Première partie : Magie et entrée à Poudlard

1969-1971

Chapitre III

Lily

Lily n'avait pas revu Rogue depuis plusieurs semaines et n'avait toujours pas reçu de lettre ni de personne de Poudlard. Elle commençait d'ailleurs à s'en inquiéter et ses longues conversations avec Rogue sur le monde de la magie lui manquaient, Rogue lui-même, elle devait l'admettre lui manquait. Elle se sentait seule et Tunie ne lui avait pas pardonné – même si elle lui avait répété au moins milles fois qu'elle était désolée – ce qui s'était passé cette après-midi là. Sa sœur lui manquait d'ailleurs aussi terriblement.

Ce ne fut qu'au moins de juin, deux mois après leur dispute, que Rogue réapparut soudainement dans sa vie. Elle était alors seule au terrain de jeu où ils s'étaient vu la première fois, dans ses pensées, et s'amusait à se balancer grâce à la magie. Elle n'avait pas sentit sa présence derrière elle et fut surprise lorsqu'une voix retentit derrière son dos.

« Tu ne devrais pas faire ce genre de chose. Et si un moldu te voyait ? »

Interloqué, elle se retourna brusquement et coupa sa magie. La balançoire vacilla et Lily tomba lourdement sur le sol. Les larmes aux yeux, constatant que ses mains étaient écorchées et son jean déchiré, elle essuya le sable de ses vêtements et allait se relever quand elle vit qu'une main était tendue vers elle. Elle leva les yeux. Rogue se tenait devant elle, une inquiétude peinte sur le visage. La feignait-il ou était-elle vrai ? Lily n'avait pas la réponse. Elle repoussa la main de Rogue et se releva seule, baissant les yeux. Elle allait s'éloigna quand Rogue la retena par la main.

Lily ne se retourna pas, se contenta de s'immobiliser et d'attendre qu'il la lâche. De longues minutes passèrent sans que rien ne se passe. Rogue attendait que Lily parle, n'osant pas commencer lui-même de peur de dire une chose de travers. Mais elle ne semblait pas encline à le faire.

« Je suis désolé. »

Trois mots qu'il considérait comme magique. Ils ne les avaient dit qu'une seule fois jusqu'à maintenant, à l'âge de sept ans, lorsque sa grand-mère maternelle était morte d'une maladie magique incurable. Cela lui avait coûté un effort surhumain de le dire à Lily.

Cette dernière dégagea son bras d'une secousse violente et, sans le regarder, se dirigeai vers la sortie du squoire.

« Je sais que tu mens, Severus, et c'est ça le pire. »

Il lui coup la route, son visage à quelques centimètres du sien.

« Peut-être. Mais Lily, je sais que je te manque. Et… tu me manques aussi. »

Interloqué, elle le dévisagea. Disait-il la vérité ? Et comment pouvait-il savoir qu'il lui avait manqué ?

« Quoi ? »

Cette fois, Severus perdit toute dignité et relâcha tous les sentiments accumulés au cours des ces derniers semaines. Sa réponse résonna comme une supplique, douloureuse.

« Tu m'as manque, Lily Evans. »

Il rouvrit un œil après l'autre, ayant peur de la réaction de son amie. Elle le regardait, les yeux ronds. Son expression l'amusa et il éclata de rire. Mi amusée, mi-énervé, Lily mis ses mains sur ses hanches. Rogue continua à se tordre de rire. C'était la première fois qu'elle le voyait comme ça, vraiment enfant. Elle décida de passer outre ses propres sentiments et de pardonner à son ami. Après tout, il lui avait dit qu'elle lui avait manqué, ce qu'elle pensait un exploit pour lui. Sa révélation la rendait heureuse. Elle rit donc avec lui, et ils ne finirent pas se laisser tomber dans l'herbe fraîche et confortable du parc. Ils ne dirent rien, restant côte à côte, les yeux plongés dans le ciel bleu.

Lily finit par se lever et s'épousseta. Rogue l'imita et ils rebroussèrent ensemble le chemin jusqu'à la route où ils devraient se séparer pour rejoindre leur maison respectives. Ils s'arrêtèrent devant la route et Rogue lui sourit avec un bref « Salut ! » avant de se détourner. Choquée, Lily s'avança et lui tapa l'épaule. Surpris, Rogue se retourna en marmonnant :

« Qu'estcequisepasse ? »

Les yeux de Lily lançaient des éclairs et il recula de plusieurs pas afin de mettre une saine distance entre eux.

