Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 30
Pendant que les cinquièmes et septièmes années profitaient de chaque instant pour réviser, le reste des élèves suivaient leurs cours comme à l'accoutumée mais, pour les quatrièmes années, l'expérience de leurs aînés leur donnait un avant goût de ce qui les attendrait pour l'année prochaine.
Dans la tour de Serdaigle, certains se demandaient déjà s'ils allaient conserver toutes leurs options ou non. Plus studieux que la moyenne, les Serdaigles n'étaient pas non plus sourds au message des statistiques et il paraissait parfois judicieux d'abandonner une matière intéressante mais dans laquelle on ne brillait pas, pour pouvoir se concentrer sur les sujets obligatoires et éviter une note inférieure sur le bulletin. Belinda et Lucrezia avaient d'ores et déjà décidé d'arrêter les études moldues qui, de leur propre opinion, ne leur apprenaient rien et où l'obtention d'un O n'avait aucune incidence sur la qualité du dossier. Ann se posait de graves questions sur la Divination, mais aucune de ses voisines de dortoir n'aurait pu la conseiller car toutes trois trouvaient qu'il s'agissait d'une perte de temps. Comme Ann hésitait aussi à garder les Soins aux créatures magiques, il fallut tout de même que Lucrezia lui rappelle qu'elle ne pouvait guère laisser tomber ses deux seules options, car son dossier aurait été trop léger.
Emilie, quant à elle, désirait conserver ses deux options mais elle aurait volontiers cherché un moyen de ne pas être évaluée en Arithmencie, sujet qu'elle avait de grandes peines à maîtriser malgré un entêtement qui faisait l'admiration de ses camarades. Tous partaient du principe qu'elle resterait à Poudlard, étant la fille de leur professeur de Potions. Emilie espérait vivement rester, mais elle n'avait pas osé aborder le sujet avec Snape, craignant qu'il ne lui annonce qu'elle retournerait à Beaux-Bâtons. En parler à sa grand-mère était, à son avis, courir à la catastrophe. Elle savait, après en avoir brièvement parlé à Alessandro, que briguer une inscription à Poudlard pour un étudiant étranger et, qui plus est, arrivé en cours de route et non à onze ans, était extrêmement difficile. Si son ami était si anxieux au sujet de ses BUSEs, c'était avant tout parce que ses notes, tout en déterminant les conditions d'un futur apprentissage dans une profession difficile, seraient primordiales pour être accepté définitivement à Poudlard.
La jeune fille avait profité d'un rendez-vous avec son chef de maison au sujet de ses recherches sur le Fidelius pour discuter avec lui de son bilan scolaire. Flitwick avait été surpris de sa requête mais y avait aimablement souscrit et avait constaté avec elle que ses bulletins étaient tout à fait satisfaisants dans l'ensemble.
La Botanique avait beaucoup progressé, une remarque qui avait fait sourire Emilie, mais plusieurs matières restaient améliorables d'ici la fin du mois de juin. Toutefois, l'Arithmencie lui paraissait sans espoir, tout juste à la moyenne dans le meilleur des cas, et Emilie se sentait au bout de ses possibilités dans cette matière. L'Astronomie pouvait progresser en bachotant et quelques nuits passées à apprendre par cœur des dates pouvaient réussir à tirer sa note en histoire de la magie de E vers O. Pour la Défense contre les Forces du mal, la jeune fille savait que si l'on avait suivi un véritable programme, elle aurait obtenu un O avec les séances d'entrainement effectuées sous la direction du professeur de Potions, mais dans l'état où étaient les choses, peut-être pouvait-elle jouer les hypocrites et se forcer à louer l'action de Fudge dans chacune de ses copies pour conduire Ombrage à lui accorder un O ? Slytherin, lui murmura son esprit… Les Sortilèges et les Potions n'étaient jamais descendus en dessous du O, mais la Métamorphose oscillait entre E (les bons jours) et A. Cela ne pouvait pas continuer comme cela et Emilie résolut de poursuivre ses expérimentations sur l'emploi de sa magie et de tester ses hypothèses lors des exercices imposés dans cette matière. Si elle arrivait à beaucoup mieux canaliser sa magie en utilisant sa baguette de la main gauche, alors elle était déterminée à reprendre à la base tout son apprentissage de l'année.
