Bonjour/soir à tous! Après un passage à vide (vive la fac) et un passage de plusieurs semaines dans un désert sans internet (non, je ne suis pas accro) me revoilà avec la suite de Compte sur moi. J'ai profité de mon temps libre pour continuer (et commencer mes nouvelles) mes fics. Je vous remercie pour toutes les reviews que je reçois encore malgré mes absences répétées. Allez, je vous laisse en compagnie de notre révolutionnaire rouge. Bonne lecture!
Hetalia appartient toujours à son mangaka et l'histoire d'origine aux Vocaloids(s).
ONCE UPON A TIME
A Red Knight…
Il n'était pas né avec une armure, il était né nu, comme n'importe quel enfant. Sauf qu'il n'était pas riche, alors il s'habilla avec ce qu'il trouvait, et s'arrangeait pour ne pas user ses affaires. Seuls les nobles pouvaient se permettre de changer trois fois de vêtements en une soirée, pas lui.
Lui, il était à la charge de ses deux frères. En vérité ce n'était pas ses frères, mais depuis qu'il avait trouvé ces deux adorables jumeaux au bord d'une rivière, il avait décidé d'en faire ses frères. Veneziano et Lovino étaient toute sa vie, il se levait pour eux, travaillait pour eux et riait pour eux. Seulement les petits avaient un prix : le prix de la nourriture. S'occuper de jeunes enfants avait un coup et le pauvre garçon était trop jeune pour s'engager dans l'armée royale, et il refusait de laisser ses deux frères à l'abandon, quitte à travailler à s'en rendre fou. Il quittait la maison avant l'aube et revenait quand il faisait nuit noire, mais il gagnait honnêtement son argent, et même si c'était peu, il était heureux de se sacrifier pour eux.
Seulement, la vie s'acharnait, les impôts surtout. Toujours de plus en plus lourds, plus nombreux et plus souvent. Tant et si bien qu'au bout d'un moment, il ne pu plus les payer. Il essaya bien de s'arranger, ne mangeant plus qu'un jour sur deux, voire une seule fois par semaine – il avait de la ressource, et puis, tant qu'il avait de l'eau, ça pouvait aller – et donnant tout à ses frères.
Mais ça n'avait pas suffit. Lovino était tombé malade, et le peu de viande qu'il lui donnait n'avait pas servit à grand-chose. Lovino était mort un matin d'hiver. Laissant une blessure dans le cœur de son aîné.
Puis se fut le tour de Veneziano, une mort aussi horrible. La vie n'avait aucun remord, jamais. Un soir d'été, des soldats de la garde royale, accompagné d'un employé de bureau avait frappé à sa porte. Le choix n'était pas possible : où il trouvait sur le champ la somme d'argent qu'il devait à sa majesté, où son frère était enfermé aux cachots du palais, parmi les criminels. Pas d'argent, alors on avait pris le gosse.
- Arrêtez ! Vous n'avez pas le droit ! Je veux voir le roi ! Salauds !
- On se calme, gamin. Puisque tu veux tellement voir le roi, tu vas le voir. Embarquez-le.
Au moins, avait-il pu consoler son frère lors de leur trajet jusqu'au palais, puis jusqu'à la salle de trône. Il était là, ce jeune roi arrogant à la chevelure dorée et aux yeux si sombres.
- Que me veux-tu, pouilleux ?
- Vous demandez un délai supplémentaire, seigneur. Je n'ai pas d'argent, et Veneziano est ce que j'ai de plus précieux au monde, il est trop petit pour être enfermé. Je vous promets de vous apportez l'argent demain, à la première heure !
Il avait beau être agenouillé aux pieds de son roi, il avait bien vu le bâillement de ce dernier puis le regard qu'il avait lancé à son valet, un regard froid et sadique. Et ce valet de malheur qui restait de marbre.
- Alors comme ça, ton frère est ce que tu as de plus précieux ? Très bien. Chef Sweden.
Il n'avait rien pu faire, ainsi tenu par les gardes, juste regarder et entendre. Des larmes, des cris, des supplications, une épée et du sang.
- Voilà, tu m'as remboursé, mais que ça ne se reproduise pas, la prochaine fois ce sera ta tête.
