement de la pièce de peur d'être prise en faute. L'altercation paraissait se poursuivre dans le couloir où se tenaient Dumbledore et un Snape redressé de toute sa hauteur, les poings serrés, mais le visage caché par ses longs cheveux raides.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser libre court à de vieilles rancœurs, Severus, disait Dumbledore d'un air sévère.
-Rancœurs ? cracha Snape. Black devrait être interné dans un hôpital psychiatrique ! Il est en train de tout saboter, Albus ! D'où croyez-vous que Potter tient cette défiance, cette arrogance, si ce n'est de son cher parrain ! Potter est incapable de contrôler son esprit et ce n'est qu'une question de temps avant que le Seigneur des Ténèbres ait accès à toutes les informations dont il rêve. Pire, il peut déjà avoir commencé à corrompre son esprit !
-Dans ce cas pourquoi avoir cessé les leçons ? Dumbledore soupira : j'ordonnerai à Sirius d'inciter Harry à la prudence.
-Et vous croyez sincèrement qu'il le fera ? Éloignez Black d'ici, mettez-le dans un endroit où il ne pourra nuire à personne. Il faut que Potter parle ! appuya Snape. Je refuse de croire qu'il n'a eu aucune « vision » en provenance du Seigneur des Ténèbres depuis l'attaque d'Arthur. Ce jour là, il a eu le réflexe de venir vous trouver, mais que fera-t-il la prochaine fois ? Black et Potter constituent une véritable bombe à retardement, Albus !
-Sirius est le lien nécessaire entre les membres de l'Ordre du Phœnix et Harry lui fait confiance : ne serait-ce qu'à ce titre, il est indispensable.
-Que Merlin nous vienne en aide, dans ce cas ! En ce qui me concerne, je refuse de travailler avec un irresponsable, déclara Snape avec fermeté.
-Notre cause à besoin de toutes les bonnes volontés. Nous avons besoin de Sirius, comme de Lupin, et Harry a besoin de son parrain, Severus, affirma Dumbledore avec douceur.
-Vous allez me faire pleurer, Albus », siffla Snape d'un ton dégoûté.
Le visage de Dumbledore sembla tout d'un coup se figer, sa voix se fit coupante et ses yeux d'habitude bienveillants prirent un éclat dangereux.
« Je ne veux plus avoir à intervenir dans des querelles d'adolescents qui ont vingt ans d'existence. Sirius restera ici et je te demande d'accomplir ton devoir, Severus.
-Bien, directeur », fit d'une voix à peine audible l'homme en noir drapé dans son manteau.
Snape sembla tout d'un coup remarquer la présence d'Emilie à quelques mètres de là. S'approchant d'elle à grands pas, il saisit son bras et la poussa sans plus de cérémonie vers la porte d'entrée, ne laissant pas le temps à Dumbledore qui venait d'ouvrir la bouche de dire quoi que ce soit.
« Tu étais malade et j'ai dû venir te chercher. Geins pendant quelques heures et cela devrait passer.
-Je ne geins pas, râla Emilie.
-Et bien pour une fois tu le feras ! »
Snape s'était arrêté de marcher et fixait sa fille de ses yeux impénétrables, tentant visiblement de se contenir. Il lança rapidement un Mufliato en voyant Emilie ouvrir la bouche.
« Je t'ai demandé d'oublier cette visite, et aussi de ne rien dire, si ma mémoire est exacte, enchaîna-t-il. Il vaut souvent mieux laisser passer une insulte plutôt que de répondre sans réfléchir, la colère est mauvaise conseillère », ajouta-il plus doucement.
Il ne manque pas de souffle ! pensa Emilie. Voyant l'expression plus que dubitative qui gagnait le visage de la jeune fille, Snape continua :
« Tu ne dois parler de ce détours à personne, pas même au trio infernal s'ils viennent à te questionner, est-ce compris ?
-Oui. Qui…
-Même s'ils paraissent au courant et essayent de t'en parler, appuya-t-il. Il pinça les lèvres et reprit après un court silence : avant que tu ne m'assommes de questions, cette charmante maison est celle de la famille Black. L'homme qui t'a adressé la parole était Sirius Black. Il n'est pas coupable des crimes pour lesquels il a été condamné mais il ne peut être innocenté, fit Snape de l'air de celui qui vient d'avaler quelque chose de particulièrement amer. L'autre était Remus Lupin : je suis sûr que tu as entendu parler de lui ici. J'ai été obligé de t'emmener avec moi car cette délicieuse petite réunion m'aurait empêché de venir te chercher à temps pour que tu puisses attraper le Poudlard Express.
-Harry Potter apprend l'Occlumencie ? » interrogea Emilie en repensant à la conversation surprise dans le couloir.
Snape parut à deux doigts d'exploser, avec deux points de couleur sur son visage d'ordinaire livide.
« Il n'apprend rien du tout parce que c'est un fainéant et un imbécile arrogant comme l'était son père et comme l'est encore son cher parrain !
-Quel est le problème ? Je veux dire, il n'a pas l'intention de rencontrer V… euh Celui-qui-ne-doit-pas-être-nommé. Dans ce cas, peu importe qu'il sache ou non garder son esprit ? »
Snape resta silencieux quelques instants, regarda en direction du château qui paraissait ridiculement petit depuis les grilles et répondit en soupirant :
« Le Seigneur des Ténèbres est d'une certaine manière… en contact permanent avec son esprit. »
Emilie resta debout sans bouger un petit moment, tentant de digérer l'information, puis courut sur quelques mètres pour rattraper Snape.