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« Es-tu certain de vouloir rester là-bas ? Ta mère et moi nous inquiétons beaucoup de la situation en Angleterre et malgré la presse officielle (La Gazette du sorcier), on sent bien que les choses ne sont pas aussi sous contrôle que ce que ce Fudge insinue. Ne crois pas que nous voulons te garder égoïstement avec nous, même si nous ne pouvons prétendre que tu ne nous manques pas. Nous pensons que nous devrions parler de cela ensemble, tous les trois, avant de prendre une décision lourde de conséquences… »
Alessandro replia la lettre en soupirant. Il ne pouvait pas prétendre lui non plus que ses parents ne lui manquaient pas, ni du reste son pays ou ses anciens camarades d'école. Le jeune homme retint un petit rire en parcourant sa chambre des yeux : si sa famille avait la moindre idée de la véritable situation ici ou de ce à quoi il était confronté au quotidien chez les Slytherins, il ne doutait pas qu'ils viendraient le récupérer immédiatement manu militari.
Soutenant sa tête dans ses mains et fixant sans la voir la petite table près de son lit, Alessandro s'interrogea sur ses motivations. Quand il était parti, il s'agissait de faire une expérience et il n'avait pas songé rester. Quand s'était opéré en lui le changement qui motivait ses demandes répétées auprès de ses parents, il l'ignorait et ne se l'expliquait pas complètement.
Au niveau académique, Poudlard était une excellente école, mais pas forcément meilleure que son Académie italienne en revanche, les possibilités offertes pour devenir guérisseur étaient bien supérieures ici et on favoriserait à l'évidence quelqu'un formé à Poudlard pour un apprentissage. Au niveau amical, il avait évidemment quelques bons camarades, mais pas plus proches que certains de ses amis italiens, et… Emilie.
S'il était honnête, il devrait avouer qu'Emilie Snape faisait partie des éléments clefs qui l'avaient conduit à cette décision. Elle lui était très proche : ils partageaient des goûts similaires, des principes, des idées et un sens de l'humour porté vers le sarcasme. En vérité, les jours où ils ne se parlaient pas étaient rares, ne serait-ce que pour échanger un salut. Bien entendu, il aurait pu garder le contact par courrier : après tout, ils s'étaient écrit pendant les vacances lorsqu'ils étaient rentrés dans leurs familles chacun de leur côté, mais Alessandro savait que rien ne remplacerait la faculté de pouvoir se parler, d'explorer le château ensemble, de se promener au bord du lac, ou tout simplement de discuter de tout et de rien assis par terre côte à côte dans un couloir obscur en grignotant des chocolats et des sucreries.
Alessandro posa sa tête sur ses bras croisés en soupirant : décrite comme cela, leur relation évoquait celle d'un frère et d'une sœur, ou une attirance amoureuse. Dans un cas comme dans l'autre, c'était ridicule, jugea-t-il embarrassé. Il se prit à rougir d'embarras. Non, il aimait beaucoup Emilie, mais… pas comme ça. Le Slytherin frissonna un peu, et fit la moue. La simple idée d'embrasser son amie avait quelque chose d'incestueux. Oui, voilà. C'était peut-être un grand mot, mais c'était ça. Alessandro chassa immédiatement cette pensée de son esprit et partit chercher une feuille de parchemin et de quoi écrire : il avait une réponse importante à rédiger.
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Valium zigzagua dans la grande salle de Poudlard parmi les autres hiboux s'apprêtant à délivrer les lettres, journaux et paquets en tous genres destinés aux élèves. Son maître avait intérêt à lui offrir un déjeuner digne de ce nom ! En effet, arrivé hier, il lui avait fallu patienter toute la journée et la nuit qui avait suivi, le temps que le vieil homme accompagné d'un horrible chat aux yeux rouges vérifie qu'il ne transportait rien d'illégal et que la lettre provenait bien d'Italie. Barbari tutti ! Il aperçut enfin le sommet du crâne d'Alessandro Gabelli, amorça son atterrissage avec un élégant virage sur l'aile gauche et fit enfin face à son maître en lui tendant sa patte droite tout en hululant doucement.