« Tu te moques de moi ? Tu me dis juste « Salut » alors qu'avant tu m'avoue que je t'ai manqué ? »

Il sourit et lui lança.

« Demain, dix-huit heures, au parc ? »

Avant même que Lily n'eut le temps de lui répondre, il disparut.

Lily rentra chez elle en trainant des pieds. Que voulait-il à la fin ? Il se montrait réellement grossier et irrespectueux avant elle. Elle ne savait absolument pourquoi elle souhaitait continuer à le voir.

Sa mère l'accueillit avec un grand sourire et l'invita à s'asseoir à la table de la cuisine. Elle tenait une lettre d'une blancheur éclatante à la main. Lily ne comprenait pas. Sa mère, enthousiaste s'écria alors :

« Tu as reçue une lettre. »

Ca, Lily l'avait bien vu. C'est alors qu'elle pensa à la lettre dont Rogue lui avait parlé, la lettre de l'école des sorciers : Poudlard. Lily se précipita vers sa mère.

« Est-ce que c'est de Poudlard ? »

L'expression de sa mère changea soudain et elle baissa la main, et lui demanda :

« Comment le sais-tu ? »

Lily baissa les yeux, penaude. Elle ne pouvait pas avouer à sa mère qu'elle avait revue Rogue. Celle-ci l'enfermerai dans sa chambre jusqu'au restant de ses jours.

« Je… J'en ai entendu parler. »

Elle s'observèrent un long moment en silence puis Mrs Evans sembla reprendre ses esprits.

« Bien. Tiens. »

Lily l'arracha presque de la main de sa mère et déplia la lettre.

Chère Mademoiselle Evans,

Nous sommes très heureux de vous accueillir au sein de notre école de magie. Si vous ne comprenez pas ce que ce mot signifie, ce serait tout à fait normal. Une personne de notre établissement viendra vous expliquer tout ce que cela signifie dans la semaine avenir, et vous accompagnera acheter vos fournitures scolaires (compris dans la liste ci-joint) à Londres. Veuillez conservez cette lettre et la liste des fournitures précieusement, elles attesteront de votre intégration à Poudlard.

Je vous prie d'agréer mes sincères salutations,

Dumbledore

Lily s'empressa de fouiller dans l'enveloppe à la recherche du second papier et la lut à voix haute cette fois.

Ecole Poudlard – Sorcellerie

Les élèves devront obligatoirement être pourvus de :

Vêtements

4 robes de sorciers de préférence dans les tons sombres

Un chapeau de sorcier marron ou noir

Des gants en cuir de protection pour la botanique

Une cape

Manuels de sorcellerie

Histoire de la Magie de Batilda Tourdesac

Etudes de la sorcellerie, Premier Cycle en 3 tomes : 1. Les fondements des sortilèges

2. La Défense contre les forces du mal 3. La métamorphose

- Les Potions pour les nuls de Betalius Haguamore

- Comprendre les animaux magiques, de Red Patkins

- La botanique, étude des plantes, de Marguerite Podefleur

Deux options seront disponibles au cours de ce premier cycle. Ci vous les choisissez, veuillez vous fournir les manuels suivants

Vivre Quidditch de Larf Stigman

Nos amis les moldus, de J. R. Edward.

Matériels

1 baguette magique à votre convenance

1 kit de potion (balance en cuivre, fioles, chaudron)

Animaux

Hibou ou Crapaud ou Chat non obligatoire.

Lily de nombreuses fois la liste et la lettre qui l'accompagnait. Outre le témoignage de ses pouvoirs et de Rogue, elle possédait désormais une preuve certaine qu'elle n'était pas folle. Poudlard existait vraiment. Elle sortie de la cuisine et grimpa deux à deux les escaliers conduisant à sa chambre. Elle sentit alors une tape violente sur son épaule et se retourna. Pétunia se tenait à quelques centimètres d'elle, un sourire mauvais sur les lèvres. Elle lui demanda :

« Qu'est-ce que c'est ? »

Avant même que Lily n'ait pu lui répondre, elle s'empara de la lettre et la dévora des yeux, devenant de plus en plus rouge au fur et à mesure de sa lecture. Elle finit par relever des yeux assassins vers sa sœur.