Le roi s'approcha du petit corps mutilé et récupéra la petite tête avant de lui mettre dans les mains, un grand sourire aux lèvres.
- Et faites attention sur la route, les loups rôdent. On y va, valet.
- Bien mon roi.
Il avait cru être aveugle au moment où la tête de Veneziano avait été placée dans ses mains, mais ses oreilles marchaient encore. Et il avait très bien entendu la voix du valet, une voix avec un léger accent. Un accent d'hiver. C'était lui le loup qui rôdait derrière son maître.
- Monstres.
C'étaient des monstres. Des fous. Des ogres. Des démons.
La mort de ses frères l'avait rendu amer, dur, terrible. Il avait quitté la ville et était parti seul sur les chemins, à la recherche d'une voie à suivre. Ses amis l'avaient vu partir, mais n'avait rien su dire pour le retenir. Alors ils l'avait attendu, il avait promis qu'il reviendrait. Antonio tenait toujours ses promesses.
Et il était revenu, les cheveux courts, les oreilles percées de diamants et une cuirasse rouge sang sur le corps, l'épée à la main. Il avait réunit tous les malheureux dans le parc, une nuit sans lune et avait proclamé l'heure de la vengeance. Il savait parler, user des mots pour réveiller les colères endormies dans le cœur des citoyens de la cité. Il était devenu le Chevalier Rouge et allait prendre la tête du roi, comme lui avait prit la vie de ses frères.
- Je veux de l'argent, on a besoin d'armes.
- Combien ?
Il regarda cet étrange Prince Bleu, il l'avait rencontré ce matin, à l'aube, entouré de deux corps. Il avait été sidéré de reconnaître le petit marchand de ruban, Arthur. Il était très aimé dans la ville, à cause des histoires qu'il racontait. Un vrai rêveur, personne ne savait raconter les légendes sur les fées mieux que lui. Sa mort avait révolté le peuple, c'était l'étincelle qu'il fallait pour allumer l'incendie.
- Suffisamment pour monter une armée.
Le prince lui désignait un coffret, posé sur le bureau de sa chambre – depuis le meurtre de son amant et de son ami, il vivait à l'ambassade de son pays – l'air las.
- Prends-le, il est à toi.
Antonio, curieux ouvrit et fut sidéré, il n'y avait pas de quoi monter une armée, il y avait de quoi faire vivre le pays tout entier. Et ce prince se baladait avec une telle fortune sur lui ? Il le regarda, l'air en colère, mais les paroles du blond le calmèrent : « Je savais qu'Arthur était très attaché à sa ville, j'avais comme idée de lui donner discrètement cet argent pour qu'il le distribue, une sorte de cadeau de mariage avant notre départ… ». Le prince tenta de cacher ses larmes, Antonio tenta de ne pas les voir.
- On le tuera, il payera pour ses crimes, soit sans crainte.
Le prince lui sourit, l'air mélancolique.
- Je ne suis que spectateur, fait ce qu'il te chante, ça ne me concerne plus.
- Au nom de la liberté, je vous arrête !
Mais pourquoi ne réagissait-il pas ! Il était le roi, il aurait du hurler, pleurer, s'enfuir ! Mais non, il fallait qu'il sourît comme ça !
- Salopard ! Attachez-le !
Plusieurs hommes sautèrent au cou de leur ancien seigneur et l'enchaînèrent, s'assurant qu'il n'ait pas l'envie soudaine de jouer à la fille de l'air. Il s'approcha à son tour et prit le menton du jeune roi pour rapprocher leur visage : « Les juges ont déjà décidé de ta peine : la mort ». Et toujours ce sourire et ces grand yeux noirs glacés.
La ville entière s'était regroupée sur la place publique. La guillotine attendait son unique victime. Le ciel était étonnement bleu. Antonio marchait devant la charrette où était assis leur tyran. Il avait un pressentiment. Quelque chose clochait, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Quelque chose n'allait pas.