Alessandro détacha prestement le parchemin et tendit une belle tranche de bacon au hibou qui l'avala en fermant les yeux de contentement et en calant sa tête contre l'épaule du Slytherin. Ses voisins de table venaient de partir et il en profita pour lire le message de ses parents : « Arrivons samedi au Pré-au-Lard. Retrouvons-nous à la gare à 14 heures ».
ooooo
Alessandro avançait d'un bon pas sur le chemin menant de la route du Pré-au-Lard au château, son sac à dos sur l'épaule et ses mains dans les poches de son pantalon. Si sa mère l'avait vu, elle aurait sans doute protesté contre cette manie qui déformait les poches de ses habits, mais il faisait beau et Alessandro était heureux : alors il enfonça encore les poings dans ses poches, tendit son visage souriant vers le soleil et allongea la foulée. Il ne devait retrouver les conspirateurs de Slytherin qu'à 17 heures, mais il se hâtait tout de même pour profiter d'une petite heure en compagnie d'Emilie qui l'attendait dans l'aile sud.
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Ses parents avaient fait le trajet depuis l'Italie par Portoloin, puis avaient fait une halte à Londres, avant d'apparaître au Pré-au-Lard.
Tous les trois avaient préféré marcher en bordure du village, plutôt que de s'installer dans le pub bruyant et rempli d'élèves de madame Rosemerta. De cette façon ils avaient pu discuter plus calmement, sans risque d'être entendus, et Alessandro avait été sûr d'éviter les commentaires moqueurs de ses camarades sur la façon dont sa mère semblait encore le couver.
Évidemment, cela n'avait pas raté et madame Gabelli, sans doute frustrée de ne pas avoir eu près d'elle son fils unique plus souvent, avait inauguré les retrouvailles par un feu incessant de questions sur sa vie à Poudlard (auxquelles le jeune homme n'avait répondu que par monosyllabes), suivies de remarques délivrées avec un sourire éblouissant sur les mille et un petits changements qui semblaient être survenus depuis Pâques. Son père s'était contenté d'avancer sur le chemin bordant la voie ferrée en regardant droit devant lui et en attendant avec patience que sa femme ait épuisé son souffle ou ses questions. L'expérience lui avait enseigné qu'elle finirait par se taire au bout d'un quart d'heure : il fallait donc patienter, et puis il était beaucoup plus drôle de voir comment son fils luttait pour ne pas lever les yeux au ciel et garder un air aimable quand il savait à quel point l'exubérance de sa mère pouvait parfois l'énerver.
Était-ce une idée ou bien Alessandro avait-il encore grandi ? Aureliano Gabelli n'arrivait pas à comprendre de quel ancêtre son rejeton pouvait bien tenir pour être aussi grand et maigre quand lui-même, sa femme et leurs parents étaient de taille moyenne et, sans pour autant être corpulents, bien en chair. Quand Alessandro était encore enfant, craignant qu'il ne soit de constitution chétive, ils l'avaient inscrit à plusieurs activités sportives que le garçon avait vite détestées avant de choisir, à leur grande surprise, l'escrime. Le sport et les repas copieux mitonnés par les Elfes et servis midi et soir avaient fini par rassurer les Gabelli sur la santé de leur fils, mais la vision d'Alessandro dépassant encore tout le monde d'une tête après la séparation un peu longue de cette année suffisait à les surprendre.
Maddalena avait enfin semblé avoir épuisé sa liste de questions et Aureliano avait pu à son tour ouvrir la bouche et amorcer le début d'une discussion sérieuse sur les études d'Alessandro.
« Tu as l'air fatigué. »
Alessandro avait répondu immédiatement, coupant l'élan de sa mère qui aurait, sans nul doute, renchéri bruyamment si on l'avait laissée faire :
« Les BUSEs commencent lundi prochain : du coup, cela fait deux semaines que nous révisons du matin au soir. »
Aureliano avait hoché la tête et abordé sans détours le sujet pour lequel ils étaient venus :
« Tu es déterminé à rester à Poudlard, n'est-ce-pas ?