« Une lettre de l'école des monstres ? Tiens, il existe même un asile pour les fous comme vous. »

Elle avait insister sur chaque mot. Lily n'avait jamais était aussi en colère contre sa sœur. Elle ne se contrôlait plus et la magie d'elle-même : Pétunia dégringola l'escalier en hurlant. Etrangement, aucune marche ne l'avait touché. Mais elle, elle ne semblait pas s'en être aperçue et elle pleurait maintenant toutes les larmes de son corps, assise au bas de l'escalier.

Lily se précipita mais Pétunia lui lança un tel regard d'avertissement qu'elle remonta en courant et s'enfuit dans sa chambre.

Quelquefois, Lily détestait cette magie qui l'éloignait chaque jour un peu plus de sa famille et de sa vie d'avant. Mais elle ne pouvait pas totalement la haïr. Elle faisait partie d'elle et Lily l'avait acceptée depuis longtemps.

James

James et Sirius étaient devenus infernal, et ne pouvaient plus se passer l'un de l'autre. Et, un jour de mai, une troisième personne était venue s'ajouter à leur petit groupe. Les parents de James avaient organisé une petite fête à leur maison, où les plus grands noms des sorciers étaient venus se réunir. Les Malefoy, les Blacks, les Catermoles, les Londubat, et même les Weasley et les Prewett. Toutes ces familles faisaient partis des plus anciennes familles de sorciers.

James trouvait étrange de ne pas avoir rencontré Sirius plus tôt, ayant participé à de nombreuses réunions des familles ancestrales. Sirius lui avait expliqué qu'il n'y avait participé que petit et que ses parents n'avaient plus jamais voulu l'y amener par la suite car il avait mis « la plus grosse honte de son existence. » Ce dernier s'était cru obligé d'ajouter qu'il se souvenait très bien la première fois qu'il avait rencontré James, la fois où il lui avait écrasé un gâteau sur la figure.

Les premiers convives arrivèrent et James s'empressa d'aller accueillir les Blacks, et il vit avec surprise Sirius, l'air très sérieux, parmi eux. James se prit à son jeu et lui serra solennellement la main. Regulus, âgés de quelques années de plus que lui, se tenait droit et fier, les cheveux noirs brillants et les yeux luisants. Il ressemblait beaucoup à Sirius. Ils avaient la même beauté fascinante et mystérieuse.

Sirius et James allèrent s'installer à la table destinée « aux plus jeunes » selon les mots de ses parents. Molly Prewett et Arthur Weasley, en couple depuis maintenant cinq ans, se tenaient côté à côté, riant ensemble. James les appréciait beaucoup quoiqu'ils fussent plus âgés que lui et trouva l'attirance pour Arthur envers les moldus un peu étrange. Il les rejoignit et les salua. En voyant Sirius, Molly fronça les sourcils. Ce dernier lui rendit un sourire chaleureux et elle se dérida légèrement. Arthur se lançait déjà dans l'explication d'une de ses découvertes sur le monde des moldus.

« James, savais-tu que les moldus utilisent des machines pour laver leurs vêtements ? Oui ! Elles viennent d'être découvertes dernièrement et ils disent que c'est une découverte universelle. Quand je pense que nous en sommes encore à utiliser des baquets…. »

James n'écoutai qu'à moitié Arthur. Il était perdu dans la contemplation d'Alice Evdard, du même âge que Sirius et lui-même. Ils se connaissaient depuis l'enfance et ils avaient passés de longs moments ensemble, dans le petit jardin des Potter à discuter et se chamailler. Elles avaient des cheveux aussi noirs que les siens, et des yeux d'un noir profond. Elle sembla se rendre compte que James l'observait car elle releva soudain la tête et le scruta ardemment jusqu'à ce que James détourne les yeux.