Un tour, puis un deuxième autour de la place puis la charrette s'arrêta, on fit descendre l'ancien roi, on lui avait coupé les cheveux, son cou paraissait trop maigre. Ah oui, le roi n'avait même pas trente ans. Un prête s'avança, mais le seigneur déchu fit signe qu'il ne désirait pas parler. Il partirait avec ses péchés sur la conscience.
- Avance, raclure.
On poussa le fou devant la guillotine. Le Prince Bleu se tenait à côté du Chevalier Rouge, son regard presque vide. La mort du coupable ne lui ramènerait pas son amant, tout comme ses frères à lui ne reviendraient pas du monde des morts. Il plaça lui-même le condamné à mort sur l'instrument du bourreau, c'était à lui d'activer la marche funèbre, la main sur le manche, il attendait patiemment que l'aiguille daigne s'avancer de quelques minutes. Ce serait bientôt l'heure. Il lança un dernier regard au prince, derrière lui. Il avait détourné la tête, la main sur le cœur et les paupières closes. Cela ne le concernait pas, il l'avait déjà dit, et ça ne l'intéressait pas de regarder la mort d'un homme. Il avait déjà eu trop de morts devant lui. Le chevalier soupira et leva la tête, encore deux tours du cadran. Il ne tremblait pas, ne souriait pas comme plusieurs citoyens, ne ressentait plus rien. Soudain, un mouvement aux pieds de l'estrade le fit baisser les yeux, une ombre, presque un enfant venait de se placer au premier rang, pile devant la tête bientôt coupée. Il ne voyait pas qui se trouvait sous la capuche, mais au vue des habits, ce devait être un pauvre qui réclamait vengeance.
- Des mains drôlement bien soignées pour un pauvre…
Un son de cloche, mince ! Il avait presque raté l'heure !
Un mouvement de bras, une chute et des cris de joie. Le roi était mort, vive le peuple. On riait, dansait, sautait d'allégresse. C'était fini ! Fini les pleurs, la détresse et les humiliations. On s'embrassait, on parlait à des inconnus, on respirait la joie d'avoir survécu à cet enfer.
- Antonio ? Tu es si pâle.
Il releva légèrement la tête, Francis venait de poser la main sur son épaule. Pourquoi le prince tremblait-il ? Non… ce n'était pas le prince, c'était lui ! Il tremblait de tout son corps !
- Oh mon dieu…
- Antonio ? Qu'as-tu, enfin ?
Le blond semblait perturbé, le chevalier qui avait l'air si sûr de lui avait semblé terrifié au moment où la lame avait rencontré le cou trop maigre. Le brun secoua la tête, et se reprit : « Ne t'inquiètes pas Prince Bleu, tout est terminé. Nous sommes vengés. », il tapota le bras du prince et descendit de l'estrade, précipitamment.
- À croire qu'il a le diable aux trousses…
Le révolté s'engouffra dans la foule, comme à la recherche de quelque chose, soudain une ombre sur sa gauche ! Il fixa la silhouette d'un air féroce et fonça vers elle. L'épée déjà à la main, il alla attraper la capuche quand un son qu'il reconnut l'arrêta dans son geste.
- Des pleurs ?
Il resta droit, à un pas de cette étrange silhouette étrangement familière et ne fit rien quand elle disparût au coin d'une rue. Il savait, mais il ne dit rien. C'était leur secret, leur faute, la tâche sur le tableau idyllique. On l'appelait déjà, il décida d'oublier, l'autre payerait comme eux tous, mais à sa manière. Il se retourna vers ses amis et retrouva le sourire. C'était terminé. Même si dans un coin de son esprit, ce serait toujours là, la voix. Cette voix si reconnaissable : une voix de loup de l'ombre.
Une voix de serviteur dévoué.
Jusqu'à la mort, et sans doute même jusqu'au-delà.
A suivre...
Réponse à Dragonna: Et oui, c'était bien Francis, en même temps difficile de trouver quelqu'un qui porte aussi bien le costume bleu! J'ai longtemps hésité entre Gilbert et Antonio pour les rôles de serviteur et de chevalier rouge, finalement je trouve que l'évidence était le meilleur des choix possibles. Pourquoi Arthur et Gilbert sont tués? Ah, si je te réponds maintenant il n'y a plus d'histoire! J'espère que la suite te plaît.