-Oui, papa, avait répondu Alessandro d'un ton posé : je veux être guérisseur et c'est en Angleterre que je pourrai avoir la meilleure formation. Cependant, sans avoir été éduqué à Poudlard, il est probable que je n'arriverais pas à décrocher un bon apprentissage. »
Son père avait acquiescé, mais Maddalena Gabelli s'était empressée de prendre la parole en fronçant les sourcils :
« Tu sais que tu peux apprendre en Italie, Alessandro. Il y a aussi une bonne université et… »
Elle n'avait pas eu le temps d'achever qu'Alessandro avait répondu, visiblement excédé :
« Je ne veux pas apprendre, maman, je veux devenir guérisseur. Pas un bon guérisseur, le meilleur ou l'un des meilleurs. Ce n'est pas une activité que je souhaite exercer comme passe-temps ! »
Aureliano avait soupiré et s'était préparé à intervenir dans une vieille discussion. Alessandro avait toujours été entêté et sa volonté d'être un guérisseur était déjà ancienne. L'ambition affichée par son fils en revanche, paraissait nouvelle et l'avait presque surpris. S'il ne voyait pas lui-même la nécessité pour son fils d'exercer une profession, les Gabelli disposant de ressources plus que confortables, il savait qu'il ne pourrait pas le contraindre à changer d'avis. Autant le laisser faire : il s'agissait, après tout, d'une activité honorable et certains membres de cette corporation jouissaient d'un statut privilégié…
« Bien sûr, Alessandro, avait soupiré Aureliano en lançant un regard lourd de signification à sa femme : es-tu sûr de souhaiter rester loin de l'Italie (il n'avait osé pas dire « de tes parents ») deux années supplémentaires ?
-Je ne comprends pas, Alessandro, était intervenue Maddalena sans tenir compte de la mise en garde muette de son mari : quand le directeur de l'Académie a évoqué la possibilité d'un échange scolaire, tu t'es inscrit pour un an, sans parler de prolonger ce séjour. Depuis Pâques, tu ne parles plus que de rester !
-Parce que je connais mieux les possibilités offertes ici, maman ! avait protesté Alessandro.
-Tst, tst, ce sont tes amis ? Tu en avais aussi à l'Académie… ou une petite amie ? »
Alessandro avait écarquillé les yeux, cloué sur place, s'était détesté de rougir quand il n'y avait pas matière à cela, et avait maudit silencieusement sa mère pour avoir le don de toujours réussir à l'embarrasser.
« C'est ridicule, maman ! Je veux juste être guérisseur, avoir la meilleure formation possible, et elle passe par Poudlard, c'est tout, avait achevé Alessandro sur un ton plutôt sec.
-Hum, il y avait bien cette Emilie à qui tu écrivais pendant les vacances…
-Maddalena, cela suffit, s'il-te-plaît », avait coupé Aureliano (qui était Emilie ?) qui avait levé mentalement les yeux au ciel à l'idée de discuter la vie amoureuse d'un adolescent.
Le père d'Alessandro s'était raclé la gorge et avait regardé tour à tour sa femme et son fils face à face, les sourcils froncé et les yeux lançant des éclairs.
« Nous sommes surtout inquiets de la situation en Angleterre, en dehors de Poudlard, Alessandro. Je pense que ta volonté de poursuivre des études ici ne rencontrerait pas autant de… réticences (et Aureliano avait croisé ici un regard particulièrement perfide de sa femme) si les nouvelles n'étaient pas si alarmantes. Je ne crois pas à ce que martèle La Gazette du sorcier, avait-il poursuivi en voyant son fils ouvrir la bouche : et tu es assez intelligent pour être parvenu aux mêmes conclusions que nous. Je ne veux pas que tu te retrouves pris dans une guerre civile.
-Je suis un Sang-pur et, qui plus est, italien, papa.
-Et ça c'est la réponse la plus stupide que je t'ai jamais entendu formuler, Alessandro ! » avait crié Aureliano furieux, à deux doigts de gifler son fils.