Lucius Malefoy se tenait au fond de la table, le visage sévère et son regard gris menaçant. James le détestait et cela semblait réciproque. Les Malefoy s'étaient toujours cru supérieurs aux autres familles de sorciers. Narcissa Black, cousine de Sirius, comme à son habitude, tournait autour de celui-ci en se dandinant. Il ne semblait pas vraiment la remarquer. Sirius semblait avoir remarqué son manège car il rigolait dans sa barbe et chuchota à James :

« Narcissa est vraiment insupportable ! Elle croit réellement qu'elle va réussir à l'intéresser ? Elle perd son temps. Enfin, il parait qu'il est prévu qu'ils se marient, c'est Andromeda qui m'a dit ça. »

James se tourna vers Andromeda. Elle se tenait à côté de sa sœur Bellatrix, ou Bella pour les intimes. Il était presque impossible à les identifier, malgré leurs différences d'âges – de deux ans environ. James ne les dissociaient que grâce à leurs yeux : ceux d'Andromeda étaient plus doux tandis que ceux de Bellatrix étaient comme de volcan en fusion.

Le repas avait déjà débuté depuis une demi-heure et James sentait que Sirius commençait à s'ennuyer à sa façon de taper des pieds. Il lui tapota gentiment l'épaule et le regard luisant de malice de Sirius se posa sur lui.

« On y va ? »

La question de Sirius résonna comme une supplication. James lui lança un regard désolé.

« Je ne peux pas. Et puis, tu n'avais pas promis à tes parents de rester tranquille pour venir ? »

Nouveau regard suppliant. La détermination de James fléchissait.

« Ecoute, je ne peux vraiment pas. »

« Et si on ne faisait juste quelque chose de petit et drôle, sympathique, pas méchant, pour une fois ? »

James s'impatienta.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Sirius lui indiqua un coin de la table. Un garçon de leur âge, au visage pâle, voire maladif et aux cheveux châtains clairs, avaient les yeux baissés sur son assiette. Personne ne lui parlait et il ne semblait vouloir faire aucun effort pour changer cela. Il était assis à côté d'Alice, qui lui jetait des coups d'œil curieux.

« Il a l'air un peu…coincé. »

James l'avait pris en pitié, mais Sirius semblait décider à vouloir semer la pagaille. Alors que ce dernier commençait à se lever, avidement tourner vers le garçon, James le tira en arrière. Agacé, Sirius se retourna.

« Quoi ? »

« Ne fais rien, d'accord ? »

Un sourire inquiétant barra le visage de Sirius et il força James à le lâcher avant de disparaître. James soupira et se leva, bien décidé à protéger le garçon des gamineries de son meilleur ami, qui pouvait parfois se révéler blessantes même si elles n'étaient pas intentionnelles.

Il le chercha du regard. Rien. Il se glissa alors en direction du garçon qui semblait avoir remarqué que quelque chose n'allait pas car il avait relevé la tête. C'est alors que, surgissant de nulle part, un énorme gâteau s'écrasa sur la tête du jeune garçon tendit que le plateau tombait lourdement à terre. James n'était qu'à quelques centimètres.

Il sentit les regards sur lui soudain et un silence pesant s'installa. James était devenu rouge de fureur et il vit que Sirius était réapparu comme par magie à sa place, tout sourire. Il reporta alors son attention vers le garçon, qui calmement, s'essuyait avec sa serviette. James se précipita vers lui et lui tendit sa propre serviette en marmonnant :

« Ecoute, je suis désolé, je… Ce n'est pas moi qui… »

Le garçon lui sourit et prit la serviette tendu en le remerciant et ajouta :

« Ne t'inquiète pas, je sais. »

Un rire résonnait derrière eux, mais ce n'était pas celui de Sirius. James s'étonna et chercha la personne du regard. C'était Bellatrix, son visage cireux, exprimant tant de méprise et de méchanceté que James en fut dégoûté.

Il refocalisa son attention sur le visage de l'inconnu et lui demanda :

« Comment tu t'appelles ? »

Ce dernier lui offrit un énorme sourire et un peu timide, bafouilla :

« Re..mus. Re..mus Lupin. »

Bonjour à tous !

Je m'excuse de cet immense retard (de deux mois) mais j'avais énormément à faire. Eh oui, je commence à travailler ! Enfin passons.

J'espère que cette suite dans laquelle nous découvrons la rencontre de Sirius, James et Remus, vous aura plus.

A la semaine prochaine pour la suite !

Rose