Alessandro avait sentit le danger et baissé la tête en acquiesçant :
« Très bien, un peu honteux il avait poursuivi : oui, la situation n'est pas du tout conforme à ce que veut faire croire la presse gouvernementale. Je ne sais pas quand aura lieu la… confrontation, mais je crois fermement que Voldemort et ses Mangemorts seront vaincus, avait dit doucement le jeune homme. Nous sommes plus en sécurité à Poudlard que partout ailleurs en Angleterre. Je veux rester étudier ici, papa, avait plaidé d'une voix ferme Alessandro en le regardant droit dans les yeux : et si cela doit conduire à mon implication dans ce conflit, et bien je me joindrais aux autres. »
Maddalena Gabelli avait soufflé bruyamment et s'était mise à marcher d'un pas vif le long du chemin, bientôt rejointe par son mari et son fils. Ceux qui avaient la naïveté de croire que madame Gabelli était une femme incapable de réfréner sa spontanéité (en tout premier lieu, les deux hommes qui partageaient sa vie) aurait certainement été surpris. La vérité, était qu'elle savait toujours quand tempêter et quand battre en retraite pour mieux atteindre ses objectifs par des voies détournées. La partie étant perdue pour l'instant, Maddalena Gabelli avait alors capitulé, temporairement bien sûr, afin de laisser croire à son fils qu'il avait la main. Elle reprendrait donc la discussion avec son mari plus tard. Sans tourner la tête elle avait sèchement énuméré :
« Tu écriras chaque semaine, la vérité, Alessandro, avait-elle précisé : pas une version édulcorée pour ta vieille mère. Tu reviendras pendant les vacances. Tu ne prendras part à cette folie que si on s'en prend à toi, je veux ta parole, Alessandro ! » avait-elle affirmé d'un ton impérieux.
Alessandro avait hoché la tête.
« Ton père et moi viendrons te chercher si nous estimons la situation trop dangereuse, Alessandro avait ouvert la bouche, mais sa mère avait continué en lui lançant un regard noir : ce n'est pas négociable. »
Le jeune homme avait soupiré, acquiescé, et repris sa marche, les yeux rivés au sol et les mains dans les poches.
« Et pour l'amour de Dieu, perds cette habitude et ôtes les mains de tes poches ! » avait crié Maddalena.
Alessandro s'était retourné sans arrêter de marcher, avait levé les yeux au ciel de façon exagérée et retiré les mains de ses poches en les maintenant en l'air comme un homme tenu en joue. Aureliano n'avait pu s'empêcher de rire et avait demandé, en changeant promptement de sujet :
« Au fait, qui est Emilie ? »
Alessandro avait gémit.
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« Alors, tu restes ? » demanda en souriant Emilie, assise sur le rebord d'une fenêtre, le dos chauffé par le soleil et en balançant ses jambes contre le mur.
Alessandro répondit en terminant de mâcher une figue séchée :
« Moui. Il faut juste que j'aie les meilleures notes possibles pour les BUSEs. C'est un léger détail, ajouta-t-il avec un sourire moqueur : tiens, prends-en une ! »
Alessandro lança une figue à son amie qui l'attrapa et commença à la grignoter. Ses parents avaient eu la gentillesse de lui apporter plusieurs douceurs qu'il adorait, dont un gros paquet de figues séchées bien moelleuses. Il y avait aussi un bien encore plus précieux : une petite bouteille de vino santo et un sachet de cantuccini alle mandorle qu'il avait la ferme intention de manger à la fin des examens. Connaissant la gourmandise d'Emilie, il imaginait déjà la tête qu'elle ferait en goûtant aux petits biscuits trempés dans l'alcool.
« Tu vas faire de la peine à Granger si tu égales ses notes, taquina Emilie en s'exclamant : hummm, délicieux !
-« Délicieux » quoi ? Vexer Granger ? fit-il avec une expression de joie mauvaise que Snape n'aurait pas reniée, entrainant le rire d'Emilie.
-Slytherin !
-Venant de la part de la fille du chef de la maison des Slytherins, tu me pardonneras sans doute de trouver cette remarque… délicieuse ! » moqua Alessandro.